Rupture tranquille

Jeudi 12 novembre 2009
Personnellement je m'en doutais... mais je tenais à livrer une preuve supplémentaire : ce courriel sans réponse adressé à 70 sénateurs de l'Union pour une Minorité de Privilégiés    

Le 4 novembre 2009

Monsieur le Sénateur,

J’ai envoyé le 4 mars 2009 cette question au Premier Ministre et au Ministère de l’écologie et du développement durable :

« Conformément à ses engagements européens, la France s’achemine vers la libéralisation intégrale du secteur de la distribution du courrier au 1er janvier 2011.

Concrètement, une même rue, un même quartier, une même ville pourront être désservis par plusieurs opérateurs.

Disposez-vous d’un bilan énergétique dans les pays où cette libéralisation a été menée et - ou d’une prospective concernant la France ?

Si c’est le cas, je serais heureux d’en connaître les conclusions ou les références.

Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, en ma sincère considération. »

 

En l’absence de réponse, je me permets de vous la poser aujourd’hui puisque vous allez peut-être voter en faveur du projet de transformation de La Poste en société anonyme, un projet explicitement en relation au défi que constitue la libéralisation intégrale du secteur postal.

Outre les régressions sociales observées à l’étranger, il me semble qu'un gâchis écologique puisse venir s'y ajouter.  

Dois-je attendre la prochaine semaine du développement durable 2010, 2011 ? Ou constater qu’il y a des débats interdits quand on touche aux directives de l’Union Européenne ?

Dans l’attente de vous lire, je vous prie de croire en ma sincère considération.

Frédéric Maurin

 

Par Frédéric Maurin - Publié dans : rupturetranquille - Communauté : Pour la démission de Sarkozy
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Mercredi 11 novembre 2009

« Vaste manipulation » pour Frédéric Lefebvre, « bourrage des urnes » pour Jean-Pierre Raffarin …la réponse du gouvernement Sarkozy-Fillon aux deux millions de votants sur le changement de statut de La Poste est inqualifiable.

Mais il fallait s’y attendre. Car nous n’oublions pas la manière dont ils se sont assis sur les résultats du référendum du 29 mai 2005 :





Le combat continue ici :
http://www.referendumpourlaposte.rezisti.org/ 


Dans sa dernière livraison, le mensuel Bastille République Nations (pour recevoir un numéro, c'est ici : http://www.respect-democratie.net/)  revient sur les ressorts de l'abandon de Poste :  

Le projet de loi transformant La Poste en société anonyme va être débattu au parlement. Au cœur du projet se trouve la transposition de la « troisième directive postale » concoctée à Bruxelles, qui étend la concurrence jusqu’aux plis de moins de 20 grammes. A l’opposé d’une logique de service public, La Poste consacrerait ainsi des moyens financiers considérables à la confrontation avec ses concurrents au détriment de l’intérêt public, comme de celui des usagers et des personnels.

 

C’était il y a un an tout juste. Le 25 septembre 2008, Nicolas Sarkozy clamait, lors d’un grand rassemblement à Toulon : « l’idée que les marchés ont toujours raison était une idée folle ». Côté discours, succès de tribune assuré. Côté réalité en revanche, crise ou pas, les travaux continuent, sous l’œil vigilant de Bruxelles : libéralisations, déréglementations, voire privatisations.

 

Fin juin, le chef de l'État renouvelait ainsi à son poste l'actuel président de la RATP, en lui proposant « le défi » de l'ouverture du marché des transports franciliens à la concurrence dans les années à venir. Dans le transport maritime, SeaFrance, filiale de la SNCF, met en place un « plan social » qui devrait conduire à l’éviction de 543 personnes – prélude à une cession à un opérateur privé.

 

Le 7 octobre, les parlementaires devaient débattre de l’ouverture à la concurrence des jeux de hasards et des paris sportifs. A la fin du même mois, un projet de loi modifiant le statut de l’AFP sera présenté par le gouvernement, qui pourrait bien mettre en cause l’existence même de l’agence – l’une des trois grandes mondiales.

 

Le troisième « paquet énergie » avait fait l’objet, l’année dernière d’un accord entre Conseil et parlement européens. La Commission entendait imposer une « séparation patrimoniale » stricte entre fournisseurs d’électricité, ou de gaz, et sociétés de distribution – ce qui aurait par exemple abouti à la scission pure et simple d’EDF. Les dispositions adoptées permettent d’éviter cette hypothèse, mais le transport du courant devra être confié à un gestionnaire de réseau indépendant. En outre, le gouvernement vient d’annoncer un projet de loi qui permettra aux concurrents d'EDF en France de s'approvisionner à moindre coût auprès du groupe public. A Paris, on compte ainsi que Bruxelles suspendra la procédure d’infraction engagée contre la France.

 

Mais ce sont les menaces sur La Poste qui ont, tout récemment, provoqué les plus vives résistances : importante grève des postiers le 22 septembre, puis référendum national, qui a connu un grand succès, le 3 octobre. Avec l’objectif d’empêcher la transformation de l’établissement public en société anonyme. Même si le gouvernement s’en défend, cette étape ouvrirait la voie à la privatisation, à l’instar du processus engagé pour France Telecom il y a dix ans.

 

Le projet de loi a été présenté par le Conseil des ministres fin juillet, et doit être examiné ce mois au Parlement, suivant une « procédure d’urgence » qui limite la durée des débats. Cette précipitation fait écho aux injonctions de l’Union européenne, qui a organisé l’ouverture à la concurrence, depuis plusieurs années, de pans successifs de l’activité postale. Et la troisième directive postale, adoptée en 2008, étend cette logique jusqu’aux plis de moins de 20 grammes pour le 1er janvier 2011. « Les opérateurs postaux ont droit à un marché ouvert à la concurrence », lançait le Commissaire Charlie McCreevy lors de l’adoption de la directive. La Commission, avertissait-il, « usera de tous les moyens à sa disposition pour créer un marché postal concurrentiel et durable ». Avec une grande délicatesse, il menaçait même par avance : « les États membres ne doivent pas abuser d’une situation marquée par les négociations sociales comme une excuse ».

 

Le gouvernement justifie son projet de changement de statut en faisant valoir qu’il s’agit là d’une condition pour procéder à une augmentation de capital (2,7 milliards d’euros publics, dont 1,5 milliard en provenance de la Caisse des dépôts), qui serait seule à même de renforcer l’établissement dans le contexte concurrentiel européen. Mais Christian Estrosi, secrétaire d'État à l'Industrie, a martelé : « la Poste restera à 100 % publique ».

 

Las, Jean-Paul Bailly, actuel patron de celle dernière, avait déjà vendu la mèche. Durant l’été 2008, il expliquait que l’objectif du changement de statut était de permettre à La Poste d’entrer en bourse et de lever 2 à 3 milliards d’euros – des ambitions que Bercy n’a jamais démenties. La crise financière l’a contraint à mettre ses exigences quelque peu en sourdine. Mais s’il ralentit l’allure, il maintient le cap : « Toutes les autres Postes européennes sont des sociétés anonymes. Si on veut nouer des partenariats, nous devons l'être nous aussi », explique-t-il. L’affirmation est au demeurant inexacte, puisque les postes italienne et espagnole notamment sont des établissements publics. Il poursuit néanmoins en précisant que les partenariats avec d’autres postes privatisées pourront être « industriels et logistiques », mais également prendre la forme « d'échange de participations ». Un tel projet exclut donc de maintenir un capital à 100% public.

 

Le même Jean-Paul Bailly a promis que « le changement de statut n'aura aucune incidence sur les postiers, dont les droits et statuts seront garantis ». En réalité, le projet de loi instille un certain flou : il y est question non plus de fonctionnaire d’État, mais de fonctionnaire de La Poste. Or cette notion n’a pas de fondement juridique. En outre, selon les syndicats, le changement de fait d’employeur – de l’établissement public à la société anonyme La Poste – écornerait la retraite de nombreux agents contractuels. Les pensions devraient quitter le régime spécial de l’Ircantec pour rejoindre le régime général de l’Arrco. La facture devrait être réglée par des cotisations plus élevées (jusqu'à 26 %) et des pensions réduites (de 5 % à 7,5 %).

 

Enfin, le projet de loi implique de calculer à l’euro près les coûts des missions de service public – c’est-à-dire celles qui devraient en principe ne pas dépendre d’un objectif de rentabilité. Cette opération, classique en matière de privatisations, sert bien souvent de base pour stigmatiser les « coûts insoutenables » de ces services publics. S’en suivent généralement un abaissement de la qualité des services, ou/et une augmentation des tarifs. Dans le cas du courrier, le principe de prix unique du timbre pourrait bien se trouver sur la sellette.

 

« Manœuvrabilité stratégique »

 

Car les intentions du président de la Poste sont claires. Dans un sabir de haut-fonctionnaire converti aux lois du marché, il explique : « il serait bon que le projet de loi, qui transpose aussi la troisième directive postale européenne, confère à La Poste un maximum de manœuvrabilité stratégique ». En réalité, La Poste a déjà largement emprunté au management « manœuvrable » du secteur privé : les contractuels (48% des effectifs) étant désormais presque aussi nombreux que les personnels sous statut de la fonction publique. L’établissement a d’ailleurs été condamné à plusieurs reprises pour avoir multiplié les CDD. Le record a été atteint par une salariée qui avait enchaîné quelques 574 contrats à durée déterminée en 19 ans de carrière !

 

Sans ciller, M. Bailly explique : « la Poste reste une entreprise qui recrute, l'une des premières en France. Nous pensons réaliser 4 000 recrutements en 2009 ». Il omet de préciser que 15 000 personnes ont quitté le groupe lors de la même période, soit une destruction nette de 11 000 emplois. Au total, depuis 2002, ce sont quelque 50 000 emplois qui ont été supprimés, selon les syndicats. En avril, l'entreprise publique a adopté un plan de « réduction des coûts » pour 2009 de 200 millions d'euros, dont 100 millions d'euros dans la branche courrier. Seul un postier sur cinq est remplacé.

 

Autre manipulation : l’établissement calcule sa couverture du territoire en « points de contact ». Officiellement, on en compte 17 082 dans le pays. Et le gouvernement comme la direction de La Poste jurent que ce chiffre ne bougera pas avec le changement de statut.

 

Mais, selon un calcul du quotidien Aujourd’hui-Le Parisien, 35% des dits points de contact ne seraient déjà plus des bureaux de plein exercice. Il s’agit de services annexes proposés, en désespoir de cause, par les mairies ou les commerçants de villages. Dans les Deux Sèvres, le Cantal, la Sarthe, l’Yonne ou le Jura par exemple, ces postes-mairies ou postes-commerce représentent plus de la moitié des accès postaux. L’impasse est ainsi faite sur la technicité de certaines opérations postales, sans parler de la disparition de la confidentialité que garantissait jusqu’à présent la vénérable institution (perception ou versement de mandats, par exemple…).

 

Et La Poste déborde d’imagination pour développer ce type de service au rabais : à compter du 1er octobre, elle devait expérimenter le retrait de plis recommandés dans le métro parisien. Le test est prévu à la station Simplon. Une opération d’autant plus paradoxale que la direction de la RATP n’a cessé, depuis des années, de réduire le personnel en stations.

 

L’exemple étranger est brandi comme argument décisif. Longtemps citée en exemple pour son « dynamisme », la poste néerlandaise, intégralement privatisée, a vu fondre son bénéfice de 57% au premier semestre de cette année. Environ 11 000 emplois vont être supprimés dans la branche « courrier ». Une information saluée par une hausse du cours de bourse de l’opérateur cet été. Quant à la Deutsche Post, sous statut de société anonyme depuis 1995, elle vient d’annoncer la suppression de 560 postes dans sa filiale de colis express DHL.

 

Ces précédents ont visiblement été analysés outre-Manche : face à un vent de révolte dans sa propre majorité travailliste, le Premier ministre Gordon Brown a dû geler le projet d’ouverture de 30% du capital de la Royal Mail…

 

JULIEN LESSORS

Extrait de Bastille-République-Nations (BRN), mensuel progressiste eurocritique. Indépendant de tout parti, force, groupement politique ou économique, sa ligne éditoriale est fondée sur les concepts de progrès social, de souveraineté populaire, et d’indépendance nationale. Il est rédigé par une petite équipe de journalistes professionnels.

Il propose informations, analyses, reportages et éclairages sur l’actualité européenne (au sens large), en particulier ses enjeux sociaux et géopolitiques. Fondé en décembre 2000, et diffusé exclusivement par abonnement (mais sans site internet propre), il compte aujourd’hui un peu plus de 10 000 lecteurs. Il s’adresse notamment aux milieux syndicaux et associatifs, ainsi qu’à tous les citoyens soucieux d’une information indépendante et qu’on ne trouve souvent nulle part ailleurs sur ces enjeux.


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Par Frédéric Maurin - Publié dans : rupturetranquille - Communauté : Les blogs républicains
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Dimanche 1 novembre 2009


Après avoir épuisé leurs polémiques familiales, qu’il s’agisse de Jean Sarkozy ou des aventures de touche-pipi de Frédéric Mitterrand,  les   Médias aux ordres, suite...  , vont abondamment fêter la chute du Mur de Berlin. 

Aussi, pour parer à tout enfumage supplémentaire visant à masquer l'avancée du projet sarkozien de  
Défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance  ... j’attire votre attention sur deux autres commémorations : l'une, le 23 août, n'existe heureusement pas encore, l'autre, le 7 novembre, ne demande qu'à revenir au goût du jour.
La lutte de mémoire continue et des parlementaires européens y travaillent... 

    
 Le 23 septembre 2008, le parlement européen a voté une résolution ignoble voulant faire du 23 août une journée commémorant « les victimes du stalinisme et du nazisme ». L’hypocrisie de l’association est une insulte aux communistes qui ont toujours été les résistants les plus déterminés au fascisme, avant, pendant et après l’occupation.

 

Cette résolution bafoue l’histoire. Le Tribunal International de Nuremberg jugea et condamna les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité commis par les régimes nazis-fascistes de Hitler et de Mussolini.

 

Alors qu’il est irréfutablement établi que l’anticommunisme fut le cheval de Troie de l’hitlérisme, les falsificateurs, par des campagnes médiatiques déchaînées et répétées voudraient reporter les crimes d’extermination massive commis par les nazis sur le compte de ceux qui les combattaient. Nous sommes en présence d’une scandaleuse falsification historique.

 

La Biélorussie est là pour démontrer et éclairer la monstruosité des crimes hitlériens. Totalement occupée en 1941, elle connut la Résistance la plus exemplaire avec 1500 formations de partisans contribuant à la première défaite nazie, fin 1941, devant Moscou. Du fait de cette lutte héroïque la répression fasciste fut dantesque : 600 villes et villages furent incendiés et leurs habitants brûlés vifs comme à Oradour-sur-Glane, 2,5 millions de morts, soit 30% de la population biélorusse de 1939. En Union Soviétique les hitlériens causèrent la mort de plus de 20 millions de militaires et civils.

 

Voilà la vérité historique que la coalition alliée, France, Grande-Bretagne, URSS et USA, établit avec ses procureurs généraux en condamnant à la pendaison, à Nuremberg, des dirigeants nazis. Ces derniers avaient été vaincus par les forces alliées et en premier lieu par les sacrifices incommensurables consentis par les peuples de l’URSS et l’héroïsme des combattants de la glorieuse Armée Rouge, dont la victoire décisive de Stalingrad, changea le cours de l’histoire avant de porter le coup fatal au nazisme, fin avril 1945, à Berlin.

 

Les auteurs du texte voté, le 23 septembre 2008, par le parlement européen, se moquent bien de l’histoire, ils veulent seulement amplifier leur campagne anticommuniste en utilisant le prétexte du Pacte de non-agression germano-soviétique, du 23 août 1939. Ils pratiquent ainsi un odieux amalgame entre le 3ème Reich et l’URSS. Ils tentent aussi d’effacer les terribles responsabilités des « Munichois », Daladier et Chamberlain (chefs des gouvernements français et anglais) qui, en ce mois d’août 1939 laissèrent, une fois de plus, les mains libres à Hitler.

 

La résolution du parlement européen promue par des députés allant de l’extrême droite à des socialistes, s’identifie à la démarche des anticommunistes de tous bords qui entrèrent dans l’histoire en 1938-1939 sous le nom de « Munichois ». Ce sont eux qui permirent à Hitler et à Mussolini d’étrangler la République espagnole, d’annexer l’Autriche puis la Tchécoslovaquie par les honteux accords de Munich. C’est encore, Daladier et Chamberlain, qui refusèrent à l’URSS la signature d’un pacte d’assistance militaire mutuel. Dans d’interminables négociations, du 11 au 24 août 1939 à Moscou, Français et Anglais cautionnèrent le refus des Polonais d’autoriser, au cas d’attaque allemande, le passage sur leur territoire de l’armée soviétique. Ils avouèrent n’avoir prévu aucun plan militaire pour combattre l’agression hitlérienne déjà programmée depuis le 11 avril 1939 avec l’adoption par Hitler du plan Weiss fixant l’invasion de la Pologne au plus tard, le 1er septembre 1939, comme elle se réalisa...

Ils sacrifièrent délibérément la Pologne qui avait d’ailleurs participé, en 1938, avec Hitler au dépeçage de la Tchécoslovaquie. Les « munichois » laissèrent l’arme au pied les 115 divisions anglo-françaises face aux 23 divisions allemandes. Les généraux Keitel et Jodl dirent à Nuremberg qu’ils avaient de ce fait évité la défaite et acquis la conviction que la France et la Grande-Bretagne ne voulaient pas leur faire la guerre. La Pologne vaincue, son gouvernement se réfugia en Roumanie, le 17 septembre 1939.

 

Daladier et Chamberlain s’étaient comportés comme à Munich, les dirigeants Soviétiques avaient vu juste. Alors qu’ils étaient engagés militairement en ce mois d’août contre la guerre japonaise faite à la Mongolie et menacés d’être entraînés, isolés, dans la guerre ou de voir la Wehrmacht, après une avancée fulgurante de 700 kilomètres, s’installer aux frontières de l’URSS à 250 kilomètres de Kiev, ils déjouèrent le piège grossier tendu par les « Munichois ». N’ayant nul autre choix, les dirigeants soviétiques utilisèrent l’offre allemande d’un pacte de non-agression. La guerre contre l’URSS fut retardée de deux années et les bases de la future coalition alliée furent jetées. Elles prirent corps en 1941-1942.

 

Les euro-députés français qui ont signé et voté le texte immonde du parlement européen et ceux qui pourraient le soumettre au parlement français rejoignent la légion anticommuniste de Daladier, Raynaud, Sérol qui porta le félon Pétain au pouvoir lors du coup d’Etat, du 10 juillet 1940, à Vichy. Leur référence au pacte est cynique, même leur pair « Munichois », Paul Raynaud, les ridiculise lorsqu’il écrit cette « autocritique » dans France-soir du 15 mai 1947 : « Avec qui nous allier ? Le bon sens, la géographie, l’histoire et les plans d’Hitler nous le disaient ? Quand Hitler annonçait son intention de « régler » le sort de la France, puis de dépecer la Russie, il réunissait lui-même nos deux pays de ses propres mains. Cette alliance, si évidemment nécessaire, nous fut-elle refusée ? Non, elle nous fut offerte, et c’est nous qui l’avons repoussée ? »

 

Mesdames, Messieurs,  Vincent Peillon et Bruno Gollnisch, Catherine Trautmann et Carl Lang, Jacques Toubon et Alain Lipietz, Hélène Flautre et André Laignel, Nicole Fontaine et Alain Lamassoure, Jean-Marie Cavada et Cohn-Bendit, vous ne pouvez ignorer qu’au nom de l’anticommunisme Vichy fut l’aboutissement de ceux qui avaient choisi, quelle qu’en soit la forme, l’option de « plutôt Hitler que le Front Populaire ».

 

Et puis, soyons francs, à qui ferez-vous croire que cette initiative vise à condamner le nazisme, alors qu’elle est portée par des députés de l’homme qui considère le génocide des juifs comme un  détail  de l’histoire ? Combien d’autres euro-députés d’extrême droite et carrément fascistes comme les adeptes d’Hitler et de Mussolini au pouvoir en Italie et dans les Pays Baltes ont signé et voté ce texte liberticide avec vous ? Cela ne vous gêne pas que le « libéral » Göran Lindblad dont vous revendiquez le rapport au conseil de l’Europe ait pu, le 3 juin 2004, à 11 h45 à Riga, fleurir le mémorial aux SS lettons dont les crimes égalèrent dans l’horreur ceux des SS à Tulle et Oradour-sur-Glane ? Savez-vous en effet que ces SS exterminèrent 90 000 personnes, la plupart des juifs, dans le sinistre camp de Salaspils ?

 

Que pensez-vous de la convergence qui s’étale au parlement européen, entre vous et Alessandra Mussolini, la petite-fille du Duce, qui demande la condamnation et l’interdiction des partis communistes ? Enfin vous ne pouvez ignorer que dans ce beau pays de France que nous aimons, des apologistes, en toute impunité, insultent l’Armée de Lattre, la Résistance, les martyrs de Tulle et d’Oradour-sur-Glane. C’est le cas de Reynouard et Theil, blanchis par la justice, et récemment de Picard qui traite les pendus de Tulle de « criminels  de la pire espèce ». Condamné, il vient d’être relaxé par la cour d’appel de Limoges. Les profanations à la croix gammée se multiplient, mais de cela vous n’avez rien à dire ?

À ces questions, nous attendrons sans doute longtemps des réponses.

 

Cela étant dit l’histoire des peuples mérite la recherche et la prise en compte de ses enseignements. Cela est valable pour l’histoire de la France et de l’Union Soviétique. Ici les dirigeants politiques gérant le système capitaliste ne se sont jamais remis en cause. Ceux de l’URSS le firent de leur propre décision, en 1956 et 1961, et le débat n’est pas clos comme il ne l’est pas davantage sur la colonisation et les guerres coloniales françaises.

 

À la vérité ces euro-députés voudraient que le parlement français obtempère à leur scandaleuse démarche, mais rien  ne l’y oblige en l’état. Le Parlement Français se doit de respecter et de faire respecter la mémoire de la Résistance Française à laquelle les communistes apportèrent une glorieuse contribution que le général de Gaulle salua en des termes élogieux. Cette mémoire de la Résistance, de tous les résistants et parmi eux les dizaines de milliers de communistes fusillés, massacrés et martyrisés par les nazis-fascistes, les mercenaires de la collaboration, doit être vigoureusement défendue. Et cela concerne l’ensemble des résistants, du monde du travail qui resta fidèle à la France profanée, des démocrates, des républicains, des patriotes et toutes les organisations politiques, syndicales et associatives attachées aux principes du Conseil National de la Résistance (CNR) dont la création, le 27 mai 1943, légitima la France combattante du général de Gaulle.

 

Honte à ceux qui bafouent notre France qui s’unifia dans la Résistance et les supplices « de ceux qui croyaient au ciel, de ceux qui n’y croyaient pas ». Honte à ces misérables qui osent confondre les agresseurs avec leurs victimes, les héros avec les criminels, les libérateurs avec les occupants, les communistes avec les nazis qui les fusillèrent.

 

Gloire éternelle aux Françaises et aux Français qui firent dans les combats et dans les prisons le sacrifice suprême à l’exemple du communiste Gabriel Péri et du socialiste Pierre Brossolette, de Jean Moulin et de Guy Môquet, de Pierre Sémard et d’Estienne d’Orves, de Danielle Casanova et du colonel Fabien, ainsi que tous les patriotes morts pour la liberté et pour la France.

 

Députés et Sénateurs du Parlement français, nous vous interpellons solennellement. Vous êtes élus pour représenter la souveraineté du peuple. Si elle venait en débat, rejetez cette proposition infâme d’ « une journée du 23 août », insultante pour la France.

 

Travailleurs, démocrates, républicains et patriotes, signez et faites signer notre appel au parlement. Constituez partout des coordinations locale et/ou départementale de la flamme de la Résistance pour défendre la mémoire de nos héros et des martyrs.

 

Pour poursuivre leur combat, rassemblons-nous comme au temps du CNR dans une NOUVELLE RESISTANCE !

 

On signe la pétition ici :

 

http://www.initiative-communiste.fr/wordpress/

 


LE CAPITALISME CONDUIT L’HUMANITÉ DANS LE MUR

Leur but n’est nullement de permettre une discussion sereine sur le bilan historique de la première expérience socialiste de l’histoire, née de la Révolution d’Octobre conduite par Lénine. Les forces anticommunistes sont d’autant plus hargneuses que tous les sondages réalisés à l’Est, de la Russie à l’Allemagne de l’Est en passant par la Hongrie, prouvent que les travailleurs et les peuples de ces pays REGRETTENT, expérience faite, la perte des acquis du socialisme, plein emploi, logement bon marché, soins médicaux gratuits, concorde sociale, accès du peuple à l’université et à la culture. Les Russes interrogés déclarent même très majoritairement qu’expérience faite, …

LE SOCIALISME EST SUPERIEUR AU CAPITALISME!

Leur but est de criminaliser le communisme, son histoire, ses organisations, ses idéaux d’avenir, pour priver d’espoir et de perspective politique les travailleurs et la jeunesse en lutte contre un système capitaliste de plus en plus destructeur et inhumain.

La campagne anticommuniste amalgame “URSS=Allemagne nazie” pour mieux gommer la nature de classe du Troisième Reich exterminateur, création du grand capital, et celle de l’URSS ouvrière et paysanne. Il est odieux d’assimiler l’URSS aux nazis alors que c’est le pays des Soviets qui a payé le prix fort pour délivrer le monde de la barbarie fasciste et que c’est l’Armée rouge, qui a écrasé la Wehrmacht nazie de Stalingrad à Berlin permettant la libération de toute l’Europe. En amalgamant communistes et nazi-fascistes on vise à criminaliser les antifascistes les plus conséquents – les communistes – et à réhabiliter le fascisme, le racisme et l’extrême droite.

Cette campagne est promue par l’Union européenne, cette construction réactionnaire du Capital, qui cherche à se donner une légitimité face au rejet croissant dont elle est l’objet par les peuples, ce dont témoignent les résultats réels des référendums (France, Pays-Bas, Irlande) et les élections de juin dernier. Elle vise à faire oublier son incroyable déni de la démocratie, le caractère de plus en plus policier des Etats qui la composent.

En criminalisant le communisme, les forces du capital monopoliste, ceux qui le soutiennent (les dirigeants du PCF ont été félicités par le rapport néo-fasciste de Lindblatt, pour leur démarcation de l’histoire du communisme), cherchent à désespérer les travailleurs, la jeunesse, en barrant la seule perspective d’alternative au capitalisme, le socialisme, c’est à dire le pouvoir des travailleurs et la propriété sociale des moyens de production et d’échange. Il s’agit aussi partout de justifier la remise en cause des conquêtes sociales issues de la victoire sur le nazisme en 1945 et de *conjurer *la peur des capitalistes de l’époque de voir triompher les révolutions sociales. C’est cette politique mise en œuvre par Sarkozy en France qui détruit les acquis sociaux portés par le Conseil National de la Résistance en cassant la Sécu, les retraites par répartition, les services publics, le secteur public industriel, le CNRS, les statuts et les conventions collectives, la protection des mineurs. Toutes ces conquêtes sociales furent arrachées quand le PCF (qui se référait alors au marxisme-léninisme) sortait puissant et auréolé du combat contre le nazisme et Vichy et obtenait 25% des voix. La criminalisation du communisme accompagne donc le recul de civilisation auquel nous sommes confrontés, et vise à empêcher la ré-émergence d’un parti communiste, parti révolutionnaire porteur des aspirations populaires à la justice sociale. Elle prépare l’opinion à une répression accrue dans toute l’Union Européenne contre le mouvement ouvrier et démocratique.

C’est pourquoi nous appelons la jeunesse, les travailleurs, les démocrates à s’opposer à la campagne de criminalisation du communisme et de réhabilitation du fascisme. C’est pourquoi, ne pliant pas face à elle, dénonçant le capitalisme et sa “construction européenne” nous réaffirmons que:

le socialisme et le communisme restent l’avenir de l’humanité et de la France.

Le samedi 7 novembre 2009 à 15 heures, devant la station de métro Stalingrad, fêtons l’anniversaire de la Révolution d’Octobre,

par un rassemblement avec prise de parole. Loin de toute “nostalgie”, il s’agira d’un acte de RESISTANCE AU PRESENT préparant les COMBATS et la
CONTRE-ATTAQUE POPULAIRE DE DEMAIN!


NON A LA CRIMINALISATION DU COMMUNISME!

 

VIVE LA REVOLUTION SOCIALISTE! !
L’AVENIR EST PLUS QUE JAMAIS AU COMMUNISME !  A l’approche du 20ème anniversaire de la rupture de la frontière berlinoise de la RDA, les tenants du capitalisme en crise, droite, fausse gauche et pseudo-extrême-gauche, attisent l’anticommunisme et l’antisoviétisme dans tous les grands médias. … et il se peut que vous rencontriez quelques uns des signataires ici :  

Rassemblement pour l’anniversaire de la révolution d’octobre
Paris
le 7 Novembre 2009 - 15h station Stalingrad
Par Frédéric Maurin - Publié dans : rupturetranquille - Communauté : les anti-capitalistes
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Dimanche 25 octobre 2009

Contre le mépris gouvernemental,
une seule réponse :
la lutte !

 

« Vaste manipulation » pour Frédéric Lefebvre, « bourrage des urnes » pour Jean-Pierre Raffarin …la réponse du gouvernement Sarkozy-Fillon aux deux millions de votants sur le changement de statut de La Poste est inqualifiable.

Mais il fallait s’y attendre. Car nous n’oublions pas la manière dont ils se sont assis sur les résultats du référendum du 29 mai 2005.

 Car leur réaction fait écho au mépris affiché par la Direction de La Poste qui passe systématiquement outre l’avis des organisations syndicales majoritaires dans la mise en œuvre de ses projets.

En ligne de mire de leurs restructurations destructrices d’emplois, de leur changement de statut, des pressions sur les salariés : l’ouverture des marchés et l’ambition de devenir un grand groupe de service en Europe, comme l’indique Jean-Paul Bailly dans sa lettre aux managers du 9 septembre.

 

Or leur « concurrence libre et non faussée » c’est, en réalité, le monopole de la finance sur tous les secteurs de la vie économique et sociale. C’est, à France Télécom comme ailleurs, la Bourse contre la vie! C’est pour eux des BMW de fonction (voir Le développement durable vu du ciel... ) et des progressions de salaires à deux chiffres (en attendant des stock-options), et, pour les postiers, des suppressions d’emplois, l'austérité salariale et, en prime, l’encouragement à aller voir ailleurs.

 

Or, Jean Jaurès écrivait en 1911  « Il y a pour la classe ouvrière tout entière un intérêt vital à ce que des services publics démocratiquement gérés se substituent aux monopoles capitalistes et à ce qu’ils fonctionnent excellemment. »  (lire l'intégrale sur Privatisation, pompe à pognon: touche pas à La Poste !  )

A l’inverse, le projet Sarkozy de changement de statut de La Poste s’inscrit dans sa visée de Défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance  .


Je le répète souvent, mais c'est l'ampleur de cette attaque qui fixe la hauteur de la riposte nécessaire. 
Le respect de la démocratie devrait normalement passer par les urnes. Si le gouvernement s’y refuse, et il s'y refusera, le respect de la démocratie devra passer par la convergence des luttes.


En attendant, une étape incontournable :
continuer à répondre à l'appel pour La Poste:
http://www.appelpourlaposte.rezisti.org/



          Et maintenant, une page de publicité :


La carte de la votation citoyenne, article publié sur 
http://bastamag.net/ sous la plume d' Ivan du Roy

Plus de deux millions de votants pour défendre un service postal public. S’exprimer dans des urnes, même improvisées, est davantage mobilisateur que défiler dans la rue. Notamment dans nombre de communes rurales où une participation massive à la « votation citoyenne » a été enregistrée. Logique, c’est là que disparaîtront la plupart des bureaux de poste. Un mouvement social auquel le gouvernement répond pour l’instant par le mépris.

2.244.963 votants : tel est le niveau de participation à la « votation citoyenne » sur La Poste, enregistré dans la soirée du 5 octobre, alors que les résultats continuent de remonter des comités locaux. Certes, ce référendum populaire auto-organisé par 30.000 militants d’une soixantaine d’organisations syndicales, associatives et politiques n’a aucune valeur juridique. Mais il illustre cependant le vaste mouvement social et d’opinion qui s’exprime en faveur du maintien de La Poste comme service public, avec toutes les missions qui en découlent : présence sur tout le territoire, péréquation tarifaire des services postaux, service bancaire accessible à chaque citoyen, priorité à la satisfaction de l’usager et non à la vente de produits commerciaux…

Les ténors de l’UMP n’ont pas tardé à monter au créneau. « C’est de la fausse démocratie, on bourre les urnes avec une information mensongère », tempête le sénateur UMP Jean-Pierre Raffarin pendant que le porte-parole du parti de Nicolas Sarkozy, Frédéric Lefebvre dénonce une « vaste manipulation ». Leur principal argument : pourquoi s’opposer à la privatisation alors que le projet de loi défendu par le ministre de l’Industrie Christian Estrosi ne la prévoirait pas. La question peut leur être retournée : pourquoi, dans ce cas, modifier le statut de La Poste, qui passerait du statut d’Etablissement public industriel à caractère commercial (EPIC) à celui de Société anonyme, si ce n’est pas pour la privatiser ? Toutes les anciennes entreprises publiques qui ont suivi ce processus, comme France Télécom, EDF ou GDF, ont été ensuite totalement ou partiellement livrées à l’implacable loi du marché.

« Nous sommes un peu déçus de ces réactions au ras des pâquerettes, ces gens sont envoyés en franc-tireur », réagit Nicolas Galepides, délégué syndical de Sud-PTT et porte-parole du comité organisateur du « référendum ». « Notre interlocuteur direct, c’est le Président de la République. Il n’y a que lui qui peut arrêter le projet de loi. » L’Elysée sera probablement aussi mis sous pression par les élus locaux UMP. Dans plusieurs départements ruraux, la participation à la « votation citoyenne » dépasse largement les capacités de mobilisation de la gauche militante.

En Lozère par exemple, dont le Conseil général est présidé par la majorité présidentielle et qui compte deux députés UMP, plus de 18% du corps électoral s’est rendu aux urnes improvisées. En Midi-Pyrénées, en Languedoc-Roussillon, dans le Limousin ou en Haute-Normandie, entre 7% et 10% de la population en âge de voter s’est exprimée contre le changement de statut. Avec plus de 20.000 votants dans l’Ardèche, l’Ariège, la Drôme ou l’Aveyron, et plus de 35.000 dans l’Aude ou le Tarn, nombre de notables locaux de l’UMP peuvent s’inquiéter d’un retour de bâton si la loi est votée. Etrangement, le pays des Ch’tis – Picardie et Nord-Pas-de-Calais – s’est peu mobilisé pour sauver l’agence postale et les facteurs de Bergues  : moins de 3% des électeurs se sont déplacés. Tout comme l’Alsace, région ancrée à droite, comme nous l’indique la carte de la participation, réalisée dans la matinée du 5 octobre. Ailleurs, le rapport entre participants et nombre d’habitants respecte grosso modo l’ordre démographique des régions, l’Île-de-France arrivant logiquement en tête avec largement plus de 300.000 participants, selon le dépouillement des résultats complémentaires.

Et maintenant ? La balle est dans le camp du gouvernement qui semble demeurer droit dans ses bottes néolibérales. Des rassemblements sont envisagés devant les permanences des députés des circonscriptions rurales de l’UMP. Le comité national contre la privatisation de La Poste est également en train de concocter son propre projet de loi pour garantir le caractère public et d’intérêt général de La Poste. Objectif : imposer l’organisation d’un référendum d’initiative populaire en recueillant la signature de 10% du corps électoral, soit 4,4 millions de personnes. « C’est complètement faisable », assure Nicolas Galepides. « Avec un budget de 5.000 euros, on a réuni 2,2 millions de personnes. C’est chaud bouillant partout ! » A suivre donc.

Ivan du Roy

Par Frédéric Maurin - Publié dans : rupturetranquille - Communauté : les anti-capitalistes
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Dimanche 25 octobre 2009
choisi parmi tant d'autres...et en écho à l'analyse Contre l'eurolibéralisme : "être démocrate donc souverainiste" c'est l' APPEL, lancé lors de la fête, POUR SORTIR DE L’ORGANISATION MONDIALE DU COMMERCE (OMC) ... à retrouver en ligne sur le site M’PEP  http://www.m-pep.org/
  • Car La concurrence libre et non faussée...  c’est, en réalité, le monopole de la finance sur tous les secteurs de la vie économique et sociale. C’est, à France Télécom comme ailleurs, la Bourse contre la vie !
  • Oui, pas de sortie du sarkozysme, Sarkozy, le candidat du capital financier mondialisé   , sans sortie de l'OMC !
  • Bon, c'est dimanche, je ne vais quand même pas travailler plus. Voici le texte de l'appel :

    Du 30 novembre au 2 décembre 2009, la 7e conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce va se tenir à Genève.
  • Du 7 au 18 décembre 2009, la conférence de l’ONU sur les changements climatiques va se tenir à Copenhague.

Le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP) lance un appel aux partis politiques, syndicats, mouvements altermondialistes, associations concernées – et à tous les citoyens – pour faire de ces conférences un moment de mobilisation digne de celle qui s’était tenue, il y a dix ans, à Seattle.

La crise financière ne doit pas être blanchie par la crise climatique ! Contre le capitalisme, l’humanité, la biodiversité et l’environnement doivent être défendus à Genève et à Copenhague !

Le M’PEP met en débat les propositions suivantes :

1.- Sortir de l’OMC qui provoque la ruine des peuples et de la planète

L’Organisation mondiale du commerce repose sur le libre-échange. Celui-ci a fait la preuve de sa nocivité dans les pays pauvres comme dans les pays riches : emploi, niveau de vie, santé, éducation... Il est une cause majeure du réchauffement climatique et de la destruction de la biodiversité.

2.- Créer l’OIC avec les pays souhaitant construire un nouvel ordre international de coopérations

Sortir de l’OMC doit permettre la création de l’OIC (Organisation internationale du commerce) sur la base de la Charte de La Havane de 1948. La Charte de La Havane conçoit le commerce international comme des échanges mutuellement avantageux et non comme la concurrence de tous contre tous.

3.- Sans attendre, prendre des mesures protectionnistes écologiques et sociales

Tout de suite, le commerce international doit décroitre par des actes unilatéraux des Etats sur des principes universalistes (non nationalistes). Pour la démocratie, pour l’emploi, pour les salaires, pour l’environnement et le climat. Du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest.

Par Frédéric Maurin - Publié dans : rupturetranquille - Communauté : Pour la démission de Sarkozy
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Mercredi 21 octobre 2009
...je te vois, je te fiche et te boycotte...

Sympatique concours du plus menteur en matière de "capitalisme durable" :
http://www.prix-pinocchio.org/, il y manque hélas beaucoup de participants ! 
Seulement 12 entreprises, dont seulement 3 banques excusez du peu...mais il doit s'agit des meilleures! Bien, cela nous change des exercices d'autosatisfaction qui ont cours (de la Bourse) dans les conseils d'administration. Mais c'est un peu chagrinant de devoir décerner des prix...là où un GRAND coup de poing dans la gueule s'imposerait (pardon, je voulais dire une régulation publique citoyenne, démocratisée et progressiste...mais c'est le début de ma déprime automnale).
Bon allez-y voter quand même, on sait jamais...


Les entreprises nominées sont les suivantes : Total, Michelin, BNP Paribas, EDF, Bolloré, Accor, Peugeot, Crédit Agricole, Perenco, Herta, Société Générale, et France Betteraves.


Le concept de développement durable, comme «mode de développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs», fait désormais partie du langage courant grâce à l'engouement nouveau pour la protection de l'environnement, la défense des droits humains et une plus grande solidarité internationale.

Mais de nombreux acteurs, dont certaines entreprises françaises figurant parfois parmi les plus puissantes au monde, l'ont malheureusement récupéré à des fins purement cosmétiques. Un discours engagé sur le développement durable est ainsi souvent utilisé pour masquer les impacts réels de leurs activités, tout en améliorant leur image auprès des clients et actionnaires.

En 2009, plus personne ou presque ne conteste l'urgence environnementale et sociale au niveau planétaire. Mais les entreprises, acteurs économiques de poids, ont fait trop peu de progrès en termes de responsabilité sociale et environnementale. Il est nécessaire de mettre fin au double-discours. Qui ment ? Qui n'a de vert que la couverture de son rapport de développement durable ?
Aidez-nous à relancer le débat public pour que les entreprises assument leurs responsabilités !

Votez maintenant !

Peuples Solidaires est partenaire du lancement, par les Amis de la Terre, du vote public des internautes pour l’élection des Prix Pinocchio 2009. Douze entreprises françaises sont été nominées et concourent dans trois catégories : environnement, droits humains et greenwashing. Toutes se disent en faveur du « développement durable » alors que leurs impacts réels sont lourds et négatifs pour l’environnement ou les populations locales. A l’issue du vote, une cérémonie publique de remise des prix sera organisée le 24 novembre 2009 à Paris.

Bientôt un an après la première édition des prix Pinocchio du développement durable, qui avait récompensé Areva dans les catégories « environnement » et « greenwashing » et le groupe Louis Dreyfus dans la catégorie « droits humains », les Amis de la Terre, en partenariat avec Peuples Solidaires, lancent l’édition 2009 des Prix Pinocchio. Les entreprises nominées sont les suivantes : Total, Michelin, BNP Paribas, EDF, Bolloré, Accor, Peugeot, Crédit Agricole, Perenco, Herta, Société Générale, et France Betteraves.

Les Prix Pinocchio mettent en lumière de nombreux abus concrets. Les Amis de la Terre et Peuples Solidaires demandent un encadrement juridique des impacts environnementaux et sociaux des multinationales, pour que cesse leur quasi impunité de fait dans les pays du Sud.

La présentation des douze cas et des Prix Pinocchio est accessible ici :
http://www.prix-pinocchio.org

Les résultats y seront annoncés le 24 novembre, avec une cérémonie de remise des prix le soir même par les Amis de la Terre et Peuples Solidaires à Paris.

Par Frédéric Maurin - Publié dans : rupturetranquille - Communauté : Libre pensée politique
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Mardi 20 octobre 2009

Pour paraphraser un ministre de l'Intérieur (lire: Un Hortefeux, ça va ... ), je pense que
"Les fichiers, c'est comme les sarkozystes. Quand il y en a un çà va, le problème c'est quand ils sont nombreux."


Bon donc, Edvige est de retour.  Lettre à EDVIGE (1)


Le point de vue de la CGT est ci-dessous. Retrouvez l'avis de FO, de la CFDT, des Verts, du NPA et de bien d'autres encore sur le site du collectif http://nonaedvige.ras.eu.org/

Des décrets dangereux pour les libertés des salariés

Pendant ce week-end deux décrets signés le 16 octobre 2009, soit le jour de la « sainte Edwige », ont été publiés au journal officiel. Ils visent à remplacer le projet EDVIGE qu’une mobilisation citoyenne avait réussi à repousser. Alors que les parlementaires travaillaient sur cette question le gouvernement a décidé de passer en force, sans discussion parlementaire, par simple décret.

Ces deux décrets, autorisent une nouvelle fois la collecte, la conservation et le traitement de données concernant les personnes mentionnées et leurs activités politiques philosophiques, religieuses ou syndicales.

Ils prévoient la possibilité de ficher des enfants à partir de 13 ans – ceux-ci paieront longtemps une erreur de jeunesse - et la conservation des données pendant plusieurs années. Nous réaffirmons que la CNIL ne bénéficie toujours pas des moyens nécessaires au contrôle réel des multiples fichiers mis en place sous couvert de sécurité.

La CGT réaffirme son opposition au fichage des citoyens et plus particulièrement des militants syndicaux sans aucune garantie réelle que ces données ne seront pas croisées avec d’autres.

Pour nous, le décret numéro 2009 – 1250 du 16 octobre 2009 relatif aux enquêtes administratives est particulièrement attentatoire aux libertés. En effet, de nombreux salariés pourront se voir interdire l’accès à des zones dites sensibles notamment sur les ports, les aéroports, les centrales électriques pour la seule raison qu’ils sont « défavorablement » connus des services de police.

Par expérience nous savons que cette définition vague, sans possibilité de recours, va conduire à des fins de contrats sans possibilité de s’expliquer ou de s’y opposer. Les premières victimes seront les personnels de service, de manutention, ou de sécurité qui travaillent sur ces zones dites sensibles. Aujourd’hui sur les aéroports ce sont déjà plus de 1000 personnes qui chaque année se voient interdire de travailler, parfois pour un simple soupçon, une homonymie ou la réputation d’un membre de la famille étendue.

La CGT demande donc le retrait des décrets et la saisine du parlement de cette question. Elle refuse que l’appartenance à un syndicat qui est un principe constitutionnel devienne source d’interdiction professionnelle.
La CGT sera aux côtés des salariés qui subiront demain cette interdiction, elle les soutiendra y compris dans les recours juridiques qui seront nécessaires.

Par Frédéric Maurin - Publié dans : rupturetranquille - Communauté : VUES DE GAUCHE
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Mardi 20 octobre 2009

(enfin, rose, c'est une manière de parler...à vous de voir)

C'est avec beaucoup de plaisir, et un peu de retard, que j'annonce la naissance du 
Front syndical de classe.


Il aurait été difficile de continuer à prétendre vouloir rompre avec l'Union pour une Minorité de Privilégiés, sans mentionner le travail de cette toute jeune association...

http://www.frontsyndical-classe.org/

Voici leur crédo :

« Rien ne fait plus de mal aux travailleurs que la collaboration de classes. Elle les désarme dans la défense de leurs intérêts et provoque la division. La lutte de classes, au contraire, est la base de l'unité, son motif le plus puissant. C'est pour la mener avec succès en rassemblant l'ensemble des travailleurs que fut fondée la CGT. Or la lutte de classes n'est pas une invention, c'est un fait. Il ne suffit pas de la nier pour qu'elle cesse : renoncer à la mener équivaut pour la classe ouvrière à se livrer pieds et poings liés à l'exploitation et à l'écrasement. » H. Krazucki

 

Et après ? Qui sont-ils ? Que veulent-ils ?

Depuis sa naissance en 1957, l'Union Européenne capitaliste a multiplié la mise en place de structures permettant de piloter une construction supranationale toute entière dédiée au service des grands groupes capitalistes, de la casse des acquis sociaux et des souverainetés populaires.

 

L'un de ses principales structures est la Confédération Européenne des Syndicats, crée en 1973 avec l'appui du syndicalisme européen de collaboration de classe (CISL en particulier, fondée par Washington) et en France de la CFTC, de la CFDT et de FO. Financée par l'UE, la CES a pour mission d'accompagner « syndicalement » la construction européenne, dont le coeur est « l'économie de marché », par la collaboration capital/travail (le dialogue entre « partenaires sociaux »).                  

 

La particularité française est que son mouvement ouvrier, enseignant et étudiant s'est largement construit, depuis ses origines, à partir d'une conception anti-capitaliste : depuis la fin du 19ème siècle, les principes affirmant la nécessité de la fin de l'exploitation de l'homme par l'homme et de la socialisation des moyens de production et d'échange sont des références non seulement historiques mais aussi gagnantes, permettant d'arracher par la lutte (1936, 45-46, 68) tous les acquis de ce que les puissants appellent avec mépris « l'exception française ». Mais, tout au long du 20ème siècle, la confrontation constante entre courant révolutionnaire et réformiste amènera 3 scissions majeures dans le mouvement syndical français appuyées par le grand patronat et les puissances capitalistes : 1921,  1938-39,  1947-48.

 

Aujourd'hui, le combat entre ces deux courants traverse les organisations syndicales dont l’histoire est liée au combat de classe et plus généralement, aux luttes pour la république, la laïcité, la paix et la démocratie. Ce n'est pas un combat nouveau, il devra être gagné comme les précédents.

En ce qui concerne la CGT, alors que nombre de militants et d’organisations CGT se battent sur des positions de classes, la direction confédérale, reniant le riche héritage de « la grande dame », a peu à peu dérivé vers une conception de moins en moins combative de l’engagement syndical qui désoriente et affaiblit les travailleurs et qui débouche sur la compromission avec le gouvernement et le patronat. Quittant la FSM dont elle était fondatrice en 1945, elle a adhéré à la CES en 2000, où elle occupe aujourd'hui des responsabilités majeures, puis à la CSI (fusion de la CISL et de la CMT vaticane) en 2006. Pour cela, elle n'a cessé de donner des gages de sa conversion à l'économie de marché et elle a adopté la ligne du « syndicalisme rassemblé » qui débouche sur la CFDTisation de la Confédération tant sur la ligne (le capitalisme est incontournable) que sur l'organisation (syndicalisme de sommet avec en particulier la centralisation des finances (cogetise) qui permet de mettre au pas les structures de base et qui met en péril la démocratie syndicale). Dans la dernière période, le refus de la direction confédérale de s'engager dans une confrontation globale avec la politique du gouvernement au nom de la spécificité du mouvement syndical et du refus de la politisation du mouvement ont conduit le mouvement social à l'impasse et à l'échec. Des journées dispersées et sans suite, le refus de travailler à la convergence des luttes, le manque de soutien aux luttes des salariés les plus exposés et engagés dans des combats  difficiles (Continental, Goodyear ...) ont débouché sur une forte démobilisation comme on a pu le constater le 13 juin dernier. Cette orientation repose sur l'illusion que « le dialogue social » avec le pouvoir serait plus efficace que la construction d'un réel rapport de force global en confrontation directe avec lui. Ainsi on a conforté sa volonté de poursuivre et d'aggraver les contre-réformes comme on le voit avec le retour en force du prolongement de l'âge de départ à la retraite. A la stratégie globale de contre-réformes du pouvoir et du MEDEF doit correspondre une stratégie de résistance globale et du
 « TOUS ENSEMBLE » (1), associé à une bataille d'idées sans concessions.

 

Ce glissement réformiste, sensible aussi à la FSU ou dans le syndicalisme étudiant (UNEF...) explique que depuis 25 ans, non seulement le peuple dans sa dimension la plus large n'a obtenu aucun acquis significatif mais que les reculs succèdent aux reculs : casse des salaires, de l'emploi, des services publics (Éducation de la Maternelle à l'Université), Santé, Transports, Energie, Poste, Telecom...), de la protection sociale (Sécu, retraites...), du droit et de la durée du travail, du logement populaire, de la petite production indépendante, mépris de la souveraineté populaire...

 

Le « grand bond en arrière » qui en résulte se heurte cependant à un niveau élevé de combativité populaire, en France mais pas seulement, et se traduit par un vaste affrontement de classe et des conflits à répétition depuis 1995. Mais, dans un contexte d'offensive généralisée du gouvernement, du MEDEF et de l'UE contre l'ensemble des acquis sociaux et démocratiques des travailleurs, dans un contexte de crise capitaliste au nom de laquelle le pouvoir prétend accélérer encore sa politique anti-populaire, les travailleurs sont désormais à la croisée des chemins et le risque est plus que jamais pour chaque secteur ou entreprise de perdre séparément en plongeant pour longtemps dans l’enfer de l'exploitation sans limite.

 

C'est pourquoi, en juin 2008, des militants de la CGT et de la FSU ont lancé une « Lettre ouverte aux Etats-majors syndicaux », (1) signée depuis par plus de 4000 travailleurs, enseignants, étudiants... Cette Lettre ouverte appelait à tout faire pour contribuer à« construire démocratiquement et d’urgence une action « tous ensemble et en même temps » pour gagner et ré-ouvrir enfin des perspectives progressistes » et exhortait les « directions syndicales nationales à cesser « d’accompagner » la rupture afin de reprendre le seul chemin gagnant : faire le lien entre toutes les contre-réformes, travailler concrètement à préparer avec les salariés les conditions de l’affrontement de classe victorieux avec ce pouvoir destructeur, construire l’unité dans l’action des travailleurs et de la jeunesse ».

 

Depuis, l'accélération des politiques anti-sociales, la confirmation de la compromission des directions syndicales mais aussi le développement des contacts entre militants de classe, ont rendu encore plus impérieuse la nécessité d'agir et de se structurer.
C'est pourquoi ces mêmes militants initiateurs de la
« Lettre ouverte aux Etats-majors Syndicaux » (1)  rejoints par de nombreux autres ont décidé de fonder l'association « Front Syndical de Classe ».
  


(1) Voir à ce sujet
http://tous-ensemble.dyndns.org/ 

Par Frédéric Maurin - Publié dans : rupturetranquille - Communauté : Pour la démission de Sarkozy
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Lundi 19 octobre 2009

...quel rapport ? Dans tous ces cas, on remarque une constante, c'est celle-là :




C'était juste un rappel : s'abonner à Bastille République Nations, "mensuel progressiste radicalement eurocritique,  cela se passe tout simplement comme çà :


Règlement par chèque annuel à l’ordre de AEBRN

abonnement normal : 72 euros

tarif réduit (RMIstes, chômeurs, étudiants) : 48 euros

abonnement de soutien : 154 euros

hors de France : 76 euros

La Lettre de BRN - 8, rue du Faubourg Poissonnière 75010 PARIS



Par Frédéric Maurin - Publié dans : rupturetranquille - Communauté : Les blogs républicains
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Mercredi 14 octobre 2009
"Je suis démocrate donc souverainiste" , la formule fait le titre de l'entretien entre Jacques Sapir et Malakine, publié sur le site http://horizons.typepad.fr/ .
Courez-y donc...

Jacques Sapir : "Je suis démocrate donc souverainiste"

Après son texte “un an après” où il faisait sauter le tabou du protectionnisme national, puis son débat avec Benoit Hamon dans Marianne2 où il était question de l’hypothèse d’une sortie de 'l’Euro, il me fallait interroger Jacques Sapir pour l’inviter développer sa pensée un peu plus loin.

Je lui ai posé sept questions, techniques ou politiques, sur sa conception de l’alternative et des moyens de sa mise en oeuvre. Il a répondu en détails à toutes.

Jamais, je crois, le chemin de sortie du carcan néolibéral n’avait été décrit avec une telle précision. Les six pages de texte qui suivent vous feront voir l’avenir de notre pays autrement.

Depuis plusieurs années, le protectionnisme a été défendu pour une mise en œuvre à l’échelle communautaire. Pourtant, dans un texte récent « Un an après » vous laissez la porte ouverte à un protectionnisme national. Dans l’idéal et d’un point de vue purement technique, quel serait le périmètre optimal pour une politique néo-protectionniste ?

Il est clair que, techniquement, plus grande et plus homogène est la zone qui se protège et meilleur en est l’effet. De ce point de vue, une zone qui correspondrait au noyau initial de la CEE me semblerait optimal. On pourrait sans doute y ajouter la Suède et le Danemark. Mais, nous sommes confrontés à deux problèmes :

- Tout d’abord le démantèlement d’une partie de la protection sociale tel qu’il est organisé en Allemagne par les lois qu’a fait voter le chancelier Schröder et que Mme Merkel n’aura de cesse de renforcer dans son alliance avec les Libéraux. De fait, l’Allemagne se met en position de concurrence sociale par rapport aux autres pays du « noyau » historique.

- Ensuite, les oppositions au néo-protectionnisme risquent d’être virulentes en Allemagne et aux Pays-Bas.

C’est pourquoi le périmètre réaliste sera probablement – du moins pour une période initiale – plus faible que le périmètre « optimal ». On peut penser qu’une alliance France-Italie-Belgique pourrait constituer une bonne base de départ. Cependant, on ne doit pas exclure une solution purement nationale. Dans la situation actuelle, tout est préférable au statu-quo. Néanmoins, il faut comprendre qu’une telle solution nationale serait appelée à s’élargir rapidement.

Notons que si les autres pays réagissent à la démarche protectionniste de l’un d’entre eux en mettant, à leur tour, des barrières protectionnistes on aura beau jeu de leur dire « pourquoi pas tous ensemble ? ».

Ce qui me fait penser que tenter le saut du protectionnisme ne serait-ce qu’au simple niveau de la France ne présente aucun risque. Soit les autres pays ne réagissent pas, et dans ce cas nous rétablissons assez vite notre balance commerciale, soit ils réagissent et dans ce cas, comme ils auront aussi fais sauter le tabou qui pesait sur des mesures protectionnistes nous serons dans une excellente position pour négocier avec eux des mesures communes.

Le véritable problème est celui du tabou qui pèse aujourd’hui sur le protectionnisme. Qu’il saute et d’une certaine manière nous avons gagné.

 

Patrick Artus dans son dernier Essai « Est-il trop tard pour sauver l’Amérique » affirme qu’une politique protectionniste ne pourra pas conduire à une réindustrialisation. Pour lui, les activités industrielles qui se sont délocalisées ne reviendront pas (au nom d’un argument non développé lié à l’élasticité-prix) La réindustrialisation ne pourra se faire qu’avec des nouvelles industries. Qu’en pensez vous ? Peut-on réellement fixer comme objectif à une politique protectionniste de renforcer la base productive de la zone protégée ?

La question des élasticités-prix est effectivement une question décisive. Si la contraction de nos importations est faible (élasticité proche de zéro) il nous faut une élasticité de nos exportations qui soit très supérieure à 1. Dans le cas des Etats-Unis il est clair que le processus de désindustrialisation est allé très loin. Il faudrait donc des mesures réellement draconiennes pour inverser cette tendance.

Ceci milite pour des mesures protectionnistes (ou une dévaluation, ou les deux) qui soient très importantes. Il faut que la baisse du prix de nos produits l’emporte de loin sur tout « effet qualité » et qu’inversement, la hausse des produits importés soit telle qu’elle enclenche une réelle contraction des volumes et le développement d’industries de substitution.

Concrètement, il faut combiner des mesures protectionnistes ciblées et de grande ampleur avec une dévaluation d’au moins 20%.

Il faut ajouter, et je pense que c’est évident, que de telles mesures ne sauraient remplacer une politique industrielle. Le protectionnisme est la condition nécessaire à une telle politique, mais non la condition suffisante. Très souvent on a le sentiment que le protectionnisme à lui seul pourrait suffire. C’est faux à l’évidence dans la plupart des cas.

Mais, dire qu’il ne pourrait suffire ne permet pas de l’exclure car une politique industrielle sans protectionnisme est aussi, et là à coup sûr, condamnée à l’échec.

Il faut comprendre que, dans la conjoncture actuelle, quand Gréau ou moi parlons du protectionnisme c’est bien aussi la politique industrielle que nous avons en tête. Mais, aujourd’hui, et je le répète, il faut faire tomber le tabou qui pèse sur le protectionnisme. En fait, pour ma part, je considère le protectionnisme comme l’élément déclencheur mais ne résumant point toute une politique de ré-industrialisation et dans laquelle j’inclus la constitution d’un pole public du crédit ainsi que la participation de l’État ainsi que des collectivités territoriales à certaines activités.

 

Dans votre dernier texte sur la dette publique, vous préconisez un retour au franc afin de faire face à la surévaluation de l’Euro et pouvoir renouer avec la dévaluation, ce qui dîtes-vous, pourrait rendre inutile la mise en œuvre de politiques protectionnistes. Cependant, la dévaluation compétitive est une stratégie que tous les pays recherchent actuellement afin de compenser une demande intérieure atone par un surcroît de compétitivité à l’export et ainsi pouvoir accrocher leur croissance à la « demande extérieure ». Cette stratégie n’est-elle pas vouée à l’échec si tous les pays la pratiquent ? Du point de vue de la stimulation de la demande globale, quelle solution est-elle préférable : une dévaluation monétaire ou une monnaie plus forte associée à des protections commerciales?

Il est très clair que les stratégies de croissance qui cherchent aujourd’hui à s’arrimer sur une « demande extérieure » sont vouées à l’échec. Ne serait-ce que pour une simple question de logique. Si tout le monde comprime sa demande intérieure pour aller chercher dans la demande externe les sources de sa propre croissance, on voit bien qu’au final nous aurons une baisse importante de la demande agrégée à l’échelle internationale. Des économies de relativement petite taille peuvent espérer s’arrimer à la croissance d’un « grand pays ». Mais, aujourd’hui, nous voyons bien dans le cas de la Chine qu’une telle politique touche à ses limites. En fait, dans le cas chinois, la politique de prédation n’a été qu’un raccourci pour atteindre le niveau technique qui permettra à la Chine de se retourner sur son propre marché intérieur.

La croissance, partout et toujours, est liée à une croissance de la demande intérieure. Celle-ci peut être individuelle ou bien collective, et cette question est ouvertement posée aujourd’hui où l’on voit bien que certaines consommations individuelles ont, elles aussi, atteintes leurs limites.

Cependant, dans le cas de la France il nous faut aujourd’hui combiner une dévaluation et des mesures protectionnistes pour pouvoir nous donner la marge de manœuvre nécessaire en raison de l’avantage acquis par l’Allemagne entre 2001 et 2005 quand cette dernière a transféré sur les ménages une partie des charges portant sur les entreprises. C’est ce que l’on a appelé dans le débat français la « TVA Sociale ». C’est une mesure typique d’une politique d’expansion par la demande extérieure, car on réduit sa propre demande tout en rendant ses entreprises plus concurrentielles. C’est la raison pour laquelle, d’ailleurs, je me suis opposé à la TVA sociale en France.

Les mesures structurelles que j’ai mentionnées, pole public du crédit, intervention de l’État, politique industrielle, ne sauraient cependant être immédiatement efficaces. Elles ont besoin d’un certain délai pour faire sentir leurs effets. La relance par la demande et par la substitution de l’offre intérieure à l’offre extérieure permet alors de gagner du temps. Elles vont enclencher le processus de relance avant que les mesures structurelles e viennent les relayer, puis les remplacer.

D’une certaine manière, ces politiques seraient bien plus efficaces si elles étaient mises en œuvre de manière coordonnées. Ici encore on retombe sur le dilemme entre le cadre d’action « optimal » et le cadre d’action « réaliste ».

Mais, dire que ces politiques seraient plus efficaces à plusieurs ne signifie pas qu’elles seraient sans efficacité si elles étaient mises en place au niveau de la France seule. Bien au contraire.

Plus fondamentalement, nous devons faire basculer notre structure de consommation vers des biens qui sont plus collectifs. Une stratégie à 5 ou 7 pays de développement coordonné des biens publics et du transport serait certainement plus efficace. Cependant, et j’insiste sur ce point, il y a des marges de croissance à exploiter même dans une politique menée à l’échelle de la France.

Si nous pouvions cependant nous mettre d’accord rapidement avec certains de nos voisins, en particulier, nous pourrions certainement réduire l’ampleur de la dévaluation initiale. Cependant cette dernière, en raison de la politique sociale de l’Allemagne, est inévitable.

 

Votre texte « un an après » se conclut par un appel au rassemblement dans le cadre de l’élection présidentielle de 2012 sur la base d’un programme de rupture. A quel type de rassemblement pensiez-vous ? Un rassemblement politique au-delà des clivages traditionnels, un rassemblement d’intellectuels pour construire ce programme ou à l’émergence d’un nouveau mouvement citoyen ?

Tout rassemblement de citoyens et d’intellectuels doit déboucher sur un rassemblement politique ou se condamne à l’impuissance. Celui que j’appelle de mes vœux ira de l’extrême gauche jusqu’aux néo-gaullistes qui partagent nombre de ces idées. Elle exclura cependant une fraction du PS qui me semble engagée dans la dérive des « néo-socialistes » de Marcel Déat dont l’article « Mourir pour Dantzig ? » trouve un étrange écho dans certaines affirmations néo-libérales et prises de positions pour le libre-échange. Il s’exprime une véritable haine de la Nation et de la Démocratie dans ce courant et dans ces pratiques quotidiennes.

Cependant, une telle alliance implique un programme clair et des dirigeants qui sachent faire taire leur sectarisme. En tant que citoyens nous pouvons, dans différents clubs, contribuer à ce programme. Nous pouvons aussi faire en sorte que les sectarismes se désarment et que les préventions contre « l’autre » ne soient pas irrémédiables. Mais, il ne faut pas se cacher qu’il y a et qu’il y aura du travail…

 

 

 

L’un des arguments les plus souvent opposés aux thèses néo-keynésiennes ou protectionnistes vient de la nouvelle écologie radicale, dont les thèses sont actuellement en vogue, pour laquelle la crise est en premier lieu écologique. Ils affirment que l’épuisement en cours des ressources naturelles est incompatible avec toute idée de relance par la consommation. Que leur répondre ?

La dimension de crise par épuisement des ressources naturelles est incontestable. Dans le même temps, la financiarisation des marchés de matières premières explique dans une large mesure leur instabilité.

Je suis parfaitement conscient que ce n’est pas à une simple relance de la consommation que nous devons procéder mais bien à un basculement vers des consommations à la fois plus collectives et plus économes en matières premières et en CO2.

Mais, comment appliquer de telles mesures quand :

- Les prix de l’énergie varient en quelques mois de 4 à 1 (de 147 USD le baril à 37 USD) ?

- Certains pays, et non des moindres, refusent d’appliquer un accord international comme le protocole de Kyoto ?

- L’Europe soumet les infrastructures (dans la distribution de l’énergie, dans les transports) à la logique de la concurrence et du découplage (unbundling) ce qui empêche des grandes politiques publiques ?

On voit bien que pour qu’une véritable politique fondée sur la taxe carbone puisse se mettre en place, il faut que les prix de l’énergie soient stables et régulièrement croissants. Pour ces derniers, si nous avions 5 contrats au futur pour un contrat réellement exécuté en 1997, nous en avons 20 pour 1 aujourd’hui. Les marchés des matières premières, et pas seulement le pétrole mais aussi les produits agricoles, sont devenus des « marchés financiers ». Il faudra bien que l’on s’entende avec les pays producteurs pour sortir ces produits de la logique de la financiarisation et pour en réguler les prix.

Pour qu’une véritable politique des transports se mette en place, il nous faudra révoquer les directives européennes sur les transports ferroviaires et sur l’énergie. Comment taxer nos entreprises si celles des pays voisins ne le sont pas ? Il faut rappeler que la Suède, que tout le mode se plait à citer en exemple, n’applique pas la taxe carbone à ses principales industries. Or ces dernières sont largement plus polluantes que la consommation des ménages…Veut-on imiter la Suède ? Mais alors quelle sera l’efficacité de cette politique ?

Enfin, sur l’énergie, la politique actuelle a déjà provoqué des désastres (en Californie et en Italie) et elle nous conduit à surpayer l’électricité « privée » issue des parcs d’éolienne. On a ici soumis ce qui devrait être du niveau du long terme à la logique du marché, soit celle du court terme. Il nous faudra ici aussi révoquer ces directives stupides et reconstituer des monopoles nationaux qui sont les seules entités réellement capables de penser dans le long terme (25 ans) une politique de l’énergie.

L’Europe « verte » est un leurre, au même titre que l’Europe « sociale ». Les écologistes commencent à le comprendre. Lors des manifestations des producteurs de lait à Bruxelles, on a vu José Bové mais pas Daniel Cohn-Bendit. Cette alliance entre les deux courants est purement conjoncturelle. Elle est de plus contre nature (et contre la nature).

En réalité, c’est bien un Keynésianisme « vert » que j’appelle de mes vœux, mais il faut comprendre qu’il ne se fera pas dans le cadre du libre-échange, de la libre circulation des capitaux, et qu’il impliquera un réinvestissement par l’État de nombre de secteurs dont il s’est retiré.

 

 

 

Les thèses que vous défendez sont au service d’un idéal de gauche  (transformer le capitalisme, assurer une répartition plus juste des revenus, desserrer les contraintes actionnariale et concurrentielles qui pèsent sur le salarié…) D’un autre coté, elles mettent en avant des solutions plutôt classées à droite comme le retour à la nation ou l’exigence de souveraineté. Cette ambivalence peut expliquer pourquoi ces thèses ont tant de mal à percer dans le débat public. Aujourd’hui, le discours de souveraineté nationale est surtout porté par l’extrême droite avec des relents identitaires, et le discours de contestation de l’ordre néolibéral n’est porté que par l’extrême gauche mais celle-ci reste attachée à son internationalisme, ce qui rend la contestation stérile. Peut-être que ces idées seraient plus lisibles dans le débat public si elles pouvaient être résumée par un vocable simple et identifié. Quelle appellation proposeriez-vous ?

Je suis profondément persuadé que la souveraineté est une valeur de gauche et non de droite. Tout d’abord parce qu’elle est essentielle à la démocratie. On peut avoir la souveraineté sans la démocratie, mais on a JAMAIS eu la démocratie sans la souveraineté. La démocratie implique la souveraineté car il faut bien préciser qui est responsable de quoi. Je constate que la gauche fut par ailleurs autrefois très attachée à la Nation.

Je constate aussi que la gauche et l’extrême gauche se retrouvent sur les positions de « souveraineté alimentaire ». Mais qu’est-ce que la souveraineté alimentaire, si ce n’est un élément d’un tout global que l’on nomme souveraineté ?

La question de l’internationalisme de l’extrême gauche me semble relever du faux problème. L’internationalisme consiste à reconnaître que, par delà les frontières, nous partageons avec « l’autre » les mêmes problèmes. Ce constat est vrai et j’y suis très attaché. Mais dire que l’on partage les mêmes problèmes ne signifie pas que l’on peut élaborer ensemble des solutions nécessairement communes. Les cadres politiques, les institutions, sont des créations de l’histoire et elles spécifient les espaces nationaux comme des espaces politiques particuliers. Ce sont dans ces espaces politiques particuliers qu’il nous faut trouver des solutions.

Guizot, qui fut un grand historien au début du XIXème siècle (et par ailleurs Ministre de Louis-Philippe) écrivait que la « lutte des classes » était la source des institutions de l’Europe. On connaît la formule, elle fut reprise par Marx. Mais, ce que Guizot ajoutait, c’est que cette lutte des classes avait besoin d’espaces de souveraineté. Le passage de la ville à l’État-Nation a permis ainsi d’ouvrir des espaces plus considérables à ce processus, et nous en avons tous bénéficié. John Commons, l’un des pères du courant institutionnaliste américain, souligne lui aussi ce que les institutions doivent à ce qu’il appelle la « conflictualité sociale » soit la lutte des classes. Il souligne que le processus d’extension des institutions, qui le fait passer du niveau local au niveau national est un processus indispensable.

Alors, pourquoi ne peut-on avoir un processus identique au niveau européen et au niveau mondial ? Et bien, et tout simplement, parce que ce mouvement d’extension des institutions du local au national a été dans le même temps le processus de constitution historique des États, qui leur a donné leur singularité propre. Et c’est pourquoi, aujourd’hui, le projet fédéraliste bute sur cette singularité. Il ne peut que la nier, mais ce faisant, et nous avons assez d’exemples à ce sujet, il nie la démocratie. Le fédéralisme aujourd’hui, en Europe, ne peut être qu’un projet anti-démocratique. Ce n’est pas un hasard si Hayek, quand il bascule vers la fin des années 1960 dans le conservatisme (qui n’était pas sa position initiale) se fait l’apôtre de règles conçues hors de toute démocratie et in fine de nature divine, justement pour tenter de limiter le mouvement des institutions qu’implique la lutte des classes.

Le libre-échange, parce qu’il met les travailleurs en concurrence pour le plus grand profit des patrons, nie à dessein cette construction historique des institutions dans un cadre national. Il est le contraire en réalité de l’internationalisme.

La formule de Jaurès « un peu d’internationalisme éloigne de la Nation ; beaucoup y ramène » doit se comprendre comme la tension nécessaire qui existe entre la communauté des problèmes par-delà les frontières et le fait que des solutions ne peuvent être trouvées à ces mêmes problèmes que dans le cadre des espaces politiques que sont les Nations. Il faut ensuite trouver des cadres de coordination ou de négociation entre les Nations, mais le niveau du national reste le niveau principal.

La construction de cadres légaux au-delà des Nations, et donc au-delà du contrôle démocratique qui s’exprime en leur sein, a toujours signifié une régression sociale et politique. Aujourd’hui, le projet européen avance à la même vitesse que le démantèlement de la démocratie non seulement en Europe mais dans chacun des pays membres.

Pour répondre à la question que vous posez, je dirai que je suis un démocrate au sens le plus profond du terme et donc un souverainiste, même si je conçois qu’il soit des souverainistes qui ne sont pas des démocrates.

 

 

Benoit Hamon a répondu à lettre ouverte que vous lui avez adressée en affirmant que l’Euro permettrait aujourd’hui une relance par une stimulation de la demande (consommation et investissement) sans qu’il soit nécessaire de dévaluer comme au moment de la relance de 1981. Que lui répondez-vous ?

Je dois d’abord dire que sur un certain nombre de points nous sommes en accord Benoît Hamon et moi. Ceci vaut pour les politiques industrielles (point que l’on a tendance à oublier), sur le protectionnisme et, bien entendu, sur les politiques sociales. Là où nous divergeons est la question de savoir ce qui est compatible avec l’Union Européenne et la zone Euro et ce qui ne l’est pas.

Aujourd’hui, une politique de double relance – dont je ne conteste pas la nécessité, bien au contraire – va se heurter aux règles de la zone Euro, comme le Pacte de Stabilité et le financement du déficit public, mais aussi à l’Euro lui-même à travers sa surévaluation. Il faut savoir que toute surévaluation de l’Euro de 10% à partir du niveau de 1,15 Dollar pour un Euro est l’équivalent d’une hausse de 1% des taux d’intérêt. Nous sommes actuellement à 1,47 USD, soit une hausse de 27%. Le taux « réel » de la BCE n’est donc pas de 1% (ce qui est déjà élevé face au 0,25% de la Réserve Fédérale) mais de 3,7%. C’est ce taux réel qu’il convient de comparer au taux de la Réserve Fédérale, ou de la Banque du Japon (0,10%), et l’on voit que cela fait une différence TRÈS significative.

Dans ces conditions, la question qui se pose est : avons-nous la capacité d’imposer à la BCE et à nos partenaires une réforme de la gestion de la zone Euro dans un délai relativement court incluant des mesures qui seraient à même de faire baisser le cours de l’Euro face au Dollar. Si on pense que oui, il faut dans ces conditions rester dans l’Euro. Mais, une telle solution peut aussi apparaître comme irréaliste, et je pense que tout le monde en conviendra.

Dans ces conditions, seule une sortie de la zone Euro nous permettra de retrouver les marges de manœuvre nécessaire pour la double politique de relance que suggère Benoît Hamon.

Il faut ici préciser que cela ne servirait à rien de sortir de la zone Euro si cela devait être pour continuer la même politique. L’intérêt d’une sortie de l’Euro est justement de mener une politique réellement différente, avec la combinaison de politiques industrielles et de politique des revenus que j’ai suggéré auparavant, mais aussi des contrôles de capitaux et un financement d’une partie de la dette publique par la Banque Centrale.

Notons ici que l’Euro ne nous a protégé, en en partie seulement, de la tempête monétaire que parce que nous sommes en convertibilité de compte de capital (Capital-Account convertibility). Si nous ré-instituons des contrôles sur les capitaux et sur les changes, une politique qui fut menée dans les années 1950 à 1970 avec succès comme en témoigne notre rythme de croissance de l’époque qui était supérieur à celui de l’Allemagne, notre monnaie ne connaîtrait aucun risque. Nous serions alors en mesure de déterminer notre taux d’intérêt sans avoir à tenir compte du taux d’intérêt allemand. C’est l’ouverture progressive de notre marché des capitaux, réalisée à partir de 1974 et couronnée par les réformes de Bérégovoy dans les années 1980, qui nous a rendu dépendant du taux d’intérêt allemand, et qui a rendu nécessaire le passage à une monnaie unique, aux conditions politiques imposées par l’Allemagne.

Cette « nécessité » ne s’est cependant manifestée comme telle qu’en raison des choix que nous avions faits (ou plus exactement que n’avions pas faits) depuis 1981. Elle n’existe que dans le cadre d’une certaine politique. Que l’on en change, et cette « nécessité » disparaîtra d’elle-même.

Ceci ne résoudra pas la question monétaire internationale. Nous avons besoin, et aujourd’hui encore plus que hier, d’une véritable réforme du système monétaire international. Il faut oublier les rêves d’en revenir à l’étalon-or. Les solutions, dans un premier temps, ne pourront être que régionales. C’est pourquoi l’Euro avait une place à jouer, non pas comme une monnaie unique mais comme une monnaie commune venant s’ajouter aux monnaies nationales existantes. C’est ce que je décris dans mon article de 2006, et cela correspond au « BANCOR » de Keynes, appliqué à l’Europe.

Jacques Sapir.

Propos recueillis par Malakine



Par Frédéric Maurin - Publié dans : rupturetranquille - Communauté : Les blogs républicains
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