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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

31 Décembre 2012

Gérard Mittal, Lakshmi Depardieu et Les Indignés de la République

Ce qu'il y a de remarquable, et d'utile, dans le mensuel Bastille République Nations, c'est chaque mois ce rappel des fondamentaux de l'Union Européenne, de la nature de cette déconstruction républicaine.

Alors que quand tant d'entre nous s'égarent dans, et s'écharpent sur, des polémiques improductives  (je n'y échappe pas, pas plus tard qu'avant-hier -et certainement qu'après demain- voir ici: A propos du sarkoziste Depardieu ou mieux voire pire: Que cache le cul de Depardieu ?) Bastille République Nations n'a besoin ni de grands discours ni de scoops pour éclairer les tendances lourdes masquées par les actualités bavardes.

Bastille Rép Nat ou BRN pour les intimes abonné(e)s a en revanche besoin de notre soutien. C'est ici : Bienvenue sur le site de Bastille-République-Nations

  •  

  • Les Indignés de la République

     

  • Fascinante hypocrisie. A peine Gérard Depardieu avait-il fait savoir qu’il franchissait la frontière et installait sa fortune en Belgique que des torrents d’indignation ont déferlé, en particulier du côté de l’actuelle majorité et de ses idéologues attitrés. Ceux-là même qui ne cessent de professer que les Etats sont trop petits, et les frontières de dangereux stigmates du passé, ont rappelé l’acteur à ses devoirs… « patriotiques ». On croit rêver.

     

    Chacun pense ce qu’il veut de l’artiste, et de l’homme. La seule question qui vaille présentement est : a-t-il enfreint la loi ? La réponse étant connue de tous, force est de constater que les leçons de morale, pardon, d’éthique, ne sont rien d’autre qu’un voile opportun pour dissimuler l’impuissance délibérément organisée de la politique. Car pourquoi les Indignés de la République, au pouvoir, n’ont-ils pas annoncé séance tenante le rétablissement du contrôle des capitaux, afin que de tels agissements ne puissent se reproduire ? Il est vrai que si – par hypothèse d’école – une telle idée leur avait effleuré l’esprit, Bruxelles les eût séance tenante rappelé aux règles de base.

     

    Car le contribuable Depardieu n’a pas profité d’une faille obscure repérée par quelque fiscaliste retors. Il a, très banalement, mis en pratique la liberté de circulation des personnes et des capitaux. Cette liberté qui est au fondement même de l’intégration européenne, et en constituait le socle ontologique dès le traité fondateur. L’acteur ne s’y est d’ailleurs pas trompé. Dans son texte publié par le JDD (16/12/12), il se justifie ainsi : « je suis un vrai Européen, un citoyen du monde ». Bien vu Gérard, c’est exactement cela.

     

    Quelques partisans d’une « autre Europe » ne manqueront pas d’ânonner leur couplet sur la nécessaire « harmonisation fiscale ». Mais en attendant que les actuels dirigeants européens, toutes couleurs politiques confondues, s’écartent de leur bréviaire – dumping et cadeaux fiscaux – le petit village belge de Néchin sera devenu une mégalopole.

     

    Un autre vrai Européen – il est établi à Londres – et citoyen du monde a pour nom Lakshmi Mittal. C’est précisément de cette même liberté sacrée de placer et de retirer ses billes – en l’occurrence, le droit de fermer ou de délocaliser d’un coup de plume des sites industriels entiers – que celui-ci s’est prévalu pour estimer caducs ses engagements passés. Pourquoi se gênerait-il ? Cette liberté de circulation des capitaux n’est-elle pas la clé de voûte, et pour tout dire l’essence même de cette mondialisation que, de gauche à droite de l’hémicycle, on considère comme naturelle et irréversible – même si on prétend vouloir la « réguler » ? Précisons en outre que M. Mittal n’a pas hérité de la sidérurgie du Vieux continent par l’opération du Saint-Esprit. En 2001, les dirigeants européens n’étaient pas peu fiers d’avoir liquidé les sidérurgies nationales (en France Usinor, jadis publique…) en vue de donner naissance à ce « géant européen », Arcelor, qui devait « enfin tenir tête » à ses rivaux mondiaux. Cinq ans plus tard, le magnat de l’acier jouait de la liberté des marchés pour mettre la main sur cette industrie stratégique qui lui avait été rassemblée sur un plateau.

     

    Pendant que la Lorraine apprenait le véritable massacre industriel en instance, le Gotha européen se pressait à Oslo le 10 décembre pour savourer le bonheur de voir l’UE gratifiée du Nobel de la paix. Ces messieurs-dames en habit, à l’air ému, ont offert le pathétique spectacle des autocongratulations mutuelles sur le thème de la fantastique idée européenne. Dans quelques mois, c’est la présidente lituanienne, ex-commissaire européen, qui se verra décerner le prix Charlemagne. En attendant, son ancien collègue à Bruxelles, Mario Monti, vient d’empocher le Grand Prix de l’Economie, lui qui dirige une Italie plongeant chaque jour un peu plus dans la récession.

     

    Ces gens font décidément montre d’un remarquable sens de l’humour – involontaire. Jusqu’au jour où les peuples n’auront vraiment plus envie de rire.

     

    PIERRE LÉVY

  • Jusqu’au jour où les peuples n’auront vraiment plus envie de rire, justement L'insurrection, c'est pour Noël ? prochain?

Publié par Frédéric Maurin à 17:17pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #Union européenne

30 Décembre 2012

Que cache le cul de Depardieu ?

A propos du sarkoziste Depardieu Patrick Le Hyaric se demandait "ce qu'il y avait derrière la carrure d'Obélix", mais je trouvais le titre trop vulgaire aussi l'ai-je un peu modifié...

 gerard depardieu nue

Qui y a-t-il derrière la carrure d’Obélix ? 

Quel fracas autour de l’installation en Belgique de cet acteur connu et reconnu, devenu homme d’affaires ! Le cimetière des invectives stériles s’est encore agrandi et a caché le grand fatras d’informations pourtant si importantes pour la vie quotidienne, telles que la hausse des carburants, du gaz et de l’électricité, des impôts locaux, de la TVA pour payer un cadeau de 20 milliards d’impôt aux sociétés, les fermetures de lignes secondaires de train et un nouveau projet de réduction des services publics. Tout ceci se fait en application des critères du traité européen d’austérité.

Bref, grâce à une nouvelle potion magique, Obélix, rebaptisé « Echappofisc » réduirait tous ces choix politiques décidés par un gouvernement -dont on est en droit d’attendre tout autre chose- au rang de questions de second ordre, alors qu’ils nous concernent au plus haut point. D’ailleurs, s’il y a moins de trains, d’hôpitaux, de postes, d’écoles, d’activités culturelles, de tribunaux, de gendarmeries, insuffisamment de maisons de retraite, n’est-ce pas dû au fait qu’il y a moins de recettes pour l’Etat, résultat des cadeaux faits ces dernières années aux plus fortunés et d’un chômage en hausse constante qui handicape l’activité et donc les ressources de la Nation et des organismes sociaux ? Et ceci n’a-t-il rien à voir à ce que donne chacune et chacun au bien collectif, selon ses capacités contributives ?

Voici un bon débat. M. Depardieu n’est pas à plaindre. S’il est vrai qu’il a payé 145 millions d’impôt comme il l’a écrit dans une lettre au Premier ministre, cela veut dire qu’il gagne à peu près 6000 euros par jour. Qu’il ne dise pas que c’est le matraquage fiscal de la gauche qui le gêne puisque cela fait plus de dix ans qu’il s’acquitte sans dire mot des impôts fixés par les budgets votés par la droite. Dans ces conditions, notre grand acteur ne s’est-il pas placé, peut-être malgré lui, au centre d’un débat politique ou plutôt politicien ? La droite s’est saisie de l’occasion pour défendre les plus fortunés et le Premier ministre a pu ainsi faire croire qu’il les attaquait au nom du chantier de la justice fiscale, alors que les impôts indirects et l’impôt sur le revenu des catégories modestes va augmenter, grâce au gel des barèmes, certes décidé sous M. Sarkozy mais maintenu par ses successeurs.

Il est vrai que le défunt bouclier fiscal avantageait M. Depardieu et Mme Bettencourt contre le paysan qui gagne à peine le SMIC, la femme retraitée qui n’a que 700 euros par mois ou le smicard, qui eux paient à jets continus, c’est-à-dire chaque fois qu’ils font leurs courses ou leur plein d’essence, les impôts les plus injustes qui soient, la TVA et la taxe sur les carburants. Les débats enflammés de ces derniers jours permettent de cacher ces enjeux fondamentaux.  Ceux de la justice fiscale et la nécessité d’une profonde réforme pour y parvenir.

Tenter de se soustraire, d’échapper à l’impôt comme le font les plus fortunés, c’est faire le choix du chacun pour soi contre la communauté des êtres humains, faisant société ensemble. Les portes de la jungle s’ouvrent avec un Etat affaibli parce que  privé d’écoles, de laboratoires de recherche, d’hôpitaux, de moyens de transports ou encore de  communes rurales en bonne santé au service de toutes et de tous. Le pays devient dès lors, comme la Grèce, une proie facile pour les rapaces de la finance et les institutions européennes.

Nul ne conteste le droit de s’enrichir, mais il y a des richesses accumulées qui n’ont été possibles que grâce à la collectivité. Parmi les films dans lesquels Gérard Depardieu a brillé, nombre d’entre eux n’ont pu être réalisés que grâce à un système d’aide à la production cinématographique, soutenu par la puissance publique, que beaucoup de pays nous envient. Ce système n’existe que parce que nos concitoyens paient l’impôt et la TVA et parmi eux, ceux qui chaque mois calculent à 10 euros près.

De ce débat pourraient, devraient pourtant jaillir deux axes de réformes fondamentales. D’abord pour progresser vers la justice fiscale qui voudrait que chacune et chacun contribue en fonction de ses possibilités, avec un système d’impôt sur le revenu progressif, comportant de nouvelles tranches, notamment entre les 45% et les 75% de prélèvements. Rappelons qu’en Belgique, l’impôt sur le revenu est plus élevé qu’en France. En même temps, l’impôt sur la fortune doit être renforcé. La fiscalité locale doit aussi être transformée pour tenir compte des revenus réels et les impôts indirects abaissés. Quant à  l’impôt sur le capital, il  doit être incitatif pour la création d’emplois et l’investissement productif, et dissuasif pour toutes les formes de spéculation financière. L’autre volet concerne la nécessité d’une harmonisation de la fiscalité européenne selon des principes de justice.

Ce sont les différences d’imposition au sein d’une même zone ayant la même monnaie qui favorisent cette concurrence fiscale entre Etats et entre richissimes citoyens. Les plus modestes, eux, n’ont pas les moyens de changer de pays. Dans un premier temps, comme aux Etats-Unis, chaque citoyen qui s’expatrie paierait  l’impôt dans son pays d’origine. Au lieu de choyer les banques, les oligarchies et les marchés financiers, l’Union européenne devrait placer au cœur de son action des logiques citoyennes et solidaires. Il n’y aura  pas d’Europe commune sans solidarité sociale et vie démocratique qui implique les populations du continent dans les décisions qui les concernent. L’harmonisation fiscale en est une. Qu’Obélix, à son corps défendant, ait contribué à en faire grandir l’exigence constituerait un juste retour des choses.

En attendant une Union Européenne sociale (et pourquoi pas un crocodile végétarien?), signalons qu'à l'occasion de ce débat, le niveau de l'internationale sarkozyste a monté d'un cran.

La publication suivante a en effet été repérée sur le compte Twitter officiel du belgo-suisse  Johnny Hallyday. Sous le titre"Sacré gégè haha", on y voit le photomontage suivant :

Pour Johnny, Depardieu Manneken-pisse sur François Hollande

Une fois de plus, on voit que la droite n'a pas besoin d'être au pouvoir pour se révéler nuisible

Publié par Frédéric Maurin à 12:32pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

30 Décembre 2012

Etat de siège

Rester debout pour s'assoir sur le code du travail.

Heureusement que, sous Hollande, des négociations sur la flexi - sécurité (dont la CGT a annoncé la teneur par un  Tous en grève le 13 décembre 2012 ) vont règler tout cela :

Ci-dessous un article de Gérard Filoche publié dans L'Humanité sur la manière dont les patrons des grands magasins violent la loi en contraignant les employés à être constamment en mouvement et en leur interdisant de s'asseoir, ne serait-ce qu'une minute pour se reposer.

 

Dans les grands magasins, la « Loi des sièges » violée. Même plus le droit de s’asseoir un instant ?

On se frotte les yeux : on est dans un pays où les 60 patrons les plus riches qui arrachent le plus de dividendes exigent 60 milliards d’assistanat à l’état et réclament en même temps que les salariés soient plus « flexibles » et que les 5 millions de chômeurs aient moins d’indemnités.
L’idée même de « flexibilité » est inhumaine : on y sent la nuque baissée, la dignité bafouée. Et elle est stupide économiquement et contraire à l’emploi : ce sont les salariés les mieux formés, les mieux traités, les mieux payés qui sont les plus « compétitifs », pas les flexibles ni les précaires !

 

Mais savez-vous jusqu’où ça va ? En ce moment les patrons des plus grands magasins parisiens privent les salariés de sièges. Oui, vous avez bien lu : de « sièges ». L’inspection du travail est actuellement obligée de se battre au cœur de Paris pour que les vendeuses et vendeurs disposent de quoi s’asseoir au moins quelques instants dans leur longue journée de travail. Sans succès, pour le moment, elle fait des interventions en CHSCT, des « mises en demeure » pour le simple droit des salariés de poser leurs fesses un instant en 8 heures.
Le patronat exige que les vendeuses et démonstratrices soient en perpétuel mouvement ou en position debout (ou les deux), au-delà des exigences de leur poste pour « créer l’image d’une entreprise animée – éveillée, consciente, énergique, dans un état constant d’accueil et d’attention aux besoins du client ».

 

C’est le retour d’Au bonheur des Dames d’Émile Zola. L’époque où même la Marquise de la Tour du Pin qui aimait y faire ses courses, fut émue que les vendeuses des grands magasins n’aient pas de sièges. La Marquise intrigua et réussit à obtenir de la Chambre, ce qui s’est appelé « la loi des sièges » toujours inscrite dans le code du travail : Art. R.4225-5 sous le titre : « confort au poste de travail. Sièges » : « Un siège approprié est mis à disposition de chaque travailleur à son poste de travail ou a proximité de celui-ci. »
Les employeurs ont le droit de concevoir leurs activités selon une image particulière et exiger que leurs employés s’y intègrent mais : – Ils n’ont pas le droit de les utiliser de manière illégale en les contraignant à des actions qui nuisent à leur santé (par exemple, des périodes prolongées debout) non nécessaires à l’accomplissement de leur mission – Ils doivent au contraire utiliser tous les moyens possibles pour assurer le moins de préjudice possible à la santé de leurs salariés. – Dans l’équilibre des intérêts entre la création d’une image (grâce à l’utilisation d’employés constamment en mouvement ou en position debout) et la dignité humaine de l’employé, la dignité humaine doit l’emporter.
- L’obligation pour les salariés d’être constamment en mouvement ou en position debout constante constitue aussi une discrimination d’âge, puisque les plus âgés ont plus de mal à s’y conformer.
Laurence Parisot contre la Marquise du Pin ? Le code du travail en état de siège. Jusqu’où, jusqu’à quand ?

Publié par Frédéric Maurin à 12:22pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

28 Décembre 2012

Mensonger et caricatural

"Mensonger et caricatural" ce clip, selon Harlem Désir. 

Alors dans ce cas,  un peu à la manière d'un François Hollande : le vote utile ! indiquant au New-York Times qu' "Aujourd'hui, il ne reste plus de communistes en France."

Or, s'il n'y en avait plus, le premier secrétaire du PS ne parlerait pas de leurs vidéos mensongères et caricaturale... 

 

 

Tous mes voeux de rupture et de luttes ! 

Publié par Frédéric Maurin à 23:25pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

21 Décembre 2012

Où (bien) manger à Saint Martin d'Hères - Grenoble ?

Ici, je ne vais pas étaler ma culture gastronomique, mais inviter chaleureusement à découvrir la Coopérative Tart'en'Pion au moins pour deux raisons :

- Prix 2011 de l'initiative en économie sociale de la Fondation Crédit Coopératif

- c'est à 2 pas de chez moi et j'ai l'honneur d'en être sociétaire... voyez plutôt :

Venez boire un café, déjeuner, faire vos courses à l’épicerie, jouer, éclater de rire ou d'émotion à nos soirées jeux, musique, théâtre (voir "Programmation culturelle") et cerise sur le gâteau découvrir les peintres, photographes, sculpteurs qui choisissent Tart'en'Pion pour exposer (voir "Expositions").

Horaires d’Ouverture

Mardi et Vendredi : 11h-15h / Mercredi et Jeudi : 11h-15h & 18h-19h30 / Samedi : 10h00-18h (et jusqu'à 22h30 quand il y a une soirée) / Dimanche & Lundi : Fermeture hebdomadaire

Restauration du mardi au samedi, le midi.

L'épicerie reste ouverte pendant le service de restauration.

Un exemple de menu : Mardi 18 décembre, à 18h30 (jusqu'à environ 22h)
Un groupe de sociétaires de l'agglomération, soucieux de faire vivre les valeurs de la Finance solidaire vous invite à participer à un
apéro autour de la Nef (Finance solidaire), Citélib (Coopérative d'autopartage de véhicules en libre service 24h sur 24 à proximité de chez vous) et Coopérative Tart’en’Pion.


Autour d'un verre venez découvrir, discuter, échanger de façon informelle et joyeuse, sur une utilisation humaniste de votre épargne, et sur une coopérative proposant un moyen de réduire le nombre de véhicules en ville et ailleurs !...
C'est ouvert à tous, pour 5 mn ou la soirée.
Si vous souhaitez grignoter, n'hésitez pas à venir avec quelque chose à partager.
Les boissons sont à prendre sur place.
www.lanef.com  www.citelib.com

A découvrir encore :

Publié par Frédéric Maurin à 17:18pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

20 Décembre 2012

A propos du sarkoziste Depardieu

On a (suffisamment ? Voter Sarkozy ? ) analysé la pensée et les actions de la droite. Celle qui utilisait l'identité nationale pour tenter de masquer sa faillite morale.

L'exil fiscal de Depardieu montre que celle-ci n'a pas besoin d'être au pouvoir pour se révéler nuisible. Ce qui exigerait des mesures de neutralisation fortes.

La fuite de Depardieu ne doit pas masquer la forêt des exilés de plus longue date - et de plus gros poids, hé oui - que l'acteur sarkozziste...comme le rappelle La Tribune :

Le journal genevois Bilan a réalisé une étude sur le poids que représentent ces familles en Suisse. Ainsi, sur les 300 premières fortunes Suisse, 43 sont françaises, dont 14 milliardaires. La fortune accumulée par cette communauté atteint 43,5 milliards d’euros, écrit le journal suisse.

Chanel, Bic et Schlumberger en exil...

D’après ce classement, on retrouve la famille Wertheimer (Chanel, Bourjois) en première place. La famille Castel (producteur de vin) monte sur la seconde place de ce podium, suivi par les héritiers du groupe Louis-Dreyfus (négoce, transport maritime, BTP). Parmi les noms les plus connus, on retrouve également la famille Primat (groupe Schlumberger), les Peugeot, la famille du baron Bich (Bic). Ce classement qui recense les familles de plus de 100 millions d’euros de patrimoine compte deux nouveaux noms : Claude Dauphin et Eric de Turckheim fondateur de la compagnie de courtage pétrolier Trafigura.

Les Suisses redoutent que son système fiscal "attractif" s’érode sous la pression de Paris. "Le gouvernement français pourrait se rendre compte que les eldorados pour ses exilés fiscaux se situent désormais plutôt du côté de Londres, Bruxelles ou Luxembourg", écrit le journal.

 

Gérard Depardieu lors du meeting de Nicolas Sarkozy à Villepinte

 

Pas de "deux poids deux mesures" entre privilégiés, comme l'indique Bernard Gensane:  

Que les choses soient claires : pour moi, l’exil fiscal est une démarche ignoble. Je n’emploierais pas le terme de « trahison », mais plutôt ceux de « perfidie », de « noirceur ».

 

La lettre ouverte de Depardieu est à son image : excessive, plutôt grossière. Un peu de sobriété lui aurait rendu service. Sur le fond, sa dernière démarche ne tient pas debout. Il sait bien, car ses avocats ont dû le lui préciser, qu’un passeport est un document qui sert simplement à passer les frontières. Il n’a rien à voir avec la nationalité. Si je suis pote avec Benoît XVI, ce qu’a dieu et la Hitler Jugend ne plaisent, je peux me faire délivrer un passeport aux armes du Vatican. Rendre son passeport n’ébranle pas le fondement de la nationalité. Par ailleurs, on peut se faire soigner gratuitement en France sans carte vitale.

Ce que je reproche à Jean-Marc Ayrault, c’est sa démagogie. Il n’a en effet jamais utilisé le mot « minable » pour qualifier l’exil fiscal belge lorsqu’il a vu partir des patrons du CAC 40. Qu’il craint, et donc qu’il sert. À ce jour, Depardieu n’avait rien fait de mal aux Français. Il ne leur a donné que du bonheur, de la culture, de l’art (de moins en moins au fil des ans), alors que les exilés patronaux exercent un pouvoir considérable sur nos concitoyens. En les mettant au chômage, en déterminant leur niveau de vie. Ce sont eux qui décident si la France fera la guerre ou ne la fera pas, si les Français payeront pour les crimes des banksters ou ne payeront pas.


Plier devant Mittal, pire encore devant une poignée de « pigeons », pour la plupart exilés fiscaux, ça c'était minable.

Voir, par ailleurs, le petit mot que son confrère Torreton lui a adressé, il me va assez bien :

Tu ne veux plus être français…? Tu quittes le navire France en pleine tempête ? Tu vends tes 
biens et tu pars avec ton magot dans un pays voisin aux cieux plus cléments pour les riches comme toi ? Evidemment, on cogne sur toi plus aisément que sur Bernard Arnault ou les héritiers Peugeot…
C’est normal, tu es un comédien, et un comédien même riche comme toi pèse moins lourd ! Avec toi, on peut rattraper le silence gêné dont on a fait preuve pour les autres… C’est la nature de cette gauche un peu emmerdée d’être de gauche.

Mais Gérard, tu pensais qu’on allait approuver ? Tu t’attendais à quoi ? Une médaille ? Un césar d’honneur remis par Bercy ? Tu pensais que des pétitions de soutien de Français au RSA allaient
fleurir un peu partout sur la Toile ? Que des associations caritatives allaient décrocher leur abbé Pierre, leur Coluche encadrés pour mettre ta tronche sous le plexi ? Le Premier ministre juge ton
comportement minable, mais toi, tu le juges comment ? Héroïque ? Civique ? Citoyen ? Altruiste ? Dis-nous, on aimerait savoir…

Le Gérard « national », le rebelle de Châteauroux, le celui qui, s’il n’avait pas rencontré le cinéma, serait en taule à l’heure qu’il est comme tu le disais, le poète de l’écran la rose à la main 
quand ça devait faire bien d’en avoir une, qui nous sort un « c’est celui qui le dit qui y est »… Tu prends la mouche pour un petit mot et tu en appelles au respect, comme le fayot dans la cour de
récré… Tu en appelles à tes gentils potes de droite pour que le grand méchant de gauche arrête de t’embêter… Tu voudrais avoir l’exil fiscal peinard, qu’on te laisse avoir le beurre et l’argent du
beurre et le cul de la crémière qui tient le cinéma français… Tu voudrais qu’on te laisse t’empiffrer tranquille avec ton pinard, tes poulets, tes conserves, tes cars-loges, tes cantines, tes
 restos, tes bars, etc.


Et nous faire croire en tournant avec Delépine qu’un cœur social vibre encore derrière les excès et les turpitudes de l’homme… Nous faire avaler à coups de « han » de porteur d’eau que tu sèmes dans
tes répliques trop longues, que l’homme poète, l’homme blessé, l’artiste est encore là en dépit des apparences…

Le problème, Gérard, c’est que tes sorties de route vont toujours dans le même fossé
: celui du « je pense qu’à ma gueule », celui du fric, des copains dictateurs, du pet foireux et de la miction aérienne, celui des saillies ultralibérales…

Tout le monde ne peut pas avoir l’auréole d’un Rimbaud qui, malgré ses trafics d’armes, fut et restera un poète… à jamais. Toi, tu resteras comme un type qui a fait une belle opération financière 
sur le cinéma français, un coup de Bourse, une OPA… Tu as transformé tes interprétations les plus réussies en stratégie de défiscalisation. Il doit y en avoir un florilège de répliques que tu as
jouées et qui résonnent bizarrement maintenant !

Des répliques de poète, d’homme au grand cœur, d’yeux grands ouverts sur la misère du monde, orphelines de pensée et violées par leur interprète, parce que l’homme a les rognons couverts, mais 
l’acteur a fait faillite…

L’homme est devenu riche mais sa fortune lui a pété à la gueule. Tu sais, ces gros pets foireux dont tu te vantes et que tu lâches sur les tournages en répondant à tes 12 
téléphones au lieu de bosser ?

 Tu votes pour qui tu veux, et tu fais ce que tu veux d’ailleurs, mais ferme-la, prends ton oseille et tire-toi, ne demande pas le respect, pas toi ! Sors de scène, Montfleury, « ce silène si ventru
que son doigt n’atteint pas son nombril ! » Et puisqu’on est dans Cyrano, te rappelles-tu de cette réplique, mon collègue, qu’il adressait à De Guiche sauvant sa peau au combat en s’étant débarrassé
de son écharpe blanche ? Il demande à Cyrano ce qu’il pense de sa ruse et ce dernier lui répond… « On n’abdique pas l’honneur d’être une cible. » Tu t’en souviens ? Tu devrais… En ce temps-là, tu
 apprenais ton texte…


On va se démerder sans toi pour faire de ce pays un territoire où l’on peut encore, malgré la crise, se soigner correctement, où l’on peut accéder à la culture quelle que soit sa fortune, où l’on
peut faire des films et monter des spectacles grâce à des subventions obtenues en prélevant l’impôt… Un pays que tu quittes au moment où l’on a besoin de toutes les forces, en plein siège d’Arras,
sous les yeux des cadets médusés…

Adieu.

En attendant la déprogrammation des films de Depardieu sur les chaîne de service public (2 cette semaine !) : la redevance ne doit pas servir ses royalties.

De même qu'une banque citoyenne doit s'abstenir de financer ses films, comme ici :

https://www.labanquepostale.fr/index/groupe/le_groupe/notre_mission/clients_particuliers/les_clients_de_la/mammuth.Synopsis.html

surtout quant il s'agit d'incarner un prolétaire...la trahison est double ! 

Publié par Frédéric Maurin à 10:01am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

20 Décembre 2012

L'insurrection, c'est pour Noël ?

on peut l'offrir et se l'offrir ici : - L'Insurrection

C'est bien sûr valable après les fêtes, et même avant, selon la critique :

En 2022, toute l’Europe est unifiée, soumise à un ordre totalitaire libéralo-écologiste aussi absurde et cruel dans ses fondements que dégoulinant de bons sentiments en surface. Toute ? Toute, car, à la différence d’Astérix, le roman de Pierre Lévy, au moins dans sa première moitié, ne laisse entrevoir aucune résistance à l’empire qu’il dénonce. Dans le flot souvent terne des publications du Temps des Cerises (un petit éditeur communiste en partie héritier des Éditions sociales), ce livre se distingue agréablement : humour, rythme, élégance du style sont au rendez-vous et vous transportent d’un bout à l’autre du récit, à grande vitesse et avec la légèreté d’une plume, comme dans un rêve (ou un cauchemar), dont l’imagerie se situerait entre Le Château de Kafka et Le Meilleur des Mondes d’Huxley.

De charmantes trouvailles émaillent le récit pour décrire ce que pourrait devenir notre monde, si, par malheur, il poussait ses travers actuels au bout de leur logique : le tribunal privatisé qui punit d’une peine de travaux généraux une dame qui eut le malheur de mélanger du gras de jambon à des déchets végétaux dans sa poubelle de tri sélectif, le jeune énarque (pardon : le jeune diplômé de «l’Espace pédagogique européen de gouvernance»), rejeton de deux traders abandonné aux îles Caïmans, l’armée mondiale qui élimine préventivement les potentiels tyrans aux quatre coins de la planète, la journée de la liberté de l’esprit imposée dans les écoles à grand renfort de lectures obligatoires, etc. Les gags se précipitent même et se bousculent à chaque page à tel point que par moments la trame narrative paraît n’être là que comme un prétexte à les collectionner.

Les puristes amateurs de grande littérature se demanderont peut-être s’il s’agit vraiment d’un roman ou plutôt d’un pamphlet, comme l’indique la quatrième de couverture. Les personnages n’ont pas vraiment d’épaisseur psychologique, pas d’existence propre en dehors du flot d’événements et d’institutions ubuesques au milieu desquels ils se débattent, et l’on cherchera en vain une véritable intrigue au milieu des tableaux de la vie quotidienne (sauf un petit rebondissement assez inattendu dans les deux derniers chapitres, mais qu’on se gardera bien de dévoiler !). Partout, c’est le souci didactique qui l’emporte, comme en témoigne in fine le choix (assez contestable) qu’a fait l’auteur d’ajouter à son histoire une postface du physicien belge Jean Bricmont, lequel propose une sorte de «mode d’emploi» de «ce qu’il faut penser de tout ça», comme si cela ne ressortait pas clairement du contenu même du récit (on remarquera d’ailleurs que cette postface reproduit à l’identique ce que le savant a déjà exposé dans maintes publications au préalable – bis repetita placent).

Que penser justement du «message» que délivre l’ouvrage ? Sur le fond, Pierre Lévy force-t-il un peu le trait ou voguons-nous vraiment sur le fleuve qui mène aux Enfers ? L’ouvrage porte les couleurs de la mouvance dans laquelle l’auteur baigne (celle d’un courant de pensée républicain, formé de marxistes, de gaullistes et de quelques autres francs-tireurs viscéralement attachés aux vieux fondements de la souveraineté populaire dans le cadre des États-Nations) avec les croyances caractéristiques de ce milieu et probablement aussi ses illusions (par exemple le dénigrement jacobin des identités régionales basque et bretonne comme de purs artéfacts technocratiques, ou la foi dans ce que peuvent apporter à l’avenir du monde des pays comme le Venezuela, voire, et l’on s’en étonnera encore davantage, du Sri Lanka…). Mais laissons le lecteur disséquer par lui-même la morale de toute cette histoire et se faire sa propre opinion sur le fond de tous ces sujets.

Ce roman d’anticipation démontre en tout cas, s’il en était besoin, que la fiction demeure un précieux aiguillon pour stimuler la réflexion. Mêlée à la distance humoristique, elle remplace avantageusement les pédantes démonstrations et les apostrophes haineuses. Le rire tend hélas à disparaître de l’arsenal des armes politiques aujourd’hui. Le roman de Pierre Lévy contribue utilement à le réhabiliter.

FREDERIC DELORCA

 

Recension parue dans Bastille-République-Nations du 17/09/12
sous la plume de François Asselineau

Lorsque les censures des pouvoirs autocratiques de l’Europe d’Ancien Régime se faisaient trop pressantes, certains essayistes contournaient le problème en publiant des pamphlets codés ou des romans à clé.

 Ils les présentaient comme des lettres faussement naïves écrites par des étrangers (Les Lettres persanes de Montesquieu, parues en 1721) ; ou bien ils les situaient dans un monde imaginaire (Les Voyages de Gulliver, de Jonathan Swift) ; ou bien encore, ils les situaient dans un futur imaginaire. Ce dernier procédé rhétorique fut par exemple utilisé, en 1771, par le Français Louis-Sébastien Mercier, dans son livre L'an deux mille quatre cent quarante. Rêve s'il en fût jamais. Dans ce tout premier roman d’anticipation dont le retentissement s’étendit à toute l’Europe, Mercier imaginait qu’il s’endormait pour se réveiller 669 ans après, en l’an 2440. Ce qu’il y découvrait avait de quoi mettre le vieux Louis XV en pétard : la monarchie était devenue constitutionnelle, Versailles était tombé en ruines, et l’impôt, désormais volontaire, ne dépassait pas les 2% des revenus. Détail ravageur puisqu’en 1771, le monarque français venait de sanctionner la Cour des Aides qui avait osé critiquer la levée de nouveaux impôts. Lesquels visaient (déjà !) à lutter contre le déficit budgétaire.

 En cette fin 2012, cette belle tradition pamphlétaire vient de s’orner d’un nouveau petit bijou signé Pierre Lévy. Dans L’Insurrection, l’auteur nous emmène non pas en 2440, mais plus modestement en 2022. C'est un roman d’anticipation politique, un peu à la manière de Mercier. Mais son contenu a de quoi provoquer, chez Jacques Delors, Nicolas Sarkozy ou François Chérèque, un trouble de l’humeur à côté duquel la colère de Louis XV devant le pamphlet de Mercier ferait figure de légère irritation.

 Au gré des pages de ce roman qui se lit d’une traite, s’égrènent impitoyablement toutes les idées reçues européistes, toutes les niaiseries médiatiques, toutes les imitations américanolâtres, et tout le catéchisme ultralibéral de notre époque. Le narrateur nous y décrit, dans un style d’une candeur désarmante, un univers de bisounours décervelés qui portent tous des prénoms américains (Dylan, Samantha, Cindy, Jordan, Steven…), et dont l’horizon conceptuel est strictement borné à la pensée de Bernard-Henri Lévy et de Laurence Parisot. Il y est question d’interventions militaires aux quatre coins du globe pour y protéger la liberté du commerce et la légitime rentabilité des entreprises.

 Dans ce monde où la France a été dépecée et fusionnée dans une « Communauté euro-atlantique des Valeurs » (CEAV), tout ou presque a été privatisé, y compris la justice, certaines municipalités et des États entiers. Mais l’inhumanité atroce et la violence des rapports sociaux qui en découlent sont systématiquement occultées par un discours lénifiant et des antiphrases orwelliennes.

 Sous la réserve qu’un taux de suicide minimum parmi les salariés de chaque entreprise permette de rassurer les actionnaires sur la recherche de la rentabilité optimale, on y chante donc la transparence, la gouvernance, la stabilité, la tolérance, la compétitivité, la biodiversité, la solidarité, la rentabilité et l'on en passe. Tous ces concepts doivent aussi être étiquetés : globaux, solidaires, harmonieux, citoyens, innovants, équitables, renouvelables, soutenables, responsables, durables, etc. Et le discours public consiste à marier toutes les combinaisons possibles entre ces substantifs et ces adjectifs politiquement corrects. On pourra ainsi, au choix, militer pour une « biodiversité équitable », une « tolérance solidaire », une « stabilité globale », une « gouvernance citoyenne », etc. En 2022, la pensée politique a ainsi disparu pour laisser la place à un jeu de « cadavres exquis » digne des surréalistes.

 Page après page, le lecteur est également joyeusement noyé sous les tartufferies de notre époque, tels le « recyclage citoyen », les « expérimentations innovantes », la nécessité « d’assouplir les retraites », de « moderniser le droit de grève » ou de « faire respirer les rapports entre salariés et employeurs ». Tous ces euphémismes ayant toujours le même objectif – celui des « réformes indispensables » – que nous ne connaissons que trop bien : encore et toujours, détruire tous les acquis sociaux.

 Dans la foulée, la plume de Pierre Lévy souligne implacablement les ridicules de la discrimination positive et du communautarisme, nous informe de l’invention du « crime contre la stabilité économique » justiciable d’un nouveau Tribunal de la Haye, nous explique pourquoi il a été décidé de substituer les sondages aux élections, et nous montre comment tous les opposants à cet univers sont disqualifiés par la simple apposition d’épithètes méprisantes (« intégristes de l’État de droit », « intégristes de la laïcité », « intégristes des acquis sociaux », « populistes », « archaïques », etc.). Comme le dit son narrateur dans un élan de « pédagogie », de toute façon, « il n'y a pas le choix ».

 Déjà implacable, la plume de l’auteur devient carrément cruelle pour dépeindre, par quelques formules exquisément assassines, la façon éhontée dont des responsables syndicaux trahissent ceux qui leur font confiance.

 Ces syndicalistes jaunes, qui approuvent en catimini toutes les mesures de régression sociale, ne se battent, pour la galerie, que sur des modalités d’application ridicules. Tel syndicat, par exemple, « exige » que les licenciements minutes soient notifiés au salarié par courriel et pas seulement par SMS… Une association féministe, quant à elle, « exige » que les licenciements touchent équitablement les hommes et les femmes. Et tout ce beau monde tombe d'accord pour que la grève « modernisée » se limite à une inscription sur le site Internet « jesuisengreve.com », étant entendu que le « gréviste » continue à travailler pour ne pas mettre en péril l’équilibre financier de l’entreprise.

 Devant un tel torrent d’idées percutantes et de dénonciations qui font mouche, on regrettera peut-être certains passages un peu trop appuyés, ou des clins d’œil parfois trop explicites. La nostalgie affichée pour l’Allemagne de l’Est ne convaincra sans doute pas tous les lecteurs. Et d’autres feront peut-être la moue devant quelques jeux de mots qui frisent la plaisanterie de potache.

 Mais j’avoue que je n’ai pas pu m’empêcher de rire souvent devant cet intarissable feu d’artifice de calembours, dont Pierre Lévy nous prouve une nouvelle fois qu’il en est un maître incontesté. Pour n’en citer qu’une poignée parmi des dizaines, le conseil d'un père à son rejeton né des amours éphémères d’un couple de traders : « tu seras un gnome, mon fils » ; l’agence de communication « Triple Buzz » ; le projet « d’érection des Maisons de la Tolérance » ; ou les limites de négociations atteintes lorsque la Commission de Bruxelles a « épuisé ses quotas de prêche ». Je laisse le lecteur faire la compilation de tous les autres, notamment de ceux que « la décence m’interdit de préciser davantage », comme disait le regretté Pierre Dac.

 Ce monde de 2022 est aussi peuplé d’organisations dont les acronymes, plus burlesques les uns que les autres, invitent à en rechercher le sens caché, toujours drolatique et souvent plein de sel : l’AISE, la FAUST, l’EPEG, les CCTV, la FEU, l’OCU, le FÉE, le MAM, le HCSIG, etc., avec une mention spéciale pour le Fonds EELV (Ethnic Equity / Loyal View) qui rachète la Corse et le Pays basque.

 Lorsque l’on referme cet ouvrage, qui se conclut de façon très enlevée par deux coups de théâtre successifs, on se dit que l’on n’a pas perdu son temps. Non seulement on a pu rire de bon cœur devant ce spectaculaire « chamboule-tout », mais l'on sent aussi que derrière cette jubilation se cache une immense colère contenue. L’arme de la dérision se révèle spécialement efficace pour démasquer cet affreux mélange de tyrannie et de bonne conscience, qui est d'ores et déjà le monde enchanté de l’Union européenne.

 Armé de cet excellent pamphlet, il nous appartient de tous nous mobiliser pour hâter la nécrose de cet univers qu'il nous laisse entrevoir. Une nécrose qui a déjà largement commencé.

FRANCOIS ASSELINEAU

 

Publié par Frédéric Maurin à 08:58am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #Union européenne

12 Décembre 2012

Sous Hollande, la répression anti syndicale continue

...même dans une entreprise publique.

Comment ça j'enfonce une porte ouverte ? Bien sûr, cela n'étonnera pas des observateurs avisés (comme ceux-là: Parti Communiste Français Section de Saint-Martin d'Hères ...parmi d'autres) mais, au delà, qui s'en inquiète?

Ce type d'affaire montre que le changement, en matière de dialogue social, c'est pas pour maintenant. 

Et c'est bien dommage...

Une amnistie, proposée par le Front de Gauche si ma mémoire est juste, aurait marqué une rupture (tranquillisante) autrement moins couteuse qu'un, au hasard,  Choc de compétitivité

Cela aurait eu également le mérite de désencombrer les tribunaux qu'ont souhaiterait plutôt voir emplis d'exilés fiscaux. 

Voila, en attendant des jours meilleurs - avec ou sans le contribuable Depardieu- je vous laisse juge de ce qui se juge en ce 12 décembre 2012 :

Relaxe pour les 15 postiers des Hauts-de-Seine (Fapt CGT ...

Pétition ici :

Non à la répression contre les postiers des Hauts de Seine

15 postiers du 92 sont poursuivis en justice par des cadres de la Direction de la Poste des Hauts-de-Seine. Ces postiers sont tous des représentants locaux ou départementaux de SUD et de la CGT. Ils risquent 5 ans de prison et 75000€ d’amende. Et en matière de répression, la Poste n’en est pas à son premier coup d’essai…

 

Retour sur un véritable coup monté :

Cette affaire remonte au conflit mené par les facteurs et factrices des Hauts-de-Seine contre la mise en place de facteur d'avenir, organisation du travail destructrice d'emplois et désastreuse pour les conditions de travail, en mai 2010. Le 10 mai, pour contraindre la direction à négocier, les grévistes entrent dans la direction.

Après les avoir bloqués plusieurs heures dans les escaliers, la direction accepte enfin d'ouvrir des négociations à compter du lendemain. Dans le calme, les grévistes quittent donc les locaux vers 20 heures.

Quinze d'entre eux, militants de SUD et de la CGT, apprendront plusieurs jours plus tard qu'ils sont accusés de séquestration. Pourtant, le directeur, interrogé par la presse le 10 mai au soir, n'a à aucun moment évoqué ce prétendu acte... Il aura donc fallu plusieurs jours à nos directeurs pour se rendre compte de leur séquestration... !

 

Une condamnation intolérable :

Pour des faits de séquestration, les peines peuvent aller jusqu’à 5 ans de prison et 75 000 euros d’amende. Le tribunal de Nanterre avait relaxé 4 personnes et en a condamné 11 autres à 1500 euros d’amende avec sursis et 500 euros de dommages et intérêts. Le verdict est totalement inacceptable car aucun élément de preuve n’a établi cette soi-disant séquestration.

De fait, l’action syndicale se retrouvait criminalisée avec ce verdict. Les 11 condamnés ont donc fait appel. De son côté, le parquet a fait appel trouvant les peines trop légères, de même que la majorité des plaignants.

 

Toutes et tous concernés :

Malgré le Grand Dialogue, la direction relance les réorganisations au même rythme qu’auparavant. A certains endroits, ils veulent même rattraper "le retard". La direction persiste à vouloir augmenter les bénéfices malgré une stabilité voire une diminution du chiffre d’affaires. Dans un tel contexte, malgré ce qu’en dit la direction, il y a peu de place pour la négociation et l’heure est toujours aux coupes sombres dans les effectifs et aux réorganisations permanentes. Les faits de répression ou d’entrave à l’activité syndicale sont nombreux. La direction voudrait faire des militant-es syndicaux des coconstructeurs des réorganisations. Toutes celles et tous ceux qui ne sont pas dans cette optique et veulent défendre les personnels sont des gêneuses et des gêneurs : les sanctions, les entraves pleuvent... Quand ce n'est pas l'action syndicale qui est criminalisée, comme dans le cas des 15 postier-es des Hauts-de-Seine.

 

SUD demande la relaxe pure et simple de nos 15 camarades et est contre la criminalisation de l'activité syndicale ainsi les sanctions disciplinaires pour activité syndicale !

 

Un rassemblement de soutien est organisé le mercredi 12 décembre à 13h devant la cour d’appel de Versailles, 5 place André Mignot 78 000 Versailles !!! 

Le 12 décembre, c'est aussi cela :


 

Charlie Hebdo

 

Publié par Frédéric Maurin à 17:25pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

9 Décembre 2012

Tous en grève le 13 décembre 2012

Ouf, cela faisait longtemps...je finissais par regretter Sarkozy.

Face à l'austérité de gauche et au  Choc de compétitivité   pris récemment en pleine figure, La cgt appelle à l'action ce jeudi 13 décembre.

Grâce lui soit rendue...

Des négociations interprofessionnelles sont en cours entre les organisations syndicales de salariés et les représentants des employeurs sur la « sécurisation de l’emploi » et les « retraites complémentaires ARRCO - AGIRC ». L’objectif du patronat pour ces négociations : une régression sociale historique après le cadeau fiscal de 20 milliards que lui a accordé le gouvernement sans aucune contrepartie. La CGT appelle les salariés à se mobiliser nombreux le 13 décembre pour dire au MEDEF et aux employeurs : « la précarité, la flexibilité, chômage, les bas salaires : ça suffit !!! ».

Le Medef utilise la crise pour imposer une véritable régression sociale en faisant un chantage permanent : les entreprises seraient au bord du gouffre, en grande difficulté, au point qu’il faudrait accepter une remise en cause des droits sociaux, plus de flexibilité pour les salariés, plus de facilité pour licencier pour les employeurs et tout cela au nom de la compétitivité…
Ce serait la fin du contrat de travail qui fixe les conditions d’emploi, de travail et de rémunération.
Le CDI serait encore trop rigide : le Medef veut généraliser les contrats de mission ou les contrats intermittents.
Les procédures de licenciement seraient trop contraignantes, il veut limiter les recours en justice et les montants des indemnités, réduire les délais de procédure.
Bref, tout pour contourner le licenciement économique et ses obligations vis-à-vis du salarié.

D’après le Medef, les entreprises ne pourraient plus financer les régimes de retraites complémentaires ; la seule solution serait une baisse drastique des prestations pour 18 millions de salariés et 11 millions de retraités. La perte du pouvoir d’achat pourrait s’élever à 6 % !

Les efforts sont décidément toujours demandés aux mêmes !

La CGT a décidé d’alerter les salariés, les retraités, les privés d’emplois et les appelle à intervenir ensemble en direction des employeurs et du Medef le jeudi 13 décembre 2012 pour faire entendre leurs revendications dans les négociations.

Nous contestons les 20 milliards d’euros supplémentaires « d’allègement du coût du travail » que vient d’obtenir le patronat. Ils s’ajoutent aux 172 milliards d’euros d’aides publiques dont bénéficient déjà les entreprises.
Les derniers chiffres du chômage, avec 5,2 millions demandeurs d’emploi toutes catégories confondus, démontrent l’inefficacité de ces logiques.

Le gouvernement, suite à l’interpellation de la CGT, s’est engagé à évaluer l’efficacité des aides publiques. Il faut maintenant obtenir les modalités. La CGT demande que les aides publiques servent à l’emploi, aux qualifications, à la recherche.

La cgt

Publié par Frédéric Maurin à 19:17pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

6 Décembre 2012

Le pôle public financier, c'est maintenant

Nos organisations ont ressenti la nécessité de s’exprimer, d’une voie commune, par le biais d’une Lettre ouverte le jour même où va s’ouvrir, dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, le débat sur le projet de loi relatif à la création de la banque publique d’investissement (BPI).

L’ampleur des besoins économiques, sociaux et environnementaux auxquels est confronté notre pays justifie amplement une telle démarche.

Votre projet de loi répond au premier des soixante engagements pris par le Président de la République durant la campagne présidentielle. Le gouvernement considère qu’il s’agit d’un élément majeur pour la reconquête de notre compétitivité ; à ce titre la BPI est d’ailleurs présentée comme l’un des bras armés du pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi tel que défini par le Premier ministre le 6 novembre dernier.

Mais en quoi la BPI répondra t-elle aux impératifs d’emploi, notamment industriel, de transition écologique et énergétique et d’aménagement du territoire ? Quelles seront ses ressources au regard des besoins ? Sur quelle expertise s’appuiera t-elle ? De quelle manière associera t-elle les forces vives du pays ? Voilà les questions que nous souhaitons soulever, voilà le débat que nous souhaitons voir s’engager.

Paris, le 28 novembre

Monsieur le ministre,

Qu’en est-il de la contribution du projet de BPI à la nécessaire reconquête de l’emploi ?

Le mot ’emploi’ ne figurait pas dans le projet de loi que vous avez transmis au Parlement. Pas même dans l’exposé des motifs ...

C’est avec raison que M. Guillaume Bachelay, député socialiste et rapporteur pour avis sur le projet de loi, a déclaré à l’Assemblée : Les difficultés de financement auxquelles les entreprises doivent faire face sont des facteurs aggravants de la désindustrialisation je rappelle que nous avons perdu 700 000 emplois industriels et 1 000 usines au cours de ces dernières années’.

Le terme emploi a finalement été intégré, dans larticle premier du projet de loi, après débat en Commission des finances de lAssemblée nationale. Nous souhaitons désormais que ce soit le gouvernement qui manifeste clairement sa volonté en la matière.

Nous demandons l’application du donnant-donnant’ tel que souhai par le Premier ministre Jean-Marc Ayrault dans sa déclaration de politique générale à l’Assemblée  : La duction du chômage et le développement de lemploi, et donc le développement de nos entreprises, doivent être une préoccupation partagée et je souhaite que la culture de l’accord, celle qui implique des contreparties, du donnant-donnant, s’impose peu à peu dans le dialogue et la démocratie sociale’.

En cohérence avec la volonté exprimée par le Premier ministre et au nom de la ’démocratie sociale, nous demandons lintroduction de critères sociaux pour les entreprises qui bénéficieront du soutien de cette banque ’publique’ (notamment en matière de volume d’emploi, de nature des contrats de travail, des modalités de formation, de conditions de rémunération et de dialogue social au sein des entreprises bénéficiaires). Ces crires seront naturellement adaptés à la taille des entreprises qui ne sauraient pour autant en être totalement exonérées en invoquant ce motif.

L’absence de critères sociaux et environnementaux risque de conduire à ce que les interventions de la BPI obéissent à la seule logique de rentabilité, comme c’est actuellement le cas avec le système bancaire ou le Fonds stratégique d’investissement.

Qu’en est-il de la contribution du projet de BPI à la nécessaire transition écologique et énergétique ?

Là encore la Commission des finances de l’Assemblée a fait son travail en introduisant, dans l’article premier du projet de loi, la notion de transition écologique et énergétique’ qui n’y figurait pas.

Vous avez indiqué lors de votre audition devant la Commission des finances de l’Assemblée nationale : je suis tout dispo à assurer une meilleure intégration des enjeux environnementaux dans la doctrine dinvestissement de cette banque.’ Nous regrettons vivement que cette question n’ait pas é réellement appréhendée durant la période de pparation du projet de loi qui a du plusieurs mois.

Après la mission de préfiguration confiée à l’Inspection des finances, vous avez associé à la préparation du projet de loi uniquement les directions des établissements concernés (à l’exception notable de l’AFD investie, par la puissance publique, d’un mandat de solidarité nationale auprès de nos 2 500 000 concitoyens d’outre-mer), l’Association des Régions de France et la Banque Lazard en tant que banque conseil. Nous nous permettons de vous rappeler que c’est cette même banque qui avait été retenue comme banque conseil lors de la création de NATIXIS dont le désastre financier est évalué à 25 milliards d’euros.

Compte tenu de votre déclaration devant la représentation nationale et sur la base de l’engagement solennel du Président de la République en faveur de la transition écologique et énergétique, nous vous demandons d’examiner la possibilité de convier, avant la fin du débat à l’Assemblée nationale, les ONG écologistes afin qu’elles vous exposent leurs attentes en matière de financement de la transition écologique et énergétique. Cette consultation participerait, selon nous, au nécessaire approfondissement et élargissement de la ’démocratie sociale’ dans notre pays.

De plus elle serait cohérente politiquement avec les engagements pris, le 15 septembre dernier, par le Premier ministre lors de son discours de clôture de la Conférence environnementale en faveur de la transition énergétique et du soutien à la filière des énergies renouvelables, du soutien à des modes de transport plus économes et de la préservation de la biodiversité ...

Qu’en est-il de la contribution de la BPI à la réduction des inégalités territoriales ?

Ce sont des points que vous n’avez pas abordés lors de votre audition devant la Commission des finances de l’Assemblée nationale. Compte tenu de leurs caractéristiques économiques et sociales, ces territoires demandent pourtant une action renforcée de la BPI et le Président de la République s’est d’ailleurs engagé solennellement en faveur de déclinaisons spécifiques de la BPI dans les banlieues défavorisées et en outre-mer. Nous souhaitons que lors du débat, que vous avez voulu très court en recourant à la procédure accélérée, vous indiquiez à la représentation nationale de quelle manière vous entendez voir se concrétiser l’engagement du Président de la République et avec quels moyens financiers.

Nous demandons tout particulièrement que soit précisée de quelle manière l’Agence française de développement sera associée à la BPI en outre-mer. En effet, non seulement vous n’avez pas associé la direction de cet établissement à la préparation du projet de loi avant son passage en conseil des ministres mais vous n’avez pas non plus donné suite à la demande d’entrevue présentée par le Collectif Pour un Pôle public financier au service des Droits’ ce qui aurait permis aux représentant(e)s ultramarin(e)s des syndicats de lAFD et de l’IEDOM de s’exprimer auprès de votre cabinet.

Les banlieues défavorisées et l’outre-mer ne sont malheureusement pas les seuls territoires déshérités dans notre pays. Les bassins d’emplois sinistrés et le monde rural (11 millions d’habitants) doivent, eux aussi, bénéficier d’une action spécifique de la BPI. Nous sommes en pleine convergence avec les attentes exprimées dans son Manifeste par Le Groupe monde rural (Groupe qui compte 16 organisations dont l’Association des maires de France, l’Assemblée des départements de France, l’Association des maires ruraux de France, l’Assemblée des Conseils Économiques, Sociaux et Environnementaux Régionaux).

La BPI doit permettre de réduire la fracture territoriale qui divise profondément notre pays et favorise les extrémismes. C’est pourquoi nous estimons nécessaire que soient cités dans l’article premier qui définit la vocation de la BPI non seulement les zones urbaines défavories, comme l’a souhai la Commission des finances de lAssemblée, mais également l’outre-mer, conformément à l’engagement du Président de la République, ainsi que le monde rural et les bassins d’emplois industriels en reconversion.

Qu’en est-il des ressources de la BPI ?

Nous considérons qu’au regard des besoins économiques, sociaux et environnementaux de la France, la dotation prévue est largement insuffisante. Il est prévu qu’elle dispose, sur 5 ans, de 42 milliards d’euros d’actifs des différentes entités qui doivent la composer. Mais l’essentiel de ces apports étant déjà investis, seuls 3 ou 4 milliards d’euros seront réellement disponibles. Et même en ajoutant le surplus qui résultera du doublement du plafond du Livret de développement durable, la BPI ne sera pas en mesure d’apporter la contribution au ’redressement productif’, à l’emploi, à la transition énergétique et écologique et à la cohésion territoriale que l’on est en droit d’en attendre.

A l’occasion de votre audition devant la Commission des finances, vous avez été interpellé sur le possible refinancement de la BPI auprès de la BCE et vous avez répondu : ’vous ne serez pas surpris que je ne puisse donner suite à votre suggestion portant sur la création monétaire  : elle échappe à ma compétence, indépendamment du fait quelle ne recoupe pas forcément mes convictions. Nous pensons, comme l’ont fort bien soulig Michel Rocard et Pierre Larrouturou, que la BCE a le droit de prêter aux organismes publics de crédit et aux organisations internationales selon ses articles 21.3 et 23.

Elle peut donc fournir des liquidités à la Caisse des Dépôts. Dès lors, la représentation nationale est en droit d’être éclairée sur ce point capital. Pourquoi la BPI ne pourrait-elle pas être financée à bon marché auprès de la BCE au même titre que les banques commerciales avec lesquelles vous l’appelez à travailler ? Au nom de quelle logique le gouvernement français refuserait-il de se saisir d’une telle opportunité au regard de la situation gravissime du pays ? Dès lors que les projets soutenus par la BPI répondraient aux critères sociaux, environnementaux et écologiques dont nous demandons la prise en compte dans ses interventions, aucun risque inflationniste ne saurait résulter de leur mise en œuvre : aucune considération de politique monétaire n’aurait donc lieu de faire obstacle au refinancement de ces crédits par la BCE.

De plus, un lien puissant de coopération pourrait également être mis en place avec la Banque européenne d’investissement.

D’autre part, vous le savez, 35% de l’épargne réglementée n’est plus centralisée à la Caisse des dépôts. Cela représente 115 milliards d’euros (environ 3 fois les apports prévus pour la BPI). Ces 35% ont été octroyés aux banques par le précédent gouvernement sans aucune injonction de la Commission européenne qui a exigé la banalisation du Livret A au nom du principe de la concurrence libre et non faussée.

A quoi servent ces 115 milliards d’euros ? Voici la réponse donnée par M. Henri Emmanuelli, député et président de la Commission de surveillance de la Caisse des dépôts et consignations devant la Commission des Finances de l’Assemblée le 14 novembre dernier : ’Lorsque la distribution du livret A a été étendue à toutes les banques, celles-ci se sont engagées à financer les PME et à fournir un rapport sur lutilisation des fonds collectés. Malgré des demandes pétées du président et du rapporteur général de la commission des Finances, nous navons jamais reçu ce document que nous attendons depuis près de deux ans. La semaine dernière encore, jécrivais à ce propos à M. le gouverneur de la Banque de France ».

Ces faits sont particulièrement graves : des sommes colossales, issues de l’épargne populaire, échappent à tout contrôle démocratique. Le Gouverneur de la Banque de France préside l’Observatoire de l’épargne réglementée qui est en charge d’établir des éléments statistiques sur l’usage de ces fonds et de les transmettre à la représentation nationale. Non seulement ce n’est pas le cas mais le Gouverneur épouse systématiquement les positions du patronat bancaire sur l’épargne réglementée en dépit de ses obligations de neutralité et d’impartialité. Il s’est ainsi opposé publiquement au doublement du plafond du Livret A pourtant promis par le Président de la République.

Nous demandons que le retour à la centralisation totale auprès de la Caisse des dépôts soit étudiée et, a minima, que l’Observatoire de l’épargne réglementée soit placé, dans les meilleurs délais, sous le contrôle du Parlement par l’intermédiaire d’une commission bâtie sur le modèle de la commission de surveillance de la Caisse des dépôts.

Nous demandons également la mise en place d’un nouveau Livret au service de l’emploi industriel pour orienter l’épargne vers le financement de nouvelles filières industrielles, notamment dans le cadre de la transition écologique et énergétique.

Enfin, la réforme de l’épargne que vous préparez doit permettre de poser les fondements d’un fléchage d’une partie de l’assurance-vie vers des finalités d’intérêt général ce qui est très loin d’être le cas actuellement. Le rapport publié, début 2012, par la Cour des comptes sur l’assurance-vie est édifiant. Non seulement le coût réel du dispositif d’assurance-vie (notamment fiscal) pour les finances publiques s’est révélé non mesurable, le ministère des finances ayant failli à produire les études adéquates, mais les assureurs n’investissent que marginalement dans les entreprises françaises ou dans la dette de la France. Didier Migaud, le président de la Cour, dénonce dans sa présentation du rapport « un certain échec de cette politique. Les entreprises françaises nen bénéficient pas ou peu  ».

Les encours de l’assurance-vie représentent 1 400 milliards d’euros. En période de forte disette budgétaire, alors que des abattements fiscaux considérables sont consentis, pour le plus grand profit des banques et des assurances, la collectivité nationale est en droit d’attendre que le gouvernement prenne des mesures pour qu’une partie de ces fonds soient orientés au service de l’emploi.

Qu’en est-il de la capacité d’expertise de la BPI ?

Nous demandons, comme le prévoyait le projet socialiste 2012 dans sa présentation de la banque publique d’investissement, que la BPI s’appuie sur l’expertise des services d’accompagnement des entreprises de la Banque de France (et de l’IEDOM en outre-mer). Nous sommes demandeurs d’un partenariat entre la BPI et la Banque de France.

Cette demande s’appuie notamment sur les résultats déjà obtenus dans le cadre de la médiation du crédit réalisée par les succursales de la Banque de France (259 000 emplois sauvegardés ou confortés entre octobre 2008 et fin novembre 2011, ce qui correspond approximativement à 1% du PIB), cotation de 270 000 bilans (la cotation Banque de France, si elle était adaptée, pourrait être aisément utilisée pour le suivi de la mise en œuvre des critères sociaux et environnementaux que nous demandons), missions exclusives d’expertise, déjà largement cofinancées par les régions, au service des PME (mission GEODE) et des collectivités territoriales (mission ACSEL).

Il nous semble évident que la BPI qui doit être « la Banque du tissu économique des territoires » s’appuie tout naturellement sur l’expertise de la Banque de France, sur sa connaissance approfondie de la situation des entreprises de toutes tailles et de leur financement, et sur sa capacité à fournir des études et des analyses conjoncturelles et structurelles des économies locales. La BPI doit adosser son action à la fois sur l’implantation de notre banque centrale nationale au plus près des territoires, ses informations, sa capacité d’analyse et sa très bonne connaissance de l’économie et du système bancaire.

Qu’en est-il de la gouvernance et du devenir des personnels concernés par le projet de BPI ?

La gouvernance de la BPI doit permettre d’en faire un outil populaire, apte à attirer l’épargne de nos concitoyens autour d’un projet porteur de progrès économique, social et environnemental. Pour cela il faudrait que soient associés aux choix stratégiques de la BPI aussi bien les représentants des salariés que les forces vives de la Nation, notamment les associations de réinsertion et de lutte contre l’exclusion, les ONG écologistes et les représentants des territoires prioritaires...

À ce titre, il nous semble que le Conseil économique social et environnemental devrait être représenté au conseil national d’orientation de la BPI, comme les CESER le sont au niveau régional.

Sachez que les conditions de la mise en œuvre de la BPI sont source d’inquiétudes pour les salariés des établissements concernés par sa création, qu’ils s’agissent de ceux d’Oséo, d’UBIFRANCE, de la Coface, structure spécialisée dans l’assurance-crédit à l’exportation ou de ceux du groupe Caisse des dépôts (FSI, CDC entreprise, FSI régions…) dont l’équilibre des ressources et des missions de développement économique pourrait être fragilisé.

Nous demandons que la question des garanties statutaires soit abordée dans les meilleurs délais car le projet manque singulièrement de clarté et de transparence en la matière. Une concertation large, associant également les représentant(e)s des personnels de l’AFD, doit s’ouvrir sans tarder. Les personnels visés ne sauraient adhérer pleinement à votre projet de BPI s’ils n’obtiennent pas la garantie que leurs statuts respectifs seront totalement respectés.

Au final et dans ces conditions la BPI pourrait devenir la première pierre du Pôle public financier que nous appelons de nos vœux. Un Pôle public financier au service du financement de l’emploi et de l’économie, de la transition écologique et énergétique, de la cohésion territoriale mais également plus largement du logement, des services publics notamment des Hôpitaux publics, des collectivités territoriales ...

Croyez, Monsieur le ministre, à l’expression de notre haute considération.

Le Collectif « Pour un Pôle public financier au service des Droits ! »
ATTAC
Les Économistes Atterrés La Fondation Copernic


CGTG IEDOM/AFD GUADELOUPE, SNB/CFE-CGC IEDOM/AFD GUADELOUPE, CGTR IEDOM/AFD REUNION, SNB IEDOM/AFD MARTINIQUE, CGT MA IEDOM MAYOTTE, SNUCLIAS-FSU, CREDIT FONCIER : CFTC, CFE/CGC, CGT, SU/SNA, et CFDT (sous délégation SPUCE), CAISSES D’EPARGNE (COLLECTIF

NATIONAL CGT CAISSES D’EPARGNE, SNP FO), SNUP- CAISSE DES DEPOTS ET CONSIGNATIONS – FSU, CGT GROUPE CAISSE DES DEPOTS ET CONSIGNATIONS, CGT BANQUE DE FRANCE, CGT AGENCE FRANCAISE DE DEVELOPPEMENT, SPUCE CFDT (PARIS- ILE DE FRANCE : BANQUE DE FRANCE, CAISSES D’EPARGNE, CREDIT FONCIER, AGENCE FRANCAISE DE DEVELOPPEMENT), INDECOSA CGT, UNION SYNDICALE SOLIDAIRES, FEDERATION CGT FINANCES, FEDERATION CGT BANQUE ET ASSURANCE, FEDERATION SUD PTT, UNION FEDERALE DES RETRAITES CGT DE LA BANQUE ET DE L’ASSURANCE -

AFVS (Association des familles victimes du saturnisme), AITEC (Association internationale des techniciens et chercheurs), MARCHES EUROPEENNES, DAL (Droit au Logement), CONVERGENCES POUR LES SERVICES PUBLICS, COORDINATION NATIONALE DE DEFENSE DES HOPITAUX ET DES MATERNITES DE PROXIMITE, RESISTANCE SOCIALE

http://pourunpolepublicfinancier.org/

ATTAC

Un autre monde est possible

http://www.france.attac.org/

Les Économistes atterrés

Nous pensons que d’autres politiques économiques sont possibles. Entrez dans le débat citoyen avec nous.

http://www.atterres.org/

La Fondation Copernic

Pour remettre à l’endroit ce que le libéralisme fait fonctionner à l’envers

http://www.fondation-copernic.org/

Publié par Frédéric Maurin à 23:35pm - Voir le commentaire ()
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