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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

29 Septembre 2013

Un oeil sur la fête de l'Humanité

Faute de temps, faute d'argent...voilà des années que je ne me suis pas rendu à la Fête de l'Humanité
C'est triste. Mais, plus triste encore, c'est que je n'ai pas toujours la réponse à cette question qui m'a toujours taraudée :
Pourquoi ce décalage entre la situation du journal L'Humanité (érosion des ventes, des appels à soutien financier réguliers) et le succès de ladite Fête qui ne semble pas se démentir ?

Une diffusion du journal L'Humanité à 50 000 exemplaires et 600 000 entrées à la Fête du même nom. Ils lisent quoi les fêtards?

L'article ci-joint, même s'il 'inscrit dans le cadre de débats internes au PCF, semble apporter des éléments de réponse.

Mais bon, si vous en avez d'autres, n'hésitez pas.

Publié par Frédéric Maurin à 23:12pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #l'humanité , #fête de l'humanité , #pcf

29 Septembre 2013

Contrer le FN et l'idéologie dominante

Le Front National part à la conquête du pouvoir ?

Non. Si tout ne se jouera pas peut-être pas à l'intérieur du PCF, comme l'indique le tract ci-joint, il est indéniable que celui-ci a un rôle important à jouer pour mettre fin au dévoiement de la colère par le Front National:

(extrait):

L’idéologie dominante tente, avec un succès certain et inquiétant, de faire du FN le réceptacle de toutes les colères sociales. Avec Marine Le Pen et son équipe renouvelée, la démagogie atteint un niveau inédit. Elles n’hésitent pas à reprendre, en les déformant et en cultivant l’ambiguïté, des positions historiques de notre parti (le PCF) : par exemple pour les nationalisations ou pour le « produire français ».

Publié par Frédéric Maurin à 22:43pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #pcf , #fdg , #saint martin d'hères

28 Septembre 2013

Itinéraire d'un militant

Itinéraire d'un militant, Jean Giard ,vu à Saint Martin d'Hères, à l'invitation de la La Société des Lectrices et Lecteurs de l'Humanité.

Bonne lecture.

Jean Giard témoigne de son itinéraire de militant humaniste

qu il est depuis plus de 60 ans :

  • Itinéraire Grenoblois
  • Itinéraire politique
  • Itinéraire communiste
  • Itinéraire gérontologique
  • Itinéraire en spiritualité …

Cinq itinéraires qui sont autant de parcours singuliers faits « de hauts et de bas ,de combats plutôt rudes et des déceptions , mais aussi de ruptures pour rester fidèle ...»

Publié par Frédéric Maurin à 19:28pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #pcf , #saint martin d'hères

23 Septembre 2013

Le Front National part à la conquête du pouvoir

...c'est la première de couverture du Monde du samedi 14 septembre.

Anxiogène.

J'écrirais bien un mot sur le Le grand lâchage de la classe ouvrière , relaierais bien quelques analyses savantes...

Mais, en ce moment, une seule envie : doubler la dose de benzodiapézine et chercher à dormir, oublier tout cela.

Publié par Frédéric Maurin à 22:56pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #front national , #médias aux ordres , #municipales , #saint martin d'hères

22 Septembre 2013

Le nouveau Fakir est en kiosque !

ce qui n'est pas une raison pour ne pas s'y abonner...notre boutique - FAKIR

En Une, une question toute bête : A quoi sert votre journal ?

La laborieuse bataille des idées.

Où l'on causera protectionnisme.

Publié par Frédéric Maurin à 11:29am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #fakir , #médias aux ordres

18 Septembre 2013

Bougez avec La Poste

Sacrés communistes !

Toujours à voir des suppressions d'emplois partout là où il n'y a en fait que les sains effets de la sainte concurrence libre et non faussée...

Ils ne changeront jamais!

Et c'est tant mieux

Publié par Frédéric Maurin à 19:47pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #pcf , #saint martin d'hères

18 Septembre 2013

Les scenarii de dissolution de l'euro

Les scenarii de dissolution de l'euro


Ci-jointe, une étude publiée par la Fondation Res Publica de Jacques Sapir et Philippe Murer, avec la contribution de Cédric Durand,

Elle détaille l’impact sur l’économie de la France – et celle des principaux pays de la zone Euro – de différents scénarios de dissolution de la zone Euro – procédant de différentes hypothèses de coopération monétaires – et de différentes options de politique économique pour la France.

Publié par Frédéric Maurin à 10:19am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #euro , #Union européenne , #crise , #chevènement

14 Septembre 2013

Banques françaises à risque

Le Temps

Analyse du risque systémique

lundi 02 septembre 2013

Les banques françaises restent les plus à risque

Eric Jondeau*Michael Rockinger**

Une variable permet de mesurer le risque systémique en Europe. A fin août, elle montre qu’en cas de grave crise financière, il faudrait au moins 1000 milliards d’euros pour régulariser la sous-couverture. La tendance est à la baisse depuis mi-2012

La crise financière qui a débuté en 2007 a fait prendre conscience au milieu académique de l’importance du rôle joué par le secteur bancaire. Depuis, un certain nombre de chercheurs se sont détournés d’une recherche visant par exemple à valoriser des instruments dérivés de plus en plus complexes vers une recherche axée sur la mesure du risque systémique des banques. Il est à noter que, déjà avant 2005, certaines tentatives allant dans ce sens avaient été menées, notamment par les banques centrales. Malheureusement, comme nous l’avons tous observé, ces recherches n’ont pas permis de faire comprendre aux décideurs politiques les risques réellement encourus.

Dans ce contexte, un certain nombre de modèles ont vu le jour, visant à produire des mesures de risque systémique. On peut mentionner au premier chef le Volatility Institute de l’Université de New York, sous la direction du Prix Nobel d’économie Robert Engle, qui a mis sur pied un premier modèle adapté à une grande économie, permettant de mesurer l’ampleur du refinancement qui serait nécessaire en cas de crise financière. Une collaboration entre le Volatility Institute et les auteurs de cette note a permis d’étendre cette méthodologie au cadre européen, qui se distingue par un ensemble de pays relativement petits, avec des liens commerciaux très étroits et des monnaies différentes.

Comment fonctionne cette nouvelle méthodologie? Notre modèle décrit le risque systémique comme le montant de capital dont les banques auraient besoin pour se refinancer dans le cas où une nouvelle crise financière se produirait. Ce qui distingue notre approche est que le risque systémique, mesuré par une variable baptisée SRisk, dépend de plusieurs caractéristiques complémentaires de l’institution financière. Il s’agit tout d’abord de la capitalisation boursière et de son endettement. Intuitivement, une très grosse banque représente un plus grand risque qu’une petite simplement parce que si elle fait défaillance, les dommages seront plus importants. Ensuite, on peut penser que plus une institution est endettée, plus grand est son risque de défaillance. Un apport supplémentaire de ce nouvel indice est qu’il fait intervenir la sensibilité de la rentabilité boursière de l’institution financière par rapport aux marchés local, européen et mondial. On peut voir cette sensibilité comme un bêta tel qu’on le connaît en théorie du choix de portefeuille. Une firme à faible bêta est moins exposée à un facteur de risque et serait donc moins affectée en cas de baisse de ce facteur. L’indice SRisk est donc constitué d’une combinaison de ces trois caractéristiques importantes et produit un nombre qui indique le montant de capital qu’il serait nécessaire d’injecter dans une banque afin que celle-ci retrouve un ratio de fonds propres sur actifs satisfaisant. Comme nous l’avons vu lors de la récente crise financière, c’est en fin de compte le contribuable qui devrait payer. En ce sens, selon l’importance des montants en jeu, le politique devrait décider des institutions financières qu’il sauverait et des coûts que cela impliquerait.

Ces mesures de risque sont publiées sur Internet***. L’évolution du risque est détaillée pour la plupart des institutions financières cotées, mais aussi présentée de manière agrégée au niveau des pays. L’inspection de l’évolution temporelle de ces mesures permet de comprendre si une certaine politique porte ses fruits ou si le risque est en train d’augmenter, auquel cas le régulateur devrait intervenir.

Au total, à fin août 2013, le site répertorie 416 institutions financières européennes situées dans le secteur bancaire, des assurances, des entreprises immobilières et des services financiers. Le graphique représente sur l’échelle de droite le risque total pour l’Europe. Au total, fin août, on constate qu’en cas de nouvelle grave crise financière, il faudrait au moins 1000 milliards d’euros pour régulariser la sous-couverture. Le SRisk a très fortement augmenté entre mi-2007 et mi-2008, lorsque les marchés ont pris conscience du risque représenté par les banques. Ce risque a ensuite diminué jusqu’à mi-2011, lorsque la crise de la dette européenne a commencé. La tendance est à la baisse depuis mi-2012.

Le graphique montre ensuite les évolutions pour divers pays européens dont le SRisk est indiqué sur l’échelle de gauche. La France est le pays dont le SRisk est actuellement le plus élevé. Si on ramenait le SRisk au produit intérieur brut (PIB) des pays, on constaterait que celui de la Suisse serait le plus important, étant donné l’importance des deux grandes banques. Un SRisk similaire à celui de la France se retrouve au Royaume-Uni, mais le SRisk britannique a récemment diminué grâce notamment à la progression plus rapide de la capitalisation boursière des banques dans ce pays. Le SRisk de l’Allemagne est environ la moitié de celui de la France. Cela peut s’expliquer par le fait que les banques allemandes sont moins orientées vers les activités de banque d’investissement que les banques françaises.

On a beaucoup parlé de la Grèce. Le graphique montre que pour ce pays le SRisk est globalement faible. Evidemment, le montant serait plus important exprimé en pourcentage du PIB. La raison pour laquelle ce pays a été au centre de l’attention ces dernières années est que le gouvernement grec est très fortement endetté. En revanche, les banques grecques ne présentent pas de risque systémique élevé, car elles sont dans l’ensemble trop petites pour affecter l’ensemble du système financier européen. Si on regarde l’évolution récente du SRisk pour ces institutions, on observe également une forte baisse qui s’explique par les plans de restructuration et de refinancement des principales banques de ce pays.

Que devraient faire les institutions financières afin de diminuer davantage leur risque? D’après notre modèle, il y a trois voies complémentaires. En diminuant la taille, par exemple en se séparant des unités les moins rentables ou les plus coûteuses en fonds propres. Ensuite, en choisissant des activités qui sont relativement peu risquées ou dont le risque est peu corrélé avec les facteurs de risque que sont les marchés local, européen et mondial. Un autre facteur important est l’endettement: une réduction des engagements par rapport aux fonds propres peut être intéressante pour diminuer le levier financier et donc le risque systémique d’une institution financière.

*Université de Lausanne et Swiss Finance Institute, HEC, Directeur du CRML

**Université de Lausanne et Swiss Finance Institute, HEC

***www.crml.ch

Publié par Frédéric Maurin à 20:05pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #banque

14 Septembre 2013

Métro, boulot, tombeau

Reprenons la bataille des retraites là où on l’a laissée en 2010

D'accord. La mobilisation du 10 septembre a déçu. Alors, reprenons aussi les analyses là où on les a laissées en 2010...

Publié par Frédéric Maurin à 19:54pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #retraites , #grève , #emploi , #france

1 Septembre 2013

Euro : Un autre usage de la matraque est possible !

Titre original : Polémique sur l'euro entre Sapir et le PCF

par BRN Bastille-République-Nations

  • A titre d'essai, vous pouvez recevoir gracieusement la présente édition du Nouveau BRN. Rendez-vous rubrique "contact"

Le 12 juin, la revue Economie et Politique a publié un texte intitulé « Contre l’austérité en Europe, luttons pour un autre euro » (1). Signé par six responsables du Parti communiste français (PCF), cet article réitère une des thèses chères à ce parti : rien ne serait plus dangereux que de sortir de la monnaie unique (et a fortiori l’Union européenne) ; la solution consiste au contraire à réorienter l’utilisation de l’euro et de la Banque centrale européenne (BCE).

Le quotidien L’Humanité a reproduit ce texte dans ses colonnes, craignant peut-être que des tentations de sortie de la monnaie unique ne commencent à poindre parmi les sympathisants du Front de gauche. Ces tentations constituent une « illusion démagogique et dangereuse », martèlent les signataires de la tribune, pointant du doigt ceux qui « agitent l’idée » de sortir de ’euro. Les auteurs se gardent de citer des noms.

Il faut donc rappeler que, ces dernières semaines, l’ancien président du Pari social-démocrate allemand (SPD), devenu figure de proue du parti Die Linke, Oskar Lafontaine, a rejoint ceux qui évoquent l’intérêt de briser le carcan de la monnaie unique (et s’est immédiatement fait rabrouer par ses camarades). C’est également le cas du parti chypriote AKEL (communiste), qui représente un tiers de l’électorat de la République de Chypre. D’autres partis communistes (Portugal, Grèce…) combattent également pour un abandon de l’euro, de même que des forces syndicales importantes.

En France, Jacques Sapir est l’un des rares économistes à avoir clairement levé ce tabou. Il tient un blogue où il analyse notamment l’actualité économique sous cet angle. Il avait donc quelques raisons de se sentir visé par le texte publié par Economie et Politique. Il a réagi par une analyse contrant ledit texte (2). BRN résume les arguments des deux parties.

Le premier point soulevé par les économistes du PCF porte sur l’enchérissement du coût des importations que la France subirait, dans l’hypothèse d’un retour au franc accompagné d’une dévaluation « de l’ordre de 25% ». En effet, payer des denrées importées dans une devise dévaluée contraint à dépenser plus de celle-ci pour une même quantité d’un produit.

Jacques Sapir relève qu’un tel raisonnement fait l’impasse sur ce que les économistes nomment l’« élasticité-prix » : une dévaluation entraîne classiquement un certain changement d’attitude des consommateurs, qui se reportent sur des produits fabriqués en France (et donc insensibles à l’effet de change) quand ils existent, ou bien sur des produits « légèrement différents dont le coût est moindre mais dont l’usage procure une satisfaction équivalente ».

Certes, note l’économiste, il existe « des produits considérés comme non-substituables » (évalués à 30% du total des importations), tels que les carburants. Mais, dans ce dernier cas, le prix du bien importé ne représente que 25% du montant payé par le consommateur, les 75% restant étant des taxes.

Jacques Sapir souligne en outre un avantage de cette possible dévaluation : « nos produits, dans le cas d’une dévaluation, coûteraient 25% de moins. Les volumes consommés par les clients étrangers augmenteraient et ceci, même en économie stationnaire ». Les exportations seraient ainsi dopées, avec les conséquences positives sur la croissance et l’emploi.

Attention, cela « se ferait surtout au détriment de nos partenaires d’Europe du Sud, l’Allemagne voyant au contraire son excédent commercial gonflé par une dévalorisation du travail des Français », affirment Paul Boccara et ses camarades.

Faux, rétorque Jacques Sapir qui précise : « la compétitivité-prix ne se ferait pas au détriment des pays de l’Europe du Sud, dont toutes les estimations montrent qu’ils auraient intérêt à dévaluer plus que nous. Les gains quant aux exportations se feraient essentiellement au détriment de l’Allemagne qui verrait son excédent commercial de 5% du PIB se transformer en un déficit de -3% du PIB ». Il signale en outre que la situation de l’Italie serait même plus favorable que celle de la France, et cite, à l’appui de son propos, diverses études, dont celles des chercheurs de la banque Natixis – pourtant nullement partisans de l’abandon de l’euro.

Et il dénonce dans la foulée l’affirmation selon laquelle une sortie de l’euro se ferait dans un contexte de « spéculation déchaînée ». Car une telle sortie devrait nécessairement prévoir un très strict contrôle des capitaux. Et Sapir de rappeler que le récent exemple chypriote a constitué « l’occasion de vérifier la possibilité matérielle d’un contrôle des capitaux au sein de la zone euro », mis en place par les dirigeants européens le dos au mur… malgré les traités qui l’interdisent expressément.

Autre danger cité par les économistes du PCF : l’explosion de la dette publique française. Selon eux, « le retour au franc dévalué entraînerait automatiquement un enchérissement de 25 % sur les quelque 1140 milliards d’euros de titres de dette détenus hors de France ». Or 60% de la dette publique sont détenus par des « opérateurs non résidents », qui feront valoir leurs créances en monnaie forte, faisant ainsi grimper le montant nominal en francs des obligations souscrites en euros.

Faux encore, tempête Jacques Sapir, qui rappelle que ce n’est pas la « nationalité » du créancier qui compte, mais le lieu d’émission de la créance. Or « 85% des montants de la dette française sont émis dans des contrats de droit français. Ces contrats stipulent que la dette sera remboursée dans la monnaie ayant cours dans notre pays ». Conclusion : « l’effet de réévaluation de la dette ne portera que sur les 15% restants ». Le surcoût – même à supposer qu’on continue d’accepter de tout régler rubis sur l’ongle – serait donc de 3,75% et non de 25%.

Et l’économiste de conclure : « croire que l’on peut faire changer la structure de la zone euro sans en passer par une crise majeure et par une dissolution de la monnaie unique est une vue de l’esprit ». Pour leur part, les amis de Paul Boccara restent convaincus qu’une « autre utilisation de l’euro peut contribuer, de façon décisive, à une autre croissance de progrès social dans l’Union européenne ».

(1) http://www.economie-politique.org/41453

(2) http://russeurope.hypotheses.org/1381

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L’« autre euro », chimère de toutes les batailles

commentaire

Aux arguments économiques avancés par Jacques Sapir, il n’est pas interdit d’ajouter quelques remarques politiques.

Un détail, d’abord : le PCF fut, dans les années 1990, très engagé contre la création de la monnaie unique. Certes, chacun a le droit de changer d’avis. Mais l’ampleur du retournement devrait imposer une certaine mesure dans le propos.

Par ailleurs, un constat s’impose : les affirmations parues dans Economie et Politique sont désormais, dans l’esprit et même parfois dans les termes, les mêmes que celles que n’ont cessé d’utiliser les partisans sans complexe de l’intégration européenne, du traité de Rome à celui de Lisbonne en passant par celui de Maëstricht. On lit ainsi : « alors que chaque pays européen dispose, isolément, d’un potentiel restreint, la création monétaire en commun, avec l’euro, offre des potentiels bien plus importants ». Bref, une énième version de la comptine éculée suivant laquelle chaque pays ne pouvant plus grand-chose, il faut donc se mettre ensemble.

Plus ahurissant encore : « si l’on supprime l’euro, il ne resterait plus que le dollar comme monnaie de réserve internationale. Son hégémonie en serait confortée ». Autrement dit, seule l’unité européenne permet de tenir la dragée haute à la domination américaine. Cette thèse, qui fut l’un des tubes des partisans du Oui en 2005, est ahurissante. Dès son origine, dans les années 1950, jusqu’à aujourd’hui (projet de libre-échange UE-USA), Washington n’a cessé d’être le plus chaud partisan de l’intégration européenne. Y compris sur le plan monétaire. S’il y a quelque chose qui effraie Barack Obama, ce n’est certes pas la « force » de la zone euro, mais bien plutôt sa faiblesse économique et la récession – potentiellement contagieuse – qui y prévaut.

Un troisième point a trait à l’exhortation compulsive à laquelle se livrent les dirigeants du PCF (et du Front de gauche), visant à « exiger » une « autre Europe », une « autre utilisation de l’euro », une « autre BCE ». Le problème est que cette rhétorique est vide de sens : bien malin qui pourrait préciser concrètement ce que ces « autres », parfois lyriques (« un très grand essor des services publics et de leur coopération en Europe »), recouvrent, ni comment ils pourraient advenir. Autant réclamer « une autre utilisation » de la matraque des CRS dans les manifestations. Sauf que la matraque a été dès le départ conçue, pensée, et produite pour rencontrer le crâne des manifestants ; réclamer une « matraque de progrès social » n’y changerait rien. Tel est exactement le cas de l’euro.

Et quand bien même exiger « un autre rôle » pour la Banque centrale européenne aurait un sens (ce pour quoi plaidait déjà… Nicolas Sarkozy dès 2008), cela supposerait de changer les traités. Or il n’est pas au pouvoir du gouvernement français (à supposer qu’il le veuille) de changer lesdits traités unilatéralement. Il reste dès lors à attendre que MM. Rajoy, Samaras, Letta, et bien sûr Mme Merkel défèrent ensemble à l’injonction de François Hollande en faveur d’une « réorientation européenne ». Armons-nous de patience.

« En sortant de l’euro, on déserterait (sic !) le terrain de la bataille pour un autre euro et pour une construction solidaire de l’Union européenne », affirment les auteurs. On retrouve ici la thèse, aussi ancienne que chimérique, selon laquelle il vaut toujours mieux être « dans le jeu » pour infléchir les règles que « spectateur dans les tribunes ». C’est ce même raisonnement que tiennent les partisans norvégiens, suisses ou islandais de l’adhésion à l’UE – partisans qui sont de plus en plus clairsemés, tant l’« isolement » d’Oslo, de Berne ou de Reykjavik tarde à produire les cataclysmes annoncés pour ces pays…

Une dernière remarque tient précisément à l’utilisation des termes. Accuser les partisans de la sortie de l’euro d’« agiter » des illusions « dangereuses » n’est pas anodin. Force est hélas de constater que les auteurs entendent ainsi susciter la peur plus que le débat serein. Une méthode jusqu’à présent familière aux européistes traditionnels.

Mais, alors que le rejet de l’UE monte de toutes parts, si peur il y a, elle semble saisir désormais plutôt ses partisans. Et même ses autres partisans.

Publié par Frédéric Maurin à 22:33pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #BRN , #Union européenne , #euro , #europe , #crise , #dette , #pcf , #front de gauche , #mélenchon