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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

27 Juin 2010

Les abonnés au gaz disent merci à Sarkozy

La concurrence libre et non faussée ... est effectivement une grosse vacherie.

Vous connaissez le conte de fées : ouvrir le capital permet le développement de l'entreprise, la libéralisation fait baisser les prix, développe l'emploi etc... 

Or, comme l'indique ci-dessous la section de http://www.pcf-smh.fr/ , sur 4,5 milliards d’euros de bénéfice net, GDF Suez en a donné 3,3 aux actionnaires.

D'ailleurs, ouvrir le capital, ce n'est pas privatiser, pas vrai, Sarkomenteur ?

 

 

 

Augmentation du prix du gaz : ne laissons pas passer

 

 Les premières factures sont déjà arrivées dans les foyers prenant compte de l’augmentation de 10% (9,7%) des tarifs du gaz depuis le 1er avril 2010. Et voila qu’on nous parle d’une autre augmentation de 5%, le 1er juillet prochain. Un véritable scandale ! Usagers, salariés, nous ne pouvons pas accepter ce coup porté à notre portefeuille déjà bien maigre et à notre service public  qui nous appartient.

 

Selon les chiffres officiels, la ponction annuelle va atteindre 85 euros par ménage se chauffant au gaz. Beaucoup n’en peuvent déjà plus. Depuis 2004, les tarifs du gaz ont déjà augmenté globalement de 35%, malgré le recul des cours mondiaux. En 2009, 5 millions d’usagers ont eu des retards de paiement de leurs factures d’énergie. Le tarif dit « social » ne s’applique qu’à un petit nombre et, ne l’oublions pas, il est payé en fait par les autres consommateurs, moins pauvres.

 

Avec la nouvelle hausse, GDF-SUEZ va encore engranger un milliard d’euros supplémentaires sur le dos des usagers domestiques. Où va aller cet argent ?

 

D’abord vers les profits et les actionnaires privés qui possèdent 65% de l’entreprise ! En 2009, le bénéfice net de l’entreprise a atteint 4,5 milliards d’euros. Pour 2009, les actionnaires vont en croquer 3,3 milliards ! Leurs dividendes ont encore augmenté de 5% cette année, de 34% depuis 2006.

Ensuite, GDF-Suez utilise son excédent d’exploitation, réalisé sur les usagers (14 milliards d’euros dont la moitié en France), pour mener la guerre mondiale de la concurrence au profit de la finance. Avec notre argent, GDF-Suez rachète, à coup de milliards, des entreprises en Grande-Bretagne, au Pérou... pour piller d’autres usagers. Le comble, c’est que cet argent sert aussi à concurrencer EDF en France même. GDF-Suez est sur les rangs pour construire une centrale nucléaire dans la Vallée du Rhône. Pendant ce temps là, EDF veut installer un terminal gazier à Dunkerque.

La concurrence et la loi du profit ruinent le service public. Nous le payons de plus en plus cher, sur nos factures, sur la qualité du service, bientôt sur la sûreté des installations.

Il faut arrêter ce scandale !

Le pouvoir est directement responsable de la hausse des tarifs. Il l’a d’ailleurs soigneusement retardée pour qu’elle ne coïncide pas avec la campagne des régionales. Maintenant, il cherche à se défausser derrière une commission bidon qu’il a désignée lui-même (« Commission de régulation de l’énergie ») et qui n’existe que pour délivrer des prétextes à l’explosion des tarifs réglementés. Rien ne justifie la hausse des tarifs, ni l’évolution des coûts d’approvisionnement en gaz naturel, ni les coûts réels des infrastructures et du stockage ! Les uns et les autres ne sont pas divulgués mais on voit le résultat final : les profits records de GDF-Suez !

L’Etat reste aussi actionnaire à 35% de l’ensemble GDF-Suez. Le gouvernement avait expliqué que c’était le moyen de conserver une « minorité de blocage » dans les choix de l’entreprise. Le peuple doit le contraindre à en faire usage, à cesser de faire le jeu des multinationales aux dépens des usagers, des salariés, du pays.

Exigeons ensemble du gouvernement :

La suppression de l’augmentation de 9,7% des tarifs du gaz depuis le 1er avril !

Une baisse de ses tarifs de 20% correspondant aux bénéfices non réinvestis de GDF-Suez réalisés en France.

La renationalisation intégrale de GDF, celle d’EDF, la nationalisation des activités de Suez en France.

La fusion de GDF et d’EDF dans un seul opérateur de service public de l’énergie 100% nationalisé.

La montée des luttes dans le pays, pour les retraites, les salaires, les services publics montrent les forces qui existent pour inverser la politique que nous subissons. La bataille pour le service public national de l’énergie en fait pleinement partie.

 

Source : http://www.pcf-smh.fr/

 

 

img058.jpg

La démocratie à la sauce de l'Union européenne, c'est la dictature de l'actionnariat, et elle a cette tête-là :

 

 

Source :

Bastille République Nations...

et c'est par là qu'on s'abonne :

http://www.brn-presse.fr

                                                                                  

 

         

 

 

Et pourquoi s'arrêter en si bon chemin ?

Lorsqu'on a pour coeur de projet de Défaire méthodiquement le programme du CNR , engraisser les actionnaires, alimenter la chaudière boursière, c'est bien mais cela ne suffit pas.  

Ainsi, entre deux gargarismes sur le dialogue social, pourquoi ne pas casser du syndicaliste ?

Article extrait de http://ouvalacgt.over-blog.com/

La pétition ci-dessous peut être signée ici  :

http://www.mesopinions.com/Halte-a-la-repression-a-EDF-GDF-SUEZ-petition-petitions-d5d3f644cc9f3ca29b3df37f5fe54e3f.html

...mais les pétitions ne suffiront pas...

Cinq mois après la fin du conflit du printemps pour l'emploi et le service public, la Direction des groupes EDF et GDF/SUEZ, répondant à plusieurs demandes gouvernementales invitant à prendre des sanctions contre les salariés en lutte, s'est lancée dans une vaste opération nationale de répression et de sanctions disciplinaires allant jusqu'au licenciement de plusieurs salariés. Cette opération s'inscrit dans un contexte de criminalisation du mouvement social inacceptable dans une société démocratique.

En Midi-Pyrénées, 18 conseils de discipline ont été convoqués à l'encontre de salariés choisis au hasard. 4 licenciements sont d'ores et déjà prononcés et 2 sur le point de l'être. Il est reproché aux deux premiers salariés d’avoir fait grève sans autorisation. Pour les quatre autres, ces licenciements font suite à des dégradations de bureaux commises le 21 avril 2009 en présence de près de 600 salariés en grève sur le site, venus exiger l'ouverture de négociations de la part de la Direction.

Les décisions de la Direction régionale d'EDF GDF/SUEZ sont inacceptables, au regard notamment:

- d’une atteinte grave à l’exercice du droit de grève

- du refus total de la Direction de négocier malgré les appels répétés des syndicats et de l'exaspération qu'elle a ainsi elle-même provoquée chez des salariés extrêmement inquiets pour leur avenir,

- de l'absence de toute forme de violence aux personnes ou de "lock-out" de la part des salariés en grève,

- de l'absence d'identification des auteurs des dégradations. La Direction a déposé plainte pour ces faits de dégradations. L'enquête n'a semble-t-il pas avancé et aucune convocation en justice n'a en tous cas été notifiée. Plus de 600 salariés étaient présents sur le site, sans qu'il ait été possible de déterminer ceux qui ont procédé aux dégradations. La Direction elle-même a confessé n'avoir pas identifié précisément les auteurs, mais invoque de manière inacceptable des "faisceaux d'indices",

- de la disproportion manifeste entre les faits reprochés et les sanctions de licenciements prononcées.

Dès lors que la Direction d'EDF GDF/SUEZ a cru devoir déposer plainte pour ces faits, il lui incombe, sauf à porter une atteinte inacceptable au principe de la présomption d'innocence, d'attendre la décision de la Justice avant de prononcer quelque sanction que ce soit.

Les organisations, personnalités et citoyens signataires invitent en conséquence la Direction d'EDF GDF/SUEZ à revenir sur les licenciements prononcés et à suspendre sans délai l'ensemble des procédures disciplinaires engagées dans l'attente des éventuelles décisions de Justice.

Elles appellent l'ensemble des pouvoirs publics, et singulièrement le gouvernement, à user de toute leur persuasion pour inciter EDF GDF/SUEZ à s'engager à ne prononcer aucun licenciement.

 

Pour la convergence des luttes salariés - usagers !                           

Hier comme aujourd'hui : résistance !

Publié par Frédéric Maurin à 21:19pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

27 Juin 2010

La concurrence libre et non faussée

(article 3 A du traité de Maastricht, constitutionnalisé par Sarkozy dans le cadre du traité simplifié contre l'avis du peuple), cette vache sacrée de l'Union Européenne est effectivement une grosse vacherie. 

La « menace protectionniste », ce concept vide de sens

mardi 17 février 2009, par Frédéric Lordon Le Monde diplomatique

Ce texte n’offre pas une analyse économique de la configuration souhaitable des échanges internationaux. Il propose le démontage d’une question mal posée — la question dudit « protectionnisme ». Quitte à répondre à des questions, autant en effet que ce soient les bonnes... Le préalable à un débat qui veut produire quelque chose n’est-il pas d’éviter les questions trop mal ficelées — où se jettent avec délice tous ceux qui agitent des « menaces » et voient partout des spectres.

« Strauss-Kahn craint le retour du protectionnisme » [1], « Menaces protectionnistes » [2], « Protégeons-nous du protectionnisme » [3], « La situation comporte deux risque majeurs : des troubles sociaux et le protectionnisme » [4]. Entre logorrhée et franche panique, on dirait une attaque de gastro. Et plus ils le disent moins ils savent de quoi ils parlent. Evidemment pour s’en apercevoir il leur faudrait prendre le temps de réfléchir un peu au sens des mots – et surtout de suspendre, si c’est possible, le réflexe spasmodique qui fait dire immédiatement « guerre », « xénophobie » et « repli sur soi », parfois même un peu baver au coin des lèvres.

Il y a bien des manières de discuter du commerce international, et notamment celles de la macroéconomie qui en envisage différentes configurations, évalue leurs mérites respectifs, leurs contributions à la croissance ou aux inégalités, etc. Cette discussion en soi a toute sa valeur, mais il n’est pas certain qu’elle traite comme elle le croit de la question du « protectionnisme ». Car la grande question préjudicielle est bien celle-là : y a-t-il quelque chose comme une question du « protectionnisme » ?...

La concurrence non distordue… au milieu des pires distorsions

Il faut y regarder à deux fois, et surtout faire l’effort de se déprendre des catégories les plus (faussement) évidentes par le truchement desquelles s’opère la construction du débat public, pour apercevoir combien ses problématisations peuvent être parfois fragiles voire purement et simplement dénuées de sens. Or c’est très clairement le cas de la question du « protectionnisme » de même que de celle, connexe, de la « concurrence non distordue », qui réussissent cette performance de donner lieu à des flots de commentaires sur des mots d’une parfaite absurdité. Redouter le « retour du protectionnisme » n’a en effet de sens que si nous estimons vivre dans une situation de non-protectionnisme. Dans le sabir communautaire international le non-protectionnisme a pour nom « level playing field », soit « terrain de jeu aplani », en d’autres termes : absence de toute aspérité et de toute dénivellation qui perturberait le parfait plain-pied où l’on veut jeter les compétiteurs. Mais ce non-protectionnisme existe-t-il ? Et même : pourrait-il jamais exister autrement qu’en fantasme ? À quelques malhonnêtes entorses près sans cesse corrigées par les bienveillantes autorités de la Commission, la concurrence non distordue règne, nous dit-on, en Europe. Concurrence non distordue vraiment avec l’Estonie qui fixe à zéro son impôt sur les sociétés [5] ? Avec la Roumanie où les employés de Renault-Dacia payés 300 euros par mois sont une sorte d’élite salariale ? Avec la Pologne qui refuse toute réglementation environnementale – et les coûts qui l’accompagnent ? Avec le Royaume-Uni qui dévalue subrepticement sa monnaie de 30% contre l’euro, et d’un claquement de doigts diminue d’autant ses prix d’export ? Avec le Luxembourg dont la transparence bancaire fait paraître limpide une flaque de pétrole ? Concurrence non distordue sans doute également avec la Chine, et aussi avec le Vietnam bien connu pour la générosité de sa protection sociale, ou pourquoi pas la Birmanie puisque BK Conseils nous certifie que le travail forcé y est une légende.

Tel est donc le tragique contresens de « l’anti-protectionnisme » qui s’obstine à créer les conditions formelles du marché en oubliant systématiquement toutes les protections structurelles qui rendent dès le départ l’échange inégal. Pour que le « non-protectionnisme » ait un sens, il faudrait ajouter aux règles du libre-échange l’hypothèse de parfaite identité structurelle des systèmes socioproductifs mis en concurrence… Or cette hypothèse est évidemment délirante. Fiscalité, protection sociale, niveaux de vie, règlementation environnementale, taux de change, droit du travail, tolérance sociale aux inégalités, préférence politique pour les coûts collectifs de services publics : les économies sont différentes en tout. Et dès lors que le regard cesse d’être obnubilé par les seules règles de marché, il apparaît que les structures socio-productives, en tant qu’elles sont irréductiblement hétérogènes, sont des distorsions « acquises », qui plus est de long terme, qui rendent proprement chimérique un projet conséquent de level playing field. Le « non-protectionnisme » n’existe pas autrement qu’en fantasme, car à part le délire de l’économie-un-seul-monde définitivement homogénéisée, toutes les différences restent autant de distorsions, c’est-à-dire, pour certains, de protections de fait. Ceux qui tirent leur fiscalité vers le bas, qui ne veulent ni des coûts de la protection sociale ni des coûts de la protection environnementale, ceux qui manipulent leur change, ceux dont le droit du travail autorise toutes les pressions salariales, tous ceux-là sont à l’abri de formidables barrières et n’ont nul besoin de droits de douane ou d’obstacles non-tarifaires pour s’ébattre et prospérer dans le commerce international libéralisé. Le monde différencié, le nôtre pour longtemps encore, est par conséquent – à savoir : en tant qu’il est différencié – protectionniste ! N’est-il pas absurde alors de hurler à la « menace protectionniste » dans un monde qui l’est nécessairement ? À moins, focalisant jusqu’à l’hystérie le regard sur certaines protections, que ce soit pour mieux faire oublier les autres.

La concurrence non distordue, c’est le protectionnisme !

On voudrait croire qu’il n’y a parmi les enragés de la « concurrence libre et non distordue » que des cyniques – pour qui le level playing field n’est que l’instrument rhétorique et pratique d’un rebasculement du rapport de force entre le capital et le travail par régime du commerce international interposé. Au moins ceux-ci ont-ils les idées au clair et ne se racontent-ils pas d’histoire. Mais il y a, dans ces rangs, bien plus encore d’ahuris qui croient vraiment à ce qu’ils disent et persistent à ne pas voir que leur célébration de la concurrence non distordue dans les marchés a pour effet de faire jouer de la pire des manières – la plus déniée et la plus destructrice – la concurrence très distordue par les structures. Par un paradoxe que jamais semble-t-il les amis des Grands Marchés de toutes sortes ne parviendront à saisir, la concurrence non distordue s’avère donc le parfait complément du protectionnisme des structures. Et puisque organiser la seule concurrence par les règles de marchés c’est feindre d’ignorer les effets de protection (ou de vulnérabilité) des structures pour les laisser jouer plus violemment, on pourrait même dire en un raccourci bien fondé que la « concurrence non distordue » [6], c’est le protectionnisme ! Car il n’y a pas moyen plus efficace de maximiser la brutalité des rencontres compétitives entre entités appartenant à des environnements structurels hétérogènes que de les plonger dans le faux level playing field des marchés grands ouverts. On peut alors donner au raccourci précédent sa formulation plus précise : la concurrence des marchés, c’est le protectionnisme (dénié) des structures.

Pareil aux scolastiques qui disputaient de la nature substantielle de la Sainte Trinité, les horrifiés du protectionnisme font un motif de scandale d’un problème qui n’a pas de sens puisque la « menace » ainsi brandie est déjà trivialement dans les faits, quoique systématiquement occultée. C’est pourquoi l’alternative de la concurrence non faussée et du protectionnisme n’a pas plus de valeur que celle de l’unité ou de la tripartition des êtres célestes, et que le concept de « protectionnisme » est simplement absurde, dès lors qu’il est envisagé comme alternative à autre chose qui serait pure de toute distorsion. Nous vivons dans le monde de la différence, donc de la distorsion de fait, c’est-à-dire dans un monde – eh oui, c’est un aveu difficile qu’il leur faudra consentir – protectionniste. La concurrence entre des entités qui ne sont pas strictement identiques est immédiatement faussée par leurs différences mêmes – d’où résulte que le concept de concurrence non faussée est une parfaite ineptie. Et celui de protectionnisme avec du même coup.

Une politique des distorsions négociées pour un monde de fait protectionniste

Si donc nous vivons dans un monde de fait protectionniste et voué à le rester – sauf le fantasme de la Grande Homogénéisation du monde – il faut prendre son parti de l’inanité de la discussion qui s’obstine à opposer le protectionnisme aux bienfaits du « libre marché », et se rendre à l’idée que le problème est tout entier plongé dans le registre du protectionnisme lui-même, qu’il n’en sortira pas, et qu’il n’y a dès lors plus qu’à choisir entre ses différents degrés et ses différentes formes – débat pour le coup plein de sens puisqu’à ce moment seront mises sur la table toutes les sortes d’hétérogénéités, de différences, de protections et d’inégalités entre lesquelles il faudra nécessairement passer des compromis – en d’autres termes envisager de corriger des distorsions par des distorsions contraires (et compensatrices). Evidemment il s’agit là d’une révolution copernicienne qui sera également refusée par les cyniques et par les ahuris, quoique pour des raisons fort différentes. Et pourtant il faudra bien s’y faire : si, du fait des différences de structures, c’est la non-distorsion qui est l’inégalité, alors c’est l’égalité qui appelle la distorsion. Si Organisation mondiale du commerce a un sens, autre que celui dévoyé de « promotion du libre-échangisme », c’est bien celui, littéralement parlant, que le commerce international nécessite d’être organisé pour que les distorsions correctrices soient instituées sur des bases stabilisées par la négociation, plutôt qu’aspirées par la spirale divergente des impositions unilatérales et des représailles qui s’en suivent.

Or c’est là un objectif en soi très atteignable, et on ne voit pas quelle objection de principe, ou de pratique, pourrait lui être opposée, en tout cas certainement pas celle des « anti-protectionnistes » qui soutiennent qu’il n’est pas d’autre base de négociation possible que l’arasement libre-échangiste, et que toute distorsion fait nécessairement tomber dans la spirale des représailles hors de contrôle. Car contrairement à ce que ceux-ci imaginent, l’actuelle OMC ne fait finalement pas autre chose que stabiliser une certaine configuration de distorsions ! – mais des distorsions structurelles recouvertes par le level playing field commercial. Négocier des distorsions stabilisées n’a donc rien d’une chimère puisque c’est l’ordinaire de son activité ! À ceci près toutefois que ce sont les distorsions les plus problématiques qui sont stabilisées, et de la pire des manières : sans le dire et sans avoir été posées ni reconnues comme telles. À l’inverse de ceux qui, confondant, par bêtise ou par intérêt, liberté et anarchie, voient toute réelle organisation – comprendre : toute organisation d’autre chose que du chaos level playing field – comme un très grand malheur, il faut donc rappeler qu’organiser la coexistence de différences est l’objet d’une politique. Et qu’en cette matière, les plus conscientes d’elles-mêmes sont toujours les meilleures.

Notes

[1] Nouvelobs.com, 13 février 2009.

[2] Leparisien.fr, 11 février 2009.

[3] Courrier International, 2 février 2009.

[4] Christine Lagarde à Davos, 31 janvier 2009.

[5] Pour les bénéfices réinvestis ; 28% sur les bénéfices distribués.

[6] Au sens des Traités européens.

 

 

Publié par Frédéric Maurin à 20:18pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #Union européenne

24 Juin 2010

Le dialogue social vu d'en bas.

Le gouvernement et les directions d'entreprise s'en gargarisent. Ils écoutent, recoivent, tiennent compte, respectent, dialoguent, cherchent du consensus...avec les "partenaires" sociaux .

Nul doute qu'ils vont continuer après cette belle Grève le 24 juin 2010

 

Bon. Si on descendait voir plutôt comment cela se passe sur le terrain ?  

 

(puisque vous êtes là, avant de commencer, allez donc signer une pétition contre la répression antisyndicale à La Poste : http://soutienpostiers92.rezisti.org/  : ils sont pas en shorts, ils jouent pas, mais ils risquent gros, eux... )
 

 

Sources :

Presse libre (voir le détail en fin d'articles):

http://www.fakirpresse.info/

http://cequilfautdetruire.org/

http://humanite.fr/

http://www.leplanb.org/

 

 

Je change juste le titre, cela sera :  

Avec Carrefour, je positive !

 

(rude journée de grève...excusez le manque d'inspiration)


Astride travaille au Carrefour d'Amiens. Dans son HLM, son repassage terminé, elle étale ses fiches de paie sur la table : « Net, 837 euros et 63 centimes.
– Pour un plein-temps ?
– Non, un 30 heures. C'était imposé d'office quand ils m'ont embauchée : pas 35 heures, 30 heures.
– Mais vous touchez une prime d'ancienneté ?
– Non, y a pas ça chez Carrefour. Le bonus après huit ans là-bas, c'est qu'on nous accorde un jour de congé supplémentaire. Pour Noël, à la place d'un colis, ils nous ont remis une boîte de chocolats à 2,50 €.
– C'était votre treizième mois ?
– Oui. (Elle rit.) Ils abusaient, alors on s'est mis en grève, et la direction nous a octroyé un bon d'achat de 15 euros. Mais, sur la fiche de paie, ils ont déduit notre journée... »
Une fois son loyer payé, il lui reste 485 euros pour vivre avec son fils, Frédéric, son chien, Angie, son chat, Pepsi, et entretenir sa petite auto pour se rendre au boulot.


Prodige du capitalisme : cent, deux cents, cinq cents travailleurs pauvres sont rassemblés dans ces hypermarchés ; des millions d'euros coulent entre les doigts des « hôtesses de caisse », à qui l'on ne verse parfois même pas le Smic. Et pourtant, personne ou presque ne se révolte. Le « groupe » affiche « 1,6 milliard de bénéfice net » ; il lâche 38 millions d'indemnités à Daniel Bernard, son ancien pédégé, mais ne laisse à ses employés (on dit « collaborateurs », ou « équipiers », ou « associés ») que « 837 euros et 63 centimes » : aucune insurrection à l'horizon. Où donc loge le ressort quotidien de cette acceptation ?

Il y a la répression, bien sûr, avec ses caméras de surveillance, ses espions d'hypermarchés qui traquent et dénoncent les infractions microscopiques au règlement – et qui, au besoin, en inventent (1). Mais la terreur organisée par une milice de supérette ne représente que le sommet de l'iceberg. La résignation emprunte des canaux plus ordinaires.
Un détail, d'abord : au Carrefour d'Écully, dans la banlieue lyonnaise, vers midi, entre deux distributeurs – café et M&M's –, trois dames en blouse grignotaient leur sandwich sous cellophane à des tables séparées. Juste trois, à midi ? « Eh oui, avec leurs horaires élastiques, explique le délégué CGT, Mohamed Guendouze, elles arrivent à 8 h 30, à 9 heures, à 9 h 30, alors les caissières ne se connaissent même pas entre elles. »
Agnès confirme : « Les horaires, avant, c'était une équipe du matin et une autre de l'après-midi ; on avait les mêmes plages de travail, sept-huit heures d'affilée, on déjeunait ensemble. Maintenant, tout est chamboulé... » Maintenant, « l'équipe » est cassée. N'existe plus qu'un « temps de travail individualisé », segmenté. Un atout pour la « paix sociale » : les salariés ne se rencontrent plus, ne parlent même plus entre eux. Avantage subsidiaire, ces « horaires libres » – libres pour le patron – ont engendré des tensions en installant une concurrence entre les employées.
Astride : – Pourquoi c'est toujours la même qui va travailler le samedi matin ? Pourquoi j'ai deux ou trois heures de coupure ?
Agnès : – Ou comme moi : le chef m'a mise du matin et je termine à 19 heures. C'est une bataille permanente pour poser nos pions. On se querelle avec les animatrices de caisses parce qu'elles s'avantagent ; elles ont leurs têtes, leurs chouchous...
Astride : – Tout est fait pour semer la zizanie.
Et ça marche. L'emploi du temps hebdomadaire est devenu un enjeu de lutte. Un enjeu vital pour des mères de famille ou pour des célibataires avec enfants. Dès lors « l'ambiance », cette chose immatérielle, flottante comme l'air du temps et pourtant décisive, s'en trouve modifiée, « pourrie », « hypocrite » : « C'est devenu un nid de jalousies. »
Il a fallu des décisions politiques, des accords de branche et des syndicats conciliants pour que ce « libre choix » s'impose, à partir de 1984. Aucun scandale ici, pas de James Bond ni de filature. L'« individualisation » s'avère un outil de contrôle d'autant plus efficace qu'il est moins visible.
Cependant la fragmentation du collectif en particules concurrentes ne découle pas que des horaires...
Paul a servi deux années dans la grande distribution. Il a failli y « faire carrière ». D'entrée, un souvenir lui revient pour expliquer « l'absence de mobilisation » : « Déjà, le matin, ça commençait par une embrouille : on était quinze et le magasin ne possédait que douze tire-palettes. Donc c'était la course entre nous, on se regardait de travers, puis les trois malchanceux montaient voir le chef... »
Deux jours plus tard, il nous adresse ce courriel : « J'y ai repensé et je crois que, dans les rayons, c'est un travail très individualisant : chacun a son rayon (les chefs insistaient bien sur cette possession, sur cette responsabilité) et se démerde avec. Quand tu ramassais une palette, pas question d'aller filer un coup de main au voisin : tu avais ton taf, point ; tu le laissais se démerder avec le sien. Je me rappelle particulièrement de mon collègue du rayon d'en face, qui ne s'en sortait pas avec ses sauces et condiments (normal, dès que ça chute, ça casse) : on pensait plus à se foutre de lui, généralement, qu'à l'aider. » La solidarité minimale est, sinon interdite, du moins déconseillée.
Suite du message : « Le management aussi était vachement individualisant : on était toujours pris à part pour ce qui est de la mesure de nos performances ou de nos non-performances individuelles. C'était décrit comme ça par les chefs, et ressenti par moi aussi je crois, comme par des collègues. Comme ce jeune mec qui montait en grade et passait assistant chef de rayon : il chronométrait lui-même le temps qu'il mettait à vider ses palettes comme une performance à la fois sportive, physique, et organisationnelle. »
Difficile de recenser les trésors d'ingéniosité développés par le management (2) : les « challenges carte fidélité », « l'hôtesse du mois » avec sa photo, le comportement transformé en statistiques (pourcentage de Sbam +, « Sourires, Bonjour, Au revoir, Merci, plus “bonnes fêtes” »), « la MC attitude Carrefour » (du nom de son « défi » : « Mieux consommer »), des dizaines d'indicateurs chiffrés (« nombre d'articles saisis à la minute, le chiffre d'affaires à l'heure, les écarts de caisse ») dont dépend la « RI » (« rémunération individuelle »), les réunions mensuelles où « un chef de caisse nous présente le CA [chiffre d'affaires], les nouvelles du groupe, la politique du magasin. On doit recopier le CA sur notre fiche d'évaluation, consciencieusement, tu notes, l'air très intéressé », plus la propagande interne, la revue Positif ! , diffusée à foison.
Astride : – 2006 sera « l'année de la caissière », ils nous en ont informés. Ils nous ont remis une jolie pochette cartonnée, avec la petite fée Effi dessus. Il faut absolument qu'on fidélise le client, voilà l'objectif, il faut qu'on gagne des parts de marché.
Agnès : – On a même suivi une formation Effi-caisse... comme si en trente ans de boutique je ne savais pas comment remplir un chèque !

Se recrute enfin tout un personnel impersonnel, de « managers stagiaires » et de « managers métiers » pour relayer les consignes : « Ceux-là, c'est des jeunes, ils viennent du siège, ils tournent. Ils ne nous parlent même pas, ils sont calés derrière des écrans d'ordinateur et remplacent les anciens chefs de rayon, avec qui on causait, on s'entendait bien. »
Une « hôtesse de sécurité » discute avec un cégétiste ? Licenciée. Un cariste termine une bouteille de Yop entamée et bonne pour la benne ? Licencié. Un vigile sort avec une caissière ? Licencié. Qu'importent les motifs pourvu que règnent la peur qui sépare, la méfiance qui divise.

Pourquoi tous ces assauts de « management » ? Parce que les dindons en chef des grandes surfaces, les Halley, les Defforey, les Fournier, les Mulliez et leurs sbires, tremblent. Ils savent qu'ils tirent sur la corde et qu'un beau jour – un très beau jour – on risque de les pendre au bout. Cette crainte, un document daté de juillet 1999 en témoigne. Il émane de la direction de Carrefour. On s'y réjouit d'abord d'une nouvelle « baisse du coût de l'heure travaillée » (en supprimant la prime d'ancienneté de 3 % tous les trois ans, la prime de transport d'un montant de 23 francs (3,50 e), la prime de présence avec un solde de congés, ces « privilèges qui chloroforment l'esprit d'entreprise d'un salariat surprotégé », nous dirait la journaliste Brigitte Jeanperrin). Du bonheur pour les actionnaires. Sauf que la note se conclut par ce mot d'ordre : « Nous isolerons la CGT, toujours menaçante. »
« Toujours menaçante », la CGT ? Elle qui n'est pas implantée, loin de là, dans tous les établissements du groupe ? Elle qui ne compte, bien souvent, qu'une poignée de militants ? « Menaçante », oui, car les grands directeurs redoutent de siéger sur le couvercle d'une cocotte-minute oubliée sur le feu.


LE SYNDICALISME EST UN SPORT DE COMBAT

« Quand un jeune entre dans l'entreprise, on le prévient : “Lui, c'est Guendouze, CGT, faut pas lui parler.” » Entré au Carrefour d'Écully en 1978, Mohamed demeure au plus bas échelon, le « MB », dans les fruits et légumes : « Un directeur m'a proposé d'évoluer, mais il fallait quitter la CGT... » Même discrimination, classique, pour Michel Frénéat : trente et un ans de boutique, et toujours pas chef du rayon boucherie, ni même adjoint. Pas la moindre promotion.
Dans leur local syndical, situé juste à côté de la sécurité, des agents « sont venus vers 22 heures, 22 h 30 soi-disant pour “mettre deux vis”. Je leur ai proposé de venir la journée, ils ont refusé, ils m'ont dit “Non, non, on ne le fait que le soir”. Une ou deux fois, quand j'appelais l'inspecteur du travail, le lendemain comme par hasard le directeur était au courant. Et quand un salarié entre ici, je ne sais pas comment mais aussitôt ils le voient, ils le convoquent dans leur bureau : “Pourquoi tu es allé là-bas ? Il ne faut pas...” À mon avis, ils ont posé des caméras et des micros. » Ce que confirment deux anciens « espions » employés par la direction pour surveiller les éléments indisciplinés.
Toutefois, Guendouze et Michel font figure de chanceux comparés à Thierry Laniel. Lorsque ce dernier a créé, en 1995 une section CGT au Carrefour de Givors, le management l'a « isolé » avec un poste d'après-midi parmi les croquettes pour chiens. Une mise en quarantaine, de peur qu'il ne contamine le personnel. Courant 1999, son père agonisait d'« un cancer de l'amiante ». « Ils savaient très bien que j'étais psychologiquement atteint. » C'est le moment que choisit la direction de son hypermarché pour l'accuser d'un « vol de tickets-restaurant », avec convocation au commissariat et perquisition à la clé. Le procureur classera l'affaire, « mais ça m'a traumatisé, je me suis mis en maladie. »
Le recours à la police, à la justice, aux accusations fantaisistes, c'est presque une habitude pour se débarrasser d'un délégué gênant. Au Merlan, dans les quartiers Nord de Marseille, Mohammed Bedouche en a fait les frais. Avant de s'employer à le faire licencier, la direction a averti : « Tu es un rassembleur dangereux.
On connaît ta situation financière. Tu es en apnée pendant les quinze derniers jours du mois.(3) » C'est que là-bas comme à Givors, comme à Écully, la CGT triomphe aux élections, obtient la majorité parmi les ouvriers et employés. Un signe « menaçant »...


MÉDECINS-MOUCHARDS... 

Deux mois d'arrêt pour Astride : « dépression » confirmée par la médecine du travail. À Carrefour, l'absentéisme lié aux maladies est passé, en trois ans, de 7,6 à 9,6 %. « Dans les hypermarchés, note une enquête réalisée dans le Rhône, 30 % des hommes et 42 % des femmes ont eu un ou plusieurs arrêts de maladie dans les douze mois précédents(4). »
Entre les demandes de la clientèle et les exigences du management, les caissières sont coincées. Toujours plus pressées, réduites à des statistiques, sans temps creux ni temps morts. Faute de lutte collective pour desserrer l'étau, la fuite l'emporte.« On a énormément de roulement, constate Mohamed Guendouze. En trois ans, rien qu'à Écully, on a enregistré près de 1 200 départs. » Mais, pour beaucoup, la peur du chômage interdit cette mobilité : « Il y a trente ans, j'aurais quitté la boîte, explique Astride. Je choisissais la ville où je désirais vivre,et en une semaine j'obtenais un emploi et aussi un logement. Maintenant, arrivée à un certain âge, on se dit que trouver ailleurs c'est pas évident. Là où on est, malgré tout, c'est sécurisant. » Les arrêts de maladie servent de soupape. Le management a poussé les caissières à bout, certes, mais il n'abandonne pas encore la partie : à Lyon, un cadre a été filmé et pisté pendant son arrêt. Ailleurs, la direction enrôle ses propres contrôleurs : « Ils viennent frapper à votre porte ! témoigne Agnès. À 3 heures, dans mon village, il descend de sa voiture avec un pardessus. Une cloche est attachée à mon entrée. “Bonjour, voilà, je suis médecin et je suis envoyé par Carrefour pour vérifier que...” » Le 4 avril, les syndicats CGC, FO et CFDT ont signé une nouvelle convention collective des médecins-conseils (contrôleurs). Si le ministre de la Santé l'agrée, leur salaire sera désormais complété par une rémunération « au mérite ». En fonction de leur zèle à traquer les caissières épuisées, ils toucheront entre 1 900 et 4 800 euros supplémentaires par an.

LE MANAGEMENT À LA CRAVACHE

Sur France Info, la célébration des patrons se niche jusque dans la chronique « Équitation ». Le 22 avril, le journaliste Jean-Pierre Laborde dresse le portrait de l'un de ses héros : « En semaine, il dirige une entreprise, 4 000 personnes, Spir, qui édite des gratuits et le quotidien 20 Minutes. Le week-end, il court la Coupe du monde de saut d'obstacles. La semaine prochaine, Philippe Léoni participera pour la deuxième année consécutive à la finale de la Coupe du monde avec sa jument Cyrenaïka. En cinq ans, il a doublé le chiffre d'affaires de son entreprise et accédé deux fois à la finale mondiale. Homme de cheval et patron d'entreprise, les deux vies de Philippe Léoni se nourrissent mutuellement. » En effet, Philippe Léoni a tiré de son expérience chevaline de précieux enseignements sur l'art et la manière de dompter ses salariés : « Le monde de la compétition m'aide dans ma vie d'entrepreneur, et inversement. L'équitation, c'est une grande école d'humilité et de respect, d'écoute vis-à-vis de son cheval pour parvenir à obtenir des choses d'un animal qui fait entre 500 et 600 kilos. Il y a une approche psychologique très importante. Je crois que ce n'est pas étranger aussi à la manière de se comporter avec les gens. » En cas de ralentissement, un coup de cravache, et ça repart. 


 

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 Notes :
(1) Lire « J'ai provoqué 150 licenciements », L'Humanité, 20.1.06.
(2) Lire Fakir n° 22, déc. 2004-fév. 2005.
(3) Lire CQFD n° 23, mai 2005.
(4) Documents pour le médecin du travail, n° 89, 1er trimestre 2002

Le Plan B n°2 (mai - juin 2006)

http://www.leplanb.org/ 

Publié par Frédéric Maurin à 20:40pm - Voir le commentaire ()
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21 Juin 2010

Grève le 24 juin 2010

Et plus si affinités ...non, là je me répète.

 

Je signale donc cet appel du Front Syndical de classe.

Vu de loin, cela ressemble au Tous en grève le 24 juin ! de la C G T. A l'examen, cela parle plus fort mais sonne surtout très juste, notamment sur la question de la C E S (Confédération européenne des syndicats : l'adjectif "européenne" pouvant être aisément remplacé par "patronale", j'y reviendrai) et de ce qui peut être attendu d'une négociation avec l'Union pour une Minorité de Privilégiés (UMP)

Enfin, je vous laisse juges...

 

 (puisque vous êtes là, avant de commencer, allez donc signer une pétition contre la répression antisyndicale à La Poste : http://soutienpostiers92.rezisti.org/ )
 

 

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Tous ensemble en même temps pour battre le pouvoir du Capital !

 

 

Source :

http://www.frontsyndical-classe.org/

 

 

 

Dans un contexte de chômage de masse, de salaires comprimés, de précarité et de misère qui explosent, de casse des emplois et des services publics et de régression sociale tous azimuts qui dévaste jour après jour les acquis et les conditions de vie du peuple, le gouvernement a rendu public son projet de casse des retraites. Il ne comporte aucune surprise et se situe parfaitement dans la lignée des contre-réformes de 1993, 2003 et 2007 elles-mêmes cadrées par les directives européennes et par le sommet de Barcelone prévoyant, avec l'accord de Chirac et de Jospin, le recul de l'âge de la retraite dans toute l'UE.

Au programme, la baisse inévitable des pensions et l'aggravation de la situation des classes populaires avec le recul de l'âge de la retraite (62 ans) et de l'âge de la retraite à taux plein (67 ans) contraignant des millions de travailleurs à poursuivre au-delà de 62 ans car ils n'auront pas leurs trimestres (études longues, chômage, précarité...), le refus de reconnaître les métiers pénibles, l'augmentation des cotisations retraites des fonctionnaires...

 

Les prétextes invoqués par le gouvernement et matraqués à longueur de journées sur les médias aux ordres par des journalistes et des experts grassement rétribués par le capital, sont toujours les mêmes : compte-tenu de la démographie et des déficits, il faudrait « travailler plus longtemps ».

Cela ne tient pas la toute une seule seconde : alors que les profits des grands groupes capitalistes se comptent par dizaines de milliards chaque année, alors que chaque année la productivité du travail augmente, il n'y a aucun problème pour payer les retraites présentes et à venir dans notre pays. De même, les déficits (et qui enrichissent fabuleusement les banques qui s'engraissent grâce aux taux d'intérêt usuraires qu'ils font payer) sont créés de toute pièce par ceux qui s'en servent aujourd'hui pour justifier leur casse des retraites, à coups de cadeaux fiscaux et d'exonérations de « charges sociales » (au bas mot 30 milliards d'euros par an). Sans oublier non plus que la casse planifiée de l'emploi public et privé (suppressions de poste, délocalisations...) ainsi que la compression des salaires est responsable d'un énorme manque à gagner pour payer les retraites et, plus largement, la protection sociale.

 

Autrement dit, la casse des retraites, comme celle de la Sécu ou des services publics, ne répond à aucune fatalité mais seulement à de l’intérêt des grande groupes capitalistes prêts à tout pour maximiser leur profits et pour mettre la main sur les sommes colossales que représente le salaire socialisé (retraites, sécu) et les systèmes de solidarité mis en place au lendemain de la seconde guerre mondiale à partir du programme du Conseil National de la Résistance (CNR).

 

 

Face à cette situation, les directions syndicales françaises, quelques jours avant la période estivale et après avoir longtemps couru de « négociations » en discussions avec Sarkozy, semblent ne plus avoir de mots assez durs pour dénoncer le projet gouvernemental : « provocation », « inacceptable », « injuste », ...

 

Elles ont pourtant temporisé depuis des mois, disant attendre de voir les propositions du gouvernement et plaçant leurs espoirs dans le « dialogue social ». Comment avoir pu croire ou faire croire qu’il pourrait sortir quelque chose de positif de discussions avec un gouvernement de casseurs, aux ordres de grosses entreprises du CAC 40 et qui a placé son action sous le mot d’ordre : « casser le programme du Conseil de la Résistance » (comme l'expliquait Denis Kessler, ancien n°2 du MEDEF, intime de Sarkozy et de Strauss-Kahn) ?

C’est en tout cas une démonstration de plus que le syndicalisme de négociation et d'accompagnement, rassemblé au sommet dans la très officielle Confédération Européenne des Syndicats (CES), n'est aucunement capable de défendre les intérêts des travailleurs.

 

Car dans le même temps, ce syndicalisme s'illustre par le refus de construire le rapport de force et par l'organisation de journées d'action isolées et sans suite. Qu'on pense à l'inaction de la CES alors que tous les peuples européens sont frappés en même temps par un méga-plan de casse sociale (Grèce, Espagne, Portugal, Royaume-Uni, Irlande, Roumanie, Allemagne...) piloté par l'Union européenne. Qu'on songe aussi à l'expérience française de 2009 où la mobilisation historique et pleine d'espérance du mois de mars fut laissée sans mot d'ordre offensif et sans autre suite que deux journées d'action à deux mois d'intervalle, au point de décourager les travailleurs les plus combatifs.

 

Non, les journées de grève de temps à autre ne suffiront pas à faire reculer le pouvoir !

Oui, il faut en finir avec les illusions entretenues par les directions confédérales et de la Confédération Européenne des Syndicats sur les vertus du dialogue social et celles de l’entente entre partenaires sociaux qui ne servent à laisser du temps au pouvoir en présentant le gouvernement comme un partenaire alors qu’il est au service du grand patronat contre tous les acquis populaires.

 

Il n'y a rien à négocier avec le gouvernement. Pas question de retourner chez Sarkozy pour aller négocier des miettes la corde au cou.

Alors que 70 % des français sont contre le projet, seul son retrait peut aujourd'hui être à l'ordre du jour !

Et seul un rapport de force d’une ampleur historique méthodiquement construit à partir des revendications défendues de la base est en mesure de permettre la victoire des intérêts populaires :

- retrait du projet Woerth-Sarkozy

- Maintien du droit à la retraite à 60 ans et le retour aux 37,5 annuités pour tous, privé et public, ainsi qu’au calcul sur les 10 meilleures années dans le privé et le maintien du calcul sur les 6 derniers mois dans le public (annulation des contre-réformes de 93 et 2003).

- Indexation des pensions et retraites sur les salaires

- Maintien du Code des pensions et des statuts particuliers (annulation de la contre-réforme des régimes spéciaux de 2007)

 

C'est en ce sens que la journée du 24 juin prend une grande importance. Pas comme une journée d'action de plus, renvoyant la suite à la rentrée mais comme une journée de préparation et de construction à la base du rapport de force. Il faut utiliser les réunions syndicales, les AG de grévistes, les manifestations... pour mettre à l'ordre du jour un puissant travail de contre-offensive idéologique et la préparation d'action durant l'été et à la rentrée, avec plusieurs pistes possibles :

- constitution partout où c'est possible de comités unitaires, à la base, de défense des retraites comme cela si fit en 2005 contre la constitution européenne,

- préparation de rassemblements le 14 juillet, date symbolique de l'intervention populaire, au lendemain de l'annonce définitive du plan gouvernemental,

- préparation d'une rentrée offensive dès la fin août puisque le gouvernement entend soumettre son plan au Parlement le 7 septembre : Manifestation nationale à Paris pour la défense des retraites dès le début septembre avec mise en perspective d'une grève reconductible ? Appel à bloquer les zones industrielles de France, comme la CGT Goodyear demande à la confédération CGT de le préparer ?...

 

Face à un pouvoir qui programme délibérément l'appauvrissement du plus grand nombre pour sauver les profits des grands groupes capitalistes, la classe ouvrière et le monde du travail sont en état de légitime défense.

 

Face à l'offensive du grand capital, mise en musique par l'UE et les gouvernements nationaux, il va falloir se battre. Les peuples n'ont pas le choix : soit ils arrivent à lever de grands mouvements comme en 1936 ou en 1968, soit la misère va s'étendre dans de terribles proportions.

 

Tous ensemble en même temps pour battre le pouvoir du Capital !

Publié par Frédéric Maurin à 21:28pm - Voir le commentaire ()
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20 Juin 2010

Rendez-nous Domenech !

suite de la série Et si on parlait football ? (Hé oui, pourquoi pas moi ?)

 

Rendez-nous Domenech ! donc...car qu'il fasse perdre ou gagner l'équipe de france de football, Raymond Domenech joue un rôle important :

 

 

 

Pour aller plus loin, voyez La télévision comme espace de représentation viciée

(analyse de Pierre Bourdieu) à lire ici :

http://www.philophil.com/philosophie/representation/Analyse/bourdieu_television.htm

 

Juste un extrait :

 

De même que les prestidigitateurs attirent l'attention sur autre chose que sur ce qu'ils font, le fait divers "fait diversion". L'évocation du fait divers attire l'attention du public sur des faits qui sont certes de nature à intéresser tout le monde mais "sur un mode tel qu'ils ne touchent à rien d'important"...  Si on emploie des minutes si précieuses pour dire des choses si futiles c'est que ces choses futiles sont en fait très importantes dans le mesure[...où elles se substituent] aux informations pertinentes que devrait posséder le citoyen "lambda" pour exercer ses droits démocratiques".

 

La semaine prochaine, je vous dirai donc toute la vérité sur Anelka et sur la manière dont l'Equipe a pu être au courant de son désormais célèbre "Vas te faire enc..., sale fils de p..." (variante sportive du Cass'toi pov'con sarkozien)

 

En attendant :

 Tous en grève le 24 juin ! 

 

Marre des Peoples ? Place au peuple !

 

Et plus si affinités

Publié par Frédéric Maurin à 21:02pm - Voir le commentaire ()
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20 Juin 2010

Désormais, quand il y a une grève en France...

 

 ...personne ne s'en aperçoit (Nicolas Sarkozy).

 

Et on se demande bien pourquoi :

 

 

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Oui, les médias aux ordres mentent... et il n'appartient qu'à nous de les faire mentir un peu plus:

 

Tous en grève le 24 juin !

 

 

 

Publié par Frédéric Maurin à 20:19pm - Voir le commentaire ()
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19 Juin 2010

Et si on parlait football ?

Pourquoi pas ?

 

Mais, épuisé par les derniers matchs, je me contenterai de cette vidéo :

 

 

Le plus frappant comme vous l'avez vu, c'est le comportement de la presse dite d'opinion, réputée "de qualité"  (Le Monde, Libération, Le Figaro...)

 

Pour les non initiés, le PPA, cité dans la vidéo, c'est le Parti de la Presse et de l'Argent, dont la fonction est de mentir par mission, par omission, ou par démission.

Merci au Plan B http://www.leplanb.org/ qui va beaucoup manquer à la presse réellement libre.

Mais que demeure l'ambition de détruire le PPA !

Boycott des annonceurs ? A voir...

Publié par Frédéric Maurin à 10:43am - Voir le commentaire ()
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15 Juin 2010

Cohn-Bendit : ce sont les (vrais) écologistes qui en parlent le mieux

 

Je n'ai rien à ajouter...

Publié par Frédéric Maurin à 18:05pm - Voir le commentaire ()
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14 Juin 2010

L'Europe dans le mur...et toujours plus vite

Sous le titre "Toujours plus" (d'Europe?), le dernier éditorial du mensuel Bastille République Nations pose clairement la nature de la "construction européenne" (parler de déconstruction républicaine ou de construction antisociale serait plus juste).

 

Source : http://www.brn-presse.fr/

 

Un dernier effort, et on y est.

Telle est l’invite récurrente adressée aux peuples depuis le début d’une « aventure européenne » qui prétendait apporter bien être, sécurité et prospérité.

Le traité de Rome (1958) n’ayant pas abouti à ce bonheur annoncé, l’explication tombait sous le sens : pas assez d’Europe.

Fut alors lancé le « marché unique », effectif en 1993. Les résultats ne s’avérant guère probants (du moins pour les peuples), le discours communautaire avança l’explication : un marché unique ne peut bien fonctionner sans monnaie unique.

L’oubli fut réparé par le traité de Maëstricht. La devise européenne allait enfin concrétiser les bienfaits tant attendus. Las, onze ans après son lancement, le succès est tellement éclatant que d’aucuns évoquent désormais la « fin de l’euro ». Dès lors, à Bruxelles, on s’est soudain frappé le front : « on avait juste oublié de vous signaler que monnaie unique impose gouvernance économique unique ». On en est là.

 Au point que la très libérale agence Breakingviews moquait récemment (08/05/10) le « processus de décision – ou plutôt d’indécision – européen » en ironisant sur les dirigeants de l’UE face à la crise : « leurs efforts obstinés pour l’aggraver ont été couronnés d’un succès éclatant ». Remarque d’autant plus cruelle que le traité de Lisbonne avait précisément été imposé, en violation des verdicts populaires, pour « rendre l’Union européenne enfin plus efficace ».

 

En réalité, celle-ci n’est pas incapable de résoudre la crise : c’est son essence même qui a créé les conditions de cette dernière, puis l’aiguise désormais.

Depuis l’origine, la communauté a été conçue pour promouvoir « la compétitivité des entreprises », formule codée qui signifie : favoriser les intérêts des grands groupes industriels et financiers en pesant sur le monde du travail – ses rémunérations, ses conquêtes sociales. Or s’attaquer au travail, seule source réelle de création de valeur, provoque forcément des déséquilibres majeurs (sous-consommation, endettement…).

Deuxièmement, la vague de déréglementation n’a pas épargné les marchés financiers. Il est piquant, aujourd’hui, de voir Bruxelles accuser les méchants spéculateurs, quand tout a été sciemment organisé pour laisser libre champ à ces derniers.

 

Troisièmement, la monnaie unique tend à faire rentrer dans le même moule des pays aux économies très différentes, et à priver chacun de leviers essentiels : taux de change, taux d’intérêt... La montée en flèche de l’euro a littéralement étouffé la croissance (en plombant les exportations et en favorisant les importations).

 

Quatrièmement, le dogme de la liberté de circulation des capitaux, combiné au rejet du protectionnisme, a brutalement exposé les économies européennes à la mondialisation… et permis l’importation quasi-immédiate de la crise dite des « subprimes » née aux Etats-Unis il y a deux ans.

 

Aujourd’hui, les prétendus pompiers jouent les pyromanes. En imposant des plans d’austérité sans précédent, et en tentant de prendre directement en main les politiques budgétaires des Etats-membres, l’UE crée les conditions d’une récession dont on ne mesure peut-être pas encore l’ampleur.

 

En France, pour le PS comme pour l’UMP, hors de l’Europe, point de salut.

Défendant le vote des députés socialistes en faveur des vingt milliards apportés à Athènes, François Hollande déclarait ainsi récemment : « je soutiens l’euro, nous ne sommes pas là dans un débat droite-gauche mais dans un débat européen ». Le commissaire Barnier, proche de Nicolas Sarkozy, affirmait pour sa part que « l’Europe n’est pas une option, elle est une nécessité vitale ».

Comme en écho, Olivier Besancenot martèle qu’« aucun des problèmes posés ne trouve sa réponse dans les frontières nationales » (Le Monde, 14/05/10). Caroline Fourest – tendance Charlie Hebdo – s’inquiète de son côté qu’émerge « une rage populiste, potentiellement nationaliste ou meurtrière » (Le Monde, 08/05/10). Quant au PCF, il s’est proclamé « euroconstructif » depuis 1999, avec le succès populaire que l’on sait.

 

Rarement fuite en avant vers le mur aura été aussi consensuelle parmi la classe politique. Au sein du peuple, il en va très différemment. Cinq ans après le refus de la constitution européenne, le ressentiment contre le viol de ce verdict n’a pas faibli, a fortiori au regard des brillante conséquences actuelles. Il peut resurgir à la prochaine occasion.

Qui pourrait bien ne pas tarder.

 

PIERRE LÉVY

 

 

J'insiste sur caractère essentiel de s'abonner à ce mensuel pour lutter contre l'enfumage des médias aux ordres et rompre avec l'Union pour une Minorité de Privilégiés, union dont les contours ne s'arrêtent pas, hélas et loin s'en faut, à la seule U M P :

 

S'abonner, c'est par là que cela se passe:

 http://www.brn-presse.fr/#Tarifs.F

 

Si vous ne le faites pas pour le journal,le pluralisme ou

 la liberté de penser... faites-le au moins pour éviter çà :

 

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(Nicolas Sarkozy, Mars 2005, s'exprimant sur le

Traité Constitutionnel, pardon capitaliste, européen

...avec sa conception très particulière de la

démocratie que nous avons pu expérimenter par la suite)

 

Le jeu en vaut la chandelle, non ?  

Publié par Frédéric Maurin à 04:10am - Voir le commentaire ()
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14 Juin 2010

Peuples d'Europe, soulevez vous !

Pour Refuser l'austérité Sarkozy-FMI , il n'y a pas 36 solutions.

Je pense qu'il n'y en a qu'une : un scénario à la 1936, justement.

 

Manière d'affirmer notre Solidarité avec le peuple grec !  , je signale cet évènement

 

Conférence-débat

Sur la situation sociale en Grèce

  avec 4 responsables syndicaux grecs du

PAME*, dont le responsable des relations internationales

  Mercredi 16 juin à 20h30

Maison des Associations de Grenoble

 

* Front Militant des Travailleurs

  Signatures : Les Alternatifs, Centre d’Information Interpeuple, Fédération Syndicale Etudiante, Parti de Gauche, Pôle de Renaissance Communiste de France

 

 Le programme, en image, est assez engageant :

 

 

 

 

Quelques éléments sur le PAME :

 

Source : FSC http://www.frontsyndical-classe.org/

 

Le PAME est un Front Syndical Classiste, unitaire et national. Il a été fondé le 3 avril 1999, par la décision d'une Conférence nationale, en présence de 230 syndicats de base, de 18 organisations sectorielles et régionales et de 2.500 délégués syndicaux. Le PAME représente aujourd'hui 700.000 travailleurs en Grèce.

C'est la vie et l'action qui confirment que la naissance du PAME est une date historique dans le cadre du mouvement de classe et une perspective prometteuse pour les intérêts de la classe ouvrière. La grande majorité de la classe ouvrière en Grèce sans distinction de sexe, religion, langue et des préférences idéologiques, fait confiance au PAME et elle assiste à ses initiatives. Les syndicats les plus actifs en Grèce font partie du PAME. Ce sont les Organisations qui suivent la lutte de classe et la bataille contre l'exploitation de l'homme par l'homme, qui supportent le courant de lutte de classe contre le capital, l'Union européenne, les États-Unis et les gouvernements qui les soutiennent. Elles s'opposent à l'impérialisme et ses guerres.



Le PAME lutte sans compromis pour l'unité de la classe ouvrière. Il vise à recueillir et mobiliser davantage les travailleurs et les jeunes. Il
pose des revendications qui répondent aux besoins modernes de la classe ouvrière. Il lutte pour le droit au travail et à l'assurance sociale de plein droits, pour les systèmes d'éducation et de santé, pour les conditions de travail contre les risques professionnels. Le PAME soutient la lutte du peuple palestinien contre l'agression israélienne, et la lutte populaire et internationale contre toutes les attaques et les guerres impérialistes. Il indique par ses positions et ses actions que la classe ouvrière est puissante quand elle est organisée et quand elle ajoute foi à la nécessité de la lutte déterminée contre les forces du capital. Le PAME organise des grèves, des manifestations, des occupations, des protestations de façon organisée, massive, solide, active contre les forces de répression et de terrorisme de patronat.


Le PAME a révélé depuis son début que la
lutte pour les intérêts des travailleurs sont directement liés au renforcement du front contre les patronats, les gouvernements et les syndicats jaunes. Dans le mouvement syndical existe 2 courants : d'un côté, celui de la lutte de classe et de refus d'obéissance choisi par le PAME et de l'autre celui de la collaboration de classe et du dialogue social choisi par les organisations syndicales jaunes. Ces forces soutiennent et défendent le système d'exploitation. Elles soutiennent activement la stratégie du capital et des politiques anti-populaires. Elles reconnaissent les critères de la compétitivité et de la rentabilité des entreprises et celui du “réalisme économique”. Elles ne peuvent pas représenter la classe ouvrière. Elles représentent des intérêts opposés. Leurs demandes et leurs actions le prouvent. A noter également que depuis sa fondation, le PAME est confronté non seulement à l'attaque du patronat et des gouvernements, mais aussi à l'attaque des forces de droite, de la social-démocratie, de l'opportunisme, mais aussi des demi-opposants de gauche.


Les manifestations grandioses en Grèce montrent que la majorité des travailleurs, des paysans pauvres et des travailleurs indépendants, est contre les mesures barbares des gouvernements, de l'UE et du FMI. Depuis le début de la crise capitaliste, le PAME a exigé que la ploutocratie paye la crise et non les travailleurs. Il a dévoilé que la crise est un phénomène mondial et pas seulement un phénomène grec. L'action du PAME contre la crise capitaliste et ses résponsables s'est intensifiée à partir de Décembre 2009. Il est le principal organisateur des luttes de la classe ouvrière. Il organise des grèves générales, des manifestations constantes dans 65 villes en Grèce et des occupations symboliques dans le ministère du Travail, dans le ministère des Finances, dans la Bourse, e.t.c. Le PAME lutte contre l'application de toutes les mesures anti-populaires, contre l'appauvrissement du peuple. Il lutte pour un développement couvrant les besoins et les intêrets populaires et non les profits de la ploutocratie.


Le PAME est fondé sur les principes de l'internationalisme prolétarien et de la solidarité. Depuis 2000, il est membre de la Fédération Syndicale Mondiale (FSM). Aujourd'hui, dans des conditions de domination temporaire de l'impérialisme, il y a la nécessité grande d'une coordination et d'une action commune avec des autres mouvements syndicaux
dans les autres pays. Les forces du capital, la social-démocratie et l'opportunisme sont coordonnées par les mécanismes de la confédération européenne des syndicats (CES) et la CSI. Ces organisations sont les mécanismes et les partenaires du système capitaliste.


Nous nous trouvons au début de crises nouvelles et plus grandes. Ce système ne peut être reformé. Il devient plus brutal et il se putréfie. Dans ces conditions, la solidarité internationale et l'action coordonnée des syndicats de classe dans l'Europe sont nécessaires. La contribution de la Fédération Syndicale Mondiale est importante à cet égard. Le mouvement syndical classiste européen fixe le nouvel rendez-vous militant à la 9e Conférence du Bureau Regional Européen de la FSM à Rome le 1 et 2 octobre 2010 et au 16e Congrès de la FSM en avril 2011 à Athènes.

 

 

Austérité, demandez le programme des marchés financiers

et de leurs gouvernements aux ordres :

 

 

Le peuple Grec trinque…

Durant la crise financière, le gouvernement grec a distribué 28 milliards d’euros aux banques, soit 2 600 € par habitant. Cette dépense a considérablement augmenté la dette publique de la Grèce Voici la liste des mesures décidées par le gouvernement aux ordres de l’Union Européenne (UE) et le FMI, dirigé par le socialiste français Dominique Strauss-Kahn:

                  -Le taux principal de la TVA passe de 19% à 23%,      

                 -Les taxes sur le carburant, l’alcool et le tabac augmentent pour la deuxième fois en un mois de 10% ;

                -Les salaires pour les fonctionnaires sont amputés de l’équivalent de deux mois;

                -Les salaires et les retraites de la fonction publique seront gelés pendant 5 ans ;

                -Les départs anticipés à la retraite, liés à la pénibilité du travail, sont interdits avant 60 ans ;

                -L’âge de la retraite est retardé : il faudra 40 ans de travail, au lieu de 37, pour pouvoir bénéficier d’une retraite à taux plein. De plus, cette retraite ne sera plus calculée en fonction du dernier salaire, mais selon le salaire moyen de la totalité des années travaillées !

                -Suppression des conventions collectives

                -L’État va réduire ses dépenses de fonctionnement (santé, éducation) de 1,5 milliards d’euros ;

                -Un salaire minimum jeune (650 €), inférieur à celui des adultes va être créé ;

                -Les licenciements seront facilités.

 Et les privilèges demeurent 

Ainsi, nous pouvons constater que ces mesures ne touchent aucunement les hauts revenus. Aucune mesure n’est prise pour lutter contre la fraude fiscale : la quasi-totalité des grandes entreprises déclarent leurs profits dans des pays à fiscalité plus avantageuse, notamment à Chypre. Qu’est-ce que fait l’Union Européenne pour interdire ces paradis fiscaux internes à elle-même ? Aucune mesure n’est prise non plus contre les exorbitantes exonérations fiscales sur le patrimoine et l’immobilier dont bénéficie l’Église orthodoxe.

 

Aujourd’hui la Grèce, demain la France !

La crise grecque n’est qu’un exemple avant-coureur de ce que vont connaître tous les pays de l’UE. L’Espagne, dont le gouvernement socialiste a décidé de baisser les salaires de ses fonctionnaires de 5%, le Portugal, l’Italie et le Royaume-Uni ont déjà suivi cet exemple. La France ne sera  pas épargnée.

Ces réformes prévoient aussi de réduire massivement l’emploi public. L’Espagne prévoit de ne remplacer qu’un départ de fonctionnaire à la retraite sur dix, la Grèce un sur cinq. Ce qui ne peut que dégrader les services publics, dont bénéficient surtout les couches les plus défavorisées. Cette politique, tout comme l’allongement de l’âge de la retraite, ne peuvent qu’aggraver la situation de l’emploi des jeunes.      

 

La mobilisation des peuples

Face à ces mesures injustes les Grecs descendent régulièrement dans la rue, des manifestations ont eu lieu ou sont prévues en Espagne, au Portugal, en France, en Italie et en Roumanie. De son côté l’UE fait pression sur les peuples afin que ceux ci payent la crise du capitalisme.

Au Parlement français, les socialistes ont voté, avec la droite, en faveur du plan financier « d’aide à la Grèce » sans tenir compte du fait que ce plan écrasait le peuple grec au profit du capital.

                                                               

Peuples d’Europe, soulevez-vous !

 

 

Nota Bene :
Vidéos et invitation aimablement communiqués par http://prcf-38.over-blog.net/ 

Publié par Frédéric Maurin à 03:31am - Voir le commentaire ()
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