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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

30 Mai 2010

Un feuilleton sur la crise

Alors, Euro ?  , les marchés sont rassurés ? Eh bien non, pas tant que çà !

 

Voici un feuilleton sur la crise qui ne passera pas sur les médias aux ordres de l'Union pour une Minorité de Privilégiés (UMP).

 

Lâchez donc TF1, M6, la presse D'assault et leurs pâles imitateurs qui entonnent enthousiastes le même "Vive la crise", vive l'austérité, chanté par Libération en 1984:

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...et surtout ne ratez pas :

 

 

UN FEUILLETON POUR AIDER À COMPRENDRE ET MAÎTRISER LA CRISE DE L’UNION EUROPÉENNE

 

Source : http://www.m-pep.org/

 

Il fallait commémorer dignement le cinquième anniversaire de la victoire du « non » au référendum du 29 mai 2005 sur le traité constitutionnel européen. Conformément à sa démarche d’éducation populaire et de repolitisation de la population, le M’PEP a donc décidé de décrypter et d’essayer de rendre accessible au plus grand nombre les ressorts de la crise de l’Union européenne et les solutions à envisager pour y mettre un terme, au moyen d’un feuilleton qui devrait compter une douzaine d’épisodes. Car il se dit et s’écrit n’importe quoi à propos de cette crise. Les grands médias manipulent, beaucoup d’ « experts » enfument, et le citoyen de base peine à s’y retrouver. La situation peut être parfaitement contrôlée si un certain nombre de mesures sont prises dans les pays concernés, et donc en Grèce, en France ou ailleurs.

Deux conditions sont à réunir pour y parvenir : des luttes sociales d’une ampleur et d’une radicalité encore inconnues – à situation exceptionnelle luttes exceptionnelles -, et l’accession au pouvoir de gouvernements réellement de gauche. Les analyses et propositions formulées par le M’PEP ont pour ambition de contribuer à stimuler et à préciser les objectifs des luttes sociales immédiates et à alimenter la construction d’un programme de gouvernement vraiment de gauche qui fait défaut aujourd’hui.

Si la Grèce était une banque, il y a longtemps que l’Union européenne et le FMI l’auraient « sauvée » ! Le peuple grec, et bientôt tous les autres peuples membres de la zone euro et au-delà, sont victimes à la fois du système financier international (la crise de la dette privée des subprimes), de l’Union européenne (UE), des dirigeants des pays membres de l’Union européenne, de leurs propres gouvernements (socialistes pour les Grecs, les Espagnols et les Portugais) et du Fonds monétaire international (FMI). Voilà les adversaires à désigner clairement et à combattre.

La situation à la fin du premier semestre 2010, au moment où ce texte est écrit, comme dans toute période de crise, peut susciter des réactions opposées. D’un côté, les forces les plus obscures des sociétés peuvent se déchaîner. Ce sont les forces mues par les instincts les plus vils et les plus bas, de la haine, du racisme, de la xénophobie, du nationalisme, de l’extrême droite. Ce sont les forces de la déraison et de l’irrationnel. C’est le fond de cuve des sociétés qui se met à faire surface. Depuis des années ces forces gagnent du terrain en Europe et en Europe seulement, au fur et à mesure que les dirigeants politiques de l’Union européenne étalent leur impuissance, leur suffisance et leur vanité. On pourrait se demander, tant les décisions prises par ces dirigeants apparaissent souvent aberrantes, si cette impuissance est réelle ou volontaire. Et si, par conséquent, l’écrasement des peuples et l’instauration d’une forme de dictature eurocrate est vraiment leur ambition.

Si les classes dirigeantes européennes avaient pu éviter la crise de la Grèce, qui est devenue la crise de l’euro pour se transformer en crise de l’Union européenne – avant de devenir peut-être la nième crise financière internationales – elles l’auraient fait. Car cette crise menace la stabilité et le niveau des profits de certains agents du système (les banques notamment) et nuit à la crédibilité de tout le système. L’appel à l’aide du Fonds monétaire international est également une preuve d’impuissance, certains oligarques européens auraient préféré s’en passer puisque ce recours établit la preuve que le système de Bruxelles ne peut pas résoudre lui-même les problèmes européens. Les dirigeants allemands, en revanche, font partie de ceux qui souhaitaient l’intervention du FMI.

D’un autre côté, les forces progressistes, humanistes, internationalistes – les forces de la vraie gauche – peuvent gagner la majorité de la population si leurs analyses et propositions coïncident avec les aspirations des peuples et au moment historique dans lequel se trouve l’Europe. Malheureusement, le piège européen s’est refermé sur la gauche. La « construction » européenne, qui n’a été jusqu’à maintenant que la construction d’un capitalisme à l’européenne, s’est révélé être une formidable machine à diviser la gauche. Une partie très importante de la gauche politique, syndicale et associative a été neutralisée en épousant le mythe européen. Pour que la gauche redevienne la gauche, il lui faudra faire sur elle-même un effort considérable de retour au réel et de rupture avec le système de Bruxelles, sans pour autant renoncer à construire de nouvelles formes de relations multilatérales avec les pays européens et méditerranéens. À la fin du mois de mai 2010, les luttes sociales éprouvaient beaucoup de difficultés à se généraliser dans la zone euro. Quant aux gauches européennes, elles restaient divisées sur l’analyse du système européen lui-même et sur la question principale à se poser : la nécessité ou non de sortir de l’euro.

Pour essayer de clarifier ces enjeux et solutions, le M’PEP va diffuser un feuilleton sur la crise de l’Union européenne afin d’aider chacun à se faire sa propre opinion et à lutter pour des alternatives progressistes.

L’épisode n° 1 sera diffusé le mardi 1er juin. Il aura pour titre : «  En Grèce comme ailleurs, refuser les plans d’austérité et la remise en cause de la démocratie  ». Les prochains épisodes suivront à quelques jours d’intervalles et aborderont, pour l’instant, les questions suivantes :

  • Épisode n° 2 : Ne pas accepter les prêts des gouvernements, de l’Union européenne et du FMI car ils sont conditionnés par l’austérité.
  • Épisode n° 3 : Sortir de l’euro, rétablir les monnaies nationales, avancer vers une monnaie commune.
  • Épisode n° 4 : Dévaluer.
  • Épisode n° 5 : Renégocier la dette.
  • Épisode n° 6 : Nationaliser la politique monétaire.
  • Épisode n° 7 : Nationaliser les banques et les compagnies d’assurance, démanteler les marchés financiers.
  • Épisode n° 8 : Contrôler les changes et les mouvements de capitaux.
  • Épisode n° 9 : Organiser une relance économique, sociale et écologique basée sur un grand emprunt national servant à amorcer le financement du droit opposable à l’emploi.
  • Épisode n° 10 : Prendre des mesures protectionnistes, si nécessaire, dans le cadre universaliste de la Charte de La Havane.
  • Épisode n° 11 : Comprendre la crise de l’Union européenne.
  • Épisode n° 12 : Après les actionnaires des banques, il faut aider la gauche qui semble totalement dépassée par les évènements.
  • Épisode n° 13 : Construire une union des peuples et des nations d’Europe sur des bases de gauche.

http://www.m-pep.org/spip.php?article1698

Publié par Frédéric Maurin à 20:19pm - Voir le commentaire ()

29 Mai 2010

Alors, Euro ?

Nous y sommes… La Grèce et la crise de la zone euro…

Par Jacques Sapir

 

Source :

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 http://www.medelu.org/

 

(Rappel de quelques pétitions en ligne:

Solidarité avec le peuple grec ! )

 

Cette fois, nous y sommes : la crise grecque déborde des frontières, comme c’était prévisible et avait d’ailleurs été prévu. Les problèmes de la Grèce sont en effet connus depuis septembre 2009, et même avant. Il était évident qu’un effet de contagion se manifesterait. Désormais, on peut craindre qu’il ne soit trop tard pour réagir et sauver l’euro.

La zone euro est bien entrée en crise avec le transfert de la spéculation sur le Portugal (en raison de la baisse de sa note) et les problèmes qui commencent à monter sur l’Espagne et l’Italie, en raison des difficultés que ces pays rencontrent pour placer leur dette à moyen et long terme. Les tergiversations (pour ne pas dire plus) des pays de la zone euro à réagir à ce qui aurait pu n’être, au départ, qu’une crise localisée, ainsi que la mauvaise volonté allemande à jouer le jeu de la solidarité ont été des éléments clés dans son déclenchement. Mais, sur le fond, c’est bien le principe même de la zone euro qui est en cause, à savoir la tentative d’imposer une règle monétaire unique à des pays dont les économies sont profondément différentes, et le tout sans mécanismes institutionnels de solidarité.

Cette crise va prendre la forme d’une succession d’attaques spéculatives contre divers pays. Tant que l’on ne décrètera pas un contrôle sur les mouvements des capitaux à court terme, les capacités à résister à de telles attaques seront des plus limitées. La crise va donc empirer, et connaîtra une accélération brutale avec soit la sortie de la Grèce de la zone euro, soit l’annonce d’un défaut sur sa dette, soit les deux.

À qui le tour ?

Il faut d’abord considérer quels sont les pays sur lesquels la spéculation financière va désormais se porter. On peut ici raisonner soit en statique soit en dynamique. Dans le graphique 1, on utilise un repère avec, pour axe horizontal, la part de la dette publique en pourcentage du PIB (telle qu’elle a été estimée pour 2010) et, pour axe vertical, l’importance du déficit probable pour 2010. On indique la moyenne de la zone euro pour les deux axes [1].

 

Graphique 1

Cette présentation en statique découpe l’espace en 4 quadrants. Celui du « sud-ouest » recevrait les pays sous la moyenne à la fois du déficit et de la dette, donc en principe à l’abri de la spéculation. Il est vide. Dans le quadrant supérieur, ou « nord-ouest », se situe l’Espagne, pays dont la dette est inférieure à la moyenne, mais dont le déficit, lui, est supérieur à la moyenne. C’est un premier cas d’inquiétude.

Dans le troisième quadrant, ou « sud-est », on trouve l’Italie, pays ou le déficit est inférieur à la moyenne de la zone euro, mais où la dette publique est supérieure à la moyenne. C’est un second cas d’inquiétude. La Grèce, l’Irlande et le Portugal se trouvent dans quatrième quadrant, ou « nord-est », celui des pays à la fois au-dessus de la moyenne de la zone euro pour la dette et pour le déficit. C’est incontestablement celui du plus grand danger.

On peut aussi proposer, en dynamique, une autre présentation. Dans le graphique 2, on a remplacé le montant de la dette publique en pourcentage du PIB par son taux d’accroissement. Il indique alors que l’Italie serait la moins exposée, et l’Espagne et l’Irlande les plus exposées.

Il est alors intéressant de noter que les pays les plus attaqués sont, outre la Grèce et en ordre décroissant de danger, le Portugal, l’Espagne et l’Italie. Ceci traduit un préjugé défavorable aux pays du sud de l’Europe car l’Irlande est, en fait, tout aussi exposée que le Portugal, et elle l’est davantage que l’Espagne. Les préjugés jouent ainsi un rôle dans la spéculation, et l’absence de la Belgique de ce tableau constitue aussi une indication importante. La spéculation a bien identifié les pays à risque et elle respecte donc une certaine logique, mais elle est susceptible de « découvrir » brutalement de nouvelles raisons d’inquiétude. En fait, peu de pays sont réellement à l’abri.

 

Graphique 2

Le plan d’aide à la Grèce prévoyait 45 milliards d’euros. Aujourd’hui on parle de 55 à 75 milliards d’euros [2]. Derrière ces sommes, se profilent des montants encore plus énormes. On cite ainsi le chiffre de 600 milliards d’euros pour faire face à une crise qui déborderait de la Grèce et toucherait les quatre autres pays cités plus haut.
Il est clair que la crise s’accélère désormais de jour en jour. Lors d’un séminaire organisé à Caracas, en novembre 2008, j’avais qualifié cette crise de « virus mutant » :
 http://www.medelu.org/spip.php ?article405. Jamais le terme n’a été aussi justifié.

Sortir de la zone euro ?

La question de la sortie de la Grèce de la zone euro a été posée par plusieurs responsables conservateurs allemands, et reprise par le Bild et le Spiegel. Si l’on voit pointer l’égoïsme allemand dans ces déclarations, il n’en est pas moins vrai qu’elles décrivent ce qui est très probablement la meilleure des solutions pour Athènes. Une sortie de la zone euro, accompagnée d’une forte dévaluation (30 % au minimum) ET d’un défaut partiel sur sa dette publique sont très certainement les conditions d’un retour de la Grèce à la croissance.

Le problème de la zone euro reste cependant entier. Il faut ici rappeler que cette zone est très utile à l’Allemagne dans la mesure où elle lui ouvre un vaste marché sur lequel elle peut accumuler les excédents commerciaux sans être menacée de dévaluations compétitives en retour. Ceci implique néanmoins qu’elle n’abuse pas de sa position et ne mette pas ses principaux partenaires dans une situation intenable. Or c’est exactement ce qu’elle a fait en transférant une bonne partie des charges patronales vers l’impôt. Dans le même mouvement, elle a diminué les charges de ses entreprises, leur permettant ainsi de baisser leurs prix, et elle a restreint sa demande intérieure, privant ainsi ses partenaires d’une partie de son marché potentiel. Cela équivaut à une dévaluation de 10% de sa part, avec comme conséquence un accroissement brutal du déficit commercial des autres pays de la zone euro.

Graphique 3

Source : Eurostat.

Dans ces conditions, le refus, à peine déguisé, de l’Allemagne de participer à une aide collective en faveur de la Grèce, et les conditions qu’elle y met apparaissent bien comme des incohérences. La seule explication possible est qu’à Berlin on ne croit pas en une sortie massive de ses partenaires hors de la zone euro. Mais est-ce un bon calcul ?

On a beaucoup glosé sur les avantages, réels ou supposés, de la monnaie unique. Si l’on met de côté la réduction des coûts de transaction liés au change (mais qui seraient réduits tout aussi bien par un système de taux de changes fixes révisables annuellement), le seul avantage réel de la monnaie unique a été la baisse des taux d’intérêt. Il est vrai que si l’on compare les taux sur les emprunts publics à 10 ans, le taux allemand est de 3,04 %, alors que le taux français est de 3,32%, soit un écart (spread) de 28 points. On remarquera cependant que le taux de l’Italie est à 4,12% (un spread de 108 points) alors que celui du Royaume-Uni est seulement de 3,93%.

Si la convergence des taux a bien été une réalité jusqu’en 2007, il n’en va plus de même aujourd’hui. Ici encore, il convient de remarquer que l’on pourrait facilement dissocier les taux d’intérêt par un système de contrôle strict sur les capitaux, accompagné par le retour d’un montant obligatoire de bons du Trésor que les banques commerciales devraient détenir. Un tel système créerait artificiellement un « appétit » pour les titres publics, qui pourraient provisoirement être escomptés par la Banque centrale du pays considéré. Le taux d’escompte de la Banque centrale redeviendrait ainsi le taux directeur pour ce pays.

En fait, l’euro s’est seulement imposé comme un choix logique dans la mesure où nous sommes entrés dans une situation de liberté totale des mouvements de capitaux. Or rien ne l’impose à la France et aux pays du noyau historique de l’Europe, si ce n’est les profits des banques. Si l’Allemagne se montrait par trop inflexible sur sa politique monétaire, une sortie de l’euro devrait alors être envisagée. Compte tenu du volume des échanges entre les deux pays, une dévaluation de la France de 20 % à 25 % aurait des conséquences catastrophiques sur l’économie allemande.

Ceci ne signifie pas qu’une telle sortie soit simple et facile. Elle devrait s’accompagner de mesures structurelles importantes en matière de contrôle des capitaux et de contrôle des changes. Un défaut, au moins partiel sur la dette publique, s’imposerait aussi. Le statut de la Banque de France devrait, bien entendu, être modifié. Une politique qui reconstituerait un pôle public du crédit, et qui ferait le choix de l’industrie contre les banques aurait une véritable cohérence.

Le réel problème est celui de la dynamique qui serait créée par les anticipations des marchés. Que la France fasse publiquement état de cette possibilité, et ses conditions de refinancement de dans la zone euro se détérioreraient alors rapidement, rendant alors inévitable sa sortie de la monnaie unique. Mais tant que cette menace sera tenue secrète, peut-elle être prise au sérieux par l’Allemagne ? La liste est longue des abandons consentis par Paris au nom du « binôme franco-allemand ». Mais, pour qu’un tel « binôme » existe, encore faut-il être deux…

L’heure des choix a sonné : ou bien la France sera contrainte par la crise, et sera devenue objet et non sujet de sa propre histoire, assistant impuissante aux évolutions monétaires et économiques ; ou bien elle décidera de faire de malheur vertu. La crise de la zone euro, on l’a dit, est inévitable. Au lieu d’être le jouet des événements, il faudrait les convoquer et les organiser au profit d’une autre politique. Peut-être que l’Allemagne, ainsi mise au pied du mur, se rendrait compte des désastres que sa politique a provoqués. Une réforme radicale, in extremis, de la zone euro n’est pas complètement impossible. Mais si l’Allemagne s’entête dans l’autisme, la France aura au moins une porte de sortie viable.

De tels choix ne semblent pas pouvoir être portés par l’équipe au pouvoir, et probablement pas davantage par une partie de l’opposition. Il faut à la France une nouvelle alliance.


 

 

Ce que j'aime chez Jacques Sapir, c'est qu'il montre que tous les économistes ne se ressemblent pas :

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et qu'une autre politique est possible :

 http://www.brn-presse.fr/

 

 

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Contraîrement à ce que l'on peut vous faire croire :

Publié par Frédéric Maurin à 08:03am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

27 Mai 2010

Austérité, rigueur : il n'y a pas de plan B !

Ach, la crise, les 35 heures, la retraite à 60 ans de Mitterand : 

 

 gross'malheur !

 

Il vous l'avait bien dit :

 

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Il va falloir faire des efforts.

Un petit sacrifice pour ses lendemains qui chantent,

Un petit geste pour l'Union Européenne,

Sauvez l'Euro, soyez solidaires !

Vous y êtes obligés :

D'ailleurs, il n'y a pas de Plan B:

 

(Bien qu'en réfléchissant bien il y en ait peut-être un :

 http://www.brn-presse.fr )

mais éviter de penser, n'allez pas effrayer les marchés !

 

 

Source : http://www.leplanb.org/  (j'ose pas ! Il y aurait eu un Plan B?)

 

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En mars 2006, entre la victoire du « non » au référendum sur la Constitution européenne et le triomphe de la bataille contre le CPE, les fées de la lutte sociale s’étaient penchées sur le berceau de la jeune publication sardone. Agitant leurs banderoles magiques, elles avaient prévenu qu’un journal de critique des médias et d’enquêtes sociales tirerait sa force de son ancrage dans les cortèges autant que de son audience. Entrelacer guerre sociale et guerre des idées, nourrir celle-ci au lait de celle-là  : la ligne était tracée.

Las  ! Depuis cinq numéros, ventes en kiosque et abonnements fléchissent, maintenant l’esquif à peine au-dessus de l’étiage. Mais, surtout, la diffusion militante s’effondre, passant de 3 500 exemplaires à moins de 200. Ce coup de sabre dans les jarrets reflète une humeur générale faite de braises sombres et de colères rentrées. La violence de la crise sociale et le sabotage des mobilisations de 2009 par les directions syndicales ont produit leur effet. Nous avons pris notre part à cette désaffection en n’animant plus avec la même constance les centaines de réunions publiques qui unissaient, par-delà le papier, le journal à ses lecteurs. La raréfaction des manifestations a fait le reste.

L’Internationale sardonique a donc décidé de suspendre la parution de son organe tant que les conditions d’une relance ébouriffante ne sont pas réunies. Bien des groupes militants se sont fixé pour seul objectif de faire vivre leurs structures… Le Plan B s’en voudrait de marcher sur leurs barbiches. En effet, la Sardonie n’a pas vocation à installer des apparatchiks de la contestation. Décrivant les principes fondamentaux de la guerre de partisans élaborés en 1928, Mao explique  : « L’ennemi avance, nous reculons  ; l’ennemi s’immobilise, nous le harcelons  ; l’ennemi s’épuise, nous le frappons  ; l’ennemi recule, nous le pourchassons. [1] » Un journal qui mord et fuit, telle est notre tactique depuis dix ans.

Dix ans  ? Oui  : en juin 2000, 20 000 numéros zéro d’un journal baptisé PLPL (Pour lire pas lu) inondent les rues de Millau lors du rassemblement de soutien aux inculpés de la Confédération paysanne. D’abord diffusée sous le manteau, puis sur abonnement et partout où l’on se tient debout, l’étincelle PLPL embrase la morne plaine de la presse de centre gauche. Projetant son venin sardonique sur « les médias qui mentent, les patrons qui plastronnent et la gauche qui capitule », PLPL libère un territoire intellectuel où convergent les résistants les plus aguerris et les plus joyeux  : la Sardonie. Ce nom découle d’une objection formulée par l’écrivain Günter Grass à notre parrain Pierre Bourdieu en 1999  : « Je n’ai pas dit que nous vivions une époque drôle. Mais le rire sarcastique, sardonique, libérateur, c’est aussi une manière de protester. »

Seul contre tous, mais équipé d’une colonne vertébrale, PLPL charge les légions de quadrupèdes qui règnent sur les médias dominants. Repolitiser la question de la production de l’information, exposer les biais d’un traitement systématiquement hostile aux salariés et aux chômeurs, arracher leur masque de respectabilité aux éditorialistes et aux intellectuels à gages, mettre en garde les contestataires contre l’impasse de la stratégie médiatique  : en 2006, Le Plan B reprendra ces objectifs à son compte, en y ajoutant celui de l’enquête sociale, qui confronte le monde réel à celui fabriqué par le Parti de la presse de l’argent.

La critique des médias se renouvelait alors. Elle pilonnait les faux impertinents (Michel Field, Philippe Val…) dont le discrédit actuel fait oublier à quel point ils furent adulés. Elle était portée  ; elle était dangereuse. Ceux qui s’y livraient étaient assimilés à des nazis par Le Monde, dont la direction tricéphale (Alain Minc, Edwy Plenel, Jean-Marie Colombani) représentait le comité central de la bourgeoisie (financière, moustachue, traditionnelle). Des proscrits nous encourageaient – « Temps futurs  ! Vision sublime  ! Les peuples sont hors de l’abîme »  ; des perroquets chauves et mélancoliques couinaient dans les jupes du pouvoir contre notre « antijournalisme de poubelle ». À chacun son style. Quand, pour fêter son lancement, Le Plan B pirata l’antenne de France Inter et envoya l’animateur Stéphane Paoli à l’hôpital avec une congestion cérébrale, les courriers indignés affluèrent (« Mais comment osez-vous, un homme si bon  ! »). Nos plumes hilares brisaient leurs hallebardes.

L’atmosphère a changé. On ne nous hait plus, on ne nous injurie plus. Les traits vipérins s’espacent, le chyme claircit (voir la déclaration d’amour ci-contre). Qui se trouve hors d’état de susciter l’adversité frôle la mort politique. À l’exception de la Garde des lecteurs sardons, qui parfois plie mais jamais ne rompt, on nous achète sans conviction, on nous jette un œil sans éclat, on nous approuve sans en tirer de conséquences pratiques. On nous consomme. Certains s’en seraient contentés  ; pas nous.

Pendant que Le Plan B part aux champs, les grands médias traditionnels descendent au cercueil. Le Monde, Libération,  Charlie Hebdo  tutoient le dépôt de bilan  ; TF1 s’asphyxie  ; Lagardère quitte le navire du papier. Lecteurs et téléspectateurs fuient sur Internet et sur les chaînes câblées, emportant avec eux la manne publicitaire. Cette multiplication des canaux d’information et des informateurs a écrêté les centres de pouvoir éditoriaux. Hier, trois cathédrales faisaient carillonner la pensée dominante  ; mille bouches numériques la chuchotent aujourd’hui, mais avec la certitude de porter la voix du maquis. Assurément, Le Plan B n’a pas suivi ce tournant.

Simultanément, la critique des médias se banalise et, parfois, dégénère. Des politiques s’en font parure pour gagner quelques points dans les sondages  ; des blogueurs commentent sans fin les commentaires pour doper l’audience de leur site  ; des amuseurs rivalisent de sarcasmes pour accroître leur notoriété  ; des bobos braillent « c’est la faute à TF1  ! » pour s’épargner la peine d’une analyse sociale et politique. Mais tous se pâment devant Florence Aubenas. Nous ne croyons pas au journalisme, ni à sa figure centrale, personnification d’une illusoire liberté petite-bourgeoise. Dans nos régimes, l’information prolonge la guerre des classes par d’autres moyens. Qui la possède la contrôle, fût-ce au prix d’un zeste de dissidence ou de dérision tarifée.

Satirique et mordante, la Sardonie ne se résume pas au ricanement hors sol, version comique de l’art pour l’art. Dans la tradition carnavalesque, le rire populaire caractérise un monde parallèle où hiérarchies, castes et contraintes s’inversent. De la même manière, le rire sardonique est lié à l’ordre social dans un rapport de renversement. Sans ce dernier, il n’est rien. La critique radicale des médias n’est pas une fin en soi. Elle s’inscrit dans un projet politique et vise à détruire l’obstacle que les grands moyens d’information dressent sur la voie de l’émancipation.

C’est peu dire qu’il reste à faire. Les médias mentent toujours, les patrons plastronnent encore, la gauche capitule inlassablement. Mais au moins ces vérités-là sont-elles chevillées aux esprits. Celui de la Sardonie a irrigué des dizaines de journaux et de radios alternatives, des centaines de blogs. Malgré ses difficultés perpétuelles, la presse libre germine et prépare les embuscades. Nous comptons sur notre fidèle vitrine universitaire, Acrimed, pour porter l’estocade à l’ex-complice d’Alain Minc, Edwy Plenel [2], et pour analyser la stratégie médiatique des formations de la gauche de gauche.

En attendant notre reparution, dans un mois, dans un an, au détour d’une manifestation, sous un pavé, pour tirer un coup de pistolet dans la noce des satisfaits, l’Internationale sardonique nous communique ce message inspiré des Raisins de la colère de John Steinbeck (chapitre 28)  : « La Sardonie sera toujours là, partout, dans l’ombre. Partout où tu porteras les yeux. Partout où il y aura une bagarre pour que les gens puissent avoir à manger, la Sardonie sera là. Partout où il y aura un flic moustachu en train de passer un type à tabac, la Sardonie sera là. Dans les cris des gens qui se mettent en colère parce qu’ils n’ont rien dans le ventre, la Sardonie sera là. Elle brille de mille feux.
Feu  ! Feu  ! Feu  ! »

Paru dans Le Plan B n°23, juin-juillet 2010

Notes

[1] « Les problèmes stratégiques de la guerre révolutionnaire en Chine » (décembre 1936), in Mao Tsé-toung, Écrits choisis en trois volumes, vol. 1, Maspero, Paris, 1967, p. 118.

[2] Hourra  ! pour notre camarade Rivière qui, tirant parti de vieilles amitiés moustachues, s’inflige de longues réunions publiques aux côtés d’Edwy afin de recueillir – et publier – les propos ineptes de ce benêt.

 

Bon, plus sérieusement, c'est bientôt qu'on mange ?
 
 
Capital

 

Car certains ont l'air d'avoir faim :

 

Source : http://www.frontsyndical-classe.org/

 

 

Comme l’ensemble des acquis sociaux, les retraites sont depuis des décennies dans le collimateur du grand patronat, de ses gouvernements et de son UE (accords de Barcelone en 2002 programmant le recul de 5 ans de l’âge de la retraite, signés par Chirac et Jospin et admis par la CES et ses affiliés).

Le gouvernement Sarkozy, émanation directe du CAC 40, programme aujourd’hui une nouvelle attaque : recul de l’âge de la retraite, augmentation de la durée de cotisation, baisse des pensions…

 

A grands coups de campagnes médiatiques (menées par des journalistes dont la notoriété est proportionnelle à leur dévouement à servir la soupe à leurs maîtres les Bouygues, Dassault, Lagardère, Arnault, Pinault…), d’experts indépendants (sortis de Sciences-Po, de l’ENA… et dont la qualité première est d’être aux ordres du capital et de ne pas avoir de problème angoissant de retraite) et de « diagnostics partagés », le pouvoir prend comme prétexte tout à la fois sa crise et « l’évolution démographique » qui rendraient impossible le financement des retraites au nom de « la dette », une dette créée de toute pièce par les innombrables exonérations et autres subventions publiques au profit des grandes multinationales.

 

Or, des moyens pour les retraites, la France en a infiniment plus aujourd’hui qu’en 1945, grâce l’augmentation des richesses produites chaque année par le monde du travail. Rien qu’en revenant au partage capital/travail qui prévalait dans les années 1970, ce sont 180 milliards d’euros annuels qui peuvent être immédiatement dégagés pour les retraites, la sécu, l’éducation, le logement…

 

Ce n’est donc pas une quelconque loi naturelle qui impose la casse des retraites et au-delà, les régressions sans fin auxquelles semblent condamnés les peuples. C’est même un prodige que de parvenir à faire croire, alors que l’humanité laborieuse produit sans cesse davantage de richesses, qu’il est fatal que cette humanité vive de plus en plus mal et que les fortunes s’amassent du côté de l’aristocratie financière et de ses valets. En réalité, ce qui condamne les travailleurs à la souffrance sociale, à la précarité et à la misère, c’est le pouvoir des monopoles capitalistes qui soumet tout à la recherche du profit maximum.

 

Les travailleurs n’ont pas le choix : combattre tous ensemble, résister et contre-attaquer pour briser la puissance des monopoles capitalistes ou plonger dans l’exploitation sans limite.

 

Il faut donc préparer le mouvement tous ensemble en même temps contre la régression sociale. Cela ne se décrète pas mais cela doit se préparer au quotidien par la mise en lumière des enjeux de classe derrière tous les projets patronaux, gouvernementaux ou européens, par le refus des illusions du « dialogue social » et de la négociation de la régression sociale, par la construction concrète de l'unité dans l'action des travailleurs et de la jeunesse contre ce pouvoir destructeur. 

 

C’est pourquoi le Front Syndical de Classe lance cet appel à la construction d’un mouvement d’ensemble pour défendre les retraites à partir de revendications travaillées par de nombreuses bases syndicales et susceptibles de faire aujourd’hui l’unité la plus large.

 

 

Appel à la construction d’un mouvement  tous ensemble

pour sauver les retraites

 

Face à l’attaque du capital national et européen contre les retraites et alors que les moyens existent pour assurer leur avenir, il est urgent de construire un vaste mouvement populaire destiné à sauver les retraites en mettant le pouvoir sur la défensive.

 

Pour cela, travailleurs du public comme du privé, enseignants, étudiants…, doivent s’unir tous ensemble autour des revendications claires et précises qui émanent de nombreuses bases syndicales : annulation des contre-réformes Balladur-Fillon de 1993 et 2003, maintien du droit à la retraite à 60 ans et retour aux 37,5 annuités et 75% du brut pour tous avec prise en compte des années d'études professionnelles et d'apprentissage, indexation des pensions sur les salaires, maintien du Code des pensions et des statuts particuliers (annulation de la contre-réforme des régimes spéciaux de 2007).

 

Le Front Syndical de Classe s’adresse donc à toutes les forces syndicales et politiques se réclamant du monde du travail et du progrès pour les appeler à tout mettre en œuvre afin de défendre les intérêts populaires, en créant des collectifs de défense de retraites à l’image de ce qui s’était passé en 2005 pour le NON au TCE, en développant les contacts intersyndicaux locaux ou en préparant comme première étape une manifestation nationale unitaire à Paris pour la défense des retraites.

                                                                                                                    

Le monde du travail ne gagnera qu’en construisant un rapport de force de haut niveau sur les contenus et les perspectives d’action. Cela ne se décrète pas mais cela se prépare.

 

Public/privé, ce sont toutes les retraites qui sont attaquées.

C’est tous ensemble qu’on les défendra !

Publié par Frédéric Maurin à 17:20pm - Voir le commentaire ()
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23 Mai 2010

Austérité : Sarkozy, ne fais pas le rat

Jean-Pierre Chevèment appelle Sarkozy à ne pas se comporter comme un rat.

Je sais qu'un républicain doit avoir un devoir d'optimisme mais concernant Sarkozy, dont le coeur du projet est de Défaire méthodiquement le programme du CNR  , cela relève de la naïveté.

 

Bon cela ne coûte rien d'essayer :

 

Source : http://www.chevenement.fr/

 

Le joueur de flûte et les rats

La proposition du Président de la République d’inscrire, à l’image de l’Allemagne, la réduction des déficits budgétaires dans la Constitution, va à rebours de ce qu’il faudrait faire : non pas s’aligner sur l’orthodoxie libérale allemande, legs d’une histoire traumatique, mais convaincre nos amis allemands de prendre la tête d’une initiative de croissance européenne, fondée sur la relance de la consommation intérieure et sur l’investissement public, et cela, dans leur intérêt même : l’Allemagne réalise en effet 60% de ses excédents commerciaux sur la zone Euro.

 

Quand tous les autres pays de la zone Euro se seront mis à l’heure allemande pour conjuguer leurs plans de rigueur respectifs, une crise économique et sociale majeure en résultera inévitablement en Europe, dont l’Allemagne, du fait de la structure de son commerce extérieur, sera la première à faire les frais. Les Français sont fondés à attendre de leur Président qu’il parle non pas le langage de l’alignement, mais celui d’une France inventive, volontaire et entreprenante. Dans un conte germanique célèbre, le joueur de flûte de la ville de Hameln, entraîne les rats vers le précipice. Monsieur le Président, ne nous mettez pas dans la situation des rats ! Faîtes entendre une musique française et européenne ! Car l’euro n’est pas seulement la monnaie de l’Allemagne. C’est la monnaie de l’Europe. Or, l’Europe, bien que moins endettée que les Etats-Unis et le Japon est aujourd’hui la lanterne rouge de la croissance mondiale. Renversez la vapeur, Monsieur le Président ! Ne vous laissez pas glisser sur la pente fatale d’une rigueur imposée de l’extérieur. Celle-ci ne répond à rien sinon à l’exigence de cupidité sans limite des marchés financiers Ce sont ceux-ci qu’il faut mettre sous contrôle et pas la consommation des Européens ! Il faut vous dégager de la logique maastrichtienne qui a conduit à la crise actuelle, changer les règles du jeu de l’euro. C’est le moment ! C’est difficile ? Mais tous les pays européens vous soutiendront, ainsi que les Etats-Unis d’Amérique qui pour combler leur propre déficit on besoin d’une locomotive européenne puissante : Il n’est que d’oser, Monsieur le Président !

 

Bon, personnellement, je pense à d'autres méthodes pour se faire entendre.

 

Tenez la pétition, tous ensemble et en même temps par exemple :

http://tous-ensemble.dyndns.org/

 

Face à la casse généralisée des acquis populaires, seule la construction d'une action déterminée « tous ensemble et en même temps » permettra de stopper la rupture sarkozyste et de remettre la France sur la voie des libertés démocratiques et du progrès social !

Blocage de fait des salaires et pensions, démantèlement de la Fonction publique, de l’Education nationale, et des autres services publics (hôpital, SNCF, EDF-GDF, poste, F.T., impôts…), casse et délocalisation de l’emploi industriel, démolition des conventions collectives, du droit du travail, des statuts publics, étranglement des retraites à répartition et de la Sécu, traque des chômeurs, harcèlement contre les ouvriers sans papiers tout juste bons à payer des impôts, destruction du CNRS, privatisation rampante de l’Université… la « rupture » sarkozyste s’attaque avec brutalité à l’ensemble des acquis sociaux, républicains, laïques et démocratiques du peuple français sous l’impulsion du MEDEF et de l’Union européenne, qui ne cesse de sommer la France de réduire dépenses publiques et sociales. En ce début d'été 2008, la France subit une contre-révolution euro-libérale de grande ampleur et une régression sociale sans précédent depuis 70 ans.

Face à cette offensive mortelle, les Français rejettent massivement la politique socio-économique du gouvernement. Une large majorité de salariés se dit prête à participer à un mouvement d’ensemble pour arrêter le rouleau compresseur de l’UMP et du MEDEF. Des luttes nombreuses et résolues ont lieu (salariés du public et du privé, chômeurs, lycéens, retraités et assurés sociaux, mais aussi travailleurs indépendants écrasés par une politique entièrement au service des grands actionnaires). Notre peuple, sa jeunesse et ses travailleurs, ne se résigne à devenir un peuple d’esclaves !

Pourtant la plupart des états-majors syndicaux continuent d'accompagner la « rupture ». Au lieu de dénoncer l'ensemble de la politique antipopulaire d'un gouvernement qui s'attaque au droit de grève et refuse tout compromis, ils entretiennent la fiction de « négociations » sujet par sujet et signent des accords régressifs, sous prétexte d'obtenir un « moindre mal »... qui débouche toujours sur le pire. Car signer avec Sarkozy, c'est lui donner de l'oxygène pour continuer à casser ensuite (le dernier épisode en date étant la signature du désastreux accord sur la « représentativité syndicale » par les directions CGT et CFDT, sur laquelle le gouvernement s'est immédiatement appuyé pour annoncer que le temps de travail serait désormais « discuté » par entreprise).

Parallèlement, les directions confédérales, pourtant censées coordonner les luttes et les revendications à l'échelle inter-pro, s'appliquent à multiplier les ripostes dispersées, chaque secteur étant appelé à son tour à de grandes journées d'actions isolées et sans perspective. S'agirait-il alors d'organiser des barouds d'honneur à la seule fin de donner des gages à une base combative ? En tout cas, le chef de la CFDT vendait récemment la mèche, en s'inquiétant dans le Monde de ce que le gouvernement « nous entraîne dans une mobilisation globalisante, ce contre quoi j'ai toujours résisté, y compris dans la CFDT » ...

Dans ces conditions, le choix est aujourd'hui plus que jamais pour chaque profession de perdre séparément en plongeant pour longtemps dans l’enfer de l'exploitation sans limite, ou de construire démocratiquement et d’urgence une action « tous ensemble et en même temps » pour gagner et ré-ouvrir enfin des perspectives progressistes.

Les signataires de cette lettre s’engagent à tout faire pour faire monter cette exigence dans leur entreprise, leur quartier, leur syndicat. La balle est dans le camp des directions syndicales nationales qui doivent cesser « d’accompagner » la rupture afin de reprendre le seul chemin gagnant : faire le lien entre toutes les contre-réformes, travailler concrètement à préparer avec les salariés les conditions de l’affrontement de classe victorieux avec ce pouvoir destructeur, construire l’unité dans l’action des travailleurs et de la jeunesse.

 

  

Et bien sûr, la participation massive à la grève du jeudi 27 mai :

Tous en grève le 27 mai... et plus si affinités

Publié par Frédéric Maurin à 09:56am - Voir le commentaire ()
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20 Mai 2010

Et plus si affinités

Je vous le disais récemment :

 

Tous en grève le 27 mai... et plus si affinités

 

mais j'avais oublié une affinité de plus :

 

Quel étourdi !

 

« Le problème pour les organisations ouvrières est de briser

la puissance des monopoles capitalistes »

Benoit Frachon

 

Source : http://www.frontsyndical-classe.org/

 

 

Depuis trois décennies, la politique unique du capital, planifiée dans toute l'Union européenne (traité de Maastricht, Pacte de stabilité, stratégie de Lisbonne, accords de Barcelone, traité de Lisbonne,...) et appliquée nationalement par la droite et les sociaux-démocrates en fonction du degré de résistance des peuples, est imposée aux travailleurs européens : casse des services publics, des statuts et des conventions collectives, compression salariale, délocalisations et casse de l'emploi, destruction progressive des systèmes solidaires de sécurité sociale et de retraites, atteintes aux libertés et au droit de grève... et subventions massives au grand capital.

Comme l'expliquait déjà en 1962 Benoit Frachon, secrétaire général de la CGT, l'Union européenne « n’est pas ce qu’en disent en général ses promoteurs, un moyen d’améliorer le niveau de vie général des populations. C’est une entente, une association des grands capitalistes en vue d’essayer de surmonter leurs contradictions et de renforcer leur puissance sur le dos des masses exploitées. »

 

Aujourd'hui, prétextant leur crise et leurs dettes, le grand capital, l'UE et les gouvernements nationaux accélèrent la machine infernale à broyer les peuples et leurs droits : en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Roumanie, en Irlande... c'est partout la baisse des salaires, l’augmentation des impôts et des prélèvements et la casse de retraites.

 

En France, Sarkozy annonce le gel des dépenses publiques et donc de nouvelles coupes sombres dans les dépenses sociales et un projet sur les retraites sans aucune surprise : allongement de la durée de cotisation et baisse des pensions ! Le tout au nom d'une dette creusée à coups d’exonérations et de subventions publiques pour le profit privé des banques et des grands groupes capitalistes.

 

Mais en réalité, des moyens pour financer et améliorer les retraites il y en a aujourd'hui, il y en aura demain : en revenant simplement au partage Capital/Travail de la fin des années 1970 dans notre pays, on libérerait plus de 180 milliards d'euros par an pour les besoins populaires en pensions, en soins, en éducation, en logements...

Il n'y a aucune justification rationnelle aux sacrifices imposés aux masses populaires, il n'y a que l'intérêt des monopoles capitalistes qui cherchent sans cesse à augmenter leurs profits et qui s'attaquent pour cela à toutes les conquêtes sociales et démocratiques du mouvement ouvrier.

 

Face à cette guerre de classe menée à tous les peuples européens, face à ce gigantesque racket et à la misère qui s'accroît, il n'y a que deux attitudes possibles : collaborer ou résister.

 

La collaboration, c'est le fond de commerce de la Confédération Européenne des Syndicats, financée par Bruxelles, qui prêche aux peuples la résignation et la perspective de convaincre le Capital d’adoucir sa politique par des discussions institutionnelles entre « partenaires sociaux ». En Irlande, les dirigeants syndicaux de la CES demandent aux travailleurs d'accepter les sacrifices et, au nom de la crise, de s'abstenir de faire grève pendant les 4 ans qui viennent ! En France, B. Thibault espère « peser sur le projet de loi » gouvernemental (à coup de journées d'actions tous les 4 mois ?) et F. Chérèque entend parvenir à un accord avec le gouvernement. Quant au communiqué intersyndical pour le 27 mai, il laisse entendre l'acceptation de nouveaux sacrifices pour les travailleurs en contrepartie de mesurettes donnant l'illusion d'une justice sociale et fiscale.

 

Cette voie de la collaboration de classe, c'est celle qui mène les travailleurs de défaite en défaite depuis 25 ans.

 

C'est pourquoi le Front Syndical de Classe travaille à combattre cette orientation perdante pour prendre la défense des travailleurs et des masses populaires appelés à faire les sacrifices de l’offensive des monopoles. A l'image de ce qu'organise le PAME en Grèce, c'est avec le syndicalisme de classe et de masse gagnant en 1936, 1945 ou 1968 qu'il faut renouer, en bâtissant une stratégie de lutte d’une ampleur historique à partir des revendications de la base pour amener au final la classe ouvrière, alliée aux autres travailleurs, à la seule solution possible du problème : l’élimination des monopoles.

 

Travailleurs, enseignants, étudiants, paysans,... c'est tous ensemble en même temps que le grand capital nous attaque. C'est tous ensemble en même temps que nous devons riposter ou la misère va s'étendre.

En tissant des liens à la base entre secteurs et entre peuples, développons nos actions à partir de mots d'ordre offensifs :

 

Non à la négociation du recul social !

 

Non à la casse des retraites !

(Annulation des contre-réformes de 1993, 2003 et 2007, maintien du droit à la retraite à 60 ans et retour aux 37,5 annuités pour tous, privé et public ainsi qu’au calcul sur les 10 meilleures années dans le privé et le maintien du calcul sur les 6 derniers mois dans le public, indexation des pensions sur les salaires)

 

Aucun sacrifice des travailleurs pour le grand capital !

Publié par Frédéric Maurin à 23:43pm - Voir le commentaire ()
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19 Mai 2010

Tous en grève le 27 mai... et plus si affinités

Le 27 mai , vous savez pourquoi :

 

Tous en grève le jeudi 27 mai

 

Mais je tenais à en dire plus sur les affinités éventuelles :

 

bastille-comite-valmy.jpg

 

Rassemblement le 29 mai 2010 à 16 heures devant l’Opéra Bastille à Paris

Afin de célébrer le cinquième anniversaire du NON français lors du référendum sur la constitution européenne, expression victorieuse par la suite violée, de la souveraineté populaire que le peuple de France devra rétablir.

Les citoyens des diverses sensibilités de l’arc républicain, fidèles à la République et aux idéaux de la Révolution française, les gaullistes attachés à la souveraineté nationale, les communistes patriotes, internationalistes et refusant le mensonge de "l’Europe sociale", les socialistes fidèles à Jaurès, les syndicalistes désireux de défendre sans complaisance les acquis sociaux, se retrouveront à la Bastille dont l’image peut symboliser de nos jours, l’euro dictature à abattre.

Ils diront à nouveau Non, catégoriquement non, à l’Union européenne qui enchaîne les peuples, broie les nations souveraines et les conquêtes sociales et Oui aux grands principes du CNR : indépendance nationale, antifascisme et antiracisme, progrès social, secteur public fort, laïcité, démocratie, coopération internationale.

Tout montre que ce rassemblement peut et doit marquer un tournant dans la renaissance républicaine de notre pays, aujourd’hui étranglé par les diktats de l’UE et de sa monnaie unique, par la félonie des milieux financiers prêts à casser leur pays pour accroître leurs profits, par un gouvernement d’autant plus agressif contre la nation et le monde du travail qu’il est sorti très affaibli des élections régionales.

D’une part, la crise de l’UE et de l’euro est patente ; elle menace l’Europe et le monde d’un nouveau krach financier. Elle se traduit dès aujourd’hui par un plan draconien de mise en tutelle de la Grèce, doublé d’un appauvrissement tragique des milieux populaires.

D’autre part, le gouvernement Fillon promet, de manière à peine voilée, une "purge" renforcée pour la France qui aura donc encore moins d’enseignants, de chercheurs, de personnel hospitalier, etc. Dans l’immédiat, un nouvel et grave affaiblissement des retraites par répartition est programmé et la casse de la fonction publique est accélérée.

En fait de "sortie de la crise" du capitalisme mondialisé, les politiques européennes doublées de la politique thatchérienne de rupture pratiquée par Sarkozy, promet à perpétuité des mesures qui appauvrissent le travailleur, ouvriers, employés et ingénieurs, mais aussi paysans, artisans, PME et professions libérales. Pire, par une fuite en avant typique de la "construction européenne", Merkel et Sarkozy s’orientent vers la mise en place d’un "gouvernement économique" qui signifie la mise en tutelle complète de notre pays.

Or il n’y a pas de solution du côté du PS : il n’est que de voir comment se comportent Zapatero en Espagne et Papandréou (président de l’Internationale socialiste) en Grèce, sous le haut parrainage du "socialiste" français D. Strauss-Kahn, pour voir que les partis sociaux-démocrates ne sont que l’aile gauche du programme néolibéral de désintégration des nations d’Europe.

C’est pourquoi, sauf à abandonner notre peuple au désespoir et de laisser le champ libre à la démagogie de l’extrême droite, il est pertinent que se dessine comme le propose l’ARP, une démarche politique nouvelle. Celle-ci est en concordance avec la prise de conscience du peuple de France et des autres peuples d’Europe. Elle ouvre la voie à une démarche de rassemblement populaire. Ce rassemblement est destiné à devenir majoritaire car il se construit, pas à pas, sur des bases clairement anti-Maastricht, patriotiques, républicaines, antifascistes, et de progrès social qui sont celles aujourd’hui, du monde du travail.

Le 29 mai, tout républicain conscient, responsable et disponible pourra en y participant, contribuer à assurer le succès du rassemblement ainsi qu’à lancer la dynamique unitaire de reconquête républicaine, démocratique et sociale qui s’amorce. Les manifestants représenteront les 55% de Français qui ont dit non en 2005 et qui exprimaient la souveraineté populaire trahie en 2008 par des parlementaires félons.

La flamme de la renaissance républicaine

ne s’éteindra pas !

"Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs." Constitution de 1793, Article XXXV

PEUPLES D’EUROPE SOULEVONS-NOUS !

Source :

http://www.comite-valmy.org/

http://www.pcf-smh.fr/Peuples-de-l-Europe-soulevez-vous.html

Publié par Frédéric Maurin à 17:22pm - Voir le commentaire ()
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19 Mai 2010

Tous en grève le jeudi 27 mai

et plus si affinités : Rassurer les marchés ou les démanteler ?

 

Communiqué commun des organisations syndicales : CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA

Emploi, salaires, retraite : tous mobilisés, rassemblés et exigeants !

Dans un contexte économique et social caractérisé par une situation de l’emploi dégradée, des difficultés de pouvoir d’achat et une aggravation des conditions de travail pour de nombreux salariés, dans le public et dans le privé, en France et en Europe, les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA réaffirment que la sortie de crise passe par des politiques publiques en faveur d’une relance économique intégrant la satisfaction des besoins sociaux.

Avant même que le Président de la République ne réunisse un "sommet social" le 10 mai 2010, le Premier ministre annonce un gel des dépenses de l’Etat pour les 3 ans à venir. Les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA condamnent cette annonce et considèrent que la réduction des déficits ne peut être envisagée sans assurer la cohésion sociale et la réduction des inégalités, en particulier par une fiscalité plus redistributive.

Donner la priorité à l’emploi stable, améliorer les salaires et le pouvoir d’achat, réduire les inégalités, réorienter la fiscalité vers plus de justice sociale, investir pour l’emploi de demain par une politique industrielle prenant en compte les impératifs écologiques et par des services publics de qualité restent nos objectifs communs.

Concernant les retraites, elles rappellent que l’emploi "en quantité, en qualité et qualifié, reconnu et valorisé" doit devenir une priorité dans les entreprises et les administrations pour redonner du sens au travail, à la société toute entière. C’est une source de financement incontournable pour assurer le devenir et la pérennité de notre système de retraites par répartition basé sur la solidarité intergénérationnelle. Une plus juste répartition des richesses, la réduction des inégalités, l’égalité entre les Femmes et les Hommes au travail s’imposent aussi pour garantir à tous un bon niveau de vie à la retraite. L’âge légal de départ en retraite à 60 ans doit être maintenu. La pénibilité du travail doit être reconnue et ouvrir des droits à un départ anticipé à la retraite.

La concertation en cours, le calendrier extrêmement serré imposé n’offrent pas une qualité de dialogue social acceptable pour répondre à un tel enjeu de société, d’autant que les seuls éléments de la réforme proposée restent le recul de l’âge légal de départ à la retraite et l’allongement de la durée de cotisation dans un cadre budgétaire constant.

Pour toutes ces raisons et dans un cadre unitaire, les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA appellent les salariés, les retraités, les jeunes et les privés d’emploi à une journée nationale de mobilisation le jeudi 27 mai 2010 pour interpeller ensemble les pouvoirs publics, tous les employeurs et peser sur les choix à venir.

Elles appellent l’ensemble de leurs organisations à se rencontrer pour décider, dans les entreprises et lieux de travail, d’actions unitaires de haut niveau donnant lieu à des grèves et des manifestations interprofessionnelles dans les territoires.

Le 6 mai 2010

Financement des retraites

Déclaration de la CGT

Les impasses de l’allongement de la durée de cotisation et du recul de l’âge de la retraite

En complément au 8ème rapport « Retraites : perspectives actualisées à moyen et long terme en vue du rendez-vous de 2010 », le secrétariat général du COR vient de rendre public un certain nombre de données sur le financement des retraites ainsi que le chiffrage des « variantes d’âge et de durée d’activité », demandées par le Medef. Ces données sont établies sous la seule responsabilité du secrétariat du COR. Elles n’engagent donc pas le Conseil.

Le choix de ces « variantes » avait attiré de très sévères critiques de la part d’une grande partie des membres du Conseil. Les représentants de la CGT qui avaient refusé de les avaliser, avaient demandé qu’elles soient clairement disjointes du rapport.

Ces « variantes » sont établies sur la base du « scénario B » du rapport, qui reprend l’hypothèse pessimiste d’une stabilisation du taux de chômage à 4,5% en 2024 seulement, au lieu de 2015 dans le scénario A, et d’une productivité moindre (+1,5% par an au lieu de 1,8%).

Sans surprise, l’hypothèse d’allongement de la durée de cotisation à 43,5 annuités associée au recul de l’âge de la retraite (63 ans au lieu de 60 pour l’âge d’ouverture du droit ; 68 ans au lieu de 65 pour une retraite à taux plein) réduit le besoin de financement de la CNAV. de 50% en 2030 mais seulement de 36% en 2050. Il faudrait passer à 65 et 70 ans pour réduire les besoins de financement de 60% en 2050.

Pour la fonction publique les gains sont très réduits , entre 11% et 15% suivant les hypothèses. Des résultats limités pour un coût social exorbitant !

Ces projections, inacceptables quant à leurs conséquences sociales, ne se fondent pas sur des données incontestables. La note elle-même souligne qu’il n’est pas possible de modéliser les conséquences sur le taux d’activité et l’âge de cessation d’activité, d’un passage de l’âge d’ouverture du droit à la retraite de 60 à 63 ans, situation qui ne s’est historiquement jamais produite.

L’amélioration du besoin de financement des retraites mis en évidence est dès lors largement surestimée. Outre l’effet restrictif sur l’embauche des jeunes, le recul de l’âge du doit au départ à la retraite fera basculer nombre de salariés âgés dans des dispositifs d’assistance : La baisse du déficit des retraites serait transférée sur l’assurance chômage ou sur le RSA. Une partie des salariés âgés se retrouverait au dessous du seuil de pauvreté. La pénibilité serait aggravée. Cette orientation ressemble à la politique du sapeur Camember qui, pour boucher un trou, en creusait un autre.

Ces orientations sont inacceptables. Il faut s’attaquer à la question de la répartition des richesses. La démonstration est faite que sans une nouvelle politique de l’emploi et du travail, l’équilibre financier des retraites est impossible. Par ailleurs la nécessité de dégager des ressources nouvelles en mettant à contribution les revenus financiers est incontournable.

Publié par Frédéric Maurin à 06:50am - Voir le commentaire ()
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13 Mai 2010

Le sarkozysme est un clientélisme

Capital

 

Il n'y a pas que le bouclier fiscal pour creuser les déficits et satisfaire les copains !

 

Voici comment, et à quel prix, l'Union pour une Minorité de Privilégiés (UMP) achète des adhérents... sur fonds publics, bien évidemment. 

 

Tout occupé à Défaire méthodiquement le programme du CNR  , l’UMP creuse les déficits en appliquant aussi une de ses mesures phares : la baisse de la TVA dans la restauration.

 

L’impact emploi de la mesure était à 12 000 emplois pour une perte de recettes fiscales évaluée à 2,5 milliards d’euros.

Soit 20 000 euros de privation de recettes fiscales par emploi escompté et par mois. (1)

 

A ce prix là, cela fait cher la propagande, lisez plutôt :

 

"Vous êtes restaurateur? Vous avez donc reçu un courrier de la part de Xavier Bertrand. La baisse de la TVA dans la restauration serait ainsi devenue un atout électoral pour l’UMP. Et c'est pour cette raison que le parti de la majorité présidentielle a décidé d'envoyer pas moins de 120 000 courriers à ces restaurateurs.

 

Sur France Inter et France Info, un restaurateur s'estime choqué et fait un parallèle: "si Martine Aubry avait envoyé un bulletin d’adhésion au PS à tous les salariés de France après avoir obtenu le passage aux 35 heures, tout le monde aurait crié au scandale"."

 

Lire la suite, gratinée à point, sur :

 http://www.lepost.fr/article/2009/07/01/1602439_quand-l-ump-envoie-des-bulletins-d-adhesion-aux-restaurateurs.html

 

Et sur l’impact emploi de la mesure en elle-même, cet entretien au Monde :

 

Restauration : "La baisse de la TVA risque d'être peu efficace pour l'emploi"

Source : LEMONDE.FR : Article publié le 16.03.09

 

Clément Carbonnier, économiste à l'université de Cergy-Pontoise, et auteur de "A qui profiterait une baisse de la TVA dans la restauration ?", estime que la baisse de la TVA dans la restauration à 5,5 % devrait permettre de créer 12 000 emplois.

 

Quel impact sur l'activité peut-on attendre de la baisse annoncée de la TVA à 5,5 % dans la restauration ?

Selon mes calculs, on peut attendre une hausse d'environ 4 % de l'activité. Quand on observe l'évolution après la hausse générale de la TVA de 1995 ou la baisse de 2000, on s'aperçoit que le prix s'ajuste à environ deux tiers de la variation de la taxe. Avec une TVA à 5,5 %, on peut donc attendre une baisse de prix de l'ordre de 7 % pour 11 % de baisse de taxe. Une telle baisse devrait entraîner une hausse de la demande de 4 %.

 

Que devient la différence qui n'est pas déduite du prix ?

 

Cette différence peut profiter aux employés par des hausses de salaires ou des améliorations des conditions de travail, à des chômeurs qui vont retrouver de l'emploi et évidemment aux employeurs. Tout dépendra des négociations.

 

A combien estimez-vous le nombre d'emplois créés avec cette mesure et son coût ?

 

Douze mille emplois devraient être créés, ce qui fait un coût d'environ 20 000 euros par mois et par emploi [la perte de recettes fiscales étant estimée à environ 2,5 milliards d'euros].

Il y a pire dans les mesures pour l'emploi, mais c'est effectivement peu efficace. Cela va coûter cher et va créer peu d'emploi par rapport à l'ampleur médiatique et économique de la mesure. Mais, en période de crise, on est souvent prêt à payer plus cher pour éviter des destructions d'emplois. L'amélioration de la convention collective de l'hôtellerie-restauration, qui est une des plus défavorables pour les salariés, peut être aussi une motivation pour la mesure.

Le souci est que toutes ces estimations ont été faites à partir de petites variations. Avec une très forte baisse, tous ces changements seraient à des échelles plus importantes. Les employeurs pourraient donc avoir des difficultés pour recruter. La redistribution pourrait alors plus se faire au profit des salariés, pour attirer de la main-d'œuvre. Dans un contexte de crise économique, il y a toutefois peu de chances que cela se produise.

 

A quels consommateurs va profiter cette mesure ?

 

Aux plus riches, ce qui n'est pas très surprenant. La restauration à emporter est déjà à 5,5 % et les plus hauts revenus sont ceux qui consomment le plus de restaurants. Selon une étude, la baisse profiterait six fois plus aux 10 % de Français les plus riches qu'au 10 % les plus pauvres.

Une mesure qui profiterait essentiellement aux riches ?

Sous Sarkozy ? C’est pas vrai ! Etonnant, non ?

Propos recueillis par Jean-Baptiste Chastand

 

(1) On retrouve un ordre de grandeur sensiblement plus bas du côté d’Alternatives économiques :

« L'important aux yeux du gouvernement semble être que le nombre total d'emplois progresse, quelle que soit leur qualité. Mais ces nouveaux emplois auront un coût exorbitant pour le contribuable: 2,4 milliards d'euros pour 20 000 emplois non aidés, cela représente une subvention de 120 000 euros par emploi, alors qu'un emploi coûte en moyenne, cotisations sociales comprises, 40 000 euros par an... On ne peut que s'étonner de la schizophrénie de cette politique à l'heure où est lancé le revenu de solidarité active (RSA), qui coûtera presque deux fois moins cher au budget de l'Etat: le RSA vise à réduire la pauvreté laborieuse, alors que la baisse de TVA dans la restauration risque de l'accroître. Payer pour faire et payer pour défaire n'est pas la forme la plus convaincante d'intelligence sociale! »

 

Lire l’ensemble sur :

 http://www.alternatives-economiques.fr/index.php?ogn=MODNL_96&prov=&cat=&lg=fr&id_article=43514&id_publication=851

 

…difficulté de la prévision économique.

 Mais même le chiffre de 120 000 euros annuels par emploi créé, suffit à me couper l’appétit.  

Je suis même prêt à vous laisser ma part de porc...

 

 

Publié par Frédéric Maurin à 12:31pm - Voir le commentaire ()
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13 Mai 2010

Rassurer les marchés ou les démanteler ?

Si Sarkozy dont le projet est de Défaire méthodiquement le programme du CNR a perdu toute légitimité, il la cherche désormais dans la crise provoquée par la classe dont il sert les intérêts.

 En écho à la proposition de Frédéric Lordon de fermer la Bourse, Contre la dictature de l'actionnariat : fermer la Bourse ? le porte-parole du Mouvement politique d’éducation populaire voit dans la crise l'occasion de démanteler les marchés. Il faut pour cela sauver la gauche et non les marchés. Mais le voudra-t'elle ? Sans rupture avec les médias aux ordres et donc, conflit social majeur, j'en doute...

 

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RASSURER LES MARCHÉS FINANCIERS ET LES SPÉCULATEURS OU LES DÉMANTELER ?

Par Jacques Nikonoff, ancien président d’Attac, porte-parole du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).

 

Source : http://www.m-pep.org/

 

Le 12 mai 2010.

Après le « sommet » européen qui s’est tenu à Bruxelles du 7 au 9 mai 2010 à propos de la crise de l’Union européenne, jamais la confusion n’avait été aussi profonde. Il se dit et s’écrit n’importe quoi. La tâche n’est pas facile pour les citoyens de base qui veulent tenter de suivre les évènements, comprendre les décisions prises et en saisir le sens. D’autant que la matière n’est pas d’un accès aisé et que personne ne fait vraiment d’efforts pour la rendre accessible aux gens de tous les jours.

Toutes ces questions, complexes mais assimilables à qui fait l’effort de comprendre, deviennent un enjeu politique de masse. Ou plus exactement doivent le devenir. Car il devient chaque jour un peu plus probable que la campagne de l’élection présidentielle de 2012 – qui a déjà commencé – soit menée sur le thème de la dette publique. Ce sera l’intérêt de Sarkozy et de Strauss-Kahn si, par malheur, il était le candidat du PS. Sans parler des seconds couteaux que sont Bayrou et de Villepin qui n’ont rien à dire et qui trouveront là un excellent terrain.

Essayons d’y voir clair :

  • Se méfier des grands médias.
  • Les décisions prises à Bruxelles le week-end du 7 au 9 mai 2010 reviennent à instaurer l’hyper-austérité.
  • Des décisions qui sont une fuite en avant aux effets de court terme.
  • La solution à la crise du système de Bruxelles : l’hyper-austérité pour l’hyper-classe.
  • Après les banques, il faut aider la gauche qui semble totalement dépassée par les évènements.

 

I.- SE MÉFIER DES GRANDS MÉDIAS

Les grands médias, une nouvelle fois, se distinguent par leur partialité au service des puissants, leur absence totale d’esprit critique, leur caractère moutonnier et souvent leur incompétence. Des tombereaux d’âneries s’abattent sur une population désorientée.

Le lundi 10 mai 2010, au lendemain de cette réunion de Bruxelles, il était impossible de comprendre quoi que se soit en écoutant les émissions matinales des radios ou des télévisions. La lecture des journaux ne faisait qu’aggraver le malaise. Qu’on en juge :

  • À la Une de Libération du 10 mai 2010 : «  L’Union a proposé hier soir un méga-plan de secours de 500 milliards d’euros ».
  • À la Une des Échos du 10 mai 2010 : « Les ministres des Finances prêts à mobiliser 600 milliards d’euros pour calmer les marchés financiers ».
  • À la Une du Figaro du 10 mai 2010 : « Sarkozy et Merkel ont proposé hier soir un plan d’aide d’au moins 500 milliards d’euros ».
  • À la Une du Monde daté du mardi 11 mai 2010 : « Un fonds de 750 milliards ».

Quel est le bon chiffre : 500, 600, 750 milliards d’euros ? Rappelons à ceux qui valsent allègrement avec les milliards – l’écart entre le bas et le haut de la fourchette est de 250 milliards !- que le financement d’un salaire moyen, cotisations sociales incluses, est de 40 000 euros par an. Avec 250 milliards d’euros il est donc possible de financer 6,25 millions de salaires !

Le Monde a étalé son incompétence, sur un sujet essentiel, dans son éditorial de Une du numéro daté du mardi 11 mai 2010. On peut lire en effet que Jean-Claude Trichet, le président de la Banque centrale européenne, « a dû se résoudre à ce que son institution achète directement des emprunts d’État – ce qui revient à ‘‘monétiser’’ la dette – après avoir totalement écarté cette éventualité trois jours auparavant ».

Mais non ! Les auteurs de cet éditorial confondent marché primaire et marché secondaire des obligations. Le marché primaire est le marché du neuf, comme pour les voitures neuves, où l’on émet les obligations pour la première fois. Il y a « monétisation » lorsque ce sont les banques centrales et non les marchés financiers qui achètent les obligations directement à l’État. C’est ce que font de nombreuses banques centrales aux États-Unis, Japon, Grande-Bretagne, Suisse… Sauf la BCE !

Le marché secondaire est celui des titres d’occasion, là aussi comme pour les voitures, où celui qui a acheté un titre neuf (sur le marché primaire) peut le revendre (sur le marché secondaire) à celui qui voudra bien l’acheter. La décision prise par la BCE n’est absolument pas d’acheter les titres directement aux États lorsque ces derniers les émettent sur le marché primaire, mais de les acheter aux banques, sur le marché secondaire. Pas seulement pour aider les États, mais pour aider les banques en leur évitant une dévalorisation de leurs créances !

Une telle erreur commise par un journal qui se veut « de référence » traduit bien la confusion de la période. Elle est inexcusable. Elle jette le doute sur tout ce que peut écrire ce journal qui s’est bruyamment réjouit de l’austérité et dont l’action militante européiste est bien connue.

Ainsi, ceux qui voulaient se faire une idée des décisions prises à Bruxelles le week-end du 7 au 9 mai 2010 ne pouvaient compter pratiquent sur personne, ni sur les radios, ni sur les télévisions, ni sur les journaux. Pour comprendre, il était nécessaire d’aller à la source, sur les sites Internet de la Commission européenne, de la Banque centrale européenne, de la Présidence de la République, du ministère des Finances… En mettant bout à bout des informations parfois exprimées dans un langage obscur, et à condition de disposer de plusieurs heures, il n’était pas possible de parvenir à ses fins !

La matière brute disponible, le mardi 11 mai 2010 en fin de matinée, était insuffisante et ne permettait pas de se faire une opinion précise sur les détails des décisions prises :

  • La « Déclaration des chefs d’État ou de gouvernement de la zone euro » du 7 mai 2010.
  • La conférence de presse du Président de la République française tenue à Bruxelles le 8 mai 2010.
  • Le compte rendu de la « Participation de la France au dispositif de soutien aux États-membres de la zone euro » du ministère Finances du 9 mai 2010.
  • Le communiqué de presse du Conseil de l’Union européenne du 10 mai 2010.
  • Le communique de presse de la BCE, en anglais, du 10 mai 2010.
  • Le communiqué de presse du Conseil extraordinaire des 9 et 10 mai 2010.
  • Le compte rendu de la réunion ECOFIN du 10 mai 2010 fait par la Commission européenne.
 

II.- LES DÉCISIONS PRISES À BRUXELLES LE WEEK-END DU 7 AU 9 MAI 2010 REVIENNENT À INSTAURER L’HYPER-AUSTÉRITÉ

Selon le compte rendu de la réunion ECOFIN fait par la Commission européenne du 10 mai 2010, « Le Conseil et les États-membres ont décidé d’arrêter un ensemble complet de mesures pour préserver la stabilité financière en Europe, y compris un mécanisme européen de stabilisation financière d’un montant total pouvant atteindre 500 milliards d’euros ». Ces décisions peuvent être classées en deux catégories : les décisions opérationnelles et les décisions de bla-bla.

A.- Les décisions opérationnelles prises à Bruxelles

Ce sont trois décisions opérationnelles qui ont été prises à Bruxelles :

1.- « Assainissement » des finances publiques

« Assainissement », dans la langue du système de Bruxelles, signifie austérité, rigueur, plan d’ajustement structurel ou tout autre synonyme. Les pays de l’Union européenne et particulièrement ceux de la zone euro avaient été plongés dans l’austérité, on leur promet aujourd’hui l’hyper-austérité.

Dans leur « Déclaration » du 7 mai 2010, les chefs d’État ou de gouvernement de la zone euro appellent en effet la Commission et le Conseil ECOFIN à respecter le pacte de stabilité et de croissance. De la même manière, dans le communiqué de presse du Conseil extraordinaire des 9 et 10 mai 2010, il est indiqué « nous saluons et soutenons sans réserve l’engagement du Portugal et de l’Espagne d’arrêter de nouvelles mesures d’assainissement importantes en 2010 et 2011 et de les présenter au Conseil ECOFIN du 18 mai ». Il s’agit d’un message très clair aux marchés indiquant que ces deux malheureux pays, dirigés par des socialistes, avaient accepté l’hyper-austérité, les Vingt-Sept les suppliant de faire un geste, d’être sympas, et de laisser ces pays en paix puisque leurs dirigeants venaient de décider de saigner leur peuple.

2.- Mise en place d’un « mécanisme européen de stabilisation »

Le communiqué de presse du Conseil extraordinaire des 9 et 10 mai 2010 précise que « ce mécanisme est fondé sur l’article 122, paragraphe 2, du traité et sur un accord intergouvernemental entre les États-membres de la zone euro. Son activation est subordonnée à une stricte conditionnalité, s’inscrit dans le cadre d’un soutien conjoint de l’UE et du FMI, et est soumise à des modalités et à des conditions semblables à celles fixées par le FMI ». Il est tout à fait clair – c’est écrit – que l’Union européenne est devenue, par ce plan, l’annexe européenne du FMI. Toutes les décisions prises dans le cadre du « mécanisme européen de stabilisation » auront des « conditionnalités » (l’hyper-austérité). Ce plan est en réalité un « plan d’ajustement structurel », comme ceux du FMI de triste mémoire, qui ont servi à imposer le néolibéralisme, avec le succès que l’on sait, dans de nombreux pays.

Ce « mécanisme européen de stabilisation » comporte deux volets : « un soutien financier pour les États-membres qui connaissent des difficultés en raison de circonstances exceptionnelles échappant à leur contrôle » et relevant de l’article 122-2 ; et une entité ad hoc qui pourra emprunter sur les marchés financiers.

a.- Soutien financier pour les États-membres qui connaissent des difficultés en raison de circonstances exceptionnelles échappant à leur contrôle

Ce mécanisme «  sera maintenu aussi longtemps que nécessaire », un montant de 60 milliards d’euros est prévu et « l’activation du mécanisme est subordonnée à une stricte conditionnalité ». Le communiqué de presse du Conseil extraordinaire des 9 et 10 mai 2010 précise que « Ce mécanisme ne remet pas en cause le mécanisme existant de soutien financier à moyen terme des balances des paiements des États n’appartenant pas à la zone euro ». La garantie se fera « avec les ressources propres de l’Union » selon le compte rendu de la réunion ECOFIN du 10 mai 2010 fait par la Commission européenne.

Un fonds similaire existe déjà, doté de 50 milliards d’euros, pour les pays non membres de la zone euro connaissant des difficultés de balance des paiements. Il avait servi en 2008, pour 6,5 milliards d’euros, à la Hongrie. Les sommes sont immédiatement mobilisables. Une fois les 60 milliards consommés, le second dispositif sera activé.

b.- Entité ad hoc qui pourra emprunter sur les marchés financiers

Cette entité sera « garantie […] par les États-membres jusqu’à un montant de 440 milliards d’euros ». Elle prendra fin après une période de trois ans. Le FMI « participera au dispositif de financement » pour un montant correspondant «  à la moitié au moins de la contribution de l’UE » (communiqué de presse du Conseil extraordinaire des 9 et 10 mai 2010). Le FMI va abonder les prêts européens au moins à hauteur de 50%, soit 250 milliards d’euros.

Ce sera une société de droit britannique, de type « Special Purpose Vehicule » (une société ad hoc), méthode souvent utilisée aux États-Unis par exemple dans les opérations de titrisation. C’est le SPV qui émettra des obligations dont le capital, comme pour les emprunts d’État, sera garanti par les pays de la zone euro.

Faisons nos comptes :

  • 60 milliards mobilisables immédiatement
  • 440 milliards pouvant être empruntés
  • 250 milliards du FMI

Cela fait 750 milliards, dont 500 milliards de l’Union européenne, plus les 110 milliards pour le seul plan concernant la Grèce. En dollars, cela fait près de 1 000 milliards de dollars !

3.- La mobilisation de la BCE

La BCE va acheter, sur le marché secondaire, des obligations d’État des pays membres de la zone euro.

Selon le compte rendu de la réunion ECOFIN du 10 mai 2010 fait par la Commission européenne, « la Banque centrale européenne a pris une série de mesures exceptionnelles sur les marchés de la dette et des devises ». Dans un communiqué du même jour, la BCE confirme qu’elle a décidé «  d’intervenir sur les marchés de la dette publique et privée, pour garantir la liquidité dans les segments qui ne fonctionnent pas de manière appropriée ».

Et d’après le compte rendu de la réunion ECOFIN du 10 mai 2010 fait par la Commission européenne, « dans le but de neutraliser l’impact de ces opérations sur les marchés de la dette, la BCE mènera à bien des opérations spécifiques pour réabsorber la liquidité injectée dans le système, de manière à ce que la position de la politique monétaire de l’organisme ne soit pas touchée ».

Traduction : pour éviter de gonfler la masse monétaire lors de ces opérations d’achat de titres de dette des États sur le marché secondaire, la BCE vendra d’autres titres qu’elle détient en portefeuille pour un montant équivalent.

B.- Les décisions de bla-bla prises à Bruxelles

Il s’agit de « paroles verbales », de pure rhétorique, comme nous en avons l’habitude, du même style que celles faites à partir de novembre 2008 au moment de l’ancienne crise financière, à propos de la « moralisation du capitalisme ». Il y a peu, Sarkozy avait même dit que la crise était « finie » ! On voit, aujourd’hui, les résultats de ces efforts de « moralisation ».

1.- Renforcement de la « gouvernance » économique

Dans leur « Déclaration » du 7 mai 2010, les chefs d’État ou de gouvernement de la zone euro décident de renforcer la « gouvernance » de la zone euro et demandent au président européen de rapporter pour le 12 mai 2010. Les points suivants devraient être abordés :

  • La « surveillance économique et la coordination des politiques dans la zone euro, y compris en suivant de près les niveaux d’endettement et l’évolution de la compétitivité ».
  • « Renforcer les règles et procédures pour la surveillance des États-membres de la zone euro, y compris par un renforcement du pacte de stabilité et de croissance et par l’instauration de sanctions plus efficaces ».
  • La mise en place d’un « cadre solide pour la gestion des crises ».

Toutes ces mesures étaient déjà prévues dans les traités, tandis que l’Eurogroupe avait les moyens de les mettre en œuvre.

2.- « Réglementation des marchés financiers et lutte contre la spéculation »

Dans leur « Déclaration » du 7 mai 2010, les chefs d’État ou de gouvernement de la zone euro décident de « progresser rapidement en matière de réglementation et de surveillance des marchés financiers », notamment les « produits dérivés ». Il faudra, en outre, « se pencher sur le rôle des agences de notation ».

Les promesses n’engagent que ceux qui les croient, n’est-ce pas ?

III.- DES DÉCISIONS QUI SONT UNE FUITE EN AVANT AUX EFFETS DE COURT TERME

Les conclusions suivantes peuvent être tirées du plan de Bruxelles :

  • Désobéissance européenne en matière monétaire.
  • Désobéissance européenne en matière budgétaire.
  • Un coup de bluff.
  • Les anticipations de la contagion vont-elle être « auto-réalisatrices » ?
  • Ces sommes servent à « sauver » non pas les États ou leur population, mais leurs créanciers.
  • L’austérité va aggraver la situation économique et sociale et susciter à terme de nouvelles offensives des marchés financiers.

1.- Désobéissance européenne en matière monétaire

La décision prise par la BCE d’acheter des titres de dette des États membres de la zone euro sur le marché secondaire – en réalité imposée à la BCE par les chefs d’États et de gouvernements – a quelque chose de réjouissant même si elle est ambigüe. Elle remet en ca use, en effet, le mythe de l’ « indépendance » de la BCE. Elle montre que c’est toujours le pouvoir politique qui est le maître à bord, même si tout est fait pour camoufler cette réalité et faire semblant (les appuis répétés des autorités européennes à la BCE dans tous leurs communiqués). La photo qui a circulé dans les journaux où l’on voit M. Trichet dans un bureau avec M. Sarkozy et Mme Merkel est symbolique : M. Trichet venait aux ordres. Et c’est très bien ainsi.

La décision imposée à la BCE évite la dévalorisation des actifs des banques ce qui est une bonne chose, même si les banques devront rendre des comptes sur leurs responsabilités dans les crises de ces dernières années. Cette décision contribue en outre à faire baisser le niveau des taux d’intérêt pour les emprunts d’État des pays ciblés par les spéculateurs (Grèce, Portugal, Espagne…). Dès le lundi 10 mai 2010, d’ailleurs, les taux sur les emprunts grecs à 10 ans avaient baissé à 6,6% contre plus de 12% le vendredi 7 mai. Quant au taux des obligations à deux ans qui était de 19% le vendredi, il était redescendu à 5,6% le lundi. C’est bien la preuve qu’il est possible d’agir efficacement contre les marchés financiers.

La décision imposée à la BCE est la seule qui ait un caractère relativement positif dans le vaste plan d’ajustement structurel décidé par les oligarques de Bruxelles. Si les statuts de la BCE sont respectés à la lettre, ils ne le sont plus dans l’esprit car c’est quand même une façon détournée, pour la BCE, d’acheter la dette des États de la zone euro. Cela revient indirectement à financer les États. Or la BCE se refusait jusqu’à présent à prendre cette décision. C’est pourtant ce que fait la Fed depuis toujours, ainsi que d’autres banques centrales.

C’est une forme de désobéissance européenne !

Mais les conditions de nouvelles attaques spéculatives sont réunies quand on lit le Wall Street Journal du 11 mai 2010 qui estime que la BCE, après avoir accepté d’acheter des titres de dette alors qu’elle se refusait à le faire une semaine avant, « fait monter les doutes sur son indépendance ».

En outre, on déplace le risque des pays les moins bien notés, vers les pays mieux notés qui vont voir leurs taux d’intérêt augmenter. C’est parfaitement logique puisque ces pays, comme la France et l’Allemagne, supportent l’essentiel des garanties apportées au fonds de 440 milliards d’euros, et donc augmentent leur risque.

2.- Désobéissance européenne en matière budgétaire

Prétendre résoudre l’endettement des États par un nouvel endettement est une manière de contourner les critères de Maastricht qui prévoient une dette publique maximale autorisée de 60% du PIB. Il est cocasse de tenter de résoudre un endettement par un nouvel endettement. Cela s’appelle de la « cavalerie ». Comme pour la BCE, c’est une façon hypocrite de ne pas respecter les traités dans l’esprit, tout en les respectant à la lettre. Ce jésuitisme conduit à ,créer une entité juridique spéciale qui va emprunter sur les marchés et donc s’endetter. Ce ne sont donc pas les États qui s’endettent !Ces derniers apportent seulement leur garantie aux emprunts.

Mais c’est encore de la désobéissance européenne !

3.- Un coup de bluff

Ce plan est comme la menace nucléaire, il est dissuasif ; il peut fonctionner – à court terme - à condition de ne pas s’en servir. Le programme de la BCE d’achat de titres d’État de la zone euro sur le marché secondaire vise ainsi à ne pas utiliser les autres mesures, les 60+440+250 milliards d’euros. Mais que se passera-t-il quand il faudra réellement mettre la main à la poche et sortir des milliards qui ne sont pour l’instant que virtuels ? Tout le montage est conçu pour gagner du temps. Mais combien de temps va-t-il tenir ?

4.- Les anticipations de la contagion vont-elle être « auto-réalisatrices » ?

Avec son plan, l’UE a pris acte du risque d’insolvabilité, en plus de la Grèce, de l’Espagne et du Portugal, pays qui sont plusieurs fois cités dans les documents officiels. C’est une anticipation qui est correcte, mais elle risque d’être auto-réalisatrice. L’Union européenne anticipe la contagion. Les marchés vont donc comprendre : «  on nous donne 750 milliards d’euros » ! Ce montant correspond aux besoins du Portugal, de l’Espagne et de l’Irlande, la Grèce ayant déjà eu son plan. Selon la banque Natixis, par exemple, un plan de sauvetage de l’Espagne couterait entre 400 et 500 milliards d’euros. Du coup, on ne voit pas ce qui retiendrait les marchés financiers de repartir à l’assaut, une fois la bulle médiatique du plan de Bruxelles dissipée.

5.- Ces sommes servent à « sauver » non pas les États ou leur population, mais leurs créanciers

Avec ce plan, rien n’est fait pour améliorer le sort des populations, bien au contraire. C’est un plan qui vise à améliorer le sort des banques. Une nouvelle fois. On a traité la crise de liquidité, il reste la crise de solvabilité. Et les banques, quand elles jugeront le moment venu, mordront une nouvelle fois la main qui les nourri.

6.- L’austérité va aggraver la situation économique et sociale et susciter à terme de nouvelles offensives des marchés financiers

Le plan de Bruxelles n’a aucune chance de donner des résultats positifs en termes de développement économique, écologique et social. Ne s’attaquant pas aux causes profondes de la crise – la déflation salariale – il crée les conditions d’une nouvelle crise, même si un calme relatif peut se produire à court terme. Écrasés par l’hyper-austérité, les pays de l’Union européenne ne pourront pas rétablir l’équilibre de leurs finances publiques dans ces conditions. Les marchés financiers pourront alors reprendre leurs opérations spéculatives.

Avec le plan de Bruxelles, nous sommes déjà dans la désobéissance européenne, mais de droite ; il faut passer à la désobéissance européenne de gauche !

IV.- LA SOLUTION À LA CRISE DU SYSTÈME DE BRUXELLES : L’HYPER-AUSTÉRITÉ POUR L’HYPER-CLASSE

Il faut un plan de développement économique, écologique et social, financé par une baisse de la rémunération du capital : l’hyper-austérité pour l’hyper-classe. Il faut une réponse systémique. Celle-ci doit marcher sur ses deux jambes : des mesures pour modifier le fonctionnement et les politiques de l’Union européenne, qui ne peuvent que s’inscrire dans le long terme ; des mesures de ruptures avec l’Union européenne décidées par des pays ou de petits groupes de pays, qui sont des mesures de court terme.

A.- Des mesures pour modifier le fonctionnement et les politiques de l’Union européenne, qui ne peuvent que s’inscrire dans le long terme

Ces propositions, s’inscrivant dans le cadre de l’Union européenne, sont absolument nécessaires pour faire bouger les lignes. Et il est probablement possible de les faire bouger. Mais elles présentent néanmoins trois inconvénients qui justifient de les articuler avec des perspectives de court terme :

  • Dans une Union européenne dominée par la droite qui dirige la plupart des pays membres, il parait difficile d’imposer une politique de gauche. Si les circonstances le permettent, ce ne peut être que sur des sujets relativement marginaux. Il est difficilement envisageable que les droites, à l’échelle européenne, se mettent à conduire des politiques différentes de celles qu’elles mènent dans leurs pays. Ce n’est pas impossible, mais le facteur temps empêche de faire reposer une stratégie politique sur ces aléas et ces hypothèses hautement improbables.
  • Pour transformer en profondeur le fonctionnement, l’organisation et les politiques de l’Union européenne, il faut changer les traités. Or, pour y parvenir, il faut l’accord unanime des Vingt-Sept, à la virgule près. Ce n’est probablement pas impossible, mais quand ? Là encore le facteur temps est un handicap à la définition d’une perspective politique claire.
  • Tout modifier d’un coup, ou engager des modifications partielles, une fois que les Vingt-Sept seront tous d’accord, est une stratégie politique illisible pour la population qui ne voit pas de perspective. Cette stratégie donne l’impression d’une succession de vœux pieux et étale son impuissance.

C’est pourquoi, sans renoncer à la réflexion sur une « autre Europe », il faut absolument définir des mesures de court terme, de gauche, susceptibles d’entrainer l’adhésion de la population. Tout de suite.

B.- Des mesures de ruptures avec l’Union européenne décidées par des pays ou de petits groupes de pays, qui sont des mesures de court terme

Il n’est pas possible, dans le cadre de cet article, d’entrer dans le détail. Ce sera pour les jours et les semaines qui viennent. Mais il est possible de montrer les lignes d’action que chaque pays peut suivre, seul ou avec d’autres, pour se sortir de la crise, à partir d’une vision de gauche, internationaliste :

  • Annuler les plans d’austérité pour la population, décréter l’hyper-austérité pour l’hyper-classe.
  • Refuser les prêts conditionnés par l’hyper-austérité.
  • Sortir de l’euro et revenir aux monnaies nationales.
  • Dévaluer.
  • Annoncer le défaut de paiement pour les pays concernés.
  • Nationaliser la politique monétaire (la Banque centrale achète une partie des emprunts d’État…).
  • Nationaliser les banques et les compagnies d’assurance (et, du coup, démanteler les marchés financiers comme les dérivés de crédits, encadrer le crédit…).
  • Contrôler les mouvements de changes.
  • Contrôler les mouvements de capitaux.
  • Organiser une relance keynésienne basée sur un grand emprunt national servant à amorcer le financement du droit opposable à l’emploi.
  • Prendre des mesures protectionnistes, si nécessaire, dans le cadre universaliste de la Charte de La Havane (il existe un protectionnisme de gauche comme il y avait un « non » de gauche lors du référendum de 2005 !).

La conclusion est simple : il faut, à court terme, désobéir à l’Union européenne pour créer les conditions d’une transformation totale de ses fondements et de son fonctionnement ; à défaut d’y parvenir, il faudra sortir de l’Union européenne. Quant à l’euro, il apparait désormais de plus en plus clairement qu’il faut l’abandonner sous sa forme actuelle de monnaie unique pour en faire une monnaie commune. La crise grecque représente l’heure de vérité pour tout le monde, notamment pour la gauche européenne.

V.- APRÈS LES BANQUES, IL FAUT SAUVER LA GAUCHE QUI SEMBLE TOTALEMENT DÉPASSÉE PAR LES ÉVÈNEMENTS

Une nouvelle fois, la confusion entre la droite et la gauche est à son comble. Cette situation alimente l’abstention, le vote d’extrême droite, les replis nationalistes et la xénophobie. Après l’attitude lamentable des députés socialistes qui ont voté le plan d’austérité pour la Grèce, il faut relever le courage et la clairvoyance politiques des députés du PCF, du PG et de quelques Verts qui ont refusé d’organiser une solidarité à l’envers : celle des Grecs vis-à-vis des banques qui les étranglent.

L’éditorial de Patrick Lehyaric, député européen du Front de gauche et directeur de l’Humanité (L’Humanité, 11 mai 2010) n’en est que plus étrange et soulève la question d’un changement d’orientation du PCF.

Il estime que « La création, enfin, d’un fonds d’entraide et de solidarité européenne que nous avions souhaitée, marque un tournant important dans l’histoire de la construction européenne. Elle vient tard, malheureusement ». Cette analyse ne correspond pas à la réalité des décisions prises dans le plan de Bruxelles. Ce n’est pas un fonds visant à aider les pays mais à aider les banques. Par ailleurs, on ne peut pas être d’accord avec ce plan comme semble l’être Patrick Lehyaric, car il s’agit d’un gigantesque plan d’ajustement structurel.

Le directeur de l’Humanité poursuit : « Si cet outil servait réellement à racheter des dettes insupportables des États et d’autres institutions publiques et à créer des conditions de leur refinancement à très bas taux d’intérêt en lien avec la Banque centrale européenne, ce serait utile ». Ce n’est pas du tout ce qui est prévu, ces fonds prêteront dans les mêmes conditions qu’à la Grèce.

« La question de l’utilisation et de l’orientation de ce fonds doit donc maintenant faire l’objet de la mobilisation des populations pour qu’il soit orienté vers des objectifs sociaux, de sécurisation du travail et de développement humain durable, et non pas pour rassurer les pieuvres du capitalisme international ». Hormis le caractère abstrait de ces propos, personne ne se mobilisera dans cette perspective qui apparait vaine. Pourquoi M. Sarkozy, M. Berlusconi, Mme Merkel et consorts changeraient-ils d’orientation du tout au tout ? Sous l’effet de quelles forces sociales ? Quand ?

« Reprendre la main et agir en faveur d’une grande initiative politique européenne pour élaborer un nouveau traité pour une Europe sociale, solidaire, écologique et pacifique ». Pourquoi pas, mais un nouveau traité nécessite l’accord des Vingt-Sept et de nombreuses années pour se mettre d’accord. D’ailleurs, cela fait déjà de nombreuses années que ce slogan est avancé, sans que le moindre début de commencement d’un nouveau traité n’ait vu le jour ! Ce n’est donc pas pour demain. Attention à ne pas donner l’impression de botter en touche sans rien proposer à court terme.

« La Banque centrale européenne doit devenir un instrument public […] pour impulser un crédit de type nouveau ». Même chose : il faut l’accord des Vingt-Sept, à la virgule près. Si on se limite à ce genre de propositions, on désespère la population qui ne voit aucune perspective crédible dans un horizon accessible.

Le problème n’est donc pas de « rassurer » les marchés financiers mais de les démanteler. Et d’agir de façon articulée au niveau européen et au niveau national.

 

Publié par Frédéric Maurin à 11:11am - Voir le commentaire ()
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5 Mai 2010

Solidarité avec le peuple grec !

APPEL : Il faut aider le peuple grec.

 

SIGNEZ LA PETITION EN LIGNE

 

http://www.humanite.fr/APPEL-Il-faut-aider-le-peuple-grec

 

Le peuple grec n’est pas responsable de la faillite de son Etat. C’est pourtant lui que les marchés financiers et les institutions internationales veulent saigner à blanc. Signez notre pétition en ligne.

La Banque centrale européenne a accordé des prêts gigantesques à seulement 1% d’intérêt aux banques qui, à leur tour, les ont prêtés à des taux de 4 à 8%. La Grèce doit elle aussi bénéficier de taux n’excédant pas 1%, sans autres conditions que le maintien des droits sociaux, de l’emploi et des services publics.
Tous les peuples d’Europe sont menacés de plans d’austérité de même nature. L’Union européenne et tous les Etats membres doivent donc se mobiliser pour préserver les chances d’une Europe des peuples.

Le peuple grec n’est pas responsable de la faillite de son Etat. C’est pourtant lui que les marchés financiers et les institutions internationales veulent saigner à blanc.

http://www.dailymotion.com/video/xd4buw_solidarite-avec-le-peuple-grec-saig_news

 

 

Crise financière, les six étapes d’un désastre

Par Pierre Rimbert

http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2010-04-30-Crise-financiere

 

L’agence de notation Standard & Poor’s a dégradé, mardi 27 avril, la dette souveraine grecque au rang d’obligation douteuse, et abaissé celle du Portugal. Le lendemain, l’Espagne entrait dans le collimateur – à qui le tour ?

Dans les trois cas, l’agence dit fonder son appréciation sur les perspectives macroéconomique des pays concernés : une croissance faible ne leur permettrait pas d’acquitter leurs engagements. Mais quels facteurs assombrissent ainsi leur horizon économique ? On peut facilement identifier l’un d’entre eux : les coupes budgétaires mises en œuvre sous la pression… des investisseurs et des agences de notation.

La boucle est ainsi bouclée. Avec le recul, les pièces éparses des krachs économiques à répétition survenus ces trois dernières années composent peu à peu le thème d’un puzzle bien connu. Son cadre : la vague de déréglementation financière des années 1980. Son nom : à crise de marché, remèdes de marché.

Première étape : en 2007 les ménages américains, dont les revenus stagnent, notamment sous l’effet de la concurrence internationale, se trouvent dans l’incapacité de rembourser des prêts immobiliers attribués sans souci de garantie par les banques saisies d’ivresse. Depuis l’éclatement de la « bulle Internet » en 2000, la Réserve fédérale américaine maintient en effet des taux d’intérêts très bas, favorisant l’aventurisme des investisseurs.

Deuxième étape : en septembre 2008, la crise des subprime dégénère en crise bancaire, les bilans des établissements financiers se révélant farcis de crédits immobiliers insolvables ventilés aux quatre coins de la planète dans des produits financiers sophistiqués. Lehman Brothers chute ; la panique gagne ; les banques cessent d’accorder du crédit : l’économie est au bord de l’asphyxie.

Troisième étape : plutôt que de placer l’intégralité d’un secteur financier failli sous contrôle public, les gouvernements acceptent de le renflouer en l’état. Les Etats s’endettent hors de proportion pour sauver les banques et relancer l’économie. Mais, après vingt ans de baisse continue de la fiscalité, les recettes ne suivent pas. Entre la fin de l’année 2008 et le milieu de l’année 2009, la crise de la finance privée se convertit en gonflement de la dette publique et en crise sociale. Dans les pays occidentaux, le chômage grimpe en flèche.

Quatrième étape. Requinqués par l’afflux d’argent public et la remontée des Bourses, stimulés par des taux d’intérêts quasi-nuls, banques et fonds d’investissements reprennent leurs affaires ordinaires. Pendant la tourmente boursière, beaucoup ont reporté leurs avoirs du marché actions (perçu comme incertain) vers celui des dettes publiques (réputé sûr). Mais celles-ci enflent dangereusement et ne servent qu’un faible taux d’intérêt. Le faire monter : telle est la conséquence de « l’attaque » spéculative sur la dette souveraine des pays « périphériques » de l’Europe entamée après la révélation du maquillage des déficits grecs – carambouille effectuée avec l’aide de la banque d’affaires Goldman Sachs.

Cinquième étape. Dès lors que les puissances publiques se refusent à stopper la spéculation par la loi et par une aide immédiate à la Grèce, un cercle vicieux s’enclenche : il faut emprunter pour payer la dette ; réduire ses déficits pour emprunter ; tailler dans les dépenses publiques pour réduire les déficits ; abaisser les salaires, les prestations sociales et « réformer » les retraites pour réduire les dépenses publiques. Autant de mesures qui appauvrissent les ménages, obscurcissent les perspectives économiques et incitent les agences de notation à dégrader les titres de la dette souveraine…

D’abord présentée aux Etats, la facture adressée par les banques pour le prix de leur propre impéritie échoit alors à son destinataire final : les salariés.

Sixième étape. L’effondrement des dominos européens. Nous y sommes. Miroir de la désunion européenne, le plan d’aide à la Grèce entériné le 11 avril tente tardivement de concilier tous les antagonismes : l’intervention du Fonds monétaire international (FMI) avec le sauvetage des apparences communautaires ; la mise sous tutelle d’Athènes et le principe de souveraineté nationale ; l’intérêt bien compris des banques françaises et allemandes, lourdement exposées à la dette grecque, et le Traité de fonctionnement de l’Union européenne, qui interdit la solidarité financière avec un Etat membre (articles 123 et 125) ; le montant des prêts initialement prévus (45 milliards d’euros, dont 15 par le FMI) et les sommes désormais jugées nécessaires pour endiguer l’activité spéculative (deux, voire trois fois supérieures) ; le modèle économique rhénan qui comprime les salaires pour dilater les exportations, et les balances commerciales négatives de ses voisins ; l’agenda politique de la chancelière allemande Angela Merkel, confrontée à un important scrutin régional le 9 mai, et celui des dirigeants des pays les plus endettés qui voient l’orage spéculatif aborder leurs rivages.

En vertu de cet arrangement, la Grèce pourra emprunter à des taux moins élevés que ceux du marché (mais infiniment plus que ceux, pratiquement nuls, associés aux sommes débloquées sans limite par la Banque centrale européenne en faveur d’établissements privés en 2008 et 2009). Elle devra en contrepartie réduire de 5, voire de 6 points, un déficit budgétaire estimé à 14 % du produit intérieur brut. Une saignée violente, opérée prioritairement dans les budgets sociaux, mais déjà insuffisante aux yeux Berlin. Moins de dix jours après son annonce, les cortèges hostiles se succédaient dans les rues d’Athènes, le spectre du défaut de paiement planait sur l’Acropole, la crise de la dette souveraine gagnait la péninsule ibérique et les rumeurs d’éclatement de la zone euro se propageaient.

Faite d’improvisation, de crainte et de résignation face aux impositions de la finance, la réaction des Etats, des institutions européennes et du FMI se caractérise par l’absence de stratégie d’ensemble : on se contente de répercuter la contrainte des marchés tout en jurant d’y résister. Elle incite les pays membres à se démarquer mutuellement dans l’espoir d’échapper aux paris des investisseurs. Une fois les « partenaires » placés en situation de concurrence, c’est à qui exhibera le plan d’austérité le plus drastique. A Lisbonne comme à Athènes, à Dublin comme à Madrid, résonne un mot d’ordre unique : « rassurer les marchés » – un an auparavant, les dirigeants du G20 promettaient de les dompter. Au fond, la dynamique réfracte involontairement la logique réelle de l’Union européenne, promise à tous comme un espace de solidarité et finalement livrée au dumping social, salarial, fiscal et maintenant spéculatif… D’autres solutions s’offraient pourtant au choix des gouvernants.

Comme la mer qui se retire, la crise découvre la fragilité d’une construction qui, depuis son origine, repose sur un pari : l’union douanière et monétaire entraînera l’union politique et populaire.

C’est peu dire qu’il est perdu.

 

 

 

Source : http://www.m-pep.org/

APPEL A RASSEMBLEMENT

L’EUROPE SOLIDAIRE AVEC LE PEUPLE GREC CONTRE LES MARCHÉS FINANCIERS

A Paris 288, boulevard Saint-Germain, Paris 7e (métro Solferino)

Les marchés financiers s’attaquent depuis plusieurs mois à la Grèce. Pour « rassurer les marchés », l’Union européenne et le FMI imposent une cure d’austérité drastique au peuple grec. L’âge de la retraite passera à 67 ans. Les salaires seront diminués de 15% dans le secteur public, et les licenciements facilités dans le secteur privé. La TVA sera augmentée de 2 points. D’autres mesures sont prévues. Ce plan d’austérité plongera l’économie grecque dans la dépression.

La Grèce n’est que le premier domino. Une fois son compte réglé, les marchés financiers s’attaqueront à d’autres pays, Portugal, Espagne, Irlande... ou France. L’enjeu est simple : qui paiera la facture de la crise financière, du renflouement des banques et des déficits publics ? L’Union européenne annonce un « plan de sauvetage de la Grèce ». Mais les prêts consentis ne profiteront qu’aux spéculateurs, pas au peuple grec. Et ils ne résoudront rien à terme.

Si les peuples européens ne réagissent pas fortement, les droits sociaux seront partout mis à mal. Les peuples seront dressés les uns contre les autres, comme c’est déjà le cas des Grecs, désignés comme « tricheurs » et « irresponsables ». On sait où cela peut mener. Pour stopper cet engrenage, nous devons nous mobiliser aux côtés des Grecs. Une grève générale est prévue en Grèce le 5 mai et les organisations grecques appellent à la solidarité des mouvements sociaux européens. Nous exigeons de l’Union européenne et des gouvernements :
 des mesures énergiques contre la spéculation financière,
 un véritable plan de solidarité financière avec la Grèce,
 une réorientation radicale de la construction européenne, qui privilégie les intérêts des populations et pas de la finance.

Premiers signataires

Agir contre el chômage (AC !), Aitec/Ipam, Attac France, CGT Finances, Fondation Copernic, Droit au logement (DAL), Europe solidaire sans frontières, Fédération syndicale unitaire (FSU), Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), Marches européennes, Mémoire des luttes, Sud PTT, Transform Europe, Union syndicale solidaires.

Organisations politiques en soutien : Les Alternatifs, Gauche unitaire, Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE), Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP), Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Parti communiste français (PCF), Parti communiste des ouvriers de France (PCOF), Parti de gauche (PG), République et Socialisme, Les Verts.

Source :  http://www.pcf-smh.fr  

Grèce/UE : non au plan de casse sociale

Le « remède » et le mal se confondent !

 

Solidarité totale avec les salariés, les jeunes, les retraités grecs qui manifestent par centaines de milliers contre le plan de casse sociale et économique de leur pays !

 

L’Etat français n’a pas à cautionner, par un « prêt » à intérêt, ces mesures iniques, un recul social inédit dans un pays d’Europe depuis des décennies, le diktat de l’UE et du FMI.

 

Français, nous sommes pleinement concernés. La résistance du peuple grec est un point d’appui contre la même politique qui nous frappe.

 

Pas un sou pour la finance, pour les intérêts usuraires des banques et des spéculateurs que la politique des gouvernements et de l’UE n’a cessé d’engraisser ! A eux de payer, de rendre l’argent qu’ils ont détournés!

 

 

La crise « grecque » est aussi peu grecque que la grippe était mexicaine. L’UE et le FMI soutiennent le peuple grec comme la corde le pendu.

La situation économique de la Grèce est le résultat de la même politique menée, en toute connivence, par les gouvernements des pays européens, de droite ou de « gauche » (en Grèce, il est socialiste) et par l’instrument dont ils se sont doter pour échapper à la résistance des peuples, l’Union européenne. Une politique en faveur des capitalistes.

La Grèce est touchée davantage et plus tôt parce que son économie est moins développée et parce que son Etat démocratique est plus faible.

Au nom de la « crise », depuis deux ans, les gouvernements européens ont multiplié les cadeaux aux banques, aux grands trusts pour maintenir leurs profits. Ils ont creusé d’autant les fameux « déficits » qui servent à justifier, partout, les politiques de casse sociale qui aggravent les causes mêmes de la crise.

L’UE sert de prétexte pour justifier, présenter comme l’unique voie, ces politiques nationales. Elle en est aussi l’instrument, avec l’euro, qui renforce la mise en concurrence (dite « libre et non faussée ») de tous contre tous.

Le choix de l’euro fort, mis en œuvre par une BCE, absolument pas « indépendante » des capitalistes, favorise les placements financiers et les délocalisations. Il sert les économies structurellement exportatrices comme celles de l’Allemagne (mais pas les salariés allemands).

A l’intérieur de la zone euro, la monnaie unique renforce la concurrence dans le marché unique. Elle écrase les secteurs économiques plus faibles des pays, privés de la possibilité de jouer sur leur monnaie pour protéger leur développement.

Voilà la politique que l’on veut faire payer, le plus durement, aux salariés, aux retraités, aux jeunes grecs, avec des dizaines de milliers de suppressions d’emplois dans le secteur public, la baisse de 15 à 20% des salaires, le report de l’âge de départ en retraite à 65 ans, la hausse de la TVA. Les armateurs, les financiers grecs, qui détiendraient eux-mêmes 45% de la dette du pays (l’Etat s’est endetté auprès d’eux tout en leur faisant des cadeaux fiscaux), ne sont pas touchés, au contraire.

La Grèce aujourd’hui, les autres pays de l’UE demain, y compris la France. Le pouvoir sarkozyste a creusé la dette publique à tour de bras de détaxation et d’exonération pour les patrons. Pour casser maintenant les retraites, on sent qu’il est gêné par l’opposition populaire. Une dramatisation des « déficits », à la grecque, serait le moyen d’aggraver brutalement sa politique antisociale, avec l’aide de l’UE et de la finance.

Quelle hypocrisie ! Les Etats renflouent les banques pour mieux s’endetter auprès d’elles. On donne à des « agences de notation » et aux spéculateurs, qu’on alimente, une importance extravagante. On présente l’UE (et le FMI), qui sont responsables de la situation, comme de gentils et généreux sauveurs face des nations « fraudeuses » comme la Grèce ou « égoïstes » comme l’Allemagne.

L’UE pose ses conditions au peuple grec, après avoir laissé se dégrader encore la situation: l’hyperaustérité ! Le carcan du Pacte de stabilité fonctionne toujours à sens unique. Et surtout « pas touche à l’euro », bien que les journalistes soient incapables de citer un seul avantage à la monnaie unique pour les peuples (Si la drachme existait encore, les Grecs auraient payé moins cher une dévaluation, mais surtout il serait resté une issue pour une autre politique dans le cadre national).

Par centaines de milliers, les travailleurs grecs donnent le signal de la Résistance. Le 5 mai, une journée de grève générale est organisée contre le nouveau plan de casse sociale. Tout le monde doit reconnaître que nos camarades du Parti communiste grec (KKE) et les syndicats qu’ils influencent jouent un rôle déterminant dans leur organisation alors que les syndicats socialistes peinent à contenir la colère populaire.

Apportons notre soutien plein et entier aux travailleurs grecs ! S’ils arrivent à mettre en échec leur gouvernement et les diktats de l’UE, ce sera un appel d’air formidable pour tous les peuples.

En France, dénonçons la prétendue « aide », des milliards d’euros de « prêts à intérêt », grevés sur le budget de notre pays que l’UMP et le PS se préparent à voter au Parlement.

Refusons de cautionner la saignée du peuple et de l’économie grecs !

Aux banques, aux spéculateurs, aux grands groupes capitalistes de payer, de rembourser ce qu’ils ont détourné !

Ici, combattons la même politique ! Dénonçons les cadeaux au patronat et au capital qui plombent les finances publiques ! Exigeons la nationalisation du secteur financier ! Combattons l’euro et la BCE en promouvant l’idée d’une monnaie commune (et non unique) de coopération entre les Etats pour le remplacer !

En 2005, en votant NON à la constitution européenne, le peuple français à ouvert une brèche. Le peuple grec est peut-être en train d’en ouvrir une autre à la politique de l’UE du capital.

C’est urgent !

 

Source : http://www.frontsyndical-classe.org/

« Terrorisons les terroristes du grand capital » …oui, j’ai bien aimé !

Appel du PAME pour la grève général du 5 mai

A LA TEMPETE ANTI-OUVRIERE DU GOUVERNEMENT, DU FMI, DE L'U.E. ET DU PATRONAT, NOUS REPONDONS AVEC L'ESCALADE DE LA LUTTE - AVEC UNE VAGUE DE GRÈVES.

PARTICIPONS TOUS ENSEMBLE A LA GRÈVE GENERALE ET PANHELLENIQUE DU 5 MAI 2010

A tous les travailleurs et jeunes,

Par l'escalade de la lutte, avec votre participation à la grève générale du 5 mai et aux manifestations du PAME (à Athènes, à la place d'Omonoia à 11h du matin), terrorisons les terroristes du gouvernement, de l'Union européenne, du FMI et des employeurs du grand capital.

Toutes ces forces sont responsables de la crise ; elles vivent de façon parasite, elles s'enrichissent de notre travail. Au nom de la crise, en l'utilisant, elles essaient de casser tout les droits et les acquis des ouvriers pour s'assurer pendant longtemps une main d'œuvre servile et bon marché.

Elles n’hésitent pas à utiliser le mensonge et le chantage pour nous convaincre que le sauvetage de leurs profits et de leur propriété est la seule issue et notre devoir patriotique et qu'au contraire la défense de nos conquêtes, de nos droits, de notre vie et de la vie de nos enfants est une trahison nationale !

Ce qui est en jeu aujourd'hui n'est pas de savoir si nous allons perdre une journée de salaire ou même un mois, même si nous en avons besoin. Car les rapaces du gouvernement, la direction de ND (parti néolibéral), le Laos, le FMI, l'U.E. et les employeurs du grand capital vont nous faire payer beaucoup plus : ils exigent que nous acceptions volontairement les chaînes sur nos mains et sur nos pieds, que nous détruisions notre avenir et celui de nos enfants pour leur recherche du profit.

Les luttes perdues n'existent pas. Notre vie et l'avenir de nos enfants seront perdus si nous ne luttons pas.

 

REBELLION GÉNÉRALE

TOUS ENSEMBLE DANS LA LUTTE

Avec un slogan, d'une seule voix

AUCUN SACRIFICE –

 EXIGEONS QUE LA PLOUTOCRATIE PAYE LA CRISE

 

 

 

Publié par Frédéric Maurin à 20:42pm - Voir le commentaire ()
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