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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

30 Mars 2011

Frappe en Libye : l'alibi humanitaire...

Cela me démangeait.

Je n'avais pas osé. .

Heureusement, BRN l'a fait :

 

Sarkozy, dégage !

 

« Il s’agit d’une très lourde responsabilité, mais nous ne pouvons pas laisser Sarkozy et sa clique martyriser son peuple », vient de déclarer le colonel Kadhafi, en annonçant qu’il saisissait le Conseil de sécurité, et préparait l’aviation libyenne en vue d’imposer une zone d’exclusion aérienne au dessus de l’Hexagone.

 

A l’appui de ses propos, le Guide libyen a cité la récente mobilisation populaire qui, des mois durant, a mobilisé des millions de Français contre la réforme des retraites. « En refusant d’entendre les revendications, et en y opposant un refus criminel, le tyran de Paris a perdu toute légitimité », a poursuivi le colonel. Ce dernier a également évoqué le Non au référendum de 2005 que le maître de l’Elysée a bafoué « en faisant approuver par un parlement aux ordres » un nouveau traité, copie conforme du texte rejeté, a rappelé Mouammar Kadhafi.

 

A Tripoli, on confie que la montée en puissance de Marine Le Pen, que les élections cantonales viennent de confirmer, devrait inquiéter toute la communauté internationale. « Il faut garder en tête les leçons de l’Histoire, rappelle un proche du pouvoir : une telle ascension électorale serait lourde de périls pour la démocratie française ». Ainsi, soulignent des proches du Guide, il serait clairement possible d’invoquer la « responsabilité de protéger », innovation onusienne permettant à la communauté internationale d’intervenir dans les affaires d’un pays, y compris militairement, pour conjurer un péril grave et imminent.

 

« Où serait l’honneur de la Libye si nous laissions faire sans réagir ? », a pour sa part martelé le ministre des Affaires étrangères libyen, récemment revenu au premier plan après une querelle tribale qui l’avait tenu un temps éloigné du pouvoir.

 

Mouammar Kadhafi a cependant confirmé que son pays n’en appelait nullement à une croisade arabe contre un pays européen. Et pour écarter une telle interprétation, il a précisé agir « à la demande de l’Union européenne », et avoir déjà obtenu l’accord opérationnel de trois ou quatre des Etats parmi les plus importants de l’Union européenne, dont la Slovénie et Malte. Les dirigeants libyens sont cependant conscients des limites posées par Bruxelles : pas question d’opération au sol de soldats de la Jamahiriya – faute de quoi « l’opinion européenne pourrait rapidement se retourner » a averti Catherine Ashton, Haut-Représentant de l’UE.

 

Officiellement, le colonel Kadhafi se défend de vouloir renverser le président français. Mais, il y a quelques jours déjà, sous la pression d’un intellectuel intégriste unanimement respecté, il avait reçu sous sa tente deux représentants incontestables de l’opposition populaire française – MM. Borloo et Morin. Les ayant adoubés comme représentants officiels de la France libre, il les a chargés d’annoncer eux-mêmes que Tripoli était prêt à des frappes ciblées contre des objectifs stratégiques situés dans l’Hexagone.

 

De même que l’opposition libyenne a loué l’initiative de son vieil ennemi Kadhafi, la presse – connue pour être prompte à s’aligner derrière la politique du Guide, une situation inimaginable en Occident – a unanimement salué le courage politique du colonel, certains journaux critiquant cependant la lenteur à agir de ce dernier, dont le satrape français n’a pas manqué de tirer profit. Nul n’a en revanche évoqué le coût de l’opération, alors même que les enseignants libyens manifestaient dans les grandes villes du pays pour dénoncer l’austérité imposée à l’éducation. Il est vrai que la Libye doit respecter le pacte de stabilité mis sur pied par la Ligue arabe. Mais quand il s’agit de placer la force militaire en ordre de bataille, nul ne songe à évoquer les restrictions touchant l’éducation, la santé, le travail, le logement et autres domaines secondaires. Il est vrai que la Libye a pris de l’avance : elle est classée premier pays d’Afrique selon l’indice de développement humain (1).

 

La disproportion des forces devrait laisser peu de chances aux milices de Sarkozy, lui-même retranché dans son bunker élyséen. Signe de l’allégresse qui s’est répandue comme une traînée de poudre, des drapeaux libyens ont été agités dans le quartier populaire de Saint-Germain des prés.

 

Il reste à souhaiter que le Conseil de sécurité donne enfin son feu vert, sans s’encombrer de la Charte des Nations-Unies, vieux texte désuet fondé sur la non-ingérence dans les affaires de chaque pays-membre. Si les partisans de la souveraineté réussissaient à bloquer l’action de la communauté internationale, ils porteraient, devant l’histoire, l’immense responsabilité d’avoir laissé le peuple français dans les griffes de l’homme du Fouquet’s.

 

Cela signifierait que seuls les pays pauvres ou modestes – l’Irak, la Yougoslavie… – peuvent bénéficier de la sollicitude et de la solidarité de la communauté internationale. Et donnerait raison à ceux qui prétendent que l’ingérence, avatar du néo-colonialisme impérial, ne peut être qu’à sens unique.

 

Une assertion absurde et criminelle, qu’on espère voir démentir au plus vite.

 

(1) il s’agit ici de la seule information réelle de cet article (classement hors Djibouti) : http://hdr.undp.org/en/reports/global/hdr2009/chapters/francais//

 

Source : http://www.brn-presse.fr /

 

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A votre place, je m'abonnerais...

http://www.brn-presse.fr /

Publié par Frédéric Maurin à 19:24pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

28 Mars 2011

Vers une conjonction Front National - UMP

C'est possible...après 2012.

C'est l'hypothèse de Jean-Pierre Chevènement, dans la conclusion de cette tribune :

 

Contre Marine Le Pen, la République, la vraie !

La France n’a jamais, dans son histoire, donné de majorité à l’extrême droite. Les républicains ont triomphé des antidreyfusards au début du siècle dernier. De même le régime de Vichy, à la fois produit de la capitulation de juin 1940 et ombre portée du nazisme sur la France, a été balayé quatre ans plus tard par de Gaulle et la Résistance. Cette « loi historique » pourrait-elle être mise en défaut par un Front national « relooké » par Marine Le Pen ?

Le Front national s’est installé dans le paysage politique depuis 1983-1984, au lendemain de l’ouverture à gauche de la fameuse « parenthèse libérale » et au fur et à mesure que s’installait, à la faveur de ce retournement politique et sur la base de l’acte unique, un modèle de développement économique – dérégulation, monnaie forte, financiarisation, désindustrialisation de l’économie, chômage de masse – générateur d’une « fracture sociale » toujours plus profonde. L’extrême droite discréditée depuis la Seconde Guerre mondiale a pu ainsi ethniciser de concert avec la gauche « différentialiste » la question sociale. Elle n’a cependant jamais constitué jusqu’ici une véritable menace. La voie ouverte par Le Pen le 21 avril 2002, avec près de 17 % des suffrages exprimés, est apparue quinze jours plus tard pour ce qu’elle était : une totale impasse politique (18 % des voix).

 

Peut-il en aller autrement à l’avenir ? Les tenants de la « pensée unique » s’avisent avec un mélange de terreur feinte et de délectation secrète de ce que Marine Le Pen chercherait, depuis son discours d’investiture le 16 janvier 2011, à réaliser une sorte de « hold-up idéologique » sur le discours de la gauche républicaine, en reprenant à son compte le thème de l’Etat protecteur. Certes, Philippe Cohen et Laureline Dupont ont donné sans doute par inadvertance quelques verges pour se faire battre dans un reportage publié par Marianne sur un prétendu « cabinet secret » de Marine Le Pen. Mais il est ridicule de dénoncer, comme le fait Ariane Chemin dans le Nouvel Observateur, « les intellos du souverainisme décontaminant la pensée FN », et même odieux d’annoncer le prochain ralliement de Philippe Cohen, dont tout le parcours dit l’inverse, au Front national, en attaquant à travers un mauvais jeu de mots, « Marianne-Le Pen », ou encore de décrire un « cabinet secret » de Mme Le Pen « truffé de personnages qui, pratiquement tous, ont accompagné, à un moment ou à un autre, Jean-Pierre Chevènement dans son parcours politique » (Jean-Michel Aphatie). Pour ma part, je n’en connais aucun, et s’il s’en trouvait un seul, je le désavouerais aussitôt. A bien relire le discours de Marine Le Pen, on retrouverait à ce compte les intonations et même des expressions de François Mitterrand au congrès d’Epinay de juin 1971 (dénonciation de l’« argent roi »). Tout cela fait partie d’un très banal travail de récupération politicien. Si le PS et la droite ont laissé tomber le drapeau de l’indépendance nationale et même d’une conception exigeante de la République, à qui la faute ? Et si le Front national cherche à récupérer cet héritage en déshérence, il faut être idiot pour applaudir et pervers pour renverser les rôles en imputant à la gauche républicaine la responsabilité du hold-up dont elle est victime ! C’est le degré zéro de la réflexion politique.

Il est vrai qu’une nouvelle étape de développement de l’extrême droite se dessine : la fille ne vise pas seulement à faire oublier les outrances du père. Le moment est venu pour elle d’occuper systématiquement, non pas seulement au nom de la nation mais au nom de la République elle-même, le terrain laissé libre à la fois par un PS qui a troqué depuis longtemps le discours social qu’il tenait vis-à-vis des couches populaires contre un discours « sociétal » et par une droite atlantiste et « occidentaliste » qui a abandonné l’héritage universaliste de la nation française.

Le Front national cherche aujourd’hui à exploiter à son profit une situation de crise et de rupture sociale. Il met le doigt là où ça fait mal, au point qu’on finirait par oublier comment il s’est construit à travers la dénonciation, depuis quarante ans, de l’« immigrationnisme » comme étant la source de tous les maux. On chercherait en vain dans le discours de Marine Le Pen l’ombre d’une analyse économique et sociale construite, ou la plus petite esquisse d’une politique visant à surmonter, dans l’intérêt du pays, la crise de l’euro.

Marine Le Pen est certainement une fille très maligne (au double sens du terme), mais elle est incapable de mettre en œuvre une politique de réindustrialisation et d’intégration des immigrés parce que l’idée même du citoyen lui reste étrangère. Quoi qu’il fasse, le Front national restera le parti de l’ethnicité et ne deviendra jamais celui de la citoyenneté. Il suffit de voir Marine Le Pen brandir la menace d’un « nouveau califat » sur le pays : elle nous ramène aux croisades, alors qu’il s’agit seulement de faire appliquer la loi républicaine, la même pour tous.

Marine Le Pen peut sans doute améliorer le score de son père. Si elle est en mesure de faire battre le candidat de la droite au premier tour de 2012, elle n’a pas par elle-même la crédibilité qui lui permettrait de l’emporter. Comme en 2002, un « front républicain » la renverra dans les cordes au second tour.
A vrai dire, ce n’est pas 2012 qui m’inquiète, c’est la suite.

Le Front national n’a évidemment pas changé. Le véritable carburant de l’extrême droite, c’est la crise économique, sociale et politique qui est devant nous. Le « pacte de compétitivité » Merkel-Sarkozy porte en lui la menace d’une terrible régression sociale. Si le PS ne rompt pas avec la politique de supplétif qui a été la sienne quand il a voté le traité de Lisbonne, son candidat pourra bien l’emporter en 2012, mais il offrira un boulevard à la conjonction dès aujourd’hui probable du Front national et d’une droite rejetée dans l’opposition, et cela dès les élections municipales, régionales et départementales de 2014. En s’emparant des leviers de l’action locale, l’extrême droite s’approcherait alors du pouvoir de l’Etat. La France, pour le coup, en sortirait défigurée !

Pour déjouer ce piège infernal, est-il envisageable de faire surgir d’ici à 2012 un candidat qui offre une alternative politique réelle à l’accrochage suicidaire de la France au pacte de Mme Merkel ? Et à défaut qu’aucun candidat socialiste à ce jour n’ait laissé paraître qu’il était capable d’opérer ce virage stratégique, un autre candidat pourra-t-il occuper l’espace allant de Mélenchon à Villepin afin d’offrir à notre pays une perspective crédible de refondation républicaine ? Bref, d’opposer à Marine Le Pen la République, la vraie ?


Source :

http://www.chevenement.fr/Contre-Marine-Le-Pen-la-Republique-la-vraie-_a1104.html


Publié par Frédéric Maurin à 18:06pm - Voir le commentaire ()
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24 Mars 2011

Austérité, c'est où la sortie ?

Traders n'ayant plus rien à trader, banques nationalisées, marchés financiers désarmés...j'attends avec intérêt l'ouvrage Sortons de l'Euro, vite ! à paraître aux éditions Mille et une nuits.

Mise en bouche avec cet article de l'auteur, Jacques Nikonoff.

(http://www.m-pep.org/)

« Bouclier » censé protéger de la spéculation, la monnaie unique était le moyen quasi miraculeux de terrasser toutes les difficultés : inflation, chômage, récessions… La crise de l’euro et de l’Union européenne, qui a éclaté fin 2009, a balayé ces croyances. Nos dirigeants s’acharnent pourtant à faire perdurer le mythe de sa monnaie « protectrice ».

La crise de l’euro traduit d’abord une fragmentation de l’Europe et de la zone euro. Le couple franco-allemand connaît un divorce de fait : la gestion de la monnaie s’est faite au détriment des intérêts de la France, mais aussi de la majorité de ses partenaires de la zone euro. Seuls les dirigeants allemands ont tiré profit de l’euro fort, ont engrangé les excédents commerciaux réalisés en grande partie sur les autres pays européens. Désormais, ils déséquilibrent dangereusement l’économie européenne, accentuent la situation d’endettement public des pays de l’Europe du Sud… et n’entendent pas montrer la moindre solidarité. La stratégie économique allemande est très néfaste. Est-il possible de se voiler la face plus longtemps ? De la droite à la gauche, il s’est fait en France un consensus qui accepte l’ordre monétaire néolibéral incarné par l’euro.

Le désordre économique ne va pas s’arrêter. Il faut prendre les devants, affronter les graves difficultés européennes et sortir à temps de l’euro.

L’euro interdit de véritables politiques sociales, industrielles et le plein-emploi. Il faut sortir de l’euro. Au plus vite !

JACQUES NIKONOFF est professeur associé à l’Institut d’études européennes de l’université Paris-8. Ancien élève de l’École nationale d’administration, il a été Attaché fi nancier à New York pendant plusieurs années. Porte-parole du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP), ex-président d’Attac, il a été ouvrier soudeur et syndicaliste dans une grande entreprise.

 

Sortons de l’euro, vite !, de Jacques Nikonoff, aux éditions des Mille Et Une Nuits, 19 euros.

 

Capital

 

UN SPECTRE HANTE L’EUROPE : LA SORTIE DE L’EURO !

Une opération d’affolement de la population est en cours sur l’euro. Elle est menée par ceux qui étaient pour le « oui » aux référendums de 1992 et de 2005. Ils utilisent les mêmes arguments fallacieux qu’à l’époque. En 1992, ils disaient que ce serait la « catastrophe » de ne pas voter pour le traité de Maastricht et la monnaie unique. En 2005, ils affirmaient que ce serait l’ « explosion de l’Europe » si on ne votait pas pour le projet de constitution européenne. Aujourd’hui, ils soutiennent que ce serait le « chaos » si un ou plusieurs pays quittaient la zone euro.

Le journal Le Monde (15/12/2010) titre : « L’euro va-t-il tuer l’Europe ? ». Sous-titres : « Qui serait prêt à renoncer à la monnaie unique ? Quels sont les scénarios de sa disparition ? Quels seraient les effets d’un éclatement ? » Il cite The Economist, icône de la pensée unique ultralibérale, qui affirme que « Démanteler l’euro n’est pas impensable, seulement très coûteux ». C’est l’inverse ! C’est l’euro qui est coûteux ! Pour les classes populaires et moyennes ! Car c’est soi-disant pour le « sauver » que l’austérité a été décrétée dans toute l’Europe !
 

Le Monde explique que la sortie de la Grèce et de l’Irlande de l’euro et le retour à leurs monnaies nationales permettrait de les dévaluer. Ces pays pourraient ainsi développer leurs exportations, relancer leur activité économique et réduire leurs déficits publics. Le Monde ajoute cependant que « cette stratégie comporte de graves dangers ».

Le premier serait une « panique bancaire », les déposants grecs et irlandais retireraient leurs euros des banques. Mais qu’en feraient-ils ? Les mettre sous leur matelas ? Dans une lessiveuse ? Dans une banque à l’étranger ? Soyons sérieux ! Un pays qui sortira de l’euro devra rendre sa monnaie non convertible avec les autres, dont l’euro, et restaurer le contrôle des changes. Ceux qui auront retiré leurs euros devront obligatoirement les convertir en drachmes, livres irlandaises, francs français, etc., après autorisation, s’ils veulent continuer à exercer une activité dans leur pays d’origine...

Le Monde imagine un second risque : l’ « écrasement des ménages, des entreprises et des États grecs et irlandais » sous le poids de leurs crédits libellés en euros. Non ! Le retour aux monnaies nationales se fera dans les mêmes conditions que le passage de ces dernières vers l’euro, mais en sens inverse. Ceux qui avaient des crédits ou des titres (actions, obligations…) libellés en livres irlandaises, en drachmes, en francs français, etc., ont vu ces crédits et titres tout simplement convertis en euros. Par un simple jeu d’écriture et en une seule nuit !

Troisième risque que Le Monde met en avant : les banques européennes « possédant des obligations grecques ou irlandaises enregistreraient de lourdes pertes ». Oui, là c’est vrai ! Mais disons-le clairement : tant mieux si les banques qui ont spéculé sur la dette des États de la zone euro réalisent de « lourdes pertes ». Le prix de leurs actions baissera, ce sera le moment pour les États de les racheter (les nationaliser). Les actionnaires des banques, coresponsables de la crise, seront ainsi justement sanctionnés. Les banques centrales des pays concernés (pas la Banque centrale européenne !) donneront les fonds à l’État, par création monétaire, comme le fait la Banque centrale américaine.
 

Le Monde voit un quatrième risque : « un pays qui sort de l’euro risque de perdre énormément en crédibilité vis-à-vis des investisseurs ». Le malheureux journaliste n’a pas compris qu’il faut mettre un terme au financement des États par les marchés financiers. Comment faire ? En fermant le marché obligataire ! Les États ne se financeront plus sur le marché obligataire, mais de trois manières simultanées : en faisant appel à leur épargne nationale ; en imposant des quotas d’achat de titres d’État aux banques et compagnies d’assurance ; en vendant des titres d’État à la banque centrale de chaque pays concerné, sans intérêts à rembourser. Le marché secondaire des obligations sera lui aussi fermé : les ménages ou les banques qui voudront revendre leurs obligations avant l’échéance pourront le faire, dans certaines conditions, mais seulement à l’État. La spéculation sera ainsi totalement et définitivement éradiquée.

Fini le besoin de « rassurer » les marchés financiers en baissant les salaires, les retraites et la protection sociale en général, il n’y aura plus de marché financier obligataire en euros ! Au revoir, les agences de notation, il n’y aura plus rien à noter ! Bye-bye les traders et leurs bonus, il n’y aura plus rien à trader ! Adieu les CDS (Credit Default Swaps), ces produits financiers hyper sophistiqués qui servent à spéculer sur la faillite des États !
 

Le Monde citait Nicolas Sarkozy (19 et 20 décembre) : « Qui peut penser que la France, seule dans le monde d’aujourd’hui, serait plus forte ? ». Retournons-lui la question : qui peut croire que la France « serait plus forte » dans le cadre de la mondialisation néolibérale ? Qui peut croire qu’un monde nouveau, tout simplement humain, adviendra de l’action des piliers de l’ordre néolibéral mondial que sont l’OTAN, le FMI, la Banque mondiale, l’OMC, l’OCDE et l’Union européenne ? C’est en sortant de ces institutions, gardiennes du « monde d’aujourd’hui » dans lequel veut nous enfermer Sarkozy – et non en voulant illusoirement les transformer de l’intérieur – que nous pourrons aller de l’avant. Il faut agir pour la construction d’un nouvel internationalisme. La France, de par son histoire, doit y jouer un grand rôle.

Le 21 décembre, Le Figaro prenait le relais avec un énorme titre en « Une » : « Ce que coûterait à la France un abandon de l’euro ». Sous-titre : « Ce scénario qualifié d’ ‘‘irresponsable’’ par Nicolas Sarkozy serait catastrophique pour le pays ». Diable ! Pour le journal officiel de la droite, la sortie de l’euro aurait pour « résultat inéluctable un alignement par le bas des revenus et du pouvoir d’achat… » Incroyable ! Voilà que la droite défend le pouvoir d’achat ! Mais l’alignement par le bas des salaires, c’est aujourd’hui, avec l’euro ! C’est d’ailleurs notamment pour cette raison que l’euro a été inventé par les classes dirigeantes européennes.

L’un des présupposés « théorique » ayant conduit à la création de l’euro et à sa gestion par une banque centrale européenne « indépendante » se trouve à l’article 120 du traité de Lisbonne : « Les États membres et l’Union agissent dans le respect du principe d’une économie de marché ouverte où la concurrence est libre, favorisant une allocation efficace des ressources... » L’expression « allocation efficace des ressources » reprend mot pour mot la pseudo théorie ultralibérale de l’ « efficience des marchés financiers ». D’après elle, il est urgent de développer les marchés financiers et de les faire fonctionner sans « entraves », avec le minimum de réglementation. La raison ? Ils seraient (contrairement à l’État) le seul mécanisme d’ « allocation » efficace du capital. Autrement dit, ils seraient capables de distinguer les « bons » projets à financer en évitant les gaspillages de ressources financières. Toutes les politiques menées par l’Union européenne reposent sur ce mythe. C’est pourquoi la « libéralisation » des marchés de capitaux a été organisée au sein de l’UE, par des directives, afin de construire un marché financier mondialement intégré. Du coup, il fallait que l’euro concurrence le dollar. La « construction » européenne a donc été subordonnée à ce but : attirer vers les marchés financiers européens les capitaux libres recherchant à l’échelle de la planète une rentabilité maximale et à très court terme. C’est cet objectif qui explique la poursuite systématique d’une politique de taux de change élevés, appuyée sur des taux d’intérêt supérieurs à ceux des États-Unis. L’euro était le vecteur permettant la libre circulation des capitaux : il n’est pas un « bouclier » anti-spéculation, il attire la spéculation !

Les oligarques européens ont donc fait des marchés obligataires (principalement celui de la dette des États) les « surveillants » des politiques publiques. Le raisonnement est simple : les marchés financiers (surtout le marché obligataire) n’aiment pas les pays trop endettés car ces dettes peuvent les conduire à ne plus pouvoir ou vouloir les rembourser. Pour continuer à acheter la dette des États, les investisseurs (spéculateurs) vont donc demander des taux d’intérêt plus élevés afin de rémunérer leur risque. Conséquence : si les États veulent emprunter à des taux d’intérêt raisonnables, ils devront réduire leur dette (en abaissant les dépenses publiques, principalement les dépenses sociales). La meilleure « discipline » pour contrôler les dépenses publiques (sociales) est donc le « marché », à condition qu’il soit totalement dérégulé, qu’aucune intervention extérieure – en particulier des États – ne vienne perturber son « équilibre spontané ». Dès lors, pour compenser le renchérissement des produits fabriqués dans la zone euro face à leurs concurrents de la zone dollar et des pays émergents (en raison de l’euro « fort »), les entreprises de la zone euro ont été volontairement poussées à exercer une pression sans cesse croissante sur les coûts salariaux et sur l’emploi. Les délocalisations ne trouvent pas d’autre explication. Un gouvernement de gauche ne pourra pas mener une politique pleinement de gauche si la politique monétaire reste de droite. Sortir de l’euro de manière unilatérale est la condition absolument nécessaire, indispensable, urgente pour pouvoir mener une vraie politique de gauche. Mais cette condition n’est pas suffisante. Il faut dans chaque pays, selon les rythmes des mobilisations populaires et des élections, définir un vrai programme de gauche et agir pour une monnaie non plus unique, mais commune.

Des sondages montrent une montée du mécontentement populaire vis-à-vis de l’euro. Entre 29% et 39% des Français interrogés, selon les sondages, veulent quitter l’euro. Entre 42% et 50% des ouvriers ; entre 38% et 48% des employés sont dans le même cas. En juin 2010, un sondage réalisé en Europe par un institut américain faisait apparaitre la réponse « non » à la question « L’euro est-il une bonne chose pour l’économie ? » : France (67%), Portugal (60%), Espagne (56%), Allemagne (55%), Italie (53%)...

Ce sont les milieux populaires – ouvriers, employés, peu ou non diplômés – qui sont les plus nombreux à contester l’euro ou même à vouloir en sortir. C’est l’électorat traditionnel de la gauche ! Attention à ce que la gauche ne décroche pas de son électorat et qu’elle offre ainsi un boulevard aux forces d’extrême droite, nationalistes et xénophobes, qui s’engouffreront dans la brèche !
Sortir de l’euro, c’est sortir de l’ordre monétaire néolibéral. C’est la suite logique des combats de 1992 contre la création de l’euro, et de 2005 contre le projet de constitution européenne. C’est un projet de gauche !

Publié par Frédéric Maurin à 18:59pm - Voir le commentaire ()
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20 Mars 2011

Relaxe pour Xavier Mathieu

Xavier Mathieu est convoqué par la justice pour "refus de prélèvement d'ADN". La méthode n'est pas nouvelle puisque désormais le fichage génétique est élargi à tous les délits, et en particulier appliqué systématiquement aux militants arrêtés dans le cadre de mouvements sociaux.

Le jugement de Xavier, prévu initialement le 8 mars a été renvoyé au 3 mai prochain.

Le temps de mettre en place une pétition, qui doit être signée le plus largement possible pour appeler à la relaxe:

  

http://www.mesopinions.com/petition-pour-la-relaxe-de-xavier-mathieu-petition-petitions-4bd70fe8a599a35d4dba90d91287e6a7.html#signer-petition

A l'attention de Monsieur le Président du tribunal correctionnel de Compiègne.
 
Le 3 mai 2011, une nouvelle fois Xavier Mathieu, un des porte-parole des travailleurs de Continental Clairoix en lutte contre leurs licenciements, est convoqué devant le tribunal correctionnel de Compiègne.
Cette fois c’est pour avoir refusé de se soumettre au relevé de son empreinte ADN, après la condamnation de la cour d’appel d’Amiens, aux côtés de cinq autres camarades, à une simple amende, suite à la manifestation à la sous-préfecture de Compiègne en Avril 2009.

Cette demande de soumettre à un tel test, dans un fichier qui à l’origine ne devait concerner que les délinquants sexuels les plus graves (pédophiles, violeurs), est en soi une humiliation et une atteinte à la dignité de tous les militants à qui cela est demandé.
Si cette affaire de test ADN qui avait été classée il y a un an, au moment des fortes mobilisations, est ressortie aujourd’hui à l’initiative du parquet, sous le contrôle du gouvernement, c’est que le pouvoir veut s’acharner sur les travailleurs de Continental, et en quelque sorte les punir d’avoir tenu tête jusqu’au bout à la coalition implicite entre ce géant de l’industrie et le gouvernement.
Et au-delà il s’agit de considérer comme des délinquants méritant un fichage systématique les travailleurs qui refusent de baisser la tête et entendent se battre pour leurs droits.
Aussi les soussignés demandent qu’on mette fin à ces discriminations insupportables, à cet acharnement indigne, que le parquet arrête ses poursuites, et qu’au moins le tribunal prononce la relaxe et qu’on arrête de vouloir transformer en délinquants qui doivent être fichés ceux qui ont le
courage de se battre pour leurs droits et leur dignité.

 

 

Voici le communiqué de la CGT à ce sujet : 

 

"A l'attention de Monsieur le Président du tribunal correctionnel de Compiègne.

"Discrimination syndicale
Non au fichage des syndicalistes

 

La mission des syndicalistes est la défense des intérêts individuels et collectifs des salariés. Cet engagement est confronté à la violence des mesures de délocalisations, de fermetures d’entreprises, de plans dits « sociaux », de privatisations, de licenciements, de promesses non tenues, d’attaques contre les retraites, toutes ces décisions qui plongent des milliers de salariés dans la détresse.

 

C’est une violence inouïe qui brise des vies, ruine l’économie de régions entières et casse des acquis sociaux. Les conséquences dramatiques pour les salariés les poussent, faute d’être entendus, à des actions de plus en plus déterminées, des grèves, des manifestations de masse, des occupations…

 

Les syndicalistes, assumant les responsabilités confiées par les salariés, sont en première ligne des actions. Les pouvoirs publics ne s’y trompent pas et tentent, à travers eux, de briser toute résistance.

Plusieurs d’entre eux ont été condamnés à des amendes et de la prison suite à des actions dans le cadre de leur fonction syndicale. Ils ont été condamnés pour s’être opposés à la politique de casse de leur entreprise. Ces condamnations injustes ne suffisent pas au Gouvernement qui aujourd’hui permet le fichage des syndicalistes au même titre que de dangereux délinquants.

 

En effet le fichage génétique par le prélèvement d’ADN mis en place en 1998 afin de lutter contre les crimes sexuels a été élargi en 2001 et 2003 à la plupart des infractions prévues au code pénal. Sont ainsi fichés des auteurs de crime, de viols, de trafics de drogue,... et des militants syndicaux.

 

La CGT ne s’était pas trompée en dénonçant les dangers de cette dérive sécuritaire qui permet le fichage de militants politiques, associatifs et syndicaux de même que des personnes simplement soupçonnées de délit.

 

Des syndicalistes refusent d’être assimilés à des criminels et ont décidé de ne pas se soumettre au prélèvement d’ADN mais ce simple refus est considéré comme un délit punissable jusqu’à 15 000 € d’amendes et 12 mois de prison.

 

Deux d’entre eux sont appelés à comparaître prochainement devant le tribunal correctionnel ;

 

Philippe Galano le 17 mars à Perpignan - rassemblement à 12 H devant le palais des congrès,

Xavier Mathieu le 3 mai à Compiègne - rassemblement à 8 H 30 devant le Tribunal de Compiègne.

 

C’est absurde et dangereux, absurde car ils ne représentent aucun risque pour la société, dangereux car c’est considérer les mobilisations sociales comme des délits. Le fichage des syndicalistes vise à instaurer un contrôle politique de l’action collective. En cette période de crise économique, de casse des acquis sociaux et de montée des inégalités le gouvernement tente ainsi d’intimider les salariés susceptibles de se mobiliser.

 

La CGT demande la relaxe pour Philippe Galano et Xavier Mathieu elle appelle à soutenir les actions de solidarités déjà engagées et demande le retrait du fichage ADN pour les salariés condamnés dans le cadre d’une action syndicale.

 

   

Publié par Frédéric Maurin à 19:53pm - Voir le commentaire ()
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16 Mars 2011

Elections locales: il n'est pas trop tard

il n'est pas trop tard...pour signer et faire signer ici :

 

 http://www.ville-st-martin-dheres.fr/petition.html

 

ce soutien populaire aux motions suivantes, votées le 26 novembre 2009 par le Conseil municipal de Saint-Martin-d'Hères.

Elles posent le véritable enjeu de la démocratie locale, masqué par le tsunami "Marine Le Pen" de la sondagite présidentielle.

(Message personnel : il n'est pas trop tard non plus pour soutenir le maire René Proby, bon voilà, c'est dit)

 

 

  • La réforme territoriale est une machine visant à anéantir la solidarité, à accentuer les inégalités et à organiser la mise en concurrence entre territoires et citoyens, et à démanteler la démocratie locale.
  • La suppression de la taxe professionnelle est l’arme du gouvernement dans ce projet de réforme pour asphyxier financièrement les collectivités

La « réforme territoriale » voulue par le Président de la République et son gouvernement s’avère être une  machine visant à anéantir la solidarité partout dans le pays, à accentuer les inégalités entre territoires et entre citoyens, à démanteler la République et la démocratie locale.

Pourtant une réforme des institutions et des collectivités, fondée sur plus de démocratie locale, plus de moyens, de coopérations et de solidarités, plus de justice sociale est indispensable.

Ce n'est pas le chemin de cette "réforme territoriale"

 

Il faut mesurer la gravité des attaques sur les institutions et lorganisation de la France, sur les services publics et la souveraineté de notre peuple. Le gouvernement ne fait qu’entreprendre au niveau local ce qu’il opère au niveau national. Son objectif est de « faire contribuer les collectivités locales à leffort de réduction du déficit  public ». Or, seul l’Etat vote aujourdhui son budget de fonctionnement en déficit et emprunte pour  l’équilibrer. Il s’agit bien de sanctionner les collectivités au motif qu’elles mettent en œuvre des services publics.

 

Pour faire accepter cette entreprise de démolition, le Président et le gouvernement n’ont pas hésité à se livrer à une grossière campagne de dénonciation des élus locaux et des collectivités territoriales. Ce projet a été une nouvelle fois traité avec autoritarisme et mépris des citoyens et de leurs représentants. Aujourdhui, la colère est grande parmi les élus locaux.

 

Le conseil municipal affirme que ce projet de réforme est contraire aux valeurs démocratiques de notre République :

 

-     Ce projet porte une atteinte grave au principe « de libre administration des collectivités » par leurs assemblées légitimement élues par le peuple.

 

Les mesures annoncées vont obliger les élus locaux à organiser les territoires urbains en métropoles. Il sagit biende concentrer les activités économiques autour de quelques pôles et de laisser les autres territoires à l’abandon. Tout cela conduirait à aggraver les inégalités de richesses existantes entre les territoires. Dans ce  schéma, la plupart des compétences communales (développement économique, urbanisme,  habitat,  transport,  éducation,  infrastructures,  sécurité,  eau,  assainissement,  culture...) seraient progressivement transférées à ces métropoles. Les communes seraient donc amenées à terme à disparaître ou à ne conserver dans leurs attributions que celle de l’état civil.

Ne  faut-il  pas  voir  dans  ce  projet  l’effacement  pur  et  simple  des  échelons  démocratiques  de proximité ?

 

Le conseil municipal rappelle :

 Les villes et villages, les départements et les régions, c’est du concret. Rien ne prouve aujourd’hui que ces  collectivités sont dénuées de sens. Leurs actions, au quotidien, consistent avant tout en des missions  dintérêt  général  au  service  de  toute  la  population :  écoles,  crèches,  collèges,  lycées, infrastructures,  zones  économiques, voiries, logements, équipements sociaux, culturels, sportifs, de santé, denvironnement, de transports et une multitude dautres services de qualité. Les collectivités assurent ainsi le développement des services publics dans un contexte de désengagement de lEtat. Les collectivités emploient 1 800 000 agents, réalisent 73% des investissements publics qui permettent le maintien et la création de centaines de milliers demplois, principalement dans le secteur privé. Elles sont les lieux dexpression des exigences démocratiques, de résistance à la pensée unique. Casser les collectivités locales dans la foulée des grands services publics, cest poursuivre le démantèlement de la République.

 

 C'est pourquoi le conseil municipal :

Appelle  tous  ceux  qui  font  vivre  la  mocratie  locale :  élus,  bénévoles  de  toutes  sensibilités, personnels territoriaux, responsables associatifs, syndicalistes, citoyens à se mobiliser pour exiger le retrait de cette réforme.

 

Demande à ce que l’Etat ouvre une véritable concertation, d’égal à égal, avec les citoyens et les élus locaux afin de construire et faire vivre un projet d’organisation territoriale qui :

-     vise  à  réduire  les  inégalités  territoriales,  qui  garantisse  légalité  entre  les  citoyens  par l’existence des collectivités en leur donnant les moyens financiers et humains conséquents,

-      rende possible lexpression de choix politiques par les citoyens pour la mise en œuvre de l’intérêt collectif,

-     fasse vivre la démocratie locale et qui réponde aux besoins dune France moderne et solidaire. Il en va des défis sociaux, environnementaux et économiques du 21ème siècle qu’il convient de relever.

 Motion sur la suppression de la taxe professionnelle

Le Maire expose :

 

La mesure phare du projet de loi de finance pour 2010 va consister en la suppression de la taxe professionnelle. Cette mesure découle de la volonté de Nicolas Sarkozy qui répond dailleurs aux insistances  du MEDEF en la matière. La Taxe Professionnelle représente 35 milliards deuros de ressources pour les  collectivités territoriales et l’Etat ! Le gouvernement projette de supprimer une ressource stable, pérenne, sur laquelle les collectivités pouvaient agir, pour la remplacer par des impôts et taxes assis sur des résultats variables, aléatoires, échappant à sa maîtrise. La perte de ces recettes sera en effet partiellement compensée par la taxe carbone qui sera dailleurs payée pour lessentiel par les ménages.

 

Pour autant nous ne sommes pas pour le statut quo. La taxe professionnelle mérite effectivement d’être réformée  et modernisée afin de la rendre plus juste et plus efficace, en sattaquant à la spéculation financière, cause réelle de la crise économique actuelle.

 

Cette suppression, cest  larme  du  gouvernement pour réaliser le  projet de  réforme  territoriale : asphyxier financièrement les collectivités. En effet, cette taxe représente aujourdhui 41% des recettes fiscales  des   communes,  44%  de  celles  des  départements  et  64%  de  celles  des  régions.  Sa compensation intégrale n’est garantie que pour une année, et se fera au travers de dotations d’Etat sur lesquelles nous ne pouvons agir. Par conséquent, c’est bien l’autonomie des collectivités qui est remise en cause et leurs moyens de mettre en œuvre des politiques.

 

Le conseil municipal affirme que cette suppression est contraire au principe fondamental et constitutionnel d’égalité d’accès des citoyens aux services publics de proximité.

 

Rappelons-le : les collectivités ont l’obligation de voter leur budget en équilibre. Comment feraient- elles,  en   labsence  de  toutes  possibilités  de  prévision  de  ressources,  pour  mener  à  bien  des investissements  utiles  à tous, pour maintenir ou développer leurs services ? La refonte de la taxe professionnelle enclenche la mise sous contrôle des politiques publiques des collectivités territoriales. Celles-ci seront alors réduites à ne mettre en œuvre que les politiques décidées nationalement dans un contexte de dotations en baisse.

Or, les élus ont été choisis par la population sur la base de programmes politiques dactions. En étouffant les capacités financières des collectivités locales, le gouvernement remet en cause les raisons même du vote des électeurs, remet en cause la démocratie !

 

 

Le conseil municipal rappelle :
Que le remaniement de la taxe professionnelle, telle que proposé par le projet de loi de finance va priver les collectivités, dont notre commune, de moyens qui permettaient, tant bien que mal, dassurer une solidarité, donc la cohésion sociale dans notre pays. De plus, cette réforme entraînera à terme un transfert de la fiscalité sur les ménages. Aujourdhui, ces derniers contribuent à hauteur de 50% des recettes fiscales, demain ils contribueront près de 75%. Les territoires les moins riches se retrouveront dans une impasse. Ils seront contraints dalourdir la fiscalité des ménages souvent déjà élevée ou de réduire considérablement l’action publique locale mettant ainsi à mal le principe dégalité daccès aux services publics.

Il sagit là d’une véritable remise en cause de limplication des entreprises dans la société française. Elles  seraient amenées à participer de moins en moins à leffort collectif et dans le même temps, profiteraient toujours des services et équipements publics.

 

C'est pourquoi le conseil municipal :  

 

Demande le retrait de cette suppression de la taxe professionnelle, et que lEtat mette en place une véritable concertation avec l’ensemble des partenaires intéressés pour refondre cet impôt, afin de le rendre plus juste et  plus efficace, en sattaquant à la spéculation financière, cause réelle de la crise économique actuelle.

 

Cette modernisation doit, par le jeu d’une péréquation nationale, assurer plus de solidarité entre les territoires  et  promouvoir  un  autre  mode  de  développement articulant  social  et  environnemental, incitant les entreprises à réaliser des investissements utiles et à créer des emplois.

Publié par Frédéric Maurin à 22:01pm - Voir le commentaire ()
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14 Mars 2011

DSK : pourquoi on n'en veut pas ?

Ceux qui n'ont pas aimé l' Appel à l'exclusion de DSK du Parti Socialiste détesteront la dernière livraison de Fakir.

Dans un 4 pages, (promis à un franc succès?), téléchargeable ici :
http://dev.fakirpresse.info/tchofakir_dsk_sup.pdf , Fakir détaille le parcours de DSK et ses "7 péchés capital".

Magistral ! 

On lit l'extrait suivant et on passe commande ici:

 
http://www.fakirpresse.info/articles/373/campagne-dsk-pourquoi-on-n-en-veut-pas.html


Eux sont mobilisés, des instituts de sondages aux chaînes de télé. Alors, si on n’en veut pas de ce candidat-là, il faut le crier très fort et tout de suite. Afin que sa « bonne opinion », chez les gens de gauche, même modérée, soit minée. Non pas en l’injuriant, en le méprisant, mais simplement en rappelant ses actes, ses décisions – du ministère de l’Economie au FMI : privatisation de France Télécom, liquidation des banques publiques, défiscalisation des stock-options, etc. En éclairant, aussi, toutes les zones d’ombre – « Cercle de l’Industrie », « DSK consultant » – que les grands médias éclipsent. Pour que nous n’ayons pas le choix, à l’arrivée, qu’entre l’ami du patronat (Nicolas Sarkozy) et leur ancien lobbyiste (DSK)…

Voilà pourquoi nous avons conçu ce T’chio Fakir, comme une arme d’auto-défense. Pour que vous puissiez convaincre vos copains, cousins, collègues, avec une contre-information rigolote sur la forme mais sérieuse sur le fond, pas bête mais accessible, combative mais pas sectaire. Pour que vous puissiez le brandir dans une section socialiste, l’offrir à vos élus PS comme un avertissement.



Le lobbyiste du patronat


Pour servir le CAC 40, Dominique Strauss-Kahn a monté un lobby : le Cercle de l’Industrie.

Ce petit matin de février 1993, tout le CAC 40 défile en haut des Champs-Elysées. De leurs voitures avec chauffeurs, descendent Lindsay Owen-Jones (PDG de L’Oreal), Didier Pineau-Valenciennes (Schneider), Vincent Bolloré, Jean Gandois (Péchiney), Louis Schweitzer (Renault), Jean-René Fourtou (Rhône-Poulenc), Bertrand Collomb (Lafarge), François Michelin, Francis Mer (Usinor), Guy Dejouany (Compagnie Générale des Eaux), Serge Tchuruk (Total)… A l’appel de leur ministre, Dominique Strauss-Kahn, trente cinq patrons se rendent au siège de Publicis. Et à sa demande, encore, ils acceptent de verser 200 000 F chacun pour son futur « Cercle de l’Industrie ».

C’est que DSK le sait, déjà : les carottes sont cuites. Le Parti socialiste sera balayé aux prochaines législatives. Mieux vaut préparer son reclassement, dès maintenant. « Ministre délégué à l’industrie et au commerce extérieur », il a beaucoup voyagé, avec dans ses bagages des grands patrons : Raymond Lévy (Renault), Jean Dromer (LVMH), Jean-Michel Fauve (EDF), etc. Il a bien rempli son carnet d’adresses, des amitiés sont nées, et une idée : défendre les intérêts des industriels à Bruxelles.
Pour bâtir l'Europe sociale, voilà qui paraît urgent à Dominique Strauss-Kahn : créer un nouveau cénacle patronal...

DSK consultants

A partir de septembre 1993, donc, tous les deux mois, une vingtaine de PDG se retrouvent à dîner. Autour de l’ancien ministre, ils rencontrent les commissaires européens, le président de l’OMC, celui de la Commission. Grâce à ce groupe de pression, une première taxe sur le CO2 est repoussée. D’autres directives sont amendées – celles sur l’énergie se font plus libérales.
Qu’y gagne DSK ?

« On lui payait une secrétaire, un chauffeur et un téléphone », se souvient Raymond Lévy, ancien président de Renault et du Cercle. Via des comptes secrets, sa collaboratrice est payée par Elf. Tandis que lui ne touche rien, en apparence : c’est son bénévolat. « Il est sûr que son travail au Cercle a contribué à asseoir sa popularité parmi les patrons », témoigne Bertrand Collomb, le boss des ciments Lafarge.

Mais derrière la façade du Cercle, en septembre 1993 toujours, il crée sa petite entreprise : « DSK consultants ». Avec sa femme, sa mère, sa fille, sa sœur, son frère au capital de la société anonyme. Aux mêmes grands patrons, il délivre des conseils. Payants, cette fois : deux millions de francs d’Alcatel, 1,5 million d’EDF, 600 000 F de la COGEMA, 500 000 F de la SOFRES. Et, plus tard, 603 000 F de la MNEF.

Pour Elf comme pour la MNEF, la Justice lui a accordé un non-lieu. Et les médias, comme ses camarades, l’ont déclaré « blanchi de tout soupçon ». Soit, il n’a rien fait d’illégal. Mais est-il légitime qu’un homme politique – et encore davantage, évidemment, un homme de gauche – fraie ainsi avec le patronat ? Qu’il cachetonne à sa solde ? Qu’il copine à tout va ?
Il fallait bien, plaidera-t-il ensuite, « connaître la vie des entreprises ». Pour connaître cette « vie des entreprises », l’avocat DSK aurait pu défendre les salariés aux prud’hommes. Il aurait pu, surtout, se faire « consultant », pourquoi pas, au service des cabinets Syndex ou Sécafi-Alpha, proches des syndicats. Voilà qui lui aurait assuré des tickets-restaurants. Mais sans doute pas des chèques avec cinq ou six zéros devant la virgule…

Nous aurions donc le choix entre ça : entre Nicolas Sarkozy, l'ami des patrons, et Dominique Strauss-Kahn, leur lobbyiste...

Publié par Frédéric Maurin à 23:24pm - Voir le commentaire ()
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1 Mars 2011

Que faire du Président des riches ?

D'abord le lire, évidemment.  

Le Président des riches (Michel Pinçon Monique Pinçon-Charlot http://www.editions-zones.fr/, 14 €) n'est pas un pamphlet, mais bien un ouvrage scientifique. Et je dirais même un ouvrage clinique pour ceux qui considèrent que le sarkozysme est une pathologie.

 

Justement sous-titré "Enquête sur l’oligarchie dans la France de Nicolas Sarkozy", il offre quelques remèdes.

 

En voici quelques-uns choisis au hasard (bien entendu) de la conclusion de cet ouvrage. Conclusion opportunément intitulée QUE FAIRE ?

 

 

Respecter les résultats électoraux

Le référendum de mai 2005 sur l’adoption de la Constitution européenne est exemplaire de l’autonomisation de la classe politique par rapport à ses électeurs. Le « non » l’a emporté avec 55,67 % des suffrages exprimés. Or le « oui » à l’Europe libérale, que cette Constitution portait en germe, était soutenu, à l’époque, par tous ceux qui, au Parti socialiste, se verraient bien, aujourd’hui, candidats à l’élection présidentielle de 2012. À savoir Martine Aubry, François Hollande, Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn. Manuel Valls, partisan du non, s’est incliné devant le vote interne au PS qui avait donné la majorité au oui. Les communistes, la gauche critique, l’extrême gauche, ainsi que le Front national et les partisans de Nicolas Dupont-Aignan ont fait campagne pour le non, dont le succès a largement dépassé le poids électoral de ces formations. L’analyse sociologique des résultats a révélé une confrontation de classes, entre les classes populaires qui ont massivement voté non, tandis que les classes supérieures ont dit oui à l’Europe du néolibéralisme.

Ce vote disait déjà bien le désarroi des classes populaires et moyennes face à la mondialisation financière et libérale. La majorité des élites politiques, de droite et de gauche, n’a pas tenu compte de ces voix majoritaires et, dès l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Élysée, le traité de Lisbonne a été adopté. Le vote du peuple français a été considéré comme nul et non avenu. Or le non à ce référendum était largement sous-estimé du fait d’une campagne médiatique très déséquilibrée en faveur du oui, tous les grands partis de droite et de gauche y étant favorables.

 

METTRE FIN À L’OLIGARCHIE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE
 

Charles-Henri Filippi, banquier atypique, ne s’est certainement pas fait que des amis par ses propositions iconoclastes. « Face au déraillement du système [la crise financière de 2008], finalement dû à l’excessive privatisation de ce bien collectif qu’est l’argent, l’effective réappropriation publique de la monnaie, concertée, immédiate et transitoire, par le biais de la nationalisation du système bancaire occidental aurait dû être l’acte premier et inévitable de la riposte note. » Au lieu d’aider les banques sans contraintes réelles, en leur prêtant à un taux favorable des milliards d’euros, Nicolas Sarkozy aurait été beaucoup mieux inspiré de revenir, comme le soutient ce banquier, à une économie sociale de marché « qui mette sous tutelle l’argent prédateur tout en laissant s’exprimer l’argent de progrès note ».

Nationaliser les banques

La nationalisation des banques, y compris définitive, et seulement en France, si tel doit être le cas, leur permettrait, dans un premier temps, de retrouver leur raison d’être : prêter aux entreprises et aux particuliers. Avant de devenir une finalité existentielle, l’argent était un moyen, celui de l’échange entre producteurs. « Il nous faut remplacer, poursuit C.-H. Filippi, la logique de l’immédiat et de l’argent en soi par celle du long terme et de l’utilité collective. Reprenant à nouveau les termes de la Déclaration des droits de l’homme, il faut que cette forme incontournable et essentielle de distinction sociale qu’est l’argent ne puisse être véritablement fondée que sur l’utilité commune note. »

La nationalisation des banques permettrait de reconstruire un système de crédit public qui redonne la priorité aux financements des besoins de la population, contre la spéculation à court terme qui n’est accessible et enrichissante que pour quelques rares privilégiés. Mais on sait d’avance que la nationalisation va mettre en émoi l’oligarchie financière qui, en raison de sa haute conscience de l’intérêt général, essayera de mettre à l’abri, avec le civisme dont elle sait faire preuve, ses petites économies dans les paradis fiscaux.

Le chantage à la fuite des capitaux, à l’exil fiscal des plus nantis ne doit pas être un frein aux réformes nécessaires pour de meilleurs équilibres sociaux. Si Charles-Henri Filippi existe et a pu publier ce livre bienfaiteur sur l’« argent sans maître », c’est qu’il n’est pas seul à être inquiet des dérives spéculatives qui, dans leur concurrence à l’échelle de la planète, mettent en cause jusqu’à son devenir.

Affronter l’incivisme et la déraison cupide des oligarques ne résulte pas d’un choix, mais d’une nécessité : il est impératif de les neutraliser. Sinon, de nouvelles crises financières mondiales surviendront. Au mieux, elles seront une fois de plus à la charge de la majorité des Français, avec de nouveaux impôts, un gel des salaires, des retraites et des dépenses publiques. Au pire, ce sera le chaos. Il est impératif et urgent de casser le cycle infernal. « Pour tenter de prévenir les crises, écrit le journaliste Hervé Kempf, il faut […] collectivement décider de choix difficiles, sans quoi les désordres qui surviendront trouveront une réponse despotique. Il nous faut d’urgence revitaliser la démocratie, relégitimer le souci du bien commun, réexaminer l’idée du destin collectif note. »

À défaut de la nationalisation de l’ensemble des établissements bancaires, la mise en place d’un pôle financier public, constitué autour des Caisses d’épargne et des Banques populaires et de BNP Paribas, permettrait à l’État de lever les fonds nécessaires au financement d’une politique de long terme pour rétablir les services publics et sociaux mis à mal de manière systématique depuis l’arrivée de Nicolas Sarkozy à l’Élysée.

La séparation des banques de dépôt d’avec leurs activités de gestion et d’investissement permettrait de nationaliser la partie la moins spéculative de la finance. Ce qui serait une solution de rechange tout à fait saine. Ainsi, les salaires des ouvriers et des employés ne seraient plus mis en danger ni exploités par le secteur spéculatif, celui-ci n’y ayant plus accès. En cas de nouvelle crise financière, Nicolas Sarkozy ne pourrait plus arguer de la mise en danger des dépôts modestes pour inonder de prêts publics les banques en difficulté.

Supprimer la Bourse et limiter le cumul des mandats dans les conseils d’administration

Frédéric Lordon en a fait la proposition dans Le Monde diplomatique de février 2010. « La Bourse, écrit-il, est devenue une machine à fabriquer des fortunes. Et c’est tout. Bien sûr, pour ceux qui s’enrichissent, ce n’est pas négligeable. Mais pour tous les autres, ça commence à suffirenote. »

L’existence de la Bourse semble aller de soi. Pourtant, elle est relativement récente, n’apparaissant qu’au XVIIIe siècle. C’est une construction sociale destinée à soutenir la croissance économique en drainant une épargne disponible pour les besoins des entreprises. Les petites et moyennes entreprises, qui représentent beaucoup d’emplois, s’en passent très bien : elles ne sont tout simplement pas cotées.

L’objectif de la Bourse a été complètement perverti. Frédéric Lordon estime que « ce n’est plus la Bourse qui finance les entreprises, mais les entreprises qui financent la Bourse », par le prélèvement des dividendes sur les richesses produites et par le rachat des actions par l’entreprise elle-même pour en soutenir les cours. « Dorénavant, ce qui sort des entreprises vers les investisseurs l’emporte sur ce qui fait mouvement en sens inverse », conclut Frédéric Lordon. Ainsi, France Télécom, selon un communiqué du syndicat CFE-CGC-Unsa du 4 juin 2010, a non seulement versé des « dividendes, au titre de l’année 2009, supérieurs aux bénéfices de l’entreprise », mais celle-ci a en outre perdu « 250 millions sur le marché des changes liés à son obligation d’emprunter pour financer le paiement anticipé des dividendes ».

La fermeture de la Bourse ne présenterait donc pas d’inconvénient économique, bien au contraire : les exigences de plus en plus élevées de rentabilité sont un frein à l’innovation et à l’investissement d’une part des bénéfices dans le développement de l’entreprise.

Il y a plus : la Bourse joue un rôle néfaste dans les représentations de l’économie, en y faisant passer au second plan le travail productif. « La Bourse, écrit encore Frédéric Lordon, comme miroir à la fortune, aura été l’opérateur imaginaire aux effets bien réels, du déplacement des normes de la réussite monétaire, et il n’est pas un ambitieux dont le chemin ne passe pas par elle – pour les autres, il y a le Loto, et pour plus personne en tout cas, rapporté à cette norme, le travail. Aussi la Bourse a-t-elle cette remarquable propriété de concentrer en un lieu unique la nocivité économique et la nocivité symbolique, en quoi on devrait voir une raison suffisante d’envisager de lui porter quelques sérieux coups. »

Pour que les mesures d’assainissement de la planète finance puissent être réellement mises en application, il est impérieux de réduire l’omnipotence de l’oligarchie qui occupe les postes de pouvoir dans les conseils d’administration des grandes entreprises industrielles et bancaires. Limiter le cumul des mandats d’administrateur, voire les réduire à un seul mandat par personne, ne suffirait certainement pas à dissoudre l’oligarchie financière, mais rendrait son fonctionnement moins souple, moins réactif, les contacts étant moins fréquents et les prises de décision se faisant de manière plus éclatée.

Ces propositions ne sont pas celles d’intellectuels irresponsables, elles rejoignent les réflexions menées au sein du groupe « gauche démocratique et républicaine », auquel appartient Jean-Pierre Brard. Au cours de l’entretien qu’il nous a accordé, il souligne que l’État devrait « faire jouer la puissance actionnaire à son profit en siégeant activement dans les conseils d’administration des sociétés où il est présent », qu’il soit majoritaire ou non. Ces actions détenues par l’État, il serait souhaitable de les « rendre inaliénables par la loi ». Au lieu de vendre les bijoux de famille, il s’agit bien au contraire de protéger ces placements qui sont un moyen d’agir au sein des grandes entreprises. Au plus fort de la crise financière et bancaire de 2008, le groupe parlementaire a proposé une fermeture provisoire de la Bourse, afin de pouvoir réorganiser les marchés financiers, de façon à en assurer solidement la régulation. Pour ce qui est des agences de notation, Jean-Pierre Brard est partisan de les transformer en agences publiques.

Un impôt progressif, prélevé à la source, sur tous les revenus : activité et capital

Pour Nicolas Sarkozy, il existe un tabou en politique, un acte considéré comme sacrilège, impur, inenvisageable : augmenter les impôts des riches. Évidemment, taxer les amis, ça n’entretient pas l’amitié.

La complexité de la fiscalité française, l’empilement des mesures dérogatoires demanderaient une refonte globale. Deux principes pourraient inspirer cette réforme en profondeur. La retenue à la source devrait être systématique, que ce soit pour les impôts ou pour les contributions sociales et ce, quelle que soit l’origine de ces revenus et leur niveau. Tous feraient l’objet d’une seule imposition progressive avec une augmentation du nombre des tranches. Un taux de 90 % sur la dernière tranche rendrait très progressif l’échelonnement de cette imposition qui serait dissuasive pour les conduites addictives envers l’argent. La TVA, impôt indirect des plus injuste puisque acquitté par tous quel que soit le revenu, devrait être supprimé, chaque citoyen pouvant ainsi mieux apprécier sa contribution à la bonne marche de la société.

Ces mesures simples auraient l’avantage, en empêchant tout centime d’euro d’échapper à l’impôt et aux contributions sociales, de régler le problème récurrent des niches fiscales et des paradis fiscaux.

ÉPILOGUE : QUE FAIRE DES RICHES ?

La réponse tient en peu de mots : il faut faire des riches notre exemple. Leur puissance est due à leur solidarité. Elle est leur atout essentiel dans cette guerre des classes qu’ils sont en train de gagner. Une solidarité fondée sur la communauté des intérêts de ceux qui composent la classe, au-delà des concurrences marginales et des rivalités secondaires. Voilà de quoi inciter les vraies forces de gauche, multiples et divisées, à devenir unies et conquérantes. Autant d’inégalités et d’injustices ne peuvent être abattues sans créer une force homogène offensive.

Le collectivisme manifesté par les classes dominantes, la dispersion et les luttes internes des forces d’opposition, tel est le paradoxe de la France de Nicolas Sarkozy. L’individualisme positif des classes moyennes intellectuelles est au principe de cette mosaïque de partis, d’organisations, d’associations. Une force potentiellement considérable, mais éclatée, sans coordination ni dynamique d’ensemble. La guerre des petits chefs semble prendre le pas sur la guerre des classes. Un individualisme qui va de pair avec des revendications de liberté dans tous les domaines de la vie, mais en définitive beaucoup plus en homologie avec le système libéral et sa reproduction, dans la phase de folie financière qu’il traverse, qu’avec la contestation organisée de cette désorganisation sociale.

Un mouvement massif de désaffiliation est constaté en milieu populaire, après une période, celle des trente glorieuses, où les protections sociales et les formes collectives d’organisation (syndicats et partis) favorisaient le sens et la pratique des solidarités. Les masses populaires ne forment plus une classe consciente et unie, mais vivent un individualisme négatif où le chacun-pour-soi tend à dominer.

Ces individualismes, qu’ils soient positifs ou négatifs, sont en phase avec un capitalisme débridé, et comblent les attentes des classes dominantes qui ne demandent pas mieux que d’avoir affaire à des salariés désaffiliés, véritables électrons libres, taillables et corvéables à merci. Il est donc nécessaire et urgent de construire un front large, massif et solidaire pour contester l’oligarchie dont Nicolas Sarkozy est le représentant politique au sommet de l’État. Un front de propositions au service d’une société plus juste auquel nous avons tenté d’apporter notre contribution.

 

Publié par Frédéric Maurin à 23:22pm - Voir le commentaire ()
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