Rupture tranquille

Mercredi 1 juillet 2009

Fallait-il vraiment une révision constitutionnelle et réunir les parlementaires à Versailles pour arriver à cela :

"La position du chef de l’Etat sur ce sujet était sans doute l’un des points les plus attendus de son discours, compte tenu du début de polémique suscité par la demande d'une soixantaine de députés de créer une commission d’enquête parlementaire sur le port du voile intégral, la semaine dernière. La burqa «ne sera pas la bienvenue sur le territoire de la République». Assurant que le voile intégral n’était «pas un problème religieux», mais «de liberté et de dignité de la femme», Sarkozy y voit «un signe d’asservissement, d’abaissement». «Nous ne devons pas nous tromper de combat: dans la République la religion musulmane doit être autant respectée que les autres religions», a-t-il d’abord tenu à souligner pour ne pas focaliser la question sur la laïcité, et appelant à «un débat» pour que «tous les points de vue s’expriment».

Car le point de vue de Sarkozy, lui, est clair : la République, il la respecte à la condition qu'elle comporte suffisamment de grenouilles de bénitier pour mener à bien son projet
de Défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance 

Car, pour mémoire, Sarkozy, c'est aussi cela : 

Rome, le 20 décembre 2007:

"Un homme qui croit, c’est un homme qui espère. Et l’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent". 

 ...pendant ce temps là, l'UMP peut continuer son business aurait-il pu rajouter.

"J’appelle de mes vœux l’avènement d’une  laïcité positive, c’est-à-dire une laïcité qui, tout en veillant à la liberté de penser, à celle de croire et de ne pas croire, ne considère pas que les religions sont un danger, mais plutôt un atout."

 

"Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en rapproche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance".
Radicalité, charisme oui...mais en soutane, pas en burqa.

 
Bon, par charité chrétienne, j'arrête de citer Sarkozy.
Vous trouverez sans doute mieux ici :  http://www.atheisme.org/sarkozy.html 

Pour le coup, c'est http://www.alternativelibertaire.org/  qui résume le mieux ce que je pense de cette opération :

Burqa un faux débat ou comment détourner l’attention des problèmes sociaux


Le souvenir des débats à propos de la loi interdisant les signes religieux à l’école, et qui n’a abouti qu’à l’exclusion de jeunes filles musulmanes conduit à voir dans le débat lancé sur la burqa et le niqab les mêmes éléments. Les musulman-es sont stigmatisé-es parce que ils et elles sont massivement des prolétaires d’ascendance migratoire et coloniale, et parce qu’il existe tout aussi massivement en France une culture chrétienne dominante et particulièrement prégnante.

 

 

La burqa et le niqab sont indéfendables. Surtout s’ils sont revêtus sous la contrainte. En même temps, il est idéologiquement hors de question de se baigner dans le même marigot islamophobe que celles et ceux qui se délectent d’y patauger afin de maquiller leur racisme anti-arabe en vertu laïque. Tout le petit monde politicien se contrefichait de ces vêtements avant que le député PCF André Gérin ne fasse son numéro. Puisqu’il est le maire de Vénissieux, il ferait mieux de s’occuper prioritairement des questions sociales qui normalement comptent davantage pour n’importe quel communiste de base, au lieu d’agiter le spectre de la sainte alliance républicaine PC-PS-UMP qui n’entraîne pas d’autre résultante que de noyer le poisson des clivages politiques. « Ni gauche, ni droite : républicain », voilà la boussole politique de ces idiots utiles qui donnent du grain à moudre à l’extrême-droite.

Alternative libertaire juge nécessaire la stricte laïcité, comprise comme l’éviction des religions des affaires publiques et l’affirmation sans ambiguïté de la supériorité de la démarche critique scientifique. Pour cette raison, nous apportons notre soutien critique à la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, que nous jugeons salutaire et toujours d’actualité quoique constamment violée par l’État français (statut de l’Alsace-Moselle, signature en mars 2009, des accords avec le Vatican reconnaissant les diplômes délivrés par l’enseignement supérieur catholique).

Exiger des pouvoirs publics qu’ils interviennent sur la façon dont les individus investissent sur le plan vestimentaire l’espace public est donc le contraire de la laïcité. Cette conception délirante, qui a tant divisé les mouvements féministe et de gauche lors de la loi anti-foulard en mars 2005, est de retour. Mais ce n’est pas une loi visant quelques cas numériquement minimes qui peut nous détourner des vrais problèmes actuels.

Alternative libertaire, le 25 juin 2009


Par Frédéric Maurin - Publié dans : rupturetranquille - Communauté : Libre pensée politique
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Dimanche 21 juin 2009
...cette vache sacrée de l'Union européenne, est une INEPTIE.

On remerciera
http://frederic.lordon.perso.cegetel.net/ et http://www.monde-diplomatique.fr/ pour l'avoir mis en lumière.

Le Monde diplomatique

La « menace protectionniste », ce concept vide de sens

mardi 17 février 2009, par Frédéric Lordon

Ce texte n’offre pas une analyse économique de la configuration souhaitable des échanges internationaux. Il propose le démontage d’une question mal posée — la question dudit « protectionnisme ». Quitte à répondre à des questions, autant en effet que ce soient les bonnes... Le préalable à un débat qui veut produire quelque chose n’est-il pas d’éviter les questions trop mal ficelées — où se jettent avec délice tous ceux qui agitent des « menaces » et voient partout des spectres.

 « Strauss-Kahn craint le retour du protectionnisme » [1], « Menaces protectionnistes » [2], « Protégeons-nous du protectionnisme » [3], « La situation comporte deux risque majeurs : des troubles sociaux et le protectionnisme » [4]. Entre logorrhée et franche panique, on dirait une attaque de gastro. Et plus ils le disent moins ils savent de quoi ils parlent. Evidemment pour s’en apercevoir il leur faudrait prendre le temps de réfléchir un peu au sens des mots – et surtout de suspendre, si c’est possible, le réflexe spasmodique qui fait dire immédiatement « guerre », « xénophobie » et « repli sur soi », parfois même un peu baver au coin des lèvres.

Il y a bien des manières de discuter du commerce international, et notamment celles de la macroéconomie qui en envisage différentes configurations, évalue leurs mérites respectifs, leurs contributions à la croissance ou aux inégalités, etc. Cette discussion en soi a toute sa valeur, mais il n’est pas certain qu’elle traite comme elle le croit de la question du « protectionnisme ». Car la grande question préjudicielle est bien celle-là : y a-t-il quelque chose comme une question du « protectionnisme » ?...

La concurrence non distordue… au milieu des pires distorsions

Il faut y regarder à deux fois, et surtout faire l’effort de se déprendre des catégories les plus (faussement) évidentes par le truchement desquelles s’opère la construction du débat public, pour apercevoir combien ses problématisations peuvent être parfois fragiles voire purement et simplement dénuées de sens. Or c’est très clairement le cas de la question du « protectionnisme » de même que de celle, connexe, de la « concurrence non distordue », qui réussissent cette performance de donner lieu à des flots de commentaires sur des mots d’une parfaite absurdité. Redouter le « retour du protectionnisme » n’a en effet de sens que si nous estimons vivre dans une situation de non-protectionnisme. Dans le sabir communautaire international le non-protectionnisme a pour nom « level playing field », soit « terrain de jeu aplani », en d’autres termes : absence de toute aspérité et de toute dénivellation qui perturberait le parfait plain-pied où l’on veut jeter les compétiteurs. Mais ce non-protectionnisme existe-t-il ? Et même : pourrait-il jamais exister autrement qu’en fantasme ? À quelques malhonnêtes entorses près sans cesse corrigées par les bienveillantes autorités de la Commission, la concurrence non distordue règne, nous dit-on, en Europe. Concurrence non distordue vraiment avec l’Estonie qui fixe à zéro son impôt sur les sociétés [5] ? Avec la Roumanie où les employés de Renault-Dacia payés 300 euros par mois sont une sorte d’élite salariale ? Avec la Pologne qui refuse toute réglementation environnementale – et les coûts qui l’accompagnent ? Avec le Royaume-Uni qui dévalue subrepticement sa monnaie de 30% contre l’euro, et d’un claquement de doigts diminue d’autant ses prix d’export ? Avec le Luxembourg dont la transparence bancaire fait paraître limpide une flaque de pétrole ? Concurrence non distordue sans doute également avec la Chine, et aussi avec le Vietnam bien connu pour la générosité de sa protection sociale, ou pourquoi pas la Birmanie puisque BK Conseils nous certifie que le travail forcé y est une légende.

Tel est donc le tragique contresens de « l’anti-protectionnisme » qui s’obstine à créer les conditions formelles du marché en oubliant systématiquement toutes les protections structurelles qui rendent dès le départ l’échange inégal. Pour que le « non-protectionnisme » ait un sens, il faudrait ajouter aux règles du libre-échange l’hypothèse de parfaite identité structurelle des systèmes socioproductifs mis en concurrence… Or cette hypothèse est évidemment délirante. Fiscalité, protection sociale, niveaux de vie, règlementation environnementale, taux de change, droit du travail, tolérance sociale aux inégalités, préférence politique pour les coûts collectifs de services publics : les économies sont différentes en tout. Et dès lors que le regard cesse d’être obnubilé par les seules règles de marché, il apparaît que les structures socio-productives, en tant qu’elles sont irréductiblement hétérogènes, sont des distorsions « acquises », qui plus est de long terme, qui rendent proprement chimérique un projet conséquent de level playing field. Le « non-protectionnisme » n’existe pas autrement qu’en fantasme, car à part le délire de l’économie-un-seul-monde définitivement homogénéisée, toutes les différences restent autant de distorsions, c’est-à-dire, pour certains, de protections de fait. Ceux qui tirent leur fiscalité vers le bas, qui ne veulent ni des coûts de la protection sociale ni des coûts de la protection environnementale, ceux qui manipulent leur change, ceux dont le droit du travail autorise toutes les pressions salariales, tous ceux-là sont à l’abri de formidables barrières et n’ont nul besoin de droits de douane ou d’obstacles non-tarifaires pour s’ébattre et prospérer dans le commerce international libéralisé. Le monde différencié, le nôtre pour longtemps encore, est par conséquent – à savoir : en tant qu’il est différencié – protectionniste ! N’est-il pas absurde alors de hurler à la « menace protectionniste » dans un monde qui l’est nécessairement ? À moins, focalisant jusqu’à l’hystérie le regard sur certaines protections, que ce soit pour mieux faire oublier les autres.

La concurrence non distordue, c’est le protectionnisme !

On voudrait croire qu’il n’y a parmi les enragés de la « concurrence libre et non distordue » que des cyniques – pour qui le level playing field n’est que l’instrument rhétorique et pratique d’un rebasculement du rapport de force entre le capital et le travail par régime du commerce international interposé. Au moins ceux-ci ont-ils les idées au clair et ne se racontent-ils pas d’histoire. Mais il y a, dans ces rangs, bien plus encore d’ahuris qui croient vraiment à ce qu’ils disent et persistent à ne pas voir que leur célébration de la concurrence non distordue dans les marchés a pour effet de faire jouer de la pire des manières – la plus déniée et la plus destructrice – la concurrence très distordue par les structures. Par un paradoxe que jamais semble-t-il les amis des Grands Marchés de toutes sortes ne parviendront à saisir, la concurrence non distordue s’avère donc le parfait complément du protectionnisme des structures. Et puisque organiser la seule concurrence par les règles de marchés c’est feindre d’ignorer les effets de protection (ou de vulnérabilité) des structures pour les laisser jouer plus violemment, on pourrait même dire en un raccourci bien fondé que la « concurrence non distordue » [6], c’est le protectionnisme ! Car il n’y a pas moyen plus efficace de maximiser la brutalité des rencontres compétitives entre entités appartenant à des environnements structurels hétérogènes que de les plonger dans le faux level playing field des marchés grands ouverts. On peut alors donner au raccourci précédent sa formulation plus précise : la concurrence des marchés, c’est le protectionnisme (dénié) des structures.

Pareil aux scolastiques qui disputaient de la nature substantielle de la Sainte Trinité, les horrifiés du protectionnisme font un motif de scandale d’un problème qui n’a pas de sens puisque la « menace » ainsi brandie est déjà trivialement dans les faits, quoique systématiquement occultée. C’est pourquoi l’alternative de la concurrence non faussée et du protectionnisme n’a pas plus de valeur que celle de l’unité ou de la tripartition des êtres célestes, et que le concept de « protectionnisme » est simplement absurde, dès lors qu’il est envisagé comme alternative à autre chose qui serait pure de toute distorsion. Nous vivons dans le monde de la différence, donc de la distorsion de fait, c’est-à-dire dans un monde – eh oui, c’est un aveu difficile qu’il leur faudra consentir – protectionniste. La concurrence entre des entités qui ne sont pas strictement identiques est immédiatement faussée par leurs différences mêmes – d’où résulte que le concept de concurrence non faussée est une parfaite ineptie. Et celui de protectionnisme avec du même coup.

Une politique des distorsions négociées pour un monde de fait protectionniste

Si donc nous vivons dans un monde de fait protectionniste et voué à le rester – sauf le fantasme de la Grande Homogénéisation du monde – il faut prendre son parti de l’inanité de la discussion qui s’obstine à opposer le protectionnisme aux bienfaits du « libre marché », et se rendre à l’idée que le problème est tout entier plongé dans le registre du protectionnisme lui-même, qu’il n’en sortira pas, et qu’il n’y a dès lors plus qu’à choisir entre ses différents degrés et ses différentes formes – débat pour le coup plein de sens puisqu’à ce moment seront mises sur la table toutes les sortes d’hétérogénéités, de différences, de protections et d’inégalités entre lesquelles il faudra nécessairement passer des compromis – en d’autres termes envisager de corriger des distorsions par des distorsions contraires (et compensatrices). Evidemment il s’agit là d’une révolution copernicienne qui sera également refusée par les cyniques et par les ahuris, quoique pour des raisons fort différentes. Et pourtant il faudra bien s’y faire : si, du fait des différences de structures, c’est la non-distorsion qui est l’inégalité, alors c’est l’égalité qui appelle la distorsion. Si Organisation mondiale du commerce a un sens, autre que celui dévoyé de « promotion du libre-échangisme », c’est bien celui, littéralement parlant, que le commerce international nécessite d’être organisé pour que les distorsions correctrices soient instituées sur des bases stabilisées par la négociation, plutôt qu’aspirées par la spirale divergente des impositions unilatérales et des représailles qui s’en suivent.

Or c’est là un objectif en soi très atteignable, et on ne voit pas quelle objection de principe, ou de pratique, pourrait lui être opposée, en tout cas certainement pas celle des « anti-protectionnistes » qui soutiennent qu’il n’est pas d’autre base de négociation possible que l’arasement libre-échangiste, et que toute distorsion fait nécessairement tomber dans la spirale des représailles hors de contrôle. Car contrairement à ce que ceux-ci imaginent, l’actuelle OMC ne fait finalement pas autre chose que stabiliser une certaine configuration de distorsions ! – mais des distorsions structurelles recouvertes par le level playing field commercial. Négocier des distorsions stabilisées n’a donc rien d’une chimère puisque c’est l’ordinaire de son activité ! À ceci près toutefois que ce sont les distorsions les plus problématiques qui sont stabilisées, et de la pire des manières : sans le dire et sans avoir été posées ni reconnues comme telles. À l’inverse de ceux qui, confondant, par bêtise ou par intérêt, liberté et anarchie, voient toute réelle organisation – comprendre : toute organisation d’autre chose que du chaos level playing field – comme un très grand malheur, il faut donc rappeler qu’organiser la coexistence de différences est l’objet d’une politique. Et qu’en cette matière, les plus conscientes d’elles-mêmes sont toujours les meilleures.

Notes

[1] Nouvelobs.com, 13 février 2009.

[2] Leparisien.fr, 11 février 2009.

[3] Courrier International, 2 février 2009.

[4] Christine Lagarde à Davos, 31 janvier 2009.

[5] Pour les bénéfices réinvestis ; 28% sur les bénéfices distribués.

[6] Au sens des Traités européens.

Par Frédéric Maurin - Publié dans : rupturetranquille - Communauté : Les socialistes de gauche
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Jeudi 18 juin 2009
"Le 15 avril dernier a été lancée la pétition nationale " Inscrire  les services publics dans la Constitution "
  
   Cette pétition a été initiée par Mr Michel Vauzelle Président de la Région PACA ,Député à l'Assemblée Nationale et ancien Garde des Sceaux .
  
  Si elle recueille 10 % des signatures du corps électoral , le Gouvernement sera obligé ,comme le prévoit la Constitution ,de lancer un référendum sur le sujet . 
  
4,4 millions de signatures , c'est énorme bien sûr mais  réalisable si chacun y contribue.

 
http://www.referendum-servicespublics.com/ "

Connaissant l'usage que fait l'UMP de la démocratie (litière, paillasson...voir à ce sujet : Respectez la démocratie ! Respectez les européens ! ,   Un référendum pour le traité européen. Ni simplifié, ni modifié : il faut voter !  ), j'avoue avoir des doutes sur l'issue positive de la démarche.

Quant au texte à inscrire dans la constitution, on peut le penser contradictoire avec le traité de Lisbonne et la visée sarkozyste de
Défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance  .

Jugez-en par vous mêmes :

La Charte des services publics

Proposition pour inscrire les services publics dans la Constitution

         « Le peuple français,
         « Considérant,
         « Que la conception et la mise en œuvre des services publics constituent une réalisation essentielle de la République française ;
         « Que la contribution des services publics aux principes des Droits de l’homme et de la souveraineté nationale est constitutive des valeurs de la République ;
         « Que les services publics sont le moyen de la réalisation de la devise républicaine de liberté, d’égalité et de fraternité ;
         « Que parmi les intérêts fondamentaux de la Nation figure la notion de solidarité nationale, garantie notamment par l’existence des services publics ;
         « Que le fonctionnement efficace des services publics doit donc être assuré fidèlement selon les principes de continuité du service, d’égalité d’accès pour tous les citoyens, de neutralité et de distribution équitable sur l’ensemble du territoire national ;
         « Que les services publics dans leur contenu doivent garantir les conditions de l’égalité républicaine dans les domaines vitaux pour tous les individus, en ce qui concerne l’accès à l’éducation, à la formation et à l’enseignement supérieur, à un système de santé de haute qualité sans discrimination de revenu ou de patrimoine, à un emploi et à un système de solidarité nationale assurant un niveau de vie compatible avec la dignité humaine, à un développement dynamique et solidaire de l’économie nationale, à la sécurité et à la justice indépendante dans la proximité, à l’information libre et aux moyens de communication physiques et numériques, à la capacité de déplacement sur l’ensemble du territoire national par des transports fiables et accessibles, à l’accès à l’eau et à l’énergie, à un aménagement responsable et durable des territoires et de l’environnement, à des collectivités territoriales assurant une démocratie de proximité et pleinement responsables et autonomes, à une culture libre dans sa création et accessible à tous dans sa diffusion, à l’accès aux pratiques sportives ;
         « Proclame :
         « Art. 1er –  Les services publics participent pleinement des principes et valeurs que le peuple reconnaît dans la République.

         « Art. 2 – Toute personne a le droit d’avoir accès aux services publics.

         « Art. 3 – Il revient à l’Etat d’assurer la mise à disposition pour tous les citoyens de services publics de qualité, et dans l’hypothèse de services publics transférés aux collectivités locales, d’assurer à ces dernières les ressources correspondant à l’exercice effectif de ces services et à leurs évolutions.

         « Art. 4 – Les principes essentiels des services publics reposent sur l’égal accès de tous les citoyens, l’égal accès sur l’ensemble du territoire, la continuité et la neutralité du service.

         « Art. 5 – La République française reconnaît et garantit les services publics de l’éducation nationale, de la formation, et de l’enseignement supérieur et de la recherche, de la santé et de l’hôpital, de la sécurité sociale, de l’emploi, de l’accompagnement économique et industriel, de la police, de la justice, de l’information et de l’accès aux moyens de communication physiques et numériques, de l’aménagement des territoires, de l’eau et de l’énergie, de la protection de l’environnement, des transports, de la démocratie de proximité assurée par les collectivités territoriales, de la création et la diffusion artistiques et culturelles, de la pratique des activités sportives..

         « Art. 6 – Le Gouvernement met en œuvre les politiques de son choix, dans le respect de la souveraineté nationale et de la charge des missions de service public qui lui sont confiées.

         « Art. 7 – La France s’inspire de son modèle républicain de services publics dans son action à vocation internationale et européenne. »


...et puis quoi encore ?


Mais avec 250 000 signatures en 2 mois, il me semble qu'il se passe quelque chose...

 

J'ajoute donc la mienne :

http://www.referendum-servicespublics.com/

Et la vôtre ?

Par Frédéric Maurin - Publié dans : rupturetranquille - Communauté : Les blogs républicains
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Mercredi 10 juin 2009

.... certains pensent que NON :


L’aspect principal des européennes en France est l’abstention très majoritaire et en forte hausse de l’électorat en général et de l’électorat populaire en particulier. A ce chiffre, il faudrait ajouter les 781 000 votes nuls : au total, 61,5% des électeurs ont ainsi délégitimé les élections au « parlement » supranational.
Loin d’avoir manqué à leur devoir citoyen comme le prétendait la campagne médiatique de culpabilisation, des millions d’électeurs ont de fait boycotté l’élection supranationale, comme l’ont fait d’ailleurs la grande majorité des autres habitants de l’UE : des chiffres à comparer avec la participation massive au référendum de 2005 qui avait vu l’éclatante victoire du « non »….

 

Ainsi, malgré la censure totale qui a frappé les partisans de l’abstention citoyenne, malgré le harcèlement politique d’Etat dont les électeurs, y compris les jeunes des lycées publics, ont été la cible sur le thème de la pseudo-« citoyenneté européenne », la majorité des électeurs a fait la grève des urnes. De manière de plus en plus consciente, les Français, à l’avant-garde desquels se trouve la classe ouvrière, portent condamnation de la sacro-sainte « construction européenne ». Plus éveillés politiquement que la gauche et l’extrême-gauche établies, la classe ouvrière saisit de mieux en mieux que l’UE n’est qu’une dictature capitaliste, destructive du progrès social, des nations, de la paix et de la démocratie. En particulier, les Français n’ont pas oublié la manière dont l’UMPS en France, puis le « parlement » européen, ont violé le Non souverain émis par notre peuple en mai 2005 en adoptant le traité de Lisbonne.

 

Avec l’abstention-sanction à 60%, un seuil politique a été franchi : en France et en Europe, l’électorat populaire, a compris qu’il n’y a définitivement rien de bon à attendre de l’UE. Après le non de mai 2005 à l’euro-constitution, c’est la seconde rupture citoyenne et de classe majeure de notre peuple avec cette « construction européenne » capitaliste et supranationale qui est le vrai programme commun de l’UMP, du MODEM, du PS et des « Verts », Cohn-Bendit en tête. La fracture de classe s’aiguise dans le pays entre les « élites euroconstructives » de tous bords, et la nation laborieuse : là est la donnée politique majeure sur laquelle une alternative progressiste doit faire fond à l’avenir.

 

Cette abstention massive est d’abord l’effet de l’expérience sociale cruelle subie par notre peuple depuis les traités de Rome et de Maastricht, avec leur cortège de casse sociale généralisée. Sans bien entendu revendiquer la paternité de cette abstention massive, le PRCF est fier, avec ses moyens modestes, d’avoir mené une campagne militante dynamique en direction des masses pour l’abstention citoyenne. Il a ainsi contribué à rendre vie à l’idée léniniste d’avant-garde populaire en lançant des mots d’ordre percutants, axés sur le retrait de la France de l’UE et pour une République sociale et souveraine en marche vers le socialisme.

 

Les résultats des partis établis, qui ont tous joué leur rôle de rabatteurs de l’UE, doivent être fortement relativisés car tous ceux qui ont cautionné l’élection supranationale sont visés par l’abstention-sanction.

 

Parti « majoritaire », l’UMP qui regroupait l’essentiel des droites, n’obtient que 12% des inscrits. Au demeurant, l’avenir du pays se jouera dans les luttes de l’automne, et non dans le consensus droite/PS/Verts du « parlement » non représentatif de Strasbourg.

 

Le PS est de plus en plus REJETE par la classe ouvrière qui ne lui pardonne pas d’avoir voté le traité de Lisbonne, de piloter la mondialisation capitaliste à travers Strauss-Kahn (FMI) et Lamy (OMC) et d’être un pilier de cette intégration européenne qui tue notre pays. Le PS est à la fois déserté par les ouvriers et par ses électeurs « bobos », que le pouvoir UMP fait tout pour rabattre vers le social-libéral Cohn-Bendit. Comme toute la social-démocratie européenne (le SPD allemand est en chute libre), le PS est entré dans une crise potentiellement explosive. Cela peut être une chance pour le mouvement populaire si et seulement si les vrais communistes s’unissent pour appeler ensemble à sortir la France de l’UE, pour accuser le capitalisme, refuser l’euro-riminalisation du communisme et avancer la perspective d’une société socialiste.

 

Cependant, une partie des classes moyennes, et c’est préoccupant, se détache du PS pour se tourner vers les ultra-européistes de Cohn-Bendit, dont la campagne a été cyniquement dopée par les sarko-médias. Il faut démasquer cet anticommuniste de toujours, qui est aux avant-postes de la casse de l’euro-fédéralisation de la République française et qui veut cyniquement régionaliser tous nos services publics. Quant à Bayrou, il paie son double langage, écartelé qu’il est entre son discours républicain et l’engagement notoirement atlantique, libéral et antinational de son parti de droite, le MODEM.

 

Enfin, les dirigeants de la « gauche de la gauche » peinent à « vendre » leur mensongère « réorientation sociale de l’UE », qu’il s’agisse du NPA, qui fait un score médiocre, ou du PC « euroconstructif » qui ne se sauve qu’en apparence en se dissolvant dans le Front de gauche et en s’effaçant derrière Mélenchon. Celui-ci ne cache d’ailleurs pas sa volonté de construire une nouvelle social-démocratie « de gauche » sur les ruines du PCF, dont certains dirigeants ne demanderaient pas mieux. En réalité, dans les villes ouvrières l’abstention-sanction frappe aussi les euroréformistes du « Front de gauche » (à Calais, ville de l’ex-maire « communiste » et eurodéputé Jacky Hénin, seuls 18% des électeurs se sont déplacés !).

 

Le FN fait à nouveau des scores inquiétants, notamment dans les régions ouvrières où l’industrie est cassée au nom du libre-échange européen. Certes, la politique xénophobe de l’UMP nourrit l’extrême droite, mais surtout, il est irresponsable que la gauche et  l’extrême gauche établies abandonnent le drapeau national au FN : il faut au contraire, comme le firent les Communards, Jaurès et le PCF de Sémard, Thorez, Duclos et Frachon, afficher le patriotisme républicain et l’internationalisme prolétarien car le combat pour une issue socialiste à la crise est inséparable du combat pour l’indépendance nationale.

 

Le PRCF, qui a lancé des appels unitaires à l’abstention avec d’autres organisations communistes, mais aussi avec des organisations et personnalités républicaines non communistes, propose aux communistes qui ont milité pour l’abstention et même à ceux qui ont finalement voté pour Mélenchon-Buffet, de lancer ensemble une campagne de masse pour sortir la France de l’UE du capital. Cela permettrait de catalyser dans l’action la renaissance du vrai PC indépendamment de l’appareil du PC euroconstructif, qui est pieds et poings lié au PS et au « parti de la gauche européenne »…

 

Le PRCF invite aussi les républicains à débattre de la nécessité d’un Front Républicain pour l’Alternative populaire, patriotique et progressiste, qui passe là encore par l’appel à résister à Sarko-MEDEF, à dénoncer la fascisation du pays, et à sortir la France de l’UE du capital.


Amicalement pillé sur : http://prcf-38.over-blog.net/ 

Par Frédéric Maurin - Publié dans : rupturetranquille - Communauté : VUES DE GAUCHE
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Mercredi 10 juin 2009

...on rappellera au préalable que Copernic a eu maille à partir avec les cathodiques de son époque.

 

Les élections européennes n'en finissent pas de battre le record de l'abstentionnisme : 57% en 2004, 60% en 2009. Ce record, largement partagé hors de nos frontières, traduit le triple échec économique, politique et identitaire de l'Europe libérale et technocratique. L'explosion du chômage et la délocalisation de nos industries reflètent la soumission de cette construction européenne au capitalisme financier mondialisé. Les peuples ne se reconnaissent pas dans cette machine d'impuissance, incapable de les défendre des concurrences les plus déloyales, celle du dollar, comme celle des pays à très bas coûts salariaux.


A cet égard, le traité de Lisbonne, véritable déni de démocratie, ne peut rien régler. Il faut tout remettre à plat. Voilà ce qu'ont voulu dire les 3/5 des électeurs qui ont refusé de s'exprimer dans un simulacre d'élection à un simulacre de Parlement.

 
Le fait dominant est la décomposition de la gauche sociale-libérale. L'échec du PS, en France, reflète son incapacité persistante à faire la critique du tournant libéral et européiste qui depuis les années 80 l'a progressivement coupé des couches populaires.

 
Le succès apparent de la droite en Europe, et particulièrement de l'UMP en France, doit être relativisé par le niveau sans précédent de l'abstention. Les listes de l'UMP n'ont rassemblé en réalité qu'11,2% des électeurs.


La poussée des écologistes reflète la désagrégation de l'électorat socialiste. Le reste est accessoire : il suffit de rapporter les scores obtenus au nombre des électeurs qui se sont exprimés, moins de deux sur cinq.

 
Pour la gauche, la solution à l'avenir serait de mobiliser les 3/5 des électeurs qui ont refusé de voter. Le MRC est prêt pour sa part à contribuer à une refondation républicaine dont la nécessité s'impose à l'évidence.


A défaut d'une révolution copernicienne, la gauche me paraît vouée à un déclin inexorable.

 

Jean-Pierre Chevènement le Lundi 08 Juin 2009

Ce communiqué a été amicalement pillé sur http://www.mrc38.com/ 

Par Frédéric Maurin - Publié dans : rupturetranquille - Communauté : Libre pensée politique
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Lundi 8 juin 2009

ou "avec et après le Front de gauche, retournons vite au front social"

Toutes les formations politiques en lice, quels que soient leurs résultats, remercient leurs électeurs. Et jamais rien pour les abstentionnistes !

N’est-il pas temps de réparer cette injustice ?

 

Aussi, même si je ne partageais votre démarche Elections européennes : appel à l'abstention  ,
j’ose croire que vous avez été près de 60 % du corps électoral à répondre à cet appel :

Lire l’appel unitaire pour l’abstention citoyenne aux européennes

 

http://www.initiative-communiste.fr/wordpress/?p=2921  (1)

 

Dont acte. De la grève du vote, à la grève tout court, gageons que la majorité d’entre vous vont avoir l’occasion de sauter le pas :

 

Lire à ce sujet : Européennes, assez de dissimulations sur

 

http://www.politis.fr/article7213.html

 

Tout y est : baisse des salaires, austérité budgétaire, privatisations…manque juste le partenariat transatlantique évoqué ici : http://www.mrc-22.org/?p=955 ,

mais, rassurez-vous, quand vous en entendrez parler, il sera déjà trop tard.

 

Aussi, après la désunion-désertion dans les urnes, plus que jamais, l’union dans les luttes est nécessaire.  Continuerait-elle ici :

 

Le 13 juin se construit partout dans l’unité

http://www.cgt.fr/spip.php?article36115

 

…et je ne doute pas que nous aurons bien d’autres rendez-vous !


 

Du fond du cœur, encore merci !


Frédéric 


PS : j'ai également apprécié la part du lion laissée à l'Union pour une Minorité de Privilégiés, avec près de 30% des voix. Elle pense avoir les coudées franches pour poursuivre son programme de
Défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance

Le processus va donc s'accélerer. Finement joué !

 

 

 

(1)   Pour mémoire en voici les termes :

 

Abstention citoyenne ! Boycott militant ! Confirmons notre rejet populaire de l’Europe supranationale, vassalisée, néolibérale, antisociale et atlantiste!

L’Europe supranationale a été préparée pendant la guerre par les services américains et leurs agents dans la Résistance. Il s’agissait de contrer l’alliance entre les gaullistes, les communistes et d’autres républicains, au sein d’un CNR qui ouvrait des perspectives démocratiques, nationales et progressistes dont les dirigeants étatsuniens ne voulaient pas. Dès cette époque, la construction d’une Europe fédérale avait pour but de priver les nations du droit à disposer d’elles-mêmes. Il s’agissait d’ancrer l’hégémonie US sur le monde en développant un processus de vassalisation que renforcera en 1949 la création de l’OTAN.

Malgré l’opposition des communistes, du monde du travail et des forces patriotiques à cette politique, cette soumission euro-atlantique n’a jamais cessé depuis la Libération, en dehors des années où le Général de Gaulle fut à la tête de l’Etat. Quelques personnalités, telles Pierre Mendès France, furent seules capables, au niveau du pouvoir politique, de tenir compte, en dehors de ces années de France libre, de l’intérêt national en ce domaine.

Depuis cette époque, par étapes, l’État européen est construit contre les peuples auxquels il s’agit d’imposer une Europe fédérale des régions, calquée sur le modèle de l’Allemagne et exigée par dirigeants de celle-ci comme par ceux des USA. L’Union européenne est devenue une véritable prison néolibérale et antisociale, atlantiste et belliciste, dominée par la « concurrence libre et non faussée ». En France, il s’agit prioritairement, de « défaire méthodiquement le programme du CNR », de détruire le tissu démocratique, républicain et laïque du pays, de liquider un siècle de conquêtes sociales et même de s’attaquer au français que de prétendues élites euro américanisées veulent remplacer par le « tout anglais ».

Le caractère antidémocratique de la construction européenne s’est notamment manifesté par l’annulation illégitime, puisque constitutionnellement le souverain est le peuple, du Non majoritaire des Français au TCE le 29 mai 2005, par des parlementaires félons réunis en congrès à Versailles. Ce viol de la démocratie est également confirmé par le refus de l’oligarchie eurocrate de respecter le Non des Néerlandais et des Irlandais, ces derniers se voyant imposer un nouveau référendum. Il est peu probable que les Irlandais se renient. Mais quel que soit leur vote, tous les traités européens, depuis le traité de Rome de 1957, sont rendus caducs, illégaux en terme de Droit international par le Non français. Cette caducité a aussi été confirmée par le Non des Néerlandais, celui des Irlandais et par la décision anglaise de suspendre la ratification du TCE. C’est ce que veulent masquer ceux qui espèrent sauver l’État fédéral européen en construction à travers ces élections européennes.

En effet, le 7 juin 2009, l’élection des eurodéputés exprimera, nous devons en prendre conscience, une négation de la souveraineté populaire déjà exprimée. De manière masquée, les tenants de l’eurodictature voudraient amener les peuples à se renier. À travers ces élections européennes, ils espèrent ressusciter une « Union Européenne » légalement morte, et lui redonner l’apparence du rétablissement de la légalité que la souveraineté populaire a brisée. Le refus citoyen de ce simulacre électoral mettra d’autant mieux en échec cette manœuvre que l’abstention populaire et militante sera massive, comme ce fut le cas en 2004.

Alors que la colère monte dans le peuple et tend à se généraliser, que le mouvement social est en essor, ces élections constituent, encore, une diversion à la seule issue qui vaille : l’offensive de la Résistance sociale, républicaine, patriotique et civique. Une fois détruit définitivement le carcan de l’Europe fédérale, en Europe et dans le monde, les peuples et les nations libres, souverains et égaux pourront construire de nouvelles coopérations débarrassées de toute hégémonie.

Dans ce contexte, le peuple de France peut et doit confirmer son rejet franc et massif de cette Europe dictatoriale en refusant cette parodie démocratique ! Oui, l’abstention des républicains, des progressistes et des patriotes va compter !

 

 

APPEL DU 9 mai 2009

Élections européennes - 7 juin 2009

Abstention citoyenne ! Boycott militant ! Confirmons notre rejet populaire de l’Europe supranationale, vassalisée, néolibérale, antisociale et atlantiste!

Signataires :

Les organisations citées comme la plupart des signataires de ce texte sont rassemblées dans l’Arc Républicain de Progrès.

Marcel et Thérèse Baratte   républicains, gaullistes, Comité Valmy

 

Claude Beaulieu           président du Comité Valmy

 

Geneviève Blache        Résistance et renouveau gaulliste

 

Frédérik Brandi             républicain, membre du Comité Valmy

 

Serge Cattet                 syndicaliste Comité Valmy

 

Christophe Chastenet   Gaulliste

 

Robert Clavijo              écologiste

 

Michel Connangle         communiste

 

Alain Corvez                  Résistance et renouveau gaulliste

 

Thierry Delbos               gaulliste  

 

Alexandre Dorna           républicain, universitaire,  Comité Valmy

 

Georges Gastaud          philosophe, secrétaire du Pôle de Renaissance Communiste en France

 

Claude Gaucherand

 

Paul Génestie               communiste, Comité Valmy

 

Jean Pierre Hemmen    dirigeant du PRCF, fils de fusillé de la Résistance

 

Vincent Flament          rédacteur en chef d’Initiative Communiste

 

Dr Jacques Lacaze       militant syndicaliste, conseiller municipal de Liévin

 

Annie Lacroix-Riz,         historienne, Paris VII,  militante du PRCF

 

Léon Landini                 ancien FTP de la Main d’œuvre Immigrée, officier de la Légion d’honneur, Médaille de la Résistance, président délégué du PRCF

 

Philippe Lecreux           gaulliste,  Comité Valmy

 

Armand Legay              ancien militant socialiste, Comité Valmy

 

Jean Lévy                     syndicaliste CGT  Comité Valmy

 

Pierre Lévy                    journaliste responsable de BRN

 

Antoine Manessis          dirigeant du PRCF

 

Michel Peyret                Ancien Député communiste de la nation  G

 

Marie-Claude Piris        militante laïque et républicaine Comité Valmy

 

Serge Portejoie             communiste, Comité Valmy

 

Pierre Pranchère,          ancien Franc-Tireur et Partisan, ancien membre du  CC du PCF, député honoraire de la nation, ancien eurodéputé, dirigeant du PRCF

 

Jean Claude Ramos     ancien député PS de la nation Comité Valmy     

 

Bernard Robinet            ancien maire adjoint communiste du Havre

Comité Valmy

 

Isabelle Voltaire             syndicaliste, militante laïque et républicaine, Comité Valm

 

Par Frédéric Maurin - Publié dans : rupturetranquille - Communauté : Pour la démission de Sarkozy
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Jeudi 4 juin 2009
Après une première tentative qui m'a valu quelques critiques et une bordée d'injures,  je prends à nouveau le risque de reproduire un article non élogieux sur
Daniel Cohn-Bendit.


Ecrit par des gens qui, semble-t'il, n'ont guère de leçon d'écologie à recevoir.

Pour ce qui me concerne, par fidélité au combat du 29 mai 2005, au demeurant partagé avec José Bové, je voterai Front de gauche.

http://www.frontdegauche.eu/ 

Car je suis de santé fragile, j'appelle d'avance les éventuels commentateurs à la modération.

Vive la presse libre, à celle qui porte le débat d'idée et merci à La décroissance (2 euros en kiosque)

Bonne lecture.


Derrière le masque médiatique :

 Le vrai visage de Daniel Cohn-Bendit

 

Article paru dans La Décroissance n°56-février 2009

Sous des dehors de garçon rebelle à la mèche folle, les options politiques de Daniel Cohn-Bendit, telles qu’il les a exposées dans un livre paru en 1998, sont dans la droite ligne du néo-libéralisme financier. L’ex-leader de Mai 68 milite au Parlement européen pour l’entrée des entreprises dans les écoles, la privatisation des services publics et le travail le dimanche. Cohn-Bendit dans le texte.

Alors que Daniel Cohn-Bendit lance avec José Bové la liste Europe Écologie, que la tête de liste des Vert en Ile-de-France se pique d’employer de temps en temps le terme de « décroissance », il est bon de se replonger dans les écrits de l’ex-leader de Mai 68, et plus particulièrement dans un livre paru en 1998 : Une envie de politique (La Découverte). Ce livre d’entretiens servira de profession de foi pour le candidat lors de sa campagne pour les élections européennes de 1999. À l’époque, il était déjà élu au Parlement à Bruxelles par le biais des Grünen (Verts) allemands.

Une envie de politique (1998) est le cri de ralliement de l’enfant de Mai 68 à l’économie de croissance néo-libérale. « Je suis pour le capitalisme et l’économie de marché », confesse Daniel Cohn-Bendit. La société est à ses yeux « inévitablement de marché ».

Privatiser la Poste

Ce credo économique se décline dans tous les domaines. Daniel Cohn-Bendit défend la course au moins-disant social : « Si Renault peut produire moins cher en Espagne, ce n’est pas scandaleux que Renault choisisse de créer des emplois plutôt en Espagne, où, ne l’oublions pas, il y a plus de 20 % de chômage. » Sur la culture, Daniel Cohn-Bendit défend la vision selon laquelle « l’artiste doit trouver lui-même son propre marché », sans subventions. « Eurodisney, avoue-t-il, je m’en fiche. Cela relève de la politique des loisirs. Je suis allé à Eurodisney avec mon fils, je ne vais pas en faire une maladie. Eurodisney, c’est un faux problème. »
L’ex-étudiant de Nanterre n’a rien contre le fait que les jeunes soient payés moins que le SMIC « si en échange d’un salaire réduit pendant trois ou quatre ans, on leur donne la garantie d’accéder ensuite à un emploi ordinaire ». Daniel Cohn-Bendit se déclare pour l’autonomie des établissements scolaires, pour qu’ils fassent sans l’État leurs propres choix de professeurs et d’enseignements. Il n’est pas opposé à l’appel aux fonds privés pour ces établissements afin de créer de « véritables joint-ventures avec les entreprises » et ajoute que « naturellement, l’industrie participerait aussi à la définition des contenus de l’enseignement, contrairement à ce que nous disions en 1968 ». « Mieux qu’Allègre !, résume l’hebdomadaire Le Nouvel Observateur (26-11-1998). Avec Cohn-Bendit le mammouth  n’aurait plus que la peau sur les os. »

Daniel Cohn-Bendit ne conçoit pas l’économie autrement que l’économie des multinationales, de la pub, de la globalisation et des TGV. Il le dit lui-même avec franchise : « Je suis persuadé que si on dit non à l’économie planifiée socialiste, on dit oui à l’économie de marché. Il n’y a rien entre les deux » (Libération, 6-1-1999). Il reprend à son compte la litanie des ultra-libéraux contre la dépense publique : « Je suis très ferme sur le déficit public. Par principe, tout écologiste conséquent doit être pour une limitation des dépenses publiques. » Les marchés publics doivent être ouverts à la concurrence. « Des services comme le téléphone, la poste, l’électricité n’ont pas de raison de rester dans les mains de l’État. » Il insiste : « Il n’y a pas de raison qu’il existe un service public de télévision. »

Travail le dimanche

Alors que Sarkozy a dû lui-même reculer sur cette question fin 2008, dix ans plus tôt, Daniel Cohn-Bendit se déclare pour le travail le dimanche. « Il faut admettre que les machines travaillent sept jours sur sept, donc admettre le travail du week-end. » La légalisation du travail le dimanche est avant tout profitable aux multinationales contre les entreprises de type familial. Mais l’eurodéputé met sur le même plan ces deux économies différentes, argument connu et honteux pour faire avaler cette destruction du droit au repos : « J’ai toujours été hostile aux horaires obligatoires d’ouverture des magasins (…) Tout le monde est scandalisé par le travail le dimanche, mais un Français serait aussi scandalisé de ne pouvoir faire son marché ou acheter son pain le dimanche. » Au travers de son argumentation sur le travail le dimanche, on comprend mieux la logique « libérale-libertaire » de Cohn-Bendit et l’immense danger qu’elle comporte sous couvert de modernité et de rébellion. Dans l’extrait suivant, le côté « libertaire » prend appui sur la critique de la famille traditionnelle et le désir du « jeune » de s’amuser pour mieux avancer ses pions ultra-libéraux : « Les parents ont besoin d’être avec leurs enfants, mais il ne faut pas réduire les besoins des gens à ceux de la famille traditionnelle, parents avec enfants (…). Bien des jeunes, qui n’ont pas de contraintes ou de besoins familiaux sont prêts à travailler en VSD (vendredi-samedi-dimanche) comme on dit, pour être libres à un autre moment, voire travailler sept jours d’affilée s’ils ont ensuite une semaine de congés pour aller faire de la marche, de l’escalade ou toute autre chose dont ils ont envie. »

Le moderne contre l'archaïque

Daniel Cohn-Bendit reprend la rhétorique connue du modernisme contre l’archaïsme : la protection sociale doit « évoluer », la gauche défend « une vision bloquée de la société », l’extrême-gauche est « une forme de réaction conservatrice »
Concernant l’Europe, il faut savoir que Daniel Cohn-Bendit a été un grand défenseur de l’euro et de l’indépendance de la Banque centrale européenne, qui empêche tout contrôle des États membres sur leur politique monétaire. En 1998, avec Olivier Duhamel, professeur à Sciences-Po Paris, il publie un Petit Dictionnaire de l’euro (Le Seuil). On peut y lire : « Chacun demeure libre de rêver d’un monde sans marchés financiers internationaux, sans libéralisation des échanges, sans globalisation de l’économie. Mais que gagnerait l’Europe, et chacun de ses peuples, à s’inscrire dans cette nostalgie ? »

Les contempteurs de l’Union européenne seraient des nostalgiques. Dans une tribune publiée dans Le Monde du 26 novembre 1998 « Pour une révolution démocratique », Daniel Cohn-Bendit s’en prend aux « antieuropéens » : « Selon eux, l’Europe organiserait le démantèlement des États-providence et servirait de marchepied à la mondialisation sauvage, caractérisée par la libre circulation des marchandises, des capitaux et par le pouvoir absolu des marchés financiers. Face à une Europe qui ne serait qu’un facteur de régression sociale, le cadre national resterait le plus approprié pour défendre les droits des salariés menacés par le capitalisme. »  L’ex-rebelle choisit son camp : « Les pro-européens (…), pour qui l’Europe rend possible le progrès social dans le cadre d’un espace d’intégration supranational. Pour nous, elle agit comme un bouclier face au libre-échangisme, prend progressivement la place des États-nations traditionnels dans le domaine social et, à leurs faiblesses, substitue une nouvelle capacité d’action économique et financière. » Ici encore, le côté libertaire – l’attaque de l’État-nation – sert avant tout à permettre de déposséder les peuples de leur destin politique.

BHL a tout compris

En somme, si l’on me permet cette comparaison publicitaire, Daniel Cohn-Bendit, c’est le Canada Dry de la politique : ça a la couleur de la rébellion, l’odeur de la rébellion, le goût de la rébellion, mais ce n’est pas de la rébellion ; c’est juste l’idéologie capitaliste classique sous une face souriante et décoiffée. Un produit marketing redoutable.

L’éditorialiste Bernard Guetta ne se trompe pas quand il voit en lui l’image d’une génération « radicale dans le ton mais consensuelle et modérée dans ses solutions »(Le Nouvel Observateur, 26-11-1998). Bernard-Henri Lévy, lui, résume le phénomène Cohn-Bendit de manière lumineuse : « Il tient à peu de chose près le discours des gentils centristes, mais de façon tellement plus séduisante et convaincante. Il dit ce que les centristes disent depuis des années. Il tient sur l’euro des propos qu’eux-mêmes hésitent parfois à tenir. Et, miracle de la musique politique : les mêmes mots qui, dans leur bouche sonnaient économiste, marchand... apparaissent dans la sienne ludiques, sympathiques, généreux » (Le Point, 21-11-1998).

Sur la scène politique française, Daniel Cohn-Bendit servira de fait à affaiblir les alliés de la gauche traditionnelle dans le gouvernement de Lionel Jospin : les communistes et les chevènementistes. Georges-Marc Benamou l’explique le 26 novembre 1998 : « [Cohn-Bendit] est-il à même de gagner son second pari : dépasser le Parti communiste, son rival de trente ans ? Ce serait un véritable séisme pour la gauche qui gouverne (…) En introduisant son libéral-libertarisme, son anti-étatisme, son réformisme économique, Cohn-Bendit fendille le bloc des certitudes de la gauche social-démocrate frileuse. »
Les éditorialistes parisiens oublient un détail : les Verts avaient déjà devancé les communistes en 1989, lors de la candidature d’Antoine Waechter aux élections européennes. Les écologistes avaient obtenu 10,5 % contre 7,7 % pour le PCF. Mais Robert Hue était repassé à nouveau devant les Verts à la présidentielle de 1995 (8 % contre 3 % pour Dominique Voynet). Le 13 juin 1999, Daniel Cohn-Bendit change une deuxième fois le rapport de force entre les Verts et le PCF, en obtenant 9,7 % des voix, contre 6,7 % pour Hue. L’ex-leader de 68, avec tout son arsenal médiatique, fera moins qu’Antoine Waechter. Un détail que les journalistes ne mentionnent pas.

Au vu des options politiques de Daniel Cohn-Bendit, il faut inscrire sa victoire dans la lutte interne du parti socialiste entre les tenants d’une politique sociale véritable et les défenseurs du « socialisme moderne ». Alain Madelin, président de Démocratie libérale, résume très bien cette perspective politique : « Il est clair que sur certains sujets, comme les privatisations d’EDF ou des chemins de fer, la retraite par capitalisation, la concurrence et la sélection dans les universités, l’autonomie des établissements scolaires, Daniel Cohn-Bendit développe une approche libérale en contradiction avec le PS et les Verts. Puisse cette évolution permettre l’arrivée d’un libéralisme de gauche dans ce pays » (Le Figaro, 1-12-1998). Lionel Jospin, et Ségolène Royal après lui, choisira la voie du social-libéralisme en 2002. Avec le succès que l’on sait.

Enrichissez-vous !

« Centriste » revendiqué, Cohn-Bendit signe avec François Bayrou (UDF) dans Le Monde du 14 juin 2000 un texte intitulé « Pour que l’Europe devienne une démocratie ».  La lune de miel entre le centriste béarnais et le vert allemand continue en 2005, lorsque les deux hommes feront des meetings communs pour défendre le traité constitutionnel européen (TCE). Cohn-Bendit ne nous étonnera pas sur ce point : il avait déjà été favorable au traité de Maastricht treize ans plus tôt.

Mais le couronnement de Dany-le-Jaune se fera, avec tribunes, journalistes et petits fours, lors de la deuxième université du Medef, alors dirigé par Ernest-Antoine Seillière. Les 1er et 2 septembre 2000, les patrons se réunissent sur le thème très chabaniste « Nouvelle économie, nouvelle société » et invitent l’eurodéputé à débattre. L’ex-rebelle accourt. Je vous livre des extraits du compte rendu du Figaro du même jour : « Ils étaient tout contents, les trois mille patrons en chemisettes réunis hier sur le campus HEC de Jouy-en-Josas, de s’être offert pour leur université d’été du Medef l’insaisissable Dany qui, quelques jours plus tôt, boudait ses amis les Verts (…) “Votre question, commence Dany, le capitalisme est-il moral ?, ne m’intéresse pas. Arrêtez ! laissez ça aux curés ! Le souci des capitalistes, c’est de gagner et ils ont raison.” »

Sophie Divry

 

« L’enfant chéri des médias »

La campagne européenne de Daniel Cohn-Bendit pour les élections de juin 1999 est l’occasion d’un déferlement médiatique considérable autour de sa personne sur le thème « le retour en France du rebelle de Mai 1968 ». Cette occupation médiatique commence au printemps 1998 alors que les médias commémorent avec la légèreté qui est la leur les 30 ans de Mai 68. Elle se poursuit à l’automne. Le 15 novembre 1998, Le Monde fait un portrait du candidat en pleine page, « Cohn-Bendit, l’euro-enthousiaste ». Deux jours plus tard, en une, le quotidien vespéral remarque que « Daniel Cohn-Bendit fait une entrée fracassante dans les médias ». Ensuite c’est Voynet qui prend la parole dans ce journal pour dire à quel point elle le trouve « fascinant » et « émouvant (1) ». Le Figaro suivra sa campagne d’un œil très favorable. Ce quotidien montre son affection à Daniel Cohn-Bendit par deux pleines pages le 10 et le 13 novembre 1998. L’idée principale qui réjouit Le Figaro, c’est que Dany va tailler des croupières au PCF. Le 26 novembre 1998, Le Nouvel Observateur titre en couverture : « Le pavé Cohn-Bendit : il séduit près d’un Français sur trois ». La tête de liste des Verts est décrite en pages intérieures comme « un coup de jeune pour l’Europe », l’hebdo finit son article sur le candidat en rendant grâce à « son talent, qui est grand ». La même semaine, avec ce sens de l’originalité et de la concurrence qu’ont les newsmags, L’Événement du jeudi fait sa une sur : « L’emmerdeur. Enquête sur l’effet Cohn-Bendit. Jusqu’où ira-t-il ? »


Médias, revue de célébration du système médiatique, 12-2008.

Pour qu’on ne m’accuse pas d’avoir fait un décompte à charge, je laisse ce soin au Parisien, qui, dans son édition du 15 décembre 1998, résume la situation : « En vingt-sept jours, Cohn-Bendit a été l’invité vedette de cinq émissions de télévision et de cinq radios. Il a donné onze interviews à des quotidiens ou des magazines, et fait la “cover” à huit reprises d’hebdomadaires ou de mensuels. Résultat : on voit Cohn-Bendit partout. Le secrétaire national [Jean-Luc Bennahmias] n’a-t-il pas tiré un premier bilan médiatique : “Si on avait dû se payer une campagne d’image équivalente aux passages de Dany dans les télés, les radios et les magazines, ça nous aurait coûté 20 millions de francs” ? »

Malgré tout cela, lorsque le journal Libération interviewe le candidat le 6 janvier 1999, la première question est : « La chasse au Dany est ouverte. En ce début d’année, on dirait que Cohn-Bendit est l’homme à abattre. Ça vous plaît ? » Dans l’édito du jour, Jean-Michel Thénard se pose sérieusement la question : « Daniel Cohn-Bendit est-il le candidat anti-mode ? »
Le candidat « anti-mode » remet son costume au mois de janvier 1999 pour, en trente jours, honorer la une du Point et de La Vie, faire publier à son sujet quinze articles dans Le Monde et une tribune à son nom, ainsi que cinq articles et deux interviews dans Le Figaro. Chaque semaine les quotidiens lui consacrent un ou deux articles au minimum. Les hebdos ressortent en février 1999 les articles à peine recyclés de novembre 1998, ainsi de suite ad nauseam. Je vous évite le décompte des interventions radio et télé. Ce qui est sûr, c’est que, selon les termes du Journal du dimanche, « depuis Bernard Tapie, la télévision n’avait pas tenu un tel bon client » (6-12-1998).
Alors, j’ai un défi pour les éditorialistes parisiens : trouver en 2009 de nouveaux vocables pour définir Daniel Cohn-Bendit sans employer les termes « trublion » et « poil à gratter » que l’on retrouve sous toutes les plumes du parti de la presse et de l’argent. Pourront-ils y parvenir ?

Le « moderne » contre le « ringard »

Comment s’explique un tel engouement du système médiatique pour la campagne Cohn-Bendit ? Daniel Cohn-Bendit se définit lui-même à plusieurs reprises comme « une bête des médias ».  Dans une interview donnée au magazine Médias en décembre 2008, il déclare avoir « une relation naturelle avec les journalistes » et une « connivence objective avec eux » : « Comme je n’arrive pas à me taire et que je raconte tout, ça plaît. C’est aussi simple que ça. »

En fait, c’est encore plus simple : Daniel Cohn-Bendit a un discours propre à plaire aux oligarchies qui détiennent les médias. Replaçons-nous dans la chronologie de cette année 1998. Lionel Jospin est au pouvoir depuis 1997, c’est encore les débuts du gouvernement de la gauche plurielle. Le PCF et les Verts ont des ministres au gouvernement, mais l’avantage est numériquement aux communistes de Hue. Dans ce contexte, en avril 1998, Daniel Cohn-Bendit sort, en coédition avec Le Monde, son livre d’entretiens (2) intitulé Une envie de politique, cri de ralliement aux thèses du néo-libéralisme triomphant.

Le parti de la presse et de l’argent est ravi. Dans notre société du spectacle, les médias comprennent très vite que Daniel Cohn-Bendit est l’outil idéal pour faire passer un message de soumission aux lois du marché. Les médias vont donc répartir les rôles : face au trublion Daniel Cohn-Bendit, Jospin incarnera la figure du ringard encore empêtré dans le socialisme de papa, avec comme boulet à son pied d’« archaïques » communistes. Cette grille d’analyse sera appliquée sans ménagement. Jean-Pierre Chevènement, ministre de l’Intérieur de l’époque, quand il aura le tort de critiquer l’invasion médiatique par Cohn-Bendit, sera taxé très vite d’« antisémite ». Une mécanique bien huilée.

Les médias savent en outre qu’il ne soulèvera jamais la question de l’inféodation des médias aux groupes capitalistes et aux publicitaires. En 1983, il déclarait : « Toute réglementation des médias est absurde. Je trouve absurde qu’on n’ait pas la télévision pendant 24 heures. Je suis sûr que le problème de la télévision se résoudrait par la concurrence (3). » Quinze ans plus tard, dans Une envie de politique, il persiste en disant que la privatisation de TF1 était « nécessaire » en 1987. Deux ans après l’arrivée au pouvoir de Sarkozy, Daniel Cohn-Bendit est obligé de mettre un peu d’eau dans son vin : « Il existe des interventions politiques de propriétaires de médias : on ne peut pas le nier. Dassault, l’affaire Genestar, plusieurs cas démontrent que le pouvoir ou une force politique peuvent intervenir. Mais c’est l’exception qui confirme la règle. La manipulation des médias relève du fantasme » (Médias, décembre 2008). Concernant sa position sur l’invasion publicitaire, je n’ai rien trouvé d’autre que cet échange avec Karl Zéro (4) :
« – Tu aimes la pub ?
– Ça m’est égal. »

Cela me semble un blanc-seing donné aux pubards, mais sans doute je fantasme.

Ne pas fatiguer les journalistes

Enfant de la société du spectacle, Daniel Cohn-Bendit entretient cette servilité des hommes politiques face aux groupes de presse. « En politique, lorsque le message ne passe pas dans les médias, c’est de notre faute, pas celle des journalistes. » Conformément à ce raisonnement, il concède que les Verts français ont longtemps eu « une approche, un look, une manière d’être qui fatiguent les journalistes (5) ».

Le look, la manière d’être de Cohn-Bendit se veulent différents de ces écolos pénibles qui ne parlent que de politique et de crise. Cohn-Bendit sait plaire aux journalistes : il leur demande de l’accompagner quand il mange le 31 janvier 1999 avec Robert Hue, secrétaire national du PCF. Le candidat vert traite devant eux le communiste de « traditionnaliste » parce qu’il conteste l’autonomie de la Banque centrale européenne. Ce dîner mondain et ses échanges flamboyants donneront lieu à deux articles dans Libération, le lendemain et le surlendemain. Du haut journalisme. La méthode de Daniel Cohn-Bendit, c’est d’être ainsi dans un registre anti-politique. Il le dit clairement : « Je crois qu’aujourd’hui la majorité plurielle néglige l’urgence et l’émotion (6). »

Pour mettre un peu d’émotion, Daniel Cohn-Bendit se plie à tous les jeux médiatiques. Il commente la Coupe du monde de football de 1998 dans le Journal du dimanche. Avant Olivier Besancenot et avec moins de scrupules, il estime que « pour un homme politique, se rendre dans une émission de divertissement n’est pas honteux (7) ». Il déclare à VSD qu’il est « amoureux de sa femme (8) », que Carla Bruni « n’est pas [son] genre même [s’il a] bien aimé son premier disque (9) ». Il se définit lui-même comme un « narcisse », une « pipelette », un « concierge ». On reste cependant frappé par sa confondante immodestie. Ainsi raconte-t-il à Médias : « Quand je me balade avec ma femme à Paris, elle est toujours fascinée – parfois énervée aussi – parce que des gens, souvent des femmes, m’abordent en disant : “Ah vraiment, tu m’as sauvé la vie !” »

Le plus frappant dans cette omniprésence médiatique est certainement son unilatéralisme : jamais aucun article ne critique Daniel Cohn-Bendit ni ne le met en danger sur ses positions. Tous sont à genoux devant lui comme devant une vache sacrée. La Décroissance arrivera-t-elle à rompre ce sortilège ?

S. D.

1 - Le Monde, 1-12-2008.
2 - Tous les « livres » de Daniel Cohn-Bendit sont en fait des livres d’entretiens retranscrits.
3 - Libération, 22-3-1983.
4 - Le Vrai Journal, 27-11-1998.
5 - Médias, hiver 2008-2009.
6 - Libération, 6-1-1999.
7 - Le Monde, 28-11-1999.
8 - VSD, 11-11-1998.
9 - Médias, n°19, hiver 2008-2009.

 

 

La Décroissance/Casseurs de pub - 11, place Croix-Pâquet - 69001 LYON

Par Frédéric Maurin - Publié dans : rupturetranquille - Communauté : Les blogs républicains
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Jeudi 4 juin 2009

Discours de Michèle Dessenne, porte-parole du M’PEP http://www.m-pep.org/ , au meeting du Front de Gauche http://www.frontdegauche.eu/  à Orsay le 28 mai 2009




A quelques jours du 7 juin, je veux lancer un message à celles et ceux qui sont tentés par l’abstention. Ils sont en effet très nombreux, puisque près de 60% de nos concitoyens ne seraient pas encore décidés à se déplacer pour voter. Peut-être qu’ici même, dans cette salle, certains parmi vous hésitent encore. Et sans aucun doute, dans votre entourage, familial, professionnel, associatif, amical, vous connaissez des personnes qui affirment ne pas vouloir apporter leur voix à ces élections européennes. Les raisons sont diverses et avouons-le, on peut les comprendre.

Je pense à tous ceux qui sont écœurés par le déni de démocratie que signifie l’adoption du traité de Lisbonne par le Congrès de Versailles qui a fait fi du NON au TCE exprimé massivement le 29 mai 2005 par le peuple français.

Car nous savons tous que le traité de Lisbonne est le frère jumeau du traité constitutionnel européen. Qu’il porte les mêmes politiques libérales, la mort du service public, la privatisation sans vergogne. Qu’il induit, par le dogme de la concurrence libre et non faussée gravée au fronton de l’Union européenne, la concurrence entre les peuples, les salariés, les privés d’emploi, qu’il engendre les délocalisations et le dumping social.

Personne n’est dupe du numéro de passe-passe de Nicolas Sarkozy, chantre du capitalisme et ami des multinationales. Il a voulu punir le peuple français qui avait, par son NON retentissant, monté une barricade contre l’eurolibéralisme. Ainsi nous comprenons celles et ceux qui se disent « à quoi sert de voter puisque lorsque notre vote n’est pas conforme aux puissants, il est balayé du revers de la main » ? Nous les comprenons mais nous sommes convaincus qu’ils se trompent de stratégie. J’y reviendrais tout à l’heure.

Je pense aussi à ces travailleurs en lutte pour sauver leur emploi, qui hurlent leur désespoir et affirment ne plus rien avoir à perdre.

Ceux de Continental et de Peugeot Sochaux, qui ont compris qu’ils sont en train de payer la crise engendrée par la folie de toute puissance de la finance, de la spéculation, de la mondialisation du capitalisme néolibéral.

Et même s’ils déclarent ne pas aller voter le 7 juin, ils ne parlent pas moins de la responsabilité de l’Union européenne dans la crise, et surtout de sa responsabilité en faveur du système d’exploitation des travailleurs. Ils connaissent les responsables, ils les désignent mais ils ne croient pas que voter le 7 juin peut avoir un sens.

Je pense à la jeunesse, dégoûtée par le sort qui lui est fait, diplômée ou non, subissant de plein fouet la précarité et la privation d’emploi, méprisée par un gouvernement entêté qui poursuit ses contre-réformes de l’université, du lycée, qui détruit la recherche, méprise les enseignants.

Comment dessiner un avenir quand on vit le présent dans l’angoisse ? Parmi cette jeunesse-là, nombreux aussi sont ceux qui pensent qu’il est inutile de se déplacer le 7 juin puisque leurs luttes ne sont pas entendues, leur vécu ignoré, malgré leur détermination et leur intelligence collective.

Je pense aux habitants des banlieues, des quartiers populaires, à sa jeunesse ciblée par les politiques sécuritaires répressives alors qu’elle souffre d’abord et avant tout de l’insécurité sociale.

Je pense aux salariés de la fonction publique, que le gouvernement insulte, et qui malgré leur résistance pour sauver l’hôpital public, l’éducation nationale, publique et laïque, la Poste, voient leurs rangs s’affaiblir par une politique de diminution drastique de leurs effectifs.

Les abandonnant face aux besoins croissants des populations en matière de soins, et en particulier dans les zones rurales. Leur engagement en faveur de l’intérêt général, qui a fondé leur statut d’agents publics, est foulé aux pieds ; ils sont ringardisés et moqués. Et malgré leur persévérance à se mobiliser et à dénoncer les dangers de l’obstination du gouvernement ils ne voient pas encore d’issue.

Parmi elles et eux, nombreux sont celles et ceux qui ne voient pas l’utilité de voter le 7 juin. Je pense aussi aux militants altermondialistes, qui ont mis toutes leurs forces dans la campagne contre le traité constitutionnel européen, aux côtés de la gauche du NON, et qui vivent comme une traitrise impardonnable le bradage qui a été fait de la démocratie.

Par la droite certes, l’UMP en tête, mais aussi par le Parti socialiste qui ne s’est pas opposé à l’adoption du traité de Lisbonne. Forcément, puisque le Parti socialiste était et reste pour le traité de Lisbonne. Forcément, puisque le groupe parlementaire européen auquel il appartient, le PSE, vote régulièrement des directives libérales !

Les altermondialistes abasourdis par le ralliement de José Bové, figure de la lutte contre la mondialisation libérale, qui a rallié le libéral-libertaire Cohn-Bendit, un monsieur qui défend bec et ongle le traité de Lisbonne comme il a défendu le traité constitutionnel européen.

Alors oui, parmi les altermondialistes, il y en a qui pensent que l’abstention est une réponse du berger à la bergère. Et que puisque l’eurolibéralisme est aux manettes, ils croient qu’ils peuvent faire entendre leur refus, en faisant grève du vote afin de décrédibiliser le système. Nous pensons que c’est faire fausse route. Parce que justement l’un des objectifs des libéraux et des européistes de la Commission de Bruxelles est d’affaiblir, voire d’éradiquer les processus démocratiques.

Oui, les raisons sont nombreuses et multiples pour ne pas voter le 7 juin. Pourtant, même si les causes sont justes, et nous les partageons, la réponse par l’abstention est fausse. Elle est fausse car elle n’est pas efficace. Elle est fausse parce qu’elle est dangereuse.

Que se passera-t-il au soir du 7 juin ? Après avoir annoncé le taux de participation, faible et historique – j’entends déjà les commentaires -, les résultats seront proclamés, et le risque est grand de voir l’UMP en tête. Un comble dans un pays qui a dit NON le 29 mai 2005 et qui dit NON chaque jour aux politiques sarkozystes. Je suis sûre que vous imaginez déjà le triomphe immodeste, comme à l’accoutumée, de ces arrogants qui prendront appui sur ces résultats pour justifier la poursuite de leurs contre-réformes. N’oubliez pas le formidable porte-parole de l’Elysée, le sieur Lefèvre, qui a lancé, il y a quelques jours, l’effroyable proposition de faire travailler à domicile les femmes en congé de maternité et les salariés en congés maladie !

J’entends déjà les commentaires nous expliquant la poussée de Monsieur Bayrou, la droite libérale déguisée en humanisme bien pensant, qui apparaîtra comme le seul opposant à Nicolas Sarkozy pour 2012. Car évidemment, ceux qui donnent des leçons d’Europe sont d’abord préoccupés par leur objectif national et personnel : les présidentielles à venir.

Le PS, lui, qu’il obtienne 22 ou 19%, ne sortira pas vainqueur du 7 juin. Et lorsqu’il appelle au vote utile, prétextant qu’il faut renverser la majorité de droite du Parlement, on pourrait en rire si cela n’était pas si pathétique. Vote utile à qui à quoi et pourquoi ? A quoi le Parti socialiste s’oppose-t-il au sein de l’Union européenne ? A ses politiques libérales ? Non.

Rappelons nous que Lionel Jospin, Laurent Fabius, alors Premier ministre et ministre de l’Economie, n’ont jamais été à l’encontre des privatisations ni des dérégulations menées au sein de l’Union européenne. Ils ont dit oui, avec ferveur parfois. Et dans le secret toujours.

Alors imaginons un autre scénario. Et il est encore possible de le réaliser. Nous avons encore quelques jours devant nous. Un temps précieux que nous pouvons mettre à profit.

Imaginons que le Front de Gauche, qui dit NON à l’eurolibéralisme et au capitalisme, qui dit OUI à une société d’égalité et de fraternité, qui inscrit la solidarité dans ses programmes et l’incarne par son identité et son histoire, imaginons que ce Front de Gauche là, qui réunit le Parti communiste, le Parti de gauche et la Gauche unitaire, soutenu par le M’PEP et d’autres organisations de gauche, des courageux qui ne mettent pas le genou à terre, qui ont en bannière, et au cœur, la coopération entre les peuples et pas la concurrence, un Front de Gauche qui place l’unité comme condition indispensable pour répondre aux aspirations des catégories populaires, des ouvriers, des salariés, des étudiants, des agents du service public, mais aussi des paysans écrasés par le jeu spéculatif et les multinationales de la grande distribution, et des artisans broyés par la sous-traitance.

Imaginons donc que le Front de Gauche démontre au soir du 7 juin que le peuple de France a décidé de reprendre son destin en main.

En proclamant son désir et sa volonté de renouer avec le volontarisme politique. Imaginons que le Front de Gauche crée la surprise en obtenant un résultat significatif.

Alors les commentaires seraient bien différents. Et les conséquences aussi. Nous aurions des élus au Parlement européen, des élus qui ne se compromettent pas dans des alliances sans principe mais construisent les bases du changement.

Alors, le Front de Gauche apparaîtrait, avec celles et ceux qui auront voté pour lui, comme de puissants désobéissants.

Désobéissants à l’ordre de la fatalité qui a remplacé la raison et la critique, désobéissants aux dogmes libéraux, désobéissants aux pronostics des sondages, désobéissants aux grands médias qui font la promotion des partis pro-système, de l’UMP, du PS, des Verts, du MoDem, et qui ont préféré choyer la figure joviale d’un Olivier Besancenot dont ils savent bien qu’il n’est qu’un amuseur puisqu’il ne prétend pas à gouverner !

Désobéissants au sein du Parlement européen parce que le Front de Gauche, lié au mouvement social, multiplierait ses alertes.

Et demain, si une vraie gauche accédait au gouvernement en France, nous serions encore des désobéissants en refusant de transposer des directives européennes libérales. Au nom de l’égalité, au nom du peuple qui aurait élu cette gauche, pour mener à bien une révolution sociale et politique.

Car au soir du 7 juin, si le Front de Gauche créait la surprise, c’est une autre étape qui s’ouvrirait. Celle qui permettrait de construire en France une force politique de gauche, fière et combattive, ouvrant un nouvel espoir pour la transformation sociale dont nous avons tous besoin.

A chaque fois que nous parvenons à faire entendre notre voix, un pas supplémentaire est franchi.

A nos difficultés, à nos peurs, à nos doutes, ne peuvent répondre que des projets collectifs, démocratiques, politiques. La croyance dans l’individualisme dans lequel nous avons été plongés est un leurre. Le chacun pour soi est un piège alléchant tendu par les idéologues du libéralisme. La liberté qu’ils prônent n’est qu’un masque tragique : eux seuls exercent leur liberté qu’ils ont mise au service du pillage de la nature, de l’exploitation des femmes, des hommes, et des enfants, à leur seul profit.

Voter le 7 juin, voter Front de Gauche le 7 juin, c’est exprimer notre conviction que s’unir est une nécessité et une force.

Et que nous ne nous résignerons pas à laisser la main invisible du marché régir nos vies et notre Cité.

Car, en tout état de cause, n’oubliez pas que « même si tu ne t’intéresses pas à l’Union européenne, l’Union européenne s’occupe de toi » !

Alors, il nous reste quelques jours pour convaincre, sans relâche, que ce scénario est possible et qu’il peut changer le paysage politique. A nous toutes et tous, tout reste possible. Soyons les messagers convaincants et déterminés, jusqu’au dernier moment, du vote Front de Gauche.

Par Frédéric Maurin - Publié dans : rupturetranquille - Communauté : Pour la démission de Sarkozy
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Mardi 2 juin 2009

Douze artistes : Cali, Bernard Lavilliers, les Têtes Raides, Noir Désir, Balbino Medellin, Georges, Miossec, Renaud, Jacques Higelin, Pascal Bizern, Georges Moustaki, Daguerre, ont décidé de se regrouper pour offrir un CD à l’Humanité.

Ils s'en expliquent ici : 

http://www.humanite.fr/Un-numero-exceptionnel-de-l-Humanite 


Et c'est plutôt réconfortant quand, à écouter les médias aux ordres,Médias aux ordres, suite sans fin  on penserait presque que le monde des arts et de la culture (Steevie Boulay, Mireille Mathieu, Bigard, Eric Zemmour, pour ne citer qu'eux) est tout entier acquis au sarkozysme.

Au passage, je précise que ces artistes soutiennent un journal engagé avec le Front de Gauche : 

http://www.frontdegauche.eu/ 

Bon maintenant, vous en tirez les conclusions que vous voulez... 



A écouter donc avant le 7 juin ou après avoir donné un carton rouge à l'Union pour une Minorité de Privilégiés :


Pour une désobéissance européenne 
 

Par Frédéric Maurin - Publié dans : rupturetranquille - Communauté : Pour la révolution en 2012.
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Mardi 2 juin 2009

Là, je vais un peu vite. Sur ce coup, je suis pas très honnête et c'est pas le genre de la maison (celle du Diplo). Mais il n'en reste pas moins vrai que deux de ses grandes plumes soutiennent le Front de gauche : Ignacio Ramonet et Bernard Cassen .
Je dis çà comme çà. A vous de voir


Bernard Cassen, par ailleurs fondateur d'Attac, s'en explique ici :

http://www.frontdegauche.eu/ 


"Après une trentaine d'années d'hégémonie, le néolibéralisme est en train de se fracasser contre le mur de ses propres aberrations. L'occasion serait idéale pour lui opposer des alternatives cohérentes, aussi bien au niveau national qu'européen et international, et pour donner ainsi des perspectives politiques aux luttes sociales qui font tache d'huile dans de nombreux pays du Nord comme du Sud.

Malheureusement, de ce point de vue, le paysage offert par les forces progressistes est désolant. Contrairement aux gouvernements - y compris bien entendu ceux se réclamant verbalement de la social-démocratie - qui brisent sans états d'âme tous les tabous de l'orthodoxie afin de mieux garantir la pérennité du système, ces forces restent frileuses et timorées. Elles répugnent le plus souvent à avancer des propositions de rupture radicale, à la mesure du séisme qui se propage sous nos yeux. Elles sont à cet égard très en retrait par rapport au sentiment de révolte qui anime chaque jour davantage un nombre croissant de citoyens. Surtout, elles continuent de raisonner en termes de boutique, sans prendre en compte l'aspiration populaire à l'unité contre les forteresses du capital et leurs porte-étendards politiques et médiatiques.

Ceci se vérifie au niveau de la France, mais aussi d'une Europe que les traités successifs (dont celui de Lisbonne) et la collusion entre les partis de gouvernement, ceux de droite comme ceux "de gauche", ont transformée en bouclier du libéralisme. On doit, à cette occasion, déplorer que certains dirigeants qui affirmaient partager cette analyse aient succombé à la tentation électoraliste et renié leur vote "non" au traité constitutionnel européen en faisant liste commune avec les partisans du "oui".

Il est maintenant grand temps de jeter des passerelles entre toutes les forces antilibérales, qu'il s'agisse de partis politiques, de syndicats, d'associations, voire de gouvernements, afin de constituer un vaste front populaire se déclinant du local au mondial. A cet égard, les altermondialistes doivent prendre en compte le fait que des gouvernements, en Amérique latine, mettent concrètement en oeuvre des mesures de rupture avec le néolibéralisme. Ils ont un temps d'avance sur nous et méritent notre solidarité active !

Les prochaines élections européennes ne changeront pas la face de la planète, mais elles peuvent permettre d'entamer un processus de mise en conformité entre le bulletin de vote et les aspirations à de profonds changements démocratiques et sociaux. En France, Jean-Luc Mélenchon, le Parti de gauche et le Front de gauche me semblent être actuellement les seuls porteurs de cette démarche à la fois unitaire et combative. C'est pourquoi, en dehors de toute considération partisane je leur apporte mon soutien chaleureux."

Bernard Cassen *

* Universitaire et journaliste, fondateur et ancien président d'Attac, initiateur du Forum social mondial de Porto Alegre.

Par Frédéric Maurin - Publié dans : rupturetranquille - Communauté : Pour la démission de Sarkozy
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