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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

22 Juillet 2016

Eléments pour un Frexit progressiste (2)

Le (1) est ici mais on va pas y passer la nuit non plus.

Suite donc, avec Mémoires des Luttes, toujours bon :

(...) Force est d’admettre que la gauche ne dispose pas aujourd’hui des moyens de résoudre les contradictions de la situation historique et que l’hégémonie « sortiste » appartient au camp des forces réactionnaires et xénophobes dont le projet a le mérite de la clarté : sortir pour redonner sa pleine autonomie au patronat national face à son homologue allemand dominateur, gagner de nouvelles marges de manœuvre nationales dans une concurrence internationale exacerbée et accroître l’exploitation des travailleurs nationaux par le patronat national dans le cadre d’une société disciplinée, tenue par un Etat et un parti forts.

Pourtant, et même dans ce contexte, le « Lexit » (« Left Exit » / « sortie à gauche ») est l’orientation que doit aujourd’hui poursuivre la gauche pour s’ouvrir un futur [5]. Elle doit le faire en l’accompagnant d’une proposition visant à définir une autre association européenne – rebaptisée – dont les bornes politiques se situeront entre la coopération inter-étatique poussée et l’intégration solidaire sous contrôle démocratique [6]. Le gauche doit élaborer cette proposition – aujourd’hui en chantier et non consensuelle en son sein – partout en Europe en affirmant, contrairement à l’extrême-droite, qu’un projet internationaliste de sortie est impératif et qu’il s’agit de briser le système européen pour rendre aux peuples leur dignité, leur autonomie et leur pouvoir d’implication face à ceux qui les exploitent, fussent-ils « nationaux ».

Elle doit s’y appliquer d’autant plus que contrairement à ce qu’assènent les médias et l’eurocratie pour effrayer les opinions et se remobiliser, la structure opérationnelle UE ne va pas se désintégrer comme cela, ni se réformer. Elle continuera de fonctionner, sous sa forme zombie, pour ce qu’elle sait faire (administrer les intérêts des marchés financiers et du libre-échange). (...)

"Les projets de « transformation démocratique » de l’Europe, à la façon du DiEM25 de Varoufakis, qui se propose de perdre dix nouvelles années à poursuivre une chimère, ouvrent des boulevards aux extrêmes droites européennes qui ne doivent pas en revenir d’avancer ainsi sans rencontrer la moindre résistance (lire « DiEM perdidi »). Le stéréotype de « la nature politique qui a horreur du vide » a beau être usé jusqu’à la corde, il continue de dire quelque chose de vrai. Les extrêmes droites, qui n’en demandent pas tant, demeurent seules à capter le discours de l’eurocritique et surtout à en imposer la forme."

"L’UE en effet ne disparaîtra complètement que quand elle sera remplacée par autre chose. Car, le besoin, voire la nécessité, de collaboration entre les États européens perdure. Ce besoin aujourd’hui s’exprime sur trois points, qui sont justement les points sur lesquels l’UE a failli : la démocratie des institutions et la garantie de la souveraineté des peuples, la sécurité et le développement économique."

"Le Brexit remet donc en cause ce qui constitue aujourd’hui la colonne vertébrale de la politique qualifiée d’européiste, que ce soit celle de François Hollande ou celle d’Angela Merkel. Le choc va donc bien plus loin que celui de la sortie de l’UE d’un pays, la Grande-Bretagne, dont l’appartenance à cette dite UE était en fait des plus lâches. Cette crise de la stratégie européiste est un point de rupture. Ce n’est qu’en nous débarrassant de l’aporie européiste que nous pourrons réellement penser la construction de l’Europe."

Publié par Frédéric Maurin à 23:48pm
Avec les catégories : #frexit , #ue , #euro , #lexit

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