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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

31 Mai 2013

Oskar Lafontaine, un facho xénophobe?

On peut critiquer la politique allemande sans être germanophobe.

On peut juger utile de sortir de l'Euro sans être un facho.

C'est idiot mais cela n'a pas l'air si évident pour tout Le Monde...sauf rares hallucinations

Oskar Lafontaine, dans un texte du 30 avril 2013 (voir ci-dessous) est le premier dirigeant européen à avoir fondé l’euro qui considère aujourd’hui qu’il faut « abandonner » la monnaie unique, revenir aux monnaies nationales et créer un nouveau Système monétaire européen.

Sa position est une immense avancée qui témoigne de l’effritement croissant des positions du parti pro-euro.

Il demeure cependant une limite à cette évolution : rien n’est proposé par Oskar Lafontaine pour se sortir de la crise, à court terme, qui passe nécessairement par une sortie de l’euro unilatérale, pays par pays. En tout cas les déclarations d’Oskar ont semé le trouble dans son parti, Die Linke, mais aussi au sein du PGE et du Front de gauche en France où beaucoup trouvent qu’il a raison.

Rappelons que Oskar Lafontaine a été l’un des fondateurs du parti de gauche allemand Die Linke dont il fut le président jusqu’en 2009. Il a été président du Parti social-démocrate allemand (SPD) de 1995 à 1999, ministre des Finances de 1998 à 1999 avant de démissionner en raison de divergences politiques avec le Chancelier (SPD) Schröder. Oskar Lafontaine est un poids lourd de la politique allemande et européenne.

Oskar Lafontaine propose d'abandonner l'euro.

par Jacques Nikonoff auteur de Sortons de l'euro !

I.- Oskar Lafontaine dénonce « l’hégémonie » allemande

Pour lui la « politique d’austérité » conduite par la chancelière allemande, Angela Merkel, « amène au désastre » non seulement l’Allemagne mais aussi l’Europe. Le chômage « atteint des niveaux dangereux pour la démocratie ».

Dès lors, de son point de vue, les « Européens du Sud », pays dans lesquels il inclut la France, vont « tôt ou tard être forcés de se révolter contre l’hégémonie allemande ». Ce qu’il met en cause en tout premier lieu, c’est la politique de « dumping des salaires » menée par les dirigeants allemands. Il est vrai que le prétendu « modèle allemand » repose sur deux facteurs aux antipodes de la coopération européenne : l’écrasement des salaires des travailleurs allemands depuis plus d’une dizaine d’années et la délocalisation d’une partie significative de la production industrielle allemande dans des pays de l’Est européen. Le but étant de présenter à l’exportation des prix inférieurs à ceux des concurrents. D’où l’excédent commercial allemand gigantesque, qui a plongé la quasi-totalité des autres pays de la zone euro dans des déficits commerciaux symétriques.

II.- Oskar Lafontaine considère qu’il faut « abandonner » la monnaie unique

L’ancien ministre allemand des Finances reconnaît l’erreur qu’il a commise en faisant partie de ceux qui, dans les années 1990, ont soutenu le processus de mise en place de l’euro comme monnaie unique. Pour lui, la monnaie unique « aurait été valable » si les pays membres de la zone euro « s’étaient mis d’accord sur les conditions d’une politique salariale coordonnée en faveur d’une augmentation de la productivité ». À l’époque il considérait qu’une telle politique salariale « était possible », non parce qu’elle était incluse dans les traités ou les accords intergouvernementaux, mais parce qu’elle procéderait d’une dynamique vertueuse. Or, reconnaît-il, le dialogue macroéconomique a été « contourné par les gouvernements ». Dès lors « l’espoir selon lequel la création de l’euro pousserait tous les acteurs à un comportement économique rationnel s’est révélé vain ». Et Oskar Lafontaine ajoute même « le système a déjanté ».

Soutenant les analyses d’un économiste réputé Outre-Rhin, le fondateur de Die Linke (mouvement politique que l’on peut classer, paradoxalement, dans le parti pro-euro) estime que des pays comme la Grèce, le Portugal, l’Espagne, devraient dévaluer leur monnaie de 20% à 30% pour redevenir compétitifs pour leurs exportations et réduire leurs importations. De son côté, l’Allemagne devrait réévaluer de 20% pour cesser d’étrangler les autres pays. Faisant preuve d’un réalisme politique dont pourrait s’inspirer nombre de dirigeants politiques français, Oskar Lafontaine juge « qu’une telle politique n’a aucune chance d’être mise en œuvre ». En effet, le consensus du parti pro-euro en Allemagne (il rassemble la droite, les verts, les socio-démocrates, Die Like) ne permettra pas ces évolutions.

III.- Oskar Lafontaine préconise la mise en place d’un nouveau Système monétaire européen qui remplacerait la monnaie unique.

Ce nouveau Système monétaire européen aurait l’objectif central de permettre les dévaluations et réévaluations. Le système des changes serait géré au niveau européen. Pour parvenir à cet objectif, trois catégories de mesures seraient prises :

« un strict contrôle de la circulation des capitaux serait l’inévitable première étape » ;

durant la période de transition, il faudra « aider les pays qui devraient inévitablement déprécier leur monnaie », et accepter « une intervention de la BCE » ;

le secteur financier devrait être placé sous « stricte régulation », selon un modèle proche de celui des « caisses d’épargne publiques ». Oskar Lafontaine ajoute qu’il faut « fermer le casino ».

IV.- Rappel sur le Serpent monétaire européen et le Système monétaire européen

Le Serpent monétaire européen est né de l’accord de Bâle du 10 avril 1972. Il est remplacé par le Système monétaire européen le 13 mars 1979. L’échec de ces dispositifs est lié au refus des oligarques européens de mettre en place un strict contrôle des changes et des mouvements de capitaux.

A.- Le Serpent monétaire européen

Le terme « serpent » vient du fait que les devises ondulaient à l’intérieur de marges fixes, donnant l’image d’un serpent.

Les accords de Bretton Woods, en 1944, décident que seul le dollar serait convertible en or, à un prix fixé à 35 dollars l’once. Le système monétaire international repose donc sur des parités de change fixes entre les pays. Les dévaluations et réévaluations restent possibles, mais elles sont négociées au sein du Fonds monétaire international. Le système est relativement stable, les crises financières n’existent pas. Cependant, les échanges commerciaux internationaux sont libellés en dollar. Les États-Unis disposent ainsi d’une situation extraordinairement favorable puisqu’ils sont le seul pays au monde à pouvoir payer leurs importations avec leur monnaie nationale. Tous les autres pays, inversement, doivent récupérer suffisamment de devises pour payer leurs importations. Seule solution pour y parvenir : augmenter les exportations.

Les États-Unis vont donc pouvoir augmenter leurs importations sans limite en les payant en dollars. Par ailleurs, le financement de la guerre froide par l’entretien de bases militaires partout dans le monde et la guerre du Vietnam vont provoquer une importante création monétaire, dépassant largement la contrepartie en or qui permettait de maintenir l’once du métal jeune à 35 dollars.

Devenu de plus en plus fragile, le système explose en 1971 lorsque le président américain Nixon décide unilatéralement de mettre un terme aux accords de Bretton Woods en renonçant à la seule convertibilité du dollar en or. Le système monétaire international change alors du tout au tout en passant à un régime de parités flottantes, le dollar fluctuant librement par rapport aux autres devises.

Du coup les détenteurs de dollars les vendent contre de l’or et des devises, en faisant monter leurs prix et baisser celui du dollar. La monnaie des pays exportateurs (essentiellement Allemagne et Japon) est la plus recherchée. Mais la hausse de la valeur de ces monnaies risque de les pénaliser à l’exportation en renchérissant le prix de leurs biens exportés. D’où le développement de stratégies de montée de gamme (produits de plus haute qualité qui permettent un profit plus élevé), de développement de la productivité, de pression sur les salaires (déjà !). La situation est devenue difficile pour le Japon et l’Allemagne, les monnaies de ces pays devenant trop surévaluées par rapport au dollar.

Un dispositif a donc été conçu au sein de ce qui s’appelait alors la Communauté économique européenne (CEE), visant à limiter les fluctuations de change entre les pays membres. Un cour pivot a été défini pour chaque monnaie, autour duquel des fluctuations de 2,25% à la hausse ou à la baisse étaient autorisées.

Ce système va se fragiliser progressivement avec la baisse continue du dollar entre 1972 et 1978. Plusieurs pays membres du Serpent ne vont plus pouvoir rester dans le cadre des marges de fluctuation (+ ou – 2,5%) et devront dévaluer. C’est le cas, d’abord, de la livre sterling en juin 1972 (dévaluation de 30%), puis de la lire italienne en janvier 1973, du franc français en 1974 et en mars 1976.

En un an, de mars 1977 à mars 1978, le dollar s’effondre, par exemple de 12,3% par rapport au mark, le gouvernement américain laissant sa monnaie baisser. Les échanges communautaires sont menacés, les monnaies européennes quittent le serpent les unes après les autres.

C’est le 27 octobre 1977 que le président de la Commission européenne, le britannique Roy Jenkins, à Florence, propose de créer une monnaie unique pour les neuf pays membres de la CEE avec un budget communautaire de 10% du PIB de chaque pays (cette proposition n’aura aucune suite). Le Système monétaire européen naîtra de cette orientation.

B.- Le Système monétaire européen

Deux changements principaux distinguent le Système monétaire européen (SME) du Serpent monétaire européen.

Un « panier » de monnaies est créé, l’ECU (European Currency Unit), qui n’est pas une monnaie commune, fondé sur le poids économique des pays membres, servant à établir la parité des devises européennes.

Les fluctuations des devises européennes se font à partir du panier de monnaies, + ou – 1,125%.

Le Système monétaire européen succède donc au Serpent monétaire européen le 13 mars 1979. Ce système va fonctionner correctement les deux premières années de son existence, en 1979 et 1980, permettant de stabiliser le cours des monnaies européennes. Mais très vite des limites vont apparaître.

Le franc français sera dévalué en octobre 1981, en juin 1982 et en mars 1983. Le franc belge sera dévalué en février 1982. Le système tiendra convenablement jusqu’en 1992. En septembre de cette année, des spéculations sont lancées à la suite du rejet du traité de Maastricht par les Danois. La lire italienne et la peseta espagnole sont dévaluées, puis la livre sterling. À l’été 1993 la Banque de France a épuisé ses réserves de devises en trois semaines pour soutenir le franc (achat de francs sur les marchés avec des devises pour faire remonter les cours). Les marges de fluctuations ne peuvent plus être respectées, elles sont élargies à + ou – 15%. Le SME, de facto, prend fin à l’été 1993.

La leçon à retenir est que l’absence de contrôle des changes et des mouvements de capitaux a permis l’explosion du SME.

V.- Les limites des propositions d’Oskar Lafontaine

Les propositions d’Oskar Lafontaine constitueraient un progrès indéniable vers un double système de souveraineté monétaire nationale et de coopération européenne. À ce titre elles doivent être soutenues.

Mais ces propositions nécessitent un accord des Vingt-Sept. Il n’est pas impossible de penser qu’un tel accord pourrait être trouvé si la crise prend des proportions encore plus aigües qu’aujourd’hui. Confrontés au risque de départ de certains pays de la zone euro, l’Allemagne surtout et la France peuvent être amenées à se rallier à la proposition Lafontaine.

Toutefois, ces propositions laissent sans réponse la gestion de la crise à court et moyen terme. Que faire en attendant qu’un hypothétique accord intervienne entre les Vingt-Sept ? Pour être parfaitement cohérent, Oskar Lafontaine aurait dû ajouter qu’en attendant de trouver un accord de ce type, la sortie de l’euro unilatérale par un certain nombre de pays était nécessaire.

VI.- Les remous provoqués au sein de Die Linke

Le parti politique allemand Die Linke, dont Oskar Lafontaine est un des fondateurs, a très mal pris la déclaration du 30 avril de son ancien leader. Au moins les lignes vont bouger car un débat enflammé se développe dans le parti.

L’une des deux co-présidente, Katja Kipping, ancienne dirigeante du PDS (ex-communiste) de l’ex-RDA, a répondu par un article dans la presse du parti, Neues Deutschland, avec un titre que ne renieraient ni l’UMP ni le PS : « Nous disons Oui à l’Euro ! ». Son principal argument est la collusion avec le nouveau parti anti-euro allemand Alternative pour l’Allemagne (AfD). Le deuxième co-président, Bernd Riexinger, représentant les ex-sociaux-démocrates de RFA, a répondu : « Certains disent non à l’Euro et oui à l’Austérité (l’AfD), nous, nous disons non à l’austérité et oui à l’Euro. Ils sont de droite, nous sommes de gauche ! ».

Les déclarations de soutien à la monnaie unique se multiplient dans la presse du parti contrôlée par les dirigeants qui organisent un véritable tir de barrage. Le député européen Jurgen Klute, par exemple, a ainsi rédigé un vibrant article contre le retour du nationalisme, en appelant à la « réussite du projet européen ». A la gauche de Die Linke, la responsable de la « plate-forme communiste », Sarah Wagenknecht, a fait des déclarations confuses : elle dénonce le programme de l’AfD, et refuse de prendre position pour ou contre Lafontaine.

Pour préparer la réunion de Dresde prévue en juin, visant à adopter le programme du parti pour les élections de septembre, le groupe dirigeant de Die Linke a déjà son idée : « même si l’Union monétaire européenne a été très mal construite, Die Linke ne veut pas la fin de l’Euro. Au contraire, l’Union monétaire doit être totalement réorganisée, afin que l’on défende la coopération pacifique en Europe plutôt que d’exacerber les divisions ».

Il est vrai que la position d’Oskar Lafontaine diffère radicalement de celle promue par le Parti de la Gauche européenne (PGE - dont sont membres Die Linke, le PCF, le PG…) et de ses dirigeants les plus connus comme Alexis Tsipras ou Jean-Luc Mélenchon.

Le Journal L’Humanité a mis vingt jour pour relayer l’information, et ce n’est que le 22 mai qu’un petit article était rédigé indiquant que « la solution proposée d’un retour à la case SME illustre toutefois les limites d’une analyse strictement keynésienne de la crise alors que les défis de l’emploi, de l’environnement, de l’extension inédite des protections sociales et des services publics qui frappent partout à la porte appellent comme jamais un renforcement des coopérations intereuropéennes. Les deux coprésidents de Die Linke ont tenu à marquer leur distance avec la contribution d’Oskar Lafontaine en invoquant, eux, leur attachement à la poursuite d’un euro transformé ».

Rarement langue de bois n’aura été autant utilisée. Cet article n’a aucune signification : il n’y a strictement aucun rapport entre l’analyse keynésienne et la position d’Oskar Lafontaine ; on ne voit pas en quoi la défense de l’euro peut avoir le moindre effet sur la liste de sujets évoqués comme l’emploi ou les services publics ; l’euro interdit les « coopérations intereuropéennes » puisque la BCE est indépendante et que cette situation n’est pas prêt de changer.

Die Linke avait servi de modèle à Jean-Luc Mélenchon dans sa conception du Front de gauche. Or Die Linke est en plein déclin et apparaît aujourd’hui comme un anti-modèle du fait de ses positions pro-européennes.

De 2005 à 2009 il dispose de 161 députés des parlements régionaux, 179 maires, environ 5 500 élus municipaux, 8 députés européens obtenus en 2009.

Aux élections régionales de janvier 2008, Die Linke obtient 7,1% en Basse-Saxe, 5,1% en Hesse, puis 6,5% dans le Land de Hambourg et entre dans ces trois parlements régionaux.

Aux élections fédérales de septembre 2009 Die Linke fait une percée et porte sa représentation au Bundestag à 76 députés sur 614, contre 53 précédemment. Avec 11,9 %des suffrages exprimés et un million d’électeurs supplémentaires, le parti devient la quatrième force politique nationale, distançant nettement les Verts. Durant la campagne électorale, les sondages lui donneront jusqu’à environ 14% d’intentions de vote.

Aux élections régionales d’août 2009, Die Linke réalise une percée dans le Land de la Sarre où Oskar Lafontaine dirige la liste. Il obtient 21,3% des suffrages exprimés, soit 19 points de plus que la liste PDS en 2004. En Saxe le parti obtient 20,6% (-3%) et 27,4% en Thuringe (+1,3%). Die Linke fait son entrée dans le Landtag du Schleswig-Holstein avec 6 % des voix (+5,2%) et maintient sa position de seconde force politique dans celui du Brandebourg avec 27,2% (-0,8%).

Lors des élections régionales partielles de mars 2011 Die Linke va connaître une sévère défaite. En Rhénanie-Palatinat il passe de 9,4% en 2009 à 3,1%. En Bade-Wurtemberg, il passe de 7,2% en 2009 à 2,8%. À Berlin, où il cogère la ville-région avec le SPD, il passe de 11,7% à 4,6%.

Les élections régionales partielles de mai 2012 en Rhénanie du Nord – Westphalie (Land le plus peuplé d’Allemagne avec environ 18 millions d’habitants) vont confirmer le net recul de Die Linke qui passe de 5,6% à 2,5%.

Le 30 mai 2013

Il faut restaurer le Système monétaire européen

Par Oskar Lafontaine (*)
Le 30 avril 2013.
La politique européenne de la chancelière Angela Merkel est sous pression croissante. Sa politique d’austérité qui a dominé l’Europe et l’amène au désastre a été critiquée par le président de la Commission européenne Manuel Baroso ainsi que par Enrico Letta, récemment désigné comme Premier ministre en Italie par le president Giorgio Napolitano. Cela fait longtemps que les leaders européens sont perdus. La situation économique se dégrade de mois en mois et le chômage atteint des niveaux dangereux pour la démocratie.
Les Allemands n’ont pas encore réalisé que, poussés par la crise économique, les Européens du sud - y compris la France - risquent tôt ou tard d’être forcés de se révolter contre l’hégémonie allemande. C’est en particulier la politique de dumping des salaires, pourtant une violation des traités depuis l’origine de la politique d’union monétaire qui les met sous pression. Quand les pays qui sont victimes de cette politique se rassembleront pour forcer à un changement de politique anti-crise aux dépens de l’Allemagne, Angela Merkel se réveillera de son immobilisme auto-satisfait.
Une monnaie unique aurait été viable si les participants s’étaient mis d’accord sur les conditions d’une politique salariale coordonnée en faveur d’une augmentation de la productivité. Dès lors que je considérais qu’une telle politique salariale était possible, j’ai donné mon accord à la création de l’euro dans les années 90. Mais les institutions mises en place pour cette coordination, et en particulier le dialogue macro-économique, ont été contournées par les gouvernements. L’espoir selon lequel la création de l’euro pousserait tous les acteurs à un comportement économique rationnel s’est révélé vain. Aujourd’hui, le système a déjanté.
Ainsi que HWS l’a récemment écrit dans le Handelsblatt, des pays tels que la Grèce le Portugal ou l’Espagne devraient devenir environ 20 à 30% moins chers que la moyenne européenne pour rétablir leur compétitivité et l’Allemagne devrait devenir 20% plus chère. [Hans-Werner Sinn est professeur d’économie à l’Université de Munich, president de l’Institut IFO qui est un groupe de recherche économique très réputé en Europe, et membre du groupe des conseillers économiques ministériel. Il est l’auteur de Can Germany be Saved ?
Cependant, l’expérience des dernières années a clairement démontré qu’une telle politique n’a aucune chance d’être mise en œuvre. Une réappréciation via une hausse des salaires qui serait nécessaire en Allemagne y est impossible du fait de la convergence entre le patronat allemand et le bloc des partis néo-libéraux rassemblant la CDU CSU, le SPD, le FPD et les Verts qui leur obéissent. Une vraie dévaluation via la baisse des salaires qui générerait les nécessaires 20 à 30% de pertes de revenus en Europe centrale – France incluse - conduirait au désastre dont on peut déjà voir les prémices en Espagne, Grèce et Portugal.
Si ces dévaluations et réappréciations ne peuvent pas être faites ainsi, il va falloir abandonner la monnaie unique et revenir à un système qui permette ces dépréciations / appréciations, ainsi que c’était le cas dans la période précédant la monnaie unique, celle du Système monétaire européen. En substance, il s’agit de rendre de nouveau possibles des dévaluations et réévaluations via un système des changes géré au niveau européen. Dans cet objectif, un strict contrôle de la circulation des capitaux serait l’inévitable première étape. Après tout, l’Europe a déjà pris une telle mesure avec Chypre.
Durant la période de transition, il faudrait aider les pays qui devraient inévitablement déprécier leur monnaie, afin de les renforcer, y compris via une intervention de la BCE, et d’éviter un effondrement. Un prérequis du bon fonctionnement du Système monétaire européen serait une réforme du secteur financier sous stricte régulation, selon une organisation du type de celles des caisses d’épargne publiques. Il faut fermer le casino.
La transition vers un système permettant dévaluations et réévaluations devrait se faire graduellement, en commençant par la Grèce et Chypre et en prenant en compte l’expérience du Serpent monétaire européen ainsi que celle du SME.
Traduit de l’anglais par Jacques Nikonoff

(*) Oskar Lafontaine a été l’un des fondateurs du parti de gauche allemand Die Linke dont il fut le président jusqu’en 2009. Il a été président du Parti social-démocrate avant de démissionner en raison de divergences politiques avec le Chancelier (SPD) Schröder.

Source : le Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Publié par Frédéric Maurin à 16:36pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #euro , #europe , #front de gauche , #Parti Socialiste , #m'pep , #l'humanité , #allemagne

29 Mai 2013

A Grigny : Désobéir en 2013

René Balme, maire de Grigny et Paul ARIES, directeur de publication de La vie est à nous -Le Sarkophage, renouvellent leur association pour l’organisation du 3è Forum sur la Désobéissance. Le Bien Vivre, les Jours Heureux du programme du Conseil national de la Résistance et la Biennale d’art contemporain seront à l’honneur pour cette édition 2013.

APPEL de René BALME, maire de Grigny (Rhône) et Paul ARIES, directeur de publication de La Vie est à nous/Le Sarkophage

La France, à genoux économiquement mais debout politiquement, avait su en 1944 inventer Les jours heureux (titre du programme du Conseil national de la Résistance). Le monde est aujourd’hui assez riche pour écrire de nouveaux jours heureux. Nous devons pour cela être à l’écoute de tous les nouveaux gros mots qui se cherchent internationalement pour dire les nouveaux chemins de l’émancipation :

Le « sumak kaway » des indigènes indiens, le « buen vivir » des gouvernements équatoriens, boliviens, la « vie pleine » de Rigoberta Menchu (Prix Nobel de la paix 1992), le « bonheur national brut » en Asie, la « sobriété prospère », la « frugalité joyeuse » ou encore les « besoins de haute urgence » des poètes liés au mouvement social en Guadeloupe, etc.

A l’occasion des 70 ans du programme du Conseil national de la Résistance, la Ville de Grigny (Rhône) et le journal La Vie est à nous/Le Sarkophage appellent à imaginer ensemble ce que pourrait être un bien vivre à la française :

Parce que désobéir c’est ne pas désespérer et dire qu’un autre monde est possible
Parce que désobéir c’est vouloir chanter au présent plutôt que de croire aux lendemains qui chantent
Parce que désobéir c’est se mettre à l’écoute des plus pauvres, pays ou individus
Parce que désobéir c’est accepter les cadeaux que nous font les pays du Sud, avec des concepts comme le buen vivir, l’anti-extractivisme, le pachamamisme
Parce que désobéir c’est inventer notre propre version de ces concepts en construction
Parce que désobéir c’est construire ce pont entre résistants d’hier et d’aujourd’hui

Ce grand forum national, ouvert à toutes et à tous, co-organisé par la Ville de Grigny et le journal La Vie est à nous/Le Sarkophage se tiendra sur une journée pleine :

SAMEDI 26 OCTOBRE 2013 de 9h à 22h, à GRIGNY - RHONE (Centre Edouard Brenot, rue Waldeck Rousseau)

Nous partagerons le matin les expériences des pays pauvres (Bolivie, Equateur, Inde, Bhoutan, etc). Nous mutualiserons l’après-midi les expériences pour construire un bien vivre à la française. Nous solliciterons, pour le succès de ce 3e forum national de la désobéissance, des associations, des syndicats, des partis pour inventer ensemble ces nouveaux jours heureux. Nous nous saisirons de la Biennale d’art contemporain qui fera escale à Grigny, pour affirmer que la culture fait partie intégrante de cet art de vivre à construire. Cette journée se conclura par un grand banquet désobéissant et un spectacle.

Hébergement gratuit possible en gymnase sur réservation (s’équiper de son matelas et de son couchage) à : Mairie de Grigny - Protocole - tél. 04 72 49 52 75 et courriel : protocole@mairie-grigny69.fr

Contact : Mairie de Grigny - Cabinet du maire - tél. 04 72 49 52 34 et courriel :

cabinetdumaire@mairie-grigny69.fr

Publié par Frédéric Maurin à 21:36pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #cnr , #grigny , #municipales

29 Mai 2013

Préavis de non grève

1324,71 euros.

En préparant mon nettoyage de printemps, je me suis amusé à compter mes retenues sur salaire, pour fait de grève.

En fait, après le cirque Cahuzac, je voulais publier moi aussi mon patrimoine, soit essentiellement des fiches de paie jaunies, et là, qu'est-ce que je découvre ?

Que de janvier 2010 à janvier 2011, c’était sous Sarkozy, il y a deux siècles, j'ai eu 1324,71 € de retenue sur salaire.

Eh oui, plus d’un mois de smic en moins pour lutter contre l’austérité (et le recul de l’âge légal de la retraite à 62 ans), cela peut prêter à sourire.

Avec les résultats que l'on sait (et ceux que l'on va voir, par exemple en matière de Retraites : Issindou monte au front ).

Notez que je ne les regrette pas: ni les euros perdus ni les journées de liberté, de manifestations, d’échanges, de réflexion, arrachées à la machine.

C’est l’optimisation fiscale du gagne- petit, n'est pas Cahuzac qui veut, mais plus sérieusement ma petite part de décroissance : Non à l'augmentation des salaires !

Ce qui me gêne, c’est que je reçois, comme tout le monde, de nombreuses sollicitations toutes aussi légitime les unes que les autres auxquelles je réponds – ou ne réponds pas – en tout cas jamais comme je voudrais.

Ici, il faut sauver L'Humanité , quotidien fondé par Jean Jaurès, là pérenniser Le Monde diplomatique sans oublier Bastille-République-Nations ni pour autant omettre de financer le jacuzzi de FAKIR .

Cotiser au Mouvement Politique d'Émancipation Populaire bien sûr mais pourquoi pas contribuer à la campagne du candidat Communiste du coin?

Mais c'est bien beau l’indispensable bataille des idées, le jeu électoral, quand d’autres crèvent de faim, de maladies ou d’angoisse du lendemain …aussi faut-il donner au SPF,Unicef, MSF. Secours populaire et aux très pertinents Peuples solidaires.

Et puis à quoi bon vivre dans un monde invivable en oubliant Les Amis de la Terre ,Greenpeace..?

Ainsi, voyez-vous, je fais ce que je peux, c’est-à-dire pas grand-chose à la mesure des enjeux qui précèdent et de la dispersion des outils.

Et j’ai, de plus, quelques gros défauts (liste non exhaustive) :

- je dois manger et, bien que nous soyons tous amateurs de pâtes, mes enfants aussi,

- je dois payer un loyer car j’ai pas une gueule d’héritier (je suis né comme çà) ni de petit propriétaire (car je n’aime pas les banques, fussent-elles "citoyennes"),

- je dois pourvoir à quelques dépenses énergétiques, bien qu’étant un as de la pédale (car je n’aime pas non plus, pour des raisons diverses : les pétroliers, les contraventions, les parkings Vinci, les pétromonarchies obsurantistes etc…), les hivers restent parfois froids sur Saint Martin d'Hères.

- pire, je suis un prolétaire mais cela vous vous en doutiez et il y a de fortes chances que vous en soyez également (parenthèse : d’ailleurs, si des bourgeois lisent ce blogue, merci de vous signaler, c’est pour mes statistiques),

- enfin, pour faire court, je n’ai pas les moyens de ma générosité, pas les moyens de la solidarité qui est indispensable à ma gauche.

Aussi, vais-je tenter de me donner un peu d’air, tenter de ne pas faire grève durant, allez, 6 mois, un an peut-être.

Voire plus.

Ou beaucoup moins, si les circonstances l’autorisaient. A savoir, pour faire court encore, la crédibilité d’un vrai coup de balai

Aussi, à titre expérimental, la côte actuelle de ma servitude volontaire s'élèvant à 75,16 euros/jour (çà vous fait rire ?), un jour de grève en moins pour moi, ce sera donc 75,16 euros en plus dans les caisses de (...??? voir plus haut).

Par exemple :

75,16 € à celles et ceux qui mènent des grèves longues, dures, stratégiques, bloquantes, où se jouent leur avenir immédiat. Comme ICI : PSA

75,16 € pour le CIAG qui sabote les assemblées d’(ré)actionnaires, pour le SPF, qui sait de quoi il cause en matière d'austérité,

75,16 € pour la presse libre étranglée ... et-ou le syndicat sans lequel toute grève ne serait pas, ou sans boussole, impuissante.

Je suspends donc les « journées à messages », "la manifestation-signal" qui seront ignorées tant des directions que des ministères, que (mal)traitées aussi aimablement par les médias aux ordres qu’elles sont inoffensives.

Si le sevrage, moins que le servage, sera difficile, une petite drogue de substitution m’aide à tenir : l'idée que 1000, 10 000, 100 000... non grévistes fassent pareil.

Et après 30 ans de désyndicalisation, ceux-ci sont si nombreux que la marge de progression est importante.

Donc, j'arrête, je commence, dès le 13 juin 2013.

Je vous raconterai.

Publié par Frédéric Maurin à 07:01am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #grève , #fakir , #médias aux ordres , #ciag

28 Mai 2013

Retraites : Issindou (PS) monte au front

23 mai 2013 : le probable rapporteur du texte sur les retraites, le député PS de l’Isère Michel Issindou, a estimé que « nous n’échapperons pas à un allongement de la durée de cotisation, car c’est la mesure qui produit le plus d’effets à terme ». Il prévient qu’ « il y aura des tensions, je pense que ce sera dur, il y aura des mouvements dans la rue, mais par rapport à 2010 [précédente réforme des retraites], l’opinion publique est plus prête à entendre les choses ».

Il a jugé que « de toute façon, nous allons être impopulaires avec cette réforme, et tant qu’à l’être, autant faire des choses utiles pour l’avenir » mais « qu’au moins nous allions au fond des choses ». Selon lui, « en maintenant l’âge légal [de départ] à 62 ans, nous laissons une porte de sortie ». Il a avancé l’idée de faire contribuer les retraités et a précisé qu’« il faudra faire attention aux petites retraites, ne pas demander d’efforts supplémentaires à ceux qui sont, peut-être, en deçà de 1 500 euros ».
M. Issindou a également déclaré qu’« un autre sujet […] fera débat, c’est celui du rapprochement public-privé ». La ministre Marisol Touraine a confirmé hier sur LCI que le secteur public « fera évidemment partie de la réforme des retraites ». Le régime de retraite qui s’applique aux fonctionnaires est régi par le Code des pensions civiles et militaires. Par exemple pour les fonctionnaires le montant de la pension est calculé sur les six derniers mois, pour le privé il est calculé sur les 25 meilleures années. L’existence de ce code est visiblement menacée.

Il y a trois ans, j'écrivais, à l'endroit de la majorité sarkozyste:

Retraites: pour une opération "Tu l'as votée, tu vas le payer ...

Il va me falloir reformuler : "On a voté (PS), on va le payer!" ?

Notez que tout avait été prévu ici: Français : Sarkozy vous prend pour des cons.

Le hasard veut que j'habite Saint-Martin d'Hères, à deux pas de la permanence parlementaire de Michel Issindou, sise 21 rue Doyen Gosse.

A l'occasion, camarade gréviste, passe donc chez moi, on pourra analyser autour d'un verre comment une certaine gauche a livré sa base électorale au Front National...

Publié par Frédéric Maurin à 21:59pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #retraites , #ps , #grenoble , #saint martin d'hères , #austérité , #parti socialiste

28 Mai 2013

29 mai 2005 - 29 mai 2013: cela se fête !

comme chaque année. La routine quoi.

Je ressors le cadeau de l'année dernière et, en lien le rassemblement 2013.

Il y 8 ans, donc, le peuple français a rejeté par référendum d’être mis sous tutelle. Le « Traité établissant une Constitution pour l’Europe » voulait donc organiser un gigantesque transfert de souveraineté vers un pouvoir supranational, embryon d’un État fédéral. Ce pouvoir, matérialisé par la Commission européenne pour l’aspect exécutif et législatif, et par un parlement consultatif, ne répondait ni aux critères d’une République ni à ceux d’une réelle démocratie. Ce traité était donc contraire aux intérêts des gouvernés puisque la nouvelle forme de gouvernement prévue leur enlevait le minimum de pouvoir que laisse la « démocratie représentative », à savoir la possibilité de choisir son maître. En revanche, il servait les intérêts de ceux qui l’ont rédigé (105 particuliers largement autoproclamés dont Valéry Giscard d’Estaing, promoteur de la loi scélérate de 1973 qui a enlevé à la Nation le pouvoir régalien de battre monnaie). Il prévoyait ainsi un certain nombre d’interdits économiques qui ne visaient qu’à laisser le champ libre à l’intérêt capitalistique.
Depuis la décision du peuple de dire « non » au TCE, celle-ci n’a cessé d’être bafouée. Par le gouvernent de Jacques Chirac d’abord qui, au lieu d’obéir au peuple s’étant prononcé par référendum, a maintenu notre pays dans la logique de l’Europe fédérale. Ensuite et surtout par le gouvernement de Nicolas Sarkozy avec la complicité d’une grande majorité de députés socialistes et verts qui ont vidé la Constitution de la Vème République de son aspect principal : le respect de la souveraineté nationale. Il fallait en effet rendre la Constitution française « compatible » avec le traité de Lisbonne puisque les électeurs n’avaient pas accepté de transformer le TCE en Constitution. Il n’est un secret pour personne que le TCE et le traité de Lisbonne n’ont que des différences formelles mineures et répondent tous deux aux exigences de la ploutocratie.
Le « non » au TCE a été porté entre autres par la gauche de gauche qui considère encore aujourd’hui ce résultat comme une victoire. Le M’PEP constate cependant avec tristesse que la position actuelle du Front de gauche sur la construction européenne n’est plus dans la logique de la volonté populaire de 2005. Ainsi la volonté exprimée de rester dans l’euro – « l’euro nous appartient » dit Jean-Luc Mélenchon - et l’attachement à l’UE - dont le FdG propose la transformation de l’intérieur - impliquent des transferts de souveraineté qui ont clairement été rejetés lors du référendum.. Il est à craindre que la nouvelle Constitution que le FdG propose de construire, pour être compatible avec cette politique, ne garantisse plus le respect de la souveraineté du peuple et de la Nation. Cette garantie est pourtant nécessaire à « l’Autodétermination » ou droit des peuples à disposer d’eux-mêmes que nul démocrate ne peut songer à remettre en question.
Le Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance dans l’union économique et monétaire (TSCG) et sa déclinaison technique, le Mécanisme européen de stabilité (MES), répondent à la même logique, celle d’un transfert de souveraineté vers un pouvoir supranational, hors de portée des électeurs.
Ce transfert est d’ordre économique et le pouvoir supranational révèle sa nature par les « réformes » qu’induit son action dans notre pays :
« Donnez-moi le pouvoir de créer la monnaie et je me moque de qui fait les lois ! » (Mayer Amshel Rotschild). Traité de Maastricht, TCE, TSCG, MES : un seul domaine, l’argent ; une seule fonction, garantir une rente à la ploutocratie.
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Rassemblement le 29 mai 2013 - 18H30 - Jardins des Tuileries
en face du 228 rue de R
ivoli

Les conséquences du 29 mai 2005 apparaissent de plus en plus évidentes.
Le rejet du Traité Constitutionnel européen par les citoyens français n’admettait aucune contestation. C’est donc par un véritable coup d’État que le traité de Lisbonne, jumeau du précédent a été imposé au peuple.
C’est en ce jour de commémoration qu’il faut rappeler ce qu’est la souveraineté populaire. L’Association pour une Constituante appelle donc à des rassemblements dans tous les départements pour cette commémoration.

À Paris, ce sera à 18h30 dans les jardins des Tuileries en face du 228 rue de Rivoli (métro Tuileries ou Concorde), à l’endroit où siégeait la Convention qui, le 22 septembre 1792, proclama la République.
Une plaque rappelle cet évènement. L’Association appelle les citoyens à s’y retrouver.

Le Comité Valmy soutient cette initiative de l’Association pour Constituante.

29 mai 2005 - 29 mai 2013: cela se fête !

Publié par Frédéric Maurin à 19:37pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #ue , #Union européenne , #tce , #sarkozy , #front de gauche , #m'pep

27 Mai 2013

Anna Rosso-Roig : à Front renversé!

A mon sens, un mauvais signal :

Reprise texto du Figaro (les organes d'autre tendances ne semblent pas dire l'inverse) :

"Anna Rosso-Roig, candidate du Front de gauche à Marseille aux législatives de juin dernier, se présentera sous l'étiquette Front national aux municipales.

Candidate aux législatives en 2012 pour le Front de gauche au sud de Marseille, dans le IXe arrondissement, Anna Rosso-Roig devrait se présenter aux municipales sous les couleurs du Front national. Une recrue de choix pour le parti de Marine Le Pen. Une surprise au PCF où elle a milité plusieurs années. C'est un article du magazine Marsactu qui a révélé l'affaire ces derniers jours, mais cela fait déjà plusieurs mois que l'ex-candidate communiste a posé son choix.

«Anne Rosso-Roig s'est présentée à nous en octobre dernier, à l'occasion d'une visite de Steeve Briois», explique au Figaro Stéphane Ravier, responsable du FN à Marseille. «Elle nous a dit être très attachée au volet social de notre action politique. Elle a constaté que le Front de gauche était plus tourné vers son lointain que vers son prochain», ajoute-t-il. Ravier se réjouit de la venue au FN «d'une excellente militante» qui devrait «selon toute probabilité, être sur la liste de secteur aux prochaines municipales».

Âgée d'une quarantaine d'années, mère de deux enfants, Anna Rosso-Roig, qui a aussi un temps milité au PS, a indiqué avoir été séduite par Marine Le Pen, «bien plus modérée que son père sous la présidence de qui, honnêtement, je n'aurais pas adhéré». Mais cette catholique «de tradition», qui pratique sa foi «de plus en plus» a aussi justifié son choix par «la montée des intégristes». «Je suis respectueuse de l'islam comme religion tolérante, a-t-elle expliqué au Figaro, pas lorsque cette religion veut prendre le pas sur les autres». «J'ai besoin de prier, d'aller dans les églises, a-t-elle ajouté, et je ne vois pas pourquoi aujourd'hui, dans la société, il faudrait retirer les signes visibles de notre tradition comme la Noël...»

Côté communiste, le président de la fédération PCF de Marseille, Pierre Dharréville, se dit «profondément révolté par ce choix». «On se sent trompé, indique-t-il, mais il ne faudrait pas théoriser dessus». Selon lui, le cas d'Anna Rosso-Roig est en effet «isolé, sinon unique». «Il y a une incompatibilité totale entre nos valeurs et celles du FN», insiste le responsable du PCF, qui remarque que «aujourd'hui, son discours n'a absolument rien à voir avec ce qu'il était pendant la campagne des législatives». «Elle est prête à tout pour obtenir une place», regrette-t-il, dénonçant «une ambition personnelle, plus qu'un véritable choix politique».

Je conçois qu'Anna Ross-Roig puisse remplacer, par arrivisme?, la lutte de classes par la lutte de places, des races ou des religions.

"Cas unique", arrivisme, malaise spirituel...ok.

Mais il importe à mon sens justement de théoriser là-dessus.

Car, pour anecdotique que soit le retournement de notre pi(t)euse candidate, on n'a pas observé à ma connaissance le trajet inverse.

Car, théoriquement justement, on n'a pas affaire ici à un "électeur-client volatil" qui se déterminerait selon l'humeur du dernier coup de gueule, fait-divers, ou promesse clientéliste.

Alors quid de l'électeur lambda dont le jugement, et le vote, est modulé selon TF1 et ses clones ?

Il s'agit, je peux me tromper :

1/ d'une militante

2/ qui a du être à un moment ou à un autre jugée suffisamment crédible pour être investie candidate du Front de Gauche.

S'il y a course de vitesse entre le Front de Gauche et le Front National, les dernières photographies électorales (présidentielles, législatives partielles) montrent que le FN était déjà assez loin devant.

Avec cette affaire, le FN vient juste de prendre quelques mètres d'avance dans la banalisation.

Le résultat de la course étant incertain, le Front de Gauche n'aurait-il pas intérêt à reprendre au FN -et en vitesse- ce que celui-ci a volé à la gauche :

la souveraineté nationale.

...souveraineté nationale qui ne consiste pas à agiter obsessionnellement des drapeaux tricolores mais à mener des politiques monétaires, budgétaires et fiscales conformes aux intérêts du peuple (qui ne sont pas forcément ceux de l'Union Europénne).

C'était suggéré ici : L'Euro ou Le Pen ? et là :Votez Le Pen...

et cela reste, il me semble, un des propos essentiel du M'PEP

Publié par Frédéric Maurin à 13:28pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #médias aux ordres , #m'pep , #front de gauche , #front national , #souveraineté nationale

27 Mai 2013

1 er juin à Grenoble : nettoyage de printemps !

Lucide ET contre l'austérité :

2 rendez-vous en 1

LUCIDE, collectif de LUtte Contre les Idées D’Extrême droite, sait qu’il peut compter sur toutes vos forces pour participer à un

RASSEMBLEMENT 16H30 PLACE VICTOR HUGO GRENOBLE

suivi d’un défilé

et clos par UN MOMENT FESTIF au JARDIN DE VILLE

Le Pen 2ème génération et le Front National s’invitent à Grenoble dans sa "tournée des oubliés" pour un rassemblement privé le 1er juin prochain.

Nous considérons qu'ils n'ont pas leur place dans une ville Compagnon de la Libération.

Ni ici, ni ailleurs.

Le Front National est considéré comme un parti comme un autre en République française (élu-e-s dans les instances, financement public, ...). N'oublions pas que le parti national-socialiste, avec Hitler à sa tête, est arrivé démocratiquement au pouvoir par les élections de 1933.

Dans un contexte de crise globale, le Front National surfe sur les politiques d’austérité et anti-immigrations pour faire passer ses idées xénophobes, réactionnaires et sexistes. Avec sa "tournée des oubliés", il joue sur la misère généralisée qui en résulte pour rendre responsable de la dégradation de nos conditions de vie les immigré-e-s, les syndicalistes, les femmes, les LGBT, les différent-e-s de la société, ...

Il cherche à diviser le "peuple d’en bas" pour nous détourner de nos vrais adversaires

Les "solutions" du FN sont contraires aux intérêts du monde du travail et de nos concitoyen-ne-s.

Derrière un discours soi-disant social, son programme réel n’est qu’une défense du libéralisme le plus sauvage. Son projet politique est de construire un État autoritaire réduisant à néant les libertés démocratiques et nos droits sociaux.

Que toutes les forces démocratiques, politiques, syndicales, associatives, que toutes celles et ceux conscients des enjeux se rejoignent ici et maintenant et opposent un front de lutte sans faille, pour juguler les forces mortifères des droites extrêmes, lepéniste et autres, avant qu'elles ne gagnent encore du terrain. S’opposer pied à pied est nécessaire mais un combat efficace nécessite de lutter contre les politiques d'austérité et de casse sociale menées depuis plusieurs décennies.

De même que, solidairement, nous ne cesserons de dénoncer et combattre les méthodes de l'extrême droite : intimidations, violences verbales, psychologiques et physiques envers celles et ceux qui ne pensent pas comme eux ou s'opposent à eux, envers celles et ceux qui veulent que la République, grâce au vecteur de la démocratie, prenne tout son sens premier.

"On sait comment ça commence, on sait comment ça finit".

Le temps est venu où chaque citoyen-ne ne peut plus dire "je ne savais pas", ne peut plus rester en dehors de la lutte déterminée contre l'extrême droite et ses idées.

Le samedi 1er juin, organisons une réplique à la Marche citoyenne du 5 mai, contre la finance, contre l'austérité, pour la sixième République ! Plusieurs cortèges vont converger sur Grenoble depuis plusieurs communes de l'agglomération, voire de plus loin. Déjà de nombreuses organisations s'associent à cette caravane qui prendra des formes multiples : vélo, marche, cortèges, à vous d'inventer un mode d'action qui donne à voir à la population.

(voir le doc ci-dessous : Les RDV sur l'agglomération grenobloise)

Publié par Frédéric Maurin à 13:10pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #front national , #front de gauche , #saint martin d'hères , #grenoble , #austérité , #cgt , #Union européenne

24 Mai 2013

Pour un droit opposable à l'emploi

Retraites : le Front de gauche fourbit ses armes

Au Front de gauche, on veut croire que la situation peut leur être favorable. "Ca va être un gros sujet de mobilisation syndicale", assure Mme Vieu. "Une mobilisation sociale ne se décrète pas mais sur les retraites, il y a toujours eu les mobilisations les plus fortes, les larges", renchérit François Delapierre le bras droit de Jean-Luc Mélenchon. Ce dernier se montre cependant moins optimiste. Interrogé vendredi sur RTL pour savoir s'il craint une explosion sociale dans le pays, le député européen a répondu : "Je la souhaite, oui, je ne la crains pas." "Le problème, c'est que cette explosion, nous ne l'aurons pas, a-t-il ajouté. Pourquoi ? Parce que les gens ont peur, parce qu'il y a de la résignation."

Peur et résignation.

Résignation surtout, car le gros bon sens comptable peut à nouveau l'emporter : "Est-ce que comme président de la République, je peux laisser 20 milliards d'euros de déficit en 2020 ?"

(François Hollande lors de sa conférence de presse du jeudi 16 mai).

20 milliards soit le coût de son Choc de compétitivité cette baisse de 6% du coût du travail sans exiger la moindre contrepartie en terme d'embauches-recherche-formation. Ce cadeau fait également aux entreprises non délocalisables...

L'équilibre des régimes sociaux, retraite-santé-chômage-famille-logement, dépend essentiellement des cotisations sociales liées à l'emploi.

Un nouveau durcissement de l'accès au droit à la retraite, qui prépare la misère de demain, est intolérable tant qu'il restera un privé d'emploi en France.

Or, contre le chômage, "on n' a pas tout essayé". mais il y aura un choix à faire:

- transformer les chômeurs en travailleurs pauvres, c'est ce que prépare MerkHollande (ou Schroederllande, c'est selon) et c'est d'Allemagne qu'il en parle le mieux :

"Le progrès, c’est aussi de faire des réformes courageuses pour préserver l’emploi et anticiper les mutations sociales et culturelles. Et c’est ce qu’a fait Gerhard Schröder et qui permet aujourd’hui à votre pays d’être en avance sur d’autres. (contrevérité : Made in Germany: c'est quoi le modèle allemand ?) Ces décisions ne sont pas faciles à prendre, elles peuvent même faire surgir des controverses mais rien ne se construit, rien de solide ne se bâtit en ignorant le réel"

- ou se battre pour le droit opposable à l'emploi, et un bulletin de vote n'y suffira pas.

Citoyens, Préparons les caisses de grève!

Publié par Frédéric Maurin à 11:17am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #retraites , #emploi , #m pep , #françois hollande , #chômage , #retraite , #réforme

23 Mai 2013

Pièces et Main d'Oeuvre

On dit communément qu'on finit par être rattrapé par ce que l'on refoule.
Et, ici, je ne parle jamais de technologie.
Je me soigne en suivant de loin ce site: Pièces et Main d'Oeuvre .
J'y retrouve l'écho Ivan Illich et d' André Gorz (qui, je ne sais plus lequel des deux, remarquait que la manière de serrer un boulon dans une usine soviétique ou une usine américaine était identique, malgré l'antagonisme des deux systèmes, rendant l'antagonisme moins irréductible qu'il n'y paraissait...bon, passons, faudra les relire).

Ci-dessous leur "profession de foi" et un entretien publié dans Le Monde, journal selon eux, "organe central de la social-technocratie et journal de référence de la "creative class" (alias "bobos") .
-> -> ->


Pièces et Main d’Oeuvre, atelier de bricolage pour la construction d’un esprit critique à Grenoble, agit depuis l’automne 2000 de diverses manières : enquêtes, manifestations, réunions, livres, tracts, affiches, brochures, interventions médiatiques et sur Internet, etc.


Pièces et Main d’Oeuvre n’est pas l’enseigne d’un collectif, mais d’individus politiques. Nous refusons la bien-pensance grégaire, qui n’accorde de valeur qu’à une parole réputée "collective", pour mieux la réduire au conformisme, à la paresse et à l’incapacité, dans l’anonymat du groupe. Nous ne souhaitons pas de gens "qui fassent partie", mais - au contraire - nous allier chaque fois que possible et nécessaire avec d’autres "qui fassent " par eux-mêmes.


De même que nous refusons de nous identifier autrement qu’aux anonymes, ceux qui n’ont jamais la parole, nous refusons l’expertise, cette ruse du système technicien pour dépolitiser les prises de décisions et déposséder les sociétaires de la société de leur compétence politique. Ce refus vaut pour la "contre-expertise", cette ruse du système technicien pour infiltrer et retourner les oppositions à la tyrannie technologique.


En bref : nous considérons que la technologie - non pas ses "dérives"- est le fait majeur du capitalisme contemporain, de l’économie planétaire unifiée. La technologie est la continuation de la guerre, c’est-à-dire de la politique, par d’autres moyens. Si la police est l’organisation rationnelle de l’ordre public - de la cité - et la guerre un acte de violence pour imposer sa volonté à autrui, cette rationalité et cette violence fusionnent et culminent dans la technologie, par d’autres moyens. La technologie, c’est le front principal de la guerre entre le pouvoir et les sans-pouvoir, celui qui commande les autres fronts. Cela ne veut pas dire qu’il n’y ait pas d’autres fronts, mais que chaque innovation sur le front de la technologie entraîne en cascade une dégradation du rapport de forces entre le pouvoir et les sans-pouvoir sur tous les autres fronts.


Quant à notre pratique, nous savons qu’on ne gagne pas toujours avec le nombre, mais qu’on ne gagne jamais sans lui, et moins encore contre lui. Nul à ce jour n’a trouvé d’autre moyen de transformer les idées en force matérielle, et la critique en actes, que la conviction du plus grand nombre. Nous soutenons que les idées sont décisives. Les idées ont des ailes et des conséquences. Une idée qui vole de cervelle en cervelle devient une force d’action irrésistible et transforme le rapport des forces. C’est d’abord une bataille d’idées que nous, sans-pouvoir, livrons au pouvoir, aussi devons-nous être d’abord des producteurs d’idées.


Pour produire des idées, nous nous appuyons d’abord sur l’enquête critique, aliment et condition première, quoiqu’insuffisante, à toute action. Si la critique fait feu de tout bois, ce bois c’est l’enquête qui l’amasse. Si nous avons semé quelques doutes, par exemples sur les nanotechnologies et les technologies convergentes, sur la biométrie, les RFID et les neurotechnologies, sur le téléphone portable et nombre de sujets connexes, sur la destruction du territoire, la cannibalisation de "l’écosystème" par le système technicien, c’est à force d’enquêtes, de harcèlement textuel, d’interventions lors d’occasions officielles.


Une critique dont on peut énoncer quelques lignes élémentaires : Anticiper. Contester à propos, avant coup plutôt qu’après coup - les nanotechnologies par exemple. Etre offensif plutôt que défensif. Faire la différence en se concentrant sur le point aveugle de la critique, plutôt que faire nombre en clabaudant en choeur des évidences. S’emparer des symptômes d’actualité pour remonter à la racine des maux. Instruire à charge, en laissant au système qui en a plus que les moyens le soin de sa défense. Ne jamais dénoncer les malfaisances sans dénoncer les malfaiteurs. Ne jamais répondre à leurs manoeuvres de diversion et de récupération. Ne jamais lâcher le front des nécrotechnologies.
Ainsi formons-nous l’espoir qu’à Grenoble et ailleurs se multiplient les enquêteurs et les enquêtes, liant le local au global, le concret à l’abstrait, le passé au futur, le particulier au général, afin de battre en brèche la tyrannie technologique, et d’élaborer de technopole à technopole une connaissance et une résistance comm
unes.

Publié par Frédéric Maurin à 20:49pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #pmo , #pièces et main-d'oeuvre , #grenoble , #capitalisme

23 Mai 2013

27 mai 1943

C’est le 27 mai 1943, en pleine guerre, rue du Four à Paris, que s’est réuni pour la première fois le Conseil national de la Résistance. Il rassemblait des gaullistes, des communistes, des socialistes, des responsables politiques de droite et de gauche, des syndicalistes… Il avait pour but de réunir tous les patriotes afin de redonner à la France sa souveraineté et donc sa liberté.
Multiples initiatives les 25, 26 et 27 mai 2013 dont vous trouverez ci-dessous quelques exemples.

Publié par Frédéric Maurin à 06:56am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #m'pep , #cnr