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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

28 Juillet 2010

David Pujadas enfin récompensé

La Laisse d'Or, récompensant le journaliste le plus servile, a été décernée à David Pujadas. Son entretien avec le chef de l'Etat ne doit pas être étranger à cette distinction.

 

Pujadas-laisse-or-2-copie-1.jpg

 

 

 

 

Le 30 juin 2010 vers 21 h 30, alors que le présentateur du journal télévisé de France 2 David Pujadas quittait les bureaux de France Télévisions, une délégation l’attend sur le trottoir pour lui remettre le trophée le plus convoité du Parti de la presse et de l’argent (PPA) : la Laisse d’or.

L’objet, composé d’un collier en métal robuste et d’une lanière en cuir véritable, avait été acheté le jour même dans une quincaillerie parisienne et enduit d’une fine mais alléchante couche de peinture dorée. Une boîte de cirage, une brosse et un plumeau multicolore doté, selon son fabricant, du pouvoir d’« attirer la poussière » complétaient la panoplie.

En décernant ce kit au présentateur du « 20 heures » de France 2, les organisateurs entendaient récompenser le « journaliste le plus servile », comme ils l’ont expliqué au Plan B, qui passait par là. Selon eux, Pujadas mérite la Laisse d’or pour son amour des euros (12 000 euros de salaire mensuel), sa haine des syndicalistes [1] et son dévouement pour les puissants, réaffirmé récemment dans le film culte de Denis Jeambar, Huit journalistes en colère (Arte, 9.2.10), qui le montrait fustigeant la surmédiatisation des humbles : « Le journalisme des bons sentiments, c’est aussi une bien-pensance. C’est l’idée que, par définition, le faible a toujours raison contre le fort, le salarié contre l’entreprise, l’administré contre l’État, le pays pauvre contre le pays riche, la liberté individuelle contre la morale collective. En fait, c’est une sorte de dérive mal digérée de la défense de la veuve et de l’orphelin. »

La cérémonie fut brève mais solennelle. Au moment où le journaliste « en colère » s’apprête à enfourcher son scooter, le comité des fêtes surgit d’un arrêt de bus pour l’acclamer, le couvrir de confettis et lui enrouler sa laisse autour du cou (qu’il a fort bas). Le récipiendaire ne cache pas son émotion, laquelle redouble lorsque ses hôtes entreprennent de dorer intégralement son scooter en le vaporisant de peinture aérosol. « Vive le laquais du Siècle ! Vive le roi des laquais ! », exulte la foule en liesse, cependant que la monture du présentateur se métamorphose en carrosse royal (voir photo).

Sans doute intimidé par cette profusion d’hommages, et soucieux manifestement d’y convier les vigiles, David Pujadas prend alors ses jambes à son cou pour s’engouffrer dans l’immeuble de France Télévisions, où le sas de sécurité le retient une bonne trentaine de secondes, le temps pour l’assistance de se disperser dans la bonne humeur. On le verra ensuite donner l’ordre aux vigiles de recouvrir la selle plaquée or de son carrosse d’une bâche en plastique. Après quoi il grimpera dessus et quittera fièrement les lieux dans une explosion de dorures et de vrombissements.

David Pujadas n’a pas souhaité donner plus de retentissement à son embouffonnage. Mais que le public se rassure : les images de la scène figureront dans le prochain film de Pierre Carles…

 

Source : http://www.leplanb.org/

 

Notes

[1] Exprimée notamment lors de son interview en direct de Xavier Mathieu, le porte-parole CGT des grévistes de l’usine Continental de Clairoix, le 21 avril 2009. Lire à ce propos « Des journaux télévisés face aux “violences” des salariés » sur le site d’Acrimed,

http://www.acrimed.org/article3132.html

Publié par Frédéric Maurin à 07:18am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

25 Juillet 2010

Retraites : l'engagement de la jeunesse

 

Comme pour le retrait du CPE,  le rejet de la réforme des retraites Sarkozy - Woerth exigera la convergence des luttes entre salariés et étudiants. En ce sens, l'appel des organisations suivantes doit être entendu. 

 

Organisations signataires :  UNEF, UNL, FIDL, Sud Etudiant, LMDE, CGT, FSU, UEC, Attac Campus, JOC, Génération Précaire, MJS, MJCF, Jeunes Verts, JRG, Réseau jeunes du PG, NPA, Gauche Unitaire Jeunes, Branche jeune d’AL

 

 

 

La retraite, une affaire de jeunes ! 

 

Source : http://www.retraites-jeunes.net/ 

 

Le gouvernement s’est engagé dans une nouvelle réforme à marche forcée du système de retraites. « Je veux dire aux jeunes de 20 ans que c’est justement pour eux que nous faisons cette réforme », affirme le ministre du travail Eric Woerth. Nous ne sommes pas dupes de cette hypocrisie. Une nouvelle fois, ce qui est mis en place au nom des jeunes se fait sans eux, et surtout contre eux. En limitant le débat à l’acceptation pure et simple d’un nouvel allongement de la durée de cotisation, le gouvernement adresse aux jeunes un message implicite, mais clair : la retraite ce n’est plus pour vous ! Jeunes en insertion, salariés ou étudiants, c'est sur nous que reposera le financement du système de retraite dans les années à venir, et c’est nous qui subirons toute modification du système actuel. Nous refusons d’être les grands oubliés d’un débat qui nous concerne !  

Jeunes, nous sommes attachés au droit à une retraite à 60 ans financée par répartition 

Attachés à  la solidarité entre les générations, nous souhaitons financer un système de retraite par répartition de haut niveau qui garantisse un niveau de pension permettant de vivre pleinement le temps de la retraite. Nous refusons que la retraite par répartition devienne un « filet de sécurité » a minima, insuffisant pour vivre. Nous refusons la logique d'une retraite basée sur la capitalisation individuelle, inefficace économiquement et inégalitaire socialement. Nous dénonçons la double peine que nous imposerait un nouvel allongement de la durée de cotisation ou un recul de l’âge légal de départ en retraite: nous finançons les pensions d'aujourd'hui, nous refusons d'avoir à épargner en plus pour nos vieux jours dans des fonds de pension qui peuvent être ruinés du jour au lendemain !  

Un débat de société  escamoté par une nouvelle opération comptable 

Parce que la nature du système de retraite qui se met en place contribue à façonner la société de demain, nous refusons la volonté du gouvernement de réduire ce débat à une simple équation comptable. En se limitant à jouer sur la durée de cotisation, le gouvernement s’attaque directement à la solidarité sans aborder les véritables enjeux du système : garantie d’un taux de remplacement, pénibilité, allongement de la durée d’étude et d’insertion, chômage, inégalités hommes – femmes (Aujourd’hui le temps partiel subi, la précarité de l’emploi impactent fortement la retraite des femmes.), répartition du temps de travail et des richesses.

En instrumentalisant les analyses du COR (conseil d’orientation des retraites) pour imposer l’allongement de la durée de cotisation comme seule perspective, le gouvernement élude la question centrale de la répartition des richesses. Depuis 20 ans, la part de la richesse produite attribuée aux salaires ne cesse de diminuer au profit du capital.

Alors que notre pays n’a jamais été aussi riche, nous n'acceptons pas qu'il soit demandé à la jeunesse de travailler plus longtemps pour toucher une retraite moins importante, conduisant ainsi notre génération à vivre des conditions de retraites moins bonnes que celles de nos parents ! Il n’est pas acceptable que l’allongement de la durée de la vie soit synonyme de régression sociale.   

Allonger la durée de cotisation ? Pour nous, c’est non ! 

Cela priverait les jeunes du droit à une retraite à 60 ans à taux plein. Pourquoi cet acharnement à reculer l’âge de départ en retraite quand le chômage des jeunes explose? L’augmentation des besoins de financement est une chance qu’il faut saisir. Nous refusons que le catastrophisme ambiant serve d’argument pour esquiver une nouvelle fois le débat sur la nécessaire augmentation des financements solidaires des retraites par répartition : taxation des stocks options et des revenus financiers, suppression du bouclier fiscal, élargissement de l’assiette des cotisations, suppression d’exonérations de cotisations. Si de nouvelles ressources doivent être immédiatement mobilisées, une véritable politique de l'emploi et de revalorisation salariale destinée à lutter contre le chômage et la précarité est également indispensable pour apporter les recettes nécessaires à la pérennité de notre système de retraite solidaire.    

Le système de retraites doit prendre en compte l’évolution de la société !  

Nous réclamons des réformes qui garantissent nos droits sociaux, et nous souhaitons faire évoluer le système pour mieux prendre en compte l’évolution de la société et pérenniser le système par répartition.

L’allongement de la durée des études et le recul de l’âge moyen d’entrée dans un emploi stable (27 ans) conduisent les jeunes à commencer à cotiser plus tard que par le passé.

 

Nous exigeons : 


• la validation des années d'études et de formation dans le calcul des annuités ouvrant droit à la retraite, afin d’offrir à chaque jeune la garantie de pouvoir étudier sans être inquiété par son avenir, même lointain ; 

 • la validation des périodes de stages, intégrée dans une véritable règlementation contraignante (rémunération à 50% du SMIC dès le premier mois, reconnaissance et encadrement dans la formation) ; 

• la validation des périodes d’inactivité forcée, et la prise en compte la situation des jeunes en situation d’insertion professionnelle pour qui l'enchaînement de stages, de CDD, d’emplois à temps partiel, de périodes d’intérim ou de chômage conduisent à accumuler des droits à retraite très incomplets ; 

 En ignorant plus longtemps ces évolutions qui caractérisent notre génération, le gouvernement refuse de garantir aux jeunes qu’ils pourront à leur tour bénéficier d’une retraite solidaire à de haut niveau !  

Les jeunes seront au rendez-vous du débat public pour affirmer que la retraite est l’affaire de tous !  

Nous affirmons notre volonté d’agir ensemble dans les prochains mois afin de défendre l’exigence d’un système de retraites par répartition fondé sur la solidarité, qui garantisse à nos aînés comme aux générations futures une retraite de haut niveau à 60 ans. 

Les jeunes refusent d’être les grands oubliés du débat  qui s’ouvrent et exigent du gouvernement qu’il renonce à l’allongement de la durée de cotisation. Nous demandons à être associés aux discussions en cours.

Nous appelons à  la création de comités jeunes locaux pour organiser la campagne au sein de la jeunesse. Nous appelons les jeunes à se saisir du débat sur les retraites, à participer aux initiatives de mobilisation.   

Le gouvernement ne peut aborder le débat sur les retraites sans l’avis des générations directement concernées par cet enjeu social majeur : les jeunes d’aujourd’hui ! 
 

Publié par Frédéric Maurin à 09:03am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

14 Juillet 2010

Les jours heureux

est un ouvrage indispensable . Contre le projet de l'Union pour une Minorité de Privilégiés (UMP) de Défaire méthodiquement le programme du CNR  

 

CRHA_JH_1ere.jpg

 Le 4 mai 2007, le candidat Nicolas Sarkozy se rend aux Glières (Haute-Savoie), pour y saluer la mémoire des maquisards massacrés en mars 1944 par les nazis et les miliciens français.

 

Élu président, il renouvelle l'opération en mai 2008 et avril 2009. Et cette année-là, il prétend que son action se situerait dans le droit fil « du Conseil national de la Résistance, qui, dans les heures les plus sombres de notre histoire, a su rassembler toutes les forces politiques pour forger le pacte social qui allait permettre la renaissance française ».


Pure imposture ! Publié en mars 1944 sous le titre Les Jours heureux, le programme du CNR annonçait un ensemble ambitieux de réformes économiques et sociales, auquel le fameux « modèle social français » doit tout, notamment la Sécurité sociale, les retraites par répartition et la liberté de la presse. Or, depuis son élection, Nicolas Sarkozy s'applique à démanteler ce programme, comme s'en réjouissait en 2007 Denis Kessler, l'un des idéologues du Medef : « Le programme du gouvernement est clair, il s'agit de défaire méthodiquement le programme du CNR. » D'où la contre-offensive de l'association « Citoyens résistants d'hier et d'aujourd'hui », créée par ceux qui ont réagi dès mai 2007 à l'imposture sarkozyenne.

En republiant ce texte fondateur exemplaire par sa concision, ils ont choisi de le compléter par une série d'articles sur son histoire et son actualité, expliquant d'abord comment il fut conçu puis mis en œuvre après la Libération. Puis comment, dès les années 1990, mais surtout depuis la présidence de Nicolas Sarkozy, cet édifice a fait l'objet d'une démolition en règle. En évoquant la mobilisation citoyenne qu'ils ont initiée, ils révèlent la puissance du discours d'hier pour nourrir les résistances d'aujourd'hui.

 

 

Source : http://www.citoyens-resistants.fr/

 

Le programme de C N R, il est essentiel d'en retrouver non

seulement la lettre ...  mais aussi l'esprit :

 

L'association http://www.citoyens-resistants.fr/  a mis en ligne les interventions prononcées sur le plateau des Glières le dimanche 16 mai 2010.

 

Texte de l'intervention ci-dessus :

 

Léon Landini, ancien F.T.P. M.O.I., Officier de la légion d’honneur !

Mesdames, Messieurs, très chers amis.

C’est un très grand honneur pour moi, de prendre la parole dans ce haut lieu de la Résistance armée, que fut le Plateau des Glières. Je tiens à rappeler que quelques-uns des rescapés des Glières, ont par la suite rejoint le Bataillon FTP-MOI Carmagnole à Lyon et que j’ai eu le plaisir de combattre à leurs côtés.

Je ne vous cacherais pas non plus, que je suis heureux de représenter en ce lieu mythique, l’Amicale des Anciens FTP-MOI du bataillon Carmagnole-Liberté.

Carmagnole-Liberté, unité de laquelle Charles Tillon, Commandant en chef de tous les FTP de France, déclara : "Un des plus beaux fleurons, si ce n’est le plus beau fleuron de la Résistance armée française ».

Je me suis engagé en Résistance en 1941, cela fait 69 ans que je milite.

Au crépuscule de ma vie, c’est avec une grande fierté que je me penche sur mon passé.

Même en le regardant avec un oeil critique, NON Je n’ai rien à regretter. En toutes circonstances je me suis toujours trouvé du côté des plus pauvres, des malheureux, des exploités, des anticolonialistes, des antiracistes, en un mot toujours du bon côté de la barricade. A 84 ans, malgré l’âge, la maladie et la fatigue et « Avant que j’ai dû boucler mes valises et qu’on m’ait poussé dans le dernier train », comme dit une chanson de Jean Ferrat, je souhaite démontrer que je garde encore en moi ce même idéal, cette même flamme, cette même volonté de changer ce monde, qui permit à beaucoup de mes camarades de tomber face à l’ennemi en criant : « Vive la Liberté ! Vive la France ! vive le Parti Communiste ! ».

Ils sont tombés, animés par un idéal, qui permettait à un homme ou à une femme de se sublimer et de se sublimer à son insu. Ils sont tombés, convaincus qu’ils donnaient leur vie pour un monde meilleur.

Ils combattaient pour libérer :

La France, pays de la Liberté et des droits de l’Homme

La France de la Révolution.

La France de la Commune.

La France, le seul pays au monde où les bâtiments publics portent ces trois mots :

« Liberté – Egalité – Fraternité ».

C’est pour ces raisons, que nos parents fuyant les persécutions fascistes de Mussolini, Hitler, Franco et consorts avaient choisi ce pays pour s’y réfugier.

Internationalistes, c’est aussi pour ces raisons que sur notre maquis flottait le drapeau tricolore de Valmy. Drapeau, que nous n’avions pas eu à l’époque la sottise d’abandonner aux pétainistes qui prétendaient usurper la Nation, comme aujourd’hui certains l’abandonnent au Front National.

Mais pour nombre d’entre nous, héritiers de la Commune, admirateurs de Lénine, de la révolution d’octobre et de l’Armée Rouge, qui a d’écrasé l’armée nazie à Stalingrad, nous arborions aussi le drapeau rouge frappé de la faucille et du marteau.

Nous combattions parce-que nous étions certains que nous n’allions pas mourir pour rien, que les survivants sauraient porter haut le drapeau de la Liberté, de la justice et de la solidarité.

Je suis fier de 52 de mes frères de combat, qui ayant subi d’effroyables tortures, sont morts dans les culs de basse fosse de la police, de la milice ou de la Gestapo, sans avoir lâché un seul mot à Barbie et à ses sbires.

Pour certains, nous n’avons jamais retrouvé leurs corps. Oui ! Je suis fier de ces hommes et de ces femmes qui, pour la défense de leur idéal, ont su supporter l’insupportable. Fier aussi de mon ami Raymond Grynstein, qui à l’âge de 20 ans a préféré se faire sauter avec une grenade, en entraînant avec lui dans la mort les soldats nazis qui l’entouraient, plutôt que de se faire prendre vivant.

Fier également de mon camarade Simon Frid, lui aussi âgé de 20 ans, qui a été condamné à mort par un tribunal des « Sections Spéciales ». Exécuté le 4 décembre 1943, il refusa en arrivant devant la guillotine, que ses gardiens le soutiennent, en leur disant :

« Vous allez voir comment sait mourir un jeune communiste » et il se présenta tout seul devant la machine à couper les têtes.

Au moment précis où le couperet tomba, tous les internés de la prison Saint-Paul à Lyon, communistes et non communistes, debout dans leurs cellules, lui rendirent un vibrant hommage en chantant la Marseillaise et l’Internationale.

J’ajouterai que le 24 août 1944, au moment où éclata l’insurrection de Villeurbanne, alors que je me trouvais prisonnier au Fort Montluc et que mes compagnons de Carmagnole se battaient dans les rues de cette ville, les 950 internés de cette sinistre prison, enfoncèrent les portes de leurs cellules en chantant la Marseillaise et l’Internationale, avant même que les nazis n’aient complètement évacué le Fort-Montluc, où ils avaient commis tant de crimes .

Il arrive parfois, qu’on me reproche d’avoir l’outrecuidance, de la part d’un ancien résistant, déjà encombrant en tant que tel, de ne pas me contenter de n’être qu’un ancien résistant. Je me comporte paraît-il en octogénaire qui, loin de s’assagir avec l’âge, je suis comme les mulets des Alpes, plus rétif encore en devenant vieux. Tout vient sans doute de ce que, si je suis attaché au passé, ce lien est plus fait d’idéologies fondamentales que de souvenirs de guerre et que mon devoir de mémoire du passé, s’est inversé en devoir d’avenir.

Schématiquement, plutôt que de cultiver mon passé de résistant, j’ai choisi de le prolonger de façon militante dans la vie d’aujourd’hui. Car ce qu’il nous faut absolument garder en mémoire, bien plus que les crimes que nous avons subis, bien plus que nos faits d’armes, c’est la raison majeure qui nous les a fait accomplir.

Et cette raison majeure s’appelle l’antifascisme ! Et c’est en cela que la Résistance est un évènement capital pour la France et pour l’humanité. C’est pour cette raison, que les anciens résistants, survivants de cette tragique épopée, considèrent comme un devoir, d’être à nouveau à la pointe du combat, contre tout ce qui peut porter atteinte aux acquis, mis en place lors de l’application du programme du Conseil National de la Résistance.

Oui ! Nous avons le droit et le devoir de nous mettre en colère et de nous insurger contre la destruction systématique de tous ces acquis. Destruction effectuée au nom d’une Europe que 55 % des français, ont rejeté il y a 5 ans, en mai 2005.

C’est d’ailleurs, au nom de cette Europe, qui devait nous apporter la paix, le travail, le bien être pour tous, qu’aujourd’hui on nous impose la disparition de la totalité de nos services publics. Cette Europe et son euro, dont le seul but est d’enrichir les plus riches, ne peut en aucun cas devenir sociale, comme certains le prétendent.

Par ailleurs, voici qu’après des mois de tergiversation, cette semaine, les médias nous annoncent triomphalement que l’Union Européenne va débourser des centaines de milliards pour la Grèce. Mais en compensation, une rigueur extrême frappe déjà le peuple grec, toutefois cette rigueur ne touchera pas, bien au contraire, les grands financiers et actionnaires grecs et non grecs, qui sans aucune pudeur poussent des cris de joie, car avec cette manne les Bourses flambes, en un seul jour le cac 40 a pris prêt de 10 %.

Et que l’on ne s’illusionne pas, la rigueur que l’on applique aujourd’hui aux Grecs, nous est réservé et déjà ce mot fait tous les jours l’objet de débats dans nos médias, c’est d’abord le Portugal, puis l’Espagne et la France suit.

Quand à l’avenir de notre France, comment ne pas être frappé par l’aspiration qu’exprimait alors le Général de Gaulle, lorsqu’il déclara le 23 avril 1943 à Alger :

« Un régime économique et social tel qu’aucun monopole et aucune coalition ne puissent peser sur l’Etat, ni régir le sort des individus, où, par conséquent, les principales sources de la richesse commune soient ou bien administrées, où, tout au moins, contrôlées par la nation, où chaque français ait, à tout moment, la possibilité de travailler suivant ses aptitudes, dans des conditions susceptibles d’assurer une existence digne à lui et à sa famille. Un tel régime politique, social, économique, devra être conjugué avec une organisation internationale des rapports entre toutes les nations, telles que, dans un monde dont l’interdépendance est désormais la loi, chaque peuple puisse se développer suivant son génie propre et sans subir aucune oppression politique ni économique ».

C'est ce qui me fait dire que le seul moyen de sortir de cette oppression politique et économique que fait peser sur nous l’Union Européenne et son euro, et bien c’est de s’ en sortir.

D’ailleurs, sortir de l’euro n’est plus un sujet tabou, puisque dans un récent sondage, 69 % des français ont déclaré qu’ils regrettent le Franc. Nous pouvons constater qu’avec la crise qui frappe actuellement notre pays, que c’est toujours en direction de la France d’en bas que les coups les plus durs sont portés.

Tout est remis en cause, en ce moment même ce sont nos retraites : « Un des grands acquis de la Résistance » que nos gouvernants sont en train de réduire en une peau de chagrin.

Il n’y a pas d’argent nous dit-on, et bien, à ce sujet, permettez-moi de vous rappeler que peu de temps après l’élection de Sarkozy, Président de la République, le premier ministre nous annonçait, que la France était à la veille d’un dépôt de bilan.

Information que le Président de la République confirmait, en déclarant qu’il ne pourrait pas, comme il, l’avait promis pendant la campagne électorale, augmenter le pouvoir d’achat, car les caisses de l’Etat étaient vide.

On est en droit de se demander, comment ne s’en était-il pas aperçu, pendant les diverses années où il avait été ministre, y compris des finances ?

Cela étant, voici que comme par la vertu du Saint Esprit, des centaines de milliard d’euros sortent de leur cachette et sont distribuées aux banques et aux grandes entreprises. Ces mêmes banques et entreprises, qui après avoir bénéficié de cette manne et afin d’augmenter les dividendes de leurs actionnaires, s’empressent de licencier des dizaines de milliers de leurs employés les plongeant dans la misère et dans la désespérance.

En même temps, nous apprenons que ces banques et ces entreprises allouent des dizaines de millions d’euros de primes exceptionnelles, à leurs dirigeants, alors que tout démontre que ce sont eux les responsables de la crise.

En ce moment même, plus de 600 000 jeunes de moins de 25 ans sont au chômage, soit 23 % de la jeunesse de notre pays qui se trouve à la dérive.

Plus de 2 500 000 travailleurs sont au chômage et plus de 8 millions de français vivent sous le seuil de pauvreté.

Et comme pour se moquer de la misère du peuple, voici que Sarkozy, homme-lige du MEDEF préconise de travailler plus pour gagner plus. Non ! Ce n’est pas pour ce monde là, que nous avons mené tant de combats et accepté tant de sacrifices.

Que faire ? Devons nous continuer à baisser la tête, ou devons-nous à l’exemple des Résistants, « qui donnèrent leurs vies avant le temps » reprendre la lutte pour donner à notre peuple, la possibilité réelle de décider par lui-même de ce que devra être son avenir ?

Notre devoir est de défendre notre souveraineté nationale et de chasser de notre horizon ces coalitions d’intérêts privés qui menace notre devenir.

Il nous faut défendre notre république, une et indivisible, défendre notre industrie, nos universités, notre laïcité et même et y compris notre langue mise à mal par les tenants du tout anglais.

Pour défendre tout cela entrons en Résistance, car comme l’avais dit Lucie Aubrac, la Résistance se conjugue au présent et le temps est venu de démontrer que le peuple français ne sera jamais un peuple d’esclaves.

Hommage et respect à tous ceux et à toutes celles qui ont tout sacrifié pour que les survivants soient heureux.

Vive la Résistance d’hier et que vive la Résistance d’aujourd’hui

Léon LANDINI

Publié par Frédéric Maurin à 23:33pm - Voir le commentaire ()
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14 Juillet 2010

Retraites à 58 ans : nous sommes tous boliviens !

La Bolivie abaisse l'âge légal de la retraite de 65 à 58 ans (56 pour les travaux pénibles)

Comme cela n'a pas fait la Une des médias aux ordres français, je me permets de le signaler...

 

 

 

Retraites, finance... et Bolivie

A l’heure où chez nous, en France, le gouvernement s’apprête à repousser l’âge de départ à la retraite à plus de 60 ans et à augmenter le nombre d’annuités pour bénéficier d’une retraite à taux plein, et cela sans toucher sérieusement aux revenus du capital, en Bolivie, le gouvernement socialiste anti-libéral de Evo Morales s’apprête à faire voter une nouvelle Loi sur les retraites, discutée avec la principale centrale ouvrière du pays (la COB), qui abaisse l’âge de départ à la retraite de 65 à 58 ans, avec les mêmes avantages. Cet âge sera même rabaissée à 56 ans pour les ouvriers du secteur minier, avec possibilité de baisser encore cet âge selon certains travailleurs, dans ce cas un an travaillé à l’intérieur de la mine comptera pour deux années.

Tout cela s’inscrit dans le cadre de la reconstruction du système Bolivien de retraite par répartition mis à sac par des décénnies de libéralisme économique...

Début février 2008, le président Morales avait déja instauré une pension "dignité" destinée aux retraités vivants sous le seuil de pauvreté, dans un pays où deux habitants sur cinq vivent avec moins de 2 dollars par jour. ..Pour financer cette allocation, le gouvernement de Morales avait instauré une redistribution des richesses liée aux hydrocarbures (Gaz et pétrole), mettant ainsi à contribution les riches régions de l’est Bolivien qui s’étaient arrangées jusque là pour bénéficier de la quasi-totalité de ces revenus.

Refusant de partager le gâteau, l’oligarchie Bolivienne avait, avec à la complicité de l’ambassade américaine, tenté de déclencher une guerre civile destinée à renverser le président Morales.

La France n’est évidemment pas la Bolivie, ses niveaux de revenus, de pensions de retraites et de vie sont très éloignés certes, mais n’y a t-il pas là encore, matière à s’inspirer d’un gouvernement progressiste qui élabore et vote des lois qui ne séparent pas l’aspect humain de l’aspect économique.

N’y a t-il pas intérêt à s’inspirer une fois de plus de ces gouvernements progressistes latino-américains qui ont choisis leur camps entre les requins de la finance, les affameurs du FMI et de la Banque Mondiale d’un côté, et le bien-être du peuple de l’autre.

La Bolivie, comme le Venezuela et l’Equateur, ainsi que les pays membres de l’ALBA (Alliance Bolivarienne pour les Amériques) ont décidé depuis quelques années déja de renvoyer les technocrates du FMI dans leurs bureaux New-yorkais, et de gérer eux-mêmes leurs pays, leur économie, et leurs systèmes de retraites.

Contrairement à nos gouvernements Européens, celui de Evo Morales, estime que l’humain passe avant les considérations économiques, il estime aussi que ce sont ceux qui ont le plus et qui provoquent les crises financières qui doivent mettre la main à la poche..

Il estime que les ressources de son pays ne doivent plus servir à garnir les comptes des multinationales étrangères et des oligarques locaux, mais au contraire à développer économiquement et socialement une nation désormais libre du diktat des marchés financiers et de ses alliés.

Une belle source d’inspiration que cette Amérique Latine rebelle et progressiste n’est-ce pas ? Ne devrait-on pas avoir les yeux rivés sur ces nations et ses peuples qui remettent en cause ce que l’on a commencé à nous faire subir ici : à savoir la dégradation de nos conditions de vies et la destruction de nos acquis sociaux, résultants d’années de luttes, tout cela au nom de la course au profit des plus riches et du libre-marché "sacré"..

Sarkozy n’est pas Morales, et nous le regrettons bien.

Frédéric André

URL de cet article
http://www.legrandsoir.info/Retraites-finance-et-Bolivie.html

Publié par Frédéric Maurin à 15:34pm - Voir le commentaire ()
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14 Juillet 2010

Boycottons l'Oréal

Ce déluge de révélations devrait suffire à lancer un large appel au boycott de L'Oréal (et de quelques autres, je pense au gang du Fouquet's).

Car, légalement ou non, l'héritière milliardaire de l'Oréal, Liliane Bettencourt, finance l'Union pour une Minorité de Privilégiés (UMP). Elle pratiquerait aussi l'évasion fiscale (je parle au conditionnel, présomption d'innocence oblige : parce qu'elle le vaut bien, non?).

 

Elle employait la femme d'Eric Woerth pour "optimiser" sa fortune.

 

Mais il y a aussi le parcours d'André Bettencourt (le mari de...).

Voyez sa fiche Wikipédia : http://fr.wikipedia.org/wiki/André_Bettencourt

Il est vraiment typique de la bourgeoisie : fascistoïde contre le Front Populaire, collabo quand les nazis gagnent, "résistant" après Stalingrad, "gaulliste" quand de Gaulle est l'homme qui permet la "modernisation" du capitalisme c'est à dire la mise en place du "capitalisme monopoliste d'Etat", comme on disait assez justement en 70, pompidolien et ministre potentiel de la première cohabitation, européiste donc. 

Tel parcours donne une profondeur historique aux enveloppes offertes à l'UMP.

 

Cette continuité, le Front Syndical de classe la rappelle ici : 

 

La saga des Bettencourt, saga de L’Oréal : De la collaboration avec l’ennemi à la collaboration financière avec le pouvoir - par Jean Lévy

 

Il y a du L'Oréal dans ma salle de bain et, du coup, je me sens sale et je ne tiens pas à participer, même indirectement, à cette association de malfaiteurs.

 

Mais le risque du boycott de l'Oréal,  (ou d'autres, on se souvient de Total lors de la marée noire, de Danone lors du licenciement boursier des "P'tits Lu), c'est d'aboutir à engraisser d'autres capitalistes du même type (du genre : Avec Carrefour, je positive ! )

La démarche du boycott doit être indissociable d'un autre type de consommation. Par exemple, il y a sur le Net des tas de recettes, de la plus simple à la plus élaborée, pour fabriquer soi-même ses produits de beauté. 

Les acheter dans le cadre du commerce équitable (pour celles et ceux qui n'ont pas été définitivement tondu(e)s par Sarkozy ou qui n'alimentent plus leur caisse de grève) est également une option. Cela existe chez Max Haavelar ou d'autres. Cherchez vous trouverez. 

 

Boycotter l'Oréal ? Je pense que cela ne déplairait pas à certains camarades (tiens donc, Luc Chatel est également de la fête):

Source : http://prcf-38.over-blog.net/

 

FAIRE FACE A UN REGIME POURRISSANT MAIS DE PLUS EN PLUS AGRESSIF

Les révélations qui tombent jour après jour sur les pratiques du sinistre E. Woerth et de Madame jettent un jour crû sur la nature réelle du régime sarkozyste. Ainsi donc, le ministre français du budget peut en même temps servir de trésorier à l'UMP,
rabattre les Robert Peugeot et autresLiliane Bettencourt vers la caisse de l'Union Maastrichtienne Patronale, placer sa femme à la tête de la plus grande fortune de France (qui semble-t-il, pratique sans problème l'évasion fiscale)... puis donner tranquillement des leçons aux salariés et aux petites gens, organiser sans états d'âme la baisse des dépenses publiques exigée par l'UE et par Merkel, accepter de présenter chaque année aux eurocrates de Frankfurt et de Bruxelles le budget "français" avant même qu'il ait été soumis au parlement, baisser le pouvoir d'achat des fonctionnaires, casser l'emploi public et baisser dramatiquement les pensions de retraite à venir (c'est à cela que conduira mathématiquement le report à 67 ans de l'âge où l'on peut avoir la retraite sans décote si l'on n'a pas ses annuités).
Bien entendu, Luc Chatel, le casseur en chef de l'Education nationale, ancien DRH à l'Oréal, est "solidaire" d'Eric Woerth
. Parce qu'il le vaut bien?

Et cela pourrait plaire aussi à ceux-là :

Source : http://www.pcf-smh.fr/

 

L’affaire Woerth a deux mérites, celui de mettre en évidence les collusions étroites entre le pouvoir et les possédants dans notre pays, celui de mettre en évidence les richesses considérables qu’ils s’accaparent avec l’aide de sa politique.

 

Pour les très riches, le « bouclier fiscal » de Sarkozy est comme une cerise sur le gâteau.

Le trésor public fait un chèque de 30 millions d’euros de remboursements d’impôt à Mme Bettencourt : c’est proprement scandaleux, révoltant. Nous n’avons cessé de dénoncer le « bouclier fiscal » version Villepin puis Sarkozy.

Ce dispositif s’ajoute à bien d’autres qui permettent aux plus riches de payer proportionnellement moins d’impôts que vous et nous.

Mme Bettencourt, toujours un bon exemple, a touché de l’ordre de 300 millions d’euros de dividendes pour ses actions dans L’Oréal pour 2009. Elle paiera moins de 20% d’impôts au titre d’un prélèvement « libératoire », moins qu’un salarié gagnant 3000 euros par mois…

Dans la période présente, la « cerise » ne doit surtout pas faire oublier le « gâteau », la lutte principale du moment contre la politique qui détourne l’argent de nos retraites vers les profits des plus riches.

Le « bouclier fiscal », c’est 650 millions d’euros par an. Le total des exonérations de cotisations sociales patronales, c’est 33 milliards d’euros par an.

Le non-financement des retraites d’ici 2020, le relèvement de l’âge de départ, l’allongement de la durée de cotisation etc., c’est-à-dire le projet de loi Woerth, c’est de l’ordre de 20 milliards d’euros par an au détriment des salariés et des retraités.

C’est autant d’argent qui va alimenter le profit des grands groupes et leurs actionnaires, qui n’en manquent pas, dont Mme Bettencourt. Le pouvoir satisfait leur obsession : payer le moins de salaire possible qu’il s’agisse du salaire net ou de la part socialisée des salaires, la cotisation sociale, clef de notre système solidaire.

La direction du PS est très offensive dans l’affaire Woerth. Bien.

Mais plus elle cible Woerth et le « bouclier fiscal », plus elle laisse passer sur le fond sa loi sur les retraites. Martine Aubry vient encore de déclarer, en meeting à Roubaix le 30 juin, que les salariés devront travailler plus longtemps jusqu’à 62, 63, 66 ans, que la défense de la retraite à 60 ans, c’était seulement pour certaines catégories, les plus détruites par l’exploitation. C’est cohérent : le PS admet le passage à 41,5 annuités d’ici 2016.

L’affaire Woerth illustre l’injustice de classe fondamentale de la politique du gouvernement tournée contre ceux qui travaillent.

Elle doit aider à construire la mobilisation pour mettre en échec le projet de loi le plus grave du moment contre lequel s’élèvent déjà des millions de salariés : la casse des retraites.

Le mouvement populaire n’a pas à se laisser lester des calculs politiciens de ses « alliés ». Il peut et doit gagner sur une base juste ! Maintenant et pas en 2012 !

 

 

Publié par Frédéric Maurin à 12:01pm - Voir le commentaire ()
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