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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

27 Avril 2012

Sarkozy pétainiste ?


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Sarkozy pétainiste ? L'accusation est sérieuse.

S'agirait-il d'une « reductio ad petainum » du débat ?

Petit détour historique avant d'en dire deux mots... 

Le maréchal Pétain est le premier dirigeant politique de droite qui ait tenté de récupérer le 1er mai. Ce jour-là était aussi la saint-Philippe ... Le 24 avril ( !) 1941, il a décidé de rendre férié cette journée-là, espérant rallier les ouvriers. Le 1er mai de cette année, il déclarait à ceux de Commentry (Allier) :

« Le 1er mai a été, jusqu’ici, un symbole de division et de haine. Il sera désormais un symbole d’union et d’amitié, parce qu’il sera la fête du travail et des travailleurs. Le travail est le moyen le plus noble et le plus digne que nous ayons de devenir maître de notre sort. »

L’églantine (rouge comme le sang des révolutionnaires et ouvriers) est alors remplacée par le muguet (blanc comme le lys).

Une fête de gauche tordue par l’extrême droite

Après la guerre, la fête est redevenue « républicaine » – le muguet a réussi à survivre, cependant. Mais le 24 avril ( ! !) 1988, au soir du premier tour de la présidentielle, Jean-Marie Le Pen a annoncé qu’il allait célébrer à sa façon le 1er mai, décrété « fête du travail et de Jeanne d’Arc », celle-ci étant dans la mystique de l’extrême droite, depuis toujours, l’incarnation de la résistance à l’étranger (Robert Brasillach, auteur apprécié par Jean-Marie Le Pen, écrivait dans Je suis partout, le 12 mai 1944 : « Jeanne appartient au nationalisme français dans ce qu’il a de plus réaliste, de plus profond et de plus attaché à la terre. »)

Depuis, chaque année, le FN organise ce rassemblement directement inspiré du pétainisme, donc. Marine Le Pen a repris la tradition : elle était l’an dernier la star de la fête, sur le podium installé au pied de la statue de la Pucelle, rue des Tuileries.

Au secours, Pétain revient ! Ce n’est pas la faute de la mondialisation, de la « France qui souffre », de la « peur du déclassement » , des faiblesses du pouvoir d’achat ou de la montée du chômage... C’est la faute des réponses qu’apporte le pouvoir à toutes ces réalités. En glorifiant « l’identité nationale » et le « vrai travail », en affirmant que « toutes les cultures ne se valent pas », en se vantant de sa chasse chiffrée aux immigrés, il ne devait pas s’attendre à autre chose.

Source : http://blogs.rue89.com/mon-oeil/2012/04/24/vrai-travail-and-co-au-secours-petain-revient-227303

 

On peut reprocher à Sarkozy beaucoup de choses et, la première d’entre toutes, son projet et sa pratique de  Défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance .

C’est bien pour cela qu’il doit être mis fin à son mandat et que doit se poser pour lui la question de la retraite avant 60 ans. 

Notons au passage que le problème de financement ne se posera pas pour lui  :

Retraites: pour une opération "Tu l'as votée, tu vas le payer"

Bien. Le temps électoral suscite quelques excès de langage (excusez l’euphémisme) et un usage, plus ou moins modéré et pertinent, de boules puantes.

Comme le lapsus en psychanalyse, ces boules puantes peuvent peut-être révèler la personnalité de celui qui les lance, exprimer sa vérité. Mais peut-on réduire le sujet à ces signes ?

Indices ou preuves de pétainisme ?

N'étant ni juge ni psychanalyste, je n'irai pas plus loin.

J'ai déjà dit que recenser des boules puantes serait un boulot à temps plein, que ma condition de Vrai travailleur qui se lève tôt (et parfois se couche tard) m’interdit. Je me suis limité pour cette campagne à  Mélenchon le populiste et çà suffat comme ci. 

Mais si, pour la circonstance d'un entre-deux-tours, il y a effectivement droitisation- fascisation du discours de Sarkozy (oui c’est indigne, oui c’est dangereux pour l’avenir : Vers une conjonction Front National - UMP )

...il est important aussi de la relativiser.

Car, par intérêt, par tradition, par conformisme, par "rêve de propriétaire" ou par inculture TF1, par peur ... la FRANCE électorale penche à DROITE !

Gaulliste ou reaganienne, étatiste ou libérale, chrétienne, éclairée ou obscurantiste, raciste ou humaniste...mais à droite.

Seule la composition du cocktail varie.

C'est bon, c'est mauvais? C'est surtout comme çà ! Et Sarkozy fait avec (on ferait bien, nous aussi, de l'analyser sérieusement... si l'on prétend vouloir faire sans un jour).

Avec sa fête improvisée du « Vrai travail » Sarkozy fait certes son marché chez Pétain.

Mais cela le rend-il plus fasciste que ses références à Blum, (à Môquet ou à Jaurès...), ne l’on rendues progressiste, résistant ou communiste?

Sarkozy se raccroche aux branches, ses discours s’adaptent à ce qu'il pense que l’auditoire FN pense …il a perdu.

Pétainiste, Sarkozy ? Oui, mais 2 semaines par an: 15 jours de fin pathétique d'un opportuniste.

Si davanture une vague de licenciements boursiers intervenait sous le quinquennat d'un François Hollande -ce qui est évidemment hautement improbable- Sarkozy serait capable de nous citer du Marx dans le texte.

Tiens puisqu’on parlait de Jaurès et des communistes…Personne n'est parfait je n’adhère pas au PCF mais je me soigne par un abonnement à  l’Humanité.  

(Je ne saurai d’ailleurs jamais assez vous recommander de faire de même : sur longue période, c’est une presse qui s’intéresse « plus au peuple qu’aux Peoples » et plus à ses lecteurs qu’à ses - heureusement très rares- publicitaires. Cela semble certes incroyable...mais c'est du Vrai Travail de vrais journalistes sur de vrais travailleurs ! ...bon j'arrête, allez-y : http://www.humanite.fr/).

L'Huma a produit une belle charge sur le pétainisme de Sarkozy...mais pour le dire à la manière d'Emmanuel Todd, "Je ne suis pas marxiste,mais..." je ne peux m'empêcher de songer à ce mot de Marx :

« Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d'ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce. »

Karl Marx, Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte

http://www.humanite.fr/politique/1er-mai%E2%80%89-le-sarkozysme-un-neopetainisme%E2%80%89-495289

Sarkozy fêtant les Vrais travailleurs ? Il pense à Liliane Bettencourt, 34 millions d'euros mensuels par la seule vertu de l'héritage ? Plaisantin va !

Allez, courage, Bientôt la fin du carnaval présidentiel et la fin de la farce sarkozyste.

Devant nous peut-être la tragédie de l'effacement de la souveraineté populaire au profit de la dictature des marchés.

Au nom de la "bonne gouvernance" européenne...


Publié par Frédéric Maurin à 08:41am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

22 Avril 2012

Et maintenant, Sarkozy dehors !

 

 

Et maintenant, Sarkozy dehors !

 

Pour toutes celles et tous ceux qui aiment notre pays, qui, depuis cinq ans, ont durement souffert de la politique de Nicolas Sarkozy, souffert de la voir affaiblir, appauvrir, abîmer la France, les résultats du premier tour de l'élection présidentielle résonnent comme un appel à tout mettre en œuvre pour battre le président sortant. 600 raisons de ne pas voter Sarkozy

Comme on le redoutait, le score du Front national peut servir de réservoir au candidat Sarkozy. Vers une conjonction Front National - UMP

Le président sortant, en recul par rapport à 2007, peut être battu le 6 mai prochain.

Le second tour mettra aux prises, pour la droite, Nicolas Sarkozy, pour la gauche, François Hollande, le candidat socialiste que le suffrage universel a placé en tête. La droite doit maintenant subir une large défaite.

C'est la nouvelle et prochaine étape indispensable de la révolution citoyenne que nous avons entamée.

À gauche, les près de 12 % et quelque 4 millions de voix crédités au candidat commun du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon représentent un score inédit et un événement de cette élection, comme l'a été notre campagne, une campagne dont se sont emparé des centaines de milliers de femmes et d'hommes, et de jeunes dans tout le pays. Le peuple combattant, la gauche du courage et de l'engagement sont de retour, et dans leur sillage, l'espoir de changer la vie, d'ouvrir un autre avenir à notre pays, la France, et du même coup à l'Europe.

Je veux saluer toutes les électrices et tous les électeurs qui ont porté leur choix sur le bulletin de Jean-Luc Mélenchon, et le programme du Front de gauche qu'il représentait.

Je veux remercier du fond du cœur toutes les militantes et tous les militants communistes et du Front de gauche, toutes celles et tous ceux, quelle que soit la forme de leur engagement, qui ont su donner corps à cette espérance et rendu possible ce résultat.

Au nom du Parti communiste français, j'appelle au plus large et au plus fort rassemblement  possible de toute la gauche, de tout notre peuple, pour battre Nicolas Sarkozy, en votant pour le candidat socialiste François Hollande. La défaite du président sortant devra être ample, claire et nette, et nous y mettrons toutes nos forces.

Tout doit être fait pour empêcher la réélection du candidatde l'UMP et du Medef, qui n'a pas hésité sur bien des points à reprendre à son compte le programme du Front national. La droite et l'extrême-droite ne passeront pas.

La France ne mérite pas cinq années supplémentaires de ce cauchemar.

Combattre et mettre en échec les idées xénophobes et racistes de Marine Le Pen demeurent d'une brûlante actualité.

Le Front de gauche est fier du travail qu'il a entamé, bien seul dans cette campagne, pour faire reculer les idées du FN.

Nous allons l'amplifier dans les élections législatives à venir.

Aucun député de ce parti ne doit être élu à l'Assemblée nationale.

Le PCF, le Front de gauche, vont continuer à rassembler autour des choix qu'ils ont portés dans cette campagne. Nos propositionspour mener une audacieuse politique de gauche sont disponibles ; elles sont de nature à sortir le pays de la crise en tournant le dos à l'austérité et en reprenant le pouvoir aux forces de l'argent.

C'est le cas de l'augmentation du SMIC et des salaires, du retour immédiat de la retraite à 60 ans à taux plein pour tous, de l'interdiction des licenciements boursiers.

C'est le cas d'une réforme de la fiscalité, de la création d'un pôle public bancaire et financier.

C'est le cas de l'exigence de soumettre à ratification du peuple français tout nouveau traité européen, renégocié ou non.

Le PCF, Le Front de gauche mobiliseront le pays dans les semaines à venir pour donner plus de poids encore à ces propositions, pour faire élire une majorité de gauche à l'Assemblée nationale, avec le maximum de députés du Front de gauche.

La France aura besoin de députés courageux pour abroger sans tergiverser les lois Sarkozy, pour en élaborer et en voter de nouvelles qui constituent de réelles conquêtes politiques, sociales etéconomiques en faveur des travailleurs.

Les députés du Front de gauche seront porteurs à l'Assemblée du mouvement de mobilisation citoyenne qui a surgi au cours de cette campagne électorale.

Le 6 mai prochain, la victoire de la gauche est à portée de main.

Elle sera complète à l'issue des élections législatives avec la confirmation de la place du Front de gauche dans la nouvelle vie politique française.

La campagne électorale et le résultat du Front de gauche et de son candidat commun, Jean-Luc Mélenchon, prouvent que le peuple de France et que les peuples européens ne sont pas condamnés à subir la loi des marchés capitalistes.

Un autre chemin est désormais ouvert.

J'appelle les millions de citoyens qui ont commencé à l'emprunter avec nous à poursuivre la route, à investir le Front de gauche, les assemblées citoyennes, les fronts de luttes, de propositions et d'action que nous avons créés. Faites-en votre affaire, pour réussir le changement auquel notre peuple aspire.

Déclaration de Pierre Laurent, 

secrétaire du Parti Communiste Français,

président du Conseil de campagne du Front de gauche

                                                                                  Source : http://www.pcf.fr/

Contre les fourriers du "choc des civilisations", il est essentiel que le monde du travail, dans toute sa diversité, fasse entendre sa voix à l'occasion du 1er mai 2012.

 


 

Cliquer pour voir la carte de France des manifestations et rassemblements du 1er mai 2012Situé entre les deux tours de l’élection présidentielle, le premier mai 2012 doit être une temps fort d’expression sociale et revendicative.
Dans cette séquence politique où le président sortant tente de glisser sous le tapis la poussière de son bilan pour briguer un nouveau mandat, les organisations syndicales CFDT, CGT, FSU, Solidaires, UNSA ont affirmé dans un communiqué commun leur volonté de "faire du 1er mai 2012, journée de solidarité internationale du monde du travail, une forte journée de mobilisation, de manifestations et d’expressions revendicatives pour :
- faire entendre les priorités sociales et les préoccupations des salariés, des demandeurs d’emploi, des jeunes et des retraités, en France et en Europe ;
- exprimer la défense des droits fondamentaux et des libertés partout dans le monde ;
- faire reculer la xénophobie, le racisme et l’antisémitisme."
Lire le communiqué complet.

Pour sa part, la CGT entend à l’occasion de cette journée placer au coeur du débat de l’élection présidentielle ses dix exigences pour sortir de la crise :
- Revaloriser les salaires, les pensions et les minima sociaux (SMIC à 1700€)
- Contrôler les aides publiques aux entreprises
- Contraindre les entreprises à des alternatives aux licenciements
- Supprimer les exonérations fiscales et sociales sur les heures supplémentaires
- Stopper les suppressions d’emplois
- Développer les politiques publiques et les moyens des services publics
- Réformer la fiscalité en profondeur
- Créer un pôle financier public et établir un mécanisme de crédits à taux réduits pour l’investissement productif
- Taxer les mouvements spéculatifs de capitaux et éradiquer les paradis fiscaux
- Mettre en place un fond européen de solidarité sociale et de développement économique.

Citoyen, c'est le moins que tu puisses faire!

Après, ce sera les 26 et 27 mai 2012 : tous au plateau des Glières !

Rendez-vous le 1er mai dans la rue car si "la démocratie peut s'accomoder de consommateurs couchés devant la télévision, la République exige des citoyens debout dans la rue".

et jamais sans Fakir...car Pas de vote libre sans presse libérée

Et, un pays où la première source d'information est le journal télévisé de TF1 n'est pas un modèle de démocratie réalisée. 

Un Front National à près de 20% le démontre.

Pour le 1er mai : 100 000 Tchios Fakir dans 100 manifs !

Augmenter police Diminuer police

« Après les urnes, la rue ! » écrivait-on dans notre Tchio Fakir en septembre – et on apparaissait comme des hurluberlus. Mais voici que nos souhaits sont devancés, dépassés : depuis le 18 mars et la reprise de la Bastille, avant même les urnes, on a la rue.

À tel point que, le lendemain, j’interrogeais un « chief economist » d’une grande banque qui me confiait l’« inquiétude », l’« angoisse des marchés » : « Déjà, nous disait-il, avec une manifestation en Grèce, l’Europe tremble. Alors, s’il y a un mouvement de masse en France, vous imaginez la catastrophe. »

De cet entretien, je suis sorti avec le sourire.
Avec la conviction de notre utilité.

Le 18 mars n’était qu’une étape dans la construction de ce rapport de forces – nécessaire quel que soit le vainqueur de la présidentielle (mais en espérant que la tragi-comédie Sarkozy soit achevée).

On aperçoit déjà une autre date à l’horizon :

le 1er mai, qui tombe entre les deux tours. De cette « Fête des travailleurs », nous devons faire un point d’appui – pour montrer que le peuple se tient bien debout, pas à genoux.

Pour rendre aux résignés une part d’espérance. Pour que la peur change de camp.

Voilà pourquoi nous lançons un nouveau Tchio Fakir : « Après les élections, la baston ! » (pour le voir en pdf, c’est par >> ici<<)

Avec
1 rendez-vous : le 1er Mai et ses défilés massifs.
1 objectif : y diffuser 100 000 Tchios Fakir.
1 moyen d’y arriver : Vous !
1 date butoir : le plus vite possible !

Jusqu’à cette date, envoyez un mail à : eric@fakirpresse.info avec la quantité de Tchios Fakir que vous souhaitez recevoir, votre adresse postale, et enfin la ville dans laquelle vous allez manifester.

Sinon,rendez-vous sur notre boutique pour passer commande, camarades !

Le vent de la révolte s’est levé, hissons la voile de nos envies. Sans vous, on ne peut rien, avec vous on peut beaucoup...

Et à la fin...

Publié par Frédéric Maurin à 20:20pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

20 Avril 2012

Sondage exclusif : Mélenchon élu dès le premier tour à 71,42% !

Fin de campagne de premier tour dans 10 minutes et Bientôt la fin du carnaval présidentiel ...En attendant peut-être François Hollande : le vote utile !  , une élection dès le premier tour écourterait ce cirque de 2 semaines !

Ce ne sera pas le cas : la révolution citoyenne ne fait que débuter.

Et ce chiffre de 71,42% n'a été hélas obtenu que sur un échantillon, aussi représentatif que restreint, de la presse libre : la rédaction de Fakir. 

On l'avait d'ailleurs prédit ici même : Scoop : Fakir voterait Front de Gauche

Plus sérieusement, le candidat du Front de Gauche est, des 10 candidats à l'élection présidentielle, l'unique abonné, à titre personnel , à ce fleuron de la presse libre qu'est Fakir.  
Mais, vous l'aurez compris, ce n'est malheureusement pas encore le cas de tous ses électeurs potentiels. 

Evidemment, mon titre n'est pas sérieux .

Ce qui l'est, c'est cela : Pas de vote libre sans presse libérée.

Et mon petit doigt me dit que la question de l'indépendance de la presse ne sera pas réglée au lendemain de l'élection présidentielle.

 Ecrasons l'infâme !

Fakir, donc. Bimestriel, 25 euros pour 2 ans.
 
25 euros, soit à peine le prix d'un mois de Figaro (avec son supplément sac à publicité).
Notez que, pour le même prix, il n'y a pas que le Figaro. On peut s'informer aussi auprès d'autres confrêres réputés tant pour leur attachement à la souveraineté populaire que pour leur lutte quotidienne pour une information objective... il suffit de regarder :

 
 
Fakir donc, complément indispensable d'autres titres de La presse libre étranglée (1) et parfois attaqués frontalement par des proches de l'Union pour une Minorité de Privilégiés (UMP) : Faut-il soutenir Fakir ?
Pour toutes ces raisons,et contre le projet sarkozyste de  Défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance , programme qui voulait, aussi "assurer la liberté de la presse, son honneur et son indépendance à l'égard de l'État, des puissances d'argent et des influences étrangères"(soit le modèle allemand, à l'époque...)  , je vous suggère tout simplement de suivre l'exemple du camarade candidat Mélenchon. Abonnez-vous et, si ce n'est fait, faites-le savoir.
  
Merci pour nous, pour eux, pour vous !

 

 

(1) afin de parer à tout soupçon de monomanie ou de sectarisme, j'en cite quelques uns :

www.brn-presse.fr/

Monde Diplomatique

Politis

Revue Mouvements

www.brn-presse.fr/

Debout les Sarkophages ! Place au peuple !

* et L'Humanité bien sûr :

http://rupturetranquille.over-blog.com/pages/les-maux-du-sarkozysme-7247922.html

et tant d'autres encore...

Publié par Frédéric Maurin à 22:11pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

20 Avril 2012

Votez Le Pen...

... ou essayer de réfléchir avant ?

Ni l'un ni l'autre. Voter Le Pen est évidemment exclu, mais j'aurai du mal également à réfléchir, faute de temps : fin de campagne électorale ce soir 0h00 et, en bon prolétaire qui ne se respecte pas, celui de cette France qui se lève tôt et travaille dur, je bosse aujourd'hui.

On va donc faire bref. Le phénomène électoral Front National  s'inscrit  dans une période de désarroi, et de souffrances réelles comme phantasmées, où un électorat sans boussole est tenté de renvoyer dos à dos « une gauche qui a oublié le peuple et une droite qui a oublié la patrie », pour reprendre une formule de Chevènement.

Formule remise en perspective ici même :

Vers une conjonction Front National - UMP

La dénonciation indignée du "système UMPS", gauche et droite confondue, qui ferait la même politique sur le dos du bon - et du blanc - peuple est une affaire rentable pour le FN, d'autant qu'elle s'appuie sur des faits qui ne font pas toujours honneur à la gauche

(allez...juste un exemple :  DSK : pourquoi on n'en veut pas ?)

Ces faits,  impossible de tous les citer, j'en retiens un en particulier : avoir entre 1981 et 1983, troqué la rupture avec le capitalisme contre l'idéal européen (tu parles, Charles !) pour justifier le tournant de la rigueur.

Cette "parenthèse libérale" qui ne s'est pas refermée depuis.

Le fait d'avoir persisté, 1992, avec le Oui à Maastricht, cette "assurance-vie contre le socialisme" comme le disait justement Alain Madelin, un ex de la droite extrème un temps converti aux charmes du fauteil ministériel et de ce qu'on appelle aujourd'hui l'UMP.

"Assurance-vie contre le socialisme", il savait de quoi il parlait.

Le fait d'avoir persisté et signé en 2005 avec le Traité capitaliste, pardon constitutionnel, européen.

En attendant la prochaine trahison : ce peut-être vraisemblablement une austérité de gauche, une règle d'or "pour sauver l'Europe", "pour sauver l'Euro"...ou pire. Quelques frappes chirurgicales sous l'égide de l'OTAN pour la bonne cause ? Pourquoi pas.

Qui s'attend au pire n'est jamais déçu et, de ce point de vue, le Parti Socialiste sait ne pas décevoir: Affaire DSK : note aux journalistes  

Sur ce terreau-là, le Front National prospère, jusqu'à se poser en formation politique progressiste tant sur le plan social (voir à ce sujet  L'Euro ou Le Pen ? ) que les questions dites "sociétales" : le FN est devenu féministe, engagé contre l'homophobie, laïque, défenseur du "bon immigré" et tout ce qu'on veut...tout est bon quand il s'agit de se poser en défenseur des Lumières tout en jouant l'amalgame entre les millions de français de culture musulmane et quelques allumés fascislamiques. Allumés, illuminés, qu'il faudrait inventer s'ils n'existaient pas...un peu comme la burqa :Vive la burqa !

Revenons à l'essentiel  et l'essentiel c'est le fait que le Front National, s'il est loin de l'Elysée, a structuré, ou plutôt pourri, le débat public (souvenez-vous des débats sur la "lepénisation des esprits").

L'essentiel, c'est de rappeler que le lien entre question sociale et question nationale, souveraineté du peuple et progrès social, avaient été brillamment portées par des communistes. Pas que dans les discours, mais dans les faits... et dans la chair. Alors là oui  Vive le Front National !

Mais celui-là :

 

 

Le vrai Front National : créé par les communistes et les FTP qui, par leur patriotisme et leur osmose avec la classe ouvrière, « restée seule dans son ensemble, fidèle à la France profanée » ( François Mauriac), ont conquis une position forte parmi les forces essentielles de la Résistance intérieure. Celui qui était du Conseil national de la Résistance avec des gaullistes qui ont, pour leur part, sauvé l'honneur d'une Droite largement compromise avec l'Occupant.

C'est notre Front à nous !

L'épouvantail de 2012, présidé par les usurpateurs Le Pen et mis en scène par les médias aux ordres, il importe de le combattre et d'en débattre efficacement.

 

Un outil important pour cela :

La confrontation. Argumentaire anti-FN

Le Temps des Cerises, 2012.

Par Jacques Nikonoff. Président du Mouvement Politique d'Education Populair e.

Bien qu'arrrivé tardivement dans cette séquence électorale, il reste indispensable pour la période risquée qui va s'ouvrir :  

 

Source:

http://campagne2012.m-pep.org/?La-confrontation-Argumentaire-anti,52

Le jeudi 23 juin 2011, sur la chaîne de télévision France 2, lors de l’émission animée par le journaliste David Pujadas à 20h35 "Des paroles et des actes", Mme Le Pen a été mise en scène. C’était sa première apparition sur un grand média après l’annonce de sa candidature à l’élection présidentielle de 2012. Après cette émission, et celles qui ont suivi, on peut faire le constat suivant : Marine Le Pen est une politicienne attrape-tout que le microcosme politico-médiatique nourrit tout en se défendant du contraire. Or, la version d’extrême droite de la sortie de l’euro préconisée par le Front national, qui est la clé de voûte de son programme, est apparue comme un pur slogan politicien sans aucune consistance. Sa mise en œuvre enfoncerait davantage encore le pays dans la crise et s’oppose radicalement à la sortie de l’euro par la gauche que je préconise avec mes amis du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP). La gauche de gauche, sur ces questions, est particulièrement faible et ne peut faire mieux que de développer des idées proches de celles du PS et de l’UMP.

C’est pourquoi Jacques Nikonoff a décidé de décoder le discours de Marine Le Pen (et celui de ses pseudo-contradicteurs journalistico-médiatico-politiques). La gauche ne peut plus simplement se limiter à manier l’invective et les jugements moraux pour combattre le FN. L’expérience a montré que cette façon de faire était inefficace : le FN n’a jamais été aussi menaçant. C’est une critique argumentée et méthodique du programme du FN qui est nécessaire. Pour y contribuer, les vraies questions des journalistes et les vraies réponses de Mme Le Pen lors de cette émission de télévision ont été reprises. Intégralement ! A la virgule près ! Jacques Nikonoff s'est simplement introduit fictivement dans cette émission, répondant à ma manière aux journaliste et à Mme Le Pen

 

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Publié par Frédéric Maurin à 03:15am - Voir le commentaire ()
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15 Avril 2012

SMIC à 1700 euros : irréaliste et démagogique

Pour la gauche caviar, qui a oublié le peuple, et la droite Rolex, qui a oublié la nation, le sort de la proposition du Front de Gauche d'une augmentation significative du salaire minimum est vite réglé : irréaliste, démagogique, impossible, destructeur d'emploi, menant à la faillite, dégradant la compétitivité... (cochez les cases inutiles, d'ailleurs elles le sont toutes).

Un peu comme  La faute aux 35 heures  , fauteuses de tous les maux.

Quand on entend ou lit un économiste, un éditorialiste, un analyste des médias aux ordres du PPA (ou encore un membre du MEDEF, de l'UMP ou de son aile gauche), expliquer qu'une telle mesure nuirait à la compétitivité de la France et que, de toute manière, le SMIC est déjà trop cher, une question suffirait :

"Et en quoi votre revenu 3, 5, 10, 20 fois supérieur au SMIC, a amélioré la compétitivité de la France ces 10 dernières années ?"

Subsidiairement, on peut leur proposer de vivre au SMIC avec un loyer à 500 euros et un boulot abrutissant dicté par un petit chef acâriatre. Pour voir. Mais ce bloc-note, s'il a beaucoup de défauts, ne s'est jamais vautré ni dans la vulgarité ni dans la provocation inutile. Et encore moins dans le populisme mais, tout cela, vous le savez.

Mais cette question, on l'entend trop peu car, avec ou sans Mélenchon le populiste , on peut compter sur eux pour veiller à ce qu'elle ne soit pas, ou si peu ou si mal, posée.

On l'entend peu aussi car les médias suceptibles de la poser sont, pour de multiples raisons, asphixiés. La presse libre étranglée

L'augmentation significative du SMIC, c'est, de leur point de vue, aussi impossible que voter Non à Maastricht ou au Traité constitutionnel européen. Aussi impossible qu'une Banque centrale européenne qui veillerait à autre chose qu'à la stabilité des prix (enfin essentiellement le prix du travail, car les prix des actifs financiers ou immobiliers ont pu exploser sans qu'ils en soient outre mesure émus. Bien au contraîre).

Ce qui est en revanche possible et même souhaitable, de leur point de vue, c'est, par exemple, qu'un service public privatisé puisse servir à ses actionnaires un dividende d'un montant supérieur à son bénéfice annuel :  Contre la dictature de l'actionnariat : fermer la Bourse ?

J'arrête, pour le moment, afin de ne pas fragiliser mes petits nerfs. Et à mon tour de faire bosser les autres... tiens, les prolos de l'Humanité par exemple.

En juste salaire de leur travail, n'oubliez pas de vous y abonner... cela ne devrait pas nuire à la compétitivité de la France.  

LE SMIC à 1700 euros, c'est possible : la preuve !

Nota Bene : cet article est reproduit malgré toutes les réserves que l'on a pu ici  exprimer sur le sujet, notamment :  Non à l'augmentation des salaires !  

De même, toutes les questions de faisabilité d'une telle hausse de salaires ne sont pas posées, notamment : hausse massive des salaires possible avec ou sans protectionnisme ( Vous aimez l'échangisme ?  ), avec l'euro monnaie unique ou monnaie commune, d'autres facteurs (Faut-il lutter plus pour gagner plus ?)  ... j'en oublie, on en reparle le 1er mai ?

La hausse du Smic à 1700 euros? Juste et possible

 

 

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14 Avril 2012

LE 22 AVRIL, NOUS VOTERONS MÉLENCHON

...et ils ne sont pas les seuls.

  Pourquoi voter Front de Gauche ? Les motivations sont diverses, voici celles du M'PEP (et mon petit grain de sel à la fin)

LE 22 AVRIL, NOUS VOTERONS MÉLENCHON

Par Michèle Dessenne, Waldeck Moreau et Jacques Nikonoff, respectivement candidats du M’PEP aux élections législatives dans le Pas-de-Calais, l’Hérault et le Var.

Le 12 avril 2012.

Il est particulièrement réjouissant d’observer la hargne qui s’est emparée des oligarques et de leurs chiens de garde dans les grands médias, le patronat, la droite et aussi au Parti socialiste. Elle est provoquée par le succès des meetings géants et de la percée dans les sondages de Jean-Luc Mélenchon. Pas un jour ne se passe désormais sans qu’un représentant de cette caste politico-médiatico-affairiste ne laisse exploser sa rage contre ce que personne ne pouvait imaginer il y a encore peu : un représentant de la gauche de gauche est en troisième position ! Quelques exemples :

  • « Le modèle qu’il défend [celui de JLM], on l’a essayé en URSS, au Cambodge, ça ne marche pas » (Gérard Collomb, maire PS de Lyon, Le Figaro du 29 mars).

  • « Mélenchon est beaucoup plus l’héritier d’une forme de terreur que l’héritier des plus belles valeurs de la Révolution » (Laurence Parisot, présidente du MEDEF, Europe 1, 1er avril).

  • Noël Mamère, député des Verts, dénonce « l’escroquerie écologique de Mélenchon » (Le Monde, 6 avril).

On se croirait revenu en 2005, lors de la campagne du « non » de gauche au traité constitutionnel européen ! La fureur de ces mêmes élites avait décuplé lorsque les sondages avaient commencé à indiquer que le « non » était majoritaire. Comme dit le chanteur Bernard Lavilliers, résumant parfaitement l’état d’esprit du moment chez une partie de l’électorat, « ça fait du bien » d’entendre Jean-Luc Mélenchon (Le Monde, 5 avril). Cette seule raison ne justifie-t-elle pas déjà de voter Mélenchon ? La rationalité politique doit néanmoins conduire à réévaluer les enjeux actuels de cette présidentielle. 

L’enjeu, aujourd’hui, est de placer Mélenchon au second tour de la présidentielle, face à Sarkozy

C’est nécessaire et c’est possible.

C’est nécessaire, d’abord, pour battre la droite et les politiques néolibérales. La droite, c’est Sarkozy. Éliminons-le, lui et le néolibéralisme ! Le meilleur moyen est de placer Mélenchon au second tour. Deux cas sont alors possibles. Premier cas : Sarkozy gagne. Il aurait face à lui, pour lui résister, non pas la force molle du hollando-jolyo-bayrouisme, mais celle vibrante et dynamique du peuple en marche rassemblé par le Front de gauche. Et n’oublions pas les législatives. Les candidats du Front de gauche peuvent faire de très gros scores et, avec ceux du PS, mettre la droite en minorité à l’Assemblée nationale. Sarkozy serait président, la détestation du personnage demeurerait, mais ce dernier n’aurait plus le pouvoir.

Le deuxième cas, c’est l’élection de Mélenchon comme président de la République. Le seul fait d’évoquer cette hypothèse – inimaginable il y a encore trois mois –, montre le chemin parcouru. Cette hypothèse est possible à une condition : mobiliser les classes populaires abstentionnistes.

La présence de Jean-Luc Mélenchon au second tour est nécessaire, ensuite, pour rééchelonner le rapport des forces dans le pays. François Bayrou et le MoDem, filiale de la droite, rabatteur de voix, européiste parmi les européistes, serait renvoyé à ses chères études. L’épouvantail du Front national, relooké par Marine Le Pen, n’effraierait même plus les moineaux. Quant au parti Europe-Écologie-Les-Verts, il perdrait de son intérêt pour les ambitieux en quête de carrière politique rapide à l’ombre du PS.

La présence au deuxième tour de l’élection présidentielle du candidat du Front de gauche, enfin, est nécessaire, pour passer devant le Parti socialiste. Car les idées social-libérales se sont infiltrées au Parti socialiste et chez Europe-Écologie-Les-Verts. Si François Hollande gagne l’élection présidentielle, il fera de l’austérité de gauche. Il n’a pas eu un mot de réprobation envers ses camarades « socialistes » qui dirigeaient la Grèce, l’Espagne et le Portugal qui ont organisé le massacre social de leurs peuples. Le « hollandisme », cette force trop tranquille et même léthargique, est comme l’austérité de droite, sauf qu’un ensemble de « soins palliatifs » sera mis en œuvre pour « accompagner » le malade. Dans les deux cas on demande aux citoyens de monter dans la bétaillère qui mène à l’abattoir. Dans les deux cas la destination finale est la même. Aucune politique de gauche n’est possible tant que les forces de la gauche de gauche resteront derrière le PS. L’ambition de la vraie gauche ne peut pas être de tenter vainement de « peser » sur le PS, en étant éternellement minoritaire, pour le faire pencher un peu vers la gauche. Cette stratégie ne fonctionne pas et doit être abandonnée. La seule façon de mener des politiques de gauche est de passer devant le PS à toutes les élections.

Ce schéma politique est-il possible ? Oui ! À deux conditions. 

Première condition : démontrer l’erreur d’analyse qui consiste à affirmer que la présence de Mélenchon au deuxième tour reviendrait à assurer la victoire de Sarkozy. Certains, au PS ou ailleurs, expliquent qu’une telle éventualité n’est pas souhaitable car la radicalité de Jean-Luc Mélenchon ferait fuir les électeurs de la gauche molle et du centre et assurerait ainsi la victoire de Sarkozy. Quelques exemples :

Jacques Julliard (Marianne 7 au 13 avril) : Mélenchon peut « pourrir le second tour de François Hollande en multipliant les exigences et les surenchères, de façon à faire refluer vers Nicolas Sarkozy des voix centristes, qui seront, elles, bien nécessaires ».

Michel Noblecourt (éditorialiste au Monde, 26 mars) : « le candidat du Front de gauche […] progresse au détriment de M. Hollande. Plus il monte, plus le candidat socialiste se tasse ».

L’Express titre le 4 avril sur « les ravages de Mélenchon » qui mettrait en péril le candidat socialiste.

Arnaud Montebourg : « si Georges Marchais avait été le candidat au second tour face à Valéry Giscard d’Estaing en 1981, nous n’aurions pas gagné » (BFM-TV, 29 mars).

Dommage que celui qui a repris le thème de la démondialisation commette une telle bévue. Mitterrand a gagné la présidentielle de 1981, c’est vrai, et le PS les législatives dans la foulée. Cependant, 18 mois plus tard c’était le « tournant de la rigueur » duquel le PS est toujours adepte…

Rien n’est plus faux que cette thèse qui condamne la gauche de gauche à n’être que le supplétif éternel du PS. Ceux qui, comme le PS, ont fait le calcul d’une victoire de l’élection au centre, comme en 2002 et en 2007, ont perdu dans le passé. Le PS doit donc aujourd’hui réviser sa stratégie. Pour changer les choses, il faut au contraire qu’un bloc d’une gauche radicale passe devant le PS. Il faudra pour y parvenir, bien sûr, décrocher la gauche du PS. Mais là n’est pas l’essentiel. 

Deuxième condition pour que Jean-Luc Mélenchon soit présent au second tour : mobiliser les abstentionnistes. Ils sont ouvriers, employés, chômeurs, travailleuses et travailleurs précaires, jeunes et moins jeunes… Ils attendent des paroles fortes, mais aussi des propositions concrètes et crédibles, opérationnelles, des mesures radicales rompant avec l’ordre ancien. Selon l’IFOP (1er avril), 32% des électeurs auraient l’intention de s’abstenir. Jamais un tel chiffre n’avait été atteint lors d’une présidentielle. C’est un paradoxe, car pour la première fois depuis longtemps il existe un rassemblement crédible à la gauche du PS. Ces abstentionnistes se trouvent essentiellement dans les classes populaires. Selon l’IFOP seulement 12% des ouvriers et 9% des employés s’apprêteraient à voter Mélenchon, contre 31% pour Marine Le Pen et 22% pour François Hollande.

Le magnifique travail des militants du Front de gauche, qui multiplient les porte-à-porte dans les quartiers populaires, contribue à mobiliser les abstentionnistes. Encore faut-il avoir toutes les bonnes munitions. Quatre, qui n’ont pas encore été utilisées, sont susceptibles de mobiliser les abstentionnistes.

Des propositions précises et de mise en œuvre rapide doivent être présentées pour supprimer totalement le chômage et la précarité et non simplement les réduire. Le programme du Front de gauche comporte bien évidemment des mesures concernant cette question cruciale. Mais elles sont loin d’être une réponse efficace devant l’ampleur de la crise.

Donner une perspective crédible de sortie de l’euro pour montrer comment notre pays, dans une démarche internationaliste, peut se libérer du carcan de l’Union européenne et de l’euro. Aucune sortie de crise par la gauche n’est possible dans le cadre de l’Union européenne et avec l’euro.

Insister sur la nécessité absolue de prendre des mesures protectionnistes dans un cadre internationaliste pour assurer la réindustrialisation de la France.

Affirmer qu’il n’y aura pas de ministres du Front de gauche dans un gouvernement socialiste. À ce propos nous souhaitons faire part de notre inquiétude. La direction du PCF va-t-elle contribuer au blocage de la progression du candidat du Front de gauche ? Les déclarations se multiplient en effet, du côté de la direction communiste, pour laisser entendre qu’il pourrait y avoir des ministres communistes dans un gouvernement socialiste. Jean-Luc Mélenchon a été clair sur le sujet et a rejeté cette hypothèse. Pourtant, dans l’Humanité des 31 mars et 1er avril, Pierre Laurent explique que «  « c’est quand les électeurs se seront exprimés à la présidentielle et aux législatives sur ces choix que nous serons en mesure d’apprécier la réponse à cette question [celle de la présence de ministres communistes] en consultant les communistes ». Ce genre de commentaire ne peut que contribuer à rejeter le Front de gauche vers les partis politiques pro-système et réduire à néant tout le travail fait justement pour rompre avec le système. Des ministres du Front de gauche minoritaires dans un gouvernement socialiste ne parviendraient pas à faire bouger le PS vers sa gauche, ils seraient des otages. La direction du PCF n’aurait donc rien appris de l’histoire, et notamment du bilan calamiteux de la « gauche plurielle » ? Pour nous, il vaudrait mieux dire que des ministres du Front de gauche seront possibles, mais quand le Front de gauche passera devant le PS.

Sur tous ces sujets, une nouvelle fois, nous mettons à la disposition de tous les travaux du M’PEP.

Certes, pour le M’PEP, le programme du Front de gauche comporte des faiblesses, principalement son refus de sortir de l’étranglement provoqué par l’Union européenne et l’euro. Cependant, même avec ses faiblesses, il a repris à sa manière l’idée de « désobéissance européenne » lancée par le M’PEP et adoptée par Jean-Luc Mélenchon qui affirme ainsi la défendre depuis le début !

En tout état de cause, l’élection la plus importante n’est pas la présidentielle, ce sont les législatives. Qui avait le pouvoir réel pendant les cohabitations Mitterrand-Chirac et Chirac-Jospin ? C’était Chirac dans le premier cas et Jospin dans le second. Certes, le but de l’inversion du calendrier est de profiter de la dynamique de la présidentielle pour faire élire une majorité de députés de la même orientation politique. Mais s’agit-il d’une « loi » intangible ? Un grand nombre de candidats issus du Front de gauche peuvent être élus le 17 juin, même si Mélenchon, présent au second tour de la présidentielle, n’est pas élu. Nous aurions encore Sarkozy, mais le gouvernement serait de gauche.

Tout en appelant à voter pour Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle et pour les candidats du Front de gauche aux législatives, le M’PEP présente trois candidats : Michèle Dessenne (11e du Pas-de-Calais), Waldeck Moreau (9e de l’Hérault), Jacques Nikonoff (9e du Var).

Pourquoi ?

Chaque jour qui passe apporte une raison supplémentaire de sortir de l’effroyable système de Bruxelles et de sa monnaie unique, l’euro. Le démantèlement de ce pilier de l’ordre néolibéral mondial, au même titre que l’OTAN, le FMI, l’OMC ou la Banque mondiale, est la condition indispensable à la construction d’un nouvel ordre international, débarrassé du libéralisme, fondé sur la paix, la coopération entre les nations et les peuples, la solidarité internationale. On ne pourra pas changer l’Union européenne de l’intérieur, il faudra en sortir et construire du neuf.

C’est pour porter ces idées que le M’PEP présente trois candidats aux élections législatives, dans des circonscriptions où se trouvent les principaux dirigeants du Front national ou dans lesquelles celui-ci réalise d’importants scores. Nous avons aussi choisi des circonscriptions dans lesquelles les candidats du Front de gauche n’ont aucune chance d’être élus. Dans le Pas-de-Calais nous nous opposerons à Marine Le Pen, dans l’Hérault au FN qui réalise plus de 40% dans certains cantons, dans le Var contre Bruno Gollnisch. Nous ne voulons pas que le Front national s’arroge, avec la complicité des grands médias, le monopole de l’idée de la sortie de l’euro. Non seulement la manière dont il veut s’y prendre nous mènerait au chaos mais surtout l’idéologie dont il est porteur constitue un grave danger pour le peuple et pour la République.

Oui, il faut sortir de l’euro, mais par la gauche ! *

Il faut donner de la force au M’PEP afin de faire grandir l’idée, à gauche, qu’il est nécessaire de se débarrasser de l’Union européenne et de l’euro. Une idée qui est d’ores et déjà portée par de nombreux citoyens des catégories populaires et de nombreux militants du Front de Gauche.

* et c'est bien le plus dur à entendre lorsqu'on n'a pas les cartes en main :

9782755506013-V

Cet ouvrage se résume mal (essayez, vous verrez!), j'essaierai de faire un effort mais je ne promets rien...en attendant  L'Euro ou Le Pen ? ce sera ni l'un ni l'autre...dans le sens où la course au premier a largement fécondé le second.

Entretien avec l'auteur :

Pourquoi faudrait-il, selon vous, sortir de l'euro?

Parce qu'aucune politique de gauche n'est possible avec l'euro. Par exemple, sans être responsable du chômage, de la précarité et de la pression sur les salaires, l'euro a aggravé ces phénomènes et empêche de les résoudre. L'euro est surévalué, il est trop cher. Donc il réduit nos exportations, accélère les délocalisations, encourage les importations, fait pression sur les salaires. De plus, il a été conçu comme une monnaie de réserve concurrente du dollar pour attirer les capitaux; la BCE a donc mené une politique de taux d'intérêt élevés qui a dissuadé l'emprunt et bloqué la croissance.

Enfin, la monnaie unique entraîne une politique monétaire unique pour des pays aux situations économiques très différentes: certains ont besoin de taux d'intérêt forts, d'autres faibles. Des pays comme l'Allemagne ont des conceptions monétaires héritées de leur histoire, qui interdisent aux banques centrales de prêter à l'État.


Quel serait le scénario d'une sortie de l'euro?

D'abord, il faut la victoire électorale d'un rassemblement qui comprenne que la sortie de l'euro est la condition pour résoudre le problème de l'emploi, des salaires et de la protection sociale. Le soir même de son élection, le nouveau président de la République devra annoncer qu'il convoquera un référendum le jour des législatives. Il posera la question: «Acceptez-vous que la France se retire de l'Union européenne, conformément à l'article 49A du Traité de Lisbonne?». Avec pour conséquence la sortie de l'euro et la suppression du titre 15 de notre Constitution qui a intégré le traité de Lisbonne malgré le résultat négatif du référendum de 2005 !


Ensuite?

Ensuite les choses vont très vite: le nouveau président annonce la réquisition de la Banque de France, des banques et des compagnies d'assurance, le contrôle des mouvements de capitaux et des changes, la dévaluation du franc qui devient non convertible, l'annulation des plans d'austérité, la hausse du SMIC et des allocations chômage, l'échelle mobile des salaires et des prix, la fermeture provisoire de la Bourse et celle, définitive, du marché obligataire. Pour financer l'Etat, il impose aux banques et aux compagnies d'assurance l'achat régulier de bons du Trésor, et à la Banque de France de lui prêter sans intérêt.

C'est Noël...

C'est la solution! A la Libération, comment finance-t-on la reconstruction? Par la création monétaire qui permet de redémarrer très vite l'activité économique. Ce n'est pas de la magie, c'est de l'histoire économique.


Pourquoi ne pas plaider d'abord pour une réforme de la gouvernance de l'euro, qui permette aux Etats de décider eux-mêmes de la politique à suivre?

C'est impossible. La Banque centrale européenne est indépendante, elle ne peut pas être gérée par les États. De plus, les traités disent que la concurrence doit être libre et non faussée. Or, une politique économique implique justement de changer les conditions de la concurrence. Enfin, il faudrait l'accord unanime des 27 pays membres pour changer le traité de Lisbonne, ce qui n'est pas envisageable à court terme.


Les partisans de l'euro prédisent une explosion de la dette en cas de sortie. Que répondez-vous?

Partout, il faut faire défaut sur la dette, c'est à dire arrêter de rembourser les spéculateurs. La dette vient des politiques néolibérales qui ont encouragé la spéculation. A partir de 1973, une loi a interdit à la Banque de France de prêter à l'Etat sans intérêts. C'est à partir de cette époque que la dette a commencé à s'accumuler. Dubaï il y a deux ans, l'Argentine en 2002, ont fait défaut sur leur dette, avec succès. C'est un non-problème.


La dévaluation du franc nouveau n'aboutirait-elle pas à une guerre des dévaluations en Europe?

Ce n'est pas un argument sérieux, car si les autres pays restent dans l'euro, ils ne pourront dévaluer! En France, il y a eu dix-sept dévaluations au XXe siècle. Certaines ont réussi, d'autres non. La démarche que je propose n'est pas agressive. Au contraire, la France devra négocier des accords bilatéraux sur la base de la Charte de la Havane, conçue au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, qui préconise un commerce fondé sur l'équilibre de la balance des paiements. En sortira un nouvel ordre commercial qui rejette le libre-échange et favorise la coopération. Les pays qui ne signeront pas ces accords visant à la construction de ce nouvel internationalisme se verront exposés, c'est vrai, à des mesures protectionnistes.


Si le nouveau franc est dévalué, il faudra payer beaucoup plus cher pour certains produits importés, comme le pétrole?

C'est un sujet tout à fait réel, d'autant que les importations d'énergie représentent les deux tiers du déficit français. Il faudra mettre en place un fonds de stabilisation des prix du pétrole. Nous sommes actuellement obligés d'avoir quatre-vingt-dix jours de réserves stratégiques. Portons ce stock à un an. Pour l'alimenter, pourquoi ne pas explorer des partenariats avec un producteur comme le Venezuela, avec qui on pourrait payer en échange de services et non de dollars, par exemple? Par ailleurs la taxe sur les produits pétroliers (TIPP) doit être ajustable pour lisser les prix à la pompe.


Quelle différences entre ce plan et celui que propose le Front national?

Elles sont très simples: pour le FN, la sortie de l'euro est un but en soi à vocation de racolage électoral sans aucune chance de succès, alors que pour moi il ne s'agit que d'un moyen de résoudre les problèmes du pays. Ensuite, cette sortie doit s'inscrire dans une visée universaliste, pas nationaliste, pour aller vers un nouvel ordre commercial international fondé sur la solidarité et la coopération et non sur la confrontation. La sortie «groupée» de l'euro proposée par le FN est illusoire, car les pays qui sortiront le feront chacun à leur rythme. Enfin, Marine Le Pen propose de négocier pendant six à huit mois: pendant ce temps, la France sera livrée au pillage des marchés financiers.


Il semble peu probable que le vainqueur de 2012 soit un anti-euro...

On ne sortira pas de l'euro en 2012 sous cette forme. Mais il est clair que tout ceci va exploser. On ne sait juste pas quand, ni comment.

 

 

Publié par Frédéric Maurin à 21:11pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

6 Avril 2012

Voter Sarkozy ?

Il ne s’agit évidemment pas d’une consigne mais d’une question.

Comment peut-on voter Sarkozy ? Comment est-ce possible ?

Comment plus de 50% des Français ont-ils pu, le 6 mai 2007, mettre le bulletin Sarkozy dans l’urne ?

Pourquoi de nombreux compatriotes s’apprêtent-ils à recommencer, après ces 5 ans de « rupture tranquille » et de « République exemplaire » dont on peine à faire le bilan : en deux mots faillite morale et échec économique ? 

Je ne prétendrai pas avoir une réponse définitive avant d'avoir lu le Penser à droite d'Emmanuel Terray.

On en reparle bientôt. Hélas.

Bonnes vacances pour les chanceux et, pour tout le monde, N'oubliez jamais ! :

                                                            Place au Peuple !

                                               http://www.placeaupeuple2012.fr/

"Etre de droite, c’est avoir peur"

Source :http://www.rue89.com/

L’anthropologue Emmanuel Terray, qui signe « Penser à droite », a enquêté sur la tribu dont les valeurs triomphent depuis plus de trente ans.

Emmanuel Terray est un grand nom de l’anthropologie française. C’est aussi un citoyen engagé, comme on dit, franchement à gauche. Il vient de publier un livre, « Penser à droite » (éd. Galilée), dont on a envie de souligner toutes les phrases.

En étudiant les écrits des grands penseurs de droite depuis la Révolution française, il a dégagé ce qui constitue leur socle commun, quelles que soient les époques, et quels que soient les « courants » et les traditions dans lesquels ils s’inscrivent.

Il nous aide à comprendre pourquoi l’immigration et l’islam sont des obsessions des hommes politiques de droite. Et pourquoi on peut être pauvre mais voter pour un candidat qui n’aide pas les pauvres.

Au terme de son enquête, il estime que la vision du monde « de droite » est aujourd’hui hégémonique – et que « François Hollande est un bon reflet » de cette domination. Entretien.

Rue89 : Vous avez entrepris de comprendre ce que c’est qu’être de droite. Comment ce sujet s’est-il imposé à vous ?

Emmanuel Terray : C’est venu de très loin : je suis d’une famille de droite classique républicaine. Au fur et à mesure que les années ont passé, il m’a semblé qu’il fallait prendre la mesure du fait que la moitié du monde ne pense pas comme moi ; et qu’on ne pouvait pas réduire ce fait à la simple défense d’intérêts matériels. D’autant que dans cette moitié qui ne pense pas comme moi, beaucoup de gens ont peu d’intérêts matériels à défendre.

Je voulais comprendre ce qui les amenait à défendre un ordre établi qui les traite relativement mal. Comme anthropologue, je me suis toujours efforcé de comprendre une société autre, une culture autre. Ce livre est le fruit d’un effort déployé pour comprendre la tribu de la droite.

C’est la même approche intellectuelle que quand vous partiez étudier des tribus en Côte d’Ivoire ?

J’ai travaillé dans des sociétés faites de lignages juxtaposés qui peuvent être très opposés les uns aux autres mais qui appartiennent tout de même à un même clan. Et quand un autre clan entre en scène, ces lignages savent toujours s’entendre.

On a un mécanisme du même genre dans la pensée de droite. Malgré son extrême diversité, la pensée de droite a toujours été capable de se réunifier quand l’adversaire se faisait menaçant.

Les historiens qui ont réfléchi sur la droite – à commencer par René Rémond, à continuer par Sirinelli et ses collaborateurs puis par Michel Winock – insistent toujours sur sa diversité. J’observe pour ma part une continuité indéniable dans le temps et une grande cohérence.

« L’ordre établi, c’est le point de départ »

Mais la droite se compose malgré tout de deux grandes familles : les tenants du libéralisme économique et ceux qui sont plutôt attachés au conservatisme social. Combien de temps cette cohabitation peut-elle encore durer ?

La tension entre les deux est un mécanisme constant dans l’histoire de la droite. La droite défend l’ordre établi. C’est le point de départ. Mais l’ordre établi change sous la pression des mouvements du monde. Par conséquent, la droite est confrontée à une échéance : ou bien nous restons fidèles à l’ordre établi tel que nous l’avons toujours défendu et nous tombons dans la réaction ; ou bien nous nous adaptons.

Vous avez une très belle transition de ce genre au début du XIXe siècle. Sous la Restauration, la droite aristocratique féodale souhaite que l’Ancien régime soit rétabli. Mais la société a changé, la révolution industrielle commence, les banques et l’argent prennent de l’importance.

Cette évolution pousse la droite légitimiste dans la réaction et c’est la droite orléaniste qui se place au cœur du jeu : ce sont les valeurs de Guizot et Louis-Phillippe qui l’emportent. L’argent.

Balzac décrit admirablement cette mutation : vous avez d’un côté la duchesse de Langeais et le comte de Montriveau, partisans de l’Ancien régime ; et de l’autre Rastignac, qui décide de s’adapter à la société telle qu’elle est devenue, qui va épouser la fille de l’usurier et se faire de l’argent.

On pourrait aussi prendre un exemple à la fin du XIXe siècle. La droite, jusque là, est résolument monarchiste. Vers 1880-1890, les plus lucides voient bien que la République est installée et qu’on ne reviendra pas à la monarchie. Et par conséquent, c’est le mécanisme du Ralliement. Dans l’Histoire, l’expression désigne le ralliement des catholiques mais ça va bien au-delà : la droite devient républicaine et ceux qui restent monarchistes versent dans la réaction.

Je me demande si on n’assiste pas au début d’une transition du même genre.

Si la mondialisation ultralibérale devient la règle définitive, si la droite classique s’accroche à ses positions, elle deviendra elle aussi réactionnaire par rapport à cette idéologie ultralibérale. Il y a une tension évidente entre les deux. Mais la crise peut aussi freiner le triomphe de la mondialisation ultralibérale ; à ce moment-là, la droite républicaine classique retrouverait ses marques.

Sarkozy, « du côté du libéralisme »

Donc les tenants du conservatisme social retrouveraient une place centrale à droite ?

Oui. Si on regarde l’échiquier politique français, on voit bien que Sarkozy et Juppé, ce n’est pas la même chose. Or on ne peut pas dire que la tendance Juppé a définitivement perdu la bataille. La crise peut favoriser une envie de modération et de stabilité.

En lisant votre livre, je me suis demandé si Nicolas Sarkozy était vraiment de droite.

Il n’est pas de la droite classique. Les valeurs de la droite classique et celles des tenants du libéralisme économique s’opposent presque terme à terme : la stabilité, l’enracinement, la sécurité et le consensus d’un côté ; la mobilité, le nomadisme, le goût du risque et la compétition de l’autre. Sarkozy est du côté du libéralisme.

Ceci dit, cette distinction n’efface pas les fondamentaux : l’ordre, la hiérarchie, l’autorité, la priorité donnée au plus proche sur le lointain, restent constantes. L’idée d’égalité est rejetée par toutes les fractions de la droite – l’inégalité est même considérée comme un bienfait, un moteur de la compétition, donc de la croissance, de l’innovation.

A vous lire, le centriste Bayrou est de droite.

Sans aucun doute. Il est clairement d’une droite conservatrice, républicaine, d’influence chrétienne – ce qui est important à souligner, parce que ce n’est pas la règle générale.

Rien d’utopique chez Hollande

Et Hollande ? Si je me fie aux valeurs que vous énumérez, j’en tire la conclusion qu’il est aussi de droite.

Là les choses sont différentes. La droite et la gauche, c’est un couple antagoniste mais indissociable. Elles sont déterminées l’une par l’autre. C’est un couple qui s’affronte dans la bataille politique et la bataille des idées. Par conséquent, on en arrive à la question de l’hégémonie : qui est dominant dans la bataille des idées ?

Contrairement à ce qu’on pense souvent, la gauche était assez largement dominante jusqu’en 1970-75, pendant la période des Trente Glorieuses : elle était dominante sous sa forme interventionniste, keynésienne, progressiste.

Il y a eu une mutation en 1980 et depuis cette période, c’est la droite qui est hégémonique : c’est le triomphe des valeurs de l’individualisme, de la compétition, des inégalités. Et je pense que François Hollande est un bon reflet de cette hégémonie de la droite.

Je ne doute pas qu’il soit un homme de gauche du point de vue de ses appartenances sociales, de son enracinement, mais dans ce qu’il développe, si les valeurs de la gauche c’est l’innovation, l’invention, la prise de risque, le privilège de l’avenir sur le présent, on en est assez loin.

Il n’y a rien dans ce que nous propose François Hollande qui relève de près ou de loin de l’utopie. Or je pense que sans utopie, il n’y a pas vraiment de pensée de gauche.

François Hollande serait donc un homme qui défend des valeurs de droite !

Je dirais que c’est un homme de gauche qui subit très fort l’hégémonie de la droite. Ce n’est pas tout à fait la même chose.

Quid des écologistes ?

Il y a chez les écologistes un curieux mélange d’utopie futuriste et de nostalgie passéiste, sur le thème du retour à la nature, à la vie simple, etc. Cette identité multiple leur permet d’attirer beaucoup de suffrages – lorsqu’il n’y a pas d’enjeu réel, par exemple aux élections européennes et régionales. Quand les élections décisives (politiques) arrivent, c’est une autre affaire.

Mélenchon ou la gauche classique

Passons à Mélenchon.

 


Emmanuel Terray à la rédaction de Rue89, mars 2012 (Mathieu Deslandes/Rue89)

Si les valeurs de la gauche, c’est le refus de l’ordre établi, la recherche de l’égalité, l’idée qu’il n’y a pas d’ordre sans justice, et que toute injustice est un désordre, indiscutablement, Mélenchon et le Front de Gauche sont les porteurs des valeurs de la gauche classique.

Vous allez voter pour lui ?

Vraisemblablement.

Vous disiez que la pensée de droite est hégémonique. Peut-on dire que la France est de droite ?

Votre question est difficile. Je suis frappé par la chose suivante : dans la mesure où elle privilégie l’ordre et la sécurité d’une part, le proche sur le lointain d’autre part, la pensée de droite a des assises sociologiques qui lui assurent une audience considérable.

Je pense à des gens qui n’ont pas beaucoup, et qui ne sont pas prêts à risquer ce pas beaucoup dans des aventures politiques incertaines, qui raisonnent selon l’adage « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras », « ne lâchons pas la proie pour l’ombre ».

C’est un point intéressant parce que historiquement, la droite s’est toujours méfiée du suffrage universel. Et puis la révolution de 1848 est arrivée et il y a eu les premières élections au suffrage universel masculin. Divine surprise : les monarchistes ont eu 500 sièges et les républicains, 200.

La droite a découvert que le suffrage universel, à condition qu’il soit bien balisé, à condition que le choix des candidats soit bien encadré, pouvait jouer en sa faveur.

D’autre part, la démocratie implique un effort, une dépense d’énergie, de temps. Quiconque a eu des responsabilités sait que c’est bien plus facile de décider soi-même et d’essayer de faire appliquer cette décision plutôt que de consulter cinquante personnes et discuter pendant des heures pour arriver à un avis commun. Or les gens ne sont pas spontanément portés à l’effort.

Il existe aussi, plus profondément, ce que Dostoïevski a appelé la peur de la liberté. J’ai été défenseur prud’hommes dans les années 70 à la CFDT. Dans notre idéologie, nous voulions une défense collective, participative. On voulait associer les gens qui venaient porter plainte à leur propre défense. On se heurtait à des résistances farouches. Je les entends encore :

« Monsieur, je remets mon sort entre vos mains, je vous fais une entière confiance. »

Ce recul face à la liberté et la responsabilité jouent très fort en faveur de la droite, qui fait une distinction fondamentale entre l’élite et la masse.

Staline, « un tempérament de droite »

Votre témoignage vient à l’appui des croyances des penseurs de droite qui considèrent l’homme comme plutôt mauvais et feignant s’il n’est pas contraint par la société.

Si on laisse la nature opérer, la force des choses jouer, la pensée de droite est effectivement validée. Les gens de gauche ont souvent tendance à sous-estimer l’effort et les prises de risque qu’ils demandent.

Mais alors, on naîtrait de droite et on pourrait éventuellement devenir de gauche sous certaines conditions ?

Je ne sais pas si on est de droite à l’état de nature. De mon point de vue, gauche et droite sont deux tempéraments symétriques.

Si vous n’aimez pas l’ordre établi, si vous ne craignez pas l’innovation, les risques, si vous êtes un peu parieur, ce tempérament vous conduit à être de gauche.

Si vous êtes davantage soucieux de sécurité, si vous craignez pour ce que vous avez, pour ce qui existe, si vous craignez l’arrivée de gens venus d’ailleurs, vous êtes de droite.

Prenez l’Union soviétique entre les deux guerres : vous voyez s’opposer des tempéraments de gauche et des tempéraments de droite. C’est Trotski, partisan de la révolution permanente, face à Staline, partisan de l’ordre, de la discipline, de la hiérarchie.

Dans le PC chinois actuel, c’est la même chose.

Quand Sarkozy est arrivé au pouvoir, l’UMP affirmait être devenue le parti du mouvement. Etes-vous d’accord avec cette revendication ?

Cette revendication relève de la formule du prince Tancrède dans « Le Guépard » :

« Il faut que tout change pour que tout reste pareil. »

Je crois que c’est le principe même de la politique de Sarkozy. L’idée est de sauver l’ordre établi dans ses fondamentaux avec ce qu’il contient d’inégalités, de toute puissance de l’argent ; mais de faire les mutations accélérées et cosmétiques qui permettront de sauver cet essentiel.

« On fait mine de craindre l’islam »

Pourquoi la droite est-elle obsédée par l’islam ?

L’islam nous est proposé comme un adversaire de substitution, car il faut toujours un adversaire, depuis que le communisme a disparu. On n’a pas assez noté que les Trente Glorieuses sont exactement contemporaines de la guerre froide.

Je suis convaincu que l’avènement de ce que Robert Castel a appelé la société salariale – une société de croissance, de plein emploi, de progrès du niveau de vie, de sécurisation des statuts pour les travailleurs – cette société construite par l’effort commun de l’aile réformiste du mouvement ouvrier et de la bourgeoisie éclairée, devait beaucoup à la pression extérieure exercée par l’aile communiste du mouvement ouvrier.

La première année que j’ai voté, en 1956, le Parti communiste faisait 26% des voix. C’était une alternative possible. A partir de 1980, la menace soviétique devenant de moins en moins crédible, le capitalisme s’est senti libéré de toute menace, d’où ce passage à l’hubris, à la démesure.

L’islam, aujourd’hui, ne met pas en cause le destin capitaliste. C’est un adversaire moins menaçant. Mais on fait mine de le craindre pour se souder contre quelque chose.

Comment les gens de droite ont-ils assisté aux révolutions arabes ?

Le printemps arabe a provoqué une petite dépression. Notre droite aurait été très désorientée si toutes les révolutions arabes avaient conduit à l’avènement de démocraties dans tout le monde arabe.

Mais les partis islamistes sont en train d’emporter la bataille politique aussi bien en Tunisie qu’en Egypte. La droite peut donc continuer à brandir la menace islamiste.

La droite va donc continuer à jouer avec le halal, les prières de rues...

Et les horaires des piscines, oui... Mais ce n’est pas uniquement pour avoir un ennemi. Cette attitude se rattache aussi à cette hostilité à l’étranger qui est une dimension importante de la pensée de droite.

La préférence nationale, pensée à droite

Pourquoi la droite est-elle si méfiante vis-à-vis de l’étranger ?

Elle ne voit pas les étrangers d’abord comme des humains. La pensée de droite déteste les catégories universelles. Vous trouverez quantité de penseurs de droite pour vous dire que l’humanité est une notion zoologique, sans contenu politique ni social, ni culturel.

Pour eux, ce qui existe, c’est les nations : certaines nous sont proches, d’autres lointaines. L’idée de préférence nationale, elle est formulée par le Front national, mais elle est au cœur de la pensée de droite.

C’est aussi lié à sa conception de l’ordre : l’ordre implique que ses éléments restent distincts, et que chacun reste à sa place.

Or si vous n’êtes pas dans une société d’apartheid, l’immigration apporte le risque d’hybridation, de mélange, de métissage, de confusion.

Et, par définition, un immigré c’est quelqu’un qui ne reste pas à sa place. Tout cela est donc contraire aux valeurs de la droite. L’instinct profond de la droite l’amène à être hostile à l’immigration.

Tout au long des XIXe et XXe siècles, la France a toujours extrêmement mal accueilli les étrangers d’où qu’ils viennent : elle a mal accueilli les Belges, les Italiens – rappelez-vous le pogrom d’Aigues-Mortes –, les Espagnols...

J’ai lu des journaux des années 30, qui expliquent que le catholicisme complètement fétichiste et fanatique des Polonais interdisait absolument leur intégration dans la République française laïque... Remplacez le catholicisme par l’islam, et vous aurez les peurs d’aujourd’hui.

Etre de droite, au fond, c’est avoir peur ?

Bien souvent, oui. Observez la pensée de Finkielkraut, vous retrouvez cette notion de forteresse assiégée : nous sommes entourés par les barbares, ils sont à nos portes, nous sommes menacés de déclin, de disparition... C’est un thème cardinal dans la pensée de droite depuis 1830.

Pendant la révolution de 1848, les barbares de l’époque, ce sont les Bretons, les Picards, les Auvergnats qui s’entassent dans les faubourgs de Paris et comme ils ne parlent pas encore très bien français, car Jules Ferry n’est pas encore arrivé, ils sont réputés étrangers, ils menacent la civilisation bourgeoise parisienne.

Dans le livre de Louis Chevalier, « Classes laborieuses et classes dangereuses », vous trouvez des descriptions et des citations éloquentes sur le sujet. Il n’y a pas grand-chose à changer entre les textes de cette période et ceux d’aujourd’hui : la civilisation disparaît, il n’y a plus de repères, la morale s’évanouit. C’est un thème constant de la pensée de droite, ce thème de la peur.

Dans la préface de « Lucien Leuwen », Stendhal a cette très belle formule :

« Adieu ami lecteur, essayez de ne pas passer votre vie à haïr et à avoir peur. »

On voit dans la campagne actuelle que la haine et la peur sont des moteurs fondamentaux pour les candidats de droite.

  

Publié par Frédéric Maurin à 22:38pm - Voir le commentaire ()
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6 Avril 2012

26 et 27 mai 2012 : tous au plateau des Glières !

...et ceci quelle que soit l'issue de l'élection présidentielle :

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Contre le projet de Sarkozy de Défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance

Ce qu'ils ont fait aux Glières ne relevait pas que du bulletin de vote...

                 Retrouvez le programme sur :

             http://www.citoyens-resistants.fr/  

 

Appel de Thorens-Glières, le 14 mai 2011

Le 8 mars 2004 treize vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France libre lançaient un « Appel aux jeunes générations » dénonçant notamment « la remise en cause du socle des conquêtes sociales de la Libération ». Cette tendance régressive s’accélère dramatiquement. Nombre de citoyennes et citoyens s’en indignent. Partout la prise de conscience que les valeurs, toujours actuelles, incarnées en 1944 dans le programme du Conseil National de la Résistance ouvrent l’espoir qu’un mieux-vivre ensemble est possible. Il est aujourd’hui concevable de définir un nouveau "programme de la Résistance" pour notre siècle.

Au lieu de cela, le débat public qui s’annonce avec les élections de 2012 semble privilégier les manœuvres politiciennes au service d’intérêts particuliers sans traiter :

  • des causes politiques des injustices sociales,

  • des raisons des dérégulations internationales,

  • des origines des déséquilibres écologiques croissants.

Comme en 2004, nous souhaitons que tous les citoyens, tous les partis, tous les syndicats, toutes les associations participent à l’élaboration d’un Projet de Société du 21ème siècle en repartant du programme du CNR « Les jours heureux » adopté le 15 mars 1944. Ce programme politique constitue toujours un repère essentiel de l'identité républicaine française.

Avec l’association « Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui » nous appelons tous les partis politiques, toutes les candidates et candidats à un mandat public dans le cadre des élections présidentielles et législatives de 2012 à prendre 3 engagements  qui mettront réellement en application la devise républicaine « Liberté Egalité Fraternité ».

Premièrement, afin de garantir l’égalité : Lancer immédiatement le travail législatif et réglementaire qui permettra de reconstituer les services publics et institutions créés à la Libération pour aller vers une véritable démocratie économique et sociale. Possible en 1944, cette démarche l’est d’autant plus aujourd’hui alors que le pays n’a cessé de s’enrichir depuis. Droit à la santé pour tous, droit à une retraite, droit à l’éducation, droit au travail, droit à la culture demeurent les seuls véritables garants de l’égalité républicaine. Une égalité qui n’a de sens que dans le respect du droit des étrangers.

Deuxièmement, afin de garantir la liberté :

  • Approfondir la forme républicaine du gouvernement afin de séparer clairement les pouvoirs et renforcer la démocratie parlementaire au détriment de notre régime présidentiel personnalisé.

  • Développer de nouvelles pratiques de la démocratie dans laquelle l’action de la société civile sera reconnue et restaurer les conditions du principe d’ailleurs défini à l’article 2 de la constitution actuelle : « gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ».

  • garantir la qualité du débat démocratique et la fiabilité des contre-pouvoirs, en assurant à nouveau la séparation des médias et des puissances d’argent comme en 1944.

Ces 3 axes de débats devront aboutir à une démarche souveraine d' « Assemblée constituante » vers de nouvelles pratiques républicaines.

Troisièmement, afin de garantir la fraternité : Travailler les coopérations avec les peuples et les pays, en refusant l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie. Favoriser résolument des solutions soutenables pour les équilibres écologiques, dans les limites de développement compatibles avec la survie humaine. Ecarter de la marchandisation totale les besoins vitaux de l’être humain comme l’eau, la nourriture et l’énergie.

Il est temps de bien vivre ensemble, dans la haute-nécessité de l’épanouissement du plus grand nombre et d’offrir une perspective d’avenir prometteur aux jeunes générations.

Plus que jamais, comme le proclamait en 2004 l'Appel des Résistants aux jeunes générations, à ceux et celles qui font ce siècle qui commence, nous voulons dire avec affection :

« Créer c'est résister. Résister c'est créer ».

http://www.appel-de-thorens-glieres.fr/  

Hier comme aujourd'hui : résistance !

 

Les 15 signataires initiaux

Raymond AUBRAC
Résistant, co-fondateur du mouvement Libération-Sud.
Stéphane HESSEL
Combattant de la France libre, déporté, secrétaire de la commission ayant élaboré à l'ONU la Déclaration universelle des droits de l'homme, ambassadeur de France.
Daniel CORDIER
Secrétaire de Jean Moulin pendant l’Occupation, engagé dans la "Légion de Gaulle", membre du Bureau central de Renseignements et d'Action
Marie-José CHOMBART DE LAUWE
Résistante, déportée, actuelle présidente de la Fondation pour la mémoire de la déportation.
Georges SEGUY
Résistant, déporté, ancien secrétaire général de la CGT
Charles PAPERON
Combattant volontaire de la Résistance.
Walter BASSAN
Résistant, déporté.
Odette NILES
Détenue, compagne de Guy Môquet à Châteaubriant.
Noella ROUGET
Résistante, déportée.
Henri BOUVIER
Combattant volontaire de la Résistance, déporté.
Pierre MORIAU
Ancien combattant et résistant.
Léon LANDINI
Résistant, membre des Francs-tireurs et partisans MOI.
Pierre PRANCHERE
Résistant, membre des Francs-tireurs et partisans, ancien député européen.
François AMOUDRUZ
Résistant, ancien déporté, actuel vice-président de la Fédération Nationale des Déportés Internés Résistants et Patriotes.
Jean MARINET
Résistant, déporté.

Publié par Frédéric Maurin à 21:12pm - Voir le commentaire ()
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6 Avril 2012

Sortir Jean-Pierre Chevènement de l'impasse

Le 13 mars, Jean-Pierre Chevènement a fait le choix, contestable à mon sens, du vote Hollande:   François Hollande : le vote utile !

Il s’en explique ici dans L'Est républicain:

 

Chevènement soutient Hollande "les yeux ouverts !"

Entre François Hollande et Jean-Luc Mélenchon, qu’est-ce qui vous a fait pencher pour le premier ?

Jean-Pierre Chevènement: Seul François Hollande peut aujourd’hui battre Nicolas Sarkozy et devenir président de la République. En me portant candidat le 5 novembre, j’entendais faire bouger les lignes. Après le discours de Hollande au Bourget et l’énoncé de ses 60 engagements, j’ai constaté des infléchissements positifs : redresser la France et pour cela relancer la production, réorienter la construction européenne en renégociant le désastreux traité signé à Bruxelles par Nicolas Sarkozy, synonyme de régression économique et sociale, rétablir la justice, redonner espoir à la jeunesse, porter haut la voix et les valeurs de la France dans le monde. Comment ne reconnaîtrais-je pas là les orientations que de tout temps j’ai préconisées ?

 

Et vous ne les retrouviez pas chez Jean-Luc Mélenchon ?

J’ai de l’estime pour le parcours qu’il a effectué depuis le traité de Maastricht, même si je ne partage pas ses positions sur la sortie du nucléaire ou la régularisation de tous les sans-papiers. J’exprime une sensibilité républicaine et je ne cherche pas à être « la gauche de la gauche ». Jean-Luc Mélenchon parle beaucoup de la République, mais je ne suis pas sûr qu’il y mette la même exigence. La souveraineté nationale est à mes yeux un point d’appui essentiel. Aussi bien, tout le monde sait que Mélenchon soutiendra Hollande au second tour. Je préfère donc apporter d’emblée mon soutien à Hollande. C’est un homme chaleureux qui a l’intelligence des hommes et des choses. C’est un homme politique réaliste et talentueux. Jean-Luc Mélenchon n’a pas fini d’évoluer. Il fait, comme Arnaud Montebourg, partie de l’avenir.

 

Votre soutien est-il lié au récent accord législatif conclu entre le MRC et le PS ?

Je me suis déterminé sur le fond, et bien avant que soit conclu l’accord que vous qualifiez de « législatif » entre le PS et le MRC. Cet accord comporte d’abord un volet politique. Il reprend les points que nous jugeons essentiels : monnaie compétitive, rôle accru de la BCE pour racheter la dette, soutenir la croissance et agir sur le change, réaffirmation du rôle du Parlement pour voter le budget, construction d’une Europe non pas en dehors des nations mais dans leur prolongement. Le volet électoral est en ligne avec l’accord conclu en décembre 2006 : neuf circonscriptions en dehors du Pas-de-Calais où interviendra, je l’espère, un accord particulier.

 

Sur le fond, reste-t-il des désaccords entre François Hollande et vous ?

Les accords et les valeurs communes l’emportent largement sur les désaccords. Ceux-ci concernent la nature de la monnaie unique, construction viciée, selon moi, dès l’origine mais nous sommes d’accord pour en changer les règles. Je fais confiance au pragmatisme et au patriotisme de François Hollande pour prendre les décisions les plus conformes aux intérêts du pays. Sur la sécurité, il a repris l’idée d’une police de proximité dont on oublie souvent de mentionner que c’est moi qui l’ai conçue et mise en place en 1999.

 

Comment entendez-vous peser ensuite ?

Je n’ai aucune ambition ministérielle, même si je ne renonce pas à exercer une influence. J’ai eu le temps d’assouvir mon désir d’action à la tête de cinq ministères, de 1981 à 2000. J’ai toujours été un homme d’études et de recherche. Je continuerai à m’occuper de la Fondation « Respublica » et, tant que j’en resterai l’élu, du Territoire de Belfort.

 

Certains à gauche disent encore « douter » de la capacité de Hollande à exercer la fonction…

Je lui fais confiance pour être un Président dans lequel les Français pourront se reconnaître. Nicolas Sarkozy a commis l’erreur de vouloir désacraliser la fonction. François Hollande l’exercera avec dignité. Je sais qu’il s’adaptera très vite. Sa tâche sera difficile. Mais il a de la ressource. Je le soutiendrai les yeux ouverts, mais sans démagogie, avec le seul souci de lui faire entendre des arguments auxquels d’autres n’auraient pas pensé. J’ai assez de pratique pour savoir qu’en dernier ressort, le Président de la République est maître de la décision.

 

Propos recueillis par Jean-Pierre Tenoux

 

 Source : http://www.chevenement.fr/

 

Dont acte.

Artisan du programme commun et de la victoire de la gauche en 1981, Mr Chevènement, « fort de sa défaite » lors de la présidentielle de 2002,  a eu ensuite du mal à penser son action hors d’un accord avec le Parti Socialiste.

On retiendra  l’intégrité d’un homme qui s’est senti « toujours comptable des élans suscités en 1981 » et, à ce titre, triplement démissionnaire lorsque ces élans étaient piétinés (déjà au nom de l’Europe !) : parenthèse libérale en 1983, participation à la première guerre du golfe bushiste en 1991, Maastricht en 1992, etc…pour mémoire :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Pierre_Chevènement

 

C’est dommage.

Combien de temps « la gauche de gauche » stationnera-t’elle dans cette impasse : « Avec le Parti socialiste on ne peut rien faire, sans le Parti socialiste, on ne peut rien faire » ?

Il y faudra un troisième tour social ?

Car je n’oublie pas que cette formation, déjà hypersensible à la sondagite en 2007, aurait vraisemblablement confié les clés de la présidentielle à DSK (si ce dernier n’avait pas glissé dans une salle de bain new-yorkaise...ce qui est certes grave, mais moins que cela :  Affaire DSK : note aux journalistes )

Bon, en attendant le second tour, votons -paradoxalement- utile dès le premier :

http://www.placeaupeuple2012.fr/

Communiqué d’Eric Coquerel, Conseiller spécial de Jean-Luc Mélenchon

Grande figure du Socialisme et de la République, Didier Motchane apporte son soutien à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. De plus en plus nombreux sont les républicains de gauche à soutenir le Front de Gauche individuellement ou à travers l’un des partis qui le composent. Mais le soutien affiché aujourd’hui par Didier Motchane à la candidature de Jean-Luc Mélenchon est d’une grande portée.

 

Didier Motchane représente en effet toute la légitimité historique d’un responsable politique qui a cofondé le CERES avec Jean-Pierre Chevènement, le Parti Socialiste d’Epinay pour lequel il a été secrétaire international et député européen, le MDC puis le MRC.

 

A travers ces différents engagements partisans, cette grande figure du socialisme et de la République n’a jamais varié dans ses convictions. Il s’agit d’un de ces “résistants à l’ordre établi capitaliste”, pour reprendre ses termes, que le Front de Gauche entend incarner. Il nous dit les raisons de son soutien : “dans l’ensemble, les déclarations et propositions de Jean-Luc Mélenchon correspondent à mes convictions. Elles sont celles qui conviennent à la France d’aujourd’hui. Je retrouve l’esprit du socialisme chez lui et dans sa campagne. Voilà pourquoi je le soutiens”.

 

Cet engagement dans la campagne de Jean-Luc Mélenchon, après celui affiché, le même jour dans l’Humanité, par la conseillère régionale Ile de France d’Europe Ecologie-Les Verts, Safia Lebdi, confirme la place prise par le Front de Gauche et sa légitimité à incarner les valeurs de la gauche et de l’écologie politique.

 

  Après, il ne sera pas trop tard pour engager des débats de fond...

(car, paradoxalement encore, j'ai le sentiment qu'une élection présidentielle s'y prête assez mal...pas vous ?)

 

 

Sortir la France de l'impasse

Présentation du livre

Les choix politiques (dérégulation, monnaie unique) effectués dans les années 1980-1990 ont mis la France dans une redoutable impasse. Peut-on faire confiance, pour nous en sortir, aux idéologues qui nous ont fourvoyés ?

La crise de l’euro résulte de son vice initial de conception. Elle est devant nous. L’Allemagne détient la clé, mais sait-elle ce qu’elle veut ? Et la France, là-dedans, que veut-elle ?

Jean-Pierre Chevènement montre comment remettre le Peuple français debout. Il propose ensuite à la France deux scénarios de sortie de crise pour construire une « Europe européenne », maîtresse de son destin dans le siècle qui vient.

Jean-Pierre Chevènement a été l’un des refondateurs du Parti socialiste d’Epinay (1971) et un artisan de l’union de la gauche. Plusieurs fois ministre de 1981 à 2000, il est aujourd’hui sénateur du Territoire de Belfort et président d’honneur du Mouvement républicain et citoyen (MRC). Il entend peser dans la campagne présidentielle de 2012.

Plan détaillé

Première partie : L’Europe à refaire
I – Impasse du projet européen de la France
La démocratie au déni
Contours flous, volonté absente
L’Allemagne, « au sommet de l’Europe » ?

II – Le capitalisme financier globalisé, nouveau Frankenstein
La dérégulation et ses méfaits
La rechute
Le capitalisme financier contre les États

III – La crise de la monnaie unique
Le vice constitutif
Un grand saut fédéral irréaliste
Règle d’or ou règle d’airain ?
Des fissures dans l’orthodoxie

IV – L’Europe européenne à bâtir
Un « plan A » pour sauver la monnaie unique : la redéfinition des missions et du rôle de la Banque centrale
Un « plan B » pour organiser la mutation de l’euro de monnaie unique en monnaie commune
Réaffirmer la perspective d’une Europe européenne
La géométrie variable d’abord
L’aspect géostratégique


Deuxième partie : Remettre debout le peuple français
I – Rendre au peuple français sa fierté en combattant l’antipopulisme de ses élites
1940 et le discrédit de la nation
L’européisme et la diabolisation des nations
La globalisation contre la démocratie
Le désarroi de la jeunesse
La crise de la démocratie
L’École
Les médias
L’abandon des valeurs républicaines
La reconquête républicaine

II – Réussir l’intégration
Différences culturelles et principes républicains
Renverser la perspective
L’identité républicaine de la France vient de loin
Le nécessaire respect des valeurs républicaines
L’École et l’intégration
Intégration et statut de la femme
Insécurité et éducation
La sécurité : une œuvre collective
L’acquisition de la nationalité française et l’appartenance à la France


Troisième partie : Ce qu’on doit attendre du prochain président de la République
I – Redonner confiance à la France
Un patriotisme exigeant
L’École au cœur de la République
Nation, nationalité, immigration, communautarisme
Le nucléaire, un des grands atouts de la France
Mobiliser les atouts de la France pour la remettre sur une pente ascendante

II – Rendre à la France son autorité et sa capacité d’influence, en particulier vis-à-vis de l’Allemagne


Quatrième partie : Faire bouger les lignes
Les élites ne reconnaissent jamais leurs erreurs
Seuls des événements immenses peuvent faire bouger les lignes
Pourtant les lignes bougent
Faire surgir un recours

Annexe : lettre de Jean-Pierre Chevènement au président de la République

Publié par Frédéric Maurin à 10:45am - Voir le commentaire ()
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6 Avril 2012

Sarkozy : même la droite n'en veut plus !

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Suite de l'article précédent : Sarkozy : même la droite n'en veut pas !

et mêmes consignes que précédemment : toujours lire le message sans oublier d'où il vient et où il veut aller.

Pas de texte sans contexte.

Mélanie Delattre et Emmanuel Lévy, auteurs de Un quinquennat à 500 milliards, répondent aux questions posées au fil de quatre cents commentaires.

1 - Les lecteurs, qui n'ont pas observé d'amélioration sensible de leurs propres conditions de vie, demandent d'abord où sont passées toutes ces sommes. "À quoi a servi tout cet argent ? Qui en a profité ? Quel retour sur investissement ?" (Modéré). "Où sont passés ces 500 milliards imputés aux comptes calamiteux de Sarkozy ?" (mistigri18)... "Qu'a fait Sarkozy qui a coûté si cher ?" (steph).

Mélanie Delattre et Emmanuel Lévy : Nous détaillons dans notre ouvrage la "facture Sarkozy". Les 500 milliards annoncés dans le titre correspondent à l'aggravation de la dette au cours du quinquennat (630 milliards d'euros), corrigés de l'impact de la crise (110 milliards). Sur cette somme, il faut séparer d'un côté l'effet des déséquilibres du passé que Nicolas Sarkozy, contrairement à ses promesses de candidat de la rupture, n'a pas corrigé (350 milliards environ). De l'autre, les conséquences de ses propres choix politiques, qui ont alourdi l'addition de 150 milliards supplémentaires.

Notre calcul a été rendu possible par le chiffrage de la Cour des comptes qui, depuis quelques années, isole le déficit structurel, profondément enraciné, du déficit conjoncturel, lié à la situation économique du moment. Parce que cette institution est neutre politiquement, elle présente des chiffres annuels, mais se garde de dresser un bilan sur la durée du mandat. Nous l'avons donc nous-mêmes reconstitué à partir des données disponibles.

D'un point de vue comptable : les deux séries de mesures qui ont le plus creusé le déficit sont :

- les cadeaux aux particuliers : le bouclier fiscal pour 3 milliards, la baisse des droits de succession et de donation et l'instauration de toute une série de "Sarko niches" qui viennent rogner les recettes et que nous listons dans un chapitre. Certaines, comme l'exonération des heures sup (4,5 milliards d'euros annuels), peuvent avoir eu un impact positif (un salarié sur quatre en a bénéficié) sans toutefois que le rapport coût-avantage ait été démontré, l'argent injecté n'ayant pas créé de richesse supplémentaire.

- les coups de pouce aux entreprises. 20 milliards pour la suppression de la taxe professionnelle, 16 millions d'euros pour le crédit-impôt recherche, 10 milliards pour la baisse de la TVA restauration. Soit 45 milliards d'euros sur la durée du mandat.

2 - Après le où vient le comment : "Votre livre a été présenté comme un brûlot antisarkozyste en couverture du Point. Qu'avez-vous voulu faire au juste ? D'où viennent les chiffres, comment avez-vous travaillé ?" (manu12) Faut-il croire que les gouvernants sont incompétents, "dépourvus de notion d'économie, de comptabilité" (Steeves), ou du moins insuffisamment compétents pour construire "une colonne vertébrale en économie, et surtout une stratégie claire" (steel) ? Les politiques s'affranchissent-ils des préoccupations comptables pour satisfaire leurs intérêts ? Ou bien serait-ce qu'ils "n'ont plus aucune conscience de la réalité", et que les termes "faire des efforts et se serrer la ceinture ne valent que pour les pauvres ou la classe moyenne" ? (milou) "De toute façon, ce sont bien les classes moyennes qui trinqueront ?" (tennob). Ou enfin les politiques, président en tête, auraient-ils perdu tout sens de l'éthique ? "Sarkozy est le premier responsable de la situation, idéologue incapable de voir le pays qu'il gouverne comme inscrit dans des nuances, des valeurs complexes et complémentaires, dont seul le respect permet de faire tourner la machine sans la casser" (metis)

M. D. et E. L. : Alors que tout ou presque a été écrit sur la personnalité de notre président, nous nous sommes rendu compte, au cours de notre enquête, que le "Sarko économicus" avait été peu exploré. Or c'est bien dans le rapport paradoxal que Nicolas Sarkozy entretient avec l'économie que réside, en partie, l'explication de son mauvais bilan. En interrogeant ses conseillers passés et présents, ainsi qu'un certain nombre de députés l'ayant côtoyé, nous nous sommes rendu compte que le chef de l'État n'avait que peu de substrat idéologique en la matière. Dans les années 1990, lorsqu'il était ministre du Budget, on l'a vu défendre le franc fort, puis se faire l'apôtre d'une dévaluation. Ministre de l'Économie en 2004, il renonce à adosser les régimes spéciaux d'EDF au régime général, et, dans le même temps, fait un gigantesque cadeau au patronat avec la "niche Copé".

De la même façon, tout au long de son mandat de président, il ne cesse d'osciller entre libéralisme et interventionnisme. Il faut se souvenir qu'en 2007, il voulait lancer les subprimes à la française. Aujourd'hui, il prétend réguler les banques, lutter contre le capitalisme financier. En ne choisissant pas entre une politique de gauche consistant à augmenter les impôts pour mener une politique sociale accommodante, et une politique de droite consistant à tailler dans les dépenses pour baisser les prélèvements obligatoires, Nicolas Sarkozy a laissé filer les déficits plus qu'aucun de ses prédécesseurs avant lui.

3 - Ensuite viennent des questions techniques, pour mieux percevoir les réalités chiffrées. "Ou bien je me trompe, ou bien je suis idiot, ou peut-être même les deux, mais c'est quelque chose que je n'ai jamais compris : à qui la France, État souverain, donc l'ensemble de la population qui le compose, doit-elle payer ses "dettes" ? À d'autres États qui lui ont prêté des sous ? À des banquiers privés ? À des banques publiques ?" (JLP).

M. D. et E. L. : L'État n'est pas vraiment regardant sur l'origine de l'argent qui lui est prêté. Comme n'importe quel gros emprunteur - il s'agit d'énormes sommes (des dizaines de milliards d'euros) -, le Trésor cherche d'abord et avant tout à minimiser son coût d'endettement, son taux. Pour cela, il se tourne vers le marché grâce à des adjudications. En réalité, en guise de marché, ce sont quelques banques (une vingtaine) qui répondent à cette enchère à l'envers : elles achètent cette dette, puis la conservent ou la revendent. Ces dettes se retrouvent ainsi éparpillées tout autour du monde. On les retrouve dans les fonds spéculatifs, mais aussi dans l'assurance-vie des épargnants français, comme dans les principales banques centrales.

Quelques chiffres à présent. 65 % de la dette publique française est détenue par des non-résidents, principalement des pays de la zone euro. Si l'on exclut ceux-là, la dette détenue par des non-zone euro se réduit à 20 %-30 %. Maintenant, les épargnants tricolores sont aussi des préteurs à l'État. Un récent rapport de la Cour des comptes montre ainsi que 10 % des 1 371 milliards d'euros d'encours de l'assurance-vie hexagonale sont investis en dette de l'État français, soit moins de 140 milliards d'euros.

D'un point de vue strictement comptable, toute dette génère une créance. À la limite, si les Français finançaient entièrement la dette, on aboutirait à ce que le contribuable doive de l'argent à l'épargnant, bref, à une situation neutre, si ce n'est que ce n'est souvent pas la même personne. C'est le cas japonais. Mais en France, et malgré une forte épargne des ménages (16 % de leur revenu disponible brut), le gros de la dette, on l'a vu, est détenu par des non-résidents. Cet état des choses s'est aggravé depuis 2006-2007 et l'arrivée de Nicolas Sarkozy à l'Élysée. En effet, la position nette de la France (les comptes de la maison France) vis-à-vis du reste du monde s'est fortement dégradée. En 2008, la France devait 250 milliards d'euros au reste du monde, 192 milliards en 2010, quand notre position était historiquement positive.

"J'aimerais savoir la part réelle des collectivités territoriales dans la dette publique" (Gwb).

M. D. et E. L. : Cette part est très faible : 163 milliards d'euros, soit moins de 10 % du total de la dette publique. Et ce n'est pas un hasard : juridiquement les collectivités territoriales ne peuvent s'endetter que pour investir. Bref, hors investissement, en dur, leurs comptes doivent être à l'équilibre. La "règle d'or" oblige à ce que l'emprunt soit "réservé au financement de l'investissement", selon les mots de la Cour des comptes.

"Nous aimerions connaître le coût du surcroît de fonctionnaires depuis quatre ans ; ça n'atteint pas 500 milliards, mais quand même" (Conleau). "Je voudrais comprendre : un article de La Tribune de ce jour (le 16/01) signé Yvan Best dit le contraire. À savoir : 60 milliards du fait du gouvernement. 540 milliards la crise. Merci de m'éclairer." "Je ne veux pas casser l'ambiance, mais 500 milliards, c'est de la dette créée depuis le début du quinquennat. Il ne faut pas oublier les intérêts de la dette et certains courent sur 40 ans." On arrive à combien ? (piquant 22).

M. D. et E. L. : Piquant, il y a une différence entre ce que je dois, ma dette, et ce que je paye annuellement au titre des intérêts. La question devient donc : combien de temps et à quel taux ? La maturité moyenne de la dette française, c'est-à-dire son temps de vie, atteignait en moyenne 7 ans et 49 jours fin novembre dernier. Reste à déterminer le taux d'intérêt. Sauf que celui-ci est une composante inconnue. Ce que l'on sait, c'est qu'aujourd'hui, ce taux est historiquement bas, de l'ordre de 2,5 %. Aussi, si l'on figeait tous les paramètres selon leur valeur d'aujourd'hui, hypothèse d'école, ces 500 milliards devraient-ils générer 90 milliards d'intérêts.

"Sarkozy est-il le pire dépensier parmi les présidents de la République ? Bonne question, mais les colonnes de Buren ou le musée de Sarran ne me semblent pas, non plus, un symbole de respect des deniers publics" (konifl).

M. D. et E. L. : Konifl, vous citez deux des nombreuses "danseuses" que les prédécesseurs de Nicolas Sarkozy se sont offertes. Ces "dépenses", même si on peut discuter de leur opportunité, ne sont pas très lourdes. Si l'on s'écarte des très grandes masses du quinquennat que sont les réformes de la taxe professionnelle (voir ci-dessus) ou celles encapsulées dans la loi Tepa, le quinquennat de notre président est, lui aussi, jalonné de petites dépenses tout aussi contestables. Ainsi de la gratuité de la scolarité au sein des lycées français de l'étranger pour les enfants d'expatriés. Pour s'attirer les bonnes grâces et les votes futurs de ces électeurs qui enverront une vingtaine de nouveaux députés à la prochaine assemblée législative, Nicolas Sarkozy a mis sur la table 40 milliards. Or, rendre gratuite la scolarisation des enfants d'expatriés, alors que, pour l'essentiel, ces salariés voient déjà leur rémunération prendre en compte ce surcoût, revient à leur faire cadeau de ce montant.

4 - Une pointe d'agressivité perce de-ci, de-là contre les journalistes qui exposent des faits inquiétants. La question peut être une provocation qui n'attend pas de réponse : "Mélanie Delattre, journaliste au Point, et Emmanuel Lévy, à Marianne, recensent avec gourmandise et sévérité les petites et grandes libéralités du président de la République avec ses amis"... Donnez-nous vos solutions..." (Martino). Elle est plus souvent politique : ce livre ne fait-il pas le jeu des opposants au président ? "Selon Sarkozy, c'est la crise qui a plombé son bilan, vous semblez remettre en question cette présentation des faits. Pouvez-vous expliquer votre raisonnement ? (bcrg-xp)" "Nos journalistes veulent-ils le PS au pouvoir, coûte que coûte ?" (gabinger).

M. D. et E. L. : Les articles consacrés à notre livre ont retenu l'impression générale, qui est celle d'un Sarkozy dépensier. Mais il y a évidemment aussi eu du bon dans sa politique, ce que nous rappelons évidemment. Par exemple, nous consacrons un chapitre entier aux bonnes surprises du mandat qu'ont été ses réformes des retraites et des universités. Nous insistons également sur le fait que son activisme a été utile dans la crise, qu'il a permis de donner à la France un rôle dans les négociations que son poids économique réel ne justifiait pas, dans un chapitre intitulé "Action Man".

Ceux qui nous accusent d'avoir livré un pamphlet antisarkozyste n'ont pas lu le livre. Publier un bilan chiffré du mandat, c'est une façon de mettre la pression sur le prochain président, qu'il soit de gauche ou de droite, pour qu'il chiffre ses propositions de manière réaliste et s'y tienne, sous peine d'un nouveau brûlot en 2017 !

"Avant Sarkozy, nous vivions donc dans un Éden où tout était propre. Giscard, Mitterrand, Chirac, de gros bisounours gentils, économes, honnêtes, se nourrissant de rien, voyageant à bicyclette, économes en tout. Pas de déficits, pas de dettes, partageant le pain avec les pauvres, etc. Un paradis !" Le jedi donne le ton des lecteurs qui trouvent la charge injuste, et souhaiteraient une relativisation : "500 milliards, dites-vous, combien de valeurs ont-elles été gaspillées depuis la fin de la guerre ? Ne serait-ce que l'argent reçu par les syndicats sans aucun contrôle, les scandales financiers multiples, les détournements, l'affaire ELF, l'affaire de la Société générale, du Crédit lyonnais, des avions "renifleurs de Giscard..." (LODS).

M. D. et E. L. : Non évidemment, Nicolas Sarkozy n'a pas transformé en enfer un monde de Bisounours dont il aurait hérité en 2007. Mais une remarque. S'il y a bien un marqueur de ce président, et c'est tout à son honneur, c'est de s'enorgueillir de l'héritage de la France, et de là, d'en assumer la responsabilité. Ce qui est vrai de la résistance l'est également des comptes publics. Le président aime la politique parce qu'il croit qu'elle peut changer les choses, pas les effacer. En arrivant au pouvoir, Nicolas Sarkozy "prend les clés du camion France" en l'état. État qu'il connaît par ailleurs. Et aujourd'hui, il nous dit que seule la crise est responsable. Nous avons voulu aller plus loin que ce qui était fait d'ordinaire, où le bilan se déduisait d'une simple soustraction : (montant de la dette en fin de mandat) - (montant de la dette en début de mandat). Notre démarche a visé à séparer précisément en trois composantes la dette que le président laissera en fin de mandat.

5 - La réaction majoritaire, dans les commentaires, n'en reste pas moins alarmée. "Il y a quelque chose de pourri au royaume du Danemark" : dubitatif rend compte de l'humeur générale en empruntant à Shakespeare. On en vient à s'inquiéter pour les journalistes. "Félicitations aux auteurs pour ce formidable travail qui élucide et informe. J'aurais voulu savoir : quelles réactions avez-vous rencontrées après la publication ? Y a-t-il des menaces ?" (Ojo de la Fontaine).

M. D. et E. L. : Notre livre n'a donné lieu à aucune menace, mais à des débats animés. Avec M. Éric Besson sur BFMTV (http://www.bfmtv.com/#!bfmtv-2012-l-interview-le-point-eric-besson-actu21942.html) ou entre M. Lellouche (UMP) et M. Cahuzac (PS) s'inspirant de nos chiffres dans l'émission "Mots croisés" du 16 janvier sur France 2.


PS : deux questions ont été ajoutées à la première série. Pourquoi mesurez-vous l'impact du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux sur une seule année alors que les effets vont s'en faire sentir sur des années ? Que se passerait-il pour les finances publiques si cette mesure n'était pas appliquée ? Que s'est-il passé pour les effectifs de la fonction publique au cours des 30 dernières années ? Est-il exact que les moyens technologiques permettant un traitement plus aisé des droits et devoirs des administrés aient suffisamment évolué pour le permettre ? Que se serait-il passé si la réforme des retraites n'était pas passée ?

M. D. et E. L. : Concernant le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux, présenté comme "la" grande mesure de réduction des dépenses du quinquennat, nous utilisons les données disponibles aujourd'hui, qui montrent que les économies attendues ont été bien moindres que prévu, en raison des primes accordées pour faire passer la pilule, et des heures sup générées par la désorganisation des services. Finalement, 80 % du gain réalisé est reparti dans la poche des fonctionnaires en 2009 et 67 % en 2010 : c'est mieux que les 50 % promis par Nicolas Sarkozy en 2007, ce qui explique sans doute que, malgré l'effort réalisé, la masse salariale n'ait pas baissé dans la fonction publique pendant le quinquennat. Cela ne nous empêche pas de rappeler que "ce sont des milliers d'euros de retraite qui seront économisés dans 60 ans", comme le souligne justement minos1234.

Pourquoi ne faites-vous pas un petit rappel de l'historique de l'affaire Tapie ? Qui l'a mis sur orbite et que se serait-il passé s'il n'y avait pas eu accord ? Combien cela risquait de coûter ? Pourquoi la presse en général, et vous en particulier, mettez-vous une baisse de la dépense publique au même niveau qu'une baisse de prélèvements alors qu'il ne s'agit pas du tout de la même chose, et que les effets ne sont pas les mêmes ?

M. D. et E. L. : Faux procès, cher minos1234, car nous faisons justement un retour sur les péripéties judiciaires de l'affaire Tapie dans notre chapitre sur "les cadeaux aux amis". Nous y rappelons notamment qu'avant que l'ancien ministre de la Ville ne porte l'affaire devant la Cour de cassation, la cour d'appel de Paris avait condamné l'État, via le consortium de réalisation (CDR) - véhicule qui porte les actifs du Crédit lyonnais depuis sa privatisation -, à indemniser les époux Tapie à hauteur de 135 millions bruts, dont un euro au titre du préjudice moral. En faisant intervenir un tribunal arbitral privé (dont l'intervention de chacun des trois membres a coûté 300 000 euros à l'État), la ministre de l'Économie Christine Lagarde a permis aux plaignants d'obtenir 390 millions d'euros, dont 45 millions pour le seul préjudice moral, soit presque trois fois ce que la justice ordinaire avait accordé... Difficile d'imaginer qu'une cour d'appel ayant à statuer une seconde fois sur l'affaire se serait montrée aussi généreuse.

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Par Marie-Christine Poncet, pour l'équipe de modération

Publié par Frédéric Maurin à 09:23am - Voir le commentaire ()