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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

28 Août 2011

L'Euro ou Le Pen ?

Même combat : la régression sociale.

Mais laisser au Front National le monopole de la sortie de l'Euro, après lui avoir abandonné le drapeau tricolore, est une erreur dangereuse.

Une erreur que s'apprête à commettre une gauche qui ne répondrait pas à cette question : Faut-il sauver l'euro ?

 

Un préalable, comme le rappelle ce site, délicieusement diabolique;  http://eldiablo.over-blog.org/:

Attention à ne pas mélanger deux choses : supranationalisme et internationalisme. L'union Européenne est une institution supranationale  et non internationale. L'internationale comme son nom l'indique exprime les relations, les échanges fraternels, équitables et anti-impérialistes, entre (internationale)les différentes nations (internationale).

Contrairement à la vieille rengaine, l'Europe ne fut jamais celle des peuples et ne tenta jamais de l'être. Elle répond à un besoin précis du patronat européen et mondial, réformer le cadre des structures de décisions politiques pour être mieux à même d'imposer la régression généralisée, la contre-révolution permanente.

Maintenant supposons qu'un président de gauche (au hasard François Hollande, à écouter les sondages du moment) mette en oeuvre une politique d'austérité sur le champ de ruine que laisse Sarkozy. Dans l'intérêt supérieur de l'Euro et - ou, plus précisément, de ceux qui en détiennent beaucoup. Alors se mettrait en place ce scénario:

Vers une conjonction Front National - UMP

dont je vous rappelle quelques extraits :

"Si le PS ne rompt pas avec la politique de supplétif qui a été la sienne quand il a voté le traité de Lisbonne, son candidat pourra bien l’emporter en 2012, mais il offrira un boulevard à la conjonction dès aujourd’hui probable du Front national et d’une droite rejetée dans l’opposition, et cela dès les élections municipales, régionales et départementales de 2014. En s’emparant des leviers de l’action locale, l’extrême droite s’approcherait alors du pouvoir de l’Etat. La France, pour le coup, en sortirait défigurée !"

Pour déjouer ce piège infernal, est-il envisageable de faire surgir d’ici à 2012 un candidat qui offre une alternative politique réelle à l’accrochage suicidaire de la France au pacte de Mme Merkel ?

Voir à ce sujet:  L'Euro-Deutschmark ?

 

Dans l'idée de lutter contre le Front National, la CGT a mis en place une série d'argumentaires synthétisés sur ce lien :

       http://www.cgt.fr/-Le-Front-national-ou-l-imposture,1406-.html

 ...ces documents méritent d'être lus et surtout diffusés auprès des intéressés (cela tombe bien, le vote FN se décomplexe!).

Mais...il y a un Mais. Un bémol de taille que met en évidence le PRCF  (http://prcf-38.over-blog.net/)

 

La direction de la CGT vient de diffuser un prétendu argumentaire anti-FN : "Le Front National ou l'imposture sociale".

Il n’y aurait qu’à se féliciter de cette initiative si le contenu de ce document ne contenait des propos qu’on pourrait croire tiré d’un argumentaire de l’UMPS !

Page 4 il est écrit que vouloir la sortie de l’UE est une position frontiste.

Ceci est scandaleux à deux titres :


Premièrement c’est faux, le FN est pour une « sortie concertée » de l’UE, ce qui veut dire rester dans l’UE car la concertation en question implique nécessairement  le statu quo, sauf à croire que Marine Le Pen convaincra Merkel de mettre fin à l’euro, qui avantage tant le grand capital allemand et ses exportations (l’euro fonctionne en réalité comme la zone réservée du mark).

 

L'Euro-Deutschmark ?


Deuxièmement les communistes de France, le PRCF en premier lieu et chronologiquement le premier mais aussi d’autres groupes communistes à l’extérieur comme à l’intérieur de PCF-PGE, sont pour la sortie de l’UE. D’autres forces progressistes sont aussi pour la sortie de l’UE : le MPEP, le POI, Valmy....et bien d’autres.

Amalgamer ainsi sortie de l’UE et  FN est un mensonge politique qui révèle, hélas, à quoi mène  l’alignement sur une internationale syndicale objectivement à la botte du grand capital, de son UE : la Confédération Européenne des Syndicats.

 

Page 6 aggravant son cas le texte de la direction de la CGT pourfend dans le FN « un farouche opposant de l’Union Européenne ». On croit rêver. Cauchemarder plutôt. Où sont passés les combats du syndicalisme de classe et de masse contre l’Europe capitaliste, où sont passés les positions de classe et de lutte de la grande CGT contre l’UE du capital, où sont passés les prises de position des Frachon, Séguy, Krasucki, contre cette construction anti ouvrière, anti populaire, anti patriotique ?

Abandonner le drapeau de l’indépendance nationale, du patriotisme populaire et républicain aux néofascistes plus ou moins mal camouflés, au FN de Madame Le Pen, c’est de la désertion pure et simple.


Enfin, c’est feindre de combattre le FN tout en le renforçant , y compris et surtout dans le cœur de notre classe, le prolétariat industriel : car aller défendre l’euro aujourd’hui à la porte d’une usine délocalisable (et quelle usine française ne l’est pas aujourd’hui ?), c’est ouvrir un boulevard au FN qui fait semblant d’être pour le « produire en France » alors qu’en 1986 ses députés ont voté l’Acte unique européen, rampe de lancement de Maastricht et de la monnaie unique. Qu’un syndicat ouvrier ne défende même pas les conditions même de l’existence de sa classe, LA PRODUCTION, qu’il ne remette même pas en cause le LIBRE ECHANGE MONDIAL, cet autre nom de la dictature mondiale des monopoles capitalistes qui permet de mettre en concurrence directe les salariés, c’est cela la cause n°1 de la montée du FN dans les milieux ouvriers désespérés parce que massivement déclassés et menacés de marginalisation sociale dans leur propre pays (et disant cela, nous incluons bien entendu les ouvriers immigrés dans les salariés intéressés par le maintien du « produire en France »).


C’est aussi déserter l’internationalisme car le syndicalisme de classe existe. Il se renforce, comme le Congrès de la FSM (Fédération Syndicale Mondiale) de cette année à Athènes l’a amplement démontré malgré le silence honteux des bureaucraties anti syndicales de la CES et des ses affidés. Le syndicalisme qui n’a pas déserté, qui n’a pas muté, qui n’a pas renié la lutte de classes  au profit  du syndicalisme « d’accompagnement » avec le « partenaire » patronal, le vrai syndicalisme, comme celui qui anime les luttes du peuple grec avec le PAME, messieurs de la direction de la CGT, exige la sortie de l’UE !

 

Oui, le mouvement communiste, oui le mouvement syndical sont les forces qui  sont « les farouches opposants de l’UE ». Certainement pas les nervis du patronat, les groupes d’extrême-droite d’Europe et les pouvoirs réactionnaires qui sont des eurolâtres farouches avec le syndicalisme d’opérette de la CES. Prendre au sérieux la démagogie de l’extrême-droite, cautionner son faux et mensonger anti européisme c’est lui permettre d’être crédible aux yeux des travailleurs qui, fort justement, rejettent cette UE de malheur. Que des dirigeants de la CGT se livrent à ce jeux là est lamentable et révélateur des errements où mène l’abandon des fondamentaux du syndicalisme qui firent les grands jours de la CGT.


Mais les militants syndicalistes de France ne baissent pas les bras. Ils s’organisent pour refuser cette dérive des organisations syndicales. Ils luttent et trouvent le chemin de l’organisation pour le syndicalisme de lutte et de classe, comme les militants du Front Syndical de Classe (FSC). Ils renouent avec l’internationale syndicale de combat du monde ouvrier, la FSM.


Les vrais communistes prendront toute leur part dans ce combat contre le capital et contre l’UE, il y va de l’avenir de la classe ouvrière et la sauvegarde de la nation.

 

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Publié par Frédéric Maurin à 21:33pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

28 Août 2011

Pour un Front de Gauche pluraliste

...cette lettre n'est pas une pétition mais rien ne vous empêche de la diffuser. Il semble en effet difficile, même pour les organisations de la "gauche de gauche", de parler de l'Euro, si l'on en croit ce qui suit :

 

Le M’PEP a adressé il y a quelques jours cette lettre destinée aux représentants des organisations membres du Front de gauche à l’échelle nationale.

 

LETTRE DU M’PEP AUX DIRIGEANTS DU FRONT DE GAUCHE

Cette lettre est destinée aux représentants des organisations membres du Front de gauche à l’échelle nationale :

  • Yann Cochin pour Convergences et alternative (C&A)

  • Pierre Cours-Salies pour la Fédération pour une alternative sociale et écologique (FASE)

  • François Calaret pour la Gauche unitaire (GU)

  • Francis Parny pour le Parti communiste français (PCF)

  • Eric Coquerel pour le Parti de gauche (PG)

  • Lucien Jallamion pour République et socialisme (R&S).

Le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP) renouvelle sa demande de rejoindre le Front de gauche. À l’approche d’échéances électorales importantes, la gauche de gauche – la vraie gauche ! - doit se rassembler dans la diversité de ses composantes, au-delà de ses désaccords. Il faut, en effet, construire une force qui compte à la gauche du Parti socialiste.

Notre Mouvement, dès l’origine, a salué la création du Front de gauche. Il a participé, à ses côtés, aux campagnes électorales de 2009 (européennes), de 2010 (régionales) et de 2011 (cantonales) en ayant même des candidats sur les listes du Front de gauche. Pour les élections de 2012, notre organisation reste disponible et considère que tout sectarisme doit être banni, que la priorité doit être donnée à l’union de la gauche de gauche.

Le Front de gauche, pour l’instant, refuse l’entrée du M’PEP au motif, principalement, que le Front de gauche ne veut pas sortir de l’euro alors que le M’PEP prône une sortie de gauche de l’euro. De même le Front de gauche espère faire évoluer l’Union européenne de l’intérieur, alors que nous pensons qu’il faut désobéir à l’Union européenne et ne pas craindre de prendre des mesures unilatérales pour appliquer une politique de gauche, maintenant, en France.

Nous sommes sûrs que ces difficultés peuvent être surmontées et que le patrimoine politique qui nous rassemble devrait l’emporter. D’autant que, depuis trois ans, des sondages montrent qu’environ la moitié de l’électorat du Front de gauche, du NPA et de LO est favorable à la sortie de l’euro. Comme le Front de gauche a l’ambition de rassembler toute la gauche de gauche, il serait logique qu’il tente de converger avec ce courant d’idées qui ne cesse de croître avec la crise.

Nier cette réalité que chacun peut constater dans les échanges de la vie quotidienne et militante peut priver le Front de gauche d’une véritable dynamique politique pourtant indispensable aux changements escomptés.

Bien évidemment, le M’PEP n’a pas la prétention de représenter toutes les forces qui luttent pour une sortie de gauche de l’euro, considérant ainsi qu’elles sont fidèles aux « non » à Maastricht en 1992 et au « non » au projet de traité constitutionnel européen en 2005. Mais l’entrée du M’PEP au Front de gauche serait un signe très positif donné à cet électorat dont une partie risque de faire défaut au Front de gauche si ce dernier persiste dans son refus de le reconnaître.

Nous ne nourrissons pas non plus l’illusion de pouvoir convaincre les directions du PCF et du PG qu’il est nécessaire de préparer une sortie de gauche de l’euro. Toutefois, nous n’avons pas l’intention de renoncer à nos convictions. Mais nous sommes persuadés qu’un équilibre peut être trouvé dans l’organisation du Front de gauche pour respecter toutes les sensibilités qui y seraient rassemblées. La crainte que le Front de gauche se présente devant les citoyens avec des points de vue différenciés sur des sujets importants comme l’analyse de l’Union européenne, troublant les électeurs, n’est pas fondée. Nous sommes au contraire certains que les électeurs apprécieront que le Front de gauche soit véritablement un front et qu’il accepte en son sein la diversité et le pluralisme. Ce ne sera pas un handicap, mais un atout, un signe d’ouverture.

Le M’PEP n’est pas pour le tout ou rien. Il est prêt à soutenir le programme du Front de gauche dans la mesure où ce dernier constituerait un pas en avant vers la mise en œuvre de politiques vraiment de gauche. Il renouvellera, à cet égard, dans les jours qui viennent, ses propositions d’amendements à ce programme. Notre Mouvement souhaite donc rencontrer les dirigeants de C&A, de la FASE, de GU, du PCF, du PG, de R&S, pour étudier les conditions de son entrée au Front de gauche. Nous souhaitons que chaque organisation réponde à notre demande.

Le Conseil national du M’PEP, 17 août 2011.

 

RAPPEL : LISTE DES DOCUMENTS PUBLICS DECRIVANT LES RELATIONS ENTRE LE M’PEP ET LE FRONT DE GAUCHE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   

Publié par Frédéric Maurin à 20:44pm - Voir le commentaire ()
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26 Août 2011

La gauche est-elle à La Rochelle?

Posée comme cela, la question peut sembler idiote.

Mais quand on observe un résidu du service public de l'information (oui, j'assume, j'ai regardé France 2!), la réponse ne fait aucun doute : la gauche est aujourd'hui à La Rochelle puisqu'il s'y tient... l'université d'été du PS.

Fidèle à son devoir de vérité, ce bloc-note se doit donc de vous l'annoncer : la gauche est plus à l'Est !

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Plus à l'Est! Cherchez plus l'Est, vous-dis-je...

Bon, il y a néanmoins quelques abscences regrettables, (ici par exemple : M'PEP - Lettre du M'PEP aux dirigeants du Front de gauche) mais en attendant des jours meilleurs, voici le programme :

Vous trouverez ci-dessous, les informations concernant le "Remue-Méninges", coorganisé par l'ensemble des formations du Front de Gauche qui se tient ce week-end à St Martin d'Hères.

 
Source :

Le Remue-méninges à gauche, c'est parti ! | PLACE AU PEUPLE ...

Vendredi 26 août de 14h30 à 16h30

Le modèle du foot-spectacle est-il l'avenir du sport français?

Avec des syndicalistes SNEP FSU, Jean-François Davoust, chargé du dossier sport à la CGT, ( http://www.cgt.fr/  )Jean-Paul Krumbholz, Secrétaire général du SNAPS UNSA, Patrick Braouezec, député (FASE http://lafederation.org /), William Gasparini (Sociologue du sport, professeur à l’université de Strasbourg), une représentante de "femmes solidaire" et de l'appel "à la Télé pas de filles hors-jeu ", Catherine Louveau (professeure Paris XI Orsay, chercheuse), Eric Coquerel (SN du PG  http://www.lepartidegauche.fr/  )

Victimes des banques, unissons-nous !

Avec Christophe Faverjon (porte-parole de collectivités victimes des crédits toxiques), Alain Bousquet (avocat spécialisé), Jean-Claude Branchereau (CGT Banques), animé par Guillaume Etiévant (président de la commisison économie du PG)

Internet : si tout était gratuit, quelle économie de la création?

Avec Maxime Rouquet (Président du Parti Pirate  http://partipirate.org/ ), Label Fair Play, Danièle Boursier (Creative Commons http://fr.creativecommons.org/  ), Pierre Cattan (5e étage productions), Agnès Tricoire (sous réserves), un syndicaliste ayant participé aux discussions sur les droits numériques et la BD

Faut-il faire la guerre aux journalistes ?

Avec Denis Sieffert (Politis  http://www.politis.fr/  ), Edwy Plenel (Médiapart  http://www.mediapart.fr/  ), Dominique Pradalié (Secrétaire Générale du SNJ http://www.snj.fr/ ), François Delapierre (PG), Nordine Nabili (Bondy Blog  http://yahoo.bondyblog.fr /)

Contre le fatalisme, vive le protectionnisme !
Atelier organisé par Fakir   http://www.fakirpresse.info  Eh oui,  DSK : pourquoi on n'en veut pas ?   c’est eux !):   

Avec François Ruffin, Morvan Burel (Sud douanes  http://www.solidaires.org/ ), animé par Laurence Sauvage

Situations de handicap, dépendance et autonomie

Avec Karim Felissi (FNATH  http://www.fnath.org/ ) et Vincent Assante

Le féminisme peut-il devenir politiquement correct ?

Avec Magali de Haas (Osez le féminisme  http://www.osezlefeminisme.fr/ ), Josette Trat (sociologue), Clémentine Autain (FASE, co-directrice de Regards  http://www.regards.fr/ ), Thomas Lancelot (Mixcité http://www.mix-cite.org/  )

La Françafrique aujourd’hui

Avec Nicolas Sersiron (Comité pour l'Annulation de la Dette du Tiers-Monde http://www.cadtm.org/  ), Thomas Borrel (Survie  http://survie.org/ ), animé par Danielle Obono

Les leviers pour une Ecole de la transformation sociale, écologique et démocratique

Avec François Cocq (PG), Bernard Calabuig (FASE) et José Tovar (PCF  http://www.pcf.fr/), auteurs de « Faites chauffer l'Ecole » (Syllepse 2011), Roland Hubert, co-secrétaire général du SNES-FSU, Bertrand Geay, sociologue de l'éducation, professeur à l'Université de Picardie, Mathieu Glayman, parent d'élève et animateur de la lutte d'Epinay-sur-Seine, Dominique Nussard, trésorière de la FCPE (http://www.fcpe.asso.fr/ )

Atelier pratique : L'éducation populaire : c'est quoi, pourquoi, comment l'incarner dans nos pratiques ?

Projection de la conférence gesticulée de Franck Lepage, de la scop d'éducation populaire Le pavé, "incultures 1 : l'éducation populaire, Monsieur, ils n'en n'ont pas voulu..." et débat avec des militants de l'éducation populaire et de la désobéissance civile autour du thème des pratiques militantes incluantes

http://www.scoplepave.org/

Vendredi 26 août de 17h00 à 19h00

Quelles voies pour le plein emploi ?
Atelier organisé par Contretemps

Avec Michel Husson (économiste), Stéphanie Treillet (économiste, Convergences et alternative), Yves Dimicolli (économiste et dirigeant de la commission économie du PCF), animé par Louis-Marie Barnier (sociologue, syndicaliste)

Peut-on combattre la corruption sans affronter l’oligarchie ?

Avec Monique et Michel Pinçon Charlot (sociologues), Olivier Toscer (journaliste), Eric Alt (magistrat), animé par François Delapierre

Comment la télé publique peut-elle être différente des autres ?

Avec Marc Endeweld, auteur de « France Télévisions Off The Record, Histoires secrètes d'une télé publique sous influences » et Jean-François Téaldi (grand reporter et Responsable de la Commission médias au PCF)

Quelles politiques publiques pour l''économie sociale et solidaire?

Avec Jean-Louis Laville, chercheur en sociologie au CNAM, fondateur de l'Université populaire et citoyenne, Martine Billard, présidente du PG, Didier Minot, président de RECIT (Réseau des écoles de citoyens, et animateur du Collectif des associations citoyennes), Zinn-Din Boukkenaïssi, délégué national du CNLRQ (réseau national des régies de quartier), Guillaume Chocteau, délégué général de Ressources solidaires, Michel Rohart, directeur de l'UR SCOP Rhône-Alpes, Olivier Azam, réalisateur audiovisuel (SCOP Les Mutins de Pangée), animé par François Longérinas (secrétaire national du PG)

La gauche et les mouvements sociaux face à la crise européenne
Atelier organisé par Transform, revue et réseau européen

Avec Walter Baier, Autriche, coordinateur de Transform!, Elisabeth Gauthier, Espaces Marx, Transform !, Gerassimos Moschonas, politologue, université du Panthéon, spécialiste de la social-démocratie européenne, Christophe Ventura (SN du PG), Michel Rousseau (Euromarches), animation Céline Meneses

Où va la droite ?

Avec François Calaret (GU), Matthias Tavel (PG), Edwy Plenel, Maya Surduts (CNDF)l

Créer c’est travailler. l’artiste, un travailleur

Avec Alain Hayot, délégué national à la Culture du PCF, Valérie de Saint-Do, rédactrice en chef Revue Cassandre/Horschamp, Jean-Michel Grémillet, directeur de théâtre, président de la commission culture du PG, François Clavier, comédien, Danièle Attala, spécialiste des arts plastiques

Réforme de la représentativité syndicale : vers une nouvelle « démocratie sociale » ?

Avec Karel Yon, sociologue, auteur avec Sophie Béroud d’une recherche menée auprès d’une douzaine d’entreprises tout au long de l’année 2010

Atelier argumentaire : déconstruire les préjugés racistes

Animé par Rokhaya Diallo, les Indivisibles

Vendredi soir :

21h : séance plénière d'accueil, suivie de :

Création de la pièce de théâtre de Frédéric Lordon, « D’un retournement l’autre »

Projection du Film de Perret « De mémoire d’ouvriers »

Initiative internationale : Dégage ! retour sur les révolutions arabes

Avec Yasmina Mabrouk (mouvement du 20 février, Maroc), Tahar Kalfoune (universitaire algérien), Cherif Ferjani (militant tunisien), Khattar Abou Diab (politologue), Aymen Belhadj (militant étudiant tunisien),
Salame Kiele (écrivain, militant palestinien réfugié en Syrie), Françoise Clément (économiste, spécialiste de l'Egypte), animé par Alain Billon et Francis Sitel, présidé par Marie-Christine Vergiat

Samedi 27 août de 10h00 à 12h00

Utopie et engagement

Avec Michelle Riot-Sarcey, historienne, atelier animé par Aigline de Causans

Comment sauver l’hôpital public ?

Avec André Grimaldi, professeur de médecine, Françoise Nay, présidente de la coordination de défense des hôpitaux et maternités de proximité, Vladimir Nieddu de Sud Santé sociaux, animé par Catherine Jouanneau

Pour une transition écologique et sociale de l’agriculture, créons 500 000 emplois agricoles

Avec Jean-Christophe Kroll, économiste et professeur à l'ENESAD et Jean Mouzat, président du MODEF et Angélique Berthollier, paysanne travaillant en AMAP, vice-présidente de l'Alliance Paysans-Ecologistes-Consommateurs de Rhône-Alpes, animé par Laurent Levard

Construire la gratuité économiquement, écologiquement et politiquement
Atelier organisé par le Sarkophage  http://www.lesarkophage.com/

Avec Paul Ariès, directeur du Sarkophage, Baptiste Mylondo, Jean-Louis Sagot-Duvauroux, auteur de « Pour la gratuité », Corinne Morel-Darleux (SN du PG), Gabriel Amard (président des Lacs de l'Essonne)

Syndicalisme et politique

Avec Roger Martelli (historien, co-directeur de Regards), Jean-François Tealdi (CGT) et Eric Beynel (membre du secrétariat natioanal de Solidaires), animé par Yann Cochin et Jean-Claude Mamet

La famille, une valeur de droite?  Politiques familiales et nouvelles parentalités"

Avec Jean-Charles Lallemand, Clémentine Autain, Pascale Le Néouannic, Delphine Beauvois, Nicolas Gougain, porte-parole de l'inter-LGBT, Marion Gret, membre du CA de l'APGL (association des parents et futurs parents gays et lesbiens)

L’euro est-il réformable ?

Avec Michel Husson, Stéphanie Treillet et Jacques Généreux (économistes)

Rompre avec les logiques actuelles des politiques migratoires en France et en Europe

Avec Richard Noyon de RESF,  Mody Sacko du mouvement de grève des travailleuses et travailleurs sans papier, Tarek Ben Hiba de la FTCR sur la question des migrants tunisiens, Jérome Martinez de la Cimade et Mylène Stambouli de la LDH, co-animé par Isabelle Lorand (PCF) et Danielle Simonnet (PG)

Le service public pour un autre partage des richesses

Avec Jean-Michel Drevon (syndicaliste), Bernard Defaix (Convergence pour la sauvegarde et le développement des Services Publics), Pascale Le Néouannic (SN du PG) et Magali Escot (responsable services publics du PG)

Sous-traitance et privatisation du nucléaire : on ne bricole pas avec le nucléaire

Avec Anne Debregeas (syndicaliste EDF), Michelle Ernis (GU), Philippe Billard (syndicaliste CGT, salarié d’un sous-traitant dans le nucléaire)

Atelier pratique : construire des Assemblées citoyennes du Front de Gauche, ouvertes et dynamiques

Comment créer des Assemblées citoyennes du Front de gauche ? Comment rassembler les conditions pour que le plus grand nombre y participe ? Comment animer les réunions de façon à garantir l'implication de ce plus grand nombre ? Comment impliquer les participants, leur donner envie de revenir ? Comment éviter les prises de pouvoir implicites (érudits, grandes gueules, hommes…) ?
Animé par Tifen Ducharne

Samedi 27 août de 14h30 à 16h30

Quelle gestion publique de l’eau ?

Avec Gabriel Amard, président de la régie Eau des Lacs de l’Essonne, auteur de ''L'eau n'a pas de prix, vive la régie publique'', Odile de Korner responsable des commissions thématiques Aqua publica europea ,ancienne directrice de Eau de Paris, Eric Grasset Président de la régie des eaux de Grenoble, Jean-Luc Touly syndicaliste Eau et conseiller régional Ile de France, Michel Partage Président de E.A.U conseiller général du Var, Gérard Piel conseiller régional PACA, en charge de l'espace public régional de l'eau, Danielle Mitterrand

Précarité : tous menacés ?

Avec Paula Gil, initiatrice de la manifestation de 400 000 personnes contre la précarité au Portugal, Pierre Concialdi, chercheur, auteur de « non à la précarité », Leila Chaibi, L’appel et la pioche, Pierre Cours-Salies (sociologue, FASE), Fatiha Chalal, déléguée syndicale centrale CGT de Carrefour Market

Comprendre et lutter contre le Fn de Marine Le Pen

Avec Armand Creus (GU), Baptiste Talbot (secrétaire général de la Fédération CGT des services publics), Luz Mora (syndicaliste membre de VISA) et Christiane Chombeau (journaliste), animé par Alexis Corbière (secrétaire national du PG)

Comment garantir les libertés sur le net ?

Avec Benjamin Bayart, expert en télécommunications, président de la fédération FDN, plus ancien fournisseur d’accès à internet, Axel Simon (Quadrature du net), Tangui Morlier, président d’APRIL, animé par Sophie Duvauchelle

La justice, une arme contre les pauvres ?

Avec Evelyne Sire-Marin (magistrate), Gilles Sainati (magistrat), Céline Curt (avocate); Xavier Lameyre (magistrat), animé par Hélène Franco

Mai 1981 : 30 ans après, quel bilan raisonné ?

Avec Francis Sitel (dirigeant de la LCR en 81), Michel Duffour (dirigeant du PCF en 81) et Alain Billon (élu député PS en 1981)

Quelles politiques de coopération ?

Avec Gus Massiah et Emmanuel Poilane (Fondation France Libertés)

Quelles marges de manœuvre pour une politique de rupture dans le cadre de la mondialisation ?

Avec Michel Husson, Jacques Généreux (économistes) et Pascal Franchet (vice-président du CADTM France), animé par Stéphanie Treillet

Molex : la lutte par ceux qui l’ont menée
Atelier organisé par Arcane 17

Animé par Marie-Pierre Vieu (éditrice, conseillère régionale, dirigeante PCF)

De l'hébergement d'urgence au logement durable : états des lieux, actions et perspectives

Avec Jean-Baptiste Eyraud (DAL), Annabelle Quillet (Groupement Pour la défense du travail Social), Margaux Leduc (Jeudi Noir) animé par Maël Gopfert et Romain BIessy

Atelier pratique : Animer une campagne populaire, partout et pour toutes et tous

Faire campagne dans une zone rurale ou un quartier populaire, oui mais comment ? Localement, on ne rencontre que des problèmes globaux. Quels sont les points particuliers du programme à décliner et comment ? Quelles sont les luttes dans lesquelles renforcer notre implication ? Quels sont tous les réseaux avec lesquels se mettre en relation ? Comment assurer la visibilité de nos orientations, donner envie de nous rejoindre ? Comment mettre de l'humour dans notre campagne, exister sur la toile et dans les médias et se construire sur le terrain ?
Animé par Danielle Simonnet (SN du PG)

Samedi 27 août de 17h00 à 19h00

Le travail peut-il tuer ?

Avec Dominique Huez, médecin du travail, association Santé et Médecine du Travail, Pierre Nicolas, CGT Renault Guyancourt, Ivan du Roy, journaliste, auteur d’Orange Stressée, journaliste à Bastamag, Eric Beynel, porte-parole de Solidaires, Martine Billard, présidente du PG

Qui menace la paix ?

Avec Alain Joxe, spécialiste de géopolitique, auteur de « l’Empire du chaos », Raquel Garrido, avocate, secrétaire nationale du PG, Janette Habel, universitaire, Denis Sieffert (Politis)

Les femmes face à la crise

Avec Christiane Marty (Attac), Stéphanie Treillet (économiste, Convergences et alternative), Josée Pépin (collectif Tenon), Maya Surduts (CNDF), une représentante de Femmes égalité

La pensée critique aujourd’hui

Avec Razmig Keucheyan, François Cusset, Roger Martelli, Jacques Généreux, Christophe Ventura, animé par Clémentine Autain

La démondialisation ?
Atelier organisé par Mémoire des Luttes

Avec Bernard Cassen, Gus Massiah et Nicolas Béniès

Désir individuel et conscience collective
Atelier organisé par Omos

Avec Pierre Zarka et Bénédicte Goussault

La Palestine aujourd'hui: quelle solidarité internationale?

Avec des extraits du Film Iron Wall, Laurence Pache (PG, participante de la flottille pour Gaza), Jean-Claude Lefort (président de l'AFPS, député honoraire PCF)

Résistances sociales et engagement politique
Atelier organisé par Espaces-Marx

Avec Patrice Cohen Seat (PCF, Espaces Marx), Evelyne Sire-Marin (Copernic) et Francis Sitel (GU), animé par Karel Yon

La science fait-elle société ?

Avec Lionel Larque, animateur national des Petits débrouillards, Elisa Martin (PG), Rachid El Guerdjouma, vice-président d'université (sous réserves), Béatrice Janiaud (Fondation Sciences citoyennes)

Samedi 22h: soirée festive avec les Barbarins Fourchus

Dimanche 28 août à 10h:
Séance de clôture "nos réponses face la crise" avec les responsables des formations du Front de Gauche et conclusion par le candidat commun à l’élection présidentielle, Jean-Luc Mélenchon

Publié par Frédéric Maurin à 19:54pm - Voir le commentaire ()
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23 Août 2011

L'Euro-Deutschmark ?

... la monnaie d'une Europe de plus en plus "germano-centrée" pour reprendre l'expression de Chevènement ?

Source:

http://www.chevenement.fr/La-France-est-elle-finie_a1027.html

L’euro est un deutschemark déguisé

 

Source :

http://www.m-pep.org/spip.php?article2340

La guerre économique est un élément majeur de l’ordre économique néolibéral. Elle fait rage et peu de forces politiques songent à y mettre fin. L’Allemagne est à la pointe de cette guerre au sein de l’espace européen. Elle profite de la dilution des souverainetés nationales des États voisins dans les traités européens pour développer la sienne et asseoir sa domination économique.

Premier constat : les programmes du Front national, de l’UMP et du Parti socialiste, ne rompent aucunement avec cette dynamique infernale. Bien au contraire, fascinée par le vainqueur du moment, l’Allemagne, ils prétendent relever l’économie française en s’inspirant de son agressivité. La « compétitivité » de la France reste pour eux un objectif pour pouvoir « conquérir » des marchés dans d’autres pays.

Second constat : même lorsqu’ils prétendent remettre quelques barrières douanières - étant donné les dégâts provoqués par 30 ans de dérégulation - ils n’envisagent pas un instant d’en établir avec l’Allemagne. Pourtant, la France a un important déficit commercial avec cette nation dont la position économique est favorisée par les traités européens.

La domination exportatrice allemande

En 2010, la France connaissait un déficit de sa balance commerciale de 67 milliards d’euros. Sur cette somme, il faut compter 27 milliards de pétrole brut, 12 milliards de gaz et 10 milliards de produits du raffinage du pétrole, soit 49 milliards d’euros quasiment incompressibles. En 2009, l’Allemagne avait 28 milliards d’excédents commerciaux avec la France. C’est-à-dire un quart du déficit.

L’Allemagne pratique le dumping social

D’où vient cette domination allemande dans ses échanges commerciaux avec la France ? La politique des dirigeants allemands repose sur deux piliers :

  • le premier est la déflation salariale, c’est-à-dire l’écrasement des salaires des travailleurs allemands. Les salaires des ouvriers ont été bloqués pendant dix ans et leurs acquis sociaux ont été rognés de toute part, dans le but de baisser les prix des produits. Cette politique a fortement contribué à appauvrir la classe ouvrière et à la précariser : durant cette période, les augmentations nominales de salaires ont été de 27 % en moyenne dans l’ensemble de la zone euro contre 7 % en Allemagne.

  • le deuxième pilier est la stratégie des entreprises allemandes (soutenue par les gouvernements successifs) consistant à développer l’importation de biens intermédiaires bon marché en provenance des PECO (pays d’Europe centrale et orientale), zone traditionnelle d’influence de l’Allemagne. Il s’agit de pays à bas salaires et à monnaie faible. Ainsi, près de 50% des exportations allemandes comprennent une quote-part de valeur ajoutée étrangère. Pour preuve, si l’Allemagne est en excédent de 28 milliards d’euros avec la France, elle est en déficit avec la Hongrie (2,1 milliards), la République tchèque (1,9), la Slovaquie (0,8) ! L’Allemagne est également en déficit avec la Russie (4,5 milliards) et la Chine (19,4). Elle n’est en excédent qu’avec le Brésil (0,1) et l’Inde (3). Au total, 43% des exportations allemandes se dirigent vers la zone euro grâce à ce tour de passe-passe. Cela constitue ni plus ni moins qu’une délocalisation massive de sa production.

Ce constat est également établi par la Banque de France (rapport n°73, mai-juin 2008) : « L’Allemagne a fortement augmenté la part de ses importations de biens intermédiaires (pièces et composants des biens d’équipement, pièces et composants pour équipements de transport, fournitures industrielles manufacturées) dans les pays à bas coûts, particulièrement dans les PECO. Elle a ainsi bénéficié d’un gain de compétitivité-coût qui pourrait expliquer une part de sa superperformance exportatrice depuis 2000 par rapport, notamment, à la France. »

En définitive, la déflation salariale et les délocalisations allemandes sont équivalentes à une dévaluation déguisée et unilatérale de l’euro pour l’Allemagne. Depuis l’avènement de la monnaie unique, il n’est plus possible de dévaluer dans un seul pays de manière directe pour gagner en compétitivité. La pression sur les salaires et les délocalisations deviennent la variable d’ajustement. Il est cependant presque impossible pour les pays les moins riches de la zone euro (notamment les pays du sud de l’Europe) de faire comme l’Allemagne, car les salaires et les protections sociales sont déjà moindres. Ces pays voient donc leur balance commerciale devenir gravement déficitaires. Ce déficit creuse la dette des États... on connaît la suite.

L’Allemagne est le principal bénéficiaire du fonctionnement actuel de l’Union européenne

Au début de la construction de l’Union européenne, tous les pays n’étaient pas sur un pied d’égalité. L’Allemagne dominait légèrement l’économie européenne. Même s’il est vrai que sa balance commerciale avec la France était à peu près à l’équilibre, elle disposait d’un tissu industriel plus solide. Cette situation s’explique en partie par l’Histoire industrielle de ce pays, depuis les débuts de l’ère industrielle, mais également parce que la République fédérale d’Allemagne (RFA) a joué le rôle de vitrine économique du modèle capitaliste pendant la Guerre froide. Elle avait bénéficié à ce titre d’importants capitaux américains et internationaux. Par ailleurs, ayant perdu la guerre, il lui avait été interdit de se remilitariser, ce qui signifie que d’importants crédits ont pu profiter à l’investissement dans l’appareil productif, alors que dans les autres pays l’arsenal militaire a absorbé d’importants moyens. Notons au passage que les mêmes conditions avaient été faites au Japon, l’autre grand perdant de la Seconde Guerre mondiale, avec les mêmes effets puisque son économie a été très forte à l’échelle planétaire pendant des décennies.

Cette position dominante a permis à l’Allemagne d’imposer les fondamentaux de l’Union européenne et de mettre les États au service de cette politique. La construction européenne s’est donc faite sur le modèle allemand. La Banque centrale européenne (BCE) est en réalité la Bundesbank et l’euro est le deutschemark.

  • La BCE pratique la politique de l’euro fort car l’Allemagne a besoin d’un euro fort pour pratiquer ses délocalisations/importations avec des pays dont les monnaies sont moins fortes et les salaires plus bas (elle fait fabriquer dans des pays à monnaie faible et vend dans la zone euro, monnaie forte). La politique de la monnaie forte était déjà celle du deutschemark. L’Allemagne avait déjà imposé à la Communauté économique européenne (CEE) une politique de monnaies fortes (« serpent monétaire européen » dans les années 80 et 90). Cette logique, appliquée aveuglément en France par les socialistes convertis aux thèses néolibérales, avait conduit à la politique du « franc fort » dans les années 90 (qui s’était traduite par la poussée un chômage).

  • La politique de la BCE repose sur le dogme de la chasse à l’inflation (et donc des « dettes »). Ce principe est une « tradition » allemande. Il a été institué suite au traumatisme qu’a connu ce pays dans les années 30. Bien entendu, pour que le taux de chômage n’explose pas, ce principe n’était tenable qu’à la condition que le pays soit commercialement très agressif. Pour un pays en situation de domination économique, avoir une monnaie forte revient donc à exporter son chômage (les excédents commerciaux créent de l’emploi dans le pays excédentaire et créent du chômage dans les pays déficitaires).

Les délocalisations allemandes profitent-elles aux PECO ?

Dans la période 2004-2008, les grands industriels allemands ont massivement investi en Slovaquie, pays dans lequel le salaire moyen était de 600€ et où le taux de chômage (15%) garantissait le maintien de ce bas niveau de rémunération. Des industriels français et coréens avaient également investi. Mais en 2009, le pays est passé à l’euro. Depuis, ces investisseurs sont partis voir ailleurs : la production a baissé de 27% (et de 47% dans l’automobile). Même régime pour la République Tchèque, les investisseurs sont partis en Roumanie, en Turquie et au Maroc. Pourtant, après passage à l’euro, le coût du travail dans ce pays reste trois fois inférieur à celui de l’Allemagne. Les bénéfices qu’il retire des investissements allemands sont donc très relatifs. La Slovaquie n’est donc pas près de devenir un concurrent de l’Allemagne dans la compétition économique ! Cependant, les pays qui souffrent le plus de la politique allemande sont les États méditerranéens.

L’Union européenne, un projet germano-centré

La domination allemande s’est construite avec l’Union européenne et parallèlement à elle. Le projet européen des années 90 se prétendait coopératif et solidaire, garant de la paix et de la prospérité. Mais il excluait d’emblée les pays méditerranéens de l’Europe.

« PIGS » est un acronyme formé par les mots Portugal, Ireland, Greece et Spain. Il signifie « cochons » et désigne - dans le délicat vocabulaire des leaders allemands - les pays de l’Europe du Sud. Cette désignation n’a pas seulement un rapport avec le niveau économique de ces pays. En effet, alors que l’Allemagne n’a jamais voulu des pays méditerranéens dans la zone euro, elle a milité pour l’extension de la zone euro vers l’Europe centrale et l’Europe de l’est, des pays dont les économies sont également éloignées du niveau allemand. Comment expliquer cette stratégie ?

Avec la réunification, dans les années 90, l’Allemagne était un jeune État plurinational ; un État « pluriel ». Il regroupait des régions dont les différences étaient plus marquées qu’entre les provinces françaises. En effet, la France est une nation séculaire alors que les tentatives de Reich allemand ont échoué et ont retardé l’intégration nationale.

Le projet allemand pour l’Europe, au moment de la création de l’espace économique européen, devait lui apporter des réponses en termes de cohérence territoriale. Un tel projet avait besoin d’un élément structurant. Une Europe à caractère fédéraliste répondait à ce besoin de cohérence et la monnaie unique en était l’élément structurant. La monnaie unique était clairement une demande allemande.

Mais dans l’esprit des dirigeants allemands, l’espace d’intégration devait correspondre à l’espace historique de la Germanie comprenant l’Allemagne, la France, le Benelux et les pays d’Europe centrale. C’est en effet pour cet espace qu’avait été conçu l’Euro... on le voit bien aujourd’hui que surviennent les crises grecques, espagnoles, et portugaises. « Pas les pays du Club-Med ! » s’était exclamé en son temps le ministre allemand des finances. C’est Romano Prodi, alors président du Conseil, qui avait beaucoup insisté pour faire inclure l’Italie dans la zone euro. En effet, l’Italie risquait la déstabilisation et l’éclatement car le nord est depuis toujours tenté de se rapprocher de la zone d’influence allemande et de se débarrasser du reste. Cette brèche a ensuite permis aux autres pays méditerranéens d’entrer.

L’Allemagne ne coopère pas avec les autres nations européennes

Les choses ont beaucoup évolué depuis les années 90. Aujourd’hui, 70% de la population allemande estime que l’avenir de l’Allemagne ne passe pas par l’Europe. L’Allemagne se considère comme une grande puissance mondiale émergente et souhaite profiter de l’évolution du rôle économique de l’Asie. Elle souhaite également retrouver son tropisme historique vers l’est. Elle se rêve en « grande Suisse » ou en « petite Chine ». Elle ne porte plus guère d’intérêt à la géographie de ses voisins. Par exemple, elle a fait un revirement radical dans sa politique énergétique sans prendre en compte les intérêts de l’ensemble des pays européens, uniquement pour des raisons de politique intérieure. Lors de la crise en Libye, le pays a fait un choix en accord avec le comportement des partenaires économiques avec lesquels il a les échanges les plus dynamiques. Bref, l’Allemagne n’est pas en crise et n’a pas l’intention de continuer à payer les dettes des autres pays, elle souhaite que ces derniers quittent la zone euro. Du projet européen il ne reste finalement que ce qui peut servir de marchepied à ses nouveaux projets : le libre-échange.

L’Allemagne - contrairement à la France - n’a pas abandonné sa souveraineté

Dans quel contexte idéologique le projet d’Union européenne a-t-il germé en Allemagne tout aux long des décennies d’après-guerre ? Les Allemands ont une explication des causes de la Seconde Guerre mondiale qui est différente de la notre. Ils estiment que cette guerre est le produit des égoïsmes nationaux. Cette explication n’est pas acceptable car tous les pays n’ont pas eu une attitude belliqueuse à ce moment là. L’idée qui ressortait de cette conclusion (erronée) était donc qu’il fallait une Europe qui soit la plus fédérale possible de manière à garantir la paix. Un fédéralisme reposant sur l’affaiblissement des nations et la dilution de leur souveraineté. Cette vision des choses a clairement remis en cause le principe de l’État-nation, invention française et héritage de la Révolution de 1789. La France a donc renoncé peu à peu à sa souveraineté au nom de l’Europe.

Cependant, et paradoxalement, l’Allemagne n’en a pas fait de même ! En 2010, le tribunal constitutionnel de Karlsruhe, garant de la souveraineté allemande, a réaffirmé expressément la souveraineté allemande. Il a souligné dans l’un de ses arrêts qu’il n’y a pas de peuple européen, donc, par conséquent, pas de démocratie européenne possible puisque pas de souveraineté pouvant supplanter la souveraineté allemande.

Les dirigeants français, qui ont besoin de la crédibilité économique allemande à l’échelle internationale, ont donc dilapidé la souveraineté nationale dans le cadre de traités de libre-échange et de libéralisation. En effet, tels étaient les souhaits des marchés et des gouvernements allemands successifs navigant en fonction de leurs orientations. Le libre-échange implique, en théorie, que les pays renoncent à une partie importante de leur souveraineté. Mais les États dominants n’ont pas besoin de s’appliquer ce qu’ils exigent des autres (cf. les États-Unis) !

Pour des mesures protectionnistes au niveau national

Contrairement à ce qu’il prétend être, le projet d’Union européenne n’est pas un projet solidaire et coopératif à l’échelle du continent. Le tissu industriel français a grandement souffert du dumping allemand, mais aussi et surtout de la « stratégie » des leaders français dans la construction de l’Union européenne.

Comment modifier le rapport de force de manière à rétablir une concurrence moins faussée avec l’Allemagne ? On le voit bien, un protectionnisme purement « européen », tel qu’il est prôné par certains, serait inefficace puisque l’Allemagne fait du dumping social au sein même de l’Union européenne. Ainsi, même le discours du Front national, qui se prétend radical, perd toute sa crédibilité car il assure l’impunité de la politique agressive des dirigeants allemands en refusant toute mesure protectionniste avec ce pays.

D’autre part, toute mesure protectionniste doit avoir un caractère universaliste. Le M’PEP est solidaire des travailleurs allemands dans leurs luttes contre la casse sociale. Son combat les rejoint car le creusement des inégalités dans ce pays est – comme dans le notre – le résultat de la guerre économique néolibérale et de la captation des richesses par une partie de la population au détriment de l’autre.

La protection de l’économie nationale ne doit-elle viser qu’à rendre la France plus agressive dans la guerre économique ? La France doit-elle s’inspirer de la politique allemande ? Seule une logique nationaliste et pro-capitaliste peut défendre cette option. C’est celle défendue par le Front national (nous reviendrons sur cet aspect des choses dans une prochaine lettre d’information). Pour la vraie gauche, le modèle allemand devrait être un anti-modèle. Les mesures protectionnistes préconisées par le M’PEP ont – au contraire - un caractère internationaliste. Elles se veulent l’antithèse de la mondialisation en prônant la construction d’un nouvel ordre économique basé sur la solidarité et la coopération. Elles s’appuient sur la charte de La Havane qui vise à rétablir l’équilibre des balances des paiements de chaque pays.

Sources :

  • Jacques Nikonoff, « Sortons de l’euro », Mille et une nuits, 2011.

  • Marie-France Garaud dans l’émission de télévision sur France 3 « Ce soir ou jamais  » du 13 décembre 2010.

  • Jacqueline Hénard, « Que pense l’Allemagne ? », Kommunal-U.Schul-Vlg, juin 2011.

  • Conférence « Que faire de l’Union européenne », organisée par le M’PEP le 11 juin 2011.

  • M’PEP, « Verbatim de la confrontation Le Pen - Nikonoff sur France 2  », juillet 2011.

Publié par Frédéric Maurin à 00:10am - Voir le commentaire ()
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22 Août 2011

Enfin ! L'OTAN libère un peuple de son dictateur !

  Le titre, c'est évidemment du second degré. Ce qui importe, c'est d'ajouter au choc des photos, le poids des mots... Frappe en Libye : l'alibi humanitaire...

Malheureusement, il a tiré trop à droite :

sarkozy_kadhafi.jpg

Mais peut-on sérieusement reprocher à l'OTAN de tirer trop à droite ?

L'histoire étant écrite par les vainqueurs... on lui trouvera des circonstances atténuantes, voire même un alibi : Frappe en Libye : l'alibi humanitaire...

Publié par Frédéric Maurin à 19:23pm - Voir le commentaire ()
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6 Août 2011

Devoirs de vacances

 

 

Après avoir répondu à ces questions :   A qui profite la dette publique?   et, plus difficile Faut-il sauver l'euro ? ...il s’agira de préparer la rentrée.

Et la rentrée, c’est évidemment la fête de l’Humanité, la dernière avant les élections présidentielles, cette petite « fenêtre de tir » pour rompre avec l’Union pour une Minorité de Privilégiés.

3 jours de fête en zone libérée du sarkozysme avec, ceci explique cela, une programmation musicale qui vaut à elle-seule le détour (et qui coûte le modeste investissement de 20 euros l'entrée!).

Jugez-en par vous même :

Joan Baez,Yannick Noah, Sum 41, Bernard Lavilliers, The Ting Tings, Gaëtan Roussel, Patrice, Nolwenn Leroy, Soprano, Les Percussions de Radio France, Fat Freddy's Drop, Souad Massi sur la Grande Scène. No one is innocent, Cyril Mokaiesh, HK et les Saltimbanks, Dick Annegarn et la Compagnie Pietragalla sur la scène Zebrock. Christophe Alévêque à l'Agora de l'Humanité.

Retouvez le programme ici : http://humanite.fr/fete_huma avec cette petite mise en bouche :

 

 

 

 

Joan Baez, un grand nom de la protest song :

Here's to you, Nicolas and Bart
Rest forever here in our hearts
The last and final moment is yours
That agony is your triumph

 

(la justice américaine a décidément une grande histoire!)

Allez une dernière...au hasard :

 

 

 

 

 

 

 

Chose étant dite, la fête de l'Humanité, c'est bien plus qu'une fête ... si l'on en croit ce texte publié ici : http://www.pcf-smh.fr/

 Dans 9 mois les élections présidentielles… Voilà déjà 4 ans que le système fait tout pour persuader qu’un changement ne peut provenir que de ce choix de personne. Le quinquennat, fruit de l’accord Chirac-Jospin de 2000, a aggravé ce travers institutionnel de la 5ème République en subordonnant les législatives aux présidentielles.

L’enfermement de la perspective sur 2012 a déjà bloqué l’alternative politique portée par le mouvement populaire.

Un rapport de force considérable s’est manifesté pour faire reculer Woerth lors de l’immense lutte pour stopper le contre-réforme des retraites. Mais tout a été reporté sur 2012. Au nom de l’unité, on n’a pas voulu se démarquer radicalement des positions de ceux (PS et cie) qui acceptent l’allongement de la durée de cotisation ou la casse des régimes spéciaux.

Comment rassembler ensuite dans l’action pour la retraite à 60 ans ?

A la fin, on a pu lire ainsi que la contestation sociale se serait heurtée à l’intransigeance de « l’hyperprésident ». Alors que des millions de personnes étaient dans la rue avec le soutien de 70% de la population ! A leur façon, les autocollants consternants du PG (« Casse-toi pov’con ! ») ont aussi contribué à détourner la perspective vers 2012. L’analyse de l’échec du mouvement pour les retraites reste essentielle.

Retraites: pour une opération "Tu l'as votée, tu vas le payer"

 

Dans les mois qui viennent, la campagne électorale va écraser encore davantage toute la vie publique et le mouvement social. Le jeu de rôles des partis finit de se mettre en place.

 

Que faire du Président des riches ?


BIEN SUR, IL FAUDRA BATTRE SARKOZY.

Sa réélection donnerait le signal au capital qu’il peut tout se permettre en France.

Mais pour cela, « l’unité » et le vote « utile » vont se porter sur le PS, dont l’essentiel des positions économiques et sociales sont de la même inspiration. Le petit jeu des primaires accentue encore la personnalisation, la dépolitisation des enjeux. Il ne peut pas faire oublier que Hollande, Aubry, comme l’ex-patron du FMI, partagent le même programme : même objectif d’austérité, même adhésion inconditionnelle à l’UE, à l’euro…

Faut-il sauver l'euro ?

Le système a complété le piège électoral en ravivant l’extrême-droite.

Vive le Front National !

Le FN de Marine Le Pen a pour fonction d’étouffer le débat politique, de caricaturer et de diaboliser certaines positions comme la remise en cause de l’euro.

Dans cette situation, communistes, que faire ?

Continuons à donner, même à contre-courant, la priorité au mouvement populaire, aux luttes qui continuent de se développer (Carrefour, PSA, aviation…) !

Contribuons à faire battre la droite et l’extrême-droite sans laisser planer d’illusions sur un changement véritable avec le PS !

Un mois avant d’être élu, le PS grec promettait des augmentations de salaires de 5%...

Appel à l'exclusion de DSK du Parti Socialiste

Continuons à mettre en avant les propositions sur lesquelles les luttes peuvent converger, notamment de rupture avec l’UE du capital : (re) nationalisations, retour aux monopoles publics, refus de l’application des directives et traité européens ; abrogation de la loi Bachelot, restauration intégrale du financement de la Sécurité sociale par la cotisation sociale ; augmentation du SMIC à 1600 euros net avec le rétablissement d’une échelle mobile des salaires et la reconnaissance des qualifications. Etc.

Il ne s’agit pas pour nous de multiplier comme JL. Mélenchon les surenchères électorales gratuites : « si je suis élu » mais de souligner les ruptures essentielles.

Nous vivons une période d’aiguisement, partout en Europe, en Afrique du Nord, de l’affrontement de classe.

Nous sommes tous des Tunisiens !

Rien n’est prévisible. Le peuple va avoir besoin d’un Parti communiste fort.

La Fête de l’Humanité sera l’occasion pour nous de répondre présents.

http://humanite.fr/fete_huma

Publié par Frédéric Maurin à 09:25am - Voir le commentaire ()
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2 Août 2011

A qui profite la dette publique?

 

la réponse à cette question se trouve dans l'article de Bernard Cassen, en deuxième partie.

Capital

Quant à savoir quand est-ce qu'on le bouffe, Ignacio Ramonet y répond en conclusion de ce texte :

Source : Mémoire des luttes (medelu.org) . Ce qui nous ne dispensera pas de prolonger notre abonnement au Monde Diplomatique pour retrouver ces deux journalistes...et bien d'autres.

 

Les europhiles les plus béats le répètent à l’envi : si nous ne disposions pas de l’euro, disent-ils, les conséquences de la crise seraient bien pires. Ils divinisent un euro "fort et protecteur". C’est leur doctrine. Ils la défendent fanatiquement. Mais il faudrait expliquer aux Grecs (et aux Irlandais, aux Portugais, aux Espagnols, aux Italiens et à tant d’autres citoyens européens frappés par les politiques d’austérité) ce que seraient des "conséquences bien pires"... Socialement, la situation n’est-elle pas déjà insupportable ? Ne sent-on pas monter, au sein de l’eurozone, une hostilité de plus en plus radicale à l’égard de la monnaie unique et de l’Union européenne (UE) elle-même ?

Les citoyens indignés contre la situation actuelle ne manquent pas d’arguments. Car l’euro, monnaie de 17 États et de leurs 330 millions d’habitants, est en effet un instrument au service d’un objectif précis : la consolidation des dogmes [1] sur lesquels est fondée l’UE. Ces dogmes - que le Pacte de stabilité (1997) ratifie et que la Banque centrale européenne (BCE) sanctionne - sont au nombre de trois : stabilité des prix, équilibre budgétaire et renforcement de la concurrence. Nulle préoccupation sociale, aucun engagement à réduire le chômage, zéro volonté de garantir la croissance et, bien entendu, pas le moindre désir de défendre l’Etat providence. Bien au contraire.

A l’occasion de la crise actuelle, les gens commencent à comprendre que les normes de l’UE ainsi que celles de l’euro ont été deux attrapoires pour les faire entrer dans un piège néolibéral dont l’issue n’est guère aisée. Ils se retrouvent désormais prisonniers des marchés, comme l’ont explicitement voulu les dirigeants politiques (de droite et de gauche) qui, depuis trois décennies, bâtissent l’UE. Ces politiques ont systématiquement organisé l’impuissance des Etats dans le dessein d’accorder davantage d’espace et de marge de manœuvre aux marchés et aux spéculateurs.

C’est d’ailleurs dans cet esprit (et sous la pression de l’Allemagne) que la BCE a été déclarée "totalement indépendante" des gouvernements [2]. Ce qui signifie que, contrairement à ce que son nom indique, la BCE n’est pas une Banque centrale, et qu’elle se retrouve en dehors du périmètre de la démocratie. Afin que ni les citoyens, ni les gouvernements élus ne puissent modifier ses options libérales.

Ces caractéristiques (impuissance des dirigeants politiques, indépendance de la BCE) sont en partie responsables de l’incapacité européenne à résoudre le drame de la dette grecque. L’autre raison est que, sous son apparente unité, l’UE (et dans ce cas précis la zone euro) se trouve profondément divisée en deux camps presque irréconciliables. D’un côté : l’Allemagne et son aire d’influence (Benelux, Autriche et Finlande) ; de l’autre : la France, l’Italie, l’Espagne, l’Irlande, le Portugal et la Grèce.

L’origine de la dette grecque (comme celle de la dette des autres pays "périphériques") est bien connue. Lorsque la Grèce fut admise au sein de la zone euro [3], les institutions financières et les investisseurs internationaux considérèrent immédiatement que ce petit Etat présentait, malgré son évidente fragilité et ses ressources limitées, toutes les garanties pour recevoir des crédits massifs et bon marché. Une pluie de propositions de financement à des taux ridicules s’abattit sur Athènes. Formulées, en particulier, par des banques allemandes et françaises qui poussèrent les gouvernements grecs à s’endetter à faible coût et à long terme pour acheter notamment du matériel militaire allemand et français... [4]

Lorsque la crise financière (dite "des subprimes") éclate en 2008, elle s’étend rapidement à l’ensemble du secteur bancaire européen. Les établissements financiers manquent très vite de liquidités et réduisent drastiquement le crédit. Ce qui menace d’asphyxier l’ensemble de l’économie. Pour éviter cela, les Etats décident d’aider massivement les banques. Et parviennent à les sauver. Mais pour ce faire, ils ont dû emprunter auprès des marchés internationaux (puisque la BCE leur refuse tout prêt). C’est alors qu’interviennent les agences de notation ; elles sanctionnent l’endettement excessif des Etats (réalisé pour sauver les banques !)... Immédiatement, les taux d’intérêt des crédits aux Etats les plus endettés explosent... Commence alors la phase actuelle de la crise.

La dette grecque est insignifiante en elle même si l’on se souvient que le PIB de la Grèce représente moins de 3% de celui de la zone euro. Techniquement, le problème aurait pu être réglé il y a plus d’un an sans difficulté. Mais le gouvernement conservateur allemand, qui faisait face alors à des élections locales difficiles (et finalement perdues), estima qu’il ne serait pas moralement juste que les Grecs, accusés de "corruption" et de "laxisme", s’en tirent si facilement. Il fallait donc les punir afin que leur mauvais exemple ne soit pas imité.

Une aide trop rapide à Athènes, déclara Angela Merkel, "aurait un effet négatif, d’autres pays en difficulté pourraient cesser de faire des efforts" [5]. Cette attitude explique pourquoi, avec l’aide de ses alliés, Berlin ne cessa de tergiverser à propos de l’aide à Athènes. Laissant filer les mois. Délai dont profitèrent les marchés, alléchés par le désaccord européen, pour attaquer la Grèce. Finalement, Berlin finit par accepter un premier (et incomplet) plan d’aide, à une condition : que le Fonds monétaire international (FMI) y soit associé. Pourquoi ? Pour deux raisons. D’abord, parce que les institutions européennes ne disposent pas d’un bourreau suffisamment sévère pour intimider les Etats. Et ensuite parce que, depuis quarante ans, la spécialité du FMI consiste à exiger des pays endettés la mise en place de politiques antisociales. Ses recettes (appliquées sans pitié en Amérique latine dans les années 1970 et 1980) sont toujours les mêmes : hausse des taxes à la consommation, réductions brutales des budgets publics, strict contrôle des salaires, privatisations massives... [6]

Le gouvernement Papandreu fut donc contraint d’accepter un féroce plan d’ajustement, refusé par les citoyens révoltés. Mais, aux yeux des marchés, le mal était fait. Car cette affaire démontrait, une fois encore, une évidence : le rythme de la politique européenne est trop lent, alors que celui des marchés est immédiat. Les spéculateurs comprirent que l’Union européenne restait un géant sans cerveau politique, et que l’euro n’était qu’une "monnaie forte" à structure faible (il n’y a pas d’exemple dans l’histoire, d’une monnaie qui ne soit pas encadrée par une autorité politique). Les marchés attaquèrent alors l’Irlande, et devant une réaction européenne derechef lente et maladroite, ils raflèrent à nouveau la mise. Puis ils attaquèrent le Portugal, et idem. Ils attaquèrent ensuite l’Espagne et l’Italie, et les gouvernements de ces pays s’empressèrent eux-mêmes de s’auto-infliger les impopulaires recettes du FMI...

Dans toute l’Europe se répand ainsi la "doctrine de l’austérité expansive", que ses propagandistes présentent comme une sorte d’élixir économique universel, alors qu’il provoque partout de terribles désastres sociaux. Pis, ces politiques de rigueur aggravent la crise, elles étouffent les entreprises de toutes tailles en renchérissant le crédit, et enterrent toute perspective de récupération rapide de l’économie. Elles entrainent les Etats dans une spirale d’autodestruction, leurs recettes se réduisent, la croissance stagne, le chômage augmente, les nocives agences de notation baissent la note de confiance, les intérêts de la dette souveraine s’élèvent, la situation générale empire et les pays redemandent de l’aide... [7] Aussi bien la Grèce que l’Irlande et le Portugal - les trois seuls Etats aidés par l’UE (par le biais notamment du Fonds européen de stabilisation financière) et par le FMI - ont été précipités dans ce tragique toboggan par ceux que Paul Krugman appelle les "fanatiques de la douleur" [8].

Le Pacte de l’euro, proposé en mars dernier, aggrave les choses. Car il s’agit, en réalité, d’un tour de vis supplémentaire pour renforcer la rigueur. Il prévoit plus de "compétitivité", encore des réductions des dépenses publiques, de nouvelles mesures de "discipline fiscale", et pénalise surtout - et encore une fois - les salariés. Il menace aussi de sanctionner les Etats qui ne respecteraient pas le Pacte de stabilité [9]. Et propose même la mise sous tutelle de la dette publique, c’est-à-dire une limitation de la souveraineté. "Les pays européens doivent être moins libres d’émettre de la dette", a affirmé, par exemple, Lorenzo Bini Smaghi, membre du directoire de la BCE. Certains eurocrates vont plus loin, ils proposent que tout gouvernement n’ayant pas respecté le Pacte de stabilité se voit retirer la responsabilité de diriger ses propres finances publiques...

Tout ceci est absurde et néfaste. Il en résulte une société européenne appauvrie au profit des banques, des grandes entreprises et de la spéculation internationale. Pour l’instant, les protestations légitimes des citoyens européens visent leurs propres gouvernants, marionnettes dociles des marchés. Quand se décideront-ils à concentrer leur colère contre le vrai responsable, c’est-à-dire le système qui n’est autre que l’Union européenne elle-même ?

Faut-il sauver l'euro ?

 

La dette publique, une aubaine pour les riches



par Bernard Cassen

 

Dans la sphère financière comme dans les autres, ce sont les dirigeants politiques et les médias qui, par un tri sélectif des données factuelles disponibles, les font accéder au statut de « problèmes ». Dans le même temps, ils en délimitent unilatéralement par avance les « solutions ». La question de la dette publique constitue un cas d’école de cette manière de trancher un débat sans qu’il ait eu lieu.

Premier volet de la manipulation : dans une atmosphère confinant à la panique, cette question est érigée en sujet de préoccupation quasi obsessionnel. C’est le cas depuis mai 2010 dans l’Union européenne (UE) avec la mise en place du Fonds européen de stabilité financière ; c’est aussi le cas depuis peu aux Etats-Unis. Deuxième volet : dans la zone euro, une solution d’une simplicité biblique est mise en avant. Elle consiste à affirmer que, pour résorber les déficits, il faut tailler massivement dans les dépenses publiques et privatiser tout ce qui peut l’être. Et cela quelles que soient par ailleurs les divergences entre gouvernements de l’UE, et entre certains d’entre eux (Allemagne, Pays-Bas) et la Banque centrale européenne (BCE) sur la nécessité ou non d’une « restructuration » - c’est-à-dire d’une annulation au moins partielle - des dettes souveraines ou d’une mise à contribution des banques qui ont réalisé des bénéfices colossaux grâce à la spéculation sur ces dettes.

Le simple bon sens enseigne pourtant qu’un déficit représente seulement la différence entre des recettes et des dépenses. Cette différence peut certes être comblée par la diminution des dépenses, mais elle peut l’être tout autant par un accroissement des recettes fiscales. Or cette solution n’est jamais évoquée qu’à la marge car elle remettrait en question les politiques néolibérales menées depuis trois décennies par les gouvernements, qu’ils se réclament de la droite ou de la gauche. Ces politiques ont abouti à diminuer la part des revenus du travail dans la richesse produite et à augmenter d’autant les revenus du capital. En d’autres termes, à creuser les inégalités partout dans le monde.

De 1982 à 2005, la part des 1 % les plus riches dans l’ensemble des revenus est passée de 8, 4 % à 18, 3 % aux Etats-Unis, et de 6,9 % à 14, 3 % au Royaume-Uni. Dans la zone euro, les chiffres sont moins spectaculaires, mais néanmoins significatifs : de 9,4 % à 11, 1 % en Allemagne ; de 7, 1 % à 8, 2 % en France [1]. Ce formidable transfert de la richesse au profit de ceux qui étaient déjà des privilégiés s’est opéré par la baisse constante de l’imposition des hauts revenus et des bénéfices des entreprises, d’ailleurs souvent camouflés dans des paradis fiscaux. Les déficits budgétaires entraînés par l’insuffisance délibérée de ces recettes fiscales permettent aux plus riches de gagner sur les deux tableaux : d’un côté, ils paient moins d’impôts, et, de l’autre, grâce aux économies qu’ils réalisent ainsi, ils peuvent acquérir des titres de la dette publique dont les intérêts sont payés par le contribuable.

Les déficits publics pourraient facilement être comblés par une série de mesures simples : taxation des revenus du capital à la même hauteur que celle des revenus du travail ; lutte sérieuse contre la fraude fiscale ; taxation de toutes les transactions financières ; interdiction des flux financiers avec les paradis fiscaux, taxation des produits et services en provenance des pays ne respectant pas des normes sociales et environnementales minimales. On peut toujours rêver d’un Sommet européen qui prendrait ces décisions…

Publié par Frédéric Maurin à 21:28pm - Voir le commentaire ()
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