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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

6 Avril 2016

En attendant Arnault

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Etrangement, et peut-être par modestie, Bernard Arnault n'a toujours pas livré son opinion sur « Merci patron ! »

Aussi, pour calmer cette attente brûlante, je vais vous livrer la mienne.

Ce sera moins intéressant mais depuis le temps que j'éreinte mes lecteurs stoïques avec çe film, je le leur dois bien.

Eh bien, voilà, c'est tout simple :

La première idée qui m'est venue en sortant de la salle de projection c'est... qu'il fallait absolument revoir ce film. Pas seulement par plaisir, quand bien même, mais pour comprendre.

Comprendre ce qu'on peut en faire, ce qu'on peut en refaire, avec quels nouveaux acteurs, dans quel autre secteur : la banque? , l'industrie?, l'agroalimentaire? , ou alors partout à la fois ?

Car Merci patron ! n'est peut-être pas seulement un chef d'oeuvre, pas seulement un film drôle, pas seulement un documentaire intelligent : c'est un début de mode opératoire.

Il y a énormément de choses dans ce film : et bien plus que ce à quoi on peut s'attendre quand on a la chance de suivre cette fleur de la pensée journal qu'est FAKIR

LVMH bien sûr, et ses production de fringues délocalisées, sorties d'usine à 30 € et vendues 1000 €.

Entre ces 2 chiffres, de 30 à 1000, toute une "chaine de valeur" : où l'on voit que la boîte LVMH est servie à la fois par un ex commissaire sarkozyste et par un baron du Parti dit Socialiste.

L'Etat, comme "conseil d'administration des classes dirigeantes", quoi : on le savait avec Marx, mais ce n'est pas que dans les vieux livres : c'est maintenant, c'est ici, et c'est voyant.

Mais ce n'est pas tout.

Par exemple,dès le début, à voir la salle de bain du réalisateur, on comprend enfin pourquoi l'équipe de Fakir aspire depuis tant d'années à s'offrir un jacuzzi avec le (trop mince) produit de nos abonnements.

On découvre aussi que quand on a, toutes factures payées, 4 euros par jour de "reste-à-vivre", on hésite pour savoir s'il faut acheter pour 10, 20, voire même pour 30 € d'essence, afin de mettre le feu à sa maison.

On découvre encore que "La petite maison dans la prairie" est une oeuvre d'une violence extrême mais, là, je ne vous dirai pas pourquoi.

Oui, la maison, celle qu'on a retapée sur son temps libre et durant les pauses repas quand on avait encore la chance de travailler à l'usine là, celle qui a été délocalisée.

Cette cette maison qui va être saisie: il se trouve que quand les droits au chômage sont épuisés et que l'on bascule au RSA, on assure moins bien son véhicule.

(25 000 euros de réparation réclamée par la partie adverse : on apprend encore que si vous devez accidenter une voiture, évitez de rentrer dans un 4x4, compris?)

Et que dire de plus ?

Que, sans ce film, La Banque Postale de Flixecourt (Somme), n'aurait peut-être jamais placé une action LVMH?

Que maroilles et moules-frites sont mal perçus dans les assemblées d'actionnaires qui s'offrent le Musée du Louvres ?

Que le journalisme, comme la sociologie, peuvent être un sport de combat ?

Que, même dans une ville qui a voté à 52,66% pour Le Pen aux dernières élections (régionales 2015), on peut faire autre chose que trembler seul devant le téléviseur ?

En fait, je ne sais pas.

Il faut le (re)voir.

Et puis non : il faut faire...une jonction de classes

Publié par Frédéric Maurin à 00:31am
Avec les catégories : #merci patron , #fakir , #bernard arnault , #travail , #chômage , #grève , #cgt

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