Sur France 3, François Fillon avait déclaré que "la démonstration qui sera faite de l'efficacité du dialogue social dans les transports peut ensuite servir de modèle pour être étendu dans d'autres secteurs, dont l'éducation nationale". (LEMONDE.FR avec AFP et Reuters | 17.07.07 | 20h14 • Mis à jour le 18.07.07 | 11h02)
Au-delà de la notion de service minimum, c'est avant tout le droit de l'ensemble des salariés à s'organiser et à manifester qui est visé. Même s'ils en ont fait bien peu usage ces dernières années par rapport aux grandes dates du mouvement social (1936, 1968 et les sursauts de 1995-2003), la perspective d'un front social reste une épee de Damoclès sérieuse sur la politique de l'Union pour la Minorité de Privilégiés emmenée par Sarkozy et ses "clones de l'ouverture" .
La qualification de "laboratoire de l'offensive généralisée contre le droit de grêve", qui dépasse évidemment les transports et les salariés du secteur des transports, me semble tout à fait pertinente dans ce tract.
Vivement la rentrée !
http://docsite.cgt.fr/5219_1183380766.pdf
Service minimum : ne laissons pas bâillonner les salariés et gruger les usagers !
Les organisations syndicales de l’Isère CFDT CFTC CGT FO FSU UNSA Solidaires appellent usagers et salariés, du privé comme du public, à faire du 31 Juillet une nouvelle étape de la mobilisation contre ce projet de loi en participant au rassemblement devant la Préfecture de l’Isère à 14h30.
Le problème du service public des transports réside essentiellement sur la tension extrême vécue sur les réseaux. Ceux-ci pâtissent de l’insuffisance des investissements humains et matériels depuis les années 1970 à l’origine de 90% des perturbations quotidiennes subies par les usagers (incidents, accidents, suppressions de services, de dessertes, retards…). Le débat au sénat a été contraint de le confirmer.
Les usagers subissent au quotidien. Le gouvernement va les tromper.
En imposant des restrictions sur le droit de grève, le gouvernement veut détourner l’attention des usagers et de l’opinion publique. Il veut autant masquer son désengagement que se protéger de capacités de réaction des salariés face à ses intentions de réduire encore plus les services publics, considérés dépenses superflues, et de mettre en oeuvre des mesures antisociales.
Les transports terrestres constituent le laboratoire d’une offensive visant à une restriction généralisée du droit de grève dans notre pays, entreprises privées et services publics confondus.
Non seulement la loi vise à cadenasser les conditions d’exercice du droit de grève, mais pire, en refusant d’y intégrer au parlement lamoindre proposition des organisations syndicales, elle entend verrouiller le dialogue social.
C’est donc un outil anti-négociation qui est recherché.
Nous réaffirmons fortement que nous voulons un dialogue social qui évite le recours à l’ultime forme de conflit. Mais alors pourquoi cette majorité parlementaire et ce gouvernement rejettent toutes les propositions des organisations syndicales pour rendre efficient ce dialogue ? La loi va détériorer la situation faite aux usagers en cas de grève. Elle ira à l’encontre des objectifs affichés, et peut même dangereusement faire prospérer des cas de figure non maîtrisés.
S’attaquer aux salariés se battant pour l’amélioration des matériels, le maintien des dessertes menacées par des choix de rentabilité, comme pour leurs conditions sociales, ne résoudra rien, n’apportera aucune réponse aux besoins de quelque nature que ce soit.
Les organisations syndicales de l’Isère, s’appuyant sur les déclarations nationales unitaires des organisations cheminotes (CFDT, CFTC, CGC, CGT, FGAAC, FO, Solidaires, UNSA), des fédérations et Unions fédérales des transports (CFDT, CFTC, CGT, FO) n’entendent pas laisser passer sans réagir cette opération de communication hypocrite et démagogique, d’ores et déjà perçue comme telle.
Elles appellent à la mobilisation et à une appropriation réelle du contenu de ce texte par l’opinion publique.
+ un petit entretien dans l'esprit de ce tract :
Le Monde
Didier Le Reste, secrétaire général des cheminots CGT
"Essayer de rendre impossible la grève dans les transports est contre-productif, dangereux"
e projet de loi sur le service minimum dans les transports est discuté au Sénat à partir de mardi 17 juillet. Quels amendements avez-vous proposés ?
La CGT a rappelé que ce projet de loi était inutile. Nous avons utilisé tous les leviers pour nous faire entendre. Et toutes les organisations syndicales sont unanimes, nous n'avons pas été écoutés.
Pourtant, le gouvernement nous avait dit qu'il était disponible pour nous recevoir et traduire nos contre-propositions en amendements. C'était de l'affichage politique. Si j'en crois le texte qui sort de la commission spéciale du Sénat, nos propositions n'ont pas été prises en compte.
Nous avons contacté les groupes politiques et nous espérons que nos amendements seront portés par les élus de l'opposition.
Quels points du texte posent problème ?
Le projet de loi ne répond ni à l'amélioration du service pour les usagers ni à une meilleure prévention des conflits. Sur ce dernier point, nous avons fait des propositions pour donner plus de moyens aux représentants des salariés dans les différences instances, notamment là où il y a absence de dialogue. Et nous proposons l'application de la règle des accords majoritaires.
La déclaration quarante-huit heures avant un conflit par le salarié de son intention de se mettre en grève constitue une remise en question fondamentale d'un droit individuel.
Le référendum à bulletin secret au bout de huit jours est contre-productif. Cela va dégrader les relations entre syndicats, entre grévistes et non-grévistes, entre salariés et encadrement...
Je compte proposer des consultations à bulletin secret sur d'autres sujets comme la réorganisation du fret à la SNCF. Et on verra bien que c'est le droit de grève le seul visé par la loi.
Craignez-vous que le texte soit durci par les parlementaires et encadre plus le droit de grève ?
Il faut savoir ce que l'on veut, améliorer le dialogue social et la prévention des conflits, la qualité du service public au quotidien ou casser le droit de grève. Il faut que le gouvernement ait le courage de sa politique et de ses opinions.
Allez-vous déclencher une grève contre le service minimum ?
Si les organisations syndicales sont unanimes contre le texte, elles doivent le manifester ensemble. La CGT a proposé une journée de mobilisation nationale le 31 juillet quand le texte sera discuté par les députés. Nous souhaitons que cela soit unitaire.
Cela dit, tout ne sera pas terminé avec le débat parlementaire. Il faudra négocier dans les entreprises. Il est clair que si ceux qui veulent s'attaquer au droit de grève radicalisent leur démarche, cela rendra quasi impossible toute négociation.
Pour les cheminots, tout est lié, la question du droit de grève, celle de la future réorganisation du fret avec des fermetures de gares de triage et quelque 7 000 licenciements annoncés, la question des régimes spéciaux de retraite, etc.
Ne risquez-vous pas de vous mettre à dos une opinion publique favorable au service minimum dans les transports ?
On ne peut pas découvrir l'usager seulement en temps de grève. Les grandes fédérations d'usagers disent que leur première préoccupation n'est pas le service minimum, mais les retards, les problèmes techniques...
La conflictualité a beaucoup baissé et n'est pas la priorité. Il reste sans doute des exigences de la part des usagers vis-à-vis de la SNCF et des cheminots. Mais il faut se replacer dans le cadre de ce qu'est un conflit. Il y a un rapport de force à établir pour les salariés avec des conséquences, des inconvénients pour les usagers. Nous ne sommes pas des "gréviculteurs" professionnels. Cela dit, essayer de rendre impossible la grève dans les transports est contre-productif, dangereux. Ce n'est pas en cassant le thermomètre que l'on fera baisser la température.
Propos recueillis par Rémi Barroux
Article paru dans l'édition du 17.07.07
LE MONDE | 16.07.07 | 15h01 • Mis à jour le 16.07.07 | 15h01
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