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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

29 Juillet 2012

J'ai dû louper un épisode

pour n'avoir pas parlé plus tôt des interviews alternatives de Pascale Fourier...

J'ailouper un épisode...


Le two pack, la 3ème camisole budgétaire européenne

J'ai volé le titre à Laurent Pinsolle ! C'est qu'il a fait un billet sur la question !! http://www.gaullistelibre.com/2012/07/le-two-pack-la-3eme-camisole-budgetaire.html . Il faut le lire ! Et puis il faut aller là : http://contrelacour.over-blog.fr/ où vous trouverez une explication sur le TSCG, le Six-packs et le MES... Et puis il faut lire le travail du CADTM qu'on trouve là...

Cette note a été publiée le 28.07.2012

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L'UE contre l'emploi des européens...

" le code des marchés publics, issu de directives européennes, ne permettant "pas de favoriser l'exécution de prestations sur le territoire national, voire européen" ."   ( http://www.lemonde.fr/politique/article/2012/07/27/montebourg-veut-mieux-prendre-en-compte-les-problemes-de-delocalisation_1739457_823448.html#xtor=RSS-3208) Les socialistes découvrent la lune ! "[...]La...

Cette note a été publiée le 28.07.2012

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TSCG: un coup d'Etat en 16 pages...

Puisque le fameux Marc fait le boulot à ma place, pourquoi se fatiguer?? C'est là: http://simplyleft.wordpress.com/2012/07/19/a-deux-doigts-de-la-tyrannie-constitutionnalisee/ Un petit "best of"? En cas de déficit excessif, le pays mettra en place un programme de réformes structurelles qui sera soumis pour approbation au Conseil de l’Union européenne et à la Commission européenne...

Cette note a été publiée le 28.07.2012

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La logique de la "compétitivité" menée jusqu'au bout...

Ouf ! Je ne suis pas la seule à penser que dès que l'on accepte la logique de la "compétitivité", on fonce dans le mur.... Je me sens moins seule...C'est là, http://simplyleft.wordpress.com/2012/07/12/competitivite-ad-nauseam /, et ça débouche sur une videao de Nikonoff sur la Charte de la Havane ( à écouter si vous ne connaissez pas, ce qui serait un tort parce qu'une interview de Des Sous...

Cette note a été publiée le 28.07.2012

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Sapir, Nikonoff, Gréau, et Dupont-Aignan

"A l’occasion du sommet européen, Nicolas Dupont-Aignan a présenté, ce jeudi 28 juin 2012, un plan de secours alternatif pour l’Europe. Il a rasssemblé des économistes de renom et de sensibilités différentes. Et ensemble ils ont présenté leur plan pour sortir de la crise. Vous pouvez retrouver l’intégralité de ce plan alternatif dans le document PDF ci-joint « Démontons l’euro pour...

Cette note a été publiée le 28.07.2012

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Les rencontres déconnomiques: Gérard Duménil, Lordon, Ruffin, Kempf,etc

Les Rencontres déconnomiques, c'est là : http://www.livestream.com/lateleduplateau/folder?dirId=a4e049b9-946f-4f01-822b-f2517fb445fc Bien sûr, on aurait tendance sans doute à se précipiter sur la vidéo de Lordon. Mais moi, celle que je pense qu'il faut écouter en premier, c'est celle de Gérard Duménil. Gérard Duménil, c'est un des anciens chouchous de l'animatrice de Des Sous et des...

Cette note a été publiée le 28.07.2012

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Emmanuel Todd plutôt que Beffa et Pigasse de la banque Lazard...

Vous avez une demi-heure pour donner faire un dernier petit ménage dans la cuisine entre 13h30 et 14H? Eteignez France Inter pour ne pas entendre les invités de Caroline Fourest ( qui doit avoir des intérêts dans la banque Lazard...deux invités déjà de cette banque pour nous vanter les mérites du capitalisme tel qu'il va...). Allez là:...

Cette note a été publiée le 28.07.2012

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France Inter : Caroline Fourest et "Ils changent le monde"ou Pascale Fourier et "Les baisés de l'Histoire"?

Il est loin le temps où je proposais benoîtement le projet de Des Sous et des Hommes à Inter...Mais je sens que je vais m'y remettre... Mon émission à moi s'appelera "Les baisés de l'Histoire". Pas "Ils changent le monde" comme celle de Caroline Fourest diffusée actuellement de 13h30 à 14h. C'est que j'ai au moins failli mourir deux fois cet été. Le 9 Juillet, quand j'ai entendu une...

Cette note a été publiée le 15.07.2012

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Maurice Chevit, au-delà, bien au-delà du Marius des Bronzés font du ski !!

Bien sûr, on pourra me dire que mon blog est un blog politique et que parler de Maurice Chevit n'est pas le lieu... Bien sûr... Mais combien cela me fait de la peine que les médias, reprenant en boucle la dépêche de l'AFP concernant la mort du comédien Maurice Chevit, réduise un tel homme à une apparition dans le film de Leconte ( qui lui aura compris qui était Maurice....). Maurice,...

Cette note a été publiée le 04.07.2012

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Bertand Renouvin : Hollande, la pleine et entière liberté de choisir...

Voui voui voui....Certes... on me dira qu'une brève recherche montre que Bertrand Renouvin est royaliste...Mais dans le fond, je crois que je m'en fiche....Nous n'en sommes plus là, et toute analyse qui est bonne, qui permet de comprendre, doit être relayée ( à l'exeption des analyses d'extrême-droite, soyons tout de suite clair !). Plus tard, comme avec Laurent Pinsolle, nous nous...

Cette note a été publiée le 03.07.2012

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Sauver l'euro? Une politique criminelle selon Stiglitz

Un jour, l'Union européenne et ses affidés seront jugés par le tribunal de l'Histoire.... Ce sera quand nous serons devenus une sous-zone du jeu politique international, quand le décentrement du monde sera encore accru en faveur de la Chine, de l'Inde et des Usa, quand les planisphères auront fait du Pacifique leur centre en lieu et place de l'Atlantique. Nous y allons à grands pas. M. Rocard,...

Cette note a été publiée le 02.07.2012

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André Bellon : appel aux parlementaires à propos du pacte budgétaire.

Il semblerait qu'on aille encore décider sans nous, sans le peuple, qu'on nous spolie de notre droit de décider.... Voici un appel d'André Bellon, un de ceux que je suis du coin de l'oeil.... Pour info, la liste des nuveaux parlementaires est là : http://www.assemblee-nationale.fr/qui/   Aux élus du peuple. Défendons la démocratie ! J'ai été parlementaire pendant 12 ans. J'ai...

Cette note a été publiée le 02.07.2012

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Pacte budgétaire : on n'a pas le texte !

Le nom barbare, c'est TSCG....mais bon, après la satisfaction exprimée par F. Hollande, je voulais lire... et il n'est pas publi encore...pas grave, F. Hollande veut le fairevoter rapidement par le Parlement nouvellement élu..... y'a plus qu'à espérer que les députés sauront le lire très vite et très très à fond... Bon, j'voudrais pas dire, mais il y a nouveau transfert de souveraineté, ce...

Cette note a été publiée le 02.07.2012

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Two-pack : efficient en Octobre 2012 ou pas avant 2014, il faudrait savoir....

Miracle ! Un article sur le Two-pack, et un bon article, et c'est chez 20minutes ! C'est là : http://www.20minutes.fr/economie/963381-sommet-europeen-gueguerre-two-pack#commentaires . La menace est claire ; "L’objectif de ce texte? Permettre à la Commission européenne de contrôler davantage les budgets nationaux.[....] Mais le «two-pack» veut aller plus loin: s’il était adopté, il...

Cette note a été publiée le 02.07.2012

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Laurent Pinsolle : Smic et mondialisation

Hier, j'avais dégoté deux articles de Mediapart en libre-accès, excellents.... Je me disais quand même qu'il était bien dommage que les journalistes ne fassent pas le lien avec le libre-échange et l'UE telle qu'elle est... Eh bien ce que je demande...Laurent Pinsolle le fait ! Et c'est là : http://www.gaullistelibre.com/2012/06/hausse-du-smic-de-2-le-prix-de-la.html Un best of?:"[...]...

Cette note a été publiée le 27.06.2012

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Deux articles de Mediapart sur la politique de F. Hollande en accès libre !!

Oups ! Je viens de le voir... et ce sont deux de mes chouchous, Ludovic Lamant là : http://www.mediapart.fr/journal/economie/260612/europe-le-petit-pacte-de-croissance-de-hollande-ne-suffira-pas et laurent Mauduit là : http://www.mediapart.fr/journal/economie/260612/la-triple-faute-de-francois-hollande Bon bon bon, d'accord, ils ne lancent pas la discussion sur le libre-échange (...

Cette note a été publiée le 26.06.2012

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S'organiser...

Bon, on va partir en vacances, mais il y a un  problème , c'est que pendant ce temps la marche forcée vers la rigueur ( et plus grave, vers le déni de démocratie) ne va pas cesser.... Il y a le two pack ( voir derniers billets), les négociatios inter-gouvernementales sur le TSCG ( et à un autre niveau le pacte UE: Etats-Unis...). Je propose de nous concentrer sur le Two pack,...

Cette note a été publiée le 26.06.2012

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Publié par Frédéric Maurin à 18:16pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

25 Juillet 2012

Histoire de queue

Celle-là ne restera pas longtemps à La Poste. Quelle répartie ! Un prix pourrait être attribué à cette guichetière d'un bureau de poste parisien pour son élégance et son humour ! Cette guichetière se trouvait face à une longue file de clients mécontents, lassés d'attendre pour pouvoir enfin déposer un chèque, retirer un chéquier ou envoyer du courrier. 

C'est alors qu'un client excédé, se taillant un chemin jusqu'au guichet, jette son bordereau sur le comptoir et dit : 

- JE DOIS encaisser ce chèque TOUT DE SUITE !  

"Je suis désolée, Monsieur. Je serai heureuse de vous aider tout à l'heure; je dois d'abord m'occuper des autres clients, mais soyez sûr que votre tour viendra."  

Le client ne s'en laisse pas conter. Il crie très fort de manière à ce que tout le monde l'entende :

- EST-CE QUE VOUS SAVEZ QUI JE SUIS ?

Alors sans aucune hésitation, la préposée se lève et s'adresse à tous les clients présents:

"Puis-je avoir votre attention s'il vous plaît ? Sa voix résonnant dans tout le bureau. Nous avons au guichet un client qui NE SAIT PLUS QUI IL EST. Si vous êtes en mesure d'aider cette personne à trouver son identité, nous vous prions de bien vouloir l'en informer, merci."

Alors que toute la file d'attente éclate de rire, le client furibard s'exclame :

- JE T'ENCULE

Sans broncher, la guichetière sourit et dit:

"Je suis désolée, Monsieur, mais pour cela aussi il faut être capable de faire la queue !"

Le rire, la politesse du désespoir de Desproges, comme arme de résistance.

Le blog de Bernard Gensane fourmille d'anectodes spirituelles : je vous le recommande chaudement pour diverses raisons, on y cause français et on y penche à gauche.

Cette affaire de queue m'a immédiatement rappelé un article du Monde Diplomatique: l'idéologie du client, que je reproduis ci-dessous.

Il date de 1998 : ce n'est pas d'hier mais il m'était resté en tête tant il est utile à comprendre et affronter tant de situations rencontrées partout et chaque jour, dans le travail, l'embouteillage, le centre commercial, le lieu de loisir...

On reviendra sur les conséquences de l'effacement du travailleur derrière la figure du client, le travail en souffrance et les escrocs qui ont imposé cette mutation.

C'est essentiel, car là aussi Le changement, c'est maintenant

L’idéologie du client

par Pierre Lazuly, décembre 1998

« Il chante l’égalité, sans doute, mais le cœur n’y est pas :
ce qu’il voudrait, c’est être plus égal que les autres,
ce qu’il aimerait, ce serait être roi. »

Alexandre Vialatte (1).

Pour que chacun puisse devenir roi, il suffirait que tout le monde le soit. L’homme de la rue ne serait plus n’importe qui : il serait le client, monarque incongru, doué d’une indéfectible raison et de pouvoirs absolus.

Rien, de nos jours, n’est plus important que le client. La télévision le distrait jour et nuit. Les journaux chantent ses louanges ; les plus grands éditorialistes s’intéressent à sa vie. Les politiciens l’encensent : il est la croissance ; de sa consommation dépend le sort de la nation. Les journaux d’entreprise chantent à l’unisson : « La satisfaction du client doit être notre obsession. » Pourquoi ? Sans doute pour des raisons d’argent.

Partout la concurrence fait rage. Le client le sait, et il espère bien en profiter. Plus de services et moins de sacrifices : la concurrence, c’est le progrès. Il peut changer de fournisseur s’il n’est pas satisfait. Il ne manque d’ailleurs jamais de le rappeler. Les commerçants l’ont bien compris : pour conserver ses faveurs, ils doivent désormais « récompenser » ce client, plus que jamais volage et méfiant, pour sa « fidélité » et sa « confiance ». Le client peut même, grâce aux enquêtes de satisfaction, amplifier à l’extrême le moindre désagrément, donner libre cours à ses caprices de client. « Une filiale leader dans un domaine porteur » recherchait d’ailleurs récemment son « Directeur de la Satisfaction Totale du Client ». Avec des majuscules partout, c’est très impressionnant. Le client se sent important ; il est content.

Que cherche le client ? Le bonheur en solde. Pour le trouver, il erre dans les rayons, en proie à d’intenses réflexions, au milieu de propositions perverses, d’options sottes et de privilèges inutiles. Sa vie est un calvaire ; il passe ses journées à choisir. Il se laisserait bien tenter par cet « abonnement malin » qui lui promet « une nouvelle liberté », payable en douze mensualités. A moins qu’« un coffret complice » ne soit plus adapté ? Du choix, il n’a que l’embarras.

Les opérateurs téléphoniques, notamment, lui donnent bien des soucis. Ils forment, avec les banques et les compagnies d’assurances, ce que l’humoriste Scott Adams a appelé des « cartels d’embrouille »  : des entreprises dont les offres sont formulées de telle façon qu’il est impossible de déterminer objectivement la plus attractive. « Chacune se réserve ainsi une part de gâteau, qui sera proportionnelle au talent mis en œuvre pour exploiter la crédulité du consommateur via la publicité (2) . »

Car, sans cet affichage agressif (« un paysage gai et changeant sur les murs »), sans ces spots télévisés où un bonheur perpétuel s’affiche en couleurs pastel, sans cette omniprésente sollicitude, le client ne serait pas ce qu’il est. Il resterait indifférent à tous ses privilèges ; il ignorerait jusqu’à ses propres besoins. Heureusement, la publicité sait lui parler : « La moindre savonnette se donne comme le fruit de la réflexion de tout un concile d’experts penchés depuis des mois sur le velouté de votre peau (3) . »

Perdu dans la jungle des empressements, le client s’abandonne alors à ces « services parasitaires, tissés autour de lui avec pour mission de le sécuriser, de l’encadrer, de le conseiller, de le soutenir, de le guider, bref de l’engluer dans une sollicitude qui l’assimile peu à peu à un handicapé (4) ». Sa vie devient plus facile : il n’a qu’à se laisser guider.

Sous l’influence d’un discours publicitaire qui ne cesse de répéter qu’il « mérite » ce qui se fait de mieux (lire « Les dernières astuces publicitaires »), le client va bientôt se découvrir de nouvelles exigences. Il va se montrer impatient, irascible, intransigeant ; il dicte ses conditions, impose ses délais. Ce qu’il aimerait ? Bénéficier de tous les services, tout de suite, et gratis. L’entreprise doit « s’adapter » ? Elle le fait.

L’organigramme du groupe Carrefour, par exemple, est à ce titre révélateur. Il se présente sous la forme d’une pyramide inversée : les clients se trouvent au sommet de la hiérarchie, juste au-dessous figurent les employés  en contact permanent avec le client »), puis les cadres, et enfin, tout en bas, le directeur. « Cette représentation visuelle de l’entreprise crée en fait une illusion très forte, affirme Grégoire Philonenko après son expérience malheureuse dans la grande distribution. L’employé ne se sent plus un maillon dans le rouage de la logique de rentabilité de l’entreprise ; il devient un acteur à part entière, son rôle essentiel est l’interaction permanente avec le client, au service de son désir (5) . »

Cette nouvelle organisation de l’entreprise permet à l’encadrement de nier toute responsabilité quant aux conditions de travail de ses employés. Le responsable, c’est le client. On ne peut ni le faire attendre ni le décevoir, et encore moins le faire payer plus cher. Au salarié de s’adapter pour tenir les délais, faire preuve d’ « investissement personnel » (doux euphémisme pour les heures supplémentaires non rémunérées) et parvenir par tous les moyens à gagner en productivité, à doper les chiffres de vente.

L’employé y a d’ailleurs intérêt : sa rémunération et parfois même son emploi dépendent essentiellement de « ses » résultats. « Au lieu de créer de nouveaux emplois, les chefs responsabilisent tout le monde sur le chiffre d’affaires grâce aux primes qui peuvent représenter jusqu’à un tiers de salaire en plus », explique M. Franck Martinez, syndicaliste de Force ouvrière chez Décathlon (6). Peu importe que les objectifs fixés au salarié soient intenables, que le client demeure insatisfait, que les primes, basées sur la progression du chiffre d’affaires, soient de plus en plus difficiles à décrocher : l’important est que l’employé sente le défi, qu’il intériorise ces contraintes. « Un responsable de rayon, par exemple, est payé trente-neuf heures alors qu’il lui arrive d’en faire cinquante ; il travaille même, parfois, les jours de repos pour rattraper le retard », renchérit son collègue Frédéric. La direction a beau jeu de répondre : « S’ils en font plus, c’est qu’ils le veulent bien. » Elle ne se sent pas responsable du fait que ses employés s’auto-exploitent pour parvenir à « leurs » objectifs.

Le client, lui, se fiche de ce qui se passe en coulisse. Que lui importe la façon dont ses ordres sont exécutés ? Il regarde avant tout les prix et les délais. On délocalise en Asie pour lui offrir de meilleurs prix ? C’est tout bénéfice.

Hélas ! son titre de noblesse n’était qu’un ticket de caisse : lorsque le client a consommé, il redevient valet. Jean Baudrillard avait déjà noté cette contradiction : « Les valeurs sont démocratiques : il en résulte une contradiction insoluble au niveau des “services”, dont la pratique est inconciliable avec l’égalité formelle des personnes. Seule issue : un jeu social généralisé (car chacun aujourd’hui, non seulement dans sa vie privée, mais dans sa pratique sociale et professionnelle, est assigné à recevoir ou à rendre des services - chacun est plus ou moins le “tertiaire” de l’autre) (7) . »

On aboutit alors nécessairement à une exploitation réciproque. Une exploitation inégale : chez les « atomes de l’offre et de la demande » que sont les rois-valets, la servilité se doit d’être plus ou moins grande selon l’âpreté de la concurrence. Le client n’est roi que parce que l’employé ne peut le remettre à sa place quand il devient odieux ; la servilité dérive de la précarité : « Le fondement ultime de tout cet ordre économique placé sous le signe de la liberté est en effet la violence structurale du chômage, de la précarité et de la menace du licenciement qu’elle implique : la condition du fonctionnement “harmonieux” du modèle microéconomique individualiste est un phénomène de masse, l’existence de l’armée de réserve des chômeurs », écrit Pierre Bourdieu (8).

Certains valets aigris supportent mal que d’autres puissent encore échapper à la servilité marchande. La hargne qu’ils expriment, notamment contre les fonctionnaires, est généralement révélatrice de leur propre degré d’asservissement. « Je n’ai pas que ça à faire, je ne suis pas fonctionnaire ! », éructent-ils aux guichets, parfois même devant un intérimaire. Si le client est injuste, il ne fait souvent que se venger de ce qu’un autre, profitant de son immunité de client, lui a fait endurer.

« Chacun, à toute minute, tue le mandarin », écrivait le philosophe Alain, qui concluait : « La société est une merveilleuse machine qui permet aux bonnes gens d’être cruelles sans le savoir (9).  » Le client commencera-t-il à s’en apercevoir ?

Pierre Lazuly

Auteur, sur Internet, des Chroniques du menteur et animateur du portail Rezo.net.

(1) Alexandre Vialatte, Dernières nouvelles de l’homme, Julliard, Paris, 1978.

(2) Scott Adams, Prophéties pour l’an 2000, First, Paris, 1998.

(3) Jean Baudrillard, La Société de consommation, Denoël, Paris, 1970.

(4) Raoul Vaneigem, Avertissement aux écoliers et lycéens, Mille et une nuits, Paris, 1995.

(5) Grégoire Philonenko et Véronique Guienne, Au carrefour de l’exploitation, Desclée de Brouwer, Paris, 1997.

(6) Cité dans Libération, cahier «  Emploi  », 21 septembre 1998.

(7) Jean Baudrillard, op. cit.

(8) Pierre Bourdieu, «  L’essence du néolibéralisme  », in Contre-feux, Liber, Paris, 1998.

(9) Alain, Propos sur le bonheur, Gallimard, Paris, 1928.

Le Monde diplomatique ambitionne de faire vivre un journalisme affranchi de tout pouvoir et de toutes pressions. Une liberté qu'il doit essentiellement à ses lecteurs.

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Publié par Frédéric Maurin à 06:45am - Voir le commentaire ()
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22 Juillet 2012

Sortir de la prison des peuples

« Jamais, non jamais, le peuple de France ne sera un peuple d’esclaves ».

Appel clandestin du 10 juillet 1940, signé Jacques Duclos et Maurice Thorez.

 

Construire un nouveau CNR et briser la prison des peuples qu’est l’Union européenne !

 

Source : Blog du PRCF-Isère

Les élections présidentielles ont éliminé (provisoirement ?) le dangereux Sarkozy. Pour autant le cancer qui ronge en profondeur la France républicaine est plus agressif que jamais. Ce cancer – que le social-maastrichtien Hollande se refuse à combattre – c’est l’intégration européenne (mieux vaudrait dire la désintégration européenne des nations constituées), et tout spécialement de la funeste monnaie unique, qui assoit l’hégémonie sur l’Europe de la finance mondiale et du grand capital allemand.

   

Encore faut-il bien saisir la nature de classe de cette « Union » européenne : en réalité, l’UE n’est rien d’autre que la forme que prennent la mondialisation néolibérale et la contre-révolution capitaliste mondiale sur notre sous-continent. Les forces sociales délétères qui poussent à cette désintégration de la nation sont à chercher du côté du CAC-40 et du MEDEF. Dans un récent manifeste intitulé Besoin d’airE, le MEDEF n’a-t-il pas clairement annoncé sa volonté, pour des raisons de classe cyniquement affichées[1], de mettre un point final à l’histoire millénaire de notre pays ? « Transferts de souveraineté » vers Bruxelles (en réalité, vers Berlin), « reconfiguration des territoires » effaçant les communes et les départements au profit des « métropoles » et des euro-régions, adhérer à une « nouvelle patrie : les États-Unis d’Europe ».

   

Or c’est précisément vers cela que va, très « normalement », le nouveau pouvoir « socialiste ». Hollande prépare en effet un « nouvel acte de la décentralisation »[2] ; son gouvernement s’apprête à ratifier la « Charte européenne des langues minoritaires et régionales »[3]. Et surtout, le PS veut faire adopter par le parlement le nouveau Traité européen de stabilité et de gouvernance qui engage notre pays à l’austérité perpétuelle et qui réduit à rien sa souveraineté budgétaire. Ainsi les élites européennes de droite et « de gauche » préparent-elles dans le dos du peuple (qui a pourtant voté non à la constitution de l’Europe supranationale en 2005…) ce que les initiés appellent le « saut fédéraliste » : il s’agit de dé-constituer définitivement la République française, ravalée au rang de province de l’Empire germano-américain en violant de nouveau grossièrement le Non souverain du peuple français à la Constitution européenne. Inutile de dire que, taisant leurs querelles sur d’autres questions, les deux piliers du PMU (le Parti Maastrichtien Unique que composent le PS et l’UMP) s’accordent comme un seul homme pour servir la stratégie du MEDEF tout en dérobant totalement les enjeux politiques de cette « dé-constitution française » aux yeux des citoyens...

   

Outre la dimension flagrante de trahison nationale que comporte ce plan de l’oligarchie capitaliste « française » – en cela digne héritière de l’Evêque Cauchon, des Emigrés de Coblence, des versaillais de Thiers et des collabos de Pétain – chaque travailleur, chaque progressiste doit comprendre que ce « saut fédéral » aurait très vite des effets ravageurs pour le monde du travail. Déjà aujourd’hui, l’UE interdirait sous peine d’amendes géantes de nationaliser Peugeot-Renault et de constituer une filière automobile/métallurgique franco-française pour sauver l’emploi de millions de gens. Déjà, pour « sauver l’euro », les classes populaires et moyennes sont soumises à une ponction permanente sur leur pouvoir d’achat. Déjà aujourd’hui, l’Etat français s’est retiré le droit d’emprunter directement à la Banque de France et a fortiori, celui de protéger ses emplois en combattant le « libre » échange mondial, uniquement favorable aux transnationales et aux spéculateurs. Demain, si ce saut fédéral se met en place sans provoquer l’insurrection citoyenne des peuples – disons-le tout net à ceux qui se laissent encore bercer par les mensonges social-maastrichtiens sur l’Europe sociale et « l’euro au service des peuples »  – la Sécu, les retraites, les services publics d’Etat, le produire en France, l’Education « nationale » - et jusqu’à la langue française évincée par le Business-Globish – seront submergés ; et la masse du peuple de France, classe ouvrière française et immigrée en tête, sera transformée en valetaille de l’oligarchie, du tout-tourisme friqué et d’une économie parasitaire et dépendante de l’extérieur, avec en prime une dette filant à l’infini : l’UE, l’euro, IL FAUT EN SORTIR LE PLUS TÔT POSSIBLE SI NOUS NE VOULONS PAS « Y RESTER » !

 

Ajoutons que si nous n’en sortons pas par la porte de gauche, celle des principes républicains qui inspirèrent le CNR – c’est l’UM’Pen, La convergence réactionnaire de l’UMP « pétainisée » par Sark-Copé et du « rassemblement bleu marine » du FN, qui chevauchera le mécontentement des masses contre l’euro-austérité et qui, d’une autre manière, détruira et déshonorera la république en substituant au patriotisme républicain l’Europe blanche et la xénophobie d’Etat.

   

Que faut-il faire alors pour rompre la tenaille mortelle qui prend en étau le pays entre, d’une part, l’euro-suicide programmé du MEDEF, de l’UMP et du PS, et d’autre part, la libéral-fascisation déshonorante de la France par l’UM’Pen, stimulée par ce que ’elle ne manquera pas d’appeler l’ « échec de la gauche » ?

 

La solution n’est certainement pas – et la faillite électorale du PCF « euroconstructif » et du Front de gauche euro-dépendant l’atteste – de continuer à clamer partout que « l’Europe est à nous ! » (sic) et que « l’euro est notre monnaie » (re-sic), comme n’a cessé de le faire suicidairement Mélenchon. Ces euro-mensonges éculés peuvent encore passer à la rigueur dans une partie de la petite bourgeoisie intellectuelle, mais ils ne peuvent qu’être rejetés avec mépris par la majeure partie des ouvriers, des paysans, des artisans, des petits et moyens fonctionnaires, de tous les syndicalistes qui ont appris à se méfier des euro-parades jaunâtres et sans contenu de la Confédération Européenne des Syndicats.

 

Une seule porte reste alors ouverte à ceux qui veulent rouvrir la voie à l’indépendance nationale, à la coopération internationale entre peuples souverains, à la ré-industrialisation planifiée du pays, à la nationalisation du CAC-40 et du système financier, au progrès social (en commençant par le détricotage rapide des contre-réformes mises en place depuis le Traité de Maastricht par Balladur, Jospin, Raffarin, Sarkozy…), à la réduction drastique des inégalités, à la laïcité et aux Lumières, à l’antiracisme et à l’antifascisme.

 

Cette voie est celle de la constitution d’un nouveau Conseil National de la Résistance adoptant un programme d’action et de gouvernement analogue, dans les conditions actuelles, à celui qu’adoptèrent en 1943 les forces plurielles de la Résistance sur la proposition du communiste Pierre Villon, mandaté par Jacques Duclos. Encore faut-il saisir qu’à notre époque, les forces oligarchiques sont si massivement et si résolument fascisantes, antinationales et antisociales qu’un nouveau CNR fédérant les classes populaires et les couches moyennes – y compris les petits et moyens entrepreneurs patriotes, républicains et indépendants des trusts – se heurtera frontalement à l’oligarchie capitaliste « franceuropéenne » ainsi qu’aux institutions despotiques du désordre capitaliste mondial : FMI, OMC, OTAN, etc. Par conséquent, loin d’aboutir à une reconstruction « socialement tempérée » du capitalisme français, la perspective ouverte par ce nouveau CNR serait clairement celle d’une nouvelle Révolution française accouchant d’une nouvelle République indépendante, sociale, laïque et démocratique dans laquelle, conformément aux vœu formulé par le programme du CNR-1943, le monde du travail jouera un rôle central, conduisant le pays vers un socialisme de nouvelle génération.

 

La perspective d’un tel affrontement entre l’oligarchie et le peuple, conduit par le monde du travail, ne doit aucunement effrayer les vrais républicains. Quand le peuple de France est entré en lutte, toujours il a vaincu ; quand il se résigne, il entre au contraire dans une interminable agonie. Déjà en Amérique latine, les pays regroupés dans l’ALBA (Alternative bolivarienne des Amériques) promeuvent un développement fondé, non sur la ruineuse « concurrence libre et non faussée », mais sur la coopération entre peuples libres, égaux et fraternels. La République sociale française évadée de la prison européenne ne serait pas isolée. Elle susciterait le soutien et l’admiration de tous les démocrates d’Europe et donnerait un élan sans précédent à l’Europe des luttes, non pas dans, mais contre l’UE. Cette France nouvelle entreprendrait de coopérer avec tous les continent sans passer sous les fourches caudines de l’euro-mark ; elle commercerait intelligemment avec l’Amérique latine en lutte ; elle échangerait à égalité avec le Proche-Orient et l’Afrique en répudiant les pratiques néo coloniales sordides de la « Françafrique » ; elle utiliserait dans un sens émancipateur l’atout de la Francophonie internationale ; elle refuserait les guerres impérialistes visant à recoloniser le Proche-Orient, elle dialoguerait à égalité avec les grands Etats émergents (Brésil, Russie, Inde, Chine), elle se solidariserait avec l’Europe du sud martyrisée et elle chercherait le soutien du puissant prolétariat allemand, qui ne restera pas éternellement sous la coupe de ses arrogants dirigeants impérialistes de la CDU et de la social-démocratie.

 

Mais comment construire ce « nouveau CNR » qui pourrait peut-être prendre le nom de Convergence Nationale Républicaine, comme l’avait suggéré l’Arc Républicain de Progrès ?

   

Sans qu’il soit question d’imposer ces deux symboles à quiconque, mais pour faire saisir d’un mot l’esprit dans lequel doit selon nous travailler d’emblée le noyau constitutif du nouveau CNR, nous dirons qu’il devrait s’unir – comme le firent le 14 juillet 1935 les composantes du Front populaire, puis les combattants FTPF et FTP-MOI de la Résistance armée – sous les plis mêlés du drapeau tricolore et du drapeau rouge, deux drapeaux issus de notre histoire qui signifie l’alliance stratégique de la classe ouvrière et de la patrie républicaine. Cela implique à la fois que les forces progressistes représentatives des travailleurs – d’abord, mais pas seulement, les communistes franchement euro-critiques – devraient prendre résolument la tête de la lutte pour la rupture progressiste et patriotique avec l’UE : ce serait logique car la « construction européenne » étant d’abord tournée contre le monde du travail, c’est la classe ouvrière – comprise au sens large du mot, comme c’est le cas chez Marx – est tout naturellement la portion du peuple la plus intéressée au renversement de l’Europe supranationale. Comme on sait, ce fut déjà le cas sous l’Occupation allemande quand, selon le mot de François Mauriac, « seule la classe ouvrière est restée fidèle dans sa masse à la France profanée ». Cela signifie réciproquement que les forces patriotiques non prolétariennes doivent se détourner à 200% de l’oligarchie capitaliste, qu’il leur faut condamner catégoriquement et sans retour le nationalisme xénophobe, antisémite et néo-colonialiste, qu’il leur faut soutenir les grandes revendications sociales des travailleurs (luttes pour l’emploi stable, pour l’augmentation sensible des petits et moyens salaires et autres revenus issus du travail, pour l’abrogation des contre-réformes sarkozyste, pour le « produire en France » et contre les licenciements, pour les services publics, pour la retraite à 60 ans avec 37 ans ½ pour tous, pour  refus de laisser diviser notre peuple sur des bases religieuses ou ethniques, rejet total de l’islamophobie et de la classe ouvrière immigrée…). Sans cela – loin de rassembler largement le peuple français – le combat pour l’indépendance nationale restera coupé des forces vives du travail, de la jeunesse et de la culture, et la France ne sera bientôt plus qu’une appellation géographique.

 

C’est pourquoi, pour construire un nouveau CNR qui soit durable et véritablement populaire – un nouveau CNR qui regroupera à terme toutes les forces patriotiques, républicaines, antifascistes, antiracistes, laïques et anti-oligarchiques quelles que soient par ailleurs leurs traditions idéologiques respectives, il semble nécessaire au PRCF que se constitue d’abord un fort noyau cohérent, très clairement républicain, progressiste et liés aux aspirations populaires et démocratiques. La force de ce premier noyau serait la garantie que, par la suite, un rassemblement encore plus large puisse s’opérer dans la clarté sans que les forces progressistes et populaires soient transformées en forces d’appoint impuissantes et que, pour finir, l’oligarchie puisse récupérer ou diviser ce mouvement.

 

Naturellement, la construction de ce premier cercle du Front de résistance pour l’alternative populaire, patriotique et progressiste (FRAPP) serait grandement facilitée si tous les communistes qui refusent catégoriquement l’UE et l’euro faisaient l’effort de se regrouper et de s’adresser ensemble à la classe laborieuse. C’est pourquoi, pour ce qui le concerne,  le PRCF milite du même pas pour la construction d’un nouveau CNR et pour la convergence d’action des communistes, pour le renforcement du PRCF qui porte ce combat unitaire, pour le front uni de tous les syndicalistes de lutte et à terme, pour une Constituante communiste qui fera renaître le vrai parti communiste à partir de tous ceux, quels que soient leur choix d’organisation actuel, qui veulent reconstruire un parti de classe enfin émancipé du Parti « socialiste » et du « Parti de la Gauche européenne » que préside actuellement M.  Pierre Laurent. Non seulement ce combat ne concerne pas que les communistes, mais l’histoire enseigne que – sans diminuer en rien les efforts des autres composantes de la résistance – la force de la résistance communiste armée a pesé décisivement sur la mise en place du premier CNR.

 

Il nous semble également que le noyau d’un nouveau CNR doit s’attacher à délégitimer totalement la construction européenne, notamment l’élection européenne dont le seul but est de donner une apparence démocratique au prétendu « parlement supranational ». Alors que le spectre sympathique de l’insurrection citoyenne plane sur l’Europe de la place Syntagma à la Puerta del Sol en passant peut-être par Aulnay-sous-Bois en lutte pour l’emploi industriel en France, alors qu’un nombre croissant de « citoyens européens » - en premier lieu dans les couches populaires – refuse la mascarade de cette élection, il convient que chacun réfléchisse bien à son positionnement sans que le choix tactique de participer à ces élections ou de les boycotter devienne une pomme de discorde divisant les forces de la résistance patriotique et populaire.

 

Il convient enfin que les forces de résistance et d’alternative affirment leur indépendance totale par rapport à l’impérialisme – y compris « français » - quand il se lancera de nouveau dans des opérations néo-coloniales contre la Syrie, l’Iran ou d’autres pays comme il l’a déjà fait en Libye en alléguant des prétextes humanitaires. Pas plus qu’il n’est juste de confondre le peuple français avec son oligarchie belliqueuse (comme sont parfois tentées de le faire certains courants « de gauche » ou d’ « extrême gauche »), il n’est pensable d’associer la France aux dirigeants aventuriers qui compromettent notre pays dans les aventures sanglantes et dangereuses de l’impérialisme américain où que ce soit. En même temps, le nouveau CNR à naître – et en tout premier lieu, son futur noyau pionnier – ne devra jamais se subordonner aux régimes que les interventions impérialistes s’évertuent à criminaliser dans le but d’asservir les peuples. Ni alignement-aveuglement sous couvert d’anti-impérialisme, ni caution à la prétendue « ingérence humanitaire », mais défense conséquente du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

 

Enfin, une construction politique n’est qu’un cartel de personnalité ou de structures si elle ne s’enracine pas dans la population, si elle ne se structure pas « en bas », si elle ne se lie pas méthodiquement aux luttes du peuple pour ses besoins vitaux et si elle ne donne pas les moyens aux simples citoyens de la contrôler en évitant que les médias de l’oligarchie ne fassent le nécessaire pour isoler, flatter et manipuler les « personnalités » les plus en vue : il faut être reconnaissant à ces personnalités d’apporter leur notoriété, leur engagement et leur savoir-faire, mais c’est un service à leur rendre que de faire en sorte qu’en définitive, la démocratie puisse à tout instant empêcher les dérives et stimuler les anticipations.

 

Bien entendu, il s’agit là des conditions politiques idéales que le PRCF juge nécessaires pour mettre solidement en place le noyau d’un futur CNR répondant aux tâches imposées par l’histoire. Le PRCF ne fait la leçon à personne mais il a conscience que, s’il faut aller vite en raison du caractère dramatique de la situation, il faut aussi se garder de commettre des erreurs d’angle qui, à terme, pourraient conduire à reculer. Si les vues ici exposées sont approuvées sur les points essentiels, le PRCF s’engagera pleinement dans la construction politique et militante.

 

Sinon, il soutiendra les tentatives qui seront faites tout en donnant librement son avis avec le souci permanent de construire. Il faut à la fois aller vite et se garder de commettre des bévues qui à terme pourraient coûter cher. 

Dans l’immédiat, le PRCF considère qu’il est indispensable de s’adresser aux visiteurs de la Fête de l’Humanité avec un tract commun de ceux qui acceptent le drapeau tricolore et le drapeau rouge et qu’il faut faire en sorte que, comme l’a proposé le POI, une manifestation de masse ait lieu le plus tôt possible contre le TESG et plus généralement contre l’Europe supranationale, pour l’indépendance des peuples, contre l’euro-austérité et pour l’abrogation des contre-réformes maastrichtiennes mises en œuvre par les gouvernements successifs depuis 1992. Dans cet esprit, le PRCF suggère que sur ces bases – et en laissant chaque composante libre de ses mots d’ordre propres en dehors du mot d’ordre commun de la manifestation – il serait bien venu de manifester fin septembre où le peuple français célèbrera le 220ème anniversaire de la bataille révolutionnaire de Valmy et également, la juste bataille du Non progressiste, patriotique et républicain au funeste Traité de Maastricht et à la désastreuse monnaie unique des financiers

Publié par Frédéric Maurin à 20:34pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #Union européenne

21 Juillet 2012

La gauche en estivales citoyennes à Saint Martin d'Hères

Les médias aux ordres nous avaient fait le coup il y a un an : La gauche est-elle à La Rochelle? associant un peu rapidement La gauche au seul Parti Socialiste en ignorant l'université d'été du Front... de Gauche.

Alors autant prendre les devants. Cet été, la gauche, avant Une fête 2012 pour le changement - La fete de l'Humanite , c'est à Saint Martin d'Hères qu'on la retrouvera...

L'année dernière, le discours de clôture de ce remue-méninges avait donné cela :

Faites-le savoir...

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Les Estivales citoyennes du Front de gauche qui seront un moment
politique et médiatique important de la rentrée auront lieu les 25 et 26
août à l'Université Stendhal Grenoble 3 à Saint Martin d'Hères. 

Estivales citoyennes : le programme | PLACE AU PEUPLE ! 2012

Le Front de gauche continue.
Pour la première fois, ses composantes organisent un rendez-vous politique avant la rentrée sociale.
Ouvertes à toutes et tous, les « estivales citoyennes du Front de gauche » souhaitent permettre un débat public débouchant sur des propositions alternatives à gauche, pour sortir de la crise.
Elles rassembleront divers acteurs de la vie politique, sociale et culturelle de notre pays autour des thèmes suivants :

1 - Défendre, développer l’emploi


10h00   Comment défendre l’emploi ?
Avec Eric Corbeaux et trois salarié-e-s d’entreprises en difficulté :
Technicolor Thomson, Trois suisses et Stil Montataire


14h30 Un pole public financier pour mobiliser le crédit en faveur de l’emploi
avec Jacques Rigaudiat, un représentant du collectif National“Pôle public bancaire” et/ou des “économistes atterrés”


14 H 30 Sécurité sociale professionnelle : avec une responsable CGT
Isère, Régis Régnault et Jean-Claude Mamet


16 h 15 “Changer le travail, nouveaux droits pour les salariés”. Atelier ouvert par le documentaire de création de Marcel Trillat : “Rêver le travail” Avec Yann Cochin, Martine Billard et Bernard Vasseur


16 h 15 Quelle politique de l’emploi? (RTT, Droits, Code du
travail…) Avec Michel Husson, Jacques Rigaudiat et un ou une
militant(e) syndicaliste de pôle emploi et/ou d’association de
chômeurs.


2- Refuser l’austérité


10h00  Comment sortir du piège de la dette ? Avec Michel Husson, et
Pascal Franchet


10h00 Quelles mesures d’urgence face à la crise? Avec Guillaume
Etievant, Stéphanie Treillet.


10h00 Quelle alternative à l’austérité? Quelles politiques économiques de
gauche? Avec Jacques Généreux, Pierre Khalfa, Jacques Rigaudiat


14h30 Austérité, précarité, les femmes premières touchées? Emplois,
salaires, statuts, des inégalités aggravées?
Avec Marie-Pierre Thoubans, Ana Azariaa (Femmes Egalité), Stéphanie Treillet et un ou des syndicalistes.


Hôpital, droit à la santé. Organisé par Louis Marie Barnier


3- Refonder l’Europe


Refonder l’Europe?

Avec Endréa della Vecchia (FGTB, joint Social Conference) Marie-Christine Vergiat, Bernard Cassen et Pierre Khalfa

MES; TSCG, un carcan pour les peuples. Avec notamment Francis Wurtz, Raoul Marc Jennar Pierre Khalfa


14h30 “Le ver était-il dans le fruit?” Retour sur la construction européenne.
Antoine Schwartz, Pierre Khalfa…


Monnaie, banques et rôle de la BCE. Avec Denis Durand…


Crise européenne et changement du paysage politique à gauche.
Avec Marlière, Elisabeth Gauthier…


“Crise politique et crise économique, une conjonction à haut
risque”. Avec Cédric Durand, Laurent Maffeïs…
 

L’Islande, un exemple à suivre?


4- L’alternative Démocratique


10 H 00 “Démocratie: un problème de jeunes ?”
Avec Joëlle Bordet, Odile Barral et Françoise Laroche


10 H 00 “Démocratie: quelle(s) rupture(s) ?
Avec Samy Joshua, Francis Sitel, Patrice Cohen-Seat, Hélène Franco


14 H 30 “Démocratie: démocratie politique? démocratie sociale?”.

Laurent Garrouste, Roger Martelli, Evelyne Sire Marin, Pierre Zarka


16 H 15 “Démocratie demandez l’impossible !”
Avec Michèle Riot-Sarcey et Michel Butel


5- Réaffirmer l’urgence écologique


 Gaz de Schiste et code minier
Avec des représentants de collectifs citoyens et d’associations,
environnementales.


Pétrole et transition énergétique.
Avec N Feat, M. Auzuneau et des représantants d’associations
environementales

“Ecosocialisme et buen vivir”.

Avec M. Lowy, D. Tanuro, A Bernier


Pour un syndicalisme vert. Avec Louis-Marie Barnier, Anne Debregeas et un(e) syndicaliste de la chimie.


34 ateliers «    hors filières    »


Ecole Université recherche :

XXhXX « Quelle loi d’orientation pour construire l’école de l’égalité? »
Avec Cécile Cuckierman, sénatrice, un-e représentant-e de la FSU
et Myriam Martin

XXhXX Enseignement supérieur et recherche. Avec Pierre Chantelot,
Olivier Gebuhrer, Patrice Perdereau

Egalité des droits :

XXhXX “Français et étrangers, pour l'égalité des droits et la citoyenneté”.
Avec des représentants de la LDH (sur collectif votation
citoyenne), de la FASTI…


14H 30 “Situations de handicap, perte d'autonomie, prendre
enfin la mesure des enjeux, pour un droit universel.” Animé par
MP Toubhans et V Assante, avec une personne de la coordination
Handicap Autonomie, Jean Luc Gibelin…

XXhXX Les droits des femmes à l’épreuve de la loi HPST.
Maternité / IVG. Avec Maya Surdut, un responsable du collectif des
Lilas/ANCIC

XXhXX “La dictature du genre et du patriarcat : vite une loi contre le
sexisme et les discriminations.” Animé par Delphine Beauvois
avec des représentant-e-s des associations : HF, Femmes
solidaires, La Barbe, Planning local…

XXhXX Lutter pour régulariser et dépénaliser les séjours irréguliers, en
faveur de l’égalité effective des droits (séjour, études, travail).
Avec Raymond Chauveau de la confédération syndicale CGT, Luz
Mora de Solidaires, Anna Azaria de Femmes Egalité, RESF, un-e
représentant-e CIMADE ou Gisti, Emmanuel Terray de la LDH,
animateurs Christian Pierrel et Danielle Simonnet

XXhXX La France au regard du respect des droits de l'enfant : quels
changements immédiats ? Organisé par Elisa Martin
Défense :

XXhXX “Boucliers anti-missiles, déploiement vers l’Asie, il faut sortir de
l’OTAN” Avec Niels Andersson et Christian Pierrel

XXhXX La militarisation de la sécurité: un danger pour la démocratie.
Avec Edouard Sill

XXhXX Réserve républicaine ou garde prétorienne ? Avec
Djordje Kuzmanovic

XXhXX Le soldat: un citoyen à part entière ou entièrement à
part ? un enjeu pour la 6e République. Avec JC Schmidt

XXhXX Etat des lieux de l'industrie de l'armement. Avec Y Le Pollotec

XXhXX Retour sur le bourbier afghan. Avec Georges Lefeuvre

XXhXX  La nouvelle noblesse rentière et la menace de guerres régionales
dans la crise. Avec Alain Joxe

XXhXX  Le redéploiement stratégique de l'empire en crise d'hégémonie.
Avec Arnaud Le Gall

International :

XXhXX L’épreuve du pouvoir en Amérique Latine et les formes
d’intégration régionale avec janette Habel, Christophe Ventura et
Obey Ament

XXhXX “Changer la politique de la France en Afrique”. Avec Sylvie Jan
( Front de Gauche Afrique), Marc Ona (“ça suffit comme ça”,
collectif de l’opposition gabonaise), un militant de l’opposition
sénégalaise, un syndicaliste AREVA et le Niger

XXhXX Les révolutions arabes ont-elles échoué ? Avec Denis
Sieffert, Jean-Pierre Filiu, Jacques Fath

XXhXX France Algérie 50 ans après organisé par Alain Billon
Citoyenneté :

XXhXX Sondé ou citoyen ? Avec Alain Garrigou

XXhXX Citoyenneté universelles: quelle application concrète? Avec
Eduardo Meneses. Franck Pupunat et un représentant d’Emmaus
International)

XXhXX Désobéissance civique. Avec des représentant de Désobéissance,
des Déboulonneurs, des faucheurs volontaires et Hélène Franco.
Développement durable :

XXhXX Régie publique de l’eau, quelles politiques régionales,
départementales et locales? Avec Gabriel Amard, Christophe
Lime…

La planification écologique appliquée au développement des métropoles.

Avec Maurice Charrier,intervenants possibles : Guillaume Faburel, Ludovic Halbert, Eric Charmes, Pierre Mansat, Guy Burgel, Jean Pasquinet sur la
relocalisation des activités, Christophe Guilluy et Christophe Noyé
–les nouvelles fractures sociales

Comment financer la politique sociale du logement?

Avec Romain Biessy, intervenants possibles : Michel Mouillart, Benoît Filippi,
J.C. Driant, F. Lemaire (Collectif " Pour un Pôle public financier au
service des Droits !), Dominique Dujols…

Economie sociale et solidaire: La loi de préemption
par les salariés pour une transformation en coopérative et la loi cadre de l'économie sociale et solidaire); la bataille des associations citoyennes et d'éducation populaire; avec Sylvie Mayer et François Longérinas


  “Démocratie locale et égalité des territoires : comment articuler
implication citoyenne et intérêt général  ?” Intervenants pressentis:
Jean-Pierre Worms, Georges Gontcharoff…


Emancipation, transformation, enjeux de société :


14H 30 « Syndicalisme et politique » Avec Didier Le Reste, Eric Corbeaux,
Marc Dolez. Animation Jean François Tealdi, journaliste

14H 30 « Pour sortir de la crise quelle ambition sociale et culturelle »
Place des artistes de la création et de son partage dans notre société. Avec Jacques Pornon Metteur en scène, directeur de Théâtre et syndicaliste, Jean Voirin, syndicaliste, secrétaire national, Nawel Bab-Hamed Maire Adjointe déléguée à la culture de la ville de Lyon


16H 15 “Face à la crise de la presse, comment assurer le pluralisme”Avec
Patrick Le Hyaric, directeur de l’Humanité, Denis Sieffert, directeur
de la rédaction de politis, Emmanuel Vire, secrétaire général du
SNJ CGT et Jean François Tealdi, journaliste.


XXhXX “Le sport, enjeu d’émancipation pour les femmes”. Avec Nina
Charier, Annick Davisse, Colette Bocher.


XXhXX  “Classes sociales” avec François Ruffin, Razmig Keucheyan


XXhXX Face à la recomposition politique droite/extrême droite quel projet
de société (citoyenneté, égalité des droits, développement durable
et solidaire…) André Dechot Alain Hayot, Alexis Corbière, Laurent
Maffeïs
___________________________________________________________________
Samedi de 18h00 à 19h30


Meeting européen


Avec des représentants de partis européens:
• Marie Mola, Vice-présidente du PGE, Izquierda unida – PCE (Espagne)
•Alexis Tsipras ou Rena Dourou, députée grecque, Syriza (Grèce)
• Katja Kipping ou Bernd Riexinger, co-présidents de Die Linke (Allemagne)
• Pierre Laurent Président du Parti de la Gauche Européenne


Dimanche de 9 H à 11 H


1 - Atelier/réunion des fronts thématiques permettant aux participant-e-s
d’échanger sur leur expérience, le développement de ces fronts et leur activité
à venir.


2 - Atelier consacré à une réunion du Conseil National du Front de Gauche ouverte à toutes et à tous pour discuter de son fonctionnement, de son évolution, de sa composition, de son association aux décisions du Front de Gauche…


3 – “Les nouvelles formes de militantisme” avec Francette Lazard, Anna Azaria


4 – “Comment mener bataille dans le cadre des assemblées citoyennes sur le
nouveau traité européen ?” Avec Danielle Obono et Manuel Bompard


5 - Atelier de désintoxication du langage. Avec Patrick Kabakdjian


6 - Conférence gesticulée Pôle Emploi organisé par Thierry Ducharne
___________________________________________________________________
Dimanche de 11 H à 13 H
Meeting public du Front de Gauche sur la rentrée politique et sociale.


Le meeting sera organisé autour de tables rondes avec animateurs
permettant des prises de parole de l’ensemble des dirigeants des
organisations politiques du Front de Gauche et de plusieurs
personnalités membre du Conseil National du Front de Gauche

Publié par Frédéric Maurin à 18:39pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

21 Juillet 2012

Fakir en pleine croissance

 

Plus léger que les Devoirs de vacances précédents, le nouveau Fakir est en kiosque.

Justice, emploi, climat, bonheur, etc... La croissance d’abord ?

C’est l’été, les vacances. C’est le temps de souffler, de faire des travaux dans la maison, de regarder les JO, et de lire le nouveau Fakir qui vient de paraître en kiosques. Avec cette fois-ci un gros dossier qui se penche sur le discours et le dogme de la croissance, chez les syndicats comme chez les économistes ou les hommes politiques. Pour que, contre ces mille bouches, on remette le politique avant l’économie, et qu’on redonne à la démocratie sa prééminence...

Il y a à la fois quelque chose de pathétique et de comique


dans ces discours qui se répètent, depuis bientôt quarante ans, presque à l’identique. Chez ces dirigeants qui courent après une « croissance » qui ne revient jamais. Qui guettent le ciel financier comme des météorologues, dans l’espoir d’un coin de ciel bleu. Qui ouvrent les entrailles de la relance comme des pythies. Qui réclament de nous une « attitude », un « comportement », un « état d’esprit » – comme si c’était nous qui l’effrayions, cet étrange oiseau, avec notre psychologie trop négative.

Comique, donc, par la répétition du même gag.

Mais pathétique, aussi, parce que c’est l’un des biais qui rend la politique dérisoire depuis tant d’années. Nous ne pourrions rien faire, ou si peu — du symbolique ; nos présidents et ministres ne pourraient rien changer, sans, d’abord, cette croissance. C’est le meilleur prétexte, le plus formidable, pour repousser à toujours plus tard les réformes progressistes.

 

Et c’est reparti de plus belle !


Avec François Hollande, bien sûr, qui croit sortir l’Europe de la récession en implorant la croissance du soir au matin (toujours assorti de « dans la maîtrise des dépenses publiques », etc.). Mais qu’on tombe, par hasard, sur une édition du supplément économique du Monde et qu’y lit-on ? En une, la tête de Nicolas Baverez, avec pour titre : « Un agenda pour la croissance en Europe ». Plus loin, une opinion de Pierre Jacquet, de l’Agence française du développement : « La diversification des exportations, moteur de la croissance africaine ». On continue à feuilleter, la chronique habituelle de Martin Wolf s’intitule : « L’Europe doit agir vite pour renouer avec la croissance ».

 

Contre ces mille bouches,
qu’on remette la politique avant l’économie. Qu’on redonne à la démocratie sa prééminence. Nous n’attendrons pas la croissance pour imposer une véritable égalité, pour démarrer la transition écologique. Ces choix communs, nous ne les conditionnons pas, nous ne les mettons pas à la remorque d’une hausse ou non du Produit intérieur brut. Croyez-vous qu’ils avaient l’œil rivé sur la productivité, lorsqu’ils bouleversaient la France, les révolutionnaires de 1793, ou nos papys du Front populaire ? Et les syndicats eux-mêmes, jusqu’aux années 70, ne se laissaient pas avoir à cet attrape-nigaud…







Pour lire la suite de ce dossier et découvrir d’autres articles comme l’histoire du dopage, les dominos de l’euro, notre exploité du mois ou encore un fameux reportage au bal des pompiers de Vorey en Haute-Loire...

Retrouvez Fakir pour 3 euros seulement chez votre marchand de presse !!

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Pour acheter la version PDF, rendez-vous ici

Bon été à tous !

Publié par Frédéric Maurin à 18:10pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

15 Juillet 2012

Devoirs de vacances

Comme ces quatre dernières années, le M’PEP propose des idées de livres à lire cet été dans différents domaines. Ces livres sont choisis parce que des militants du M’PEP les ont trouvé utiles, nécessaires, indispensables, ou tout simplement parce qu’ils les ont aimé. Ils ont tous un lien, évidemment, avec le combat que nous menons : lutte contre le capitalisme ; construction d’un socialisme du XXIe siècle ; réidentification de la gauche ; combat internationaliste, politique, laïque, social, culturel et idéologique…

Cette année, cinq listes vous seront proposées, échelonnées jusqu’en août.

Voici donc une première liste de suggestions de livres.

En cliquant sur le titre, vous pourrez accéder à la présentation de l’ouvrage.

 

Envoi n° 1

 

1.- Des livres pour comprendre l’économie et la finance, le capitalisme, le combattre et aller vers un socialisme du XXIe siècle

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2.- Des livres pour comprendre l’Europe et l’Union européenne, la crise de l’euro et combattre l’eurolibéralisme

 

 

 

3.- État, Nation, République, souveraineté, citoyenneté, démocratie, laïcité

 

 

 

 

 

4.- Des livres pour comprendre et agir en politique

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5.- Des livres qui racontent l’histoire

 

  • Michel Biard, Procès-verbaux de la société populaire d’Honfleur (Calvados) de janvier 1791 à février 1795, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2011.
    http://www.m-pep.org/spip.php?article2653

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6.- Des livres sur la question sociale

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

7.- Des livres pour alimenter le débat d’idées

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

8.- Internationalisme, pour comprendre le monde

 

 

 

 

 

 

 

 

9.- Des romans et de la littérature du monde

 

 

 

 

Publié par Frédéric Maurin à 09:41am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

12 Juillet 2012

Appel à refuser la pacte budgétaire européen

Europe austéritaire : la MES est dite ?

L'état de "grâce", caractéristique d'une monarchie élective, et la tête aux vacances n'aident pas.

Mais l'eurolibéralisme ne désarme pas. Au contraîre.

M'PEP - Appel à refuser le pacte budgétaire (TSCG)

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La Nation avait déjà perdu une nouvelle partie de sa souveraineté, quand le 4 février 2008 la Constitution française a été modifiée dans son titre XV qui stipule que « la République […] participe à l’Union européenne dans les conditions prévues par le traité de Lisbonne… ». Ainsi, toute mesure législative désobéissant au traité de Lisbonne, comme le refus du libre-échange ou d’une privatisation risquerait d’être annulée comme anticonstitutionnelle. Le traité de Lisbonne a repris les termes du TCE (Traité Constitutionnel européen), pourtant rejeté le 29 mai 2005 par 54,68% des suffrages exprimés. Un nouveau pas dans l’attaque contre la souveraineté nationale risque d’être franchi avec le TSCG (Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance au sein de la zone économique et monétaire), appelé « Pacte budgétaire », que les élites euro-libérales veulent nous imposer. Le TSCG a été signé par le gouvernement Sarkozy le 3 mars 2012 et nous devons nous y opposer. Lors du sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne des 28 et 29 juin, le président de la République française, François Hollande, qui avait promis de « renégocier » le Pacte budgétaire pendant sa campagne électorale, ne l’a pas fait. Il a menti aux Français.

Le M’PEP appelle à signer la pétition initiée par le POI (Parti ouvrier indépendant), en rappelant qu’il n’y a rien à attendre de cette Union européenne a-démocratique qui a été construite par les libéraux pour le bénéfice des entreprises multinationales et au détriment des peuples. Comme en 2005, l’unité sera le facteur de la victoire.

Parti Ouvrier Indépendant | Pour le socialisme, la République et la ...

Le M’PEP appelle à constituer partout en France des collectifs contre le TSCG. Il espère que les principales forces de la gauche non socialiste, tant sur le plan politique, syndical qu’associatif, s’engageront avec vigueur dans ce combat.

Au-delà du refus du TSCG (Pacte budgétaire), c’est de l’Union européenne elle-même et de l’euro qu’il faut sortir. Ce sont les conditions indispensables à la construction d’une Europe à géométrie variable fondée sur la souveraineté des nations.

Rappel

Qu’est-ce que le TSCG ?

Le Pacte budgétaire (TSCG) met en effet sous tutelle les parlements nationaux. Alors que beaucoup de pays dont la France n’arrivent pas à respecter l’obligation du traité de Maastricht de limiter leur déficit public à 3%, ce nouveau traité introduit une « règle d’or  » - en réalité une règle de plomb - puisque le déficit structurel admis serait seulement de 0,5% du PIB. Un non-respect de ce dogme absurde déclenchera un mécanisme correctif automatique à la suite duquel la Commission européenne définira « la nature, l’ampleur et le calendrier des mesures correctives à mettre en œuvre » (article 3). Le déficit en question est le total des déficits des administrations publiques, au sens du traité de Maastricht, qui comprennent l’État, les collectivités territoriales (communes, départements ou régions), l’assurance chômage et surtout les organismes de Sécurité sociale (retraites, assurance maladie, allocations familiales, accidents du travail). Ce déficit structurel, notion mal définie, sera de toute façon calculé par la Commission européenne.

Par conséquent, en France, le déficit ne pourra au minimum dépasser 10 milliards d’euros (le PIB est de 2000 milliards). Comme le déficit était de 90 milliards en 2011, il devra donc baisser de 80 milliards pour être conforme au traité. Rappelons que le déficit actuel est du pour une grande partie aux intérêts payés aux banques (50 milliards par an), ce qui fait que la dette s’auto entretient. Cette situation résulte de la loi du 3 janvier 1973 qui a interdit à la Banque de France d’accorder des avances sans intérêt au Trésor.

En outre les États dont la dette dépasse 60 % du PIB devront la réduire suivant la règle de 1/20 par an. Pour la France, la dette qui était de 1700 milliards d’euros en 2011, devra être ramenée à 1200 milliards. Ce serait donc de 500/20, soit 25 milliards par an, que la France devrait amputer son budget pendant 25 ans.

Le budget productif devra aussi être amputé de l’abondement de la France au MES (Mécanisme Européen de Stabilité) dont le capital s’élèvera au total à 700 milliards d’euros. 80 milliards d’euros seront versés dans les cinq premières années (capital libéré). La quote-part totale de la France s’élèvera à 20,3859% soit 142,7 milliards, dont 16,3 devront être versés en permanence à partir de la 5e année. Le MES est chargé de se porter garant vis-à-vis des marchés financiers qui prêteront aux États en difficulté. Au cas où les fonds diminueraient par suite de pertes, sur réquisition des gouverneurs du MES (les ministres des Finances de l’Union européenne), les États membres devront compléter le capital libéré comme le capital non-libéré sous 7 jours.

Au cas où la « règle d’or » ne serait pas respectée par un pays, le TSCG prévoit des sanctions financières se montant à 0,1% du PIB (2 milliards pour la France), elles seraient décidées par la Cour de Justice de l’Union européenne, le Parlement national n’étant pas consulté.

Les pays de la zone euro ont déjà, depuis Maastricht, l’interdiction d’influer sur le cadre monétaire et l’obligation d’emprunter aux banques. Ils ont perdu tout moyen de peser sur les taux d’intérêt auxquels ils empruntent, parce qu’ils ne peuvent plus faire de chantage à la dévaluation (comme l’a fait le Royaume-Uni dernièrement). Parmi ces États, ceux qui signeront le TSCG subiront en outre la surveillance de la Commission européenne qui s’immiscera directement dans leur budget, au mépris de la démocratie et du droit des peuples à gérer leur budget. La deuxième mâchoire d’un étau se refermera sur eux, elle obligera chaque État à restreindre drastiquement son budget productif et le fera entrer en récession. Et ce n’est pas le mot « stabilité » ajouté au Pacte de croissance qui pourra l’éviter.

Les États qui veulent accéder au MES devront ratifier le TSCG. Pour éviter que quelques États puissent bloquer le processus comme ce fut le cas en 2005 pour le TCE, il suffira que 12 pays l’acceptent pour qu’il soit mis en œuvre. Ce traité serait très coûteux, il entraînerait tous les pays dans la récession ; d’autre part, il prive les parlements nationaux de leur prérogative budgétaire. Cette tare est fondamentale à nos yeux : sans souveraineté nationale, il sera impossible d’engager une véritable politique de gauche en France, même si les électeurs le décident.

Qu’est-ce que le MES ?

Le MES est une version européenne du FMI. Il peut prêter aux Etats (à des taux inférieurs au "marché") mais sous les conditions du TSCG. Cela ressemble aux "plans d’ajustement structurels" qui ont tant fait souffrir les peuples africains. Les politiques européennes d’austérité ne datent pas d’aujourd’hui, elles nous obligent à détruire notre système de santé, à privatiser l’énergie, les télécommunications, la poste et elles voudraient nous contraindre à prendre la retraite à 67/68 ans. L’austérité imposée crée le chômage.

Les néolibéraux nous culpabilisent sur le sort de nos enfants à qui les égoïstes que nous sommes, laisseraient une dette immense. Répondons leur qu’avec ce traité, nous leur laisserions une dette quasi-éternelle qu’ils seront évidemment incapables d’honorer, le but étant de les maintenir pour toujours dans l’austérité. L’État ne doit pas être comparé à une famille surendettée car un État souverain peut créer sa monnaie. Certes il a aliéné ce droit en ratifiant le traité de Maastricht, mais ce traité peut et doit être dénoncé. Les intérêts cumulés depuis que l’État s’est privé du droit d’emprunter gratuitement à la Banque de France se montent à 1500 milliards. Cette somme a été donnée inutilement aux marchés financiers. La France qui est encore la 5e économie du monde doit être capable de gérer sa monnaie, elle ne doit pas s’abandonner au fatalisme et à la décadence dans laquelle l’euro-libéralisme entraîne un continent entier.

 

Publié par Frédéric Maurin à 09:43am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #Union européenne

10 Juillet 2012

Cumul-info-service

C'est, hélas, cigarette à la bouche, que je découvre Cumul Info Service

(si la gauche gagne, promis j'arrête)

La forme est drôle (j'en perds ma clope)... le fond est sérieux.

On retiendra, outre les argumentaires sur le cumul des mandats, la possibilité d'envoyer au parlementaire de notre choix un petit mot d'encouragement (rubrique "Agir près de chez vous") dans ce chemin de croix qu'est la sortie de l'enfer du cumul des mandats.

Evidemment, un changement dans la pratique des institutions ne préjuge pas de la politique menée. (On en reparlera et on n'a pas fini d'en parler : Appel à refuser la pacte budgétaire européen  ). 

Toutefois, pour la gauche qui croit encore qu'"il n'est de sauveur suprême,ni Dieu ni César ni tribun...", ce serait une avancée intéressante vers plus de collectif et moins de baronnies.

A utiliser donc sans modération, pour aider "Nôt' Président" à tenir un de ses 60 engagements pour la France.

Extraits :

C'est grave, docteur ?

Oui le cumul des mandats est une addiction grave pour la démocratie.

Pour la seule Assemblée Nationale, 339 des députés élus en 2012 en sont victimes. Parmi eux se distinguent les 179 socialistes qui s’étaient engagés à renoncer à tout mandat exécutif local avant fin septembre 2012.

Ce site s’adresse aussi bien aux élus qu’à leurs proches et à leurs électeurs. Il se tournera en premier lieu vers les députés socialistes qui ont déjà franchi une étape vers le sevrage et que nous souhaitons particulièrement encourager.

On y trouvera des conseils pratiques, des témoignages d'anciens cumuleurs ainsi qu’une méthode infaillible pour rompre avec le cumulisme en 90 jours.

Un dernier mot :  Cumul Info Service a été imaginé sur le modèle d’un célèbre site de coaching pour lutter contre le tabac.
Si vous souhaitez arrêter de cumuler ET de fumer, c’est ici.

Pourquoi j'arrête

La première étape consiste à vous convaincre du bien fondé du non-cumul.

En cliquant sur les boites de patch ci-dessous, vous ferez apparaître une série d'arguments  qui ont fait leurs preuves.

A vous d'y trouver ceux qui vous convainquent ou d'en ajouter d'autres de votre cru.

Chaque cumuleur est unique et sa façon d'arrêter de cumuler   ne sera pas celle de son voisin d'hémicycle ou de son camarade de parti.

Vous êtes prêt ? Cliquez sur la première boîte de patch pour commencer.

ARRETER LE CUMUL, C'EST PLUS DE TEMPS ET D'ENERGIE POUR SE CONCENTRER SUR L'ESSENTIEL

Contrairement à ce que beaucoup croient, les élus ne sont pas surhumains. Dans une société de plus en plus complexe, le travail parlementaire représente une charge colossale.

Aujourd’hui la France est régie par plus de 10 000 lois et 130 000 décrets, auxquels on doit ajouter 7500 traités et 17 000 textes communautaires. Des dizaines de textes, avec à la clé des  centaines d’études d’impact et des dizaines de milliers d’amendements,  sont débattus au Parlement.

Pour accomplir cette tâche, l’activité des "simples députés" est environ 70 % plus élevée que celle de leurs collègues qui sont aussi maire d'une ville de plus de 30 000 habitants ou président d'un exécutif local.

Vous n'êtes pas convaincu ? Cliquez sur la deuxième boite.  

etc... lire la suite sur Cumul Info Service

Publié par Frédéric Maurin à 23:12pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

4 Juillet 2012

La justice fiscale, c'est maintenant ?

 

Gros plan sur Justice fiscale ,le site de la Fédération CGT des Finances, qui a entre autre mérites, celui de rendre accessible cette question à la fois difficile et passionnée.

Pour les travaux pratiques, que vous soyez experts ou non, l'adhésion c'est ici: La cgt

Dans cette rubrique, vous trouverez les principaux documents de la fédération des Finances CGT traitant de la fiscalité.

Publié par Frédéric Maurin à 22:43pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

2 Juillet 2012

La stratégie du choc

Dans le numéro de juillet 2012, Serge Halimi dénonce le « Fédéralisme à marche forcée ».

Démonstration d'autant plus indispensable qu'il n'en a été nullement question  entre les deux prétendants à l'Elysée Hollande - Sarkozy : le débat n'a pas eu lieu !
Leurs soutiens à l'Assemblée Nationale ont raflé 90 % des sièges, cela  devrait faciliter les choix démocratiques... Europe austéritaire : la MES est dite ?

Fédéralisme à marche forcée

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Les grandes catastrophes encouragent les croyants les plus fervents à redoubler aussitôt de piété. Ainsi des fédéralistes européens : refusant de concevoir qu’on puisse un jour tourner le dos aux politiques d’intégration — monétaire, budgétaire, commerciale — qui ont aggravé la crise économique, ils souhaitent au contraire renforcer l’autorité de ceux qui les ont mises en œuvre. Les sommets européens, les pactes de stabilité, les mécanismes disciplinaires n’ont rien arrangé ? C’est, répondent invariablement nos dévots, parce qu’ils n’ont pas été assez loin : pour eux, toute réussite s’explique par l’Europe, et tout échec par le manque d’Europe (1). Cette foi du charbonnier les aide à dormir à poings fermés et à faire de jolis rêves.

Des cauchemars, aussi, car les fédéralistes ne détestent pas les tempêtes. Les annoncer leur permet même de briser toute résistance à leur grand dessein en prétextant l’urgence. Au milieu du gué et sous la mitraille, nul ne doit faire machine arrière. Il faut franchir la rivière ou se noyer, précipiter le « sursaut fédéral » ou consentir à la catastrophe. « Si la confédération actuelle n’évolue pas vers une fédération politique avec un pouvoir central, estimait ainsi en novembre dernier l’ancien ministre des affaires étrangères allemand Joschka Fischer, la zone euro — et l’ensemble de l’Union — va se désintégrer (2). » En France, les trois grandes radios nationales et deux des principaux quotidiens prêchent chaque jour cette antienne.

A entendre les fédéralistes, on imaginerait volontiers que les instances européennes manquent de pouvoir et de ressources, tandis que les Etats disposeraient d’une autorité et de moyens illimités. Mais la Banque centrale européenne (BCE), qui a géré la crise avec le succès que l’on sait, consacrant récemment la somme de 1 000 milliards d’euros au refinancement des banques, ne dépend ni des gouvernements ni des électeurs de l’Union. Loin d’être trop contrainte par un défaut d’intégration quelconque (budget commun, ministre unique), l’harmonisation des politiques européennes sous la toise de l’austérité allemande a déjà produit des résultats, puisqu’elle est parvenue à creuser l’endettement des Etats et à accroître la misère des peuples…

Or les Cassandre d’aujourd’hui sont les béats d’hier. Instigateurs des politiques communautaires imposées au forceps depuis trente ans, ils ont célébré tour à tour le plus grand marché du monde, la monnaie unique, la « politique de civilisation » ; ignoré le verdict populaire sitôt qu’il leur était contraire ; détruit tout projet d’intégration qui aurait reposé sur le mieux-disant social, les services publics, des écluses commerciales aux frontières de l’Union. Minuit sonne, le carrosse devient citrouille ; ils oublient soudain leur allégresse d’antan et jurent nous avoir toujours alertés que cela ne marcherait jamais.

La dramatisation financière servira-t-elle de prétexte pour imposer un bond en avant fédéral sans le soumettre à la corde de rappel du suffrage universel ? Une Europe déjà mal en point peut-elle vraiment se permettre ce nouveau déni démocratique ?

Serge Halimi

(1) Lire Pierre Rimbert, «  Le théorème de Guetta  », Le Monde diplomatique, novembre 2008.

(2) Le Figaro, Paris, 7 novembre 2011.

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Issu de la même bonne source, cet article de Costas Lapavitsas qui entre en résonance avec la question de  Sortir de l'Euro pour sortir de la crise ?

Grèce, sortie de crise, sortie de l’euro

La crise grecque approche du point de non-retour. Les décisions qu’Athènes s’apprête à prendre influeront sur l’évolution du projet européen au cours des prochaines années. Les commentateurs estimant que la Grèce est un « petit pays » — ne représentant que 2 % du produit intérieur brut (PIB) européen — et que l’impact d’une déflagration hellène sera aisément contenu n’ont peut-être pas pris toute la mesure de la débâcle actuelle.

La tempête qui balaie la Grèce résulte en premier lieu de sa décision de rejoindre la zone euro le 1er janvier 2001, un choix qui allait conduire à la dislocation de son économie. Le pays fait en effet les frais du mythe selon lequel l’adoption d’une « monnaie forte » placerait les économies faibles sur un pied d’égalité avec les plus robustes. On s’aperçoit désormais que de telles politiques finissent par affaiblir les acteurs les plus vulnérables — une logique dont le Portugal, l’Irlande et l’Espagne pourraient bientôt offrir une nouvelle démonstration.

Dans ces conditions, Athènes se dirige désormais vers une sortie de l’euro, et l’ensemble des pays de la périphérie européenne pourraient lui emboîter le pas — une procession dont les conséquences sur l’union monétaire ne seront pas anodines puisqu’elle conduira à la réintroduction de mécanismes de pilotage économique que le néolibéralisme avait conduit les Etats à abandonner.

Ses thuriféraires présentent volontiers l’union économique et monétaire (UEM) comme un pas décisif vers l’intégration européenne, incarnation institutionnelle de la solidarité qui unirait les populations de la région. Est-ce vraiment le cas ? L’euro est une monnaie de réserve internationale, capable de concurrencer le dollar. A ce titre, il sert, avant tout, les intérêts des banques et des grandes entreprises. Il s’agit également d’une construction toute particulière, apparue ex nihilo sur les bases d’une alliance hiérarchique entre Etats indépendants. Un tel agencement ne manque pas de soulever quelques problèmes qui, dès la genèse du projet, en annonçaient l’échec.

Première difficulté, la contradiction qui oppose politiques monétaires et budgétaires. L’espace monétaire de l’UEM a été construit comme homogène, permettant à la Banque centrale européenne (BCE) d’offrir le même taux d’intérêt à toutes les banques. L’espace budgétaire, en revanche, se caractérise par une grande hétérogénéité, puisque chaque Etat continue à exercer sa souveraineté en termes de recettes (impôts) et de dépenses. La discipline budgétaire — imposée par le Pacte de croissance et de stabilité (1), renforcée par le Pacte budgétaire (2) et supposée régler ce problème —, n’est pas parvenue (pour l’heure) à abolir la souveraineté budgétaire des Etats.

La seconde difficulté est passée plus inaperçue ; ses conséquences pourraient néanmoins faire grand bruit. Contrairement à l’espace monétaire de l’UEM, son environnement bancaire est également hétéroclite : il n’existe pas de « banques européennes », mais des banques françaises, allemandes, espagnoles... Même si, en régime de croisière, tous les établissements s’abreuvent de liquidités auprès de la BCE, elles se tournent vers leurs Etats respectifs dès que leur solvabilité est en doute. Les banques brassent donc une devise transnationale, mais demeurent adossées à des nations.

Au cœur de ces deux problèmes, l’absence d’un Etat fédéral européen — laquelle renvoie à l’inexistence d’un peuple constitué à cette échelle. La construction européenne a imbriqué des nations différentes en les enduisant du vernis uniforme de structures économiques communes. L’opération suffisait-elle à dépasser les spécificités nationales ? Peut-être pas. Cette réalité est d’ailleurs l’une des causes fondamentales de la crise de la zone euro, et l’un des principaux obstacles à sa résolution.

Contrairement à l’antienne selon laquelle des Etats indisciplinés auraient toléré la boursouflure de leurs dépenses publiques, la crise actuelle découle avant tout d’une perte de compétitivité des pays de la périphérie.

Les pays de la zone euro se sont eux-mêmes assujettis à un sévère carcan : taux de change fixés, politique monétaire unique et discipline budgétaire imposée depuis l’extérieur. Dans ces conditions, les gains de compétitivité ne pouvaient plus provenir que du marché du travail — d’où l’actuelle « course au moins-disant salarial » (3). Avec un grand vainqueur, l’Allemagne, dotée d’un Etat suffisamment fort et d’un mouvement social suffisamment faible pour imposer une telle rigueur.

Pour les autres, les pertes de compétitivité se soldent par des déficits de leur balance des comptes courants (4) — symétriques aux excédents affichés par l’Allemagne. Pour financer ces déséquilibres, les pays de la périphérie ont dû emprunter à l’étranger, un mécanisme huilé par la BCE qui mettait des liquidités peu coûteuses à la disposition des marchés. En conséquence, la dette — interne comme externe, publique comme privée — a gonflé démesurément.

Pour le dire autrement, la dette des pays de la périphérie européenne découle directement du gel des salaires en Allemagne... Mais la voie qui conduirait à amputer ceux versés aux Grecs, Espagnols, Irlandais, de façon à rattraper les « prouesses » de Berlin impliquerait une violence sociale telle qu’elle provoquerait des soulèvements et, probablement, l’implosion de la zone euro.

La question politique brûlante est la suivante : qui supportera les coûts d’un défaut sur la dette d’un des pays de la périphérie ? Et, en particulier, qui protégera les banques européennes contre cette déflagration ? Sans surprise — étant donné le poids des structures nationales au sein de l’union monétaire —, les pays du centre ont refusé de prendre en charge la dette de la périphérie. Il va sans dire que les Etats sont peu disposés à porter secours à des établissements bancaires étrangers.

L’Union européenne a donc opté pour le versement de prêts d’Etat à Etat, conditionnés à l’application de mesures d’austérité et d’ajustement structurel visant à comprimer le « coût du travail ». D’autres pistes — telles que l’émission d’euro-obligations, l’émission par la BCE de liquidités correspondant au montant de la dette ou l’établissement de transferts budgétaires (5) au sein de la zone — faisaient reposer une partie importante du sauvetage sur les épaules des pays du centre. Elles ont été écartées : introduites sans résolution du problème fondamental — l’absence d’Etat fédéral, ou la primauté des préoccupations nationales —, de telles mesures provoqueraient d’importantes crises politiques.

Au départ, la stratégie de l’Union européenne se heurte à la question des écarts de compétitivité. Puis l’accroissement de la dette des pays de la périphérie contribue à les affaiblir, et met en péril leur capacité à rembourser. De façon assez paradoxale, cette stratégie achoppe sur le caractère fondamentalement national des banques de la zone. Plus la crise dure, plus celles-ci se tournent vers les Etats-nations pour obtenir des fonds, bénéficier du mécanisme de soutien exceptionnel à la liquidité bancaire (permettant à une banque centrale nationale d’émettre elle-même des euros) et continuer à prêter. A mesure que les banques recherchent le refuge d’institutions non-européennes, l’union monétaire se fissure de l’intérieur.

Cette désintégration ne peut être enrayée qu’à la condition de changements majeurs au sein de l’UEM. Il faudrait, au minimum, un Plan Marshall visant à accroître de façon systématique la productivité de la périphérie, et donc sa compétitivité. Un tel projet implique de mettre en œuvre une politique redistributive en Allemagne, par le biais d’une hausse des salaires ; d’annuler (une partie) de la dette des pays de la périphérie ; et de mettre en place un système de transferts budgétaires au sein de la région. Enfin, on ne s’épargnera pas la mise à plat du système financier et la création d’une autorité capable d’en assurer la solvabilité. Rien d’évident, donc, puisque chacune de ces mesures requiert des changements sociaux et politiques majeurs.

Ceux que les dieux souhaitent détruire,
ils commencent par les rendre fous

Pour la périphérie, il est probablement déjà trop tard. La désintégration de l’UEM a provoqué une flambée de mouvements sociaux, attisée par une austérité dont aucune perspective de croissance ne tempère la brutalité. A commencer par la Grèce où les mesures de « sauvetage » ont provoqué une dépression sans précédent en temps de paix. La chute cumulée du PIB sur la période 2010-2012 atteindra probablement 20 %, cependant que le chômage avoisine les 25 %. L’impact sur les salaires et les retraites s’avère dévastateur. Les centres-villes sont en proie à de véritables désastres humanitaires.

Les composantes de la demande agrégée (6) demeurent déprimées. L’investissement a connu une baisse continue au cours des cinq dernières années et la consommation plonge elle aussi. Les exportations ont connu un rebond en 2010-2011, avant d’atteindre un plateau en 2012. La restructuration de sa dette, en mars 2012, a offert à la Grèce un répit de courte durée, et l’endettement public demeure insoutenable sur le long terme. Mais au cœur de la tourmente, la « troïka » — l’Union européenne, le Fonds monétaire international (FMI) et la BCE — exige de nouvelles coupes budgétaires : entre 11 et 12 milliards d’euros pour la période 2013-2014, dans l’espoir d’amener Athènes à afficher un excédent primaire (7) conséquent. Ceux que les dieux souhaitent détruire, ils commencent par les rendre fous.

Mais les ravages de la monnaie « forte » ne sont pas uniformément partagés par la population grecque. L’élite souffre peu ; la baisse des salaires assomme les plus pauvres. Les agriculteurs ont également versé un lourd tribut à l’orthodoxie monétaire, bien que protégés par la hausse des cours des produits agricoles. La principale menace politique et sociale dans le pays demeure néanmoins l’effondrement de la classe moyenne : petits et moyens entrepreneurs, professions libérales et fonctionnaires. Sans surprise, la protestation s’intensifie et la lutte contre l’austérité a déclenché des grèves très suivies, des manifestations et des appels à la désobéissance civile.

Les élections du 6 mai ont démontré qu’une majorité s’oppose aux modalités du « sauvetage » de la Grèce, tout en souhaitant rester au sein de la zone euro. Le pays se trouve divisé en deux camps politiques : l’un se cristallise autour du parti de droite Nouvelle démocratie ; l’autre autour de Syriza, à gauche. Le premier attire ceux qui, pour l’heure, s’en tirent le mieux — notamment les classes dirigeantes. Le second s’est rapidement transformé en un parti de masse rassemblant ouvriers, employés et classes moyennes paupérisées.

Bien que les deux camps insistent sur le fait qu’ils souhaitent le maintien d’Athènes au sein de l’UEM, l’instabilité politique pousse inéluctablement le pays vers la sortie. Malheureusement, celle-ci pourrait se faire de façon chaotique, déclenchée, par exemple, par une panique bancaire (bank run) qui verrait des épargnants inquiets tenter de récupérer leurs dépôts. Même dans le cadre d’un scénario « chaotique », les étapes d’une telle sortie sont désormais connues de tous — au moins dans les débats internationaux.

Dans un premier temps, la Grèce rejette les termes de son sauvetage et suspend ses remboursements : elle fait défaut. Le pays reprend en main les leviers décisionnels lui permettant de s’attaquer à la crise et de transformer son économie. Il s’engage dans un processus d’audit de sa dette (8), sur la base des travaux d’une commission ayant examiné la nature — odieuse ou légitime — ainsi que la viabilité sociale de l’endettement hellène. Au défaut succède la réintroduction de la drachme, peut-être au cours d’un week-end. Athènes impose un contrôle des flux de capitaux. Le changement de monnaie déclenche (probablement) une triple tempête — monétaire, bancaire et commerciale —, dont il convient de traiter séparément les différents vents.

Sur le plan monétaire, les événements conduisent à la circulation parallèle de la drachme, de l’euro et peut-être d’autres formes de monnaie fiduciaire émise par l’Etat, ce qui modifie les pratiques bancaires et entraîne une vague de litiges.

Sur le plan bancaire, la crise résulte de l’incapacité des établissements à respecter leurs engagements dans un contexte où certains actifs et passifs émis sous loi étrangère demeurent libellés en euros. Les banques n’ont plus accès aux liquidités émises par la BCE et se voient fragilisées par le défaut hellène sur sa dette publique. Elles sont donc nationalisées, alors que le gouvernement annonce une garantie pour les dépôts en drachme. Des dispositions similaires protègent les entreprises exposées à des dettes étrangères. Enfin, la banque de Grèce retrouve sa capacité à frapper sa propre monnaie.

L’effondrement du taux de change de la nouvelle drachme annonce le volet commercial de la crise. A court et moyen terme, ce phénomène galvanise la compétitivité grecque, autorisant l’industrie à accroître sa part de marché intérieur ainsi que ses exportations. Il s’agit là d’une étape décisive pour relancer l’économie, et l’emploi. A très court terme, cependant, certains biens viennent à manquer (pétrole, médicaments, certaines denrées). Il est donc nécessaire de manipuler le taux de change et de faire usage de mesures administratives pour régler ces difficultés jusqu’au rééquilibrage de la balance des comptes courants.

Le choc à court terme d’une sortie est le prix à payer pour échapper au piège de l’UEM. La Grèce doit, par la suite, poursuivre le travail en mettant en place un vaste programme de redistribution des revenus et de la richesse, ainsi qu’une politique industrielle capable de dynamiser la croissance. Sans parler de la restructuration de l’Etat et de l’éradication de la corruption, deux mesures-clés.

Une sortie de la Grèce pourrait précipiter des décisions similaires de la part d’autres pays de la zone euro — une réaction en chaîne qui mettrait à mal les institutions et l’idéologie sur lesquelles repose la monnaie unique. Il est impossible de dire si les institutions monétaires seraient en mesure de résister à un tel choc, mais l’Europe entrerait dans une phase de bouleversements considérables. L’effondrement de l’expérimentation grandeur nature d’une « monnaie forte » pourrait être porteur de changements politiques et sociaux à travers tout le continent.

Costas Lapavitsas

Professeur d’économie à la School of oriental and african studies (SOAS) de l’Université de Londres. A dirigé l’ouvrage Crisis in the Euro zone, Verso, Londres, 2012.

(1) Adopté au Conseil européen d’Amsterdam, le 17 juin 1997.

(2) Ou Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), signé le 2 mars 2012. Lire Raoul-Marc Jennar, «  Deux traités pour un coup d’Etat européen  », Le Monde diplomatique, juin 2012.

(3) Lire Anne Dufresne, «  Le consensus de Berlin  », Le Monde diplomatique, février 2012.

(4) Somme des balances commerciales, des services, des transferts courants (dons, aides, etc.) et des revenus (salaires, dividendes, intérêts).

(5) Comment  ? Diverses pistes peuvent être envisagées. L’économiste John Maynard Keynes, par exemple, estimait qu’un fonds devait être créé permettant des transferts (qu’il assimilait à des prêts) des pays en situation d’excédent vers ceux en situation de déficit. L’Europe pourrait également procéder à des transferts sans prévoir de remboursement — il s’agirait dans ce cas d’une forme de «  philanthropie  » intéressée. On pourrait enfin imaginer que cet effort se fasse par le biais d’investissements de long terme, lesquels impliqueraient une intervention structurée, à l’image du Plan Marshall.

(6) La demande agrégée est la somme de la demande pour tous les biens et services finaux dans l’économie : consommation des ménages, investissements, dépenses des administrations publiques et solde commercial (exportations moins importations).

(7) Situation budgétaire positive d’un Etat, avant le paiement du service de la dette.

(8) Lire Jean Gadrey, «  La dette, quelle dette  ?  », Le Monde diplomatique, juin 2012.

Publié par Frédéric Maurin à 22:31pm - Voir le commentaire ()
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