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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

23 Avril 2015

On n'a pas tous les jours 120 ans

9 €...à mettre dans "toutes les mains"
9 €...à mettre dans "toutes les mains"

alors on peut bien se permettre un petit cadeau...

En 1895, à Limoges, naissait l’organisation qui allait devenir la première confédération syndicale de France. En 2015, de nombreuses manifestations lui seront consacrées. Un numéro exceptionnel de 124 pages de contributions de spécialistes, de dirigeants syndicaux d’hier et d’aujourd’hui.

Le 27 septembre 1895, les représentants d’une centaine de syndicats, de fédérations de métiers et de Bourses du travail réunis à Limoges signaient l’acte de naissance de la Confédération générale du travail, avec, proclamaient-ils, pour objectif exclusif, d’« unir, sur le terrain économique et dans les liens d’étroite solidarité, les travailleurs en lutte pour leur émancipation intégrale ». 120 ans. Un but qui reste inchangé. En forme de bilan, d’innombrables combats pour la justice sociale et la liberté, et une contribution essentielle aux grandes conquêtes sociales du siècle écoulé. Mais aussi, comme l’ensemble du mouvement syndical, un affaiblissement posant de lourdes questions pour l’avenir, la pérennité d’un « syndicalisme de classe et de masse », sa capacité à franchir de nouvelles étapes vers l’émancipation visée… C’était autant de raisons pour l’Humanité de consacrer un numéro hors-série exceptionnel à l’organisation qui demeure un acteur central de la confrontation permanente capital/travail. « La lutte des classes, que d’aucuns annonçaient dépassée, écrit Patrick Le Hyaric dans l’éditorial de ce numéro, s’impose dans toute sa violence à l’aube de ce nouveau millénaire dominé par le capitalisme financier mondialisé. Le rôle de la CGT n’en est que plus important pour mobiliser contre le développement de la précarité, le chômage de masse, les métamorphoses du capital qui va se nicher aux antipodes des lieux de production, dans les salons feutrés des conseils d’administration ou sous le soleil des paradis fiscaux. »

« Pour avancer (...), il est bon de regarder de temps en temps dans le rétroviseur »

L’Histoire n’apporte pas de réponses clés en main aux défis, à maints égards inédits, posés au syndicalisme aujourd’hui, mais, comme le souligne Philippe Martinez, nouveau secrétaire général de la CGT, dans l’entretien qu’il nous a accordé pour ce numéro, « pour avancer dans une période de bouleversements telle que nous la vivons, il est bon de regarder de temps en temps dans le rétroviseur ». C’est le sens des deux premières parties de ce hors-série de 124 pages. Le lecteur y fera d’abord une plongée dans l’histoire du syndicat, et, à travers ses combats, celle du mouvement social. Pour en saisir les origines, l’éclairage de l’historien Michel Dreyfus se conjugue avec le récit vivant du congrès fondateur de Limoges, et un coup de projecteur sur les origines des Bourses du travail. S’ensuit un retour circonstancié sur les trois grandes vagues de progrès sociaux arrachés en 1936, 1945 et 1968, qui portent de façon indélébile la marque de la CGT. La question de l’indépendance syndicale, du rapport à la politique, objet de débats incessants depuis l’adoption de la charte d’Amiens jusqu’à aujourd’hui, est abordée de front. D’autres dimensions, souvent moins connues de l’activité syndicale, sont traitées, tel que son rôle dans la lutte anticoloniale, ou dans la création artistique. Plusieurs figures historiques de la CGT sont présentées, de Léon Jouhaux à Georges Séguy, en passant par Benoît Frachon et Henri Krasucki. Et Louis Viannet, répondant à nos questions, revient sur les événements qui ont marqué son mandat à la tête de la CGT de 1992 à 1999.

Une publication des meilleurs reportages del’Humanité sur les luttes du syndicat

La troisième partie est entièrement consacrée aux problématiques actuelles du syndicalisme. Après la grave crise de direction vécue par le syndicat ces derniers mois, l’ancienne dirigeante Maryse Dumas et la sociologue Sophie Béroud, réunies spécialement par l’Humanité, en éclairent les ressorts profonds. « La crise confédérale peut être une chance si elle conduit à des innovations démocratiques », affirme Maryse Dumas. Face aux questions souvent dramatiques posées par le sort réservé au travail, ses conditions, sa finalité, Alain Supiot, spécialiste du droit social et de l’État social, professeur au Collège de France, livre de stimulantes réflexions « pour un travail réellement humain ». Tandis que le sociologue Julien Mischi explore les mutations de la classe ouvrière et les raisons du recul de la conscience de classe. Autre défi crucial pour l’ensemble du mouvement syndical, la mondialisation capitaliste, avec son cortège de délocalisations, de dumping social, est abordée par l’ancien secrétaire général Bernard Thibault. Avant de donner la parole à Philippe Martinez, le hors-série s’achève sur une galerie de portraits de militants CGT d’aujourd’hui. La richesse de cette publication tient aussi à la présence d’une sélection des meilleurs reportages de l’Humanité sur les luttes animées par la CGT, depuis la catastrophe minière de Courrières en 1906, la grève héroïque des sardinières de Douarnenez en 1924, jusqu’au long combat des Fralib ces dernières années. Elle tient également dans les quelque 140 images et documents divers, parfois inédits, qui jalonnent ce numéro et contribuent à en faire un journal de référence sur l’histoire du premier syndicat de France, à mettre dans toutes les mains (1).

(1) En vente dans les kiosques, au prix de 9 euros ou dans la boutique de l'Humanité.fr

Publié par Frédéric Maurin à 06:28am
Avec les catégories : #cgt , #ue , #ces

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