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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

27 Février 2012

Rupture (tranquille) avec la France forte

Je pars quelques jours en retraite spirituelle.

Pas de panique, l'essentiel de la campagne électorale est ici :

 

detournements-affiche-sarkozy-1140638.jpg

 

Pour des compléments d'informations, référez-vous aux journaux télévisés.

Publié par Frédéric Maurin à 21:47pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

27 Février 2012

Présidentielles : plus dure sera la chute

 

J'ai réfléchi sur le titre. Et je n'ai pas dis "modèle allemand"

Et encore, je reste gentil...

 

 

Publié par Frédéric Maurin à 12:27pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

27 Février 2012

Jeanne d'Arc en campagne

Je m'étais juré de ne pas tomber dans le panneau des faux débats de campagne présidentielle.

Et paf ! En plein dedans ! Alors autant faire que cela serve à quelque chose : pourquoi pas un Devoir de mémoire qui éclairerait le présent?

Merci aux sources utiles suivantes :

http://www.m-pep.org/

http://www.courriel-languefrancaise.org/

 

Il y a exactement 600 ans, dans un village nommé Domrémy que l’occupant anglais n’allait pas tarder à mettre à sac, naissait Jeanne Darc (sans particule), la jeune fille patriote qui symbolise universellement la fierté des peuples qui combattent l’occupation étrangère et qui s’insurgent contre l’esclavage national.

Depuis que cette héroïne populaire, - livrée aux flammes anglaises à l’âge de 19 ans par l’évêque « français » Cauchon -, est devenue une figure éminente du « roman national » français, elle a souvent été récupérée par l’extrême droite et la réaction monarchiste (alors que l’opposition entre républicains et royalistes n’avait aucun sens au 15ème siècle…) ; mais la libératrice d’Orléans n’en fut pas moins ardemment célébrée par des révolutionnaires en lutte contre le fascisme et l’impérialisme. Bête noire de Hitler, Dimitrov évoque ainsi la jeune patriote française dans un rapport fameux prononcé en 1937 à la tribune de l’Internationale communiste ; quant au Procès de Jeanne d’Arc de Brecht et d’Anna Seghers, il célèbre la signification profondément politique et populaire des « voix » qui ordonnaient à la cette fille de laboureur de faire sacrer un roi français pour mieux chasser l’occupant anglais ; et cette pièce de Brecht se conclut par cet appel qui vaut aujourd’hui pour tous les peuples qui, à notre époque, sont encore soumis à l’occupation d’une puissance étrangère : « Français, libérez votre terre, vous qui la cultivez ! ».

Il n’en est que plus consternant de constater qu’historiquement, politiquement, et surtout, linguistiquement, ce n’est pas la jeune patriote martyrisée qui triomphe aujourd’hui symboliquement sur notre sol, mais les glauques héritiers du traître Cauchon et de son commanditaire, le cruel Duc de Bedford. Non seulement en effet nos « élites » politico-économiques ne savent plus que faire pour aligner notre modèle social-républicain issu du CNR, de 1936, de 1905 et de 1789-94 sur les « modèles » anti-sociaux allemand ou anglo-saxon, non seulement ces « bons Français » cauchonnent nos conquêtes sociales, nos services publics, nos industries et notre production agricole, non seulement ils font table rase de notre souveraineté politique et budgétaire en rampant devant les Diktats d’Angela Merkel, non seulement ils mettent l’armée française au service des croisades néo-coloniales de l’OTAN, non seulement ils défigurent le message universaliste de 1789 et du CNR en harcelant les immigrés et leurs descendants français, mais ils s’acharnent sur la langue française à laquelle ils rêvent de substituer le tout-anglais patronal porté par le capital euro-mondialisé . Et les « élites » de la Suisse romande, de la Belgique « francophone » et du Québec se comportent exactement de la même manière avec une seule obsession en tête : s’aligner sur tous les plans, social, politique et linguistique, sur les normes régressives de la mondialisation néolibérale et de l’Europe des financiers.

Ce n’est pas en effet un xénophobe conservateur mais un « Européen » convaincu, le philosophe Michel Serres qui observe qu’ «  il y a plus de mots anglais désormais sur les murs de Paris qu’il n’y avait de mots allemands à l’époque de l’Occupation ». C’est le linguiste Claude Hagège qui classe le français, langue de la francophonie internationale parlée sur cinq continents, parmi les « langues menacées » du monde. Ce pronostic n’a hélas rien d’alarmiste. Il ne s’agit plus seulement aujourd’hui des « modes » culturelles portées par l’industrie du spectacle au risque de marginaliser la chanson et le cinéma francophones.

On n’en est plus aux seuls « emprunts » occasionnels à l’anglais, ni même au franglais naguère dénoncé par Etiemble ; désormais, c’est méthodiquement qu’une majorité de rédactions, de « communicateurs » bornés, d’hommes politiques « branchés », de pubards sans imagination et de grands patrons à la fois colonisés et colonisateurs, substituent en masse des tournures anglaises (souvent bien « improbables » !) à des expressions ancrées depuis toujours dans la langue de Molière. Ce linguicide, - s’il est permis de proposer ce néologisme douteux pour stigmatiser une entreprise exterminatrice sans précédent à cette échelle -, n’est pas seulement ignoré par l’U.E., - que ses traités obligent pourtant théoriquement à protéger l’ « identité » de ses États-membres - : clandestinement et dans le dos des peuples, l’UE institutionnalise l’anglais comme l’unique langue véhiculaire de l’Union . Et cet arrachement des langues nationales est ouvertement favorisé par certains « bons Franceuropéens » comme le Baron Seillières : l’ex-patron du MEDEF n’a-t-il pas inauguré ses fonctions à la tête de Businesseurope (le syndicat patronal européen) en déclarant : « je ne vous parlerai plus qu’en anglais, la langue de l’entreprise et des affaires » ?

Quant à cet autre « bon Français » qu’est M. Trichet, n’a-t-il pas entamé son discours inaugural au parlement européen en s’exclamant : « I’m not a Frenchman ! »… Un anti-patriotisme que Madame Parisot, qui dispute à A. Merkel le titre envié de Miss Mark, a porté à incandescence dans une récente tribune du Monde : la boss du MEDEF y somme les Français d’opter sans retard pour une « nouvelle patrie » (sic), c’est-à-dire d’abandonner cette République française si ringarde (et sa langue nationale porteuse d’histoire frondeuse ?) au seul profit de cette Europe du business que certes, aucun privilégié n’aura jamais la tentation de trahir !

Les choses en sont désormais au point que l’actuel gouvernement, si soucieux de défendre l’ « identité nationale » menacée comme on sait par le terrassier sénégalais ou par la serveuse « musulmane » francophone (sic), n’a ni yeux, ni langue ni oreilles pour faire respecter la loi et la constitution françaises. Et nos supermarchés peuvent impunément se rebaptiser Simply Market, Carrefour City, Carrefour Planet, nos « services publics » peuvent illégalement promouvoir leurs « produits » Speed, TGV Family, TGV Night, Rail Team (SNCF), leurs Flying Blue, leur AirFrance by Regional, leur everywhere ajustable (France Telecom, sans trait d’union ni accents s’il vous plait !) sans que leurs ministères de tutelle respectifs rappellent jamais ces contrebandiers de l’Oncle Sam au respect de la loi Toubon votée en 1994 par le parlement unanime ! Mais comment compter pour cela sur Lady Lagarde, qui pilotait notoirement son ministère des finances en anglais, sur Borloo, qui veut faire de l’anglais une langue maternelle bis en France, sur Luc Chatel qui veut soumettre step by step, selon sa forte expression, les enfants de maternelle à un « bain linguistique » permanent en anglais, alors qu’à cet âge-là la langue maternelle française est loin d’être acquise ? Un Chatel qui étend illégalement l’enseignement en anglais dans le secondaire (« le français est la langue de l’enseignement », stipule la loi Toubon)…

Évoquons à peine l’Université et les Grandes Écoles où la constitution est allègrement piétinée, notamment par Sciences Po (dont tous les enseignements se délivrent en anglais dans la nouvelle antenne de Reims, sans doute pour rapprocher les futurs élus de la « France d’en bas »…). Le comble de l’odieux est atteint par J.-F. Copé : mariant comme personne l’islamophobie et l’autophobie nationale, le patron de l’UMP exige que la télévision publique projette chaque soir des films américains sous-titrés de manière à forcer nos compatriotes à ingurgiter, non pas la langue de Joyce et de London, mais l’idiome mutilant et mutilé de Rambo et de l’American Way of Life ; en guise de piètre compensation pour les francophones attardés, Sir Copé voulait même initialement substituer le français à l’arabe liturgique dans… les mosquées ! Faut-il citer aussi Gérard Longuet, qui ne voit aucun inconvénient à ce que des prises d’armes de l’armée française s’effectuent en anglais, ou Valérie Pécresse, dont la politique universitaire conduit à privilégier la publication d’articles dans les revues anglophones comme critère majeur pour la promotion des chercheurs ? Et le ministre de la culture n’est pas en reste : ses services subventionnent sans états d’âme les mal-nommées « Francofolies » (sic) qui, de manière provocatrice, ont jugé plaisant de ne programmer que des chanteurs anglophones le… 14 juillet 2011 ! Avant même que n’aient lieu tous ces débordements honteux, l’ancien ministre socialiste H. Védrine s’était publiquement interrogé à propos de cette déferlante américano-maniaque : « le français survivra-t-il à un tel traitement. Peut-être… » !

La question se pose alors à tout citoyen conscient : que devient l’Etat de droit tant vanté quand des ministres « français » et de prétendus services publics s’assoient à ce point sur la Constitution qui stipule que la langue de la République est le français  ? Où en est la démocratie quand cette politique d’arrachage linguistique est cachée au peuple, quand elle est soustraite au débat public, quand les résistants au tout-anglais sont exclus des médias audiovisuels, quand les milliers de citoyens manifestant à Paris contre le tout-anglais le 18 juin 2011 sont censurés [1] par les chaînes nationales qui leur préfèrent, en prime time, un rassemblement de motards en courroux ? Et à quel rôle indigne d’accompagnement l’opposition parlementaire s’abaisse-t-elle quand Mme Aubry remporte haut la main le Prix de la Carpette anglaise 2010 pour son effort acharné visant à substituer le bien-pensant Care anglo-saxon aux notions révolutionnaires de droits sociaux et de fraternité républicaine ?

Résumons-nous : l’extermination en cours du français et des autres langues nationales n’a rien d’une « mode » anodine : il s’agit d’une guerre d’extermination culturelle portée par l’oligarchie des affaires et relayée par une partie de la fausse gauche : en France, en Europe, à l’échelle du monde, il s’agit d’établir, officieusement d’abord, officiellement ensuite, le monopole du business globish.

Et la fonction insidieusement totalitaire de cette langue unique est de consolider la pensée unique, le marché unique, la monnaie unique, l’économie unique, la politique unique et la sous-culture unique dont rêve le « monde des affaires » .

Les effets de cet arrachage linguistique, - que d’aucuns osent présenter comme une « ouverture à la diversité » alors même que les bacheliers britanniques sont dispensés d’étudier une langue étrangère ! – sont prévisibles : effacement programmé des nations comme espaces publics d’une possible souveraineté populaire, alignement des droits sociaux sur les « standards » régressifs des pays anglo-saxons, arasement de la diversité culturelle mondiale [2], promotion d’une élite euro-mondialisée de locuteurs mother tongue english régnant sur les milliards d’individus non anglophones, semi-anglophones (et omni-« jargophones » !) qui hanteront les bas-fonds de la planète ? Confrontés à ces cadres english mother tongue que recrutent déjà illégalement de très grandes entreprises, que deviendront les ouvriers, employés, paysans, artisans, enseignants, cadres moyens, ingénieurs et enseignants de France, sinon des étrangers sur leur propre sol ? Cette discrimination linguistique frappera en priorité les immigrés issus de l’espace africain francophone (dont nos lycées n’enseignent toujours pas les langues d’origine…).

Ces travailleurs subiront la double peine linguistique ; eux dont le français n’était déjà pas toujours la langue maternelle, devront apprendre à remiser au second plan la langue de Césaire et de Fanon s’ils veulent travailler en « France », cet étrange pays chaque jour plus semblable au fameux « couteau sans manche dont on a perdu la lame »… Bref, on ne combattra pas l’indigne « préférence nationale » prônée par l’extrême droite, en instaurant en douce la préférence nationale à l’envers au profit du « natif » anglophone, que promeuvent nombre de firmes « françaises » dans le silence des autorités chargées de combattre les discriminations : les deux indignités, - la xénophobe et l’ « autophobe » - , finiront par s’additionner pour exclure les classes populaires en favorisant l’ « élite » euro- et américano-formatée…

Quant aux objections qu’il est habituel d’opposer aux résistants linguistiques au tout-anglais, elles font figure de contrefeux douteux. Que le français, comme l’anglais, l’espagnol, le portugais, etc. aient longtemps été utilisés par les dominants de l’hémisphère nord pour refouler les langues des peuples colonisés ou, en France même, pour marginaliser les « patois » (sic), nul n’en disconvient, et encore moins les initiateurs de ce texte, dont certains sont férus de langue régionale et dont d’autres ont combattu Hitler dans les rangs des FTPF et des FTP de la Main-d’œuvre Immigrée. Mais pas plus qu’il n’était décent en 1940 d’alléguer les massacres de la Grande Guerre pour refuser de résister à Hitler, il n’est loyal aujourd’hui d’invoquer les oppressions linguistiques d’hier pour collaborer au néocolonialisme linguistique d’aujourd’hui.

Refusons que le français, ce premier service public de France grâce auquel l’Occitan et l’Alsacienne peuvent faire république avec le fils d’immigrés, le Flamand et la Bretonne, soit pris en tenaille entre, d’une part, le business Globish, et d’autre part l’ultra-régionalisme des nantis qui s’arment de prétextes linguistiques pour lorgner vers Barcelone, Anvers, Milan, et surtout, vers Bruxelles et Francfort. Car les langues régionales, patrimoine de toute la nation, ne sont qu’un prétexte pour casser la république une et indivisible ; le vrai but des ayatollahs de l’euro-régionalisation à prétexte linguistique est d’« ethniciser » le monde du travail pour mieux « re-féodaliser » le territoire national. Du reste, si le français, langue de la francophonie mondiale, était finalement marginalisé sur son sol d’origine, quelle autre langue de France ou du monde n’y « passerait »-elle pas encore plus rapidement ? Au lieu donc d’aider le Ramina-Globish exterminateur, les amoureux des langues de France et d’ailleurs doivent aider l’ex- « belette » francophone et les ex-« petits lapins » basque, breton, catalan, corse, sans oublier les langues honteusement déniées de l’immigration ouvrière, à fédérer leurs contre-attaques ; car il en va des langues comme des luttes sociales : elles sont condamnées à résister ensemble ou à être arrachées séparément.

C’est pourquoi, que l’on se reconnaisse ou pas dans le souvenir injustement dénigré ou récupéré d’une patriote de 19 ans torturée à mort pour ses idées, il est urgent que tous les résistants à l’ogre néolibéral cessent de regarder de haut le combat linguistique. « Désobéisseurs » et « indignés », réapprenons à crier, dans le français frondeur du « 9-3 », de Tunis et du Caire, « dégagez ! » à tous les destructeurs de peuples. Car si demain les revendications populaires elles-mêmes devaient s’ânonner dans la novlangue mondiale des maîtres, ceux-ci auraient atteint leur but final : forcer les peuples à clamer leur résistance dans la langue indigne, dérisoire et soumise, de la new collaboration !

SIGNATAIRES : Georges Hage, député honoraire du nord, co-président d’honneur du COURRIEL ; Léon Landini, co-président d’honneur du COURRIEL, ancien officier des Francs-Tireurs et Partisans de la Main-d’œuvre Immigrée, Médaille de la Résistance ; Georges Gastaud, président du COURRIEL, philosophe ; Matthieu Varnier, chercheur en robotique, secrétaire général du COURRIEL ; Gilles Bachelier, animateur du Comité Républicain des Gaullistes de Gauche ; Claude Beaulieu, animateur du Comité Valmy ; Danielle Bleitrach, sociologue, militante communiste ; Michèle Chopard, artiste en photomontage, Belgique ; Aurélien Djament, chercheur en mathématiques ; Olivier Denhez, agrégé d’histoire ; Barbara Y. Flamand, écrivain, Belgique ; Vincent Flament, professeur de français ; Jean-Pierre Hemmen, fils de Fusillé de la Résistance, vice-président du Pôle de Renaissance Communiste en France ; Patrick Kaplanian, ethnologue ; Annie Lacroix-Riz, professeur émérite d’histoire contemporaine ; Maurice Le Lous, vice-président du Cercle Littéraire des Ecrivains Cheminots ; Pierre Lévy, journaliste, directeur de Bastille-République-Nations ; Elisabeth Loubet-Gauthier, professeur de philosophie retraitée ; Laurent Nardi, professeur de lettres (74) ; Jacques Nikonoff, universitaire, président du M’PEP ; Pierre Pranchère, a. maquisard FTPF, a. député de Corrèze ; Lakis Proguidis, écrivain ; Jean-Luc Pujo, président des Clubs Penser la France ; Pierre Roche, historien (Paris) ; Yves Vargas, philosophe.

Notes

[1] Le 18 juin 2011, une manifestation réunissant des milliers de personnes venues de France, d’Afrique, de Suisse, du Québec, de Belgique, du Liban, etc. a défilé à Paris pour défendre le français face au tout-anglais. Le soir, aucun J.T. ne leur a accordé une image…

[2] Pourquoi serait-il honorable de défendre la biodiversité et odieusement « nationaliste » de défendre les langues menacées par la novlangue américaine unique ?

Publié par Frédéric Maurin à 00:03am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

26 Février 2012

Devoir de mémoire

Si les urgences sociales n'étaient pas si graves, j'aurais bien ri de la concurrence que se sont livrés Sarkozy et Le Pen pour récupérer Jeanne d'Arc et se poser en modèle de patriotisme.

C'était le 6 janvier dernier, autant dire un siècle en démocratie médiatique, et cette 244 ème semaine de sarkozisme augurait déjà assez mal de la qualité du débat (comme l'indique l'article suivant:)

http://www.marianne2.fr/sarkofrance/244eme-semaine-de-Sarkofrance-de-la-TVA-sociale-a-Jeanne-d-Arc-Sarkozy-franchit-le-pas_a692.html

Les semaines suivantes ont confirmé cette crainte bien que, pour le moment et sauf erreur d'inattention de ma part, les sarko-lepenistes ont laissé la mémoire de Guy Môquet tranquille.

Mais la campagne ne fait que débuter. Et ils peuvent faire pire. Ils peuvent toujours faire pire. C'est même la seule qualité que je puisse leur reconnaître avec certitude.

En revanche, comme Jeanne la Pucelle, d'autres français sont morts plus récemment pour leurs idées. Mais, cela n'étonnera personne ici, les prétendants à l'Elysée suscités n'en ont pipé mot. Etonnant, non ?

50e anniversaire du massacre d’Etat au métro Charonne

Source : http://www.pcf-smh.fr/

Ce soir nous sommes réunis 50 ans jour pour jour presque à la même heure, dans le froid comme les manifestants qui ont répondu à l’appel d’organisations syndicales et du PCF contre le fascisme qui s’exprimait brutalement avec l’OAS, organisation d'extrême droite.

Je tiens à rappeler que le combat contre l'extrême droite, le fascisme le nazisme sont des combats que les communistes ont toujours menés avec honneur et courage. Quel qu'en aient été les conditions historiques parfois très dures dans lesquelles ils les ont menés. D'ailleurs l'extrême droite ne se trompe pas nous sommes son ennemi, comme elle est le nôtre.

L’appel à la manifestation du 8 fév 2012 convoquée dans l’urgence après une série d’attentats à l’explosif !

Les assassins de l'OAS ont redoublé d'activité. Plusieurs fois dans la journée de mercredi, l'OAS a attenté à la vie de personnalités politiques, syndicales, universitaires, de la presse et des lettres. Des blessés sont à déplorer ; l'écrivain Pozner est dans un état grave. Une fillette de 4 ans est très grièvement atteinte. Il faut en finir avec ces agissements des tueurs Fascistes. Il faut imposer leur mise hors d'état de nuire. Les complicités et l'impunité dont ils bénéficient de la part du pouvoir, malgré les discours et déclarations officielles, encouragent les actes criminels de l'OAS.

Une fois de plus, la preuve est faite que les antifascistes ne peuvent compter que sur leurs forces, sur leur union, sur leur action. Les organisations soussignées appellent les travailleurs et tous les antifascistes de la région parisienne à proclamer leur indignation, leur volonté de faire échec au fascisme et d'imposer la paix en Algérie. »

Le texte est signé des organisations syndicales CGT, CFTC (avant scission avec la CFDT), UNEF, SGEN, FEN et SNI. Le PCF et JC, le PSU (un petit parti à la gauche du PS, Rocard) et le Mouvement de la paix sont associés à l'appel.

SFIO et FO ne participent pas au front anti OAS.

Nous sommes à la fin de la guerre d’Algérie les tensions politique sont extrêmes entre le gouvernement de De Gaulle, le FLN de plus en plus fort et soutenu par le PCF pour aboutir enfin à la libération du peuple algérien, l’OAS , organisation armée secrète d’extrême droite.

Avant de revenir sur ces tensions politiques et leurs conséquences au métro Charonne. A l'heure où certains s'interrogent sur l'avenir et le rôle du PCF, faisons un rappel simple sur son rôle dans le combat anticoloniale. Pour se faire rappelons la 8e condition de la IIIe internationale communiste. Je la paraphraserais ainsi :

« Sur la question de la colonisation et de l’oppression des peuples, les partis communistes s’engagent à dévoiler impitoyablement ses impérialistes par des actes et pas uniquement des paroles. D’exiger la libération des peuples colonisés et de nourrir au cœur des travailleurs un sentiment de fraternité vis-à-vis de populations opprimées comme d’entretenir une agitation constante parmi les troupes de métropoles contre l’oppression coloniale. »

D'ailleurs comment oublier l'intervention du camarade HO Chi Min au congrès de Tours appelant le tout nouveau PCF à lutter en Indochine pour la liberté de son peuple.

Cette lutte anti coloniale le PCF l’a mené sans relâche dès le début des années 20 contre la guerre du Rif.

Plus près de nous, les communistes, les jeunes communistes ont lutté contre la guerre d'Algérie. Par exemple, Ils se sont couchés sous les trains des conscrits qui partaient en Algérie. Les militants du PCf ont impulsé les rassemblements les plus large pour lutter contre le gouvernement Français colonisateur.

Nous avons eu l’an dernier l’honneur d’accueillir Henri Alleg qui compte parmi nos héros.

Fin 1961, en Algérie, la guerre continue, redouble même. Le FLN ne cède pas. La France s'enlise. Les luttes pour la paix y gagnaient en ampleur, déstabilisant le pouvoir. Dans ces luttes le PCF a joué le rôle du parti qui dévoile l’oppression du peuple algérien au peuple de la métropole.

De Gaulle doit lutter certes contre l’OAS. Mais, il doit aussi frapper fort et faire taire toute velléité de résistance en France pour isoler le FLN dans les négociations en cours en Algérie. Il doit leurrer la droite qui s’inquiète. C’est dans ce contexte que la répression de la manifestation s’organise.

Les organisateurs de la manifestation l’ont prévue courte de 18 h 30 à 19h30 vers la Bastille. Les consignes sont claires ni pancartes, ni banderoles qui pourraient être pris pour des armes. Les slogans :" OAS assassin ! ", " Union sans exclusive contre le fascisme ", " Paix en Algérie ".

On estimera les manifestants à soixante mille répartis en 5 cortèges convergents. 

Un cortège arrive Boulevard Voltaire, rejoint par un second. La manifestation est arrêtée au métro Charonne une 100 m avant le barrage de police. Les consignes des organisateurs sont strictes : éviter tout contact avec les forces de l'ordre. Des responsables syndicaux CGT et CFTC, hissés sur des épaules, lisent une déclaration très courte commune. L’ordre de dispersion est donné.

Ayant vu les policiers Léo Figuère, Guy Ducolonné, Pierre Néron, élus communistes, ceints de leurs écharpes tricolores, vont au-devant des policiers pour leur signifier clairement que l'ordre de dispersion a été donné et qu'il n'y a pas lieu d'intervenir.

A ce moment précis, André Dupont, secrétaire de la section communiste d'Issy-les-Moulineaux, se trouve à proximité des flics face aux élus. Il raconte (le Travailleur du 17 février) : " C'est alors que j'ai vu et entendu un homme en civil, vêtu d'un pardessus genre " tweed " (peut-être marron clair, il m'a semblé) hurler aux forces de police qui l'accompagnaient : " Ça ne fait rien. On s'en fout,
cognez ! ". 

L'ordre de la charge est donné.... Nos élus sont matraqués et blessés en particulier Léo Figuères.

Et le MASSACRE D’ETAT  commence...

Il s’agit bien de la responsabilité du gouvernement de De Gaulle au complet. En effet, si les manifestations sont interdites, celle du 8 févier n’est pas la première à braver l'interdiction et à être sanglante.

Il y a celle du 17 octobre où les forces de police massacrent les travailleurs Algériens ( plusieurs centaines de morts) venus manifester pacifiquement. Ils seront jetés à la seine parce qu'ils voulaient montrer sans violence, simplement, leur détermination à voir l'Algérie être Algérienne.

La manifestation du 6 décembre à l’appel du PCF seul est chargée !

Il y a la grande manifestation du 19 décembre contre l’OAS qui a été très durement réprimée, une répétition générale de celle du 8 février.

Puis après celles de fin 1961 et face aux attentats de l’OAS, un accord tacite semble avec vu le jour entre les organisateurs de manifestations anti fasciste et le gouvernement, les manifestions de début 1962 et d'avant le 8 février 1962, bien qu’interdites, ne sont pas réprimées.

Mais le 8 février tout change : les consignes qui sont données par la préfecture et le gouvernement aux forces de police sont les même que celles du 19 octobre 1961 durement réprimée. Tous les éléments sont en place qui annoncent ce qui va suivre.

La consigne est simple : « Il convient de les détecter, d’empêcher leur groupement et de les disperser énergiquement »

En donnant ces consignes, en armant les policiers de bâtons qui seront décrit par les témoins comme des manches de pioche : les bidules (armes non réglementaires) en faisant monter la tension parmi les policiers, en mettant en première ligne des policiers pro OAS. En laissant en réserve et à l’arrière les forces de polices expérimentées. Tous ces critères objectifs concourent comme l’a démontré dans sa thèse de doctorat le fils Alain, de Fanny Dewerpe, décédée à Charonne, qu'il s’agit d’un massacre d’état dont les responsables sont au sommet de l’état De Gaulle, Debré son premier ministre, et bien sûr le sinistre Papon.

Revenons aux évènements du 8 février 1962 après l'ordre de dispersion de la manifestation à quelques dizaines de mètres du métro Charonne :

Les manifestants sont chargés après l’ordre de dispersion jusqu’à l’entrée du métro Charonne. Les gilles du métro n’étaient pas fermés contrairement à ce qui a été dit. C’est la foule qui s’effondre sous les coups. Les hommes et les femmes qui tombent les uns sur les autres. Les corps les uns sur les autres créent l’obstruction. Impossible de s'échapper en allant vers le métro, et impossible de ressortir par le haut, les policiers tabassent en surface, jettent dans la bouche de métro les grilles des arbres, des tables en marbres des cafés. Une débauche de violence, accompagnée de cris de haine des policiers :

«  créve donc espèce de chien ! » 

« Crève sale chienne »

« mort aux cocos ! »

Les mêmes policiers qui restent insensibles aux cris, aux appels à l’aide :

« Au secours!, J’étouffe, aidez-moi, arrêtez, il y a des morts... »

Des morts, oui, 8 tout de suite le soir du 8 fév, et un neuvième qui agonisera 3 mois et décédera de ses blessures, 9 militants de la CGT, 8 communistes !

  • Jean Pierre Bernard, 30 ans dessinateur aux P et T, CGT, communiste, 15e

  • Fanny Dewerpe, 31 ans, secrétaire, CGT, communiste

  • Daniel Fery apprenti, 15 ans et demi ans CGT, jeune communiste

  • Anne Claude Godeau, 24 ans CCP, CGT, communiste, 15e

  • Edouard Lemarchand, menuisier, CGT, communiste dirigeant Amboise

  • Suzanne Martorell, employée à l’Huma, CGT, communiste aubervillier

  • Hippolyte Rina, 58 ans, maçon, CGT, communiste

  • Maurice Pochard, meurt après 3 mois d’agonie, 48 ans, CGT, communiste

  • Raymond Wintegens, 44 ans, typographe, CGT

    La population française est largement choquée par ce déchaînement de répression et de violence : entre 500 000 et un million de parisiens assistèrent aux funérailles des victimes le 13 février au cimetière du Père Lachaise dans le carré du Parti.

Ces évènements relèvent-ils uniquement du passé ?

Nous avons posé la question à notre camarade Henri Alleg, qui salue fraternellement tous les communistes de notre section et vous tous ici présents pour honorer ces 9 morts inacceptables et qui ne doivent pas être oubliés.

La question et surtout la réponse qu'il nous a faite prend tout son sens au regard de l'actualité et de la phrase de Claude GUEANT « Les civilisations ne sont pas égales ... ».

Je laisse Henri donner la meilleure des réponses à cette phrase inique !

  • Que signifie être anticolonialiste aujourd'hui ?

    Henri Alleg : «  L'anticolonialisme, aujourd'hui, c'est le refus de toute réécriture officielle du passé colonial. C'est le combat contre la soumission de peuples au nom d'idées fausses, comme la prétendue supériorité de telle civilisation sur telle autre. Cela implique de se situer sans restriction du côté des peuples qui luttent pour leur liberté. Sans se laisser berner par des arguments fallacieux visant à justifier, au nom des droits de l'homme, des positions de force des anciens propriétaires de la terre coloniale. On ne peut pas exclure de ce combat la lutte des Palestiniens. C'est aussi un problème colonial. »

 

Henri nous a écrit le texte de la pétition exigeant le retrait des troupes françaises et étrangères en Afghanistan que la section a largement fait signer, et qui est toujours d'actualité. C’est aussi de l’anti-colonialisme. L’impérialisme est plus que jamais présent dans le monde. Comme l’a dit Lénine : « L’impérialisme, le stade suprême du capitalisme », c’est aujourd’hui !

Plus que jamais les communistes vous appellent à la résistance contre toutes formes de colonialisme et contre l’extrême droite plus que jamais vivaces !

Avant de donner la parole à Gisèle Quarré qui a manifesté le 8 fév 1962 et qui va vous raconter ce qu’elle a vécu. Je voudrais que ce soir dans le soir tombant et dans le froid, que nous prenions tous consciences du courage, de l’engagement militants de ces manifestants anti fasciste et pour la liberté du peuple Algérien.

Rendons leur hommage !

Nous ne devons jamais oublier, tous les meurtres d'états commis en toutes impunités (comme ceux de Charonne et ceux du 17 octobre 1961) par des gouvernements au service du capitalisme.

 

 

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18 Février 2012

A quoi sert le Front National ?

(Source : "on peut ne pas être d'accord sur tout.. mais quand même, en 2012, c'était pas si mal vu...)

"Stériliser, corrompre", frapper " la classe ouvrière.

(au sens large...)

MARINE LE PEN DANS LE DISPOSITIF POLITIQUE DE LA BOURGEOISIE.

Tous les journaux n’ont que « Marine » à leur « une ». Du « Monde » à « Libé » du « Figaro »  à « Marianne ». Tous s’interrogent doctement : est-elle plus dangereuse que son père ? Peut-il y avoir un nouveau 21 avril ? Ou un 21 avril à l’envers ? Pourquoi Marine Le Pen est elle créditée de 21% dans les sondages ? Etc.

Par un étrange aveuglement, nos journalistes, politologues et experts développent des discours visant à masque les vrais enjeux politiques. C’est cela l’idéologie bourgeoise, un ensemble d'idées sociales, religieuses et philosophiques produit par la classe dominante dans la société afin de masquer sa réalité matérielle.

Tentons de déchirer le brouillard savamment entretenu.

Le FN a trois fonctions principales dans le dispositif politique de la bourgeoisie :

1-      -neutraliser, stériliser un vote protestataire,

2-      -corrompre la conscience d’une partie de citoyens en remplaçant la réalité de la lutte des classes par un fantasmatique combat des races,

3-      -servir de force de frappe si les circonstances venaient à changer.

1-Neutraliser et stériliser un vote protestataire : c’est en partie au sein de couches sociales populaires que le FN recrute ses électeurs. Des électeurs désespérés, désorientés, souffrants, des citoyens sans perspectives politiques, abandonnés par les partis institutionnels et leurs satellites (dont hélas le PCF), vont vers le FN pour dire leur colère et leur dégoût. Ce faisant ils rendent leur colère vaine et même contre productive puisqu’ils n’ont rien à attendre des chefs du FN qui roulent, comme les autres, pour le capital.

Le discours social, voir anti capitaliste est une constante de l’extrême-droite et des fascismes : Hitler, Mussolini, Franco, les Colonels grecs, tous les « nouveaux » partis d’extrême-droite en Europe ont un tel discours : on n’attrape pas les mouches avec du vinaigre ! Mais tous aussi AGISSENT de la même façon aux affaires : ils se mettent au service du très grand capital qui les finance largement du reste. Partout où ils participent au pouvoir,  les partis d’extrême-droite mettent en place des politiques ultra libérales au seul profit des milliardaires.

Un test confirme ce constat. Lorsque le peuple mène des luttes (contre le CPE, pour les Retraites... ) avez-vous vu défiler le FN aux côtés des travailleurs en lutte ? Jamais ! Au contraire ils hurlent contre la grève pourtant la seule arme de légitime défense aux mains des salariés.

C’est la nature de classe du FN qui est la clef qui permet de comprendre ce qu’est vraiment ce mouvement. Ainsi quand on vote FN on vote MEDEF et bande du Fouquets' parce que ces gens sont très heureux que des voix d’exploités aller chez des défenseurs (masqués) des exploiteurs ! A quoi on servit les voix de Le Pen en 2002 ? A faire élire Chirac. A quoi servirait la présence du FN au deuxième tour en 2012 ? A faire élire Sarkozy ou Strauss-Khan c'est-à-dire les candidats du capital ! En votant FN on conforte les candidats officiels du capital (UMP et PS) et les Le Pen le savent qui jouent ce rôle d’opposants alors qu’ils sont complices du système, vivant grassement de leur imposture.

2-Corrompre la conscience de nos concitoyens est aussi une des fonctions du FN dans la bataille idéologique permanente que mène la bourgeoisie contre le mouvement ouvrier et populaire. Quoi de mieux que la perspective d’une « guerre des civilisations » à la place de la lutte des classes ? Quoi de mieux que l’illusion à la place de la réalité que justement on veut masquer ? Guerre des civilisations, version à peine retouchée de la guerre des races des fascismes d’hier et qu’importe si l’arabe remplace le juif, le rom remplace le métèque, l’essentiel étant que la guerre se fasse entre pauvres, entre exploités comme dans le film de Scorcèse « Gangs of New-York » et que la bourgeoisie puisse continuer à profiter de son système capitaliste.

Faire croire que l’ennemi est le voisin d’une autre couleur ou d’une autre religion, faire croire que l’ennemi est celui qui a un travail face au chômage qui vous frappe, faire croire que l’ennemi est le fonctionnaire face au travailleur du privé, faire croire que la grande menace contre la France est l’ignoble burka alors qu’un véritable cataclysme social voulu et organisé par le capital s’abat sur les masses avec son cortège de chômage, de délocalisations boursières, de désespérance sociale, de misère et de malheur, de délinquance aussi car tout phénomène a des causes, que la France est démolie pierre par pierre par un grand capital supranational qui veut la mort de la nation, parce qu’elle est la base concrète et historique de la résistance démocratique et sociale des peuples, et son remplacement par une UE qui n’est qu’un espace fabriqué par le capital pour être propice à l’exploitation du travail et à la démolition de tous les acquis des luttes.....voila les mensonges que la bourgeoisie veut à tout prix introduire dans la conscience de tous les peuples, d’où le développement, qui n’a rien de spontané, des néo fascismes en Europe.

Que le FN s’exprime contre l’UE ne change rien à cela. Il faut bien que ces partis disent des choses qui rencontrent l’assentiment populaire pour obtenir des voix ! Et de plus aucune chance que cet anti-UE là puisse nuire aux affaires des grands capitalistes puisque canalisé par des partis à la solde de ces mêmes capitalistes. L ’anti européisme du FN vaut ce que vaut son anti capitalisme, « Words, words, words... » (Des mots, des mots, des mots....) comme disait Shakespeare. Des mots faits pour tromper. Des mots pour empoisonner. Des mots pour diviser le peuple, donc l’affaiblir et finalement le vaincre.

Et face à cette entreprise que répondent la fausse gauche et la droite décomplexée ? Qu’il faut plus d’Europe, plus d’euro, plus de capitalisme, plus de flexibilité, moins de droits protecteurs des travailleurs, moins de fonctionnaires donc moins de services publics, la richesse de ceux qui n’ont rien, moins de profs dans les écoles, moins d’infirmières dans les hôpitaux, moins d’années à vivre sa retraite, moins de police républicaine protectrice de la sécurité des quartiers populaires, plus de flics privés pour protéger les riches et leurs enclaves dorées.

Parti Socialiste ou UMP tiennent le même discours et surtout mènent la même politique. Au nom du réalisme ils se mettent à genoux, à plat ventre devant les désidératas du grand capital. De quel réalisme parlent-ils ? D’une réalité figée, intangible où rien ne peut changer ? Ils tentent de faire croire que changer, que vouloir révolutionner les choses mène à la dictature, au « totalitarisme », que les prisons attendent ceux qui veulent du travail pour eux et un avenir meilleurs pour leurs enfants et se battent pour cela ! De qui se moquent ils ces multimilliardaires, ces gavés du CAC40, ces gens qui du Fouquets' à l’Elysée tentent de maintenir les choses en l’état pour garantir leurs minutes à plusieurs millions d’euros ?

Le capitalisme est l’œuvre de l’histoire des hommes, son éradication sera aussi  l’œuvre de l’histoire des hommes. Et les Marine Le Pen sont des nains stratégiques face à de tels enjeux. Mais encore faut il que les masses s’approprient cet objectif d’émancipation qu’est le socialisme et le communisme pour que cette force politique, matérielle, balaye alors les scories de l’ancien monde et édifie un monde débarrassé de l’exploitation de l’homme par l’homme. Cet objectif est possible. Cet objectif est souhaitable. Cet objectif est la seule alternative à la barbarie.

La vraie démocratie pourra alors s’épanouir. Car il n’y a pas de démocratie véritable tant que les peuples sont écrasés par  le talon de fer du capital. Les esclaves se sont débarrassés des maîtres. Les serfs se sont débarrassés des seigneurs. Les prolétaires-ceux qui vivent de leur travail- se débarrasseront des capitalistes-ceux qui vivent du travail des autres-. Nous sommes loin des cauchemars communautaristes, racistes, antisémites, xénophobes du FN père et fille.

Mais encore faut il que renaisse un vrai Parti Communiste de France à la fois héritier d’un passé glorieux et résolument tourné vers l’avenir. Un vrai Parti qui considère  le marxisme et le léninisme comme un  guide pour l’action et non un dogme. Un Parti qui unisse, contre la grande bourgeoisie UMPS, contre les fascistes, l’extrême-droite, contre les irresponsables gauchistes, contre les traîtres capitulards et opportunistes, le drapeau rouge de la révolution et le drapeau tricolore de la patrie, l’Internationale, chant d’espoir et de combat des prolétaires du monde entier et la Marseillaise, chant révolutionnaire des sans-culottes et hymne honnis par tous les contre-révolutionnaires. Un Parti qui unisse les communistes, qui unisse les patriotes, qui unisse notre peuple contre l’oligarchie capitaliste et pour le socialisme et le communisme libérateur. Un Parti redonnant espoir, honneur, confiance aux ouvriers de ce pays, aux travailleurs, aux exploités, à toutes celles et ceux qui subissent le joug du capital c'est-à-dire l’immense, l’écrasante majorité de notre peuple, les unissant dans un vaste front populaire pour une alternative patriotique, progressiste, pour marcher vers l’émancipation sociale, la souveraineté nationale et l’internationalisme, c'est-à-dire vers le socialisme et le communisme.

 3-Servir de force de frappe si les circonstances venaient à changer est aussi un autre usage de ce parti harki du capital qu’est le FN. Briser les grèves, harceler les militants politiques progressistes, les militants syndicaux, constituer des milices de choc au service des grands patrons, terroriser ceux qui se battent pour l’amélioration de leur vie, voila comment l’extrême-droite est utilisée : c’est ce que l’histoire nous enseigne : en Italie qui est frappé, torturé, assassiné par Mussolini et ses chemises noires ? Qui est massacré, déporté par les chemises brunes d’Hitler ? Qui est victime des dictatures des Colonels en Grèce ou de Pinochet au Chili ? Qui fut pourchassé, fusillé par le régime fasciste de Pétain ? Les communistes toujours et d’abord, les progressistes, les syndicalistes, les authentiques patriotes : les Résistants, d’ici et de partout,  pas les Kollabos, de toutes espèces !

Les fascismes et les néofascismes, les extrêmes-droites,  ont toujours servi un seul maître qu’il s’appelle Agnelli, Von Thyssen, ITT, Louis Renault....le grand capital. Ils le servent en brisant le mouvement ouvrier par une action terroriste permanente, en organisant des syndicats jaunes dans les boites, comme la CFT, qui assassinat en 1977 le militant de la CGT Pierre Maître, et qui était composé de nervis de l’extrême-droite et du SAC, financé par le patronat et le pouvoir de droite....

Il y a toujours eu collusion, consanguinité, osmose entre droite, extrême-droite et patronat. Et retour d’ascenseurs, services rendus, bref c’est une véritable maffia loin des « mains propres » de la propagande frontiste. Qu’un travailleur puisse voter pour de telles organisations est bien évidement un acte contre nature mais qui révèle la friche politique que les compromissions et les trahisons de la fausse gauche bourgeoise et ses satellites ont provoqué, et qui est aujourd’hui envahie par des mauvaises herbes carnivores et vénéneuses.

Publié par Frédéric Maurin à 21:57pm - Voir le commentaire ()
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18 Février 2012

Nouvelles du Front

Mais de quel Front ?

Du Front de Gauche ?

Non. On va m'accuser de dérives partisanes et, de toute façon, je dois me coucher tôt car demain j'ai musique:  Bernard Lavilliers appelle à voter Front de Gauche

Mais si le sujet vous intéresse, allez voir ici : http://www.placeaupeuple2012.fr/

Du Front National alors ? Déjà donné avec  Vive le Front National !

et plus particulièrement là :


       MARINE LE PEN DANS LE DISPOSITIF POLITIQUE DE LA BOURGEOISIE.

http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/03/13/2432943_a-quoi-sert-le-front-national.html

...un article rafraichissant la mémoire.

Non, il s'agit du Front de la dette sur lequel monte des collectifs citoyens à l'heure, où le consensus européiste tente de verrouiller toute alternative.

Comme ils l'écrivent justement: la lutte continue!

Chères amies, chers amis,

 

L’initiative d’audit citoyen de la dette publique suit son cours. Suite au succès de l’appel à mobilisation citoyenne, qui a rassemblé près de 60000 signatures, une centaine de collectifs se sont constitués en France dans les villes, quartiers, villages, pour lancer une vaste campagne d’éducation populaire sur les enjeux de la dette publiques (voir la liste des collectifs locaux).

 

Cette dynamique populaire, locale, a été le facteur décisif du succès retentissant du week-end de mobilisation organisé le week-end du 14 janvier 2012, avec le samedi une journée très riche de rencontre et de coordination des collectifs locaux, suivie le dimanche d’une conférence internationale sur « leur dette, notre démocratie ». Quelques jours après la perte du « triple A » français, celle-ci a rassemblé plus d’un millier de personnes autour de l’exigence d’alternatives aux politiques absurdes de l’austérité, censées « rassurer les marchés »… Une synthèse de ce week-end est disponible sur le site de l’audit citoyen.

 

Aujourd’hui, c’est une toute autre actualité qui nous rattrape : manifestations historiques au Portugal contre les politiques de la Troïka et du gouvernement, soulèvement en Grèce contre le nouveau plan d’austérité… Partout en Europe, les peuples sont sacrifiés sur l’autel de la dette pour « rassurer les marchés ». Il est urgent de renverser la vapeur ! Les membres du collectif pour un audit citoyen sont aussi impliqués dans des initiatives de solidarité avec le peuple grec… parce que leur lutte est aussi la nôtre ! (Lire l’appel à solidarité des indignés grecs)

 

·         Calendrier

 

L’actualité brûlante montre l’urgence de se mobiliser ensemble et massivement contre les mesures anti-sociales et anti-démocratiques, menées sous le prétexte de la dette publique. Dans cette perspective, et suite à la rencontre les collectifs locaux du 14 janvier, le collectif a élaboré un calendrier commun de mobilisation pour permettre de coordonner les initiatives des collectifs locaux :

 

-          Ce calendrier prend en compte la nécessité d’une mobilisation forte à l’échelle européenne contre l’austérité destructrice et le projet de nouveau Traité qui sera signé au Sommet européen des 1er et 2 mars. Son processus de ratification ne fera alors que commencer. Une semaine de mobilisation décentralisée des collectifs est prévue, avec de multiples actions locales du 5 au 12 mars.

Un meeting du collectif se tiendra à Paris le 5 mars dans le cadre de cette semaine d’action (plus d’information et un tract disponibles ici)

 

-          Le calendrier prend aussi en compte la grande manifestation européenne prévue à Francfort dans la deuxième quinzaine de mai, avec les mouvements sociaux européens, pour protester contre les politiques injustes de la Troïka, Union européenne, Banque centrale européenne et FMI.

 

-          A l’occasion des élections en France, le collectif appelle, en lien avec l’initiative « libérons les élections », à des actions décentralisées pour libérer les peuples européens de la dette le 31 mars, ainsi qu’à une journée d’action décentralisée des collectifs locaux le 1er mai.

 

Enfin, le calendrier reprend l’idée d’une grande rencontre nationale militante et festive avec les collectifs locaux et es mouvements en lutte contre l’austérité fin juin.

 

·         Outils pour une campagne populaire

 

Pour gagner la bataille des idées, il faut mener une campagne populaire, de terrain, qui touche le plus grand nombre. La rencontre des collectifs locaux du 14 janvier a montré la grande richesse et diversité des productions des collectifs locaux, qu’il s’agisse d’idées de mobilisations ou d’illustrations et d’affiches… Ou encore des productions diverses en termes de vidéos militantes. Il faut continuer dans cette dynamique de partage et de créativité !

 

Actuellement, le collectif national travaille à l’élaboration d’un kit de mobilisation, qui comprendrait un quizz (disponible ici), un fascicule d’idées reçues sur la dette, et une vidéo explicative. Si vous êtes maquettiste, ou si vous travaillez dans l’animation, vous pouvez nous y aider en apportant votre contribution au niveau du collectif.

 

D’une manière générale, qu’il s’agisse de distribuer des tracts dans un marché, de tenir une table de presse lors d’évènements, de diffuser des vidéos, votre participation nous sera toujours précieuse ! Vous pouvez contacter le collectif local le plus proche ici ou contacter contact@audit-citoyen.org.

 

·         Collectivités et luttes locales

 

Le collectif d’audit citoyen met à la disposition de tous, citoyens, militants, collectifs locaux, des outils pour interpeller les collectivités locales. La dette publique locale est un angle d’attaque important, qui permet de mobiliser au niveau local. Comme le montre la carte publiée par Libération , les emprunts toxiques touchent de nombreuses collectivités locales.

 

L’initiative « interpellez votre Mairie » vise à suggérer l’adoption par votre collectivité d’une délibération du conseil municipal, sur les dettes des collectivités, le financement public local, et la dynamique d’audit citoyen.

 

Cette initiative pourrait permettre de mettre en place un réseau de collectivités pour l’audit citoyen, qui acceptent de rendre des comptes à leurs citoyens et qui soutiennent la dynamique d’audit citoyen et ses principes.

 

Au niveau des luttes locales, les collectifs sont présents dans les luttes pour la défense des services publics. C’est le cas par exemple à l’Hôpital public de Béziers où l’appel pour un audit citoyen de la dette sera distribué lors de la journée d’action du 29 février. Ce n’est qu’un début ! Il faut multiplier les mobilisations contre les coupes budgétaires et les suppressions de poste.

 

·         Les initiatives d’audit en Europe

 

La prise de conscience de l’injustice et de l’absurdité des politiques menées sous le prétexte de la dette est globale. De nombreuses initiatives d’audit citoyen se sont lancées partout en Europe (Espagne, Portugal, Italie, Royaume-Uni, Irlande, Grèce notamment), mais aussi au Maghreb (Tunisie, Egypte, Maroc) ; une réunion de coordination est prévue à Bruxelles le 7 avril afin de coordonner les initiatives autour de la dette.

 

Merci de nous avoir lu, et n’oubliez pas de vous rendre sur : http://www.audit-citoyen.org 

 

Vous pouvez aussi nous contacter à l’adresse suivante :

contact@audit-citoyen.org

 

La lutte continue !

 

Vous avez soutenu l’appel pour un audit citoyen de la dette publique, lancé fin novembre 2011 et qui compte aujourd’hui plus de 50000 signatures. Cette initiative a connu un succès rapide qui a dépassé nos espérances. De nombreux citoyens, de tous horizons, sont prêts à se mobiliser pour enrayer le rouleau compresseur de la dette, qui justifie des politiques d’austérité injustes. Les enjeux sont considérables, comparables à ceux de la mobilisation contre le référendum constitutionnel de 2005.

 

Il est plus que jamais nécessaire de mettre en place une grande campagne d’éducation populaire, qui permette de changer la donne dans l’opinion, vaincre la résignation et favoriser partout les mobilisations contre les coupes dans la santé, l’éducation, la protection sociale. Pour cela, il faut mettre en place les conditions d’une mobilisation collective.

 

Vous pouvez nous y aider en apportant votre contribution au niveau du collectif. Qu’il s’agisse de distribuer des tracts dans un marché, de tenir une table de presse lors d’évènements, de diffuser des vidéos, que vous soyez graphiste, vidéaste, artiste, webmaster, journaliste, votre participation nous sera toujours précieuse ! Un groupe de travail éducation populaire est en cours de formation, le plus large possible. Contacter contact@audit-citoyen.org.

 

·         Info collectifs locaux

 

Pour mener une campagne populaire au niveau local, des collectifs locaux se sont monté dans plus de 50 départements. Vous pouvez consulter la carte des collectifs locaux. Pour entrer en contact avec un collectif local : local@audit-citoyen.org. S’il n’existe pas de collectif local près de chez vous, voici comment créer un collectif local.

Le 14 janvier, les collectifs locaux se rencontrent pour échanger et consolider les bases de la campagne de terrain (plus d’info : http://www.audit-citoyen.org/?p=781). D’ores et déjà, de nombreux collectifs locaux participent en faisant parvenir leurs outils de mobilisation locale (http://www.audit-citoyen.org/?cat=39)

 

·         En Une : pour une mobilisation locale contre les emprunts toxiques

Comme le montre la carte publiée par Libération , les emprunts toxiques touchent de nombreuses collectivités locales. Pour favoriser la mobilisation contre les emprunts toxiques, le collectif a publié un mode d'emploi de l’audit local à destination des collectifs pour leur permettre d’agir au niveau de leur collectivité.

 

Ce n’est pas compliqué ! Les collectifs peuvent par ailleurs faire parvenir un courrier aux Maires, proposé par le groupe de travail sur les collectivités locales. Par ailleurs, au moment où les conseils municipaux se préparent à voter leur projet de budget, les collectifs peuvent se saisir de ce vote pour en faire un rendez-vous citoyen. Plus d’info dans le document pour une mobilisation locale et citoyenne sur les budgets municipaux , disponible en PDF.

 

Quelques infos complémentaires sur les emprunts toxiques :

 

-          Lettre ouverte du collectif aux maires de France

-          Emission là-bas si j’y suis (France Inter) sur les emprunts toxiques 

-          Le rapport de l'Assemblée nationale sur les prêts toxiques aux collectivités territoriales

-          Première victoire à Saint-Etienne – message du CAC42

 

Education populaire, débat citoyen

Pour mener le débat citoyen, plusieurs initiatives ont été prise par les membres du collectif d’audit citoyen :

 

-          Emission radio avec Eric Toussaint (CADTM) sur le collectif d’audit-citoyen :

« Il faut rassurer les marchés ! Il faut sauver notre triple A ! Il faut des plans de rigueur, on n’ a pas le choix ! Voilà la chanson dominante aujourd’hui. Le spectre de la Grèce est agité comme une menace. Acceptez la rigueur, sinon ça vous arrivera ! » «La dette ou la vie» (France Inter)

 

-          4 pages « sortir du piège de la dette » (Attac/Copernic) :

« De sommets européens « exceptionnels » en plans d’austérité « urgents », la dette publique est devenue cet épouvantail, destiné à effrayer l’opinion publique et promouvoir des politiques régressives, en court-circuitant le débat démocratique. Les dépenses publiques, la protection sociale, les services publics, font ainsi l’objet d’attaques incessantes, alors que le problème est ailleurs. » 4P : «Sortir du piège de la dette»

 

-          La dette, c’est chouette :

« avec ce film nous ajoutons notre pierre au mouvement qui se dessine de la même façon pour refuser l’austérité perpetuelle et la tranquilité pour ceux qui pillent nos richesses et celles de la planète. » Joris Clerté, Clémentine Autain, Cédric Durand, Razmig Keucheyan et Stéphane Lavignotte.  http://www.audit-citoyen.org/?cat=13

 

-          Leur dette, notre démocratie, journée de débat le 15 janvier 2012 :

« Plusieurs tables rondes rassembleront des animateurs des luttes sociales et citoyennes et des chercheurs venus de France, d’Europe et d’ailleurs, pour mettre en débat la dette publique, sa légitimité, les mouvements sociaux qui émergent et les stratégies pour refonder l’Europe sur des bases démocratiques. » 15 janvier, «dette et démocratie»

 

Quelques infos complémentaires sur des initiatives d’élus :

 

-          Motion du Conseil Municipal de Saint Germain du Puy pour un « audit citoyen de la dette »

-          Motion du Conseil Municipal de Saint Florent sur Cher pour un « audit citoyen de la dette »

-          Proposition d’une commission d'audit de la dette, résolution à l’Assemblée nationale

 

International, en bref :

 

-          Une initiative d’audit citoyen lancée au Portugal mi-novembre. Le collectif pour un audit-citoyen français était présent.

-          Une initiative lancée en Italie… sur le modèle de l’initiative française, avec un appel publié dans « il manifesto ».

-          Une initiative lancée en Irlande, audit sur le coût du rachat des banques en faillite,  toujours en cours

-          En Espagne, une initiative en cours de préparation…

Voilà, merci pour votre lecture et n’oubliez pas de vous rendre sur : http://www.audit-citoyen.org/

Publié par Frédéric Maurin à 12:11pm - Voir le commentaire ()
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16 Février 2012

600 raisons de ne pas voter Sarkozy

Sarkozy enfin candidat, si l'on en croit Fréquence Bouygues (TF1).

La grosse Bertha médiatique va faire feu (d'ailleurs, vous aurez remarqué que la belle Angela a tiré la première).

Donc après la vague de froid, le déluge...déluge de démagogie, de mensonges, de simplismes, de sophismes, de tautologies, de clientélismes, de raccourcis.

Il va donc falloir faire front à gauche et, plus particulèrement, Front de Gauche (http://www.placeaupeuple2012.fr/).

Et pour consolider ce front, il faut faire découvrir ces 600 raisons de ne pas voter Sarkozy.

En ce qui me concerne, et vous le savez bien, une seule raison me suffisait : son projet de Défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance mis en lumière par un cacique du MEDEF

(Merci encore, Denis Kessler, de ton honnêteté involontaire...tiens, cela rime!).

Mais, dans ces 600 raisons, il y a bien les déclinaisons multiples de ce projet, de cette faillite économique et morale : 

http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/02/15/600-raisons-de-ne-pas-voter-sarkozy-229419

Publié par Frédéric Maurin à 22:14pm - Voir le commentaire ()
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16 Février 2012

Bernard Lavilliers appelle à voter Front de Gauche

J'ai l'habitude d'avoir des points de vue plus classiquement politico-économiques. Mais je n'oublie pas que "Sans la musique, la vie serait une erreur" (F. Nietzche ? J'ai la mémoire qui flanche, ti lala li lala).

Pour le reste, j'ignore si Mireille Mathieu et Steevie Boulay reconduisent leur engagement pour Sarkozy. A vrai dire, ne me frego !

 

 

 

 

Il y en a d'autres ici : www.musicme.com/#/Bernard-Lavilliers/videos/ ...mais que cela ne vous empêche de lire et faire lire :

               http://www.placeaupeuple2012.fr/

Dans une interview accordée au journal L’Humanité ce jeudi 8 septembre (au passage, je précise qu'acheter la version papier de ce journal est un réel plaisir) l’artiste annonce qu’il votera pour le candidat du Front de gauche en 2012.

Parce que, dit-il, « les causes perdues ne sont jamais perdues. Elles ne sont pas très visibles, il faut les remettre en perspective », bernard Lavilliers a fait son choix : ce sera celui de l’alternative politique. Et pour cela, poursuit-il, la Fête de l’Huma « va avoir pas mal d’importance ». Morceaux choisis.

Globe-trotter infatigable qui « voyage en tant qu’homme du peuple », il fera une halte à La Courneuve sur la grande scène ce samedi 17 septembre. Au souvenir de périple dans de lointaines contrées il prend le temps d’évoquer ses origines ouvrières : « Le fait que je sorte de ce milieu que je connais très bien me permet d’avoir des rapports avec le monde ouvrier dans le monde entier. Hormis la langue, la nourriture, cela marche pareil au fond. Un mec qui se fait exploiter, il est au courant ! »

Puis,il a tenu a lutter contre l’amnésie qui existe parfois en politique, « il ne faut pas oublier qu’on a arraché les quarante-heures, les trente cinq heures, les congés payés. Si on se laisse faire, ils vont nous les reprendre. Je ne suis pas qu’indigné. Il faut une alternative politique ». Et c’est pour cela qu’il a décidé de soutenir le programme partagé du Front de Gauche. Puis il a tenu à remettre au goût du jour un terme que certains avaient peut-être oublié : « La lutte des classes, contrairement à ce que pense le bourgeois et ce que pensaient les gens dans les années 90, c’est de nouveau à la mode (…)Là maintenant, il n’est plus question d’augmenter les salaires, il n’y a même plus de discussions. »

Avant d’appeler à voter pour le candidat du Front de Gauche donc, Bernard Lavilliers avait fait connaître son point de vu sur ces hommes politiques alignés, ceux qu’il appelle lui les « troisièmes couteaux », et qui « se font de plus en plus balader par les fonds d’investissement, par les banquiers qui font ce qu’ils veulent finalement ». Un sentiment partagé et appuyé par des faits selon lui « tellement visibles. J’ai l’impression que les gens le voient et se demandent comment changer, comment faire pour les serrer, ces actionnaires multinationaux. Il faut être radical et ne pas désespérer. »

 

 

 

 

 


Publié par Frédéric Maurin à 21:48pm - Voir le commentaire ()
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16 Février 2012

De l'audace, encore de l'audace, toujours de l'audace !

  L'expression est empruntée à Danton pour que mon récent billet Robespierre, reviens ! ne fasse pas de jaloux. Régis Debray indiquait que ces deux figures de la révolution incarnait la tension entre Liberté et Egalité.

Bien. Le texte qui suit est de Samir Amin, diffusé par le M'PEP

Source : http://www.m-pep.org/spip.php?article2436

Certains points de l'exposé avaient déjà été vus dont celui-ci :

Contre la dictature de l'actionnariat : fermer la Bourse ?

 

 

  De l'audace, donc disions-nous...

La conjoncture historique produite par l’implosion du capitalisme contemporain impose à la gauche radicale, au Nord comme au Sud, d’avoir de l’audace dans la formulation de son alternative politique au système en place. L’objet de ce papier est de montrer pourquoi cette exigence puis ce que j’entends par elle.

Pourquoi de l’audace ?

1. Le capitalisme contemporain est un capitalisme de monopoles généralisés. J’entends par là que les monopoles constituent désormais non plus des îles (fussent-elles importantes) dans un océan de firmes qui ne le sont pas – et qui, de ce fait, sont encore relativement autonomes – mais un système intégré et que, de ce fait, ces monopoles contrôlent désormais étroitement l’ensemble de tous les systèmes productifs. Les petites et moyennes entreprises, et même les grandes entreprises qui ne relèvent pas elles-mêmes de la propriété formelle des ensembles oligopolistiques concernés – sont enfermées dans des réseaux de moyens de contrôle mis en place en amont et en aval par les monopoles. Leur marge d’autonomie s’est rétrécie de ce fait comme une peau de chagrin. Ces unités de production sont devenues des sous-traitants des monopoles.

Ce système des monopoles généralisés est le produit d’une étape nouvelle de la centralisation du capital dans les pays de la triade (les États-Unis, l’Europe occidentale et centrale, le Japon) qui s’est déployée au cours des années 1980 et 1990.

Simultanément ces monopoles généralisés dominent l’économie mondiale. La « mondialisation » est le nom qu’ils ont eux-mêmes donné à l’ensemble des exigences par lesquelles ils exercent leur contrôle sur les systèmes productifs des périphéries du capitalisme mondial (le monde entier au-delà des partenaires de la triade). Il ne s’agit de rien d’autre que d’une étape nouvelle de l’impérialisme.

2. Le capitalisme des monopoles généralisés et mondialisés constitue un système qui assure à ces monopoles la ponction d’une rente de monopole prélevée sur la masse de la plus value (transformée en profits) que le capital extrait de l’exploitation du travail. Dans la mesure où ces monopoles opèrent dans les périphéries du système mondialisé cette rente de monopole devient une rente impérialiste. Le procès d’accumulation du capital – qui définit le capitalisme dans toutes ses formes historiques successives – est, de ce fait, commandé par la maximisation de la rente monopolistique/impérialiste.

Ce déplacement du centre de gravité de l’accumulation du capital est à l’origine de la poursuite continue de la concentration des revenus et des fortunes, au bénéfice de la rente des monopoles, largement accaparée par les oligarchies (« ploutocraties ») qui gouvernent les groupes oligopolistiques, au détriment des rémunérations du travail et même des rémunérations du capital non monopolistique.

3. Ce déséquilibre en croissance continue est lui-même, à son tour, à l’origine de la financiarisation du système économique. J’entends par là qu’une fraction croissante du surplus ne peut plus être investie dans l’élargissement et l’approfondissement des systèmes productifs et que le « placement financier » de cet excédent croissant constitue alors la seule alternative possible pour la poursuite de l’accumulation commandée par les monopoles.

La mise en place de systèmes permettant cette financiarisation opère par différents moyens inventés et imposés à cet effet : (i) la soumission de la gestion des firmes au principe de la « valeur actionnariale », (ii) la substitution de systèmes de retraites par capitalisation (les Fonds de Pension) aux systèmes de retraites par répartition, (iii) l’adoption du principe des « changes flexibles », (iv) l’abandon du principe de la détermination du taux de l’intérêt – le prix de la « liquidité » – par les banques centrales et le transfert de cette responsabilité au « marché ».

La financiarisation a transféré à une trentaine de banques géantes de la triade la responsabilité majeure dans la commande de la reproduction de ce système de l’accumulation. Ce qu’on appelle pudiquement « les marchés » ne sont alors rien d’autre que les lieux où se déploient les stratégies de ces agents dominants la scène économique.

À son tour cette financiarisation, qui accuse la croissance de l’inégalité dans la répartition des revenus (et des fortunes), génère le surplus grandissant dont elle se nourrit. Les « placements financiers » (ou encore les placements de spéculation financière) poursuivent leur croissance à des rythmes vertigineux, sans commune mesure avec ceux de la « croissance du PIB » (elle-même devenue de ce fait largement fictive) ou ceux de l’investissement dans l’appareil productif.

La croissance vertigineuse des placements financiers exige – et alimente – entre autre celle de la dette, dans toutes ses formes, et en particulier celle de la dette souveraine. Lorsque les gouvernements en place prétendent poursuivre l’objectif de « réduction de la dette », ils mentent délibérément. Car la stratégie des monopoles financiarisés a besoin de la croissance de la dette (qu’ils recherchent et non combattent) – un moyen financièrement intéressant d’absorber le surplus de rente des monopoles. Les politiques d’austérité imposées, « pour réduire la dette » dit-on, ont, au contraire, pour conséquence (recherchée) d’en augmenter le volume.

4. C’est ce système – qualifié vulgairement de « néolibéral », en fait le système du capitalisme des monopoles généralisés, « mondialisés » (impérialistes) et financiarisés (par nécessité imposée pour sa reproduction) – qui implose sous nos yeux. Ce système, visiblement incapable de surmonter ses contradictions internes grandissantes, est condamné à poursuivre sa course folle.

La « crise » du système n’est pas due à autre chose qu’à son propre « succès ». En effet jusqu’à ce jour la stratégie déployée par les monopoles a toujours donné les résultats recherchés : les plans « d’austérité », les plans dits sociaux (en fait antisociaux) de licenciement, s’imposent toujours, en dépit des résistances et des luttes. L’initiative demeure toujours, jusqu’à ce jour, dans les mains des monopoles (« les marchés ») et de leur serviteurs politiques (les gouvernements qui soumettent leurs décisions aux exigences dites du « marché »).

5. Dans ces conditions le capital des monopoles a ouvertement déclaré la guerre aux travailleurs et aux peuples. Cette déclaration trouve sa formulation dans la sentence « le libéralisme n’est pas négociable ». Le capital des monopoles entend donc poursuivre sa course folle et non pas en ralentir le rythme. La critique que je ferai plus loin des propositions de « régulation » s’inscrit dans cette logique.

Nous ne sommes pas dans un moment historique où la recherche d’un « compromis social » constitue une alternative possible. Il y a eu de tels moments dans l’histoire, comme par exemple dans l’après-guerre, avec les compromis social capital/travail propres à l’État social-démocrate en Occident, au socialisme réellement existant de l’Est, aux projets nationaux populaires du Sud. Mais notre moment historique n’est pas de ceux-là. Le conflit oppose donc le capital des monopoles aux travailleurs et aux peuples invités à une capitulation sans condition. Les stratégies défensives de résistance sont, dans ces conditions, inefficaces, appelées à être toujours finalement vaincues. Face à la guerre déclarée par le capital des monopoles, les travailleurs et les peuples doivent développer des stratégies qui leur permettent de passer à l’offensive.

Cette conjoncture de guerre sociale s’accompagne nécessairement par la prolifération des conflits politiques internationaux et des interventions militaires des puissances impérialistes de la triade. La stratégie de « contrôle militaire de la Planète » par les forces armées des États-Unis et de leurs alliés subalternes de l’Otan constitue en dernier ressort le seul moyen par lequel les monopoles impérialistes de la triade peuvent espérer poursuivre leur domination sur les peuples, les nations et les Etats du Sud.

Face à ce défi (la guerre déclarée par les monopoles), quelles sont les réponses alternatives proposées ?

Première réponse : la « régulation des marchés » (financiers et autres).

Il s’agit là d’initiatives que les monopoles et les pouvoirs à leur service prétendent envisager. En fait il ne s’agit là que d’une rhétorique creuse, destinée à tromper les opinions publiques. Ces initiatives ne peuvent pas arrêter la course folle à la rentabilité financière qui est le produit de la logique de l’accumulation commandée par les monopoles. Elles ne constituent donc qu’une fausse alternative.

Seconde réponse : le retour aux modèles de l’après-guerre.

Ces réponses alimentent une triple nostalgie : (i) la refondation d’une « social-démocratie » véritable en Occident ; (ii) la résurrection de « socialismes » fondés sur les principes qui ont gouverné ceux du XXe siècle ; (iii) le retour aux formules du nationalisme populaire dans les périphéries du Sud. Comme on peut le voir ces nostalgies imaginent pouvoir « faire reculer » le capitalisme des monopoles, en l’obligeant à régresser sur les positions qui étaient les siennes en 1945. Elles ignorent que l’histoire ne permet jamais de tels retours en arrière. Il faut s’attaquer au capitalisme tel qu’il est aujourd’hui, et non à ce qu’on aurait souhaité qu’il soit, en imaginant le blocage de son évolution. Il reste que ces nostalgies continuent à hanter des segments importants des gauches à travers le monde.

Troisième réponse : la recherche d’un consensus « humaniste ».

Je définis les vœux pieux de cette manière précise : l’illusion qu’un consensus qui associe les porteurs d’intérêts fondamentalement conflictuels serait possible. L’écologie naïve, entre autre, partage cette illusion.

Quatrième réponse : les illusions passéistes.

Ces illusions invoquent la « spécificité » et le « droit à la différence » sans se soucier d’en comprendre la portée et le sens. Le passé aurait déjà répondu aux questions d’avenir. Ces « culturalismes » peuvent revêtir des formes parareligieuses ou ethniques. Les théocraties et les ethnocraties constituent alors des substituts commodes aux luttes sociales démocratiques qu’elles évacuent de leur agenda.

Cinquième réponse : la priorité aux « libertés individuelles ».

L’éventail des réponses fondées sur cette priorité, considérée comme la « valeur suprême » et même exclusive, intègre dans ses rangs les inconditionnels de la « démocratie électorale représentative », assimilée à la démocratie tout court. La formule dissocie la démocratisation des sociétés du progrès social, et tolère même de facto son association avec la régression sociale, au prix de risquer de décrédibiliser la démocratie, réduite au statut de farce tragique.

Mais il existe des formes de cette posture encore plus dangereuses. Je fais référence ici à certains courants « postmodernistes » (à Toni Negri en particulier) qui imaginent que l’individu est déjà devenu le sujet de l’Histoire, comme si le communisme, qui permettra à l’individu réellement émancipé des aliénations marchandes de devenir effectivement le sujet de l’Histoire, était déjà là !

On voit bien que toutes ces réponses, dont celles de droite (les « régulations » qui ne remettent pas en cause la propriété privée des monopoles), ne sont pas sans trouver d’échos puissants dans les majorités des peuples de gauche tels qu’ils sont encore.

6. La guerre déclarée par le capitalisme des monopoles généralisés de l’impérialisme contemporain n’a rien à craindre des fausses alternatives dont j’ai dessiné ici les lignes directrices.

Le moment nous offre l’occasion historique d’aller bien plus loin ; il impose comme seule réponse efficace une radicalisation audacieuse dans la formulation d’alternatives capables de faire passer les travailleurs et les peuples à l’offensive, de mettre en déroute la stratégie de guerre de l’adversaire. Ces formulations, fondées sur l’analyse du capitalisme contemporain réellement existant, doivent regarder en face l’avenir à construire, et tourner le dos aux nostalgies du passé et aux illusions identitaires ou consensuelles. 

 

J’organiserai les propositions générales qui suivent dans trois rubriques :
(i) socialiser la propriété de monopoles ;
(ii) dé-financiariser la gestion de l’économie ;
(iii) dé-mondialiser les rapports internationaux.

 1.- Socialiser la propriété des monopoles

L’efficacité de la réponse alternative nécessaire exige la remise en cause du principe même de la propriété privée du capital des monopoles. Proposer de « réguler » les opérations financières, de restituer aux marchés leur « transparence » pour permettre aux « anticipations des agents » d’être « rationnelles », définir les termes d’un consensus sur ces réformes, sans abolir la propriété privée des monopoles, ce n’est rien d’autre que jeter de la poudre aux yeux des publics naïfs. Car on invite alors les monopoles eux-mêmes à « gérer » ces réformes, contre leur intérêt propre, en ignorant qu’ils conservent mille et un moyens d’en contourner les objectifs.

L’objectif du projet alternatif doit être d’inverser la direction de l’évolution sociale (du désordre social) produite par les stratégies des monopoles, d’assurer l’emploi maximal et de le stabiliser, de garantir des salaires convenables en croissance parallèle à celle de la productivité du travail social. Cet objectif est tout simplement impossible sans exproprier le pouvoir des monopoles.

Le « logiciel des théoriciens de l’économie » doit être reconstruit (comme l’écrit François Morin). Car l’absurde et impossible théorie économique des « anticipations » expulse la démocratie de la gestion de la décision économique. Avoir de l’audace, c’est ici reformuler dans la perspective radicale exigée les réformes de l’enseignement, non seulement pour la formation des économistes, mais également pour celle de tous ceux appelés à occuper des fonctions de cadres.

Les monopoles sont des ensembles institutionnels qui doivent être gérés selon les principes de la démocratie, en conflit frontal avec ceux qui sacralisent la propriété privée. Bien que l’expression de « biens communs », importé du monde anglo-saxon, soit par elle-même toujours ambigüe parce que déconnectée du débat sur le sens des conflits sociaux (le langage anglo-saxon veut ignorer délibérément la réalité des classes sociales), on pourrait à la rigueur l’invoquer ici en qualifiant les monopoles précisément de « biens communs ».

L’abolition de la propriété privée des monopoles passe par leur nationalisation. Cette première mesure juridique est incontournable. Mais l’audace consiste ici à proposer des plans de socialisation de la gestion des monopoles nationalisés et à promouvoir des luttes sociales démocratiques qui engagent sur cette longue route.

Je donnerai ici un exemple concret de ce que pourraient être ces plans de socialisation.

Les agriculteurs « capitalistes » (ceux des pays capitalistes développés) comme les agriculteurs « paysans » (en majorité au Sud) sont tous prisonniers en amont des monopoles qui leur fournissent les intrants et le crédit, en aval de ceux dont ils dépendent pour la transformation, le transport et la commercialisation de leurs produits. De ce fait ils ne disposent d’aucune autonomie réelle dans la prise de leurs « décisions ». De surcroit les gains de productivité qu’ils réalisent sont pompés par les monopoles qui les réduisent au statut de « sous-traitants » de fait. Quelle alternative ?

Il faudrait pour cela substituer aux monopoles concernés des institutions publiques dont une loi cadre fixerait le mode de constitution des directoires. Ceux-ci seraient constitués par des représentants : (i) des paysans (les intéressés principaux) ; (ii) des unités d’amont (usines de fabrication des intrants, banques) et d’aval (industries agro-alimentaires, chaînes de distribution) ; (iii) des consommateurs ; (iv) des pouvoirs locaux (intéressés par l’environnement naturel et social – écoles, hôpitaux, urbanisme et logements, transports) ; (v) de l’Etat (les citoyens). Les représentants des composantes énumérés ici seraient eux-mêmes choisis selon des procédures cohérentes avec leur mode propre de gestion socialisée, puisque par exemple les unités de production d’intrants seraient elles-mêmes gérées par des directoires composites associant les travailleurs directement employés par les unités concernées, ceux qui sont employés par des unités de sous-traitance, etc. On devrait concevoir ces constructions par des formules qui associent les cadres de gestion à chacun de ces niveaux, comme les centres de recherche scientifique et technologique indépendants et appropriés. On pourrait même concevoir une représentation des fournisseurs de capitaux (les « petits actionnaires ») hérités de la nationalisation, si on le juge utile.

Il s’agit donc de formules institutionnelles beaucoup plus complexes que ne le sont celles de « l’autogestion » ou de la « coopérative » telles que nous les connaissons. Il s’agit de formules à inventer qui permettraient l’exercice d’une démocratie authentique dans la gestion de l’économie, fondée sur la négociation ouverte entre les parties prenantes. Une formule qui associe donc systématiquement démocratisation de la société et progrès social, en contrepoint de la réalité capitaliste qui dissocie la démocratie – réduite à la gestion formelle de la politique – des conditions sociales – abandonnées à ce que le « marché », dominé par le capital des monopoles, produit. Alors et alors seulement on pourrait parler de transparence authentique des marchés, régulés dans ces formes institutionnalisées de la gestion socialisée.

L’exemple choisi pourrait paraître marginal dans les pays capitalistes développés du fait que les agriculteurs n’y représentent qu’une très faible proportion des travailleurs (3 à 7 %) Par contre cette question est centrale dans les pays du Sud dont la population rurale restera importante encore longtemps. Ici l’accès à la terre, qui doit être garanti à tous (avec la moindre inégalité possible dans cet accès) s’inscrit dans les principes fondamentaux de l’option en faveur d’une agriculture paysanne (je renvoie ici à mes développements plus fournis sur la question). Mais dire « agriculture paysanne » ne doit pas être compris comme synonyme d’« agriculture stagnante » (voire « réserve folklorique »). Et le progrès nécessaire de cette agriculture paysanne exige certaines « modernisations » (même si ce terme est impropre car il suggère immédiatement à beaucoup la modernisation par le capitalisme). Des intrants plus efficaces, des crédits, un écoulement convenable des productions sont nécessaires pour donner du sens à l’amélioration de la productivité du travail paysan. Les formules proposées poursuivent l’objectif de permettre cette modernisation par des moyens et dans un esprit « non capitalistes », c’est-à-dire s’inscrivant dans une perspective socialiste.

Evidemment l’exemple concret choisi ici n’est pas le seul dont il faudrait imaginer l’institutionnalisation. Les nationalisations/socialisations de la gestion des monopoles de l’industrie et des transports, celles des banques et des autres institutions financières devraient être imaginées dans le même esprit, mais en tenant compte pour la constitution de leurs directoires de la spécificité de leurs fonctions économiques et sociales. Encore une fois ces directoires devraient associer les travailleurs de l’entreprise et ceux des sous-traitants, les représentants des industries d’amont, les banques, les institutions de recherche, les consommateurs, les citoyens.

La nationalisation/socialisation des monopoles répond à une exigence fondamentale, qui constitue l’axe du défi auquel les travailleurs et les peuples sont confrontés dans le capitalisme contemporain des monopoles généralisés. Elle seule permet de mettre un terme à l’accumulation par dépossession qui commande la logique de la gestion de l’économie par les monopoles.

L’accumulation dominée par les monopoles ne peut en effet se reproduire qu’à la condition que l’aire soumise à la « gestion des marchés » soit en expansion continue. Celle-ci est obtenue par la privatisation à outrance des services publics (dépossession des citoyens), et de l’accès aux ressources naturelles (dépossession des peuples). La ponction que la rente des monopoles opère sur les revenus du capital des unités économiques « indépendantes » est elle-même une dépossession (de capitalistes !) par l’oligarchie financière.

2 La dé-financiarisation : un monde sans Wall Street

La nationalisation/socialisation des monopoles abolit déjà par elle-même le principe de la « valeur actionnariale » imposé par la stratégie de l’accumulation au service de la rente des monopoles. Cet objectif est essentiel pour tout programme audacieux de sortie des ornières dans lesquelles la gestion de l’économie contemporaine est enlisée. Sa réalisation coupe l’herbe sous les pieds de la financiarisation de cette gestion. Revient-on par là même à cette fameuse « euthanasie des rentiers » préconisée par Keynes en son temps ? Pas nécessairement et encore moins intégralement. L’épargne peut être encouragée par une récompense financière, mais à condition d’en définir d’une manière précise les origines (épargne des ménages de travailleurs, des entreprises, des collectivités) et les conditions de leur rémunération. Le discours concernant l’épargne macroéconomique dans la théorie économique conventionnelle cache en réalité l’organisation de l’accès exclusif des monopoles au marché des capitaux. Sa prétendue « rémunération par les marchés » n’est alors rien d’autre que le moyen de garantir la croissance des rentes de monopoles.

Bien entendu la nationalisation/socialisation des monopoles implique celle des banques, au moins des majeures d’entre elles. Mais la socialisation de leur intervention (les « politiques de crédit ») comporte des spécificités qui imposent une conception adéquate dans la constitution de leurs directoires. La nationalisation au sens classique du terme impliquait seulement la substitution de l’Etat aux conseils d’administration formés par les actionnaires privés. Cela permettrait déjà, en principe, la mise en œuvre par les banques des politiques de crédit formulés par l’Etat ; et cela n’est déjà pas rien. Mais cela ne suffit certainement pas dès lors qu’on a pris conscience que la socialisation implique la participation directe dans la gestion bancaire des partenaires sociaux concernés. Bien entendu ici également « l’autogestion » – la gestion des banques par leur personnel – n’est pas la formule qui répond aux questions posées. Les personnels concernés doivent certes être associés aux décisions concernant leurs conditions de travail, mais guère plus, car ils n’ont rien à dire concernant les politiques de crédit à mettre en œuvre.

Si les directoires bancaires doivent associer les intérêts – conflictuels – de ceux qui fournissent les crédits (les banques) et de ceux qui les reçoivent (les « entreprises ») la formule est à penser concrètement en relation avec ce que sont ces dernières et ce qu’elles demandent. Une recomposition du système bancaire, trop centralisé surtout depuis que les régulations financières traditionnelles des deux siècles passés ont été abandonnées au cours des quatre dernières décennies, s’impose. Il y a là un argument fort pour justifier la reconstruction de spécialisations bancaires, selon les destinataires de leurs crédits et selon la fonction économique de ceux-ci (fourniture de liquidités à court terme, contribution au financement des investissements à moyen et long termes). On pourrait alors par exemple concevoir une « banque de l’agriculture » (ou un ensemble coordonné de banques de l’agriculture) dont la clientèle serait constituée non pas seulement par les agriculteurs et les paysans mais également par les unités d’intervention en amont et en aval de l’agriculture décrites plus haut. Son directoire associerait alors d’une part les « banquiers » (le personnel dirigeant de la banque, eux-mêmes choisis par le directoire) et d’autre part les clients (les agriculteurs ou les paysans, les unités d’amont et d’aval). On devrait imaginer d’autres ensembles bancaires articulés sur les secteurs industriels, dont les directoires associeraient les clientèles industrielles, les centres de recherche et de technologies, des services compétents dans le domaine du contrôle des effets écologiques des modes de production mis en œuvre, garantissant de ce fait le risque minimal (sachant bien qu’aucune action humaine ne comporte de risque zéro), objet lui-même de débats démocratiques transparents.

La dé-financiarisation de la gestion économique implique également deux séries de mesures législatives. Les premières concernent la suppression pure et simple des fonds de spéculation (hedge funds), dont un Etat souverain peut toujours interdire les opérations sur le territoire national. Les secondes concernent les Fonds de Pension, devenus d’ailleurs des opérateurs majeurs dans la financiarisation du système économique. Ces fonds ont été conçus – d’abord aux États-Unis bien entendu – pour transférer aux salariés les risques qui normalement sont encourus par le capital et constituent la raison même invoquée pour légitimer sa rémunération ! Il s’agit donc d’une opération scandaleuse, en contradiction manifeste avec le discours idéologique de défense du capitalisme ! Mais cette « invention » convient parfaitement au déploiement des stratégies de l’accumulation dominée par les monopoles. Leur abolition s’impose, au bénéfice de systèmes de retraites par répartition, qui, par leur nature même, permettent et imposent le débat démocratique pour la détermination des montants et durées de cotisation et des rapports entre les montants des pensions et les rémunérations salariales. Ces systèmes ont la vocation normale, dans une démocratie respectueuse des droits sociaux, à être généralisés à tous les travailleurs. Cependant, à la rigueur, et par souci de ne rien « interdire » qui soit souhaité par un groupe d’individus, des retraites complémentaires servis par des fonds de pension pourraient être autorisées.

L’ensemble des mesures de dé-financiarisation suggérées ici conduisent à une conclusion évidente : « un monde sans Wall Street », pour reprendre le titre du livre de François Morin, est possible et souhaitable.

Dans ce monde la vie économique demeure largement régulée par le « marché ». Mais il s’agit alors de marchés pour la première fois réellement transparents, régulés par la négociation démocratique d’authentiques partenaires sociaux (pour la première fois également ceux-ci ne sont plus des adversaires comme ils le sont nécessairement dans le capitalisme). Ce qui est aboli, c’est le « marché » financier – opaque par nature – soumis aux exigences de sa gestion au bénéfice des monopoles. On pourrait discuter davantage pour savoir s’il est utile ou non de « fermer les Bourses », les opérations de transfert éventuel des droits de propriété tant dans leurs formes privées que dans leurs formes sociales étant conduites « autrement », ou si l’on conserve des Bourses refondées à cette fin. Le symbole en tout cas – « un monde sans Wall Street » – conserve toute sa force.

La dé-financiarisation n’implique certainement pas l’abolition de la politique macroéconomique et en particulier celle de la gestion macro du crédit. Tout au contraire elle en rétablit l’efficacité en la libérant de sa soumission aux stratégies de maximisation de la rente des monopoles. La restauration des pouvoirs des banques centrales nationales, non plus « indépendantes » mais dépendantes à la fois de l’Etat et des marchés régulés par la négociation démocratique des partenaires sociaux, donne à la formulation de la politique macro de crédit toute son efficacité au service d’une gestion socialisée de l’économie.

3.- Au plan international : la déconnexion

Je reprendrai ici le terme de déconnexion que j’ai proposé il y a déjà un demi siècle, auquel la langue contemporaine semble substituer le synonyme de « dé-globalisation/dé-mondialisation ». Je rappelle que je n’ai jamais entendu par déconnexion un repli autarcique, mais une inversion stratégique dans la vision des rapports internes/externes, en réponse aux exigences incontournables d’un développement autocentré. La déconnexion favorise la reconstruction d’une mondialisation fondée sur la négociation, et non la soumission aux intérêts exclusifs des monopoles impérialistes. Elle favorise la réduction des inégalités internationales.

La déconnexion s’impose du fait que les mesures préconisées dans les deux sections qui précèdent ne pourront véritablement jamais être mises en œuvre à l’échelon mondial, ni même à celui d’ensembles régionaux (comme l’Europe). Elles ne peuvent être amorcées que dans le cadre des Etats/nations les plus avancés par l’ampleur et la radicalité des luttes sociales et politiques, s’assignant l’objectif de s’engager dans la voie de la socialisation de la gestion de leur économie. L’impérialisme, dans les formes qui ont été les siennes jusqu’au lendemain de la seconde guerre mondiale, avait construit le contraste centres impérialistes industrialisés/périphéries dominées interdites d’industries. Les victoires des mouvements de libération nationale ont amorcé l’industrialisation des périphéries, à travers les mises en œuvre de politiques de déconnexion exigées par leur option en faveur d’un développement autocentré. Associées à des réformes sociales plus ou moins radicales, ces déconnexions ont créé les conditions de « l’émergence » ultérieure de ceux de ces pays qui étaient allé le plus loin dans cette voie, la Chine en tête du peloton bien entendu. Cependant l’impérialisme de la triade, contraint de reculer et de « s’ajuster » aux conditions de cette époque révolue, s’est reconstruit sur des bases nouvelles, fondées sur des « avantages » dont il entend garder le privilège de l’exclusivité et que j’ai classés dans cinq rubriques : le contrôle des technologies de pointe, de l’accès aux ressources naturelles de la planète, du système monétaire et financier intégré à l’échelle mondiale, des systèmes de communication et d’information, des armements de destruction massive. La forme principale de la déconnexion aujourd’hui se définit alors précisément par la remise en cause de ces cinq privilèges de l’impérialisme contemporain. Les pays émergents sont engagés sur cette voie, avec plus ou moins de détermination évidemment. Certes leur succès antérieur lui-même leur a permis, au cours des deux dernières décennies, d’accélérer leur développement, industriel en particulier, dans le système mondialisé « libéral » et par des moyens « capitalistes » ; et ce succès a alimenté des illusions concernant la possibilité de poursuite dans cette voie, autrement dit de se construire comme de nouveaux « partenaires capitalistes égaux ». La tentative de « coopter » les plus prestigieux de ces pays par la création du G 20 a encouragé ces illusions. Mais avec l’implosion en cours du système impérialiste (qualifié de « mondialisation ») ces illusions sont appelées à se dissiper. Le conflit entre les puissances impérialistes de la triade et les pays émergents est déjà visible, et est appelé à s’aggraver. Si elles veulent aller de l’avant les sociétés des pays émergents seront contraintes de se tourner davantage vers des modes de développement autocentrés tant aux plans nationaux que par le renforcement des coopérations Sud-Sud. L’audace consiste ici à s’engager avec fermeté et cohérence dans cette voie, en associant les mesures de déconnexion qu’elle implique à des avancées sociales progressistes. L’objectif de cette radicalisation est triple et associe la démocratisation de la société, le progrès social et des postures anti-impérialistes conséquentes. Un engagement dans cette voie est possible, non pas seulement dans les sociétés des pays émergents, mais également dans les « laissés pour compte » du grand Sud. Ces pays avaient été véritablement recolonisés à travers les programmes d’ajustement structurel des années 1980. Leurs peuples sont désormais en révolte ouverte, qu’ils aient déjà marqué des points (en Amérique du Sud) ou pas encore (dans le monde arabe). L’audace consiste ici pour les gauches radicales dans les sociétés en question de prendre la mesure du défi et de soutenir la poursuite et la radicalisation nécessaire des luttes en cours. La déconnexion des pays du Sud prépare la déconstruction du système impérialiste en place. La chose est particulièrement visible dans les domaines concernés par la gestion du système monétaire et financier mondialisé, comme il l’est par l’hégémonie du dollar. Mais attention : il est illusoire de penser pouvoir substituer à ce système un « autre système monétaire et financier mondial » mieux équilibré et plus favorable au développement des périphéries. Comme toujours la recherche d’un « consensus » international permettant cette reconstruction par en haut relève des vœux pieux et de l’attente du miracle. Ce qui est à l’ordre du jour c’est la déconstruction du système en place – son implosion – et la reconstruction de systèmes alternatifs nationaux (pour les pays continents) ou régionaux, comme certains projets de l’Amérique du Sud en amorcent la construction. L’audace consiste ici à aller de l’avant avec la plus grande résolution possible, sans trop s’inquiéter des ripostes de l’impérialisme aux abois. Cette même problématique de la déconnexion/déconstruction concerne l’Europe, mise en place comme sous-ensemble de la mondialisation dominée par les monopoles. Le projet européen a été pensé dès l’origine et construit systématiquement pour déposséder les peuples concernés des moyens d’exercer leur pouvoir démocratique. L’Union européenne a été placée dans un régime de protectorat exercé par les monopoles. Avec l’implosion de la zone euro cette soumission qui abolit la démocratie réduite au statut de farce prend des allures extrêmes : comment les « marchés » (c’est-à-dire les monopoles) et les « agences de notation » (c’est-à-dire encore les monopoles) réagissent-ils ? Voilà la seule question désormais posée. Comment les peuples pourraient réagir ne fait plus l’objet de la moindre considération. Il est alors évident qu’il n’y a pas ici non plus d’alternative à l’audace : « désobéir » aux règles imposées par la « Constitution européenne », comme par la fausse Banque centrale de l’euro. Autrement dit déconstruire les institutions de l’Europe et de la zone euro. Telle est la condition incontournable pour la reconstruction ultérieure d’une « autre Europe » (des peuples et des nations).

En conclusion : de l’audace, encore de l’audace, toujours de l’audace

Ce que j’ai entendu par audace c’est donc :

(i) Pour les gauches radicales dans les sociétés de la triade impérialiste l’engagement dans la construction d’un bloc social alternatif anti-monopoles.

(ii) Pour les gauches radicales dans les sociétés des périphéries l’engament dans la construction d’un bloc social alternatif anti-compradore.

Des avancées dans ces constructions, qui prendront leur temps, mais pourraient fort bien s’accélérer dés lors que la gauche radicale en amorcerait avec détermination le mouvement, s’inscrivent nécessairement comme des avancées sur la longue route du socialisme. Il s’agit donc de propositions de stratégies non pas de « sortie de la crise du capitalisme », mais de « sortie du capitalisme en crise » pour reprendre le titre d’un de mes ouvrages récents.

Nous sommes dans une période cruciale de l’Histoire. La seule légitimité du capitalisme est d’avoir créé les conditions de son dépassement socialiste, entendu comme une étape supérieure de la civilisation. Le capitalisme est désormais un système obsolète, dont la poursuite du déploiement ne produit plus que la barbarie ; et il n’y a plus d’autre capitalisme possible. L’issue de ce conflit de civilisation est incertain, comme toujours. Ou bien les gauches radicales parviendront, par l’audace de leurs initiatives, à arracher des avancées révolutionnaires, ou bien la contre-révolution l’emportera. Il n’y a pas de compromis durable entre ces deux réponses au défi.

Toutes les stratégies des gauches non-radicales ne sont en fait que des non-stratégies, c’est-à-dire des ajustements au jour le jour aux vicissitudes du système en implosion. Et si les pouvoirs en place veulent, comme le Guépard, « tout changer afin que rien ne change », les candidats de la gauche non-radicale croient possible de « changer la vie sans toucher aux pouvoirs des monopoles » ! Les gauches non-radicales n’arrêteront pas le triomphe de la barbarie capitaliste. Elles ont déjà perdu la bataille, faute de vouloir la livrer.

De l’audace : il faut pour faire coïncider l’automne du capitalisme, annoncé par l’implosion de son système, avec un authentique printemps des peuples, devenu possible.

 

 


Publié par Frédéric Maurin à 20:49pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

14 Février 2012

Pourquoi voter Front de Gauche ?

Bonne question.

Malgré des réserves exprimées ici ou là :  Qu'ils s'en aillent tous !

je laisse répondre un "jeune" qui livre son témoignage sur http://www.rue89.com/

Son avis n'engage que lui. Aussi, pour les concerts de louanges ou les tombereaux d'injures, adressez-vous directement à l'auteur :

http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/02/05/jai-24-ans-et-moi-je-vais-voter-melenchon-229088

 

 

 

Etudiant en Master à l'IEP de Grenoble, je souhaite moi aussi partager ma vision des choses et mon expérience avec les lecteurs de Rue89. J'assume clairement ma démarche partisane, et puisqu'un militant de l'UDF a eu droit de cité dans les colonnes de Rue89, après tout, pourquoi pas moi ?

7 ans, en 1995, Bourg-de-péage

Premier contact avec la politique : les Guignols

La campagne présidentielle de 1995 a probablement été mon premier contact à la politique même si à l'époque, âgé de seulement 7 ans, je n'avais pas vraiment conscience de ce que je voyais ou de ce que j'entendais.

Je me souviens à quel point j'adorais Jacques Chirac, ou plutôt sa marionnette dans les Guignols, qui m'arrachait des éclats de rire à tous les coups.

Je me souviens aussi que mes parents, sympathisants socialistes, suivaient de très près la candidature de Jospin. Mon père surtout… Je le revois encore faire les cent pas devant la télé le soir du premier tour :

« Ah putain, ça va être Chirac…
- (La télé) Jacques Chirac est élu président de la République !
- Ah putain c'est Chirac, ah putaaaaiiinnnn. »

Bon, vous allez me dire, quand on est élevé par des parents de gauche dans une famille de profs, c'est pas trop compliqué d'être initié à la politique. Mes parents n'ont jamais été militants, mais ils ont toujours été clairement ancrés à gauche, et ont toujours voté à toutes les élections, généralement pour le PS, parfois pour Les Verts.

2002, 14 ans, au lycée

Le Pen au second tour. Je vis dans un pays de fachos

Comme la plupart des gens de ma génération, j'ai été profondément marqué par le 21 avril 2002, la qualification de Le Pen au second tour, l'impression de se retrouver vivant dans un pays de fachos. Aujourd'hui, on est plus nuancé, mais à l'époque, c'était clairement le choc.

Et puis il y a eu la campagne pour le référendum relatif à la ratification du Traité établissant une constitution pour l'Europe. Pas encore l'âge de voter, mais toujours aussi influencé par mes parents, fermement engagés en faveur du oui.

A l'époque, je me souviens m'être offusqué de la victoire du « non », rejetant dos à dos Le Pen et les leaders de la gauche antilibérale, « tous des tarés ! ».

Puis il y a eu le lycée, et la pensée politique qui commence à se construire doucement. Dans la construction de mon identité politique, je dois beaucoup aux cours de philo et de sciences économiques et sociales (SES). Je me souviens m'être dans un premier temps forgé des opinions sociale-démocrates, recevant des compliments appuyés de la part de ma prof de SES lorsque j'évoquais la possibilité d'un vaste plan de relance keynésienne à l'échelle européenne, pour ne pas avoir à subir le même contrecoup qu'en 1983.

En cours de SES, et dans une moindre mesure en philo, on étudie Marx et Tocqueville. Le premier m'a convaincu de l'iniquité et de l'injustice profonde qu'induisent le système capitaliste et de l'existence objective des antagonismes de classe. Le second a jeté les jalons de mon attachement à la République, à ses institutions, à une réflexion jamais tarie sur la nature même de la démocratie, qui induit une forme de « tyrannie de la majorité ».

Trop timide à l'époque, je suis resté en marge de la lutte contre le contrat première embauche (CPE), créé puis enterré par le gouvernement Villepin. J'étais alors scolarisé au lycée La-Martinière-Duchère, à Lyon, un établissement peu touché par les mouvements de blocage, dans lequel les organisations syndicales et politiques étaient alors inexistantes (le sont-elles toujours ? Je ne sais pas.)

Mais j'étais déjà fasciné par cette formidable énergie que véhiculaient les manifestations, par cette jeunesse qui emplissait avec enthousiasme les rues pour revendiquer son droit à vivre dignement. Et j'avais déjà une dent contre les gens de droite, qui arguaient crânement que tous ces jeunes n'étaient que des ahuris inconscients manipulés par les syndicats.

18 ans, la présidentielle de 2007

Je cherche ma crémerie à gauche, mes parents votent Bayrou

Je soutenais dans un premier temps Ségolène Royal, que je trouvais novatrice, énergique, solide dans ses apparitions médiatiques. Mais je me suis vite rendu compte que sur le fond, ça n'allait pas. J'étais sans doute déjà trop à gauche pour la soutenir.

Alors j'ai continué à chercher ma première crémerie. Je me suis intéressé au courant d'Arnaud Montebourg, « Rénover Maintenant », puis je lui en ai voulu quand il a rallié Royal… Tout compte fait, il n'y avait en somme pas grand-chose à tirer du PS. Il fallait donc aller voir ailleurs à gauche. Seul problème, ailleurs à gauche, il n'y avait alors pas grand-chose…

Le jour du premier tour, j'ai voté pour Marie-George Buffet, avec dans l'idée de promouvoir la construction de quelque chose de plus à gauche que le PS en se basant sur les premiers signes d'ouverture du PCF. Je me suis littéralement effondré lorsque j'ai vu son score apparaître sur mon écran de télé.

Mes parents avaient voté Bayrou, comme beaucoup de sympathisants socialistes lassés par les maladresses de Ségolène. Je me souviens les avoir conspué d'avoir voté pour ce mec de droite qui se cachait sous des oripeaux centristes.

Et puis c'est la victoire de Sarkozy, écrasante, sans ambiguïtés. Comme si toute l'opposition qu'il avait cristallisée contre lui dans les milieux de la jeunesse s'était retrouvée d'un seul coup impuissante… Dès l'annonce de son élection, j'étais résolu à lutter contre sa politique.

Mais pour ça, il fallait franchir le pas, s'engager en politique, et donc, adhérer à un parti. Oui mais lequel ? Le PCF ? Non, je ne suis pas communiste. La LCR [Ligue communiste révolutionnaire, ancêtre du NPA, ndlr] ? A l'époque, je les trouvais fous à lier. Mes convictions républicaines m'ont un temps orienté vers le MRC [le Mouvement républicain et citoyen de Jean-Pierre Chevènement, ndlr], mais à quoi bon adhérer à un parti de vieux caciques sans existence réelle ?

Finalement j'ai pris ma carte au PS, plus par envie d'y foutre le bordel que par conviction sociale-démocrate, comme s'il était encore possible d'ancrer ce parti à gauche… J'étais domicilié dans un patelin du Rhône tellement conservateur qu'aucune section socialiste n'y avait jamais été créée. Je suis resté longtemps isolé du parti, qui n'a pas été capable de prendre en charge ce nouvel adhérent tout paumé que j'étais alors. Il fallait trouver autre chose…

19 ans, la fac, la loi Pécresse

Je me retrouve couvert de huées en AG

Arrivé à la fac, ma vie a brusquement pris un nouveau tournant. La faculté de science politique de Lyon II, à cette époque, c'était vraiment un formidable repaire de gauchistes, de tout poil, de toutes obédiences. Je ne compte pas les discussions passionnantes que j'ai pu avoir avec nombre d'étudiants tous plus originaux et singuliers les uns que les autres. Certains sont devenus des amis avec lesquels j'ai encore pas mal de contacts.

Puis, d'un seul coup, est survenu le mouvement de lutte contre la loi Pécresse, la fameuse LRU [loi relative aux libertés et responsabilités des universités, qui devait renforcer leur autonomie, ndlr]. Ni une ni deux, l'université s'est retrouvée bloquée, avec barricades, barrages filtrants, piquets de grève, occupations d'amphis, CRS qui viennent déloger les étudiants, la totale.

Si mon opposition à cette loi était alors ferme et résolue, je n'étais pas d'accord avec les étudiants bloqueurs, que je trouvais irresponsables de se lancer avec aussi peu de pédagogie dans une lutte perdue d'avance, contre un gouvernement encore très populaire.

Mal m'a pris de faire part de mes doutes en assemblée générale : être couvert par les huées lors d'une intervention en public n'est jamais bien gratifiant !

Pourtant, je ne désespérais pas de devenir un vrai militant. Passionné par mes orientations républicaines, je découvre Jaurès, le socialisme historique, le combat des républicains laïcs à la Gambetta sous la IIIe République. Puis, en faisant des recherches sur le Net, je tombe sur PRS, « Pour la République sociale ». Un machin se revendiquant de la gauche républicaine et l'éducation populaire, fondé et dirigé par… Jean-Luc Mélenchon ? Connais pas.

Tan pis, leurs textes internes me plaisent, je lance mon adhésion par Internet. Rapidement, le responsable du cercle des jeunes de PRS dans le Rhône me contacte. Première rencontre, aïe, il s'agit d'un étudiant de Lyon II qui avait pris part au blocage ! Je suis reconnu, et l'accueil est rude : « PRS est une organisation marxiste ! » Pas de problème, je suis de la partie. Et j'ai bien fait de ne pas me laisser impressionner...

20 ans, Mélenchon quitte le PS...

... et moi avec

PRS, pour former un militant de gauche, y avait pas mieux. Les militants, adhérents pour la plupart au PS mais pas tous, étaient répartis dans de petits cercles de discussion, au cours desquels on causait de la lutte des classes, des tenants et aboutissants du système capitaliste, du socialisme, de ses origines, de la pensée jauréssienne, de la République…

En Assemblée générale départementale, on organisait les actions militantes : diffusions de tract, collages d'affiches, actions coup de poing avec les « commandos culturels ». Comme on n'était pas un parti, on ne se préoccupait pas des élections, ni des luttes internes.

Bref, on faisait de la politique, de la vraie. On se marrait bien, et les discussions étaient souvent passionnantes. J'avais enfin l'impression d'être parmi les miens, de faire partie de cette famille politique que j'avais si longtemps cherchée.

Novembre 2008, le congrès socialiste de Reims bat son plein. Toujours adhérent au PS, je m'inscris dans les activités du courant mélenchonien, « Trait d'union », et je participe aux réunions de la motion Hamon. Le soir du vote, les résultats sont calamiteux, et la nouvelle tombe : « Mélenchon quitte le PS et part fonder un nouveau parti ! »

Chiche ! Je le suis, avec l'écrasante majorité des militants de PRS, qui n'hésitent pas une seule seconde au moment de rendre leur carte au PS. Nous voila embarqués dans le Parti de gauche !

Au PG, on fait de la place aux jeunes : je me fais élire à la coordination départementale, au conseil national, je suis délégué aux congrès constitutif et fondateur (mais j'échoue de peu à entrer au Bureau national).

Au contact de certains camarades, je me construis une conscience écologique : j'apprends ce qu'est l'antiproductivisme, et en quoi la prise en compte des maux de l'environnement est liée aux objectifs d'une vraie gauche. Bref, mon rouge se pare de nuances de vert…

24 ans, la présidentielle de 2012

Devinez pour qui je vais voter

Je voterai pour Jean-Luc Mélenchon au premier tour de l'élection présidentielle, et j'espère bien également au second. En cas de second tour sans Mélenchon, mon bulletin sera blanc, sauf à voir Le Pen se qualifier contre Hollande, car il
est moins difficile, psychologiquement, de voter pour un candidat étiqueté « de gauche » contre une candidate fasciste.

Publié par Frédéric Maurin à 19:44pm - Voir le commentaire ()
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