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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

31 Mai 2014

Si le Front National n'existait pas...

Si le Front National n'existait pas...

...il faudrait l'inventer (voir point n°5), comme assurance-vie électorale du statu quo.

Après celle de Jacques Sapir, où la question de l'abstention citoyenne était hors champ, voici l'analyse de l'élection européenne par le M'PEP, où l'on va apprendre beaucoup de choses.

1.- L’élection européenne est traditionnellement une élection-défouloir, le millésime 2014 n’a pas dérogé à la règle

2.- Malgré une légère baisse de l’abstention, celle-ci reste le premier « parti » de France

3.- Le Front national ne réalise aucune percée par rapport aux élections de 2012, mais il arrive en tête car il profite de la diminution de l’abstention et de la démobilisation des autres électorats

4.- Les partis qui se réclament de la gauche, en France, sont en voie d’extinction

5.- Aurions-nous assisté à une répétition générale de la prochaine élection présidentielle où le FN doit jouer un rôle majeur ?

6.- Le rassemblement des classes populaires et des classes moyennes dans un nouveau Conseil national de la Résistance pour la libération nationale et sociale : une perspective politique enthousiasmante

Texte complet

Les résultats de l’élection européenne n’ont provoqué aucune « inquiétude » particulière pour les marchés financiers. Nul besoin de les « rassurer » n’est apparu nécessaire. La Bourse, en effet, selon le quotidien de l’économie Les Echos du 26 mai, était même « optimiste » puisque le CAC 40 gagnait 0,75%, nouveau sommet depuis septembre 2008. Même chose en Allemagne où le DAX s’offrait un nouveau record historique. La Bourse de Milan montait de 3,61%, celle de Madrid de 1,22%... Quant à l’euro, il montait par rapport au dollar. Il existe encore des citoyens qui croient à tort que le « Parlement » européen dispose de vrais pouvoirs ; force est de constater que ce n’est pas le cas et que les marchés financiers tiennent bien les manettes. L’Union européenne est leur créature. La Banque centrale européenne (BCE) est leur instrument et le débouché professionnel naturel pour la carrière des meilleurs d’entre eux. La Commission européenne est leur agence, un relais efficace pour faire passer leurs exigences. L’euro, pour sa part, est la monnaie des marchés financiers, sans laquelle leur domination serait largement entravée. Le « Parlement » européen, dans ce montage institutionnel destiné à garantir que la seule politique possible soit celle favorable aux classes possédantes, est une sorte de hochet que l’on agite pour endormir les consciences. Il a été conçu dans ce but, simplement pour simuler la démocratie.

Pour la première fois depuis la création de l’élection européenne, ce sont les enjeux européens qui ont déterminé majoritairement les comportements électoraux, qu’ils s’expriment dans un vote ou dans l’abstention. Ainsi 55% des personnes qui ont voté déclarent avoir choisi leur liste en fonction des enjeux européens, et 45% pour des enjeux nationaux (étude Ifop, voir plus loin). Les enjeux européens, jusqu’à présent, ne représentaient qu’environ un tiers des choix électoraux. Le rejet de l’Union européenne prend donc un caractère beaucoup plus net et beaucoup plus politique que lors des précédents scrutins.

Les résultats de l’élection européenne du 25 mai en France peuvent donner lieu aux premières analyses suivantes :

1.- L’élection européenne est traditionnellement une élection-défouloir, le millésime 2014 n’a pas dérogé à la règle

Comme l’élection européenne ne sert à rien, et que beaucoup d’électeurs l’ont parfaitement compris, ils l’utilisent comme un instrument pour sanctionner, avertir, envoyer des messages… Sans frais bien entendu, car quel que soit le résultat rien ne changera dans les politiques menées par l’Union européenne. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il n’y a jamais de débat sur le moindre projet européen au moment de… l’élection européenne ! A quoi bon débattre des projets que porteront les députés européens dans un « Parlement » européen d’opérette ?

  • En 1984, le FN fait sa première percée avec 2,2 millions de voix et 10,95% des suffrages exprimés. Il faut dire que François Mitterrand et le Parti socialiste ont tout fait pour gonfler le score du FN. Après avoir opéré le « tournant de la rigueur » en 1982-1983, c’est-à-dire aligner la politique de la France sur la révolution néolibérale en cours depuis quelques années aux Etats-Unis (Ronald Reagan) et en Grande-Bretagne (Margareth Thatcher), les socialistes cherchent par tous les moyens à conserver le pouvoir. Ils pensent que le meilleur moyen n’est pas de résoudre les problèmes des Français, principalement le chômage, mais de diviser la droite. Pour y parvenir, ils décident de miser sur Jean-Marie Le Pen qui accepte cette mission avec zèle et enthousiasme. Ils lui ouvrent largement les portes des médias audio-visuels qu’ils contrôlent, et ils changent le mode d’élection des députés en instaurant la proportionnelle. Ainsi les socialistes font entrer le FN à l’Assemblée nationale pour des raisons politiciennes.
  • En 1989, ce sont les écologistes qui font la Une. Antoine Waechter fait monter Les Verts à 1,9 million de voix et 10,59% des suffrages exprimés. C’est la première fois que les Verts font un tel score.
  • En 1994, deux listes font l’évènement. La première est celle de Philippe de Villiers, dissident de l’UDF, marqué très à droite. Il fait 2,4 millions de voix et 12,34% des suffrages exprimés alors que la liste d’union RPR-UDF fait 25,58% des suffrages exprimés. La seconde liste est celle de Bernard Tapie qui venait d’acheter le Parti radical de gauche. Le candidat du PS était Michel Rocard. Ce dernier est détesté par Mitterrand et l’appareil du PS. Ils vont donc militer pour la liste de Bernard Tapie. Résultat : Rocard, candidat du PS, ne fait que 2,8 millions de voix et 14,49% des suffrages exprimés, alors que Bernard Tapie fait 2,3 millions de voix et 12,03% des suffrages exprimés.
  • En 1999, la nouveauté est le score réalisé par le tandem des dissidents du RPR et de l’UDF (Charles Pasqua – Philippe de Villiers), qui réalise 2,3 millions de voix et 13,06% des suffrages exprimés, devançant l’alliance RPR-UDF qui ne réalise que 2,2 millions de voix et 12,82% des suffrages exprimés.
  • En 2004, la surprise vient du PS qui recueille 4,9 millions de voix et 28,90% des suffrages exprimés.
  • En 2009, Les Verts réalisent un très bon score avec 2,8 millions de voix et 16,28% des suffrages exprimés.

En 2014, cette loi du « défouloir » a joué à plein puisque le FN arrive en tête de toutes les listes avec 24,85% des suffrages exprimés. Ce résultat, comme ceux des millésimes précédents, doit être pris avec un certain recul, en s’immunisant du mieux possible de la pression médiatique. L’expérience montre en effet que les partis qui obtiennent de gros scores aux européennes peuvent s’effondrer rapidement ensuite à l’occasion d’élections « normales ». Et inversement, des partis qui réalisent de très mauvais scores aux élections européennes peuvent rebondir assez vite peu après. Ainsi, en 1994, le PS ne fait que 14,49% des suffrages exprimés, mais cela ne l’empêche pas de gagner les élections législatives en 1997 qui déboucheront sur la nomination de Lionel Jospin (PS) comme Premier ministre de cohabitation de Jacques Chirac. De même, en 1999, le RPR et l’UDF, qui faisaient listes communes, ne font que 12,82% des suffrages exprimés. Ce score médiocre ne sera pas un obstacle à la réélection de Jacques Chirac à la présidence de la République en 2002. Il est vrai qu’il était opposé à Jean-Marie Le Pen au second tour. Rien n’était donc plus facile, car la diabolisation du FN ne sert qu’à cela : assurer la victoire des candidats UMP et PS aux élections à deux tours (présidentielle et législatives). C’est pourquoi les frères siamois de la politique – droite et PS – s’arrachent la famille Le Pen, ils veulent tous les trouver en face d’eux au second tour des élections. Si ce calcul a fonctionné jusqu’à présent avec les « fronts républicains » organisés lors des deuxièmes tours, il est en passe d’être remis en cause. PS et UMP jouent désormais avec le feu.

S’il fallait encore se convaincre du caractère particulier de l’élection européenne, il suffirait de regarder le moment du choix des électeurs. C’est une élection-loterie, puisque 52% des électeurs ont choisi pour qui ils allaient voter un mois seulement avant le vote ; 40% la semaine du vote ; 22% le week-end du vote…

2.- Malgré une légère baisse de l’abstention, celle-ci reste le premier « parti » de France

Le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP), dans le cadre de son soutien au Comité national de résistance républicaine à l’Union européenne (CNR-RUE), avec le Pôle de renaissance communiste en France (PRCF), les Clubs « Penser la France » (CPF), les Rouges Vifs Île-de-France, mais aussi le Parti ouvrier indépendant (POI) et le Mouvement républicain et citoyen (MRC), avait appelé au « boycott » de cette élection. La raison principale reposait sur le fait que le système complet de l’Union européenne, avec la Commission, la BCE, la Cour de justice, le Conseil, le « Parlement » et les traités est tout entier conçu pour détruire la souveraineté des peuples membres de l’Union européenne, c’est-à-dire désintégrer la démocratie dans chaque nation. C’est le moyen, pour les oligarques européens, de garantir que seules des politiques favorables aux intérêts des possédants pourront être menées. Il n’existe ainsi aucun moyen d’améliorer de l’intérieur ce système d’aliénation et de domination des peuples. Le « Parlement » européen, dans cet ensemble, n’est qu’un misérable théâtre d’ombres ne servant qu’à simuler un acte démocratique. Participer à cette mascarade électorale ne pouvait servir qu’à cautionner un tel système.

L’enjeu de l’élection européenne, en France comme dans les autres pays membres de l’Union européenne, était donc le niveau de l’abstention. Ce critère, en effet, est celui qui mesure le mieux le rejet du système de l’Union européenne puisque les électeurs font la grève du vote. Ils refusent ainsi d’être complices de l’étouffement de leur souveraineté car chaque voix offerte à quelque liste que ce soit, est une voix en faveur du système. Le niveau de l’abstention, son analyse, font l’objet d’un déni dans les grands médias.

Le résultat de l’élection, en France, ne peut pas être considéré comme un succès puisque l’abstention, au lieu d’augmenter pour accroître la délégitimation du système européen, a légèrement reculé. Mais ce n’est pas un échec non plus, car l’abstention, davantage qu’aucune autre élection européenne jusqu’à présent, a été politisée et les véritables enjeux mis sur la table.

L’abstention reste globalement stable et ultra-majoritaire dans notre pays. A l’élection européenne de 2009, on avait compté 26.290.662 abstentionnistes sur un total de 44.282.823 inscrits, soit 59,37% des inscrits. A l’élection européenne de 2014, ce sont 26.802.113 citoyens qui se sont abstenus sur un total de 46.555.253 inscrits, soit 57,57% des inscrits. L’abstention diminue de 1,80%, soit 511.451 personnes supplémentaires qui se sont pas rendues aux urnes compte tenu de l’augmentation du corps électoral entre 2009 et 2014.

Cette légère diminution du taux d’abstention s’explique par le matraquage tous azimuts qui s’est abattu sur les électeurs pour les inciter à aller voter. On se serait cru revenus au référendum de 2005 sur le traité constitutionnel européen, où les conséquences du vote « non » étaient présentées par les puissants comme pire que les sept plaies d’Égypte. Les menaces, le chantage, les insultes ont fusé, accusant les partisans du boycott, par exemple, au mépris des faits, de favoriser le Front national.

Une campagne acharnée a été menée par la Commission européenne et le « Parlement » européen pour inciter les électeurs à aller voter. Des millions d’euros ont été dépensés en brochures de propagande valorisant les prétendus superpouvoirs du « Parlement » européen obtenus « grâce » au traité de Lisbonne. Les frais de déplacements, d’hébergements, de libations et de réservations de salles pour des conférenciers qui n’étaient que des agents électoraux des oligarques européens ont fait couler l’argent à flot. Des enfants ont été enrôlés dès l’école primaire, des collégiens, lycéens, étudiants pour aller porter la bonne parole.

Les grands médias audiovisuels ont rejoué leur numéro désormais bien rodé depuis le référendum sur le traité constitutionnel européen en 2005. Nous avons assisté au même déchaînement de bêtise, d’incompétence et de mauvaise foi. Alors que l’abstention avait regroupé 6 Français sur 10 en 2009 et que les sondages donnaient à peu près les mêmes prévisions pour 2014, aucun temps de parole officiel n’a été donné à des partis ou personnalités préconisant l’abstention. Le CNR-RUE, qui se voulait la voix politique des abstentionnistes, a été pratiquement banni des grands médias audiovisuels. Seule France 3 a fait un reportage de 3 minutes. Le jour même du scrutin, les médias audiovisuels ont créé une énorme tension sur le taux de participation, en incitant ouvertement les électeurs, parfois avec un ton dramatique, à se rendre aux urnes alors que la campagne électorale était close.

De l’extrême droite à l’extrême gauche, tous les partis qui présentaient des listes se sont retrouvés d’accord pour exercer un chantage moral sur les électeurs. Si les électeurs s’abstenaient, ils favoriseraient le vote Front national. De son côté, le Front national s’est mis lui aussi de la partie en expliquant que le plus grand risque qu’il courait était l’abstention.

L’opération dérisoire qui a consisté à comptabiliser à part le vote blanc ne visait qu’à rabattre vers les urnes des électeurs qui auraient pu être tentés par le boycott. Car voter blanc ou nul c’est toujours voter, et c’est ce que voulaient les oligarques européens. Cette opération a échoué, car le pourcentage de blancs et nuls a diminué entre 2009 et 2014. En 2009, les blancs et nuls n’étaient pas comptabilisés séparément et donnaient 773.547 suffrages (4,30% des exprimés). En 2014, la comptabilisation à part des bulletins blancs donne 548.554 suffrages (2,78% des exprimés), auxquels ajouter 248.950 nuls (1,26% des exprimés). Le total des blancs et nuls en 2014 est donc de 797.504 (soit seulement 23.957 suffrages de plus qu’en 2009 !), représentant 4,04% des exprimés, soit un recul de 0,26% sur 2009.

Malgré ces tirs croisés venant de tous bords, l’électorat a étonnement bien résisté. Le progrès de la participation reste très limité, le refus de s’acoquiner à cette farce électorale a rassemblé une nette majorité de citoyens.

L’abstention massive n’est pas apparue comme un geste a-politique, contrairement au message répété ad nauseam par la bien-pensance. C’est un authentique acte politique de grande portée, une véritable expression politique. Les principales raisons de l’abstention le confirment, si l’on en croit une étude de l’Ifop (Sondage jour du vote : profil des électeurs et clefs du scrutin européen, 25 mai 2014). Un échantillon d’abstentionnistes a été interrogé à partir de la question suivante : « Quelle est la principale raison pour laquelle vous avez décidé de ne pas voter à ces élections européennes ? ». Les réponses confirment toutes le caractère politique quasi-unanime de leur choix. Elles sont les suivantes :

  • Ces élections ne m’intéressent pas : 23%. C’est peut-être là le point faible de cette étude qui aurait dû préciser en quoi et pourquoi ces élections n’avaient pas intéressé ces abstentionnistes. Cette insuffisance ne remet cependant pas en cause l’ensemble de l’analyse.
  • Pour manifester mon mécontentement à l’égard des partis politiques : 16%.
  • Pour manifester mon mécontentement à l’égard de l’Union européenne : 15%.
  • Parce que mon vote n’aura pas d’impact sur la situation en France : 10%.
  • Parce que je ne vois pas de différence entre les projets des différents partis : 6%.
  • Parce que l’Union européenne ne m’intéresse pas : 8%.
  • Parce que je ne vote jamais : 4%.
  • Pour une autre raison : 18%. Là aussi on aurait souhaité davantage de précisions.

Contrairement à une idée reçue, le nombre de personnes qui déclarent ne jamais voter est extrêmement faible. Ce sondage confirme toutes les études réalisées jusqu’à ce jour : l’abstention est un phénomène intermittent. Le « stock » de personnes ne votant jamais, quelle que soit l’élection, reste très faible dans la société française. Certes, les abstentionnistes ne forment pas un « parti » au sens habituel du terme. Ils n’en ont ni les formes d’organisation, ni la cohérence idéologique. Il n’en reste pas moins que l’abstention fait apparaître clairement un élément unificateur : la délégitimation croissante du gouvernement, de l’Union européenne et des partis politiques.

En fait, l’élection européenne ne sert pas à rien. Le vote, en simulant un acte démocratique, contribue à répandre le rideau de fumée servant à masquer la véritable nature de l’Union européenne. Voter, dans ce cadre, était un acte particulièrement incivique, affaiblissant le principe même du suffrage universel.

3.- Le Front national ne réalise aucune percée par rapport aux élections de 2012, mais il arrive en tête car il profite de la diminution de l’abstention et de la démobilisation des autres électorats

Pour comprendre pourquoi le FN ne réalise pas la « percée » que les grands médias veulent faire ingurgiter, il faut raisonner en nombre de voix et en pourcentage sur les inscrits, et pas seulement sur les suffrages exprimés. Il faut également comparer avec l’élection européenne de 2009 mais aussi avec les présidentielles et les législatives de 2012. La situation est alors parfaitement claire. Le FN fait davantage de voix qu’aux européennes de 2009 et qu’aux législatives de 2012, mais il en fait moins qu’à la présidentielle de 2012. Si l’on peut parler de « percée » du FN, c’est seulement en comparaison avec l’élection européenne de 2009 où le FN ne faisait que 1.091.691 voix, soit 2,47% des inscrits. Avec 4.711.339 voix, soit 10,12% des inscrits en 2014, le FN quadruple son score. C’est spectaculaire. Le FN progresse aussi par rapport aux législatives de 2012 où il avait réuni 3.528.663 voix, soit 7,67% des inscrits. En revanche, le FN perd 1,7 million de voix et 3,83% sur la présidentielle où Marine Le Pen avait réalisé son score historique avec 6.421.426 voix, soit 13,95% des inscrits.

Les 4,7 millions de voix obtenues par le FN à l’élection européenne de 2014 doivent être mises en relation avec les 26,8 millions d’abstentionnistes. Le rapprochement de ces deux résultats montre que plus l’abstention augmente, plus le poids relatif du FN diminue. On voit aussi très clairement que malgré la légère remontée de la participation électorale, le FN ne parvient pas à capter les abstentionnistes. La campagne pour le boycott de l’élection européenne a certainement joué un rôle et a limité le vote de nombreux abstentionnistes en faveur du FN. Ces millions d’abstentionnistes représentent une réserve immense de forces prêtes à s’engager pour la libération nationale et sociale pour peu qu’une perspective crédible et un cadre organisationnel adapté leur soit proposé. Ces chiffres relativisent fortement la « percée » du FN et son poids réel dans la société, sans pour autant mésestimer le fait que le FN arrive en tête dans 70 départements. Il ne faut donc pas prendre le résultat du FN comme la fin du monde mais se donner les moyens de le contrer sur le plan idéologique et politique.

Le FN a bénéficié de la légère diminution de l’abstention. Les résultats montrent généralement que là où la participation au scrutin augmente (lorsque l’abstention diminue), le Front national progresse. Et quand l’abstention augmente, le FN régresse. Dans les Alpes-Maritimes, l’abstention régresse de 5,34%, le FN progresse de 9,91%. A Saint-Dizier (52) l’abstention baisse de 1.228 voix, le taux d’abstention diminue de 71,33% en 2009 à 67,38% en 2014 : le FN augmente son score de 1.305 voix, c’est-à-dire à peu près le niveau de l’abstention. En Seine-Saint-Denis l’abstention est de 68,78%, le FN fait moins que sa moyenne nationale avec 20,66%. A Montreuil (93) l’abstention est de 63,77%, le FN fait moins que sa moyenne nationale avec 11,65%.

Les transferts de voix en faveur du FN par rapport à la présidentielle de 2012 viennent d’abord de l’électorat de Nicolas Sarkozy dont 14% a voté pour des listes du FN. Cela fait quand même 900.000 électeurs sur les 4,7 obtenus par le FN en 2014. Les électeurs qui avaient voté pour Jean-Luc Mélenchon viennent ensuite, puisque 7% d’entre eux ont voté pour une liste FN en 2014, soit 280.000 électeurs. On trouve ensuite à égalité 6% des électeurs de François Hollande, Eva Joly et François Bayrou. Cela donne respectivement 616.000 voix, 50.000 voix et 200.000 voix.

Ce sont 29% des 18-24 ans et 20% des 25-34 ans qui se sont exprimés qui ont voté pour des listes FN, ainsi que 36% des employés et 46% des ouvriers. Ce sont des records absolus.

Le contexte dans lequel s’est déroulée l’élection européenne a joué en faveur du FN. Ce dernier, quelques semaines auparavant, venait de remporter un succès certain lors des élections municipales. Le Parti socialiste et le chef de l’Etat étaient gravement délégitimés du fait de la poursuite et de l’aggravation d’une politique d’austérité qui détruit tout. La droite de l’UMP, engluée dans des affaires qui n’en finissent pas, incapable de se distinguer de la politique menée par François Hollande, ne représente aucune alternative crédible. Quant à l’échelon de l’Union européenne, il demeure le lieu où se concoctaient les politiques d’austérité et de destruction de la souveraineté des peuples. Dans ce contexte, le seul parti visible médiatiquement – et pour cause ! – donnant l’impression de combattre l’Union européenne et le gouvernement, était le Front national.

Le FN est parvenu à résoudre une équation improbable : faire voter pour lui afin d’entrer au « Parlement » européen, alors qu’il prétend vouloir « sortir de l’Europe ». Le Monde du 21 mai 2014 présente bien le problème : « l’ennemi principal du Front national reste bel et bien l’abstention. Contrairement à une affirmation devenue lieu commun, l’abstention ne profite pas au FN ». C’est ce que Marine Le Pen dit au rassemblement parisien du 1er Mai aux pieds de la statue de Jeanne d’Arc : « ne nous décevez pas et allez voter. Ne commettez pas la funeste erreur de l’abstention ». Louis Alliot, vice-président du FN, insiste : « l’abstention a été notre principale difficulté jusqu’à présent […] Il va falloir convaincre les classes populaires qui considèrent que le ‘‘machin européen’’ ne sert à rien de voter pour nous ». Pour Nicolas Bay, secrétaire général adjoint du FN « la forte abstention nous est défavorable, car elle touche les catégories populaires qui constituent une forte part de notre électorat ». Plusieurs chercheurs en sciences politiques confirment cette réalité. Sylvain Crépon (Université de Nanterre, Observatoire des radicalités politiques) précise que « les cadres du FN redoutent une abstention forte […] Le scrutin européen ne mobilise pas autant que les autres et ils ont des craintes pour leur électorat. Sociologiquement, il est proche des abstentionnistes : peu diplômé, appartenant aux classes populaires. C’est un électorat qui peut se déplacer pour voter FN mais qui se désintéresse de l’Europe. Et le FN craint qu’il ne se déplace pas. » Pour Nonna Mayer (Centre d’études européennes de Science-Po) : « il y a très peu de gens qui s’abstiennent tout le temps. L’abstention est intermittente » (Le Monde, 11 et 12 mai 2014).

La bataille du boycott était un puissant facteur d’amenuisement du vote FN, à condition que ses partisans puissent se faire entendre. Leur interdire tout accès aux médias a été un formidable cadeau fait au FN.

Le score du Front national repose également, dans de grandes proportions, sur la démobilisation des autres électorats. L’étude de l’Ifop montre que 42% de l’électorat d’Eva Joly à la présidentielle de 2012 ne s’est pas reporté sur les listes EELV et s’est abstenu à l’élection européenne de 2014. Même phénomène pour 43% de l’électorat de François Bayrou. Même chose encore pour l’électorat de Nicolas Sarkozy (44%) et celui de François Hollande (58%). Mais le record est détenu par l’électorat de Jean-Luc Mélenchon qui, à 66%, s’est abstenu aux européennes de 2014. C’est considérable. C’est le record absolu qui montre un problème particulier au Front de gauche.

La diabolisation du FN par les autres partis politiques, et principalement par ceux de gauche et d’extrême gauche, est de plus en plus improductive, elle alimente le vote FN. La diabolisation consiste à transformer le débat politique en combat moral du Bien contre le Mal. Le Mal étant même le Mal absolu dont il faut se débarrasser, aucune place n’est laissée au combat d’idées. C’est ce que fait le FN lui-même vis-à-vis de ses ennemis : les immigrés coupables de prendre le travail des Français et de dissoudre la Nation. Cette double diabolisation des uns envers les autres ne peut que conforter ceux qui se sentent abandonnés par le système et qui trouvent dans la diabolisation du FN la confirmation de la justification de leur rejet du système. Il n’y a alors qu’un pas à franchir pour rejoindre le FN.

La rhétorique antifasciste constitue un des éléments de la diabolisation du FN. Elle tourne pourtant à vide et contribue au succès de ce dernier. Il n’y a pas de menace fasciste en France comme dans la plupart des pays d’Europe. Toute cette rhétorique creuse ne fait que contribuer à placer le FN au centre de la vie politique française et à nourrir les stratégies du PS et de l’UMP. Le FN n’est pas un parti fasciste, même si une partie de ses dirigeants et de ses militants sont des fascistes. L’électorat du FN ne se construit absolument pas sur des bases fascistes mais, avec de nombreuses contradictions, sur des éléments inverses. On y trouve des revendications clairement racistes et xénophobes, une tentation autoritaire, qui cohabitent avec des exigences sociales reprises à la gauche et aux syndicats sur l’emploi, les salaires. Ce que veut une immense partie de cet électorat est d’abord la fin de l’austérité et le retour de la souveraineté nationale. La reconstruction du cadre républicain apparaît comme une demande de cet électorat, c’est-à-dire le contraire des fondements de la montée du fascisme en France en 1934. Les dirigeants du FN font tout ce qu’ils peuvent pour cacher la part fasciste qui est en eux. Aux portes du pourvoir ils ont besoin de rassembler largement et de surtout éviter de donner une image d’extrême droite. D’ailleurs les classes possédantes ne s’y trompent pas et ne soutiennent pas le FN. Dans l’Allemagne des années 20 et 30, au contraire, les classes possédantes (les capitalistes) ont activement soutenu Hitler, notamment sur le plan financier. Rien de tel aujourd’hui avec le FN. Avant-guerre, les classes possédantes avaient besoin de combattre le communisme. Les mouvements fascistes étaient l’instrument idéal pour y parvenir. La menace communiste n’existe plus aujourd’hui, les classes possédantes disposent d’un autre instrument redoutablement efficace pour aliéner les peuples : l’Union européenne. Elles ne veulent pas que ce système, qu’elles ont eu tant de mal à mettre sur pied, soit ébranlé. Elles ont besoin de l’euro et ne peuvent pas suivre les digressions du FN sur ce thème. C’est ce qui rend le FN le plus dangereux pour elles.

Le 21 avril 2002, le candidat socialiste Lionel Jospin avait été éliminé du second tour de l’élection présidentielle. Pour la première fois le candidat du FN était qualifié, provoquant, déjà, ce que tout le monde appelait un « séisme » politique. Depuis rien n’a été fait, ni par le PS, ni par l’UMP, ni par le Front de gauche pour analyser cette situation et trouver les bonnes réponses.

Beaucoup continuent à se demander, en tournant en rond, « pourquoi le FN apparaît comme la force antisystème » alors que la « gauche de gauche » n’y parvient pas ? Ou encore « pourquoi la colère sociale choisit-elle le FN plutôt que de se répartir entre les gauches ? » La réponse est simple. Seules des forces se réclamant de la gauche peuvent, doivent tenir ce discours. Les partis de la gauche actuelle ne le font pas, ils sont en train d’être balayés et portent une lourde responsabilité dans le choix désespéré d’une fraction significative du peuple pour le FN. Le FN tient en partie le discours que les partis qui se qualifient de « gauche » devraient tenir sur l’Union européenne, l’euro, le protectionnisme, la nation, la protection des citoyens contre la mondialisation, le rôle de l’Etat... Mais la haine de la France et de la nation professée par de larges fractions de la gauche lui interdit de mener un combat efficace contre la duplicité du FN pour qui la nation française n’est que celle du Blanc contre le Noir ou l’Arabe, du Français contre l’Espagnol, l’Italien ou le Grec. Pour le FN, la France, comme nation, n’est pas l’espace principal de la lutte des classes. Ce n’est pas non plus, pour lui, la France des Lumières, de la Commune de Paris, du Front populaire, de la Résistance, des grèves ouvrières et des luttes étudiantes de mai-juin 1968. Seules des forces se réclamant de la gauche peuvent parler de cette France-là. La gauche actuelle ne le fait pas, elle est en train d’être balayée.

4.- Les partis qui se réclament de la gauche, en France, sont en voie d’extinction

Si l’élection européenne de 2014 a confirmé le profond manque de légitimité du « Parlement » européen, le même phénomène frappe la plupart des partis qui ont présenté des listes à ces élections. C’est le cas, particulièrement, de ceux qui se réclament de la gauche, du PS à l’extrême gauche. La notion même de gauche ne semble plus avoir qu’une signification résiduelle et romantique. Elle n’est plus incarnée et semble avoir perdu son sens. François Hollande et le Parti socialiste lui ont donné le coup de grâce. Quant au Front qui se qualifie de « gauche », il est dans une telle impasse stratégique qu’il se trouve au bord de l’agonie, tandis que l’extrême gauche se voit réduite à néant.

Le Parti socialiste est le grand perdant de ces élections européennes. Pourtant il ne perd pas beaucoup sur les européennes de 2009 où il réalisait 2,8 millions de voix (6,41% des suffrages sur les inscrits), alors qu’il obtient 2,6 millions de voix (5,7% des suffrages sur les inscrits) en 2014. Ce n’est pas une perte de 200.000 voix qui peut être considérée comme un effondrement. La véritable descente aux enfers que le PS s’est infligé à lui-même par la politique menée par le gouvernement se mesure en comparant ses résultats aux européennes 2014 à ses résultats de la présidentielle et des législatives de 2012. Aux législatives de 2012, le PS totalisait 7,6 millions de voix (16,53% des inscrits), alors qu’à la présidentielle il avait obtenu 10,2 millions de voix (22,3% des inscrits). Le PS perd donc 4,8 millions de voix sur les législatives et 7,4 millions sur la présidentielle 2012. C’est colossal. La sanction contre le PS est particulièrement violente, et rien n’indique qu’elle se limite à un simple avertissement passager. La rupture entre le PS et l’électorat est probablement beaucoup plus profonde et durable.

On peut ajouter au score du PS son satellite habituel, EELV. Ce parti s’effondre par rapport aux européennes de 2009. A l’époque il avait réalisé un score plus qu’honorable avec 2,8 millions de voix (6,33% des inscrits). En 2014, il n’est plus qu’à 1,7 million de voix (3,6%). Toutefois il fait mieux qu’aux législatives de 2012 (1,4 million de voix et 3,08% des inscrits), et qu’à la présidentielle de 2012 où Eva Joly avait loupé sa campagne (0,8 million de voix et 1,8% des inscrits).

On peut intégrer également au score du PS son nouveau satellite : Nouvelle Donne. Présente pour la première fois à une élection, cette formation politique se place dans le sillage du PS, même si elle développe sur certains sujets un point de vue critique. Toutefois son orientation favorable à un fédéralisme européen la place fondamentalement dans la lignée de Jacques Delors et l’arrime au PS. Elle obtient 549.774 voix, soit 1,18% des inscrits. L’électorat de Nouvelle Donne est composé de 7% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle de 2012, 5% des électeurs de François Hollande, 6% des électeurs d’Eva Joly, 5% des électeurs de François Bayrou. Rien n’indique que Nouvelle Donne parviendra, dans la durée, à préserver cet équilibre improbable entre ces différents électorats.

Nul ne pourra contester le manque de cohérence de François Hollande et du Parti socialiste. Ils demeurent, contre vents et marées, fidèles à leur choix de 1982-1983 lorsqu’ils avaient décidé le « tournant de la rigueur ». Ils avaient ensuite poursuivi cette politique orthodoxe d’inspiration néolibérale quand ils étaient revenus aux affaires en 1997, avec la « gauche plurielle » et Lionel Jospin comme Premier ministre, en anesthésiant le Parti communiste français qui était entré au gouvernement. Depuis le printemps 2012 c’est encore la même politique qui est menée par le président de la République François Hollande, son Premier ministre Jean-Marc Ayrault et sa majorité parlementaire. Manuel Valls, au lendemain de la débâcle des européennes a été fidèle à cette ligne politique : « on accélère ! », a-t-il martelé. C’est en effet le meilleur moyen d’arriver plus vite dans le mur. Avec le PS, les résultats ont été nuls et même largement négatifs pour les classes populaires dans les années 80, puis dans les années 90, et le seront aussi dramatiquement dans la décennie 2010.

Le PS apparaît de plus en plus pour ce qu’il est : le véritable concepteur du néolibéralisme en France et celui qui l’a mené à son terme. Le Pacte transatlantique pour le commerce et l’investissement (PTCI ou TAFTA), et l’Accord économique et commercial global (AEGC OU CETA), impulsés avec enthousiasme par le gouvernement PS, en fournissent un nouvel exemple.

François Hollande et le Parti socialiste auront ainsi probablement donné le coup de grâce à la gauche. La politique gouvernementale qu’ils mènent participe à grande échelle au brouillage du clivage gauche-droite qui présuppose qu’il y a coïncidence entre ce clivage et le clivage de classe. De fait, non seulement le PS, comme l’UMP, est au service exclusif des classes possédantes, mais il en est même le parti le plus stratégique, le plus efficace, celui qui est le seul à même de réaliser pleinement le cadre structurel et institutionnel néolibéral. Car son étiquette « de gauche » lui permet de neutraliser une partie des classes populaires. Si le PS n’existait pas, les classes possédantes l’auraient inventé.

Les listes du Front de gauche recueillent 1.200.389 voix aux européennes 2014, soit 2,58% des inscrits. C’est mieux qu’en 2009 lorsque le Front de gauche avait réuni 1.041.911 voix et 2,37% des inscrits. En 5 ans le Front de gauche a gagné 158.478 voix et 0,21% des inscrits. Mais par rapport à la présidentielle de 2012, la chute est vertigineuse, puisque le Front de gauche faisait quasiment 4 millions de voix et 8,7% des inscrits. Chute également par rapport aux législatives de 2012 quand le Front de gauche réalisait 1,8 million de voix, soit 3,89% des inscrits. Dans le premier cas le Front de gauche perd 3 millions de voix, et 800.000 dans le second.

Les électeurs qui ont fait défaut au Front de gauche par rapport au score de Jean-Luc Mélenchon en 2012 sont allés chez EELV (11% des électeurs de Jean-Luc Mélenchon), au PS (10%), à Nouvelle Donne et au FN (7% chacun). Les électeurs qui ont voté pour des listes du Front de gauche aux européennes 2014 et qui avaient voté pour un autre candidat que Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle viennent de Hollande (7%), Joly (1%), Sarkozy (1%), Le Pen (1%). Le solde est négatif, il y a davantage d’électeurs du Front de gauche qui votent pour d’autres listes que l’inverse. Les électeurs du Front de gauche sont en outre les plus nombreux, en proportion, à avoir décidé de leur vote le mois précédent le scrutin (17%), alors qu’ils ne sont que 10% pour le FN ou 12% pour le PS.

Le record d’abstention est détenu par l’électorat de Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle 2012. Les deux-tiers de son électorat (66%) ne sont pas allés voter aux européennes de 2014. C’est énorme, c’est le record absolu par rapport aux autres candidats. Le Front de gauche a d’abord perdu chez lui, il n’a pas rassemblé son électorat, il connaît un problème de fidélisation de son électorat. Le Front de gauche a été sanctionné par son propre électorat. S’il tente de comprendre pourquoi il a été frappé par ce phénomène, il est possible de le mettre sur la piste. Le Front de gauche porte l’entière responsabilité de son propre affaiblissement. Il a, entre autres, empêché une bonne partie de ses électeurs qui veulent sortir de l’UE et de l’euro de voter pour lui à cause de ses positions européistes. Le Front de gauche porte ainsi une part de responsabilité non négligeable dans le score du FN. L’acceptation de regarder la réalité en face semble loin d’être acquise si on lit le journal L’Humanité du 27 mai 2014. On peut y lire que le Front de gauche « progresse sans élan », qui fait le titre d’une page entière. On apprend en effet que « dans la débâcle de la gauche au scrutin européen, le Front de gauche fait figure d’exception. Avec 6,43% des voix exprimées dans l’hexagone, la formation […] est la seule à ne pas s’effondrer »…

L’électorat du Front de gauche apparaît fragile, il est volatil, il est loin d’être solidifié. Des causes conjoncturelles et structurelles expliquent les très mauvais résultats du Front de gauche.

Sur le plan conjoncturel, les fanfaronnades habituelles de Jean-Luc Mélenchon ont été contreproductives. Ainsi, l’annonce qu’il avait faite de vouloir transformer l’élection européenne en référendum sur le PTCI était à la fois inadaptée à la nature du scrutin et dépourvue de toute application concrète. Le « Parlement » européen, en effet, n’est absolument pas en mesure de mettre un terme au PTCI. C’est pourtant sur ce mensonge grossier que le Front de gauche a fait campagne, choquant les électeurs qui connaissent le sujet, et décevant ceux qui s’étaient laissé convaincre dans un premier temps. Le « Parlement » européen, peut en effet voter contre le PTCI, mais le Conseil peut décider de faire ratifier ce traité par la voie intergouvernementale. Le Front de gauche a caché cette réalité aux citoyens. Quant au « référendum » évoqué sur le sujet, ce n’était que des paroles en l’air. Il n’a d’ailleurs donné lieu à aucune action de mobilisation. L’autre annonce faite par Jean-Luc Mélenchon était de passer devant le PS, en allant au-delà de la barre des 10%. Avant même le scrutin, beaucoup savaient qu’il ne s’agissait que de paroles qui n’auraient aucune suite. De tels procédés ne sont pas propices à rendre crédible une formation politique.

Toujours sur le plan conjoncturel, la proposition faite par le Parti de la gauche européenne (PGE), dont sont membres le PCF et le PG, de présenter la candidature d’Alexis Tsipras, le leader grec de Syrisa, à la présidence de la Commission européenne, a eu des conséquences très négatives. Cette candidature légitimait la Commission européenne, et laissait entendre qu’un nouveau président pouvait changer le cours de la politique européenne. C’est parfaitement faux, car le rôle de la Commission est de faire respecter les traités européens. Ses marges de manœuvres sont étroites et de toutes manières encadrées par le Conseil. Ainsi, après avoir combattu le traité constitutionnel européen, les partis qui composent le Front de gauche se sont proposés comme candidat à l’application du traité de Lisbonne qui en est la copie conforme ! De nombreux électeurs du Front de gauche ont considéré que ce n’était pas admissible et se sont abstenus.

L’affirmation sans cesse répétée par le PS, l’UMP et le Front de gauche, selon laquelle le « Parlement » européen allait élire le président de la Commission était un mensonge absolu. Le traité de Lisbonne (art. 17, TUE) dispose que : « En tenant compte des élections au Parlement européen et après avoir procédé aux consultations appropriées, le Conseil européen, statuant à la majorité qualifiée, propose au Parlement européen un candidat à la fonction de Président de la Commission. Ce candidat est élu par le Parlement européen […] Si ce candidat ne recueille pas la majorité, le Conseil européen, statuant à la majorité qualifiée, propose, dans un délai d’un mois, un nouveau candidat », etc. et ceci jusqu’à ce que le « Parlement » européen vote conformément aux désirs du Conseil. »

Les suites des élections municipales ont eu aussi un effet conjoncturel dévastateur pour le Front de gauche. La direction du PCF, et des responsables communistes dans plusieurs dizaines de villes, en présentant aux électeurs des listes avec le PS, ont provoqué un rejet du PCF et du Front de gauche dans son ensemble, similaire au rejet du PS. Le même phénomène de rejet a été provoqué par la tentative de rapprochement entre le PG et EELV. L’incohérence était manifeste entre la participation du PCF à des listes communes avec le PS aux municipales et la critique sévère – et justifiée – du Front de gauche contre la politique d’austérité du gouvernement socialiste. Certains sympathisants du Front de gauche y ont vu là davantage que de l’incohérence, ils y ont vu de l’hypocrisie et de la duplicité.

Les attaques de plusieurs dirigeants du Front de gauche contre les partisans du boycott ont rangé le Front de gauche, de fait, dans le camp de la Commission européenne, des grands médias, de tous les autres partis politiques et notamment le FN qui développaient le même thème. Jean-Luc Mélenchon a lancé : « camarades socialistes, n’allez pas ajouter à toutes vos bêtises l’abstention. » Peu après il précisait : « s’abstenir, c’est signer un chèque en blanc » (L’Humanité, 20 mai 2014). Quant à Patrick Le Hyaric, tête de liste du Front de gauche en Île-de-France, il s’en prenait aux « discours sur l’abstention qui finissent par s’ancrer dans les têtes, ce qui serait la pire des choses ». Il s’attaquait « à certains qui, prétendument de gauche, appellent à l’abstention, ce qui serait donner un blanc-seing à la politique actuelle » (L’Humanité, 16, 17 et 18 mai 2014). En combattant l’abstention, ces dirigeants du Front de gauche ne se rendaient-ils pas compte qu’ils favorisaient le FN ?

Le Front de gauche apparaît désuni et incohérent. Deux meetings communs seulement se sont tenus avec Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent, à Nancy et Toulouse. Aucune dynamique ne pouvait résulter d’une campagne aussi terne. D’autant qu’aux incohérences conjoncturelles du Front de gauche sont venues s’ajouter de profondes incohérences structurelles. Le M’PEP, depuis quatre ans, les a signalées. Elles concernent les relations trop proches du Front de gauche avec le Parti socialiste, sa conception négative de la nation, son analyse de l’Union européenne, de l’euro et de la mondialisation favorable à ce système. Sur ces trois sujets le Front de gauche s’est fondamentalement aligné sur le PS.

Le Front de gauche est dans une profonde impasse stratégique et organisationnelle. S’il veut continuer à exister, trois changements radicaux doivent intervenir dans sa stratégie et son programme, proposés depuis quatre ans par le M’PEP sans succès. En premier lieu, le Front de gauche doit rompre avec le PS. Ce parti doit être analysé pour ce qu’il est réellement : le meilleur parti de défense des intérêts des classes possédantes. C’est loin d’être gagné, car André Chassaigne, président communiste du groupe de la Gauche démocrate et républicaine à l’Assemblée nationale, se demande « est-ce que la stratégie c’est front contre front contre le Parti socialiste en considérant que, nous, on est la gauche vertueuse, la bonne gauche, et que le Parti socialiste est perdu pour toujours ou est-ce qu’on considère que l’on peut faire bouger l’ensemble de la gauche ? » (Le Monde, 18 et 19 mai 2014). Une telle analyse est purement et simplement suicidaire pour le Front de gauche. Ensuite, le Front de gauche doit montrer qu’il aime la France et qu’il croit en l’avenir de notre pays. Car le Front de gauche apparaît comme rejetant la Nation refusant la lutte pour la reconquête de la souveraineté nationale. Enfin, le Front de gauche devra prendre clairement position pour la sortie de l’Union européenne, de l’euro et en faveur de la démondialisation. Seuls ces changements, à condition qu’ils interviennent très rapidement, peuvent donner encore une chance au Front de gauche. Mais ce sera la dernière.

Les militants du Front de gauche pourront-ils s’insurger et imposer un débat qui pour l’instant est verrouillé ? Si tel n’est pas le cas, le Front de gauche aura démontré qu’il n’était pas réformable de l’intérieur – comme l’Union européenne – et qu’il fallait alors en sortir pour bâtir du neuf. Le M’PEP est prêt à accueillir fraternellement tous les militants du Front de gauche qui voudront avancer sur ces bases.

L’extrême gauche, de son côté, a atteint un plancher historiquement bas. Lutte ouvrière ne fait que 222.509 voix et 0,48% des inscrits. A la présidentielle de 2012, sa candidate, Nathalie Arthaud, ne réalisait déjà que 202.548 voix et 0,56% des inscrits. Quant au NPA, il obtient 75.304 voix et 0,16% des inscrits, contre 411.160 voix et 1,15% des inscrits pour son candidat à la présidentielle de 2012, Philippe Poutou. Le choix de l’isolement fait par ces formations politiques les place en dehors de la vie politique du pays sur laquelle ils n’ont qu’un minuscule impact.

Cette élection européenne a été l’occasion, une nouvelle fois, d’observer combien la gauche persévère hardiment dans la perspective de sa propre dilution. Car lorsque l’on parle de « gauche », aujourd’hui, on ne sait plus très bien de quoi l’on parle. Veut-on parler de monsieur Hollande et de monsieur Valls ? Veut-on qualifier la majorité qui dirige le pays et la politique que mène le gouvernement ? Il faut se demander pourquoi il est devenu relativement banal d’entendre dire qu’il n’y avait plus désormais de différences entre droite et gauche. Il est maintenant admis, en effet, par une large fraction des citoyens en France et dans d’autres pays, qu’il n’y a plus de véritable opposition entre la gauche et la droite (entre le PS et l’UMP). Ce sentiment est unanimement confirmé selon une intensité croissante par toutes les enquêtes d’opinion depuis des années. Il est vrai que le Parti socialiste fait tout ce qu’il peut pour alimenter ce sentiment, en renonçant systématiquement, une fois parvenu au pouvoir, à mener des politiques qualifiées de gauche.

C’est tout cela qu’un nombre croissant de citoyens interrogent aujourd’hui. On ne peut pas dire que le Parti socialiste les aide à y voir clair. L’acceptation de Pascal Lamy, membre du PS, comme directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), et celle de Dominique Strauss-Kahn, membre du Parti socialiste, comme directeur général du Fonds monétaire international (FMI), n’auront probablement pas contribué à clarifier les choses. Sans oublier les présidences stratégiques de la Commission européenne par cet autre éminent « socialiste » qu’est Jacques Delors. Ces trois institutions supranationales, en effet, sont parmi celles qui sont le plus en pointe dans la mise en œuvre des politiques néolibérales. Quel excellent moyen d’annihiler le clivage gauche-droite ! Comment s’étonner, dès lors, du brouillage des notions de « gauche » et de « droite » ? Le clivage gauche-droite est désormais inutilisable car il ne revêt plus de sens pour les classes populaires et moyennes. Il n’est maintenu que par les grands médias des classes dirigeantes qui espèrent ainsi faire croire qu’il existe une alternative entre le PS et l’UMP.

5.- Aurions-nous assisté à une répétition générale de la prochaine élection présidentielle où le FN doit jouer un rôle majeur ?

L’abstention et le vote en faveur du FN ont été utilisés par des millions de citoyens comme instruments permettant de sanctionner la politique du gouvernement socialiste, rejeter cette union européenne et se distinguer de tous les autres partis. Cependant, le score relatif du Front national est aussi le résultat logique de la campagne insidieuse menée en sa faveur par les grands médias et toutes les forces politiques qui le diabolisent et le mettent au centre de la vie politique afin de préparer l’élection présidentielle de 2017. Car au sein de l’élection européenne de 2014 se cachait l’élection présidentielle de 2017. Le journal Le Monde l’a bien compris qui titre le 26 mai 2014 : « Européennes : le PS et l’UMP menacés d’un séisme présidentiel ». Le journal avait déjà titré sur la largeur de la page : « Le FN profite des européennes pour préparer 2017 » (Le Monde, 21 mai 2014). Le FN est en train de devenir le pivot du tripartisme. C’est pourquoi, de plus en plus, il abandonne tous les signes visibles de ce qui peut l’identifier à l’extrême droite. Il a besoin de continuer à s’ouvrir et rassembler, notamment à un ancien électorat de gauche qui ne trouve plus son compte au PS ou au Front de gauche. Il est déjà parvenu à capter une partie importante des électorats Pasqua – de Villiers, ce que n’est pas parvenu à faire Debout la République (DLR). Etre le premier à l’élection européenne a crédibilisé le FN pour la présidentielle de 2017.

Ni le PS, ni l’UMP, n’ont aujourd’hui la certitude d’être présents au second tour de l’élection présidentielle de 2017. Les résultats de l’élection européenne de 2014, à cet égard, s’ils traduisent un rapport de force électoral qui a vocation à être durable, ne laissent planer aucun doute. Sauf « retournement » imprévu de l’opinion, on ne voit pas comment le PS pourrait se qualifier à coup sûr pour le second tour de l’élection présidentielle. Même chose pour l’UMP. Ces deux partis auront besoin d’une large union pour les soutenir dès le premier tour. Les grands partis attendent beaucoup du scrutin majoritaire à deux tours de l’élection présidentielle. Ce système, en effet, nécessite des alliances pour être dans les deux premiers au premier tour et être ainsi qualifié pour le second. Or le FN ne peut et ne veut pas d’alliance. Sans alliance, sa probabilité d’accession au pouvoir est quasi-nulle. On ne voit pas comment le FN pourrait obtenir plus de 50% au deuxième tour de la présidentielle et gagner une majorité de députés. Tel est le raisonnement des dirigeants du PS et de l’UMP. C’est pourquoi il se dit que le PS veut affronter Marine Le Pen au second tour de la prochaine présidentielle. Même chose pour le candidat de la droite. En vérité, PS et UMP s’arrachent Marine Le Pen !

PS et UMP ont donc besoin de diaboliser le FN pour que leur stratégie fonctionne. Ils ont besoin de faire un chantage à la peur en agitant l’épouvantail du FN. Ils veulent reproduire les menaces de catastrophe qui avaient été annoncées en 2005 si le traité constitutionnel européen était adopté. Nouvelle Donne, EELV, le Front de gauche accepteront-ils de ne pas présenter de candidat en 2017 et d’appeler à voter par exemple, pour… monsieur Valls ? A droite, le MoDem et l’UDI feront-ils pareil ? D’où le besoin de faire monter le FN et de dramatiser sa progression pour que l’électorat accepte le choix du vote utile et du « moins pire ».

Il y aura déchaînement médiatique contre tous ceux qui refuseront ce chantage en persistant à vouloir sortir du système eurolibéral. Le PCF et le Front de gauche jouent déjà ce jeu, ils ont commencé pendant les élections européennes en attaquant les partisans du boycott.

Les petites formations politiques comme Debout la République (DLR) et l’Union populaire républicaine (UPR) payent leur erreur politique de ne pas avoir appelé au boycott de l’élection européenne et sont désormais dans une impasse stratégique totale. Leurs leaders, croyant avoir un destin historique, se préparent depuis des années pour l’élection présidentielle. Cette voie leur est entièrement fermée pour 2017. S’ils se présentent, à condition d’obtenir les 500 signatures nécessaires dans un contexte politique très différent, ils seront accablés de tous bords. On les accusera de « diviser » leur camp (plutôt à droite) et de favoriser le FN. Une partie de l’électorat de DLR ira voter pour les candidats ayant des chances d’être présents au second tour (l’UPR n’a pas vraiment d’électorat).

Cependant, le PS et l’UMP jouent avec le feu. Car le frein à l’égard du vote FN continue de disparaître. Et rien n’indique que l’élection de Marine Le Pen en 2017 soit impossible. Pour faire face à cette hypothèse, PS et UMP ont un plan « B », c’est celui d’une « grande coalition » à l’allemande ou d’un gouvernement d’ « unité nationale » à la française. Une « grande coalition » PPE-PSE existe déjà de fait au « Parlement » européen et dans 13 pays de l’UE sur 28…

C’est ce que prépare Pascal Terrasse, secrétaire national du Parti socialiste, député de l’Ardèche : « notre histoire récente est faite de rapports de force. Pour autant, lorsqu’il a fallu se rassembler, nous avons su le faire, à l’instar du Conseil national de la Résistance après la Seconde Guerre mondiale. Le temps de l’union nationale est venu en France ». Il ajoute : « l’austérité s’impose désormais à nous par des formes plus ou moins autoritaires ». Il précise sa pensée : « nous devons revoir notre système de redistribution depuis les prestations sociales jusqu’au contrat de travail encore trop rigide, et en particulier pour la jeunesse ». (Le Figaro, 28 novembre 2013). C’est parfaitement clair. Pour rendre l’austérité permanente, il faut un gouvernement PS-UMP, et quelques satellites autour. Michel Barnier de l’UMP, commissaire européen, lui a répondu sur France Inter le 26 mai 2014 et sur France Culture le lendemain. Pour lui, « au regard du résultat des élections, il faut désormais que le PPE et le PSE travaillent ensemble ». Au journaliste qui utilisait le mot « coalition » pour qualifier cette stratégie, il a répliqué qu’il préférait parler de « projet commun ». Les choses sont donc en route.

La question qui se pose dès maintenant à tous ceux qui refusent ce chantage sera de savoir pour qui voter en 2017 dans le cadre de la Ve République et de l’Union européenne.

6.- Le rassemblement des classes populaires et des classes moyennes dans un nouveau Conseil national de la Résistance pour la libération nationale et sociale : une perspective politique enthousiasmante

Si le boycott citoyen de l’élection européenne avait obtenu davantage de soutiens, non seulement le FN aurait été affaibli, mais l’Union européenne aurait été davantage délégitimée. Imaginons que d’autres forces politiques se soient engagées dans la bataille du boycott. Tout aurait été différent. On ne parlerait pas de « séisme » à propos du score du FN mais à propos de l’abstention. Le système de l’Union européenne aurait été ébranlé, comme la politique gouvernementale. Le FN serait apparu comme à la traine et dépassé par les évènements. Imaginons, donc, qu’hormi les forces rassemblées dans le Comité national de résistance républicaine à l’Union européenne (CNR-RUE) et celles qui, à l’extérieur, ont milité pour le boycott (MRC, POI), de nouvelles forces se soient ajoutées. Le Front de gauche, LO, le NPA, DLR et l’UPR auraient également appelé au boycott. Une campagne avec cet ensemble de forces aurait pu conduire sans faire d’hypothèses extravagantes à un taux d’abstention de 66%. Cette pression populaire accrue aurait eu des effets sur l’Union européenne et sur le gouvernement qui auraient été contraints de faire quelques gestes en faveur des classes populaires et moyennes.

Quoi qu’il en soit, la grève du vote à laquelle nous avons activement participé a contribué à politiser l’abstention. D’un rejet individuel du système européen actuel, elle est devenue pour beaucoup une action politique consciente et porteuse d’avenir. L’abstention de 2014 est indéniablement davantage politique que celle de 2009. Nous avons été la voix politique de beaucoup d’abstentionnistes et nous continuerons dans cette voie. Si nous ne sommes pas parvenus à placer l’abstention comme enjeu principal de l’élection européenne, on a cependant beaucoup parlé de l’abstention et du boycott dans la campagne. Il aurait fallu une abstention encore plus forte pour faire bouger les lignes.

L’enjeu de la période est de faire germer une forme politique qui succède au mouvement ouvrier né au XIXe siècle, qui a connu son épanouissement au XXe et son déclin au XXIe. C’est dans cette perspective que se place le M’PEP. L’élément unificateur, celui qui peut rassembler les forces les plus diversifiées, celui duquel tout dépend pour résoudre la crise est la lutte pour la souveraineté nationale. Car il s’agit aujourd’hui de se battre pour la survie de la France comme nation indépendante. La défense de la France n’a rien à voir avec du nationalisme. C’est aussi un enjeu international pour faire vivre les valeurs des Lumières.

L’activité du Comité national de résistance républicaine à l’Union européenne (CNR-RUE) et des comités départementaux qu’il a essaimés doit être poursuivie et amplifiée. Ils sont ouverts à tous les citoyens qui veulent libérer la France du carcan de l’Otan, de l’Union européenne et de l’euro, car ce sont les conditions indispensables à la suppression du chômage et de la précarité.

Quant au M’PEP, ses forces doivent être décuplées. Tous les citoyens qui ont apprécié le rôle qu’il a joué dans la bataille des européennes sont invités, sans tarder, à le rejoindre !

Publié par Frédéric Maurin à 22:38pm
Avec les catégories : #front national , #ps , #Parti Socialiste , #front de gauche , #m'pep , #élections européennes , #ue

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