Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

10 Juillet 2013

Actionnaires, réactionnaires !

illustration de l'Humanité.

JP Morgan veut enterrer les constitutions antifascistes

Pour la banque états-unienne, les lois fondamentales en Europe du Sud sont trop socialistes.

Pour JP Morgan, depuis la chute des dictatures, les pays d’Europe du Sud sont caractérisés par des « exécutifs faibles », des régimes où le pouvoir du Parlement est fort. Ce qui, selon les économistes de la banque, constitue un problème pour mettre en œuvre les réformes austéritaires. Dans une note en date du 28 mai, les analystes de l’institution financière donnent leurs recettes pour sortir de la crise, en ligne avec les grandes orientations déjà poursuivies par les institutions européennes : austérité budgétaire, recherche de compétitivité.

Plus originale est leur analyse des difficultés de l’Europe du Sud, qui sont « économiques par nature », mais aussi « profondément politiques ». « Les Constitutions et règlements politiques dans la périphérie du Sud, mis en place à la suite de la chute du fascisme, ont un nombre de caractéristiques qui apparaissent inappropriées à l’intégration ultérieure de la région », peut-on lire dans le document de seize pages. Les spécialistes n’y vont pas par quatre chemins. « Les Constitutions tendent à manifester une forte influence socialiste, reflétant la force politique des partis de gauche obtenue lors de la défaite du fascisme », estiment-ils, avant de lister tout ce qu’ils ne trouvent pas à leur goût : « Exécutifs faibles, faibles états centraux par rapport aux régions, protection constitutionnelle des droits des travailleurs, système de fabrication du consensus qui forge un clientélisme politique, et le droit de protester si des changements malvenus sont faits contre le statu quo politique. »

Des propos qui ressemblent comme deux gouttes d’eau à ceux tenus par Denis Kessler, alors patron de la puissante fédération des assurances du Medef, en octobre 2007, dans un éditorial de l’hebdomadaire Challenge : « Il s’agit aujourd’hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance ! »

Les leçons de JP Morgan pour sortir de la crise sont d’autant plus malvenues que cette banque n’est pas pour rien dans la déstabilisation des économies de l’Europe méridionale. En novembre 2012, JP Morgan a accepté de payer à l’autorité de régulation états-unienne 296,9 milliards d’euros. Cela lui permettait de mettre fin aux poursuites entamées contre elle. Avant 2007, la banque avait promu la vente de subprimes, ces crédits immobiliers hypothécaires à risques dont l’effondrement a sonné le début de la crise financière.

Banque et Parlement ne font pas bon ménage. Ce n’est pas une nouveauté. En 1926, Thomas Lamont, dirigeant de la banque JP Morgan, aidait quelqu’un à obtenir un prêt de 100 millions de dollars. Il s’agissait d’un certain… Benito Mussolini, célèbre tout autant qu’autoritaire dirigeant de l’Europe du Sud.

Gaël De Santis

Publié par Frédéric Maurin à 07:35am
Avec les catégories : #banque , #démocratie

commentaires