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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

31 Janvier 2013

Mariage pour tous : un peu de théologie

Rien de tel qu'une journée de grève pour changer un peu d'horizon.

La politique monétaire, ce sera pour plus tard.

Après avoir vu déferler sur Paris les droites de droite, les catholiques de droite, les musulmans de droite, les juifs de droite, aidés par l’école confessionnelle privée subventionnée par l’Etat,

A l'heure où l'aile parlementaire de l'Union pour une Minorité de Priviliégiés s'apprête à déposer 4000 amendements au projet de loi sur le mariage pour tous,

...un petit détour par les Evangiles s'impose

car "nous n’avons garde d’amalgamer l’ensemble des croyants à ces hiérarques qui, manifestement, n’ont jamais médité à fond, contrairement à tant de prêtres ouvriers et de croyants engagés dans les luttes sociales, le précepte « aimez-vous les uns les autres », « aime et fais ce que veux » (Augustin) ou « tous les hommes sont frères » - que Marx et Engels ont songé un moment à adjoindre à la devise finale de leur Manifeste communiste : « prolétaires de tous les pays unissez-vous » !"  Non au mariage homosexuel

avec l'aide de Michel Serres et [Altermonde-sans-frontières]

     LA SAINTE FAMILLE                                                                                                             

Cette question du mariage gay m’intéresse en raison de la réponse qu’y apporte la hiérarchie ecclésiale. Depuis le Ier siècle après J.C., le modèle familial c’est celui de l’Église, c’est la Sainte Famille.

 Mais, examinons la Sainte Famille, le père n’est pas le père : Joseph n’est pas le père de Jésus, le fils n’est pas le fils : Jésus est le fils de Dieu, pas de Joseph.

Joseph, lui, n’a jamais fait l’amour avec sa femme. Quant à la mère, elle est bien la mère mais elle est vierge.

La Sainte Famille c’est ce que Levi-Strauss appellerait la structure élémentaire de la parenté. Une structure qui rompt complètement avec la généalogie antique, basée jusque là sur la filiation : la filiation naturelle, la reconnaissance de paternité et l’adoption.

Dans la Sainte famille, on fait l’impasse tout à la fois sur la filiation naturelle et sur la reconnaissance pour ne garder que l’adoption.

L’Église, donc, depuis l’Évangile de Saint Luc, pose comme modèle de la famille une structure élémentaire fondée sur l’adoption : il ne s’agit plus d’enfanter mais de se choisir.

À tel point que nous ne sommes parents, vous ne serez jamais parents, père et mère, que si vous dites à votre enfant « je t’ai choisi », « je t’adopte car je t’aime », « c’est toi que j’ai voulu ».

Et réciproquement, l’enfant choisit aussi ses parents parce qu’il les aime.


De cette sorte que pour moi, la position de l’Église sur ce sujet du mariage homosexuel est parfaitement mystérieuse : ce problème est réglé depuis près de 2 000 ans.

Permalien de l'image intégrée


Je conseille à toute la hiérarchie catholique de relire l’Évangile selon saint Luc, ou de se convertir.


Michel Serres, né le 1er septembre 1930 à Agen (Lot et Garonne) est un philosophe, historien des sciences et homme de lettres français.

oulala.info

NDLR : ajoutez à cela le fait que, vraisemblement, le Fils de Dieu a trouvé l'amour chez une prostituée et...bouclez-là une fois pour toutes !

Publié par Frédéric Maurin à 21:03pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

29 Janvier 2013

L'original ou la copie ?

Pour une fois, je ne vais pas revenir sur l'UM'PEN, c'est largement vu précedemment. Si vous insistez, je rappelle tout de même qques liens, peut-être pas les meilleurs...

  1. A quoi sert la vague Bleue Marine? - RUPTURE TRANQUILLE

    rupturetranquille.over-blog.com/article-a-quoi-sert-le-front-national-...
    Il y a 3 jours – Bloc-note de rupture avec ... On se souvient de l'entrée de deux parlementaires Front National ... Vers une conjonction Front National - UMP ...
  2. Vers une conjonction Front National - UMP - RUPTURE TRANQUILLE

    rupturetranquille.over-blog.com/article-vers-une-conjonction-front-n...
    28 mars 2011 – C'est possible...après 2012.C'est l'hypothèse de Jean-Pierre Chevènement, dans la conclusion decette tribune :Contre Marine Le Pen, ...
  3. A quoi sert le Front National ? - RUPTURE TRANQUILLE

    rupturetranquille.over-blog.com/article-a-quoi-sert-le-front-national-...
    18 févr. 2012 – En votant FN on conforte les candidats officiels du capital (UMP et PS) et les Le Pen le savent qui jouent ce rôle d'opposants alors qu'ils sont ...

    Vive le Front National ! - RUPTURE TRANQUILLE

    rupturetranquille.over-blog.com/article-vive-le-front-national-64039...
    31 déc. 2010 – Vive le FN ? ... je pensais au Front National créé en 1942, et non pas à .... vit le couple Chirac- Jospin voter la privatisation rampante d' EDF ...

    Votez Le Pen... - RUPTURE TRANQUILLE

    rupturetranquille.over-blog.com/article-votez-le-pen-103727401.html
    20 avr. 2012 – Voter Le Pen est évidemment exclu, mais j'aurai du mal également à ... Le phénomène électoral Front National s'inscrit dans une période de ...

Elargissons un peu nos horizons, après les arts de la coiffure Dévaluer François Lenglet et accepter Jacques Sapir

je partage quelques chansons qui me trottent dans la tête pour illustrer la délicate question de l'original ou la copie,

Alors, l'original :

 

 

et - ou la copie :

 

 

On préfère souvent l'original :

 

Mais certaines copies ont droit de cité, non ?

 

Pas seulement de la dextérité - la génération SMS n'explique pas tout -  de l'oreille, du talent :

 

 

Affaire à suivre sur Juliette Valduriez

Dans ce registre, on s'interessera aussi (de près) aux contrefaçons asiatiques:

 

Si Arnaud Montebourg savait !

Publié par Frédéric Maurin à 09:48am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

29 Janvier 2013

Avant, Après, Avec la grève : la manifestation

J'ai retrouvé mon Triple A ! 

AAA : Moody's, Standard and Porc : on s'en Fitch ?


POUR L'EMPLOI, RASSEMBLEMENT LE 29 JANVIER À PARIS

Par le Mouvement politique d'émancipation populaire (M'PEP).

Le 28 janvier 2013.

Rassemblement à 14h devant l'Assemblée nationale pour aller ensuite en cortège jusqu'au ministère du Travail.

Mardi 29 janvier.


Avec les salariés en lutte et leurs organisations syndicales de : Bigard, Coca-Cola, Crédit agricole, Faurecia, FNAC, Ford, Fralib, Goodyear, Merck, Pilpa, PSA, Samsonite, Sanofi, Serrono, Sodimedical, Sony, Valeo, ZF…

Le M'PEP sera présent pour porter ses propositions :

 



Vous appréciez notre information régulière, vous êtes souvent d'accord avec nos analyses et nos propositions suscitent votre intérêt.

Alors adhérez au MPEP !


Pour imprimer le bulletin d’adhésion, cliquez ci-dessous :
http://www.m-pep.org/IMG/pdf/bulletin_adhe_sion_2013.pdf

Personnellement, j'ai répondu à cette question il y a déjà 9 mois : Pourquoi le M'PEP ?

Publié par Frédéric Maurin à 09:23am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

29 Janvier 2013

Coper nique l'accord MEDEF - CFDT

"Copernic décrypte l'accord national interprofessionnel dit de sécurisation de l'emploi" eût été plus approprié mais, tu comprends coco, j'ai des contraintes d'audience.

De plus, Accord MEDEF-CFDT : la Grève indispensable  la situation va se tendre, alors...

Fondation Copernic : "Plus de flexibilité pour le patronat et plus de sécurité... pour le patronat"

Mots clés :  fondation copernic, pierre khalfa, les documents de l'Humanité,

 + Ma Remarque clé : l'Humanité, reproduite ci-dessous, peut-être soutenue par l'abonnement, la souscription, l'achât au numéro...

Documents à télécharger : Le décryptage de la Fondation Copernic sur l’accord emploi, dit MEDEF-CFDT. -

 

Document. La Fondation Copernic publie une note qui propose un décryptage de l’accord national interprofessionnel dit de « sécurisation de l’emploi ». Intitulée « Plus de flexibilité pour le patronat et plus de sécurité... pour le patronat », le texte démontre qu’il s’agit d’une nouvelle mise en insécurité sociale des salariés.

Les employeurs seraient les grands bénéficiaires des mesures de flexibilisation du travail, de la réforme du droit du licenciements et de l’inversion de la hiérarchie des normes qui place l’accord d’entreprise au de la loi. En conclusion, la Fondation Copernic appelle les citoyens et salariés à se mobiliser contre cet accord « donnant-perdant » pour empêcher qu’il soit retranscrit tel quel dans la loi.

  • Dans l'Humanité ce mardi, retrouvez un entretien de Pierre Khalfa, un des auteurs du rapport.
Documents à télécharger: 
Le décryptage de la Fondation Copernic sur l’accord emploi, dit MEDEF-CFDT.
Le décryptage de la Fondation Copernic sur l’accord emploi, dit MEDEF-CFDT.

Sécurisation de l’emploi : un document de la CGT sur les dangers de l'accord

Au terme de trois mois de négociations, trois organisations syndicales (CFDT, CFTC et CGC) et le patronat ont abouti à un accord sur la "sécurisation de l'emploi" alors que la CGT et FO ont refusé de le signer. À cette occasion, la CGT a édité un journal de 4 pages pour informer sur le danger du contenu de cet accord, mettre en débat des propositions et des réelles avancées et appeler à l’intervention des salariés. L'Humanité.fr vous propose ce document à télécharger et à faire circuler.

  • Lire aussi :

Un modèle au service de la sécurisation du licenciement
L’accord sur l’emploi : le ridicule en plus du déshonneur ?

Les parlementaires Front de gauche diront non à l'accord

Documents à télécharger: 
Le journal de quatre pages sur les dangers de l'accord
Le journal CGT de quatre pages sur les dangers de l'accord


Publié par Frédéric Maurin à 08:33am - Voir le commentaire ()
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28 Janvier 2013

Le Front de Gauche en campagne

en campagne contre l'austérité, et entre autres son  Choc de compétitivité pris en pleine gueule.

Eh oui, contraîrement à un autre Front, A quoi sert la vague Bleue Marine? le Front de Gauche ne s'anime pas qu'une fois tous les 5 ans.

Retrouvez et faites partager les interventions des salariés d'ArcelorMittal, de Sanofi ou de Virgin ainsi que celles de Clémentine Autain, Christian Picquet, Myriam Martin, Jean-Luc Mélenchon et Pierre Laurent qui ont lancé la campagne nationale « L'alternative à l'austérité c'est possible », lors du Lancement de la "campagne contre l'austérité ... - L'Humanité

 

Donc cela bosse, à Metz comme ailleurs, même chez nos voisins. Eté comme hiver. Ainsi, après La gauche en estivales citoyennes à Saint Martin d'Hères même si c'est plus confidentiel...

les militantes et militants du Front de Gauche de Saint Martin d'Hères-Gières-Poisat-Venon

               vous invitent aux Vœux du Front de Gauche


Lundi 28 janvier 2013
18h30
Salle Robert Barran, Avenue de la Galochère.
Saint Martin d'Hères

en présence de José Arias, Vice-Président du Conseil Général de l'Isère, Elisa Martin, Conseillère Régionale et les nombreux militantes et militants du Front de Gauche.

Publié par Frédéric Maurin à 09:00am - Voir le commentaire ()
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28 Janvier 2013

Mariage pour tous : le droit à l'erreur

Permalien de l'image intégrée

 

Allez, Non au mariage homosexuel  ,c'est bouclé, retour à la politique économique et à la question sociale, ce sera plus rude.

Mais on se souviendra tout de même de la constance des opposants au "Mariage pour tous". En 1944, ils se prononçaient contre le droit de femmes au motif qu'elles ne devaient pas devenir l'otage des partis :

Cette loi votée, quelque chose me dit que ce n'est pas la fin de l'histoire...

Publié par Frédéric Maurin à 08:39am - Voir le commentaire ()
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27 Janvier 2013

Dévaluer François Lenglet et accepter Jacques Sapir

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Lenglet : à France 2 aussi le changement c'est maintenant !

Le retour des FTP n'y change rien: à peine arrive-t'on à faire taire un perroquet que les nouveaux chiens de garde : Accueil reforment et renforcent leur meute.

Tant il est vrai qu'on ne détruit que ce l'on remplace, on va s'efforcer d'apporter une réponse articulée à leur matraquage.

Et, cela tombe bien, Jacques Sapir y travaille....

 

 

 

 

Dévaluer ou accepter la flexibilité (et tout ce qui va avec…)

24 janvier 2013

 

Par Jacques Sapir

Pêché sur le blog mrc38

Les confidences de François Lenglet

Dans le journal de 20h00 le mardi 22 janvier sur France-21, François Lenglet2 s’est laissé aller aux confidences.

La première, et elle n’est pas nouvelle en réalité, consistait à dire qu’une dévaluation serait une solution à nos problèmes actuels. Mais cette confidence était « équilibrée » par la seconde. François Lenglet, droit dans ses bottes d’éditorialiste économique, nous a asséné que cette solution ne pouvait être que transitoire et que seule une cure sévère de dévaluation interne (comprendre de baisse de nos revenus) était à même de nous faire retrouver le chemin de la compétitivité. Ces confidences étaient mises en scène dans un contexte très particulier, le chantage exercé par Renault (qui sera révélé dans sa totalité le lendemain, mercredi 23), mais aussi par d’autres entreprises, sur les ouvriers pour imposer plus de « flexibilité », c’est-à-dire travailler plus pour gagner autant, voire moins. Nous y voilà donc. Le thème de la flexibilité s’invite dans l’ordre du jour des politiques.

Dans le discours de François Lenglet revient comme une scie, toute prête à se transformer en un dramatique couperet social, la description d’une Allemagne « vertueuse » opposée à des pays qui, comme la France et l’Italie, ont trop longtemps cédé à la facilité de dévaluations successives.

I. Les infortunes de la vertu. Les prospérités du vice 

Arrêtons-nous sur ce point. Qu’est-ce qui définit la « vertu » en économie ? On peut répondre l’inscription dans la longue durée (plus de 10 ans) d’une trajectoire de croissance supérieure à celle d’autres économies. On peut aussi répondre la croissance de la part du secteur industriel, qui produit le plus de valeur ajoutée, dans le PIB. Or, si l’on regarde la période de l’après-guerre, celle où tant la France que l’Italie ont dévalué systématiquement, on constate que la trajectoire de croissance de ces deux pays est largement égale, voire supérieure, à celle de l’Allemagne. On a pris volontairement un indice 100 vers le milieu de la période étudiée, pour éviter les biais classiques des représentations depuis les origines en période de changements importants. Il est clair, sur les graphiques (1) et (2), que les performances de l’Allemagne sont légèrement supérieures de 1951 à 1960 (ce qui est normal quand on considère la destruction du potentiel industriel allemand), mais ces mêmes performances se dégradent nettement sur la période 1960-1973.

Graphique 1

Sources: Données historiques de l’OCDE

  • L’Italie fait d’ailleurs preuve d’un remarquable dynamisme. Ces observations se répètent sur la croissance de la part de l’industrie dans le PIB (graphique 2). Certes, l’Allemagne, qui avait une part déjà supérieure aux deux autres pays en 1951 (25,8%), conserve son avantage atteignant un pic de 37% en 1970. Mais la France, qui était avant-guerre moins industrialisée que l’Allemagne ne connaît pas moins une forte croissance, son taux passant de 18,1% en 1951 à 26,3% en 1973. En fait, la croissance est en France supérieure à celle de l’Allemagne (45% contre 43%). Mais c’est l’Italie, pays faiblement industrialisé en 1951 (12,1%) qui connaît en réalité la plus forte croissance (51%) de 1951 à 1973 (voir tableau 1). En fait, l’Italie aura une monnaie “faible” à la suite de dévaluations successives jusqu’à son entrée dans la zone Euro en 1999.

Graphique 2

 Tableau 1

 

Source: Données historiques de l’OCDE

Les dévaluations de la France et de l’Italie n’ont pas objectivement entraîné une économie « vicieuse », loin de là. En fait, les modèles de croissance ont été assez différents. L’Allemagne, pays qui possédait en 1939 la deuxième industrie (derrière les États-Unis) du monde, s’est vue concurrencée par des pays nettement moins industrialisés. Dans ces pays, à commencer par la France et l’Italie, la croissance des années 1950 – 1973 a aussi été un processus de transformation des sociétés, marqué par une forte industrialisation. Quand on compare ce processus aux avantages de l’Allemagne en 1950 qui sont (i) le fait d’être débarrassé de sa partie rurale la plus arriérée (la Prusse) qui est devenue la RDA, (ii) la présence de troupes américaines en nombres, avec leurs familles, impliquant une forte injection de dollars (monnaie rare à l’époque) dans l’économie allemande, (iii) la disposition d’une main d’oeuvre bien formée et à bon marché en nombre exerçant une forte pression sur les salaires (les personnes quittant massivement la RDA pour la RFA jusqu’à la construction du “mur”) et (iv) un budget militaire minimal jusqu’en 1956, on doit relativiser le “miracle” allemand. S’il y eut “miracle” dans les années 1950 et 1960, il fut bien plus le fait des “cigales”, de ces pays ayant adopté une stratégie “vicieuse” de dévaluation comme la France et l’Italie que de la “vertueuse” Allemagne.

II. La vertu et la lutte des classes

Là où le problème de la « vertu » ou du « vice » se pose, c’est en matière de partage des revenus. L’Allemagne a toujours eu une structure de sa richesse nettement plus favorable aux 1% les plus riches que dans les autres pays. Aujourd’hui, cette part – tout en restant inférieure à celle des États-Unis ou de la Grande-Bretagne – est largement supérieure à celle de la France et de l’Italie. Et c’est bien le problème. Si nous entrons dans la logique de la dévaluation interne, rien ne garantit la croissance. Tout garantit même que la récession s’amplifiera. Mais, les marges de profit seront nettement plus importantes, ce qui revient à dire que les plus riches deviendront encore plus riches alors que les pauvres deviendront encore plus pauvres. Nous découvrons donc soudain ce que provoque l’impossibilité de dévaluer du fait de l’existence de l’Euro. Cela place nos sociétés devant le choix entre les deux scénarii suivants : soit (scénario 1) donner toujours plus de gages au capital, avec la déformation de la répartition au profit du 1% le plus riche et la montée (comme en Allemagne) de la catégorie des travailleurs pauvres, soit  (scénario 2) accepter des pertes de compétitivité telles qu’à un moment elles provoqueront des hausses intolérables des dettes (tant publiques que privées) pour maintenir l’équilibre social. Comme, de toute manière, la partie la plus riche de la société (les 1%) pratique de plus en plus une fraude fiscale légale, il n’y aura plus de solution que de répartir la pénurie, jusqu’au moment où une partie des classes moyennes le refusera. Et, à ce moment, nous rebasculerons dans le premier scénario.

Voici donc la magie de l’Euro. Construire sous l’apparence de mesures techniques « neutres », et donc aisément vendables à une partie de la gauche européenne cherchant désespérément à dépasser le nationalisme, un cadre de long terme contraignant, l’obligeant en fait à capituler sur le front de la lutte des classes. Je n’ai pu résister à employer cette expression, dont je signale qu’elle n’est pas de Marx à l’origine3, car c’est elle qui décrit le mieux la situation actuelle. Oui, la politique de François Hollande est une politique de classe, mais certainement pas celle du « prolétariat », ou, dirons-nous aujourd’hui, des travailleurs de l’industrie et des services. C’est ce qu’expriment, avec toujours plus de colère, les travailleurs de Renault, de PSA, mais aussi de Florange qui se sont heurtés mercredi 23 janvier une nouvelle fois à une fin de non-recevoir de la part du gouvernement. C’est pour cela que la déconstruction de l’Euro, loin d’être le terrain de prédilection des nationalistes, est un champ qui doit être investi par ceux qui prétendent défendre les intérêts des travailleurs. Faute de le faire, n’est-ce pas cher Jean-Luc Mélenchon, il ne faudra pas s’étonner de voir ces travailleurs se détourner et chercher ailleurs, et parfois dans des directions bien étranges, les moyens d’échapper à cette capitulation. La politique a horreur du vide, il faut s’en souvenir…

Cette vérité va devenir de plus en plus évidente, de plus en plus directement lisible. Merci donc à François Lenglet pour ces confidences qui valent des aveux. Même si le côté de la lutte vers lequel il penche n’est pas le nôtre.

Citation

Jacques Sapir, “Dévaluer ou accepter la flexibilité (et tout ce qui va avec…)”, billet publié sur le carnet Russeurope le 24/01/2013, URL: http://russeurope.hypotheses.org/750


  1. http://www.france2.fr/jt/20h/ Le 20h, Mardi 22 janvier. L’intervention commence 14’28’’ après le début de la vidéo. []
  2. 2 journaliste, rédacteur en chef du service France au sein de la rédaction de France 2 []
  3. 3 Je signale que l’origine en revient à François Guizot, le ministre de Louis-Philippe, le seul ajout de Marx ayant été de dire que la lutte des classes mettrait fin à la lutte des classes, formule typique de la philosophie de Hegel. []

Encore un point sur France 2: sans forcément sortir la tondeuse...

...il ne faudrait pas que les sarkozystes y fassent leur nid trop longtemps.

Merde quoi, ils ont déjà des soutiens financiers énormes sans avoir à pomper notre redevance en plus.

Service public oui ! Sévices public, non !

Part du secteur manufacturier dans le PIB

 

France

Italie

RFA

1950

18,1%

 

25,8%

1951

18,9%

12,1%

27,0%

1952

18,7%

11,8%

27,9%

1953

18,7%

11,9%

28,6%

1954

18,7%

12,4%

29,7%

1955

18,9%

12,4%

31,1%

1956

19,9%

12,8%

31,2%

1957

19,9%

12,9%

31,5%

1958

20,0%

12,5%

31,8%

1959

19,8%

13,1%

32,3%

1960

20,2%

13,7%

33,6%

1961

20,4%

14,1%

34,1%

1962

20,5%

14,6%

34,2%

1963

21,1%

15,0%

33,9%

1964

21,8%

14,6%

34,6%

1965

22,0%

14,8%

35,3%

1966

23,0%

15,4%

34,9%

1967

23,0%

15,9%

34,1%

1968

23,4%

16,1%

35,5%

1969

24,5%

16,2%

36,9%

1970

25,3%

17,1%

37,0%

1971

25,6%

17,0%

36,4%

1972

25,9%

17,4%

36,0%

1973

26,3%

18,6%

36,4%

Publié par Frédéric Maurin à 18:13pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #rupture tranquille

27 Janvier 2013

Lincoln

http://2muchponey.com/wp-content/uploads/2012/12/daniel-day-lewis-lincoln-spielberg.jpg

Cinéma encore, une catégorie au-dessus en audience, qui ne doit pas faire oublier les étages du dessous :

Hollande,DSK,etc...du docu d'utilité publique

Le Grand Retournement

   Signalé par Avanti   le film « Lincoln » met en scène la façon dont la Guerre civile américaine s’est radicalisée à partir du mois de janvier 1865 lorsque l’administration Lincoln s’est alliée aux républicains radicaux pour mettre fin à l’esclavage. En même temps, ce récit hollywoodien ignore complètement les dimensions économiques et de classe de ce moment et ne parle pas des échanges entre la Première Internationale de Marx et l’administration Lincoln qui ont eu lieu pendant ces mêmes semaines qui sont le sujet du film.

 Une lettre de l'Internationale à Lincoln sous la plume de Karl Marx, tirée de l'indispensable Archive Internet des marxistes - Marxists Internet Archive

À Abraham Lincoln, président des États-Unis d'Amérique

Association Internationale des Travailleurs

Der Social-Demokrat, 30 décembre 1864.

Monsieur,

Nous complimentons le peuple américain à l'occasion de votre réélection, à une forte majorité  [1] .

Si la résistance au pouvoir des esclavagistes a été le mot d'ordre modéré de votre première élection, le cri de guerre triomphal de votre réélection est : mort à l'esclavage !

Depuis le début de la lutte titanesque que mène l'Amérique, les ouvriers d'Europe sentent instinctivement que le sort de leur classe dépend de la bannière étoilée. La lutte pour les territoires qui inaugura la terrible épopée, ne devait-elle pas décider si la terre vierge de zones immenses devait être fécondée par le travail de l'émigrant, ou souillée par le fouet du gardien d'esclaves ?

Lorsque l'oligarchie des trois cent mille esclavagistes osa, pour la première fois dans les annales du monde, inscrire le mot esclavage sur le drapeau de la rébellion armée; lorsque à l'endroit même où, un siècle plus tôt, l'idée d'une grande république démocratique naquit en même temps que la première déclaration des droits de l'homme  [2] qui ensemble donnèrent la première impulsion à la révolution européenne du XVIII° siècle - lorsque à cet endroit la contre-révolution se glorifia, avec une violence systématique, de renverser « les idées dominantes de l'époque de formation de la vieille Constitution » et présenta « l'esclavage comme une institution bénéfique, voire comme la seule solution au grand problème des rapports, entre travail et capital », en proclamant cyniquement que le droit de propriété sur l'homme représentait la pierre angulaire de l'édifice nouveau  [3] - alors les classes ouvrières d'Europe comprirent aussitôt, et avant même que l'adhésion fanatique des classes supérieures à la cause des confédérés ne les en eût prévenues, que la rébellion des esclavagistes sonnait le tocsin pour une croisade générale de la propriété contre le travail et que, pour les hommes du travail, le combat de géant livré outre-Atlantique ne mettait pas seulement en jeu leurs espérances en l'avenir, mais encore leurs conquêtes passées. C'est pourquoi, ils supportèrent toujours avec patience les souffrances que leur imposa la crise du coton  [4] et s'opposèrent avec vigueur à l'intervention en faveur de l'esclavagisme que préparaient les classes supérieures et « cultivées », et un peu partout en Europe contribuèrent de leur sang à la bonne cause.

Tant que les travailleurs, le véritable pouvoir politique du Nord permirent à l'esclavage de souiller leur propre République; tant qu'ils se glorifièrent de jouir - par rapport aux Noirs qui, avaient un maître et étaient vendus sans être consultés - du privilège d'être libres de se vendre eux-mêmes et de choisir leur patron, ils furent incapables de combattre pour la véritable émancipation du travail ou d'appuyer la lutte émancipatrice de leurs frères européens [5].

Les ouvriers d'Europe sont persuadés que si la guerre d'Indépendance américaine a inauguré l'époque nouvelle de l'essor des classes bourgeoises, la guerre antie-sclavagiste américaine a inauguré l'époque nouvelle de l'essor des classes ouvrières. Elles considèrent comme l'annonce de l'ère nouvelle que le sort ait désigné Abraham Lincoln, l'énergique et courageux fils de la classe travailleuse, pour conduire son pays dans la lutte sans égale pour l'affranchissement d'une race enchaînée et pour la reconstruction d'un monde social.

Signé au nom de l'Association internationale des travailleurs par le Conseil central [6].

Notes

[1] À propos de la rédaction de cette adresse, cf. Marx à Engels, le 2 décembre 1862. Il serait évidemment abusif d'étendre cet éloge de Marx à tous les présidents des États-Unis. Marx vise en effet, à féliciter Lincoln pour son action anti-esclavagiste, qui permit de passer de la première phase de la guerre civile (plan constitutionnel de la sauvegarde de l'Union) au plan révolutionnaire pour l'abolition de l'esclavage des Noirs. (N. d. E.)

[2] Le 4 juillet 1776, les délégués des treize colonies anglaises d'Amérique du Nord proclamèrent l'indépendance, au Congrès de Philadelphie. Ils créèrent une république indépendante, après avoir fait sécession de l'Angleterre. Même si la proclamation des droits de l'homme et du citoyen correspond à un grand pas en avant de l'histoire - par rapport au régime antérieur à la révolution bourgeoise - elle n'est pas une conquête définitive, ni même une libération véritable. On le voit au simple fait que cette proclamation laissait subsister l'esclavage d'une, fraction considérable de la population. Marx en a fait la critique dans la Question juive, dès 1844, du point de vue de l'émancipation totale de la révolution socialiste. Cf. à propos de la question noire: « Le foyer du racisme moderne : c'est le capital (aux USA : le Nord, et non le Sud) », in Fil du Temps, N° 1, pp. 77-79.

[3] Cf. discours de Bright, le 19.12.1862, à Birmingham.

[4] En Angleterre, aucune classe ne souffrit davantage des conséquences de la crise cotonnière que le prolétariat: Cf. par exemple les articles de Marx: « La misère ouvrière en Angleterre » et « La misère des ouvriers du coton », in: Die Presse, 27 septembre et 4 octobre 1862.
Pour les ouvriers anglais, et tout spécialement ceux qui travaillaient dans l'industrie textile, la pénurie du textile signifiait le chômage, ou, dans le meilleur des cas, le chômage partiel. En 1862, les trois cinquièmes de l'industrie textile furent arrêtés en Angleterre, et soixante-quinze pour cent des ouvriers du textile furent touchés par le chômage qui dura -plus de deux ans. Par exemple, à Stockport, six mille salariés étaient sans travail, six raille autres employés partiellement, et cinq mille travaillaient à plein temps. En novembre 1862, 35,9 % de la population de Glossopp étaient assistés ou vivaient de la charité publique.

[5] Dans la Misère de la Philosophie, Marx s'en prend à Proudhon qui, dans toute catégorie économique, s'efforce de séparer le bon côté du mauvais, afin de ne retenir que le bon. Or, dit Marx, « ce qui constitue le mouvement dialectique, c'est précisément la coexistence de deux côtés contradictoires, leur lutte et leur fusion en une catégorie nouvelle: rien qu'à poser le problème d'éliminer le mauvais côté, on coupe court au mouvement dialectique ». C'est ainsi que, dès 1847, Marx montre que la lutte féconde entre l'esclavage et le travail libre donne naissance à une catégorie nouvelle: le travail salarié (libre et forcé), qui permet l'industrialisation à une échelle immense et la lutte pour le socialisme, Cf. Misère de la Philosophie, chap. II, §2, 4° observation.

[6] Suit la liste des signataires, responsables de l'A.I.T. (N. d. T.)

[7] À propos de la réaction de Marx à la réponse de Lincoln, cf. Marx à Engels, des 6 et 10 février 1865, I.c., vol. VIII, pp. 144, 152. Marx est visiblement satisfait que Lincoln ait été sensible à l'appui donné aux forces révolutionnaires américaines par les classes ouvrières anglaises et Marx et Engels. On sait que Lassalle, grand agitateur politique, ne s'intéressa en rien à la guerre civile américaine (et Marx le note dans sa lettre du 10 février 1865). Il est caractéristique de la méthode marxiste que l'intérêt va, non pas au succès populaire immédiat, mais aux événements fondamentaux et révolutionnaires qui influencent l'évolution sociale générale, en essayant d'y intervenir pratiquement avec les forces disponibles à chaque fois. (N. d. T.)



Réponse de l'ambassadeur américain à l'adresse de l'A.I.T.

Times, 6 février 1865  [7]

Au Directeur du Times

Monsieur,

Il y a quelques semaines, le Conseil central de l’Association nommée ci-dessus a envoyé à M. Lincoln une adresse de félicitation. Cette adresse fut transmise par le canal de la légation des États-Unis, et vous trouverez ci-dessous la réponse qui lui parvînt. Vous m'obligerez en la publiant.

Avec mes respects,

W.R. Cremer.

Légation des États-Unis, Londres, le 31 janvier.


Monsieur,

On me demande de vous informer que le président des États-Unis a bien reçu l'adresse du Conseil central de votre association, transmise par notre légation. Dans la mesure où les sentiments - qui y sont exprimés ont un caractère personnel, il les accepte, en souhaitant sincèrement et de tout cœur pouvoir se montrer digne de la confiance que ses concitoyens et tant d'amis de l'humanité et du progrès de par le monde entier lui ont récemment accordée. Le gouvernement des États-Unis se rend parfaitement compte que sa politique n'est pas, ou ne pourrait pas être, réactionnaire, mais en même temps il s'en tient à la ligne qu'il a adoptée au début, c'est-à-dire qu'il s'abstient partout d'une politique expansionniste et d'interventions illégales. Il s'efforce de rendre une égale et exacte justice à tous les États et à tous les hommes, et compte sur les résultats bénéfiques de cet effort pour être soutenu à l'intérieur et jouir du respect et de la bonne volonté du monde. Les nations n'existent pas pour elles-mêmes, mais pour promouvoir le bien-être et le bonheur de l'humanité, en entretenant des relations exemplaires de bonne volonté. C'est dans ce cadre que les États-Unis considèrent que, dans le conflit actuel contre les rebelles esclavagistes, leur cause est celle-là même de la nature humaine, et ils tirent un nouvel encouragement à persévérer, du témoignage que leur donnent les ouvriers d'Europe, que cette attitude nationale jouit de leur approbation éclairée et de leurs sympathies véritables.

J'ai l'honneur, d'être, Monsieur, votre humble serviteur.

Charles Francis Adam.

M. W. R. Cremer, secrétaire général honoraire de l'Association internationale des travailleurs. 18, Greek Street, W.


Le film « Lincoln » met en scène la façon dont la Guerre civile américaine s’est radicalisée à partir du mois de janvier 1865 lorsque l’administration Lincoln s’est alliée aux républicains radicaux pour mettre fin à l’esclavage. En même temps, ce récit hollywoodien ignore complètement les dimensions économiques et de classe de ce moment et ne parle pas des échanges entre la Première Internationale de Marx et l’administration Lincoln qui ont eu lieu pendant ces mêmes semaines qui sont le sujet du film.

Le « Lincoln » de Steven Spielberg présente, pendant un seul et crucial mois de la Guerre civile américaine, un conflit qui aboutira à la deuxième Révolution américaine. Au mois de janvier 1865, plusieurs mois après la victoire de l’Union sur les Confédérés, le Président Abraham Lincoln décide de faire passer le treizième amendement à la Constitution des Etats-Unis : l’abolition inconditionnelle de l’esclavage, sans compensations pour les esclavagistes. C’est un Lincoln très différent de celui qui, candidat en 1860, refusait de faire campagne comme abolitionniste, ou encore du Président qui a retardé la Déclaration d’Emancipation jusqu’à la troisième année de Guerre civile, en 1863. C’est un Lincoln qui a progressé avec son temps, dont les armées comptent 200.000 soldats noirs et dont les discours commencent à suggérer des droits de citoyenneté et de vote pour les anciens esclaves.

L’ Amérique révolutionnaire

Avec un scénario écrit par le célèbre auteur de gauche Tony Kushner (« Angels in America »« Homebody/Kabul »), le film de Spielberg ne met pas seulement en lumière Lincoln lui-même, mais aussi un personnage incontestablement révolutionnaire ; l’abolitionniste radical Thaddeus Stevens, avec lequel Lincoln s’était allié pendant ces journées fatidiques du mois de janvier 1865. Une des scènes les plus dramatiques met en scène les échanges entre Stevens et le congressiste new-yorkais pathologiquement raciste, Fernando Wood, dirigeant de l’aile antiabolitionniste du Congrès.

Dans une autre scène, on voit Stevens présenter à un Lincoln sceptique le programme des Républicains Radicaux pour une occupation militaire prolongée du Sud, pendant laquelle les anciens esclaves obtiendraient l’entièreté de leurs droits civiques, y compris celui d’occuper les plus hauts postes éligibles, et pendant laquelle les propriétés terriennes des anciens esclavagistes seraient confisquées et seraient données en concessions aux anciens esclaves (ce qu’on appelle « 40 acres et une mule »). Tout cela est présenté d’une manière très cinématographique au travers de la superbe interprétation de Daniel Day Lewis (Lincoln) et aussi de Tommie Lee Jones (Stevens), avec également une participation importante de Sally Field (Mary Todd Lincoln).

En même temps, cependant, on y voit le côté sordide de la démocratie américaine, alors même que ces changements révolutionnaires sont en cours d’adoption, à travers la politique du mécénat douteux qui est utilisé pour obtenir les derniers votes et adopter la modification et l’envoyer aux Etats pour la ratification finale.

Dans l’ensemble, « Lincoln » offre une perspective sur la Guerre civile américaine résolument plus anti-esclavagiste et antiraciste que la plupart des principaux films hollywoodiens sur le sujet. Il évite le portrait hollywoodien classique d’un Sud ayant un code moral équivalent (si pas supérieur) à celui du Nord. Par ailleurs, le film présente le racisme et l’esclavage comme les enjeux principaux de la Guerre civile, en plus de montrer un dirigeant révolutionnaire comme Stevens sous un jour inhabituellement positif. En outre, l’argument spécieux utilisé par le Sud du « droit d’Etat » n’est pas masqué, mettant en lumière le véritable contenu de ce « droit » : celui des Blancs à réduire en esclavage des millions d’autres être humains.

Les dimensions économiques et de classe de l’Abolition

On a critiqué, à gauche, l’échec du film à représenter le combat pour l’auto-émancipation des Afro-américains, comme on avait pu le voir par exemple en 1989 avec le film « Glory » qui racontait l’histoire des soldats afro-américains du 54e Régiment du Massachussetts.

Bien que ces critiques soient fondées et importantes, j’aimerais mettre l’accent sur deux autres importantes questions qui ne sont pas traitées par le film : l’importance économique de l’esclavage et de l’abolition, et les échanges de lettres entre Karl Marx et Abraham Lincoln, qui ont eut lieu pendant la même période sur laquelle est centré le film : le mois de janvier 1865. Ces questions auraient pu être facilement prises en compte sans altérer l’angle de vue dans lequel le film présente ces événements historiquement marquant, celui de la rivalité entre les élites politiques plutôt que celui des masses en mouvement. Bien entendu, les seconds influencent les premiers et vice-versa, mais je m’engage ici dans une critique plus immanente qui part des termes propres aux films et qui en fait émerger quelques contradictions.

La Déclaration d’Emancipation de 1863 et le treizième amendement de 1865 qui a rendu permanente la mesure prise pendant la guerre civile, étaient différents des autres lois d’émancipation qui ont été actées ailleurs. Par exemple, la politique d’émancipation américaine interdisait toute compensation financière pour les anciens propriétaires d’esclaves. Cela la distingue même du « British Slavery Abolition Act » (Loi britannique d’abolition de l’esclavage), pionnier en 1833, qui prévoyait de larges compensations financières. D’une certaine manière, cet amendement est plus proche de l’abolition jacobine en France de 1794, annulée dix ans plus tard par Napoléon, mais qui a contribué à déclencher la Révolution haïtienne.

S’ajoute à cela le fait que l’esclavage était un élément plus central pour l’économie étatsunienne que cela ne pouvait l’être pour des pays comme la Grande-Bretagne ou la France. En 1860, les presque quatre millions d’esclaves des Etats-Unis représentaient approximativement 13% de la population totale, souffrants de cette forme complètement déshumanisée de capitalisme qui permet que des être humains soient achetés ou vendus comme on le ferait avec du bétail. Au prix de 500 $ « pièce », la valeur de la propriété des esclavagistes étatsuniens s’élevait à pratiquement deux mille millions de dollars, une somme astronomique en 1860. Ainsi, l’abolition de l’esclavage sans compensation représente la plus grande expropriation de propriété privée capitaliste de l’histoire avec la Révolution russe de 1917. Cela a anéanti d’un seul coup l’entièreté d’une classe sociale, celle des propriétaires de plantations du Sud qui s’était enrichie pendant des siècles sur l’immense accumulation de la richesse tirée de la production du sucre, du tabac, du coton, et d’autres produits, mais aussi d’un autre commerce de « marchandises » : celui des esclaves eux-mêmes.

L’abolition a aussi ajouté des millions de travailleurs formellement libres à la classe ouvrière américaine, améliorant les possibilités d’unité de classe au delà des liens ethniques et "raciaux" d’une manière bien plus simple que lorsque le travail des esclaves coexistait avec le travail formellement libre. Bien que ce ne soit qu’une toute petite partie de l’unité au travers des liens "raciaux" qui se soit réalisée dans l’après guerre civile et de manière brève, la question est restée importante par après, puisque la classe ouvrière américaine est composée, et ce de manière croissante, par des personnes « de couleur », essentiellement des Afro-américains et des Latinos.

Même si le film ignore ces réalités de classe et économiques en favorisant la dimension politique, elles ne pouvaient pas échapper à Karl Marx. Dans une lettre datée du 29 novembre 1864, quelques semaines après la fondation de la Première Internationale, il écrivait : « Il y a trois ans et demi, au moment de l’élection de Lincoln, le problème était de ne pas faire de nouvelles concessions aux propriétaires d’esclaves maintenant que l’abolition de l’esclavage était approuvé et en partie un objectif atteint », ajoutant que « jamais un aussi grand bouleversement n’avait prit place aussi rapidement. Cela aura un effet bénéfique sur le monde entier » (Saul Padover, ed., « Karl Marx on America and the Civil War », New York : McGraw-Hill, 1972, p. 272, traduction partiellement altérée).

La lettre ouverte de Marx à Lincoln

Comme mentionné plus haut, le mois de janvier 1865 au duquel Lincoln s’était déplacé à gauche en s’alliant avec Stevens, était aussi le mois pendant lequel Marx et Lincoln ont eu un échange public de lettres. Après la publication du « Discours Inaugural » de la Première Internationale (sous la plume de Marx) et des « Principes généraux » d’adhésion, toutes les deux parues en novembre 1864, sa publication suivante fut une lettre ouverte à Lincoln, aussi ébauchée par Marx et signée par un grand groupe de militants ouvriers et sociaux qui composaient le « Secrétariat de correspondance de Karl Marx pour l’Allemagne ».

A l’époque, l’ambassade américaine à Londres était dirigée par Charles Francis Adams, un abolitionniste du Massachusetts issu d’une des familles politiques les plus illustres des Etats-Unis. Adams était sans aucun doute conscient des personnes impliquées dans l’Internationale puisqu’il a envoyé son fils Henry comme observateur, ainsi que pour faire rapport des rencontres entre les travailleurs britanniques qui étaient organisées depuis 1862 pour couper l’herbe sous le pied aux appels des politiciens britanniques et des journaux pour intervenir aux côtés du Sud. A ces rencontres participaient plusieurs des futurs dirigeants de l’Internationale. Et la présence du jeune Henry Adams à ces rencontres a certainement du être remarquée par les représentants de la classe ouvrière. Au-delà du but premier qui était la récolte d’informations, la présence du fils de l’ambassadeur a aussi sûrement été perçue comme un appel à la classe ouvrière britannique à passer au dessus de leurs chefs de gouvernement.

En décembre 1864, l’Internationale a proposé qu’une délégation de 40 membres délivre la lettre rédigée par Marx et soit reçue par l’ambassade. Bien que cette demande ait été déclinée par l’ambassadeur Adams, la lettre de l’Internationale « A l’attention du Président Lincoln » fut déposée à l’ambassade et publiée dans plusieurs quotidiens liés au mouvement ouvrier britannique. On y lit notamment : « Nous félicitons le peuple américain à l’occasion de votre réélection, à une forte majorité. Si la résistance au pouvoir des esclavagistes a été le mot d’ordre modéré de votre première élection, le cri de guerre triomphal de votre réélection est : mort à l’esclavage ! » (Cette lettre, ainsi que la réponse de Lincoln et d’autres textes sur le sujet on été publiés dans : Robin Blackburn, « An Unfinished Revolution : Karl Marx and Abraham Lincoln », London : Verso, 2011.) (*) Et de poursuivre : « Depuis le début de la lutte titanesque que mène l’Amérique, les ouvriers d’Europe sentent instinctivement que le sort de leur classe dépend de la bannière étoilée. »

La dernière phrase ne fait pas seulement référence au sentiment profondément anti-esclavagiste de la classe ouvrière britannique à l’époque et aux meetings massifs que celle-ci a pu organiser pour soutenir le Nord. Et cela même au moment où les politiciens dominants et les principaux journaux leurs disaient de soutenir une intervention britannique pour casser le blocus des ports du Sud afin que le coton puisse à nouveau être transporté par la mer et mettre fin ainsi à la vague de chômage consécutive en Grande-Bretagne. Cette phrase qui met en lien le sort des Etats-Unis et celui de la classe ouvrière européenne trouvait aussi son origine dans un fait brut. La classe ouvrière britannique (et encore plus celle du continent) était privée de ses droits politiques et voyait dans les Etats-Unis de l’époque la seule expérience à large échelle de démocratie politique. Le résultat fut l’un des meilleurs exemples jamais vu d’internationalisme prolétarien.

Comme l’a remarqué Marx pendant la mobilisation des travailleurs britanniques au début de la guerre : « Les peuples d’Angleterre, de France, d’Allemagne, d’Europe, considèrent la lutte des Etats Unis comme la leur, comme la lutte pour la liberté, malgré tous les sophismes gratuits. Ils considèrent la terre des Etats-Unis comme une terre libre pour les millions de « sans-terre » d’Europe, comme leur terre promise à défendre les armes à la main de la convoitise sordide des esclavagistes… Les peuples d’Europe savent que c’est l’esclavocratie du Sud qui a déclenché la guerre en déclarant que le maintient de la domination des esclavagistes n’était pas compatible avec celui de l’Union. Par conséquent, les peuples d’Europe savent que le combat pour le maintien de l’Union est le combat contre le maintien de l’esclavage – un combat qui, dans les circonstances actuelles, représente la forme la plus aboutie d’autonomie populaire jamais réalisée contre la forme la plus éhontée d’asservissement de l’homme jamais connue dans les annales de l’histoire » (Karl Marx, « The London Times and Lord Palmerston », New-York Tribune, 21 octobre 1861).

Le lettre de Marx à Lincoln envoyée au travers de l’Internationale énonce également que : « Tant que les travailleurs, le véritable pouvoir politique du Nord, permirent à l’esclavage de souiller leur propre République ; tant qu’ils se glorifièrent de jouir - par rapport aux Noirs qui, avaient un maître et étaient vendus sans être consultés - du privilège d’être libres de se vendre eux-mêmes et de choisir leur patron, ils furent incapables de combattre pour la véritable émancipation du travail ou d’appuyer la lutte émancipatrice de leurs frères européens ; mais cet obstacle au progrès a été renversé par le raz de marée de la guerre civile ».

La réponse de Lincoln à Marx

Le 28 janvier 1865, à l’agréable surprise de Marx et des autres membres de l’Internationale, l’ambassade des Etats-Unis publia une réponse publique de l’ambassadeur Adams. Dans une lettre à Engels du 10 février, Marx notait avec enthousiasme que Lincoln avait choisi de fournir une réponse substantielle qui ne s’adressait pas aux félicitations des libéraux Britanniques mais bien à la classe ouvrière et aux socialistes : « le fait que Lincoln nous ait répondu avec tant de courtoisie, alors que la réponse de la « société bourgeoise d’émancipation » était si brutale et purement formelle que le « Daily News » a refusé de l’imprimer… Cette différence entre la réponse que Lincoln nous adresse et celle que la bourgeoisie nous adresse a fait un tel effet ici que les « clubs » du West End s’en tapent la tête contre les murs. Tu comprendras à quel point cela a été gratifiant pour nos gens ».

Bien que la réponse à l’Internationale ait été signée par l’ambassadeur Adams, celui-ci affirme clairement que Lincoln a lu la lettre et qu’il parle au nom de ce dernier : « Je suis chargé de vous informer que le courrier adressé par la Comité Central de votre Association, dument transmis par les services au Président des Etats-Unis, est bien parvenue à sa connaissance ».

Vu au travers des événements de janvier 1865 - mis en scène par le film - au cours desquels Lincoln était au cœur de la mise au vote du treizième amendement, il est d’autant plus remarquable qu’il ait pris le temps de publier une telle réponse. Et, de par l’étrange enchaînement des événements, la réponse de Lincoln à l’Internationale a été rendue publique trois jours avant que la Chambre des Représentants des Etats-Unis n’outrepasse l’opposition des nombreux politiciens racistes et ne vote, le 31 janvier, la ratification de l’amendement et ne l’envoie dans les différents Etats pour sa ratification finale.

La réponse de Lincoln fait aussi, de manière générale, référence aux « amis de l’humanité et du progrès à travers le monde » auxquels les Etats-Unis se ralliaient ; une allusion à la manière dont les rassemblements de travailleurs britanniques ont été si cruciaux pour bloquer la volonté de la classe dominante britannique d’intervenir aux côtés du Sud pendant les premières années de la guerre. Cette allusion était clairement soulignée dans la dernière phrase qui affirme que les Etats-Unis « tirent un nouvel encouragement à persévérer du témoignage que leur donnent les ouvriers d’Europe, que cette attitude nationale jouit de leur approbation éclairée et de leurs sympathies véritables ». On peut difficilement trouver une autre occasion dans l’histoire au cours de laquelle le gouvernement des Etats-Unis a remercié la classe ouvrière internationale pour son soutien, sans parler de la classe ouvrière organisée dirigée par des socialistes.

Révolutions inachevées : les années 1860 et les années 1960

Les échanges entre Marx et Lincoln illustrent, de manière spectaculaire, cet aspect de la Guerre civile qui en fait une seconde révolution américaine, bien plus radicale que celle de 1776. Il s’agissait, bien sûr, bien plus d’une révolution bourgeoise que socialiste, mais son union avec l’aile gauche (qui aboutira à un échec) et sa transformation fondamentale de la propriété privée dans le Sud marque quelque chose d’encore plus radical. Cet aspect de révolution inachevée, qui s’est arrêtée à l’émancipation politique des anciens esclaves, et ensuite, après 1876, qui a vu le recul même de cette avancée, est tout de même quelque chose qui hante encore les Etats-Unis d’Amérique de nos jours.

La révolution des droits civiques des années 1950 et 1960, qui a finalement obtenu sur une base plus permanente ce qui avait été trop brièvement mis en place par les lois et amendements constitutionnels des années 1860 et 1870, a également été contrainte par les événements de stopper la dynamique d’émancipation. Cela nous laisse aujourd’hui face à ce résultat paradoxal que les Etats-Unis ont leur premier président afro-américain alors que de nombreux hommes et femmes de même origine sont réduits, plus que jamais dans l’histoire, à languir dans le monde déshumanisé des prisons et des cellules.

Le film « Lincoln », qui ne traite pas de ces sujets non plus, est ainsi par bien des aspects tout aussi « inachevé » également. Même selon ses propres paramètres, en regardant l’Histoire d’un point de vue qui met en lumière les événements qui touchent les élites politiques plutôt que les masses auxquelles ces dernières répondent, il s’arrête avant de mener à bien ses propres implications les plus radicales, comme par exemple par son portrait du programme Républicain Radical de Stevens. Mais c’est dans l’air du temps, de notre époque de profondes transformations dans la culture et la société étatsunienne, qu’une grande production d’Hollywood puisse révéler ne serait-ce qu’une partie de cette page de l’histoire révolutionnaire, qui, comme le faisait remarquer Marx, eut des « conséquences pour le monde entier ».

Kevin Anderson est l’auteur de « Marx at the Margins : On Nationalism, Ethnicity, and Non-Western Societies. » 
Source :
http://www.internationalmarxisthumanist.org/articles/spielbergs-lincoln-karl-marx-american-revolution-kevin-anderson 
Traduction française pour Avanti4.be : Sylvia Nerina

(*) Cette lettre est disponible en français sur le site Marxists.org :
http://www.marxists.org/francais/ait/1864/12/km18641230.htm 
Un recueil de textes de Marx et Engels sur la Guerre civile américaine a été publié par Roger Dangeville aux éditions UGE, 10/18, Paris, 1970. Cet ouvrage peut être consulté en ligne :http://www.marxists.org/francais/marx/works/00/gcus/gcus.htm

Publié par Frédéric Maurin à 11:13am - Voir le commentaire ()
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26 Janvier 2013

A quoi sert la vague Bleue Marine?

 

La réponse à cette question a été déjà développée ici : A quoi sert le Front National? mais l'actualité me force à la reposer...

On se souvient de l'entrée de deux parlementaires Front National lors des dernières législatives et on allait voir ce qu'on allait voir, entre un Collard promettant de semer le bordel Front National : Gilbert Collard est-il un arriviste ? et de Marion Maréchal (nous voila?) - Le Pen dont je ne connaissais jusqu'alors que la qualité du brushing.

Bon, heureusement, Marion Maréchal,nousvoila,LEPEN bosse enfin, comme nos voisins du Blog du PRCF-Isère le signalent.

Articles connexes :

Vive le Front National !

Vers une conjonction Front National - UMP

Front National : le poisson pourrit par la tête

 

MARION MARECHAL-LE PEN ET UNE CLIQUE DE DÉPUTÉS UMP PROPOSENT  DE CRIMINALISER LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

   

 


A l'heure où les Républicains conséquents vont célébrer un des actes fondateur de la République, à savoir l'exécution de Louis Capet (Louis XVI.)

Ce soir, c'est tête de veau ! - Frédéric Maurin sur LePost.fr (20:36

l'UM'Pen, bras armé de la fascisation, vient de frapper au cœur des institutions républicaines, à l'Assemblée Nationale. En effet la députée d’extrême-droite Marion Maréchal-Le Pen et une bande de députés UMP unissent leurs forces pour dénoncer, comme la Shoah ou le génocide arménien, « le génocide contre la Vendée »

Bien évidemment les historiens sérieux rejettent radicalement cette position qui n'a rien à voir avec l'histoire mais qui s'inscrit dans une bataille politique et idéologique contre la Révolution. Cette attaque remonte à la campagne de François Furet contre la Révolution, dans sa phase démocratique en particulier de 1793-94, pour présenter celle-ci comme la matrice du « totalitarisme ». 

Le but de cette opération au long cours est d'amalgamer la Révolution française et le communisme dans le même opprobre pour pouvoir détruire la Nation et le progrès social et l'idée même de Révolution, autant dire les objectifs du grand capital avec comme arme de destruction massive l'Union Européenne.

Constatons encore que l'unité d'action entre FN et UMP (l'UM'Pen en formation) s'approfondit et passe de l'utilisation du même argumentaire dans nombre de domaine, à l'unité à la base dans les manifs anti homo (  Non au mariage homosexuel )  et contre notre grande Révolution française

Comme l'a toujours signalé le PRCF, la contre-révolution qui a détruit l'URSS et ébranlé l'œuvre de la Révolution d'octobre 1917 est historiquement si réactionnaire qu'elle ne pouvait manquer de s'en prendre à l'héritage de la Révolution démocratique bourgeoise elle-mêmeA noter que la fausse gauche n'est pas en reste dans cette déconstruction de l'héritage progressiste de la France avec notamment, les attaques furieuses contre les Lumières que nourrissent depuis trente ans les "nouveaux philosophes" comme B.-H. Lévy ou comme l'ex-dirigeant maoïste A. Glucksmann, ces deux hontes de la philosophie contemporaine. Plus que jamais, l'anticommunisme et l'antisoviétisme pavent la voie de la pire réaction.

Le PRCF appelle tous les démocrates attachés à l'œuvre historique de la Montagne, des Sans-Culotte et des Soldats de l'An II à agir ensemble aux côtés des vrais communistes contre cette fascisation idéologique. Pour cela, une occasion est donnée à tous les antifascistes avec la manifestation du 2 février prochain place de la Bataille de Stalingrad : Marathon, Valmy, Fleurus, Stalingrad, vive la lutte millénaire des peuples pour l'émancipation de l'humanité! 

Quant au PRCF, il « répond toujours du nom de Robespierre » comme le dit Jean Ferrat et il s'affirme clairement comme l'héritier, n'en déplaise aux filles de Maréchal et de Le Pen, de l'Acte fondateur de la République que fut la mise hors d'état de nuire du traître à la nation Louis Capet, le 21 janvier 1793. Régicides ou « républicides », à chacun de choisir son camp, du côté des Lumières communes ou du côté de la pire réaction.

Au fait, des députés de la vraie gauche ne devraient-ils pas s'interroger sur l'opportunité de déclarer « génocidaire » le comportement du bien prénommé Adolphe Thiers et des troupes versaillaises secondées par Bismarck dans les massacres de la Semaine sanglante qui se traduisirent par le lynchage d'au moins 30 000 Communards, hommes, femmes et enfants à la suite de la reconquête de Paris par l'armée réactionnaire ?

 

 

Publié par Frédéric Maurin à 11:32am - Voir le commentaire ()
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25 Janvier 2013

La Vie est à nous !

En résonance, raisonnance, avec Les jours heureux , la dernière livraison du Sarkophage.

Articles connexes sur cette revue bienvenue, suivie de près par Le blog de Bernard Gensane:

Debout les Sarkophages ! Place au peuple !

Le socialisme gourmand

Pour une écologie républicaine et sociale

Depuis que Sarkozy a été renvoyé à ses fonds de pension (il n'a jamais caché que son seul objectif dans la vie était de faire de l'argent ; mais avec Minc, ce médiocre en affaires, il est mal barré), le titre de cette publication est désormais LA VIE EST À NOUS. Avec pour sous-titre : Le Sarkophage. Tous ces changements brutaux nous déstabilisent !

  Source :

La vie est à nous - Le Sarkophage - Journal d'analyse politique .

 

Dans le numéro 34, Paul Ariès plaide pour une « économie du bonheur » : « Yves de Kerdrel signait dans Le Figaro du 27 novembre un papier titré « Un pays sans riches, ce sont des rosiers sans engrais ». Cet éloge de la division sociale répondait à la prétendue fuite des « élites » vers des pays où la fiscalité serait plus clémente aux enrichis : « L’ancien député de la Corrèze restera dans l’histoire comme le créateur du plus grand exode de forces vives depuis l’abolition de l’édit de Nantes par Louis XIV, qui a forcé les banquiers protestants à prendre le chemin de la Suisse »; « Un pays sans riches, avertit le plumitif du Figaro, c’est peut-être un paradis pour certains ayatollahs socialistes qui hurlent “casse-toi !” sans se rendre compte qu’ils injurient l’avenir, mais c’est aussi peu porteur de promesses qu’une plate-bande de rosiers sans engrais […] Sans riches, sans capitaux et sans esprit industrieux, la France devra se contenter d’une exotique collection de bonsaïs. » La conclusion s’imposerait donc d’elle-même : « Vouloir un pays sans riches, c’est donner naissance à un pays de pauvres. Et de pauvres qui deviennent chaque jour plus pauvres. » Cette fable est mensongère car l’enrichissement des uns se fait toujours au détriment des autres. Elle est même contraire aux intérêts bien compris de 99 % de la population puisqu’un trop grand écart de revenus n’est bon pour personne. L’économie du bonheur qui se fraye aujourd’hui une légitimité est fondée sur un constat bien établi depuis 1974 et connu sous le nom de paradoxe de Easterlin, selon lequel à partir d’un certain niveau de revenu, estimé à 15 000 dollars par an et par personne, les ressources financières n’apportent qu’un supplément modeste de bonheur. Ce constat dérangeant prouve que le culte de la croissance économique ne sert que les grands. L’économie du bonheur qui se fraye aujourd’hui une légitimité est fondée sur un constat bien établi depuis 1974 et connu sous le nom de paradoxe de Easterlin, selon lequel à partir d’un certain niveau de revenu, estimé à 150 000 dollars par an et par personne, les ressources financières n’apportent qu’un supplément modeste de bonheur. »

 

Daniel Burette dénonce la précarité énergétique : « Nous rêvons d’une société post-pétrolière, post-extractiviste, mais cela n’est possible qu’en assurant à chacun de quoi vivre dignement. Nous soutenons la revendication pour un bouclier énergétique assurant le droit à la bonne vie pour tous. »

 

Selon Gabriel Amard, « la guerre de l’eau continue ! » : « Toutes les formes de gratuité se valent : eau vitale, restauration scolaire, services culturels, transports en commun urbains, services funéraires. Preuve que ce combat dérange : les grandes firmes déclarent la guerre à ceux qui sont du côté de la belle vie. »

 

PourMichel Feynié, on est passé d’une logique de service public à une logique marchande : Les nouveaux modes de management visent à casser les collectifs de travail, il « proscrit tout écart entre le travail prescrit et le travail effectif, avec la multiplication des fiches de poste, il est inefficace. L’entreprise accorde de la promotion aux plus cyniques qui sont aussi les plus cyniques avec l’entreprise et se moquent finalement de tout, même de l’entreprise. Ce management se développe aussi dans le secteur public.

 

Christine Bergé explique pourquoi les essais nucléaires français furent une bombe sanitaire : « Recensements lacunaires, dosimètres détériorés, conditions de radio-protections déplorables, la République française faisait fi des vies qui lui étaient confiées. »

 

Pour Didier Minot (“ Vers l’autonomie associative ”), « les gauches restent marquées par une vision centralisatrice du changement social. Elles sont aveugles à tout ce qui s’invente dans l’autonomie associative. »

 

Le sophiste Roland Paillard se demande si et comment les socialistes vont réformer l’Éducation nationale : « C’est impossible sans commencer par un programme de réduction des inégalités réelles. Renoncer à une école qui légitime les inégalités, c’est renoncer à une société qui a besoin d’inégalités. »

 

Francine Mestrum réfléchit aux “ biens communs ” : « La question des biens communs permet de penser une nouvelle gauche radicale qui ne soit plus seulement celle de la plus grande louche. Belle occasion aussi de repenser un féminisme pour aujourd’hui en faisant de l’égalité des genres un bien commun. »

Un entretien très intéressant sur le suicide en tant que “ question politique ” : « Les gauches ont toujours entretenu la mémoire de leurs grands suicidés (Paul Lafargue, André Gorz, Roger Salengro, Gilles Châtelet, Walter Benjamin, Georgette Vacher qui se suicide en 1981 pour protester contre le fonctionnement et la politique de la CGT, son syndicat. »

 

François Houtard explique que la logique d’un nouveau paradigme de la vie collective de l’humanité « est une condition de survie pour la planète et pour le genre humain. »

 

Pour Paul Ariès, « la gauche productiviste, c’est le stalinisme. Le productivisme n’est pas une maladie infantile de la gauche mais le résultat du pouvoir en son sein d’une oligarchie. »

 

Benoît Schneckenburger et Christophe Miquet estiment que « le souci de soi et la nature ne suffisent plus pour construire notre avenir, si nous ne leur associons pas une conscience politique. Comment prendre au sérieux l’écosocialisme ? »

 

Pour Michel Ducommun, « c’est bien la contradiction entre les besoins systémiques du capitalisme et les objectifs du développement durable qui explique l’échec de ce dernier. »

 

Olivier Canal se demande si Canton n’est pas devenu “ un comptoir africain ”. La Chinafrique remet en cause la Françafrique.

 

Pour Yann Fiévet, l’École de la République « est défaillante quant à l’intégration “normale ” des professeurs et des élèves handicapés. La question du handicap à l’école doit être un combat de portée universelle. »

 

Antoine Fernandès réfléchit au précariat en tant que nouvelle classe : « Est-ce le nouveau sujet historique capable de faire la révolution ? »

 

Pour Jacques Cossart, le parti socialiste a depuis longtemps adopté les principes entérinés à Bad-Godesberg : libre concurrence et libre initiative de l’entrepreneur. » [J’en profite pour signaler que Bad-Godesberg était déjà en 1959 une station balnéaire très chicos – un peu comme si les socialistes s’étaient réunis à Vichy. Elle est jumelée avec les villes chicos de Saint-Cloud et Windsor. Accessoirement, elle est la ville natale de Klaus Barbie.].

 

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Publié par Frédéric Maurin à 09:15am - Voir le commentaire ()
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