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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

16 Avril 2014

Bernard Maris avec nous ?

Facile.
Après " Les anarchistes, avec nous? ", l'actualité pilote automatiquement mes titres .
Courage, la série risque être longue.
J'essaierai de faire original malgré tout, mais c'est tellement confortable...
Bernard Maris pour la sortie de l'euro (Charlie Hebdo)
Par Anne-Sophie Jacques le 10/04/2014

Et Bernard Maris se prononça pour une sortie de l’euro ! L’économiste, qui signe sous le nom Oncle Bernard dans Charlie Hebdo, annonce dans le numéro de cette semaine : "je vire ma cuti. J’ai voté oui à Maastricht, oui au Traité constitutionnel. Aujourd’hui je pense qu’il faut quitter la zone euro."

Maris, auteur des excellents manuels d’anti-économie et qui siège par ailleurs depuis fin 2011 à la Banque de France, l’avoue sans fard : "il n’est jamais trop tard (même s’il est bien tard) pour reconnaître qu’on s’est trompé". En l’occurrence trompé sur la monnaie unique qui devait nous mettre sur la voie d’une Europe fédérale, d’une Europe unie. Or l'union n'est jamais venue : "à cause de la monnaie unique, les Etats allaient se lancer dans une concurrence fiscale et budgétaire : ils allaient organiser leur budget à leur manière, sous le parapluie de l’euro. Les Grecs, par exemple, empruntaient en euros grecs mais remboursaient en «économie grecque», c’est-à-dire en féta et en fromage de chèvre. Les Allemands empruntaient en euro et remboursaient en Porsche et en Mercedes". Conséquence : "une dette grecque vaut du fromage, une dette allemande des machines-outils et de la technologie de pointe".

Pire : l’euro fort permet aux Allemands de mieux vendre leurs outils devenus indispensables tandis que les Grecs ne peuvent plus vendre leur fromage, à tel point, explique Maris, que "l’industrie agroalimentaire allemande finit par récupérer la fabrication de fromages grecs". L’économiste fait référence ici à une récente décision du Parlement grec qui, sur proposition (injonction ?) de la troïka, a allongé le délai accordé à l’appellation "lait frais" en Grèce, auparavant fixé à 5 jours, et établi aujourd’hui à 11 jours. Une façon, comme le souligne un député du Pasok à la radio grecque cité par Le Monde, "de permettre au lait provenant de l'étranger d'être étiqueté comme du lait frais". Et donc d’ouvrir le marché du lait en Grèce.

Mais cet euro fort est également une catastrophe pour la France, selon Maris, qui voit là le principal responsable de la destruction de notre industrie. Du coup, "soit on reste dans l’euro – et on accepte qu’il n’y ait plus aucune industrie en France […] – soit on sort de l’euro et on sauve ce qui peut être sauvé". Puis il pose la question : "mais si on sort de l’euro, tout se casse la gueule, non ?" Et de répondre immédiatement : "eh non…" suivi d’un "à suivre". Il faudra donc attendre le prochain numéro de Charlie Hebdo pour que l’économiste qui a viré sa cuti expose ses arguments. En attendant, ce changement de position ravit l’économiste euro-critique Jacques Sapir qui, sur twitter, souhaite la bienvenue à ce tout nouveau recruté parmi les partisans d’une sortie de l’euro.

>> Un élément à ajouter dans notre dossier : Euro, le commencement de la fin ?

Bernard Maris avec nous ?

Publié par Frédéric Maurin à 07:29am
Avec les catégories : #euro , #dette , #crise , #Jacques Sapir , #ue , #grèce , #presse libre , #france , #allemagne , #charlie hebdo

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