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Jeudi 24 janvier 2008

A lire ce texte qui circule sur la Toile, il semblerait que l'idée commence à faire son chemin...gardez-là dans un coin de votre mémoire : si elle est déjà pertinente en soi, elle trouvera sa portée pratique lorsque adviendra le prochain conflit social majeur.

Cet appel a pris une forme pétition sur http://www.politicomedias.eu/ 

 Pour entrer en relation avec l'auteur de cet appel, une seule adresse : a.manessis@wanadoo.fr

 

Appel aux citoyens :

"Osons dire qu’il n’est pas légitime ! "

 

 

"Le courage, ce n’est pas de saluer le mensonge qui passe : le courage, c’est de chercher la vérité et la dire » (Jean Jaurès). "

 

« La France est une république sociale, démocratique, laïque, une et indivisible où tout le pouvoir appartient à la nation… ». Chaque terme de cet article, qui définit la France dans l’actuelle Constitution, cingle au visage l’actuel « président de la République ».

 « République » ?  

 Mais N. Sarkozy de Nagy-Bocsa sape obstinément ces deux piliers de l’Etat républicain que sont les libertés publiques et la souveraineté du peuple !

 En quoi par exemple les 53% des suffrages qu’il a obtenus le 6 mai 2007 (une élection, fût-elle présidentielle est de moindre rang qu’un vote populaire sur la constitution) autorisent-t-ils le chef de l’exécutif en titre à violer le Non souverain prononcé par la Nation le 29 mai 2005, en faisant ratifier par le parlement l’euro-constitution bis ?

 En quoi le peuple a-t-il jamais consenti à abandonner à un aréopage supranational le droit de veto dont disposait la France dans plus de 60 domaines vitaux ?

 Quand le peuple français a-t-il jamais débattu du Traité bis inspiré par la chancelière A. Merkel, un traité prévalant sur la constitution française aux dires du conseil « constitutionnel » ?

 Où et quand notre peuple a-t-il mandaté ses parlementaires pour aliéner en son nom sa souveraineté à des autorités supranationales irresponsables, notoirement dominées par la finance et le grand patronat ?

 République « démocratique » ?

 Mais le chef de l’exécutif en titre tranche de tout, des retraites au contrat de travail, du financement des télévisions aux procédures de divorce ; débordant cyniquement les termes de la constitution, il s’attribue le pouvoir qu’a le gouvernement de « déterminer la politique de la nation ». Il infantilise ses ministres, simples exécutants sans initiative, « évalués » comme par des cabinets privés.

 Il réduit son parlement au rôle de chambre d’enregistrement des décisions, voire des lubies présidentielles. Il fomente une réforme institutionnelle qui permettrait à l’exécutif de diriger le législatif .

 Il tance et menace les juges, fait et défait,- directement ou indirectement-, les dirigeants des médias.

 Il renoue avec les mœurs de Versailles en exhibant sa vie privée dont il fait un indécent instrument de « gouvernance », quitte à faire de la France la risée du monde entier.

 Enfin, il privilégie de manière outrancière, sa caste, sa classe, son clan, en mettant la politique fiscale au service des nantis, en portant quotidiennement des coups au monde du travail (salaires, retraites, indemnisation du chômage, emploi public, délocalisations, privatisations…), en favorisant cyniquement les milliardaires qui « sponsorisent » ses plaisirs de nabab, dignes des aristocrates d’Ancien Régime.

 Quel mandat a-t-il pour fixer à son Ministre de la xénophobie des « quotas » mensuels d’expulsions d’étrangers, dignes de Le Pen… et de Vichy ?

 Au nom de quoi piétine-t-il les principes universels du droit en instituant des peines rétroactives qui contournent la décision irrévocable des tribunaux (certains détenus « dangereux » ayant purgé leur peine seront « castrés chimiquement » ou maintenus indéfiniment en prison) ou en projetant de traduire devant les tribunaux des aliénés auteurs de crime, et cela en violation du principe de responsabilité ?

 En vertu de quelle conception perverse des libertés fusionne-t-il les Renseignement Généraux avec la Direction de la Surveillance du Territoire (contre-espionnage) dans le but avoué de surveiller les manifestations ouvrières et étudiantes ?

 Quel mandat populaire a-t-il reçu pour briser le droit de grève des enseignants (après avoir réduit à rien celui des cheminots…) en utilisant le salaire des grévistes pour rémunérer des briseurs de grève ? De quel mandat se prévaut-il pour dicter de nouveaux programmes cyniquement patronaux aux professeurs d’économie?

République « Sociale » ?

 Mais le dirigeant du MEDEF Denis Kessler ne se cache même pas pour féliciter Sarkozy de « démanteler systématiquement le programme du Conseil National de la Résistance », ce « compromis entre commu-nistes et gaullistes » qui permit d’instaurer, après la défaite de Hitler et de Pétain, la Sécurité sociale, les retraites par répartition, les conventions collectives, le code du travail, les nationalisations, le statut des mineurs et des fonctionnaires, le CEA et le CNRS, bref, tout ce qui, pendant un demi siècle, a rendu le capitalisme français moins invivable à des millions de travailleurs.

 C’est en effet la Sécurité sociale (franchises médicales, nouveaux déremboursements), les retraites (montée sans limites des annuités… et des « décotes »), les nationalisations (vente à la découpe d’EDF-GDF), le statut de la fonction publique, les règles donnant au salarié un minimum de garanties en cas de licenciement, que Sarkozy et son équipe de revanche patronale, sont en train d’araser sous le nom de « rupture ».

République « laïque » ?

 Mais Sarkozy est l’ennemi mortel de la laïcité. Est-il légal en effet que le président d’une République laïque, tenu d’appliquer la Constitution et la loi de 1905 séparant l’Etat des Eglises, déclare au Pape dans le plus pur style vichyste que « dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance » (sic) ?

Est-il acceptable qu’il récidive dans ce viol impudent de la loi en célébrant « Dieu transcendant qui est dans la pensée et dans le cœur de chaque homme » (sic) devant les pétro-milliardaires intégristes de Ryad ? Ou que, dans le plus pur style colonial, il somme les Etats arabes (le 18.1.8.) de « construire des Eglises » (sic) dans leur pays ?

 

République « une et indivisible » ?

 Mais en aggravant la politique de régionalisation de ses prédécesseurs, Sarkozy détruit le maillage institutionnel hérité de 1789 formellement inspiré du principe d’égalité : de même que la nation est inféodée à l’Union européenne de Maastricht, de même le département s’efface-t-il devant l’euro-région et la commune devant la communauté d’agglomération.

 En outre, Sarkozy accentue la dénationalisation de l’Education nationale, de l’Université et des diplômes pour mettre en place une éducation régionalisée, formatée et rabougrie, où les enseignants mis en concurrence trembleraient devant les pouvoirs locaux et le patronat, au détriment de l’égalité sociale, de la qualité des formations et de l’unité territoriale de la nation.

 Il en va de même des autres services publics, EDF, SNCF, RATP, hôpitaux, aéroports, ports, Poste, Gaz, Fr.-Télécom, administrations, ANPE, Equipement, etc., que le pouvoir UMP, relayant les politiques euro-péennes d’austérité, de privatisation, de libéralisation et de dé-fonctionnarisation, met dans l’incapacité de remplir leur mission républicaine, sociale et nationale en faisant le lit des chasseurs de profit du capital privé.

 République « souveraine » ?

 Mais au lieu de promouvoir le non-alignement, l’indépendance de la France, son dialogue pacifique avec tous les peuples, Sarkozy courtise le fascisant Bush au risque d’entraîner la France dans les aventures dangereuses décidées par les faucons de Washington. Ainsi l’armée française s’apprête-t-elle à réintégrer le commandement de l’OTAN, une alliance inféodée aux guerres d’agression des Etats-Unis. Ainsi l’armée française est-elle peu à peu intégrée à l’armée européenne, elle-même soumise à l’OTAN...

 Sur le plan économique, le pouvoir sarkozyste donne son feu vert aux délocalisations voulues par le MEDEF ; il achève de démanteler le secteur public industriel et laisse la France se désindustrialiser et creuser ses déficits commerciaux, au risque de déclasser une large partie des ouvriers, techniciens et ingénieurs. Tout en flattant le petit patronat, le pouvoir sarkozyste favorise les multinationales en laissant s’amenuiser chaque jour le nombre de petits commerçants, de paysans travailleurs et de marins pêcheurs.

 Sur le plan scientifique et culturel, le régime sarkozyste et le MEDEF laissent le « tout anglais » s’emparer des grandes entreprises, des médias, de la publicité, de l’école, de la science ; non content d’exiger des artistes qu’ils fassent du « chiffre (!), le pouvoir sacrifie la Recherche publique aux diktats du capital privé.

 Non, cet homme ne préside pas la République, qu’il viole quotidiennement !

 Dénoncer les complices de « l’ouvr’rupture » politique et du « sarko-syndicalisme » Pour imposer sa politique, la plus réactionnaire que notre pays ait subie depuis Vichy, Sarkozy dispose du soutien aveugle de l’oligarchie patronale qui, pourvu qu’elle accroisse ses profits, se rit de casser la France. Sarkozy bénéficie aussi de la complicité du parlement, où l’UMP a renié le gaullisme pendant que la majorité des élus PS renie Jaurès sur l’autel d’une fausse « modernité ». Complicité non moindre du CSA, qui ferme les yeux sur la mainmise pré-totalitaire du pouvoir sur les médias, et du Conseil « constitutionnel », qui valide la casse du droit de grève et refuse de soumettre à examen l’inconstitutionnalité des directives européennes.

De même en 1940, le nouveau pouvoir « constituant » de Pétain, légalisé par les députés de la honte, disposait d’une apparence de légitimité bien qu’il fût l’émanation de l’ultra-droite raciste, des milieux cléricaux, de l’oligarchie financière… et de l’Occupant. Il s’est d’ailleurs trouvé, en 1940 comme en 2008, de faux progressistes et de faux syndicalistes pour cautionner un pouvoir anti-républicain en intégrant son gouvernement et en validant ses simulacres de concertation entre patrons et ouvriers. Cela n’a pas rendu Pétain plus « légitime » aux yeux des vrais républicains qui préféreront toujours la Résistance et ses dangers au confort indigne de la « Kollaboration » !

Car, quelle que soit la légalité de son élection, Sarkozy n’a aucun titre démocratique à « défaire le contrat social français » comme il ne cesse de le proclamer impudemment. Comme l’a démontré Rousseau dans Le contrat social, la démocratie n’est pas fondée sur un prétendu « pacte de subordination » par lequel un peuple se soumettrait à l’homme providentiel qu’il aurait élu ; elle repose sur un « contrat social » fondé sur l’égalité entre tous les citoyens. A l’encontre de toute conception bonapartiste, la République n’est pas un pacte entre un homme et un peuple ; seul le peuple est souverain, seul l’élu (et non le peuple !) est « tenu » par l’élection ; quant au peuple, sa souveraineté est inaliénable et tout élu, simple mandataire provisoire de la volonté populaire, reste un serviteur du peuple, révocable à tout moment ; ce principe de révocabilité des élus a d’ailleurs été mis en pratique par la Commune de Paris et, aujourd’hui il est remis à l’honneur par la Constitution de la République bolivarienne du Venezuela. En conséquence, loin de pouvoir redessiner à son gré le périmètre du contrat social « par lequel le peuple est un peuple », l’élection d’un président de la République est strictement « cadrée » par le contrat social qui définit strictement les attributions du chef de l’exécutif. Si le contrat social doit être changé, si non seulement la constitution, mais les fondamentaux culturels et socio-économiques de la vie nationale doivent être bouleversés, la moindre des choses est que le peuple soit saisi et se prononce lui-même directement, de manière explicite et solennelle, après un débat de fond public et exhaustif. C’est précisément ce que lui refuse Sarkozy en faisant voter à la sauvette la constitution bis par d’indignes parlementaires, non moins illégitimes que leur maître élyséen.

En effet, en donnant 53% des voix à Sarkozy, le peuple français n’a jamais décidé de renier son identité républicaine, fondée sur les conquêtes de 1789 et 1945, souveraineté de la nation, égalité entre les citoyens, refus du cléricalisme ! Ceux des ouvriers et employés qui ont naïvement voté Sarkozy, « président du pouvoir d’achat », n’ont jamais décidé que désormais les actionnaires capitalistes et les « stars » bénéficieraient de toutes les largesses, pendant que le monde du travail, chômeurs, étudiants, retraités et immigrés inclus, n’aurait droit qu’à l’inflation, aux régressions tous azimuts et à la répression contre ceux qui ont le courage de dire non !

Du point de vue républicain, la prétention de Sarkozy de détruire le « contrat social français » est donc clairement une rébellion de Sarkozy et de sa caste privilégiée contre le peuple souverain. Constater cela n’implique pas d’idéaliser le « pacte social » fondé en 1789 et rénové en 1945, qui fondait en principe l’existence politique de notre nation Certes il y aurait certes beaucoup à dire sur les lacunes de ce pacte qui laissait subsister l’essentiel de l’exploitation de l’homme par l’homme ; mais il ne s’agit pas aujourd’hui d’améliorer ce pacte en mettant le travailleur au centre de la problématique sociale, mais de substituer aux compromis historiques progressistes de 89 et de 45 une politique de dé-civilisation qui nous ramènerait des siècles en arrière.    

 

L’illégitimité de Sarkozy délégitime l’ensemble du système d’oppression maastrichtien ! 

 Alors certes, il ne s’agit certes pas de cibler l’apprenti tyranneau de l’Elysée en oubliant qu’il n’est que l’exécutant zélé d’une étroite minorité de profiteurs de la mondialisation euro-libérale. Mais quand un système d’oppression se personnalise à ce point, rappeler que seul le peuple est souverain, proclamer qu’il garde à tout moment le droit de révoquer ceux qu’il se repent d’avoir mandatés, exiger haut et fort la démission du personnage-clé de l’oppression, c’est contester du même coup tout le système d’oppression ; c’est considérer par avance comme nulles et non avenues les prétendues « lois » que Sarkozy, le MEDEF et l’UE auront promulguées pour défaire la souveraineté nationale, la laïcité, le progrès social, les libertés, qu’il s’agisse du traité européen « bis », des mesures de casse sociale, du démontage de la loi de 1905, etc.

 Eclairer le peuple sur l’illégitimité d’un premier magistrat félon, c’est aussi dégager un dénominateur commun pour les résistances futures, pour le tous ensemble et en même temps des exploités et des opprimés ; c’est pointer l’illégitimité et le caractère foncièrement antidémocratique de la « construction européenne » de Maastricht et du traité de Lisbonne, dont Sarkozy est le proconsul dérisoire.

 C’est démasquer les faux opposants et les faux syndicalistes en dénonçant leur veule complicité.

 C’est appeler le peuple français à un sursaut de salut public qui implique que chaque citoyen se réapproprie, de manière pacifique et responsable, la Déclaration républicaine des droits de l’homme de l’An II, qui stipule : « quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est pour le peuple et pour toute portion du peuple, le plus sacré et le plus indispensable des devoirs ».

 C’est en un mot rouvrir les portes de l’avenir, pour que la définition qui constitue la France en République sociale, souveraine, démocratique et laïque, cesse de couvrir les pires forfaitures pour devenir enfin une réalité.

par Frédéric Maurin publié dans : rupturetranquille communauté : Pour la démission de Sarkozy
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Samedi 19 janvier 2008

Le Grand Soir, c'est  dès maintenant sur :  http://www.legrandsoir.info/

 

... un site estimable, ne serait-ce que pour l'analyse suivante, qui rappelle que la force de l'Union pour une Minorité de Privilégiés procède avant tout de l'inconséquence de ce qui lui tient lieu d'opposition...

"Le parti socialiste se présente comme un parti d’opposition. Julien Dray fustige « l’impuissance » et « l’absence de résultats » de Sarkozy. Le parti socialiste condamne le projet de réforme de la constitution, auquel pourtant deux des siens, Jack Lang et l’ancien député européen Olivier Duhamel, ont participé.

Le parti socialiste va tenter de capter le mécontentement croissant à l’égard de la politique du chanoine Sarkozy, notre Poutine à nous, à l’occasion des prochaines élections municipales et cantonales et il pourra sûrement obtenir dans cette voie quelques succès, les citoyens en étant réduit à prendre l’un pour taper sur l’autre. Mais tout cela n’est qu’un théâtre d’ombres.

Les députés socialistes voteront le traité simplifié européen mais n’iront pas au Congrès du Parlement à Versailles pour adopter le projet de loi modifiant la Constitution et préalable à la ratification du traité, a déclaré Jean-Marc Ayrault. Nous voterons le traité simplifié européen parce que ses acquis sont supérieurs à ses insuffisances et parce qu’il est enfin une chance de sortir l’Union de sa paralysie politique", a déclaré le président du groupe socialiste, radical et citoyen (SRC) de l’Assemblée nationale lors de la présentation de ses vœux à la presse. "A une réserve près", a-t-il poursuivi. "Il me paraît impossible que nous participions à la révision préalable de la Constitution dès lors que nous défendons la voie référendaire plutôt que la voie parlementaire", a-t-il dit. (Reuters)

C’est un concentré de l’imposture « socialiste ». Résumons :

- Le PS veut voter le traité de Lisbonne : le peuple français a voté contre en 2005 mais le PS qui se dit démocratique s’en moque.

- Le PS voulait que cette adoption se fasse par la voie référendaire. Fort bien. Au moins sur ce plan il semblait rester fidèle à ses engagements devant le peuple, notamment lors de la campagne du printemps dernier.

- Mais alors qu’il a les moyens de contraindre Sarkozy à user du référendum, en refusant la révision constitutionnelle prévue le 4 février prochain, les courageux parlementaires socialistes vont rester chez eux ! Conclusion : le PS soutient Sarkozy dans sa politique européenne, le PS ne veut pas de référendum et fait seulement mine de la vouloir et le PS donc aidera à sa manière le chanoine de Saint-Jean de Latran à faire passer en douceur cette partie de son programme. Le PS a le droit de soutenir Sarkozy et d’être contre le référendum mais il devrait le dire clairement devant ses électeurs et assumer franchement sa position [1] Mais évidemment pour que le système puisse encore fonctionner, il faut que le PS tout en soutenant Sarkozy fasse mine de s’y opposer.

 

Si on voulait une confirmation de cette proposition, il suffit de faire le récapitulatif des expressions de la critique « socialiste » après la conférence de presse du 8 janvier :

- "Quand un responsable public n’a pas de chiffres à présenter, il produit des mots" dit François Hollande,
- Nicolas Sarkozy a "évité de répondre aux questions essentielles" sur les salaires, l’emploi ou le pouvoir d’achat. », dit encore Hollande ;
- « un constat d’impuissance » dit Julien Dray ;
- « long discours creux » dit Razzy Hammadi.

Et ainsi de suite. Toutes ces prétendues critiques sont parfaitement creuses. Car Sarkozy a bien des résultats à présenter : cadeau fiscal de 15 milliards pour les riches, suppression des régimes spéciaux, réforme universitaire, etc. Pourquoi les socialistes n’en disent-ils rien ? C’est très simple : s’ils critiquent le cadeau fiscal, ils approuvent la liquidation des régimes spéciaux et la réforme universitaire ! Sans parler du traité de Lisbonne que Sarkozy mis sur pied et que les socialistes se préparent à voter.

Pour ce qui est de la suite, Sarkozy a fait des annonces précises : liquidation des 35 heures, poursuite du plan de démantèlement du code du travail, renforcement de la politique « sécuritaire ». Mais tout cela n’émeut pas nos éminences de la rue de Solferino. Critique sévère de Laurent Fabius : "Qu’on assouplisse les 35 heures, très bien, mais en finir avec les 35 heures, cela veut dire qu’il n’y aura plus de durée légale du travail, donc plus d’heures supplémentaires, donc que les gens vont gagner moins" ! Pour le pouvoir d’achat, il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Sarkozy l’a dit : sur le pouvoir d’achat, rien ne sera fait car « les caisses sont vides ». Donc, serrez-vous la ceinture et travaillez. Si ce n’est pas une orientation !

Il y a donc bien la même orientation pro-Sarkozy dans le domaine européen et dans les affaires intérieures françaises. C’est d’ailleurs naturel. L’UE, c’est la semaine de travail à 48 heures. L’UE, c’est la liquidation des services publics. L’UE, c’est l’âge de la retraite à 67 ans, les assurances sociales privées et les fonds de pension. Comment peut-on approuver le traité de Lisbonne et combattre Sarkozy qui ne fait que mettre en œuvre les prescriptions de l’UE ? C’est évidemment impossible.

Le PS français est d’ores et déjà un parti entièrement « blairisé ». Il n’a pas eu besoin de fusionner avec les démocrates-chrétiens selon le modèle italien pour être sur la même ligne que Bayrou. C’est d’ailleurs pourquoi sont ridicules les protestations des socialistes qui refusent l’alliance avec le MODEM aux municipales mais acceptent cette comédie du « boycott » du congrès du 4 février.

Pour l’heure, un seul député PS sauve l’honneur. C’est Marc Dolez (voir communiqué sur notre site). Ceux qui sont encore de gauche l’accompagneront pour aller voter « non » à la révision constitutionnelle. Ce sera le point de partage. Et ceux qui resteront chez eux pour ne pas gêner Sarkozy montreront ce que valent réellement leurs discours.

Denis Collin

Source : La sociale www.la-sociale.net

[ (...) Normalement, c’est-à-dire si le mandat avait un sens, l’opération devrait capoter. Tous les partis « d’opposition » et certains parlementaires de la majorité sont ou opposés au fond du traité, ou partisans du traité mais à condition qu’il soit adopté par référendum. Qu’il s’agisse de Mme Royal ou de M. Bayrou, ils sont l’une et l’autre partisans du traité mais on fait campagne au printemps dernier en affirmant : pas de nouveau traité sans référendum. Ainsi, si tous les députés élus sous ces deux bannières auxquels on pourrait ajouter les « souverainistes » de l’UMP, refusaient de voter la révision constitutionnelle le 4 février, alors il manquerait à Sarkozy quelques voix pour atteindre la majorité requise des trois cinquièmes. Il serait alors contraint de procéder par la voie référendaire. ]

[1] On devrait se souvenir qu’en 2005 nombre d’éminences socialistes, à commencer par l’actuel président du FMI, avaient reproché à Jacques Chirac d’avoir usé de la voie référendaire, les questions européennes étant selon eux trop complexes pour être tranchées par ces ignorants de citoyens.

 

 

 

par Frédéric Maurin publié dans : rupturetranquille
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Mercredi 9 janvier 2008

Contre les Versaillais...

Tous à Versailles le 4 février 2008 !

Le 4 février 2008, les parlementaires français réunis en Congrès à Versailles, vont devoir voter pour ou contre la modification de la Constitution permettant, dans le même temps, la ratification définitive du Traité européen de Lisbonne ("mini traité") impulsé par N. Sarkozy et A. Merkel.

C’est le choix qui a été fait par le Gouvernement de N. Sarkozy et F. Fillon, appuyé par de nombreux parlementaires, pour revenir sur notre vote du 29 mai 2005, « sans risque » de se confronter à nouveau à la volonté populaire.

Car comme l’a dit lui-même N. Sarkozy, on sait bien qu’un nouveau référendum pourrait apporter une nouvelle victoire du "NON"
contre l’Europe libérale et capitaliste.

Or, il faut une majorité des 3/5 au Congrès pour que cette ratification soit votée.

L’UMP n’a pas, à elle seule, cette majorité qualifiée.

Si cette majorité n’est pas atteinte, la Constitution du 4 octobre 1958 impose alors la consultation populaire par référendum.

Le groupe parlementaire du PS (le groupe le plus important dans l’opposition) peut donc, avec quelques autres, faire basculer le sens du vote. Or, à ce jour, le PS a choisi de plier devant N. Sarkozy et a pour l’instant décrété de voter pour cette ratification lors du Congrès.

Cela est inacceptable et il faut donc nous manifester pour rappeler aux élus notre vote du 29 mai 2005.

Cette manifestation sur place est d’autant plus importante qu’en mars 2008 auront lieu les municipales et les cantonales. Les élus devraient donc être particulièrement sensibles à nos mobilisations.

Le mouvement citoyen « TOUS A VERSAILLES LE 4 FEVRIER 2008 » a donc créé le site Internet http://www.tousaversaillesle4fevrier2008.fr

C’est une plateforme logistique destinée à réunir et fédérer les sans-culotte de France et de Navarre qui souhaitent participer à une manifestation citoyenne le 4 février 2008.

Il s’agit, pour les initiateurs de ce site, de permettre le rassemblement du plus grand nombre le "Jour J" du Congrès (Assemblée Nationale et Sénat réunis à Versailles selon l’article 89 de la Constitution de 1958), pour faire entendre notre voix et demander que soit respecté notre choix du 29 mai 2005.

Il s’agit de s’opposer, en se manifestement physiquement, à ce que le Congrès ratifie le Traité de Lisbonne, pour contraindre ainsi le Gouvernement à nous soumettre ce texte par la voie référendaire.

Les mots d’ordre, drapeaux et couleurs, des participants à cette manifestation du 4 février 2008 seront ensuite "à la charge" des organisations, partis , individus, respectivement concernés, mais il va de soi qu’ils seront tous tournés vers un seul objectif :

Non à la ratification en Congrès, oui au référendum populaire !

Respectez notre « NON » !

"TOUS A VERSAILLES LE 4 FEVRIER 2008" se propose de tout mettre en œuvre pour permettre au plus grand nombre d’entre nous de se retrouver en fin de matinée le 4 février 2008 à Versailles face aux élus du peuple, quand ils devront engager leur voix sur un acte aussi grave.

Aussi, nous vous engageons à vous inscrire sur ce site, par région, et à nous envoyer un mail précisant notamment :

- le nombre de participants
- la somme allouée à la participation
- le lieu souhaité pour un passage en car ou un co-voiturage ou un compartiment de train (si pas assez de personnes pour louer un car)

Les responsables des régions prendront contact avec vous le plus rapidement possible. Votre engagement sera ferme et définitif une fois ce contact pris.

Nous estimons qu’il est extrêmement important pour notre avenir, au delà de nos tendances et de nos appartenances respectives, de nous rassembler et de manifester le 4 février 2008 à Versailles, au moment et au lieu du vote du Congrès, pour rappeler à nos élus, nos mandataires, qu’ils doivent avant tout respecter notre voix.

Le Collectif Bellaciao soutient et participe à cette initiative 100% citoyenne et républicaine : « TOUS A VERSAILLES LE 4 FEVRIER 2008 »

http://www.tousaversaillesle4fevrier2008.fr

C'est notre combat commun, c'est un combat de la gauche républicaine et démocrate, il transcende les clivages et les partis.

Faites passer !

Salut et fraternité

par Frédéric Maurin publié dans : rupturetranquille
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Mardi 1 janvier 2008

2007, année People

Une première année révolue pour ce bloc-note. Je ne commencerai pas l'année sans annoncer une bonne et une mauvaise nouvelle.

La bonne nouvelle, c'est que son audience a dernièrement explosé. L'audience quotidienne de 30-60 visiteurs de ces derniers mois a connu une rupture, évidemment tranquille : jusqu' à 1350 visiteurs sur la seule journée du 22 décembre 2007 !

 

La mauvaise nouvelle, c'est que son audience a dernièrement explosé simplement en vendant du « Carla Bruni nue » et autres délices, sur un de ces nombreux sites qui ont une visibilité proportionnelle à leur art d'évacuer toute question sociale.

Allez, je ne suis pas chien, je le nomme : il s'agit de  http://celebrite.aol.fr/ , toute  « l'actualité des stars, people et la jet-set ». Tout un programme quoi !

 

 Ce  mouvement de  « publicisation », « qui rend public », des affaires privées est le pendant du mouvement de privatisation-privation des biens, de la chose et des débats publics.

 

Il doit être combattu avec constance et sans état d'âme. En attendant des jours meilleurs. Des jours où les simples mots de « Je l'ai lu sur Voici, vu sur Gala, entendu sur TF1 » suscitera au mieux une ferme, mais civique, invitation à la fermer ; et, au pire, un silence poli.

 

Attention, en découdre avec tous médias de caniveau  n'exonère pas une "presse de qualité " de ses responsabilités : faire confondre modernité avec marchandisation, capitalisme et démocratie, progrès social et actionnariat salarié. Abaisser le citoyen au profit du client. Conformer la souveraineté populaire aux exigences du marché mondial.

 

 2008 année du peuple ?

Voici déjà deux rendez-vous, les 12 et 24 janvier, pour y travailler .  

Le 12 janvier

DEUXIÈME FORUM DU SYNDICALISME DE CLASSE ET DE MASSE SAMEDI 12 JANVIER 2008, de 9 h 30 à 18 h Paris XIe, grande salle du CICP, 21 ter rue Voltaire.

 

 

Texte de l'appel :

"Le 26 mai dernier, plus de 150 personnes se retrouvaient à Paris pour le 1er Forum du syndicalisme de classe et de masse, à l'appel de plusieurs syndicats et collectifs syndicaux. Une journée entière, elles ont discuté de la reconstruction du syndicalisme de classe et de masse, contre la collaboration de classe des directions syndicales. Un forum riche, positif, qui a débouché sur un bulletin commun, des interventions ciblées contre la mise en cause du droit de grève et dans les grèves de l'automne. Depuis, nous venons de vivre les grands mouvements d'octobre et de novembre, contre les premières attaques frontales du gouvernement Sarkozy. Contre la mise en cause du droit de grève, contre les franchises médicales, contre la remise en cause des régimes spéciaux, contre la loi Pécresse dans les universités. La forte mobilisation gréviste n'a pas pu empêcher la mise en place des mesures Sarkozy, en particulier contre les régimes spéciaux. Mais cette défaite (temporaire) s'explique avant tout par la collaboration des principales directions syndicales, non seulement de la CFDT mais aussi de la CGT. Elles ont préféré la négociation sur les bases gouvernementales (négociation de la destruction des acquis sociaux) à la lutte déterminée, l'isolement entreprise par entreprise, AG par AG, à la convergence des luttes, le particularisme à la jonction avec les fonctionnaires et les étudiants. Finalement, elles ont appelé à la reprise du travail à la première occasion, alors qu'en parallèle Sarkozy/Fillon/Bertrand  claironnaient que le fond des réformes n'était pas négociable. Nous sommes de plus en plus nombreux à comprendre la trahison des directions confédérales. Nous sommes de plus en plus nombreux à protester, à dénoncer, à ruer dans les brancards. Et pourtant, nous restons encore isolés, éparpillés dans nos régions et nos structures, alors qu'il faut construire un front d'opposition solide à la vague de collaboration de classe. Alors que l'offensive générale de Sarkozy ne fait que commencer, il y a urgence à nous rassembler, nous organiser. Urgence à nous mettre au clair sur les projets des directions confédérales, urgence à définir nos revendications, urgence à renouer avec les méthodes de lutte gagnantes du syndicalisme de classe. Nous appelons à amplifier les efforts en vue de regrouper les militants de lutte de classe dans les différents syndicats, pour combattre ensemble la ligne de la collaboration de classe et de la trahison des luttes, pour reconstruire le syndicalisme de classe. Nous appelons à la multiplication des rencontres entre militants de lutte de classe.  

En espérant votre participation, recevez, cher(e)s camarades, nos salutations syndicales militantes."

Suivent quelques adresses, à découvrir, des initiateurs de cette rencontre :

http://ouvalacgt.over-blog.com    http://www.cgtedalkia.com

 

http://collectif-syndical-classe.over-blog.com    http://courantintersyndical.free.fr

 

http://assoc.wanadoo.fr/continuer.la.cgt   http://www.luttes-etudiantes.com

 

Nota Bene: les termes de l'appel n'engagent que leurs signataires. Depuis le conflit sur les régimes spéciaux, un débat existe sur la position de la CGT...mieux vaut qu'il soit mené.
Quel a été le rôle de la CGT ? Position centriste ou position centrale ?
En 1993 et 2003, deux dates majeures de la contre-réforme des retraites, salariés du régime général et fonctionnaires ont pris 2 années 1/2 de cotisations supplémentaires "dans les dents", sans aucune contrepartie.
L'ouverture des négociations sur les régimes "spéciaux", qui n'auraient pas eu lieu sans la semaine de grêve,"semble" apporter des contreparties (sérieuses? c'est à voir...) sur la question des salaires et de la pénibilité.
Faire le pari d'un mouvement plus dur, plus long, qui aurait fait basculer l'opinion et reculer le gouvernement, me semble hasardeux.
En attendant, quel que soit notre âge, continuons à travailler 70 heures par semaine (dans et hors l'entreprise) contre le sarkozysme....

 

Pour le 24 janvier, c'est ici :

 

 

Communiqué commun des organisations syndicales de la Fonction publique FO - CGT - FSU - UNSA - CFTC - SOLIDAIRES

La forte mobilisation du 20 novembre 2007 a contraint le gouvernement à ouvrir une négociation salariale ce lundi 17 décembre 2007.

Or, les propositions qui ont été faites par le ministre chargé de la fonction publique ne sont pas acceptables tant sur la forme que sur le fond.

En effet, le gouvernement refuse d'accorder une mesure générale de revalorisation du point d'indice, seule à même d'assurer un réel maintien du pouvoir d'achat pour l'ensemble des agents de la fonction publique. Au contraire, il persiste à faire entrer dans le maintien du pouvoir d'achat des mesures individuelles de promotion (glissement vieillesse technicité), ce qui revient à nier le principe même de déroulement de carrière.

Ces pseudo négociations ne peuvent donc nous convenir car elles portent atteinte de façon frontale aux principes même de la négociation collective des salaires dans la fonction publique pour les remplacer par une individualisation des rémunérations.

Les mesures de gestion des ressources humaines annoncées dans le cadre de la réforme des politiques publiques heurtent également de façon frontale les fondamentaux du statut général de la fonction publique et vont contribuer à amplifier les suppressions d'emplois.

Pour l'ensemble de ces raisons, les organisations syndicales refusent de participer cette semaine à la conférence et à la réunion organisées par le ministère de la fonction publique.

ELLES APPELLENT SUR LEUR PLATEFORME COMMUNE A L'ACTION LE 24 JANVIER 2008 PAR LA GREVE ET LES MANIFESTATIONS POUR EXIGER L'OUVERTURE DE REELLES NEGOCIATIONS SUR LA VALEUR DU POINT D'INDICE ET LA REFONTE GLOBALE DES GRILLES INDICIAIRES, AFIN DE PERMETTRE LE RATTRAPAGE DES PERTES DE POUVOIR D'ACHAT.

Mais, avant celà, je relaie et partage les voeux de ReSPUBLICA, citant leur site et incitant à y voir de plus près : http://www.gaucherepublicaine.org/ 

"Je prends le temps de vous écrire pour vous souhaiter une bonne et heureuse année. Je souhaite à cette occasion vous apporter de nouveau l'affirmation que Respublica est, et reste, un journal engagé, partial, orienté. Toute politique repose sur un choix : un choix entre ce qui est estimé juste et injuste. La rédaction de Respublica a fait un choix, depuis le début de ce journal il y a neuf ans, de considérer comme injuste ce qui relève de la culture de la misère, du malheur social à vivre, de l'absence de soins et d'éducation, de la culture de l'aliénation, de la violence faite aux individus, à leur existence et à leur corps. Sur cette ligne, l'engagement de Respublica a traversé neuf années de vie politique, culturelle et éthique. Neuf années de rebondissements et de combats en faveur de ce que cette rédaction considère comme juste : l'accès aux soins pour tous en fonction des besoins, la défense de la laïcité, la défense de l'éducation, l'égalité de tous les citoyens, la défense des groupes sociaux les plus faibles et les plus vulnérables, la culture du savoir et de la distinction, l'édification d'une paix sociale reposant sur la paix individuelle, la promotion de l'audace et de la culture ; enfin, l'édification d'un Pacte Républicain unissant des individus et faisant d'eux des citoyens. Ces 9 années ont parfois été difficiles. Respublica a parfois dévié, mais au regard de ces neuf années, force est de constater que Respublica est aujourd'hui fidèle à la ligne qui fût la sienne.

En tant que rédacteur en chef, en ce début d'année, j'aurais pu écrire une fois de plus sur la politique désastreuse de notre pays. Mais pour ce premier numéro de l'année 2008, j'ai eu envie de vous écrire que nous allons vivre une époque extraordinaire, car elle sera celle du changement. Le monde de notre enfance s'en va. Il est éteint. Bientôt il ne sera plus que des lignes dans les livres d'histoire des écoles primaires, des noms de rues pour lesquels les enfants interrogeront leurs aînés, de vieux souvenirs partagés au coin d'un feu. Notre monde s'en va, et c'est un autre qui s'ouvre à notre regard. Ce monde est vierge. Il est neuf ; à peine foulé par ceux qui ont été les plus prompts à se l'approprier. De toute évidence, plus nous resterons crispé sur l'ancien, plus notre sagacité à l'endroit du futur s'étiolera, plus notre conscience se fixera sur l'inéluctable marche des ans et plus l'amertume nous submergera. Nous pouvons pleurer l'ancien monde. Nous le devons même ! Car il le mérite. Cependant, nous ne devons – à aucun prix ! – rester les corps et les coeurs rivés vers les années du passé. Le prix que nous aurions à payer serait le futur lui-même. Le notre certes ! Mais surtout celui de cette génération nouvelle qui arrive et pour laquelle, sous aucun prétexte, nous ne devons renier ce qui est le grand idéal de la République, cet idéal d'un Pacte passé entre des individus. Ce Pacte qui les fait citoyens entre eux. Nos parents et nous mêmes avons combattu pour lui. Nous avons transmis ses valeurs, nous avons oeuvré pour sa pérennité dans les coeurs. Aujourd'hui l'infâme serait de lui tourner le dos simplement parce que ce futur ne serait pas ce qu'a été notre passé. Nous devons préserver la gauche de l'esprit réactionnaire. Car – et loin s'en faut ! – le réactionnaire n'est pas nécessairement de droite. Le réactionnaire est celui qui ne s'imagine pas vivre autrement que dans l'ordre du monde qu'il a toujours connu. Il oublie l'histoire avant son monde. Il oublie les naissances. Il oublie l'inéluctable fin de toute chose. Il oublie la construction et l'édification sur les cendres. Lorsqu'il est de gauche, il oublie que le Pacte Républicain est un constant devenir, une adaptation permanente, un renouveau frappé d'audaces politiques et idéologiques. Pour le réactionnaire, l'avenir est « Le » danger. « Mieux vaut saborder les chances d'avenir que renoncer à mon monde ! » voilà une pensée digne d'un coeur réactionnaire. Làs, ce faisant, il endigue les forces de progrès, il bloque et paralyse toutes mécaniques de renaissance, de profusions, d'initiatives. Contre toute forme émancipation, il devient lui-même la cage.

Plus que jamais nous devons être de gauche ! Non dans l'esprit des partis, non dans le soucis d'être des militants zélés ou dans le vote. Nous devons être de gauche dans ce qu'il y a de plus profond : la création, la nouveauté, le chantier sans cesse propulser vers l'avenir, l'adaptation sans fin aux changement inéluctable du monde. S'il y a une mystique de gauche, alors elle est dans ce désir de s'épancher dans la construction de l'avenir pour poursuivre notre idéal de justice et de paix. Elle est dans cette extraordinaire capacité à concevoir tout terrain offert comme une opportunité de bâtir davantage de justice et de sérénité de vie. Là se trouve l'honneur du militant de gauche. Et aujourd'hui, mais le marasme indécent du sarkozysme, nous avons devant nous un chantier des plus extraordinairement ouvert. Depuis la seconde guerre mondiale, aucun militant de gauche n'a eu, face à lui, l'opportunité de création qui s'offre à nous. Aucun n'a connu un bouleversement d'époque semblable à celui qui se profile à nos pieds. Le projet social de la gauche est une ruine : édifions ! Le paysage des partis ne fonctionne plus : bouleversons le ! Le Pacte Républicain est déficient : réinventons-le. L'esprit de gauche est de concevoir tous ces outils comme étant au service de l'idéal de justice et de paix ; non l'inverse.

L'année qui arrive va être marquée par des élections – d'un faible intérêt pour la politique générale de notre pays – mais au delà, les européennes nous tendent les bras en 2009. Ces élections, de bien peu importances à l'ordinaire, auront cette fois une toute autre signification. D'abord elles sont proportionnelles (ce qui limitera les tactiques d'alliances lors des scrutins majoritaires, comme c'est le cas aux municipales), ensuite – et surtout ! – elles répondront à ce que, 4 ans plus tôt, la gauche de France a pu élever à la face des instances libérales, à la face de l'ordre d'un monde que certains entendent inscrire dans le marbre avec la douleur promises pour nos existences. Ces élections européennes résonneront du bruit de ce qui fût, à gauche, en Mai 2005, la négation stupéfiante des logiques claniques héritées d'un monde disparus, et la preuve – s'il en est encore besoin... – que la représentation politique offerte par nos partis n'est décidément plus en conformité avec les attentes des citoyens.

D'ici là nous aurons fort à faire ! Car la résistance face à l'oppression est une nécessité de tous les jours. L'invasion libérale anglo-saxonne poursuit son débarquement, et son serviteur zélé, Nicolas Sarkozy, frappe si fort, et partout, que la gauche semble KO debout. Les partis de l'ancienne gauche agonisent d'une mono-culture idéologique (leur incapacité à produire autre chose que de l'effondrement est symptomatique). Mais la gauche nouvelle s'enracine chaque jour davantage dans les coeurs de tous ces gens qui subissent de plein fouet ce qui est, sans conteste, la plus incroyable négation du Pacte Républicain que notre histoire ait connue. Éducation, santé, droit du travail et 35h, protection sociale, pouvoir d'achat, bio-éthique, culture, laïcité, unité de la population, droits de l'Homme et protection des individus, héritage culturel de ce qu'un De Gaulle nommait « la France éternelle » : Sarkozy a parfaitement compris que la gauche du XXe siècle n'a rien dans son arsenal idéologique pour contrer autre chose que des questions « économico-économiques ». Le président bâtit son projet sur une invasion éthique et culturelle dont les valeurs nous sont assénées à longueur de temps. Cette tactique est le coeur de ce qu'on peut désigner par le « sarkozysme ». Loin d'être un feu follet, Nicolas Sarkozy use des faiblesses de l'ancienne gauche pour détruire notre pays. Nous avons tant à faire ! Mais ce « tant à faire » ne doit pas être à regret. L'avenir ouvert est l'opportunité de créer autre chose. Nous sommes face à un bloc d'une belle pierre brute. De cette pierre, chargée d'un héritage sans pareil, à nous de faire émerger les formes de la sculpture prise en son sein. À nous de travailler notre matière, de reconstruire des formations politiques adéquates pour répondre aux attentes, et de fortifier nos fondamentaux idéologiques par de nouveaux apports. L'année qui s'annonce va être d'une dureté sans nom, pénible comme jamais, et elle sera de tous les combats. Mais j'ai envie de vous dire, à vous chers lecteurs, à vous militants de cette gauche nouvelle, que cette année va aussi nous offrir l'occasion de formuler des promesses d'avenir sans pareil. Elle va nous donner la possibilité de toutes les audaces. Elle va nous donner l'opportunité de nous montrer à chacun d'entre nous, ce que c'est qu'être de gauche.

De la part de la rédaction de Respublica : Bonne année à vous, individu-citoyens, membres du Pacte Républicain.

 Évariste Pour réagir aux articles,
écrire à evariste@gaucherepublicaine.org
"


 

par Frédéric Maurin publié dans : rupturetranquille
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