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Rupture tranquille

Samedi 3 mai 2008

 

L’habit de fait pas le moine pourrait-on dire suite à l’entretien télévisé du jeudi 24 avril 2008. Et de fait, le travestissement des formes n’y change rien, Nicolas Sarkozy reste le président qui détruit la République. Pourtant tout a été fait pour séduire : apparat des décors, cadre solennel, jeu d’acteur et tentative de réinvestissement du costume traditionnel de président... il serait faux de dire que le président pétainiste n’a pas fait des efforts pour « changer la donne ».

(cf lettre http://www.gaucherepublicaine.org/2,article,1900,,,,,_l-De-quoi-Badiou-est-il-le-nom-r.htm)

Mais hélas, en matière de donne, c’est bien exclusivement de la sienne dont il s’est préoccupé, et non celle des individus vivant sur le sol de ce pays. Car sous le fard de l’apparat, le message délivré est limpide : rien ne sera changé. Pire ! En se réinstallant dans une posture présidentielle, le sarkozysme propose une confusion encore plus grande dans les valeurs de la République et, de ce fait, participe encore plus activement à la destruction de ces valeurs.
Ce principe de destruction, ce travail de sape, contribue toujours davantage à vulgariser les valeurs républicaines ; c’est à dire à la vider de leur sens, à les rendre confuses, imprécises, à faire en sorte que les individus puissent y voir tout et n’importe quoi. À l’évidence, « les valeurs républicaines » ne voudra plus rien dire, ne présentera plus aucun repère, ne tracera plus aucune ligne idéologie forte sur laquelle il serait possible de s’appuyer. Cette vulgarisation éthique, cette attaque du savoir, signe toutes les périodes de décadence politique depuis l’effondrement de la Rome républicaine jusqu’à l’avènement de la France de Vichy. En ce sens, Sarkozy est à combattre, non pas uniquement comme un ennemi politique, mais avant tout comme un ennemi culturel et éthique. Les lignes éthiques, «  la sienne  » et «  la notre  », ne sont pas même opposées, elles sont orthogonales.

Un travail de surface

Le discours du président était clair : augmentation de la durée de cotisations à 41 ans pour la retraite à taux plein, suppression effectives des postes dans l’enseignement, pas de régularisation globale des travailleurs « sans-papiers », mesures superficielles pour le pouvoir d’achat, et toujours « travailler plus pour gagner plus » (sans préciser s’il s’agit bien de la même personne qui travaille plus... et qui gagne plus !). Et la critique pourrait sans peine s’en tenir là. Elle serait conforme à l’usage politique dans un monde où la politique devient de plus en plus une affaire superficielle et reléguée aux calculs électoralistes (dans lesquels se sont engouffrés Mme Royale et M Fabius, mettant en évidence une fois de plus la médiocrité politique des dirigeants du PS).
La vulgarisation des idéaux républicains menée par le sarkozysme contribue à rendre floue toute fondation sur laquelle appuyer une politique. Le problème est que la gauche ne dispose plus d’une ligne éthique forte, c’est à dire d’une assise sur laquelle fonder des analyses et un projet alternatif. Car penser et concevoir une politique ne se fait pas sans rien. Il faut des idées claires, précises, reliées les unes aux autres par des articulations logiques fortes (par exemple Respublica a toujours présenté une ligne claire et cohérente de ce qu’est le principe de laïcité). Sur une base éthique claire – précisant ce qu’est la culture, ce qu’est une richesse, ce qu’est une valeur marchande, ce qu’est un individu – il est alors possible d’élaborer un projet global comme la République. Sarkozy est un acteur pétainiste au sens où il mine cette base rendant ainsi impossible la réflexion politique des citoyens.

Au delà de la politique, il y a l’éthique

Que disent « éthiquement » les propos de Nicolas Sarkozy ? L’augmentation de la durée de cotisation fait fi de toutes les données concernant notre société : l’emploi des seniors est de 54 % pour les plus de 55 ans, et de 13 % pour les plus de 60 ans. Or, seuls ceux qui travaillent peuvent cotiser, et allonger la durée de cotisation prend alors un tout autre sens : réduire les pensions. A cela vient s’ajouter la baisse des remboursements de santé par notamment le système des franchises médicales. De telles mesures vont conduire à une augmentation de la misère. On assiste donc à une absence de redistribution des valeurs marchandes. Or, cette redistribution permet une création de richesses qui n’ont rien de monnayables, car il s’agit de véritables richesses. La réduction de la misère, l’assurance d’être soigné convenablement, l’assurance de pouvoir profiter d’une retraite méritée, tout cela contribue à la réduction de la tension sociale, à l’apaisement, à la vie sereine des individus, c’est à dire des gens qui composent la société. Cette tranquillité, cette assurance et cette paix qui permettent le développement, voilà une richesse que le libéralisme n’introduit jamais dans ces comptes de valeurs marchandes. Toute l’installation du libéralisme sur le plan culturel et éthique (c’est à dire comme « évidence » normale et naturelle) repose sur l’indistinction entre ce qui est une « richesse » et une « valeur marchande monnayable ». Or rien n’est plus faux ! La totalité du Pacte Républicain repose précisément sur la distinction claire du fait qu’une richesse n’est pas une valeur marchande et que c’est la redistribution des valeurs marchandes qui permet la création et le développement des richesses.

La suppression des postes dans l’enseignement en est un autre exemple. Sous prétexte de réduction des coûts, de rentabilité, d’efficacité comptables (c’est à dire sur le plan des valeurs monnayables), les moyens d’instruction sont amputés. Or l’éducation nationale œuvre à armer des individus qui seront avant 15 ans appelés à être des acteurs dans ce pays. Cette réduction de moyens, à travers le nombre d’enseignants et de classes, va se traduire directement par une amputation du capital culturel reçu par chaque élève, en terme de savoirs théoriques mais aussi en terme d’expériences sociale (un enfant ne grandit pas de la même manière dans une classe surchargée ou dans une classe tranquille, il n’a pas la même expérience de la socialisation dans un établissement soumis à des tensions ou dans un établissement où règne un climat paisible). Les conséquences en terme d’agressivité ou de tranquillité des rapports sociaux, de facultés à travailler et créer, de capacités à s’investir dans un projet et à faire confiance aux autres individus-citoyens, tout cela constitue autant de richesses qui vont être directement impactées par cette économie des valeurs, la seule que reconnaisse le libéralisme, la seule qu’il impose à grand renfort de média. Le libéralisme est triomphant parce que cette manière de parler des richesses est devenue anecdotique : il a réussi à effacer jusqu’à la conception même de ce qu’est une richesse. Richesse et valeur ne font plus qu’un. Notre lutte est fondamentalement culturelle et éthique.

Dernier point, presque caricatural : la régularisation des travailleurs sans-papiers. Tout le monde a noté l’amalgame fait par Nicolas Sarkozy entre « naturalisation » (obtention de la nationalité française) et « régularisation » (obtention des papiers autorisant à travailler légalement en France). Impossible de s’arrêter au simple calcul électoral visant les électeurs du Front National. En période de crise, toujours la droite a fait alliance avec l’extrême droite. Aujourd’hui, le nom de cette alliance s’appelle le « sarkozysme », et en cela on reconnaît qu’il s’agit bien d’un pétainisme. La peur redevient l’argument subordonnant toute réflexion politique. Le cerveau ne sert à rien, la mœlle épinière suffit, voilà les pseudo-citoyens dont rêve tout pétainisme. Sur le plan éthique, imposer une distinction entre les employés français (« normaux ») et les employés sans-papiers (de fait « a-normaux ») fait passe pour une évidence ce qui est une orientation politique nationaliste. De ce point de vue, cette sous-catégorisation d’une partie des gens vivant sur le sol de notre pays vise, d’abord, à diviser des individus qui, de part leurs conditions de vie (tous travaillent pour vivre), sont susceptibles de se reconnaître solidaires. Ensuite, cette vision nationaliste détruit toute une partie de la richesse française qui peut s’enorgueillir d’être pluriculturelle de part les vagues d’immigration qui ont fait son histoire et ont construit la tradition de ce pays depuis deux millénaires. La laïcité française est le contraire d’un hasard. Elle émane d’un héritage, d’une richesse, que tous les nationalismes visent à détruire. N’oublions jamais que le libéralisme a besoin de murs pour séparer les individus, c’est à dire pour les dominer, pendant que ses capitaux, eux, sont libres d’aller et venir pour que son économie des valeurs marchandes pille et détruise les richesses.

Pour cela, le libéralisme combat jusqu’à l’idée même de richesses, et dans cette œuvre, le pétainisme d’un Sarkozy est son meilleur allié.

Tiré de la lettre : http://www.gaucherepublicaine.org/index.html 

Bon, le sarkozysme, vous connaissez. Mais comment en sortir ? Quelques pistes...

Un grand parti de gauche pour un New Deal

L'électrochoc dont a besoin le Parti socialiste pour se reconstruire et l'emporter passe par une critique approfondie du capitalisme.

Certains, à gauche, comptent sur la puissance du rejet du pouvoir en place : il suffirait, à leurs yeux, que le Parti socialiste désigne demain un candidat crédible, en cohérence avec le projet social-libéral qu'il porte depuis 1983, éventuellement corrigé à la marge. Pour d'autres, les trois échecs successifs du candidat socialiste à l'élection présidentielle (1995, 2002, 2007) ne sont pas l'effet du hasard, mais la conséquence d'une rupture profonde avec les couches populaires que Ségolène Royal n'a comblé qu'en partie en 2007.

 
La reconquête de l'électorat populaire n'est pas possible à partir de l'existant. Elle passe par l'organisation d'un électrochoc puissant, débouchant sur la création d'un grand parti de toute la gauche, à condition bien entendu qu'il porte un projet à la hauteur des défis de la crise qui vient. Le mouvement socialiste, depuis les origines, n'a jamais fait l'économie d'une critique du capitalisme de son temps. La refondation de la gauche aujourd'hui ne peut davantage faire l'économie d'une critique approfondie de la globalisation.

 

Succédant à l'ère du New Deal (1945-1979), la globalisation libérale, voulue de longue date par les Etats-Unis, n'est pas qu'un phénomène économique - l'ouverture généralisée des marchés -, elle est aussi politique : elle ne marche qu'avec l'hégémonie des Etats-Unis, qui ont imposé le dollar comme monnaie mondiale et contrôlent, à travers leurs multinationales, l'essentiel des flux de richesses et notamment de matières premières. La globalisation, à travers la libération des mouvements de capitaux, a débouché sur la domination sans partage du capital financier. La crise financière actuelle trouve son origine dans le surendettement des ménages américains et dans les dérives de la sphère financière.

 
En réalité, les Etats-Unis n'ont plus les moyens de dominer seuls le monde. Leur politique de fuite en avant dans l'endettement intérieur et extérieur aussi bien qu'en politique étrangère, avec l'invasion de l'Irak, rencontre ses limites. La chute du dollar et l'enlisement militaire au Moyen-Orient rendent manifeste la "surextension impériale", dont l'historien Paul Kennedy avait eu l'intuition dès 1987. Les Etats-Unis cherchent en Europe des supplétifs, mais rien ne saurait enrayer la marche vers un monde multipolaire, avec la montée des grands pays émergents (Chine, Inde, Brésil, etc.) et le retour de la Russie.

 
La seule question qui se pose est de savoir si nous prétendons contrarier cette évolution en nous mettant, au nom d'un "occidentalocentrisme" à courte vue, à la remorque de la politique néoconservatrice américaine, au risque de tensions et de conflits multipliés, ou si, au contraire, nous voulons que la France et l'Europe tiennent leur rôle pour faire prévaloir le dialogue des cultures et l'autorité du droit international sans lequel il ne peut y avoir de paix durable dans ce monde multipolaire. Ce choix est crucial. Il ordonne toute la politique française. Il n'est pas moins décisif pour la réussite d'un processus de refondation de toute la gauche.

Celle-ci, en effet, doit s'appuyer sur la crise de la globalisation financière pour dessiner les contours du monde nouveau. Les institutions internationales, qui sont au coeur de la globalisation (FMI, OMC), sont en pleine crise : le FMI, contrôlé en fait par les Etats-Unis qui y disposent d'un droit de veto, est frappé d'impuissance et personne n'imagine plus qu'une relance de la croissance puisse résulter d'une nouvelle libéralisation du commerce international. Les pays les plus libéraux aujourd'hui n'hésitent plus à recourir à l'intervention publique, comme si les nationalisations redevenaient légitimes, dès lors qu'il ne s'agit plus que de nationaliser des pertes.

 
La grande crise qui vient amènera un réexamen critique de tous les postulats libéraux (libre-échangisme, effacement de l'Etat, rejet des politiques industrielles au nom de la "concurrence"). Les règles de l'organisation monétaire et du commerce international sont à revoir. Un grand parti de toute la gauche, en France, doit se donner pour visée l'organisation d'un nouveau New Deal à l'échelle mondiale. Cette nouvelle donne monétaire, sociale, environnementale, implique la réunion de grandes conférences internationales entre pays industrialisés et pays émergents. Encore faut-il pour cela qu'une volonté politique s'exprime. Sinon à quoi servirait la gauche ? Et à quoi servirait la France ?

 
C'est cette visée qui donnera toute sa puissance et sa légitimité à l'effort de conviction que la gauche devra déployer aussi bien en France vis-à-vis du monde du travail qu'au plan international vers les formations progressistes et vers les pays émergents. C'est ainsi que la gauche française pourra donner une juste perspective aux luttes sociales, particulièrement en ce qui concerne les délocalisations et la préservation, en France et en Europe, d'un tissu productif moderne. La gauche française doit construire autour d'elle une vaste "alliance des productifs".

Les institutions européennes auront à se réformer au feu de la crise. Le recentrage de l'Allemagne sur l'Europe, auquel nous devons contribuer, sera déterminant. Pour maintenir le tissu industriel, l'Etat ne devra se priver d'aucun moyen. Cette nouvelle donne suppose que la gauche française se réapproprie la tradition généreuse de Jaurès qui n'a jamais opposé l'internationalisme et la nation.

 
Ainsi, c'est à travers la conscience d'une tâche historique exceptionnelle qu'on relèvera la gauche. Je suis convaincu que l'organisation, dans tout le pays, de "forums de l'unité", dès lors que seront abordés les débats de fond, permettra d'attirer des milliers de sympathisants aujourd'hui encore sur le reculoir. Nous créerons ainsi un mouvement irrésistible vers cet "événement-électrochoc" que serait une nouvelle refondation de la gauche, à l'image de celles qui, de 1905 à 1971, ont rythmé son histoire.

 
Un tel parti doit s'ouvrir à toutes les sensibilités. En effet, un "parti révolutionnaire" dressé contre un parti "social-libéral" ouvrirait un boulevard à la droite. Les communistes, dont l'histoire a eu sa grandeur, trouveront mieux qu'un rôle d'appoint au PS dans la création d'un grand parti de toute la gauche. L'expérience montre que le dialogue entre des sensibilités radicales, voire utopiques, et des sensibilités plus gestionnaires peut être fécond au sein d'une même organisation.

 
Une phase intérimaire de type fédéral ou confédéral entre les parties constitutives est peut-être inévitable, mais le temps presse. Les échéances sont proches. Ne sous-estimons pas les capacités de rebond de Nicolas Sarkozy. Créons, pendant qu'il en est temps, l'élan nécessaire. Construisons une véritable alternative en prenant appui sur les intérêts indissociables de la France et du monde du travail.

 

Tribune de Jean-Pierre Chevènement parue dans l'édition du Monde du 24 avril 2008.

 

 

 

publié dans : rupturetranquille communauté : Pour la démission de Sarkozy
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Samedi 29 mars 2008

Extrait de http://sarkoups.free.fr/  Les raisons de coller à l'UMP une grêve exemplaire sont là....

Attac France
http://www.france.attac.org/spip.php?article7951
L’avenir des retraites sacrifié
mercredi, 12 décembre 2007 / Attac France / Association pour la Taxation des Transactions financières pour l’Aide aux Citoyens
66-72, rue Marceau, 93100 Montreuil-sous-Bois
Tél. : +33.(0)1.41.58.17.40 - Fax : +33.(0)1.43.63.84.62 , / Fondation Copernic
Depuis quinze ans, les réformes des régimes de retraites se succèdent et révèlent l’un des aspects les plus sordides des politiques néolibérales. En 1993, la durée de cotisation des salariés du privé fut allongée de 37,5 à 40 ans ; une décote de 10 % fut instaurée par année manquante, ramenée à 5 % en 2003 ; les pensions calculées sur la base des 25 meilleures années – au lieu des 10 meilleures – furent indexées sur les prix et non plus sur les salaires, entérinant la coupure définitive entre l’évolution du niveau de vie des retraités et celle de la richesse collective.

Le résultat est catastrophique pour les retraites, qui ont diminué de plus de 20 %. En 2003, les salariés de la fonction publique (État, collectivités territoriales, hôpitaux) subirent le même sort (40 ans de cotisations et décote de 3 % évoluant vers 5 %). Et, toujours au nom d’une prétendue équité, les salariés des régimes spéciaux viennent à leur tour, en 2007, d’être « alignés ».

Ces réformes régressives s’inscrivent dans un mouvement d’ensemble de démantèlement des systèmes de protection sociale collectifs, aussi bien celui de l’assurance maladie que celui des retraites par répartition. L’objectif est double pour le capitalisme néolibéral : d’une part, restreindre la part de la richesse socialisée et ouvrir ainsi un champ nouveau à l’accumulation du capital, via les compagnies d’assurance et les fonds de pension [1] ; d’autre part, drainer une épargne privée de plus en plus importante vers les marchés financiers, avides de liquidités toujours croissantes, nécessaires pour participer aux restructurations permanentes des activités économiques dans le monde entier. La financiarisation de l’économie ne peut souffrir trop de richesse socialisée. Le Fonds monétaire international l’avait dit : « la protection sociale crée trop de sécurité dans le corps social ».
Attac et la Fondation Copernic, en complément de documents antérieurs, analysent ici les principaux éléments qui ressortent du rapport 2007 du Conseil d’orientation des retraites, (COR), dont le gouvernement français veut se servir pour imposer à tous les salariés et retraités une nouvelle régression, à la grande satisfaction du Medef : allonger la durée de cotisation à 41 ans, puis 42, etc. A travers six questions-réponses, notre document réfute un à un tous les arguments invoqués qui sont autant de contrevérités, et présente, dans un dernier point, des propositions alternatives.

1. Quelle est la nouvelle donne démographique ?

Les projections démographiques de l’INSEE ont été profondément modifiées en 2006 pour tenir compte des évolutions récentes, en particulier sur les points suivants : un taux de fécondité de 1,9 enfant par femme (niveau moyen des années 2000-2005) au lieu de 1,8 ; un solde migratoire annuel de 100 000 (niveau moyen des années 2004-2005) au lieu de 50 000 ; un allongement de l’espérance de vie moins rapide que ce qui avait été escompté (la mortalité est supposée continuer à baisser selon la tendance enregistrée de 1988 à 2002). Au total, le changement est d’importance : au 1er janvier 2050, la France métropolitaine compterait 70 millions d’habitants contre 64 millions d’après les anciennes projections.
Cependant, pour en venir au futur financement des retraites, il faut passer de la population totale à la population active. Quel serait, sur cette population active, l’impact des réformes de 1993 et 2003 ? L’objectif proclamé des allongements de la durée de cotisation était d’inciter au report de l’âge de départ à la retraite. Le Conseil d’orientation des retraites (COR) a pris en compte dans sa projection de long terme 2/3 des effets attendus en la matière par l’INSEE, tout en reconnaissant que, dans l’immédiat, la réforme de 2003 « a manifestement très peu modifié les comportements de départ en retraite ». Au bout du compte, comparativement aux anciennes projections, la révision de la population active est substantielle, mais elle est essentiellement due aux facteurs démographiques, en particulier à l’évolution de la population en âge de travailler. La population active augmenterait jusqu’en 2015 comme dans l’ancien scénario de base, mais, au-delà, elle serait relativement stable alors qu’elle reculait nettement auparavant (- 2 200 000).
Les autres hypothèses économiques sont un taux de chômage se réduisant jusqu’à 4,5 % en 2015 (et maintenu ensuite à ce niveau), ainsi qu’une productivité du travail augmentant de 1,8 % par an. Hypothèses sujettes à caution car on ne peut se satisfaire d’un taux de chômage de 4,5 %. Mais tout particulièrement contestables sont deux dernières suppositions : celle de la stabilité du partage de la valeur ajoutée (si défavorable aux salariés), celle enfin d’une indexation des pensions et des salaires portés au compte [
2] sur les prix, ignorant totalement l’évolution des salaires. Refus des allongements de la durée de cotisation, un autre partage de la valeur ajoutée, une autre indexation : autant de points qui doivent impérativement être pris en compte lors du débat sur l’avenir des retraites qui va bientôt s’ouvrir.

2. Quel sera l’avenir de nos retraites ? Comment les financer ?

Paru en 1999, le rapport Charpin ouvrait la voie aux coups portés ensuite au système de retraites. Dans une sorte de contre-rapport, les économistes de la Fondation Copernic en avaient immédiatement dénoncé le catastrophisme. Depuis, l’épouvantail de l’effondrement n’a cessé d’être agité, pour mieux justifier aux yeux d’une population que l’on veut paniquer les mesures régressives depuis longtemps préparées. Le recul dont nous disposons aujourd’hui met mieux en évidence la justesse de la dénonciation d’alors.
C’est ainsi que le rapport Charpin tablait sur une population française totale de 66,2 millions d’habitants en 2040 ; les nouvelles projections de l’INSEE, datant de l’été 2006, prévoient pour la même date 69 millions. Le rapport Charpin envisageait une population active commençant à décroître en 2006 et retrouvant en 2040 son niveau de 1993. Les projections récentes de l’INSEE (été 2006) montrent une population active continuant de croître jusqu’en 2015, et se maintenant ensuite en plateau jusqu’en 2050. Dans ce cadre, la population active s’élèverait en 2040 à 28,4 millions de personnes, loin devant les 25,7 millions de 1993. Les projections récentes du COR, datant de novembre 2007, ont prévu un poids des dépenses de retraite dans le PIB s’élevant à 14,9 % en 2040, soit un pourcentage inférieur à tous ceux annoncés, pour la même date, par les diverses variantes du rapport Charpin, même les plus favorables (soit 16,7 %, 15,8 % ou 15,1 %).
Tenant compte des nouvelles projections de l’INSEE, le COR a été également amené, de 2005 à 2007, à modifier ses prévisions dans un sens plus favorable. Le rapport du nombre de personnes de 60 ans et plus au nombre des 20-59 ans, fixé initialement (en 2005) à 80 % pour 2050, a été ensuite (en 2007) ramené à 70 %. En 2005, il était prévu que le nombre de cotisants diminuerait fortement après 2015 pour atteindre en 2050 un niveau plus faible que l’actuel ; désormais, en 2007, la projection décrit un nombre de cotisants quasiment stable entre 2015 et 2030, augmentant ensuite légèrement entre 2030 et 2050. Conséquence évidente : les problèmes de financement envisagés par le COR sont bien moins importants que ceux qui avaient été évoqués jusque là : ainsi, le déficit en 2050 ne devrait plus s’élever qu’à 1,7 % du PIB, alors qu’il était dit en 2005 qu’il atteindrait 3,1 %.
Par ailleurs, le COR fait l’impasse sur l’accroissement possible du taux d’emploi des femmes qui reste pourtant inférieur à celui des hommes : l’écart entre les deux est de près de 10 points. Obsédé par le taux d’emploi des seniors, le COR ne voit pas qu’il y a là une source importante de financement des retraites par l’augmentation du nombre de cotisantes. Pourtant, un taux d’emploi des femmes de même niveau que celui des hommes représenterait un gain de 1,3 point de PIB.
Selon les nouvelles projections du COR, le déficit devrait se situer à 1 % du PIB en 2020 (1,5 % si l’âge de départ à la retraite n’augmentait pas) puis à 1,7 % en 2050. On peut vérifier dès aujourd’hui que des prélèvements d’un tel ordre de grandeur sont réalisables. Les allégements généraux de cotisations sociales consentis aux entreprises représentent déjà à eux seuls 1 % du PIB (en 2005). Les dividendes distribués par les sociétés ont littéralement explosé depuis les années 1990. Revenir sur les exonérations de cotisations (qui sont des cadeaux au patronat et une incitation à pratiquer des bas salaires) et ponctionner une (petite) partie des dividendes généreusement accordés (pour augmenter en contrepartie les cotisations patronales) permettrait de faire face sans trop de difficultés aux déficits annoncés. Le problème du financement des retraites est avant tout celui d’une volonté politique défaillante.

3. Comment concevoir un système injuste et inefficace ? En reculant l’âge de la retraite !

On meurt plus tard en moyenne, alors pourquoi ne pas travailler plus longtemps ? Il y aurait plus de cotisants et moins de retraités. Telle est la grande idée de la réforme Fillon de 2003 qui lie explicitement le recul de l’âge de la retraite à l’allongement de l’espérance de vie et programme un passage à 41 annuités.
C’est sur le fond une régression sociale qui interdit aux salariés âgés de profiter pleinement des gains de productivité acquis au prix d’une dégradation continue de leurs conditions de travail. Tout montre qu’une majorité d’entre eux aspirent à partir en retraite dès qu’ils le peuvent. Et la réforme, en installant un doute permanent sur les conditions de départ en retraite, incite les salariés à le faire.
Les salariés ont-ils réellement la possibilité de travailler plus longtemps ? Le dernier rapport du COR répond très clairement que non : « l’hypothèse d’un recul des âges de départ à la retraite dans le secteur privé lié à la réforme de 2003 ne s’est pas vérifiée ». La raison immédiate est le succès inattendu du dispositif de retraite anticipée pour carrière longue. Mais les incitations à travailler plus longtemps n’ont pas fonctionné non plus : la proportion des liquidations avec décote n’a pas diminué au régime général, et celles avec surcote représentent toujours moins de 6 % des départs en retraite.
La réalité est qu’une bonne partie des salariés âgés n’ont pas le choix de travailler plus longtemps, tout simplement parce qu’ils ne sont déjà plus en emploi. En 2006, 54 % seulement des actifs âgés de 55 à 59 ans occupaient un emploi, dont une forte proportion à temps partiel. Et, à 60 ans, il n’y avait plus que 40 % de salariés encore en emploi. Les autres se trouvaient au chômage, en invalidité, en préretraite, ou dispensés de recherche d’emploi. Dans ces conditions, le report de l’âge de la retraite n’augmente pas le taux d’emploi mais gonfle ces situations précaires qui contribuent à baisser les droits ultérieurs à la retraite : « l’existence de fréquentes situations d’inactivité avant même la retraite (préretraites, chômage avec dispenses de recherche d’emploi…) ne facilite pas l’allongement de la durée d’activité sur lequel repose la réforme de 2003, pèse sur sa crédibilité et peut avoir un effet minorant sur le montant des pensions ».
Il y a bien eu un « Plan national d’action concerté pour l’emploi », mais, toujours selon le COR, il ne semble pas, « avoir infléchi les comportements des salariés et des employeurs » et le CDD senior qu’il a mis en place est resté « confidentiel ». La gestion de la main-d’oeuvre par les entreprises consiste toujours à se débarrasser des seniors le plus tôt possible et par tous les moyens, que ce soit la préretraite ou le licenciement pour motif personnel, et à refuser toute mesure d’aménagement du travail pour les plus âgés.
Et le COR reconnaît que cela ne devrait pas changer dans les années à venir : « alors que la durée d’assurance donnant droit à une retraite complète est supposée augmenter entre 2003 et 2020 d’un an pour les assurés du régime général et de quatre ans pour les fonctionnaires, le recul de l’âge moyen de départ en retraite dû à la réforme ne serait que d’environ 0,2 an dans le secteur privé et d’environ un an pour les fonctionnaires ». À l’horizon 2020, il n’y aurait toujours que 45 % des personnes liquidant leurs droits à être en emploi.

4. Est-ce la fin des menaces ? Non, il y a des « mesures additionnelles » en réserve !

Le recul de l’âge de la retraite est donc non seulement inefficace (les salariés ne peuvent pas travailler plus longtemps) mais aussi socialement injuste (leur pension est rognée). Les salariés expulsés du marché du travail avant l’âge ne devraient pas subir une double peine en voyant leurs droits à la retraite diminués. Cette voie de réforme devrait donc être abandonnée au profit de la répartition égalitaire que nous proposons. Mais le rapport du COR choisit au contraire de dresser un long inventaire des « obstacles » à la réforme :
- l’assouplissement progressif de la décote au régime général et dans les régimes alignés et le rythme de montée en charge de la décote dans la fonction publique ;
- les départs anticipés pour carrière longue ;
- les dispenses de recherche d’emploi ;
- les rachats de trimestres de cotisation ;
- les modes d’attribution et de calcul du minimum contributif et du minimum garanti ;
- le butoir des 65 ans, qui permet aux salariés (des femmes en grande majorité) qui n’ont pas eu de carrière complète de bénéficier d’une retraite à taux plein à partir de cet âge ;
- le droit à la retraite à 60 ans : s’il était reculé à 61 ou 62 ans, comme le propose le Medef, les personnes qui disposent de la totalité de leurs annuités à 60 ans devraient malgré tout attendre 61 ou 62 ans ;
- les préretraites : le COR propose de doubler le taux de contribution sur les préretraites d’entreprise et de soumettre les allocations de préretraite à la CSG au taux de 7,5 % ;
- l’indemnité de mise à la retraite serait alignée sur le régime fiscal et social moins favorable des indemnités de départ volontaire à la retraite.

Le message est donc clair : si la réforme ne fonctionne pas, c’est en raison de ces dispositifs qui permettent aux salariés de compenser en partie ses effets. Leur « légitimité doit être resituée par rapport aux objectifs pour lesquels elles ont été conçues, en particulier d’équité [sic], et en tenant compte de l’enjeu du relèvement du taux d’emploi des seniors ainsi que de l’équilibre et de la cohérence globale recherchés dans le contexte de la réforme de 2003 ». Et le COR de recommander des « mesures additionnelles » comme « la restriction des voies d’accès anticipé à l’inactivité et le renforcement des incitations à travailler plus longtemps ». La plus grande vigilance s’impose donc, car le gouvernement va chercher à aller au-delà des 41 ans en durcissant les « détails » de la réforme pour qu’elle remplisse encore mieux ce qui est son véritable objectif : baisser les pensions et stimuler le recours complémentaire à l’assurance vieillesse individuelle, opposée à la répartition solidaire et qui concerne les seules personnes disposant de moyens pécuniaires suffisants.

5. Où est l’équité ? Introuvable !

Le gouvernement invoque l’équité pour justifier la réforme des retraites : pourquoi, nous dit-il, certains salariés ne cotiseraient que 37,5 ans alors que la grande majorité doit cotiser 40 ans ? Comme si l’équité consistait à généraliser à tous les mesures régressives et inefficaces des lois Balladur et Fillon ! En réalité, la réforme des retraites, derrière un discours sur l’équité, renforce gravement les inégalités. Elle frappe en premier lieu les femmes, ceux et celles dont les carrières sont heurtées, elle pénalisera grandement les jeunes et elle ne prend pas en compte la pénibilité.

Plus d’inégalités entre les hommes et les femmes
Les retraites sont en moyenne deux fois moins élevées pour les femmes (732 € par mois en 2004) que pour les hommes (1 532 €). En y intégrant la réversion et les droits familiaux, les pensions des femmes restent encore inférieures de 38 % à celles des hommes. Cette situation est le reflet des inégalités de salaires sur le marché du travail, des interruptions de carrière ou du travail à temps partiel pour élever les enfants. Ces inégalités de pension avaient pourtant tendance à se réduire au fil du temps, les femmes interrompant de moins en moins leur activité. Avec la réforme des retraites, la tendance s’inverse. Le passage des 10 aux 25 meilleures années pour le calcul des pensions du régime général a eu des conséquences très négatives pour les femmes. Lorsque les carrières sont plus courtes, sélectionner un plus grand nombre d’années oblige forcément à taper davantage dans le lot des mauvaises. L’allongement de la durée de cotisation, à lui seul, est très discriminant envers les femmes. Complété par la décote qui pénalise de manière disproportionnée les années manquantes, il devient une véritable attaque contre leurs pensions.
En effet, les femmes ont déjà des difficultés à réunir 37,5 annuités : seulement 39 % des femmes retraitées ont pu valider cette durée, contre 85 % des hommes. Même si les carrières des femmes s’allongent progressivement, l’évolution est très lente : les projections prévoient que la génération de femmes nées entre 1965 et 1974 n’aura validé que 30,2 ans en moyenne contre 37,9 ans pour les hommes. La décote, encore plus que le reste, est un dispositif totalement inique !

Des retraites dégradées pour les jeunes générations
Les jeunes débutent de plus en plus tard dans la vie active du fait des études plus longues. Ils ont en plus un fort handicap à cause d’un taux de chômage élevé, de périodes successives de stages ou contrats précaires, temps partiel souvent accepté faute de mieux. Un jeune qui obtient un emploi à 25 ans, hypothèse optimiste de nos jours, n’aurait droit à la retraite qu’à 65 ans au mieux avec 40 ans de cotisation, et probablement plus tard si cette durée augmente encore. Présentée comme nécessaire pour sauver la retraite pour les générations à venir, la réforme en cours aboutit à la dégrader inévitablement.

6. La pénibilité est-elle prise en compte ? Travaillez, prenez de la peine !

L’injonction du « travailler plus longtemps » pénalise lourdement les salariés qui ne peuvent prolonger leur activité parce qu’il sont privés d’emploi (60 % des salariés du privé ne sont plus en emploi lorsqu’ils liquident leur retraite), ou simplement parce qu’ils n’en peuvent plus.
Les négociations sur la pénibilité du travail piétinent dans le secteur privé du fait du Medef et butent sur la question de la réparation de cette pénibilité par un départ anticipé en retraite. Dans la fonction publique, les discussions n’ont jamais commencé, et, dans les régimes spéciaux, on a surtout des promesses.

La question du vieillissement au travail ne se réduit pas au problème des « seniors ». Ce vieillissement est le produit d’un long parcours depuis la première embauche, il s’accroît avec l’absence de mobilité et de formation. C’est donc toute la question du travail qui est sur la sellette, d’autant que les nouvelles formes du travail sont également facteurs de fatigue et d’usure.

7. Nos propositions

Âge du départ à la retraite à taux plein à 60 ans. Un départ plus précoce est possible pour les salariés ayant effectué des travaux pénibles ou pour ceux qui ont les annuités requises parce qu’ils ont commencé tôt à travailler.

Indexation des pensions sur les salaires et non pas sur les prix, afin d’assurer la parité d’évolution de revenu entre actifs et retraités. Cette indexation doit non seulement concerner les retraites déjà liquidées mais aussi les « salaires portés au compte » pour le calcul du salaire de référence qui permet de fixer le montant de la retraite. Elle sera d’autant plus juste que les salaires évolueront eux-mêmes au rythme de la richesse produite.

Garantie d’un taux de remplacement moyen de 75 % du salaire. Dans le secteur privé, le salaire de référence pour calculer le montant de la pension est actuellement basé sur les 25 meilleures années, ce qui a un effet dévastateur sur le niveau de la pension. Il doit être calculé sur la base des six meilleurs mois. Ce taux pourrait être modulé de façon à respecter une certaine équité. Ainsi, il pourrait varier de 100 % du salaire net pour les salaires de référence égaux au SMIC à 60 % pour les très hauts salaires.

Retour aux 37,5 annuités de cotisation pour avoir une retraite à taux plein. Pour le secteur privé, le premier rapport du COR en décembre 2001 avait montré que l’impact financier d’une telle mesure serait faible : 0,3 point de PIB.

Pas de pension inférieure au SMIC : tout retraité doit pouvoir bénéficier d’un revenu décent pour vivre. Or, le rapport de janvier 2007 du COR note que « depuis le milieu des années 1980, la situation relative des bénéficiaires du minimum vieillesse a eu tendance à se dégrader » et que « l’ensemble des indicateurs de pauvreté monétaire fait apparaître une augmentation de la pauvreté des personnes âgées en 2002 ».

Comment financer ces propositions ?
Un rééquilibrage de la part de la masse salariale dans la valeur ajoutée est parfaitement envisageable, sachant qu’en 25 ans cette part a diminué d’environ 8 points de PIB. Au fur et à mesure de l’augmentation des besoins de financement, l’augmentation de la part patronale des cotisations sociales est possible, soit grâce à une augmentation du taux de cotisation sur l’assiette actuelle, soit grâce à un élargissement de l’assiette à l’ensemble de la valeur ajoutée. Il s’agit donc, pour assurer la pérennité du financement des retraites, de faire cotiser davantage les profits et d’en finir avec la baisse relative de la masse salariale par rapport à eux.

Références

- Attac, « L’avenir des retraites : un choix de société, une priorité de mobilisation pour Attac », janvier 2003,.
- Attac,
« Femmes et retraites : des choix de société », mai 2003,.
- Attac,
« Rapport sur la TVA "sociale" », 30 juillet 2007,.
- Attac,
« La protection sociale pour un mode de développement de qualité », décembre 2007,.
- Attac,
« Glossaire sur les retraites », décembre 2007,.
- Attac et Fondation Copernic,
« Où vont les retraites ? », avril 2007,.
- Conseil d’orientation des retraites,
« Retraites : 20 fiches d’actualisation pour le rendez-vous de 2008 », Cinquième rapport du COR, 21 novembre 2007, .

[1] Dans un système de retraite par capitalisation, la pension que perçoit le retraité provient, comme dans le système par répartition, d’un transfert en provenance de la richesse produite par les actifs du moment. C’est la raison pour laquelle un système par capitalisation n’est pas capable de faire face à l’évolution démographique, contrairement à ce que laissent entendre les propagandistes des réformes libérales, car les fonds de pension ne créent pas de richesse supplémentaire, ils ne font que répartir entre les épargnants les plus riches les fruits du travail productif.

[2] La réforme Balladur (1993) a retenu les 25 meilleures années de salaire comme base du calcul des retraites. Chaque année, le salaire, jusqu’à hauteur du plafond de la sécurité sociale, est enregistré (« porté au compte ») et, à la fin de la vie active, les 25 meilleures années sont donc retenues en « actualisant » chaque montant d’un taux égal à la hausse des prix. Cette modification est sans doute la plus grave parce que non seulement elle coupe l’évolution des pensions de celle des salaires, mais les salaires eux-mêmes pris en compte ne sont revalorisés que de la simple hausse des prix.


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Sarkozy a de l’impact parce qu’il donne l’impression d’être le dernier à croire à l’action politique. Il dévoile clairement sa méthode. Se positionner sur le problème du moment, réel mais solidement monté en mayonnaise par les médias : le pouvoir d’achat. Montrer qu’il a la volonté et qu’il s’y attaque. Pour les résultats on verra.. C’est cette posture, en contraste avec le tout gestion utilisé à satiété par les “politiques de droite” et de “gauche”, à de rares exceptions qui fait mouche. L’effet de la campagne s’étant estompé, Sarkozy en remet une louche. Il nous faut vraiment une gauche de combat qui croit qu’il est possible de changer les choses, sinon on en a pour dix ans et plus. Un exemple, toute la journée les représentants de l’UMP ont seriné que sur les 15 milliards de cadeaux les 3/4 concernaient les couches populaires via les heures sup. En même temps aucun effet n’est perceptible ce que Sarkozy a reconnu. Il doit donc être encore possible de réaffecter cette dépense budgétaire. Autre exemple. Travailler plus pour gagner plus pour quoi faire ? La société du tout production-tout consommation doit être dénoncée comme une impasse, pas simplement au niveau écologique, mais pour le type de monde qu’elle construit. J’ai l’impression d’avoir régressé de plus de quarante ans …

Extrait de http://tto45.blog.lemonde.fr/ 

 


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Mardi 18 mars 2008
Commémorer, enterrer, recommencer, s'en inspirer ?

Le site http://www.mai-68.org/ a choisi !

Voici le texte de leur appel :

Un spectre hante les tenants de l’ordre établi : le spectre de Mai 68. Toutes les puissances du vieux monde se sont unies en une sainte-alliance pour traquer ce spectre : Nicolas Sarkozy, Luc Ferry, Claude Allègre et consorts… Ne manque à l’appel aucun-e de celles et ceux qui n’ont comme seul horizon indépassable que le monde tel qu’il est, voire la fin de l’histoire.
Pour la France bien-pensante, Mai 68 est responsable de tout. Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à la faire frémir en agitant à nouveau le spectre. Il s’agit, selon lui, « de savoir si l’héritage de Mai 68 doit être perpétué ou s’il doit être liquidé une bonne fois pour toutes ». Dans cette liquidation seraient visés non seulement les droits syndicaux, le Smic et le salaire socialisé, mais aussi les avancées obtenues, entre autres par les luttes féministes.
 
Tel un ludion, le spectre de Mai 68 sort du placard tous les dix ans. C’est l’occasion des exorcismes et des oraisons funèbres, des enterrements de première classe et des cérémonies d’adieux, des célébrations compassées, des imprécations et des repentances de tous les ralliés.
Il est grand temps de se réapproprier Mai 68, les réalités derrière les mythes, le Mai des prolétaires (de la grève générale et des occupations), le Mai de la Commune étudiante, le Mai des murs qui prennent la parole, le Mai des barricades qui ferment la rue et ouvrent la voie, le Mai qui a pavé le chemin des libérations et des transformations sociales et sociétales arrachées au cours de la décennie suivante, le Mai qui a soufflé sur Berlin, Prague, Mexico ou Turin, soulevant l’espoir tout autant que la critique du monde réellement existant, des normes et des évidences.
Ce qui est advenu n’était pas le seul possible. Des retours critiques collectifs et discordants permettront de retrouver le sable chaud sous les grèves et les espérances, à la lumière d’une formidable expérience dont les traces marquent encore notre temps.

Des éditeurs, des revues, des journaux, des sites internet, des librairies, des instituts, des fondations, des lieux et des espaces culturels tentent d’interpréter le monde pour transformer l’ordre des choses. 
Ils se sont réunis et proposent d’organiser ensemble, au printemps prochain, un « Mai 68, ce n’est pas qu’un début, c’est une actualité urgente ». C’est à cette fin qu’ils lancent cet appel, ici et au-delà des frontières.

 Pour tout contact et signature : contact@mai-68.org


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Vendredi 8 février 2008

 

Oui, j'avoue.

J'ai été injuste avec l'UMP ! 

... car c'est bien elle qui fait les tracts les plus drôles :

 

 

 

 

   

Une raison de plus, s'il m'en fallait une, de voter pour la liste d'union de la gauche emmenée par le maire communiste de cette ville...

 

 

par Frédéric Maurin publié dans : rupturetranquille
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Jeudi 24 janvier 2008

A lire ce texte qui circule sur la Toile, il semblerait que l'idée commence à faire son chemin...gardez-là dans un coin de votre mémoire : si elle est déjà pertinente en soi, elle trouvera sa portée pratique lorsque adviendra le prochain conflit social majeur.

Cet appel a pris une forme pétition sur http://www.politicomedias.eu/ 

 Pour entrer en relation avec l'auteur de cet appel, une seule adresse : a.manessis@wanadoo.fr

 

Appel aux citoyens :

"Osons dire qu’il n’est pas légitime ! "

 

 

"Le courage, ce n’est pas de saluer le mensonge qui passe : le courage, c’est de chercher la vérité et la dire » (Jean Jaurès). "

 

« La France est une république sociale, démocratique, laïque, une et indivisible où tout le pouvoir appartient à la nation… ». Chaque terme de cet article, qui définit la France dans l’actuelle Constitution, cingle au visage l’actuel « président de la République ».

 « République » ?  

 Mais N. Sarkozy de Nagy-Bocsa sape obstinément ces deux piliers de l’Etat républicain que sont les libertés publiques et la souveraineté du peuple !

 En quoi par exemple les 53% des suffrages qu’il a obtenus le 6 mai 2007 (une élection, fût-elle présidentielle est de moindre rang qu’un vote populaire sur la constitution) autorisent-t-ils le chef de l’exécutif en titre à violer le Non souverain prononcé par la Nation le 29 mai 2005, en faisant ratifier par le parlement l’euro-constitution bis ?

 En quoi le peuple a-t-il jamais consenti à abandonner à un aréopage supranational le droit de veto dont disposait la France dans plus de 60 domaines vitaux ?

 Quand le peuple français a-t-il jamais débattu du Traité bis inspiré par la chancelière A. Merkel, un traité prévalant sur la constitution française aux dires du conseil « constitutionnel » ?

 Où et quand notre peuple a-t-il mandaté ses parlementaires pour aliéner en son nom sa souveraineté à des autorités supranationales irresponsables, notoirement dominées par la finance et le grand patronat ?

 République « démocratique » ?

 Mais le chef de l’exécutif en titre tranche de tout, des retraites au contrat de travail, du financement des télévisions aux procédures de divorce ; débordant cyniquement les termes de la constitution, il s’attribue le pouvoir qu’a le gouvernement de « déterminer la politique de la nation ». Il infantilise ses ministres, simples exécutants sans initiative, « évalués » comme par des cabinets privés.

 Il réduit son parlement au rôle de chambre d’enregistrement des décisions, voire des lubies présidentielles. Il fomente une réforme institutionnelle qui permettrait à l’exécutif de diriger le législatif .

 Il tance et menace les juges, fait et défait,- directement ou indirectement-, les dirigeants des médias.

 Il renoue avec les mœurs de Versailles en exhibant sa vie privée dont il fait un indécent instrument de « gouvernance », quitte à faire de la France la risée du monde entier.

 Enfin, il privilégie de manière outrancière, sa caste, sa classe, son clan, en mettant la politique fiscale au service des nantis, en portant quotidiennement des coups au monde du travail (salaires, retraites, indemnisation du chômage, emploi public, délocalisations, privatisations…), en favorisant cyniquement les milliardaires qui « sponsorisent » ses plaisirs de nabab, dignes des aristocrates d’Ancien Régime.

 Quel mandat a-t-il pour fixer à son Ministre de la xénophobie des « quotas » mensuels d’expulsions d’étrangers, dignes de Le Pen… et de Vichy ?

 Au nom de quoi piétine-t-il les principes universels du droit en instituant des peines rétroactives qui contournent la décision irrévocable des tribunaux (certains détenus « dangereux » ayant purgé leur peine seront « castrés chimiquement » ou maintenus indéfiniment en prison) ou en projetant de traduire devant les tribunaux des aliénés auteurs de crime, et cela en violation du principe de responsabilité ?

 En vertu de quelle conception perverse des libertés fusionne-t-il les Renseignement Généraux avec la Direction de la Surveillance du Territoire (contre-espionnage) dans le but avoué de surveiller les manifestations ouvrières et étudiantes ?

 Quel mandat populaire a-t-il reçu pour briser le droit de grève des enseignants (après avoir réduit à rien celui des cheminots…) en utilisant le salaire des grévistes pour rémunérer des briseurs de grève ? De quel mandat se prévaut-il pour dicter de nouveaux programmes cyniquement patronaux aux professeurs d’économie?

République « Sociale » ?

 Mais le dirigeant du MEDEF Denis Kessler ne se cache même pas pour féliciter Sarkozy de « démanteler systématiquement le programme du Conseil National de la Résistance », ce « compromis entre commu-nistes et gaullistes » qui permit d’instaurer, après la défaite de Hitler et de Pétain, la Sécurité sociale, les retraites par répartition, les conventions collectives, le code du travail, les nationalisations, le statut des mineurs et des fonctionnaires, le CEA et le CNRS, bref, tout ce qui, pendant un demi siècle, a rendu le capitalisme français moins invivable à des millions de travailleurs.

 C’est en effet la Sécurité sociale (franchises médicales, nouveaux déremboursements), les retraites (montée sans limites des annuités… et des « décotes »), les nationalisations (vente à la découpe d’EDF-GDF), le statut de la fonction publique, les règles donnant au salarié un minimum de garanties en cas de licenciement, que Sarkozy et son équipe de revanche patronale, sont en train d’araser sous le nom de « rupture ».

République « laïque » ?

 Mais Sarkozy est l’ennemi mortel de la laïcité. Est-il légal en effet que le président d’une République laïque, tenu d’appliquer la Constitution et la loi de 1905 séparant l’Etat des Eglises, déclare au Pape dans le plus pur style vichyste que « dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance » (sic) ?

Est-il acceptable qu’il récidive dans ce viol impudent de la loi en célébrant « Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le cœur de chaque homme » (sic) devant les pétro-milliardaires intégristes de Ryad ? Ou que, dans le plus pur style colonial, il somme les Etats arabes (le 18.1.8.) de « construire des Eglises » (sic) dans leur pays ?

 

République « une et indivisible » ?

 Mais en aggravant la politique de régionalisation de ses prédécesseurs, Sarkozy détruit le maillage institutionnel hérité de 1789 formellement inspiré du principe d’égalité : de même que la nation est inféodée à l’Union européenne de Maastricht, de même le département s’efface-t-il devant l’euro-région et la commune devant la communauté d’agglomération.

 En outre, Sarkozy accentue la dénationalisation de l’Education nationale, de l’Université et des diplômes pour mettre en place une éducation régionalisée, formatée et rabougrie, où les enseignants mis en concurrence trembleraient devant les pouvoirs locaux et le patronat, au détriment de l’égalité sociale, de la qualité des formations et de l’unité territoriale de la nation.

 Il en va de même des autres services publics, EDF, SNCF, RATP, hôpitaux, aéroports, ports, Poste, Gaz, Fr.-Télécom, administrations, ANPE, Equipement, etc., que le pouvoir UMP, relayant les politiques euro-péennes d’austérité, de privatisation, de libéralisation et de dé-fonctionnarisation, met dans l’incapacité de remplir leur mission républicaine, sociale et nationale en faisant le lit des chasseurs de profit du capital privé.

 République « souveraine » ?

 Mais au lieu de promouvoir le non-alignement, l’indépendance de la France, son dialogue pacifique avec tous les peuples, Sarkozy courtise le fascisant Bush au risque d’entraîner la France dans les aventures dangereuses décidées par les faucons de Washington. Ainsi l’armée française s’apprête-t-elle à réintégrer le commandement de l’OTAN, une alliance inféodée aux guerres d’agression des Etats-Unis. Ainsi l’armée française est-elle peu à peu intégrée à l’armée européenne, elle-même soumise à l’OTAN...

 Sur le plan économique, le pouvoir sarkozyste donne son feu vert aux délocalisations voulues par le MEDEF ; il achève de démanteler le secteur public industriel et laisse la France se désindustrialiser et creuser ses déficits commerciaux, au risque de déclasser une large partie des ouvriers, techniciens et ingénieurs. Tout en flattant le petit patronat, le pouvoir sarkozyste favorise les multinationales en laissant s’amenuiser chaque jour le nombre de petits commerçants, de paysans travailleurs et de marins pêcheurs.

 Sur le plan scientifique et culturel, le régime sarkozyste et le MEDEF laissent le « tout anglais » s’emparer des grandes entreprises, des médias, de la publicité, de l’école, de la science ; non content d’exiger des artistes qu’ils fassent du « chiffre (!), le pouvoir sacrifie la Recherche publique aux diktats du capital privé.

 Non, cet homme ne préside pas la République, qu’il viole quotidiennement !

 Dénoncer les complices de « l’ouvr’rupture » politique et du « sarko-syndicalisme » Pour imposer sa politique, la plus réactionnaire que notre pays ait subie depuis Vichy, Sarkozy dispose du soutien aveugle de l’oligarchie patronale qui, pourvu qu’elle accroisse ses profits, se rit de casser la France. Sarkozy bénéficie aussi de la complicité du parlement, où l’UMP a renié le gaullisme pendant que la majorité des élus PS renie Jaurès sur l’autel d’une fausse « modernité ». Complicité non moindre du CSA, qui ferme les yeux sur la mainmise pré-totalitaire du pouvoir sur les médias, et du Conseil « constitutionnel », qui valide la casse du droit de grève et refuse de soumettre à examen l’inconstitutionnalité des directives européennes.

De même en 1940, le nouveau pouvoir « constituant » de Pétain, légalisé par les députés de la honte, disposait d’une apparence de légitimité bien qu’il fût l’émanation de l’ultra-droite raciste, des milieux cléricaux, de l’oligarchie financière… et de l’Occupant. Il s’est d’ailleurs trouvé, en 1940 comme en 2008, de faux progressistes et de faux syndicalistes pour cautionner un pouvoir anti-républicain en intégrant son gouvernement et en validant ses simulacres de concertation entre patrons et ouvriers. Cela n’a pas rendu Pétain plus « légitime » aux yeux des vrais républicains qui préféreront toujours la Résistance et ses dangers au confort indigne de la « Kollaboration » !

Car, quelle que soit la légalité de son élection, Sarkozy n’a aucun titre démocratique à « défaire le contrat social français » comme il ne cesse de le proclamer impudemment. Comme l’a démontré Rousseau dans Le contrat social, la démocratie n’est pas fondée sur un prétendu « pacte de subordination » par lequel un peuple se soumettrait à l’homme providentiel qu’il aurait élu ; elle repose sur un « contrat social » fondé sur l’égalité entre tous les citoyens. A l’encontre de toute conception bonapartiste, la République n’est pas un pacte entre un homme et un peuple ; seul le peuple est souverain, seul l’élu (et non le peuple !) est « tenu » par l’élection ; quant au peuple, sa souveraineté est inaliénable et tout élu, simple mandataire provisoire de la volonté populaire, reste un serviteur du peuple, révocable à tout moment ; ce principe de révocabilité des élus a d’ailleurs été mis en pratique par la Commune de Paris et, aujourd’hui il est remis à l’honneur par la Constitution de la République bolivarienne du Venezuela. En conséquence, loin de pouvoir redessiner à son gré le périmètre du contrat social « par lequel le peuple est un peuple », l’élection d’un président de la République est strictement « cadrée » par le contrat social qui définit strictement les attributions du chef de l’exécutif. Si le contrat social doit être changé, si non seulement la constitution, mais les fondamentaux culturels et socio-économiques de la vie nationale doivent être bouleversés, la moindre des choses est que le peuple soit saisi et se prononce lui-même directement, de manière explicite et solennelle, après un débat de fond public et exhaustif. C’est précisément ce que lui refuse Sarkozy en faisant voter à la sauvette la constitution bis par d’indignes parlementaires, non moins illégitimes que leur maître élyséen.

En effet, en donnant 53% des voix à Sarkozy, le peuple français n’a jamais décidé de renier son identité républicaine, fondée sur les conquêtes de 1789 et 1945, souveraineté de la nation, égalité entre les citoyens, refus du cléricalisme ! Ceux des ouvriers et employés qui ont naïvement voté Sarkozy, « président du pouvoir d’achat », n’ont jamais décidé que désormais les actionnaires capitalistes et les « stars » bénéficieraient de toutes les largesses, pendant que le monde du travail, chômeurs, étudiants, retraités et immigrés inclus, n’aurait droit qu’à l’inflation, aux régressions tous azimuts et à la répression contre ceux qui ont le courage de dire non !

Du point de vue républicain, la prétention de Sarkozy de détruire le « contrat social français » est donc clairement une rébellion de Sarkozy et de sa caste privilégiée contre le peuple souverain. Constater cela n’implique pas d’idéaliser le « pacte social » fondé en 1789 et rénové en 1945, qui fondait en principe l’existence politique de notre nation Certes il y aurait certes beaucoup à dire sur les lacunes de ce pacte qui laissait subsister l’essentiel de l’exploitation de l’homme par l’homme ; mais il ne s’agit pas aujourd’hui d’améliorer ce pacte en mettant le travailleur au centre de la problématique sociale, mais de substituer aux compromis historiques progressistes de 89 et de 45 une politique de dé-civilisation qui nous ramènerait des siècles en arrière.    

 

L’illégitimité de Sarkozy délégitime l’ensemble du système d’oppression maastrichtien ! 

 Alors certes, il ne s’agit certes pas de cibler l’apprenti tyranneau de l’Elysée en oubliant qu’il n’est que l’exécutant zélé d’une étroite minorité de profiteurs de la mondialisation euro-libérale. Mais quand un système d’oppression se personnalise à ce point, rappeler que seul le peuple est souverain, proclamer qu’il garde à tout moment le droit de révoquer ceux qu’il se repent d’avoir mandatés, exiger haut et fort la démission du personnage-clé de l’oppression, c’est contester du même coup tout le système d’oppression ; c’est considérer par avance comme nulles et non avenues les prétendues « lois » que Sarkozy, le MEDEF et l’UE auront promulguées pour défaire la souveraineté nationale, la laïcité, le progrès social, les libertés, qu’il s’agisse du traité européen « bis », des mesures de casse sociale, du démontage de la loi de 1905, etc.