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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

28 Octobre 2013

Contrecarrer la guerre idéologique

Multiforme, permanente, cette guerre idéologique est livrée contre le monde du travail (et contre certaines de ses organisations, par exemple la CGT de mon coin - voir en lien ci-dessous).
Comme l'indiquait tel milliardaire américain :« La guerre des classes existe, c'est un fait, mais c'est la mienne, la classe des riches, qui mène cette guerre et nous sommes en train de la remporter ».
Et ce toujours les vainqueurs qui (ré)écrivent l'histoire.
Et imposent leur paix, pardon leur guerre sociale, leurs valeurs ..."Les idées dominantes sont les idées de la classe dominante" (Karl)
Aussi, l'article suivant va faire un peu d'histoire car CONTRECARRER LA GUERRE IDÉOLOGIQUE, c'est quand même plus ambitieux et aussi nécessaire qu'organiser un Vide-grenier

Source : M'PEP

Après la Première, puis surtout après la Seconde Guerre mondiale, on assiste à la naissance de mouvements influents, tant en France qu’en Italie, qui ont permis de nombreuses avancées aussi bien en ce qui concerne les conditions de travail que le développement des services publics. Le syndicalisme s’était peu à peu imposé comme force organisée de défense du monde du travail.

Les évènements de Mai 68, en France, et au niveau planétaire, avaient ébranlé les certitudes concernant la capacité du capitalisme à gérer la société au plan social, économique, écologique et culturel.

I.- LES LUTTES TOUT AU LONG DU XIXe ET DU XXe SIÈCLE ONT PERMIS L’ENTRÉE EN SCÈNE DU PEUPLE DANS LE CHAMP POLITIQUE, EN TANT QU’ENTITÉ COLLECTIVE

Des courants philosophiques et de philosophie économique ont modelé les mentalités collectives : influence des Lumières, du marxisme, engagement de nombreux intellectuels auprès des classes sociales exploitées. La construction d’un État laïque a façonné le paysage politique du pays bien au-delà du seul fait de la séparation de l’Église et de l’État. L’enseignement primaire obligatoire généralisé a permis, malgré ses limites, une avancée de la citoyenneté et un « bougé » de l’ascension sociale.

La Révolution d’octobre a fondé l’espoir d’un monde nouveau et a ébranlé le vieux monde, ce qui aura des conséquences énormes, d’autant plus que les deux guerres mondiales ont créé une méfiance vis-à-vis des puissances industrielles et de leurs complices politiques, ce qui explique également le développement du syndicalisme comme force structurée de défense du monde du travail.

Mais c’est aussi au cours de cette période que sont créés des mouvements influents (Ligue des Droits de l’Homme, Mouvement de la paix...). L’existence d’un Parti communiste puissant qui relaie les « avancées » de l’Union soviétique et des pays satellites, pèse sur la vie politique du pays, surtout en France et en Italie.

Dans ces conditions le capitalisme a dû « négocier ». Au cours des « Trente glorieuses », on assiste à des compromis où le patronat et l’État cèdent devant la pression des salariés. Ne disait-on pas à cette époque : Quand Renault tousse, la France s’enrhume ? ce qui faisait référence à une solidarité nationale effective.

C’est aussi dans la même période qu’ont eu lieu les guerres d’indépendance des peuples colonisés.

La fin du « socialisme réel » et de la chute du Mur de Berlin ont laissé un boulevard aux tenants du libéralisme et au premier chef aux États-Unis pour planifier l’idéologie néolibérale et tenter de l’étendre sur toute la sphère mondiale, laissant le monde dans une grande incertitude et une grande instabilité.

Quels en sont les moyens ? Jamais l’idéologie n’a été autant réactivée pour parler de la fin des idéologies.

Une véritable armée de « think-tanks » œuvre chaque jour pour contrer toute velléité de contestation de l’ordre néolibéral. Elle combat sur tous les fronts.

La guerre est déclarée contre toute légitimation idéologique émanant du peuple et tout est fait pour le disqualifier y compris dans l’image qu’on en donne sur le plan culturel, ou pire encore dans la négation de son existence même. Les conséquences sont graves par la dépréciation de soi que connaissent, notamment, les jeunes socialement relégués dans leurs quartiers.

Dans le même temps, on inculque l’idée d’une fatalité de l’austérité et du déclin national. Dans cette optique, le « bon » exemple est toujours ailleurs : l’enseignement, la gestion du chômage, les horaires du travail, la formation professionnelle, l’âge de la retraite…

II.- L’IDÉOLOGIE NÉOLIBÉRALE EST CONSCIEMMENT ORGANISÉE DE FAÇON AUTONOME POUR FAIRE PRESSION SUR LES POUVOIRS ET LES GOUVERNEMENTS

Cette pensée se peaufine à travers des clubs (Le Siècle, la Trilatérale, le Club de Rome…), où les politiques et les représentants des multinationales travaillent de concert pour tisser la mainmise sur les esprits et organiser le démantèlement de tous les acquis sociaux et culturels. Ces clubs ont partie liée avec la sphère financière, les grands industriels et les politiques. Ceci s’accompagne de la mise en place et de la promotion d’équipes de conseillers et de consultants qui fréquentent de façon systématique la sphère des politiques. On fait également appel à des personnalités interchangeables pour simuler le pluralisme (un Kouchner par exemple).

La formation au sein des universités, dans la mouvance des multinationales (Havard aux États-Unis), ENA et les grandes écoles en France (HEC, Essec) est un véritable formatage d’une élite dont la fonction consiste à développer l’esprit de libre entreprise et à promouvoir l’idéologie néolibérale.

Dans la même perspective, certaines écoles de journalisme sont spécialisées dans la gestion des entreprises avec une finalité précise de propagande et de diffusion de la pensée néolibérale.

Comme on n’est jamais mieux servi que par soi-même, le patronat s’est doté de moyens propres de réflexion et de formation.

Quant aux élus, on les place dans l’incapacité d’exercer tout contrôle, doublés qu’ils sont par des « cabinets ministériels et de la présidence » et par le démantèlement des instituts des statistiques. Pour ce volet, plus que les résultats chiffrés, c’est l’analyse et la diffusion qui en est faite qui est utilisée à des fins idéologiques. Il en découle que l’État est de plus en plus l’instrument de la domination politique et idéologique du grand capital.

Pour juguler toute contestation d’un ordre qui montre chaque jour sa gestion économique, sociale, écologique désastreuse, les néolibéraux font tout pour empêcher toute expression alternative et démontrent, par médias interposés, que la pensée de la gauche est dépassée et sclérosante. On ne compte plus le nombre de fois où l’on oppose le diptyque Archaïsme et Modernité.

Pour ce faire, on use du maniement et du détournement du langage : emploi, en place du travail, la compétitivité veut que… (c’est l’évidence), la globalisation (définition pauvre et neutre de l’état du monde actuel, dogme de la nécessité du profit…), charges, en place de cotisations sociales, partenaires sociaux…

La sacralisation de la société de consommation n’est pas le moindre danger car son maillage est devenu totalitaire.

III.- A L’ASSAUT DES MÉDIAS

On gouverne par la télévision et on instaure la domination politique par le biais des médias. Les moyens mis en place sont travaillés de façon méthodique et de façon constante.

Tout d’abord, l’information donnée est d’origine patronale et gouvernementale. La concentration de la presse fait que celle-ci est dépendante des multinationales. La pauvreté des référents fait qu’on assiste, de façon sournoise, à un désapprentissage de la pensée. Les informations placent tout sur le même plan. Ainsi on passe allègrement du fait-divers crapuleux aux victimes de famines et des guerres.

Par ailleurs, la TV et les radios qui sont aux ordres tentent de donner l’apparence du pluralisme et de la fausse concurrence. C’est un jeu subtil où par exemple, au cours des débats, l’invité passe d’un jour à l’autre du statut d’opposant au statut consensuel. Un Finkelkraut se prête avec jubilation à ce jeu des faux-semblants. Il est à noter que toutes les chaînes de radio ou de télévision parlent des mêmes sujets et généralement d’une même voix à leur sujet. Ainsi s’opère une sorte de clonage de l’information pour mieux asservir la pensée. Dans cette perspective on ne relève généralement rien sur les faits sociaux en favorisant le fait divers. L’accident du travail est tu, l’acte de violence individuel passe en boucle.

Les instituts de sondages et de marketing, dont les résultats sont présentés comme le reflet de l’expression démocratique, ne sont autres que des outils d’intoxication et d’instrumentalisation monolithique au service de l’idéologie néolibérale, car généralement les réponses données sont induites par les questions posées.

Pour mettre en œuvre ce travail de mise au pas, on met en place, à tous les niveaux, des hommes et des femmes « sincèrement » dévoués à la cause.

Il faut à tous les niveaux rechercher le consensus et éviter tout affrontement. On dévalorise les luttes et des revendications du monde du travail (que ne dit-on pas de l’égoïsme du gréviste, de son mépris des gens qui travaillent…). On ne donne pas la raison d’une grève, mais on insiste sur les « nuisances » occasionnées. On affiche une volonté générale de lutter contre le chômage sans jamais dire à qui cela profite. Mais la meilleure arme et sans doute la plus efficace c’est faire le silence sur les revendications des salariés en lutte. Plus intéressants sont les faits divers qui nourrissent les peurs et le sentiment d’insécurité. Il s’agit là d’une véritable manipulation des consciences qui favorise le repli sur soi et la peur de l’autre.

Au plan international on assiste à l’irruption immédiate dans le champ médiatique des zélateurs de la pensée unique aussitôt qu’un pays tente de se libérer de l’étau néolibéral. C’est le cas du traitement médiatique sur le Venezuela, la Bolivie… Par contre le silence est assourdissant sur les gouvernements tortionnaires ou corrompus.

Pour le travail de propagande, certaines ONG sont instrumentalisées au profit de la guerre idéologique (Reporters sans frontière - RSF -, par exemple, dont on connaît les liens avec la CIA).

L’hégémonie états-unienne est quasi sans partage, puisque plus de 65 % des communications mondiales proviennent des États-Unis. Ce sont eux d’ailleurs qui travaillent le plus sur le système de communication et qui in fine communiquent le plus avec le monde entier.

Dans ce domaine, nos gouvernements ne sont pas en reste, puisqu’ils interviennent à tous les niveaux (radios, télévision, presse…). C’est la raison pour laquelle le pouvoir politique, inféodé au capital, accorde également beaucoup d’intérêt au développement des techniques de communication.

A l’ère du tout image, la communication dont on nous abreuve remplace l’information devenue une marchandise à l’usage des firmes multinationales

Internet est un terrain où une certaine forme de liberté s’est déployée. liberté qu’on cherche à museler. Une réflexion sur les techniques opérationnelles est en cours, notamment aux États-Unis qui revendiquent le monopole d’Internet au niveau mondial. ACTA (Anti-Counterfeiting Trade Aggreement ou Accord commercial anti-contrefaçon) est un traité négocié à huis clos de 2007 à 2010. Il est présenté comme une série de lois pouvant prévenir la contre-façon et le piratage et donc protéger le citoyen, mais en réalité il va complètement réglementer la propriété intellectuelle en surprotégeant par exemple les intérêts privés des multinationales pharmaceutiques au détriment de l’intérêt des citoyens (accès aux génériques, brevets alimentaires), et capter la liberté d’expression sur Internet (surveillance et espionnage). Les États-Unis et le Canada ont signé ACTA.

Évidemment, la volonté est d’affaiblir et de nier l’argument de la lutte des classes. Dans cette visée, l’État a la mainmise sur les moyens d’information et de communication. Sa stratégie est affûtée dans l’asservissement de la pensée à la cause néolibérale.

Il s’agit ni plus ni moins de manipuler l’information, une démarche bien aiguisée qui prend plusieurs formes redoutables :

  • la désinformation ;
  • le mensonge érigé en vérité ;
  • le travail d’acculturation.

L’instrumentalisation de la notion des Droits de l’Homme, à géométrie très variable, est une autre stratégie des plus efficaces.

Tout ceci s’accompagne, et on ne le dira jamais assez, du mépris du peuple, incapable de penser : « La grande bête doit être domestiquée ou mise en cage ».

La guerre idéologique a aussi comme arme l’emprise de la publicité, véritable entreprise de décervelage qui irrigue l’ensemble des activités humaines. La publicité qui irrigue l’ensemble des médias est l’objet d’études complexes qui travaillent le visuel, le langage, l’histoire, les mythes… pour mieux les domestiquer. Et l’on ne peut que s’inquiéter de son impact auprès d’une jeunesse nourrie au lait publicitaire. Son coût exorbitant prouve à lui seul a quel point son investissement est rentable.

Bien évidemment les programmes de la télévision renforcent, de façon insidieuse, tout le dispositif d’aliénation.

Un autre aspect est rarement relevé et qui participe à la guerre idéologique de manière très efficace mais à peine perceptible, tant la recherche du consensus a abouti. Il s’agit de l’organisation des loisirs. Que ce soit pour les grands événements démocratiques (fête de la musique, animations diverses, Nuits blanches, multiplication des fêtes…), que pour toutes les propositions si sympathiques soient-elles, leur mise en place participe au détournement d’une autre sociabilité et a favorisé la passivité collective. On organise les loisirs des gens pour mieux les dominer. Et d’une certaine façon l’ouverture des magasins le dimanche est du même ordre.

Aux critiques formulées, les multinationales se dédouanent en rendant le développement technique la cause de la crise.

IV.- LA GUERRE IDÉOLOGIQUE SE MÈNE AUSSI ET SURTOUT DANS L’ENTREPRISE

« L’objectif du patronat actuellement doit être de gagner l’opinion : s’il ne la gagne pas il aura plus que perdu une chance, il aura perdu la guerre économique qui se déroule actuellement… et dont l’enjeu est non seulement la liberté de créer et d’entreprendre, mais la liberté tout court. » (Revue patronale Dirigeant, mars 1976).

Le contenu idéologique est toujours le même. Il s’agit avant tout d’affirmer le dépassement de la lutte des classes et de rechercher le consensus social. C’est dans cette optique qu’on affirme que l’entreprise est capable de prendre en compte les aspects sociaux des salariés. Il n’y a pas de problème global, mais seulement des problèmes individuels, ce qui signifie qu’on peut se passer de conventions collectives, que l’entreprise est capable de régler les situations au cas par cas. C’est le but du « nouveau contrat de travail » où on privilégie les accords d’entreprise plutôt qu’une réglementation nationale.

Évidemment, l’incitation aux comportements compassionnels renforce l’idée qu’il y a plus malheureux que nous. D’ailleurs la recherche du bonheur est considérée comme une menace totalitaire et l’hymne au libéralisme est constamment opposé au totalitarisme.

Pour mettre en place l’idée néolibérale au sein de l’entreprise, on sous-traite la pensée en transformant les ingénieurs, les cadres et la maîtrise en vecteurs idéologiques. Dans cet esprit on développe l’apprentissage patronal au dépend de la formation professionnelle dans le cadre du service public de formation. Parallèlement, on constitue des holdings financiers et on établit l’ingérence de la sphère financière dans tous les rouages de l’industrie et des services.

Également, et de façon délibérée, on laisse les salariés ignorer l’interpénétration de la finance et de la gestion de l’entreprise, ce qui a pour conséquence la déstructuration du tissu social, la parcellisation du travail, l’atteinte au droit de grève, le démantèlement du service public, les coupes drastiques dans le financement des structures publiques à caractère associatif et culturel.

Et lorsque le scandale éclate, la dimension internationale de la « crise » sert de prétexte à l’union sacrée.

V.- IDÉOLOGIE GLOBALE OU GUERRE DES IDÉES

Tout ce qui a été développé précédemment a un coût humain dont il faut mesurer la gravité si on veut ouvrir de nouvelles perspectives. Ce sont les points suivants qu’il faut déconstruire pour ouvrir de nouvelles perspectives. Ils résument dans leur froide logique tout ce qui fonde la guerre idéologique de la libre entreprise :

  • La politique de l’acceptation et de la résignation.
  • L’idéologie de faire avec du peu.
  • L’empêchement des projets d’avenir.
  • L’acceptation de l’idée du changement dans l’immobilité.
  • L’adaptation à un nouvel état du monde.
  • La confiscation, au profit du pouvoir, de l’idéal de la Révolution française et de tous les évènements qui ont permis d’avancer vers une société plus juste, en faisant table rase du passé. C’est ainsi qu’on veut occulter la mémoire du Conseil national de la Résistance, de Mai 68, des méfaits du colonialisme…
  • La mise en cause de l’enseignement de l’économie ainsi que réduction des heures d’enseignement des sciences humaines en général.
  • L’injonction de ne pas transformer le monde, mais de l’accepter en l’interprétant différemment.
  • La négation des réalités sociales.
  • L’affirmation du pragmatisme, notamment dans l’entreprise. Dans ce cadre, Il s’agit d’adapter le salarié aux besoins immédiats de l’entreprise. La formation professionnelle, lorsqu’elle est contrôlée unilatéralement par le patronat, est un outil de la bataille idéologique puisqu’on y expose sans aucun garde-fou l’idéologie patronale. Les sociétés de formation professionnelles qui bénéficient des mânes du 1 % patronal couvrent l’ensemble du territoire.

Par ailleurs la presse patronale qui s’annonce « non politique » s’avance masquée en traitant de façon très « sympathique » de tous les aspects de la vie quotidienne. On utilise également les technologies audio-visuelles, les télévisions internes. Des films d’entreprises sont largement diffusés auprès des salariés. Cesont autant d’outils attrayants pour formater les esprits :

  • L’innovation sociale diversifiée, l’individualisation des conflits (le démantèlement du code du travail, par exemple).
  • La formation par le patronat des agents de maîtrise.
  • La multiplication des passerelles entre l’éducation et les entreprises que le patronat souhaite de moins en moins « passerelle ». Le lien entre l’école et l’entreprise est une étape importante. Il doit rester sous la responsabilité non pas du patronat mais du service public. Cette formation doit déboucher le plus souvent vers une formation qui associe formation polyvalente et formation spécifique. Il en est de même pour la formation continue.
  • La critique active de l’utopie égalitaire (santé, travail, instruction, pouvoir d’achat…) et la justification idéologique des inégalités.
  • La mise en cause, en France, de la laïcité qui dépasse le cadre strict du fait religieux.
  • La valorisation décomplexée de l’argent et de ceux qui le possèdent. Alliance affichée du pouvoir et du showbiz, instance d’influence avec son cortège de grandes messes compassionnelles. Dénaturation des valeurs sportives au profit du sport « d’argent ».
  • L’exploitation des peurs, dénonciation des « forces du mal ».
  • Avec constance et par tous les moyens, on tente de vouer les intellectuels à l’enjeu de la bataille politique : acceptation de la crise. Dans ce cadre la mise en avant de vrais-faux philosophes, de vrais-faux intellectuels dévoués à la cause libérale a pour but essentiel d’affaiblir, voire d’éradiquer la pensée marxiste et toute pensée critique. Toute pensée distante est qualifiée de mensongère ou d’un autre âge. Or, dans les médias, dans la presse, ces intellectuels médiatiques, dont certains issus de la gauche, sont invités en boucle et ont un mot pour traiter de tous les sujets dans une vassalité inconditionnelle au libéralisme. Évidemment, ils ne manquent pas une occasion d’agiter le spectre du totalitarisme.
  • La mise en difficulté des institutions bénéficiant d’un financement public (universités, instituts de formation et de recherche…).
  • La préparation des esprits à l’idée civilisatrice de l’Occident et à ses origines chrétiennes.
  • La désocialisation de la vie culturelle en encourageant le repli sur soi et l’individualisme.
  • La transformation de la culture en un produit marchand comme les autres, fabriqué par des « industries culturelles ». La méfiance vis-à-vis de la culture est inhérente du néolibéralisme. La fonction symbolique de la culture permet une mise à distance du réel. Ce qui rend dangereux cette mise à distance c’est qu’elle permet de déconstruire l’apparence du réel pour mieux l’analyser au risque de le transformer. Et ce risque, une société basée sur le seul profit n’en veut pas. C’est pour cette raison que le choix de l’individualisme et du repli sur soi est un instrument pour juguler la créativité des acteurs sociaux et notamment des artistes. Cette capacité de l’homme, d’analyser, de subvertir le réel favorise la rencontre non conforme et la réflexion. Pour contrer l’expression de la liberté qui fonde la culture le libéralisme met tout son poids – financier, évidemment - pour abreuver le public de fadaises, de tisanes tièdes télévisées, de talk-shows et autres jeux. Par la haine qu’il porte de tout traitement symbolique du réel, le libéralisme fait le choix délibéré du trivial, du facile.

Il est évident que pour faire vivre la culture dans sa richesse et sa diversité, on ne peut que la mettre en lien avec une exigence démocratique de nos institutions et notamment scolaires et universitaires. Car le risque est grand avec le libéralisme de voir nos civilisations se figer et s’homogénéiser. C’est la raison pour laquelle les acteurs culturels sont fortement mobilisés :

  • Le développement culturel standardisé avec comme corollaire une contre-offensive idéologique dans le domaine de la création.
  • Le déclin de la vie culturelle programmé, notamment au niveau des formations est malheureusement avéré. Le libéralisme n’est pas qu’une théorie politique économique. Il englobe aujourd’hui toute la sphère de la vie humaine. La culture n’y échappe pas comme le dit si bien Dany Robert Dufour : le libéralisme « tend à détruire l’état de culture pour qu’il n’y ait plus qu’un état de nature où chacun se bat à mort pour ses intérêts privés ». Or, la culture, au sens large, fonde ce qui fait le vivre ensemble. Ce qui est prôné, à travers les médias et la publicité, c’est l’assouvissement de ses désirs dans l’immédiat. Or, l’état de culture a une relation étroite avec le temps, gage de l’expression créative.

Le désengagement de l’État et de son corollaire, l’encouragement du mécénat, induisent des choix dont la finalité est restrictive aux grandes manifestations de prestige. Mais c’est au niveau de l’enseignement, et donc de la construction du futur citoyen, que le fondement idéologique est particulièrement criant : diminution des horaires en lettres, sciences humaines, philosophie, menaces sur l’enseignement des sciences économiques. Quant à l’enseignement des arts, il est devenu quasiment optionnel.

Les dernières propositions de programme de l’enseignement élémentaire en disent long sur le monde dans lequel on veut formater les esprits, et ceci dès le plus jeune âge, puisque l’école maternelle est menacée de disparition. Dans ce contexte, non seulement l’enfant pourra encore moins exprimer, mais l’enseignant sera lui aussi muselé dans sa capacité à inventer des démarches innovantes pour donner sens à son travail auprès des élèves.

  • La volonté d’effacer la mémoire collective en chloroformant l’imaginaire social propre à chaque nation.
  • La mutilation de la mémoire et de l’histoire des peuples.
  • Avec la fin de l’histoire et la fin des idéologies, idée martelée, l’enfermement du rêve pour contrer une aspiration à un futur meilleur.
  • La guerre idéologique ne peut se faire sans porter un intérêt particulier à l’usage des mots véhiculés à travers les médias. Le travail est mené par des équipes spécialistes du langage et de l’impact psychologique du choix des mots. L’emprunt au vocabulaire publicitaire pénètre le langage politique. Mais on travaille aussi la façon d’adoucir par le langage la violence faite aux salariés. Par exemple il ne s’agit pas de dire restructuration à l’occasion d’une OPA mais intégration. La captation des mots employés dans la contestation du système libéral est organisée de façon délibérée pour en affadir le sens : ainsi on trouve l’usage abusif des mots solidaire, durable, équitable où le moindre paquet de lessive se pare des vertus de mots qui au départ avaient une visée de contestation du système néolibéral.
  • L’imposition de l’anglais, porteur d’une culture (états-unienne) basée sur la société de consommation qui n’est rien d’autre qu’un anglais minimaliste qui envahit les ondes et dont on ne cherche pas à comprendre le sens.
  • La volonté de s’attaquer à l’existence même du débat.

On voit, à travers ce dernier relevé à quel point les adeptes du néolibéralisme doivent s’entourer de tout un arsenal afin d’asseoir leur domination. Ce qui prouve que la pensée unique néolibérale est loin d’être naturelle à l’homme et que tout changement ne peut s’opérer qu’en déconstruisant ce dispositif qui a une grande cohérence, d’où son efficacité. La bataille qui s’annonce doit nous mener à la même cohérence dans une perspective inversée. Comme nous n’avons pas les médias, la seule issue est la bataille politique, la repolitisation de la population et l’éducation populaire où le peuple doit être considéré comme une entité large afin de bien réussir le combat qui s’annonce.

Quand un quotidien local aide le FN à rafler la mise d'une mobilisation syndicale...

Publié par Frédéric Maurin à 10:02am
Avec les catégories : #cgt , #m'pep , #capitalisme

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