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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

11 Janvier 2017

Le Djihadisme pour les Nul(le)s

Une contribution, à l'anglaise, et en 1mn 47sec , à la

dé-radicalisation

(navré, la version traduite est sur Le Point...)

Après cette courte sortie de prison mentale, revenons à nos prisons à nous.

Que les prisons françaises aient pu être qualifiées "d'ENA du radicalisme" doit nous alerter. 

Que la misère matérielle et morale des conditions d'incarcération créent autant de problèmes que l'incarcération est censée en résoudre, cela ne date ni d'hier ni du 7 janvier 2015.

Et ce n'est pas Mohamed Merah (2012) qui dira le contraîre.

(Tiens d'ailleurs : c'est encore bon pour les voeux, relire Les Misérables en 2017).

L'OIP nous le rappelle utilement ici :

Quand souffle un fort vent de droite, c'est pas vendeur comme thème de campagne.

"La misère règne ailleurs, alors celle des prisons, pensez donc..."

Mais on gardera cela en tête car, comme disait l'autre, il faut se méfier du retour

du refoulé. C'est potentiellement dangereux.

Là-dessus, j'en termine par un message utile de l'Etat :

Sans oublier mon inclination pour l'esprit critique manifesté dans ce type d'ouvrage:

 

...dont on relira l'avant-propos avec plaisir :

Croyants et profanes s’accordent au moins sur un fait : Mahomet était un homme.
Sceau des prophètes ou imposteur, pacifiste ou guerrier, mystique ou assoiffé de pouvoir, âme charitable ou tyran, ascète ou amateur de femmes, la personnalité d’Abdû al-Qâsim, l’ultime messager d’Allah, suscite maints questionnements et nourrit tous les fantasmes.
Contrairement à celles de Jésus ou de Moïse, qui ont bercé l’imaginaire occidental, son histoire a souffert d’un manque de pédagogie.
Plus que les enseignements religieux destinés à ses ouailles, son parcours terrestre mériterait d’être connu par tous.
C’est justement l’ambition du présent travail. Contrairement aux apparences, c’est un livre très sérieux qui a nécessité de longs mois de recherches afin d’illustrer le parcours d’un homme, Muhammad, tel que décrit dans les sources islamiques elles-mêmes.
Mis à part la forme innovante, cet ouvrage n’invente rien sur la vie du messager d’Allah. Il n’a pas de prétention historique ou scientifique, puisqu’il ne fait que compiler des bribes de la sîra, cette chronique prolifique et diffuse qui a consigné les moindres détails de la vie du prophète.
Chaque anecdote, chaque phrase mise dans la bouche de Muhammad est annotée, et renvoie à des références bibliographiques dont les plus rigoureux oulémas de l’islam ne contesteront pas l’authenticité.
Rédigées dans un arabe ancien , souvent contradictoires entre elles, ces ommahât al-massâdir (« sources mères ») constituent la vulgate canonique exclusive – en plus du texte coranique – dans laquelle les musulmans puisent la sagesse de leur prophète.
La sîra alépine d’Ibn Sayyid an-Nâs, la sîra d’Ibn Hicham, le Livre des grandes classes d’Ibn Sâad, et bien d’autres sources islamiques ont permis de tisser la trame de ce récit.
Oui, mais…Le dessiner, pourquoi le dessiner ? Parce que Charlie, journal de dessinateurs, a pour vocation, pour devoir, de dessiner, et se réserve le droit de caricaturer qui l’inspire. Toutefois, cet ouvrage n’est pas non plus une suite d’anecdotes nées de l’imagination profane d’un dessinateur impie.
Ici, Muhammad n’est pas représenté, il n’est pas caricaturé. Son personnage, le petit bonhomme jaune de CHARB, est une métaphore. Soyons sérieux, qui pourrait prétendre que Mahomet était ainsi, sous les traits que lui attribue ce livre ?
Dans les sources islamiques précitées, il existe des descriptions détaillées du prophète. Grand de taille, blanc de peau, les sourcils denses et attachés, les yeux noircis de khôl, le nez long et fin, la barbe teinte au henné, la bouche généreuse et les dents espacées, tels étaient les attributs physiques de Muhammad. Fallait-il que le dessin s’y conforme ? Cela aurait-il changé quelque chose s’il avait été remplacé par une bulle vide, un turban ou un point d’interrogation ?
Telle n’est pas la démarche de Charlie, puisque c’est justement cela la plus risible des caricatures.
Doit-on entériner l’obligation morale, réclamée par les plus fanatiques de ses fidèles, de respecter Muhammad? Pas plus que l’on ne doit se conformer à celle de Jésus ou Moïse.
Non, les mêmes qui, en France, pensent qu’en dessinant le prophète de l’Islam on pousse le bouchon trop loin sont ceux qui, dans une complaisance qui frise le mépris, sont convaincus que cette religion est loin, très loin derrière les Lumières. Ils caressent dans le sens du poil les plus ignorants parmi les musulmans, ceux qui, non conscients d’être infantilisés, nourrissent à tort l’espoir que pour leur seul bonheur le blasphème soit un jour proscrit en France.
Ce n’est pas à ceux-là que Charlie s’adresse, mais aux autres, plus nombreux, plus discrets, qui n’ont pas troqué leur sens de l’humour contre le ridicule grincheux des clercs autoproclamés, prêts à s’insurger pour une loi écrite nulle part. L’islam n’est-elle pas une religion de l’écrit ? Lançons ici le défi ! Que celui qui trouve dans le Coran ou la sunna le moindre texte interdisant de représenter Mahomet, ou qui que ce soit d’autre, nous jette la première pierre.
Non que Charlie ait le souci de se conformer aux préceptes de l’islam, mais, pour avoir passé au peigne fin ses sources, il s’avère que le tabou le plus tenace de la religion musulmane, celui pour lequel les foules s’insurgent et tant de crimes sont commis, ne se fonde pour rien, dans une religion où seul l’écrit scelle les enseignements d’Allah.
D’ailleurs, ce pour quoi on voue Charlie aux flammes de l’enfer, les musulmans chiites le font depuis toujours. Que l’enluminure persane représente un Mahomet enturbanné, assis en tailleur et dispensant ses enseignements…
En France, cette France qui bouffait du curé il n’y a pas si longtemps, ne pas se plier à une interdiction religieuse est toujours un acte de subversion, voilà le constat.
Athée, laïque, universaliste et antiraciste, Charlie propose à travers ce livre un traitement bien français de l’histoire d’une religion aujourd’hui profondément ancrée en France. Parce qu’il est important pour le profane de connaître qui a changé le cours de l’histoire, voici la vie de Muhammad, telle que rapportée par ses fidèles.
ZINEB
Sociologue des religions

Et, en plus contemporain et géopolitique...

Publié par Frédéric Maurin à 23:38pm
Avec les catégories : #daech , #charlie hebdo , #oip , #observatoire international des prisons

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