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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

18 Avril 2016

Nuits debout : pour quels lendemains ?

Fakir posera, ce 20 avril, la question:

on parle de "Convergences des luttes" mais les "Nuits debout" ont-elles déclenché la moindre grève sectorielle?

Non. Pas pour le moment.

Et le vouloir n'y suffira pas forcément...

Pour que convergent les luttes, ne faut-il pas qu'elles soient en cours?
A défaut, faut-il reprendre les luttes perdues , consolider celles qui ont été gagnées, consolider celles qui son embryonnaires?

,

Pour le camarade Ruffin, on doit éviter de se disperser :

"À Notre-Dame-des-Landes, les zadistes s’accrochent à leur bocage : contre l’aéroport d’abord. Eh bien de même, on doit s’accrocher à loi El Khomri d’abord. Après cette première victoire tout devient possible. Le chemin se trouve en avançant.

À propos de « Nuit debout » se répand, dans les médias, l’image d’un mouvement sympa, informel voire informe, mais fait de gens qui ne savent pas trop pourquoi ils viennent là, où ils vont ensemble, ni même qui ils sont.
Or, il me semble que nous savons.
Consciemment pour certains, inconsciemment pour d’autres.
Et ça peut tenir en un slogan : « Non à la loi El Khomri et à son monde ! »

« Non à l’aéroport et à son monde ! » C’est la banderole que déploient les zadistes à Notre-Dame-des-Landes. Eh bien de même, on peut dire : « Non à la loi El Khomri et à son monde ». Non à ce monde où les Klur de Merci patron !, les Fanny de Pentair, les Michel de Saintronic, les Gueffar de Onet, les Henri de Renault (voir les témoignages sur le site de Fakir ou de On vaut mieux que ça), sont jetés comme des kleenex, sur l’injonction d’un fond de pension, d’un PDG ou d’un petit chef.

Ce monde où, depuis trente ans, culminent les dividendes des actionnaires, tandis que les salariés doivent « se moderniser », « se flexibiliser », « s’assouplir », c’est-à-dire courber l’échine. Ce monde où, d’accords à l’OMC en traités européens, l’oligarchie a instauré de Paris jusqu’au Panama « la libre circulation des capitaux et des marchandises », mis la souveraineté populaire sous tutelle, éteint la démocratie.

A Notre-Dame-des-Landes, les zadistes s’accrochent à leur bocage : contre l’aéroport d’abord. Eh bien de même, on doit s’accrocher à loi El Khomri d’abord.
La bataille sera rude, déjà.
Face au gouvernement.
Face au Medef.
Face à ses médias.
Il ne faut pas trop se disperser.
Un but.
Le retrait.
Un premier pas.
Après cette première victoire, qui nous rendrait confiance, qui nous rouvrirait l’espoir, tout devient possible : l’appétit vient en mangeant. Le chemin se trouve en avançant.

François Ruffin."

Mais, si l'on se souvient d'un épisode récent, le seul abandon du Contrat Premier Embauche, en 2006, n'avait pas ouvert une période glorieuse pour le monde du travail et des privés d'emplois avec l'élection du nabot malfaisant de Sarkozy.

Revient la même question : quel débouché politique, bien sûr...

"De fait, le mouvement « Nuit Debout » se veut un double refus et de la politique actuelle et du retour à une politique passée. Car, il y a dans ce mouvement le constat, implicite chez certains, explicite chez d’autres, que ces deux politiques n’en font qu’une. Elles ne sont que la traduction du cadre disciplinaire qu’imposent l’Euro, mais aussi l’Union européenne actuelle, à la France. On en a un parfait exemple avec la « Loi El Khomri ». Mais, ce constat ne suffit pas. Un mouvement ne peut s’en contenter. Il lui faut trouver une perspective, tant à court qu’à moyen terme. "

Mais le débouché politique, à lire certaines contributions sur les réseaux sociaux, ce ne sera pas facile facile à trouver :

"La politique est en crise, achevons-la !

"Nous ne voulons pas d’une République sociale-iste, ni d’un salariat universel, ni d’un capitalisme d’État, ni même d’une auto-exploitation gérée collectivement ; nous voulons une auto-organisation de nos vies et pour celles-ci, donc libérées de l’État et sa bureaucratie au profit d’une organisation autonome de notre monde. Une vie libérée de l’argent au profit d’une répartition de nos œuvres selon nos volontés et nos besoins, et des marchandises au profit de ce que nous voulons créer, faire, construire, et du travail au profit d’une vie s’épanouissant dans une diversité non-finie du faire

La commune est en même temps une négation de la politique comme système séparé, hiérarchique, bureaucratique, autoritaire, et une réalisation de la politique, dissoute dans une auto-organisation quotidienne, horizontale, autonome. Auto-organisons nous, occupons tout, refusons d’être asservi-e-s aux machines électorales des « gauches alternatives » qui mériteraient aussi des droites avec leur misère érotique, et continuons ici comme ailleurs mais maintenant d’agrandir dans l’auto-organisation notre puissance d’agir. Ne refaisons pas « Mai 68»: faisons mieux, beaucoup mieux."

Bien.
Donc, vous me voyez venir, une grande journée de réflexion collective sur notre misère érotique ( mais peut-être pas seulement) ne sera pas de trop.

Tous en grève, le 28 avril !

Publié par Frédéric Maurin à 02:58am
Avec les catégories : #nuits debout , #Jacques Sapir , #fakir , #cgt , #grève le 28 avril 2015

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