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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

27 Janvier 2015

Vers un printemps grec, de courte durée?

VERS UN PRINTEMPS GREC ?

Communiqué du Bureau exécutif du Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Le 26 janvier 2015.

C'est le 3ème point de la déclaration ci-dessus qu'il faut particulièrement relever:

3.- SYRIZA va faire l’expérience douloureuse de la confrontation avec le système de l’Union européenne, et devra admettre que son programme ne pourra pas s’appliquer sans sortie de l’euro et de l’Union européenne.
Depuis 2007, la Grèce a reçu 380 milliards d’euros de prêts qui n’ont pas servi à soulager les misères du peuple ni à relancer l’activité économique, mais à rembourser les créanciers ! Il faut retrancher de ce total 100 milliards d’euros d’effacement de la moitié de la dette grecque en 2012. La dette de l’Etat représente aujourd’hui 175% de son PIB (321 milliards d’euros). Elle est détenue à 70% par les créanciers publics internationaux. Le FMI en détient 22 milliards, les pays de la zone euro 53 milliards sous forme de prêts bilatéraux (France 10 milliards), le Fonds européen de stabilité financière (142 milliards)… Cette dette grecque n’a pas à être payée, elle doit être annulée. Tout le monde sait que la Grèce ne pourra pas s’en sortir si sa dette n’est pas allégée, voire supprimée. Le remboursement de la dette représente en effet 20 à 25% du budget de la Grèce, lui ôtant toute marge de manœuvre.
Les créanciers (BCE, UE, FMI principalement, Etats membres) peuvent décider de diminuer le montant de la dette à rembourser, de diminuer le taux d’intérêt, d’allonger la durée de remboursement ou les trois à la fois. Tout ceci a déjà été fait dans le passé. Les mesures de « quantitative easing » prises par la BCE peuvent servir à cela. Cette perspective est difficilement envisageable, car les oligarques européens ont peur d’une contagion au Portugal, à l’Espagne, à l’Irlande.
La politique de relance de l’économie et d’augmentation de la demande envisagée par SYRIZA ne pourra pas donner de résultats sans mesures protectionnistes, autrement dit sans rupture avec le traité de Lisbonne qui les interdit. Le principal problème de la Grèce est en effet le déficit de sa balance des paiements : la Grèce importe quatre fois plus qu’elle n’exporte. Elle consomme quatre fois plus qu’elle ne produit. Là se trouve le problème principal de ce pays. L’endettement public ne pourra cesser que lorsque le relèvement du tourisme, de l’industrie et de l’agriculture permettront aux Grecs de consommer ce qu’ils produisent. Toute politique de relance, sans ces conditions, sera un échec.
Nous souhaitons ardemment que le peuple grec réussisse à desserrer l’étau qui l’étrangle et nous ne voulons pas jouer les Cassandre. Il ne faut pas cependant se mettre la tête dans le sable et refuser de regarder la réalité en face. Il est impossible de mettre un terme aux politiques néolibérales d’austérité sans s’affranchir des instruments principaux des politiques néolibérales que sont l’euro, le traité de Lisbonne, et toutes les institutions européennes. Comme il paraît peu réaliste d’obtenir l’accord des Vingt-Huit sur ces questions, il faut bien envisager la seule issue qui demeure : une sortie unilatérale de la Grèce de l’euro et de l’Union européenne.

Publié par Frédéric Maurin à 06:16am
Avec les catégories : #syriza , #grèce , #ue , #m'pep

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