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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

26 Novembre 2013

1er décembre 2013 : marche des Bonnets phrygiens

...pour ne pas laisser les Bonnets rouges et blancs bonnets nous emmener dans le mur.

Bien que d'accord avec ce texte quand il dit "C’est un rapport de forces physique qui doit s’exprimer", rien ne vaut selon moi une bonne grève .

Et, d'un point de vue logistique, la montée à Paris de ma petite personne pour établir "un rapport de forces physique" ne serait pas d'un grand poids...

De plus, je ne travaille jamais le dimanche. Cela dit, si cela vous tente :

Départ de la gare routière de Grenoble à 6H00
Retour vers 1H00 du matin à Grenoble.
Tarif par personne : 40 euros
Réservation au plus vite au 04.76.87.70.61 ou pcfisere@wanadoo.fr

Pour ceux qui doutent avec raison de la mise à plat annoncée par Jean-Marc Ayrault, Pourquoi la révolution fiscale n'aura (sans doute) pas lieu, cette marche est plus qu'opportune (à moins de penser que quelques heures de rencontre avec les partenaires sociaux suffiront à faire avancer la justice fiscale ).

Mais, pour sortir du débat interdit il faudra évidemment faire plus et autre chose qu'une marche...

Bonne lecture, et bonnes marches à tous et à toutes...

LE M’PEP APPELLE A MANIFESTER A PARIS LE 1ER DECEMBRE

Le Front de gauche a décidé d’organiser une manifestation, le 1er décembre 2013 à Paris (PCF : Pour une véritable justice fiscale Marchons), et même pour « pour la révolution fiscale » (PG ).
Le M'PEP se joint à cette manifestation.
En effet, l’approfondissement de la crise économique, sociale, morale, politique qui frappe notre pays, impose une présence massive dans la rue du monde du travail, de la jeunesse, des forces de progrès. Dans les périodes de désarroi et de perte des repères, il est indispensable d’établir des points fixes auxquels s’arrimer. C’est un rapport de forces physique qui doit s’exprimer, c’est la puissance du nombre qui doit rassurer les uns et décourager les autres.
Les slogans utilisés pour mobiliser le peuple dans ces périodes ont leur importance et il ne saurait être question de les sous-estimer. Ils doivent contribuer à l’occupation de la rue, à la démonstration d’une volonté générale, à susciter un dynamisme capable de renverser la situation.
Si le M’PEP avait eu son mot à dire, il n’aurait pas choisi les slogans proposés par le Front de gauche ni le point d’arrivée de la manifestation. Le M’PEP aurait choisi l’annulation de la dette publique de la France, la sortie de l’Union européenne et de l’euro. Et le M’PEP aurait appelé à manifester près de l’Elysée, car c’est là où se trouve le pouvoir, et non à Bercy.
Les objectifs de la lutte, les revendications, le programme qu’il convient de mettre en œuvre de toute urgence doivent aller à l’essentiel. Les priorités doivent être clairement établies. C’est sur cette base que le rassemblement le plus large du peuple pourra s’opérer. Et l’essentiel, aujourd’hui, c’est l’annulation – restructuration de la dette publique de la France, la sortie de l’Union européenne et de l’euro. Seules ces décisions sont de nature à desserrer l’étau qui étrangle la France et les Français, à redonner au peuple son entière liberté, à lui redonner les instruments décisifs qui permettront de sortir de la crise.
Pour autant, la question fiscale est loin d’être secondaire et méritait bien une manifestation. Pour qu’une réforme fiscale soit efficace, il faudra s’engager dans l’annulation de la dette, la sorte de l’Union européenne et de l’euro.
La hausse de la TVA prévue par le gouvernement PS-EELV, le 1er janvier 2014, est le symbole le plus fort de la politique de François Hollande et Jean-Marc Ayrault. Elle n’est que cynisme, morgue, mépris de la part du gang de Solferino et des écologistes d’opérette à l’égard des classes populaires.
C’est un nouvel affaiblissement du pouvoir d’achat des ménages, particulièrement des plus pauvres, qui va peser sur l’emploi en 2014 réduisant en poussière les promesses du président de la République « d’inverser la courbe du chômage ». La hausse devrait être de 19,6% à 20% pour le taux normal ; de 7% à 10% pour le taux intermédiaire ; une baisse minuscule de 5,5% à 5% serait prévue pour le taux réduit. Au total, la ponction sur le pouvoir d’achat sera de 400 euros par an pour un ménage avec deux enfants, frappant particulièrement les revenus médians qui sont autour de 1 630 euros par mois. C’est particulièrement injuste car ce sont les ménages les plus pauvres qui seront frappés en premier. La TVA est un impôt dégressif : plus on est pauvre et plus on paye, alors qu’il faudrait au contraire développer les impôts progressifs, plus on est riche et plus on paye. La TVA est une taxe sur les pauvres !
C’est le principe des vases communicants : 20 milliards d’euros sont donnés en pure perte aux grandes entreprises via le crédit d’impôt d’un côté, et 10 milliards de diminution des dépenses publiques plus 7 milliards de hausse de la TVA d’un autre côté sont retirés aux classe populaires qui subventionnent ainsi les grandes entreprises.
En outre, cette hausse de la TVA va se répercuter sur les prix. La SNCF annonce déjà + 3%, EDF + 2%...
C’est le mensonge érigé en principe politique. Ainsi, le 2 mai 2012, François Hollande, lors d’un débat entre les deux candidats lors du second lors de l’élection présidentielle, avait lancé à Nicolas Sarkozy : « cette TVA que vous voulez imposer, elle va prélever du pouvoir d’achat. J’ai fait le calcul : 300 euros pour un couple de smicards… voilà ce que va être le prélèvement annuel que vous allez infliger ». La « réforme fiscale » lancée par Jean-Marc Ayrault n’est qu’une diversion.
  • Alors, le 1er décembre, manifestons toutes et tous pour exiger l’annulation – restructuration de la dette publique de la France, la sortie de notre pays de l’Union européenne et de l’euro !
  • En manifestant nous condamnerons la politique gouvernementale néolibérale menée par le gouvernement EELV-PS lors des élections municipales des 23 et 30 mars 2014.

Publié par Frédéric Maurin à 17:12pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #pcf , #Parti Socialiste , #dette , #m'pep , #crise , #euro , #front de gauche , #françois hollande , #fiscalité , #austérité

22 Novembre 2013

Que cache la réforme des rythmes scolaires ?

Je n'ai aucune compétence en chronobiologie.
De plus, n'ayant plus d’enfants en primaire (hé oui, cela ne nous me rajeunit pas !), je ne m’étais pas penché sur la question. Ou sur le mode de beaucoup de personnes qui ne connaissent rien au sujet :"halala, dès qu’on veut faire quelque chose à l’éduc nat, cela pinaille !".
Mais passé le temps des annonces et des concertations, je vois maintenant les mobilisations de parents, de communes, des enseignants sur cette question.

Puisse cette analyse contribuer à éclairer un débat interdit de plus...

Source : M'PEP

Le sujet des rythmes scolaires est un vieux serpent de mer. Les communes sont sommées par le gouvernement de mettre en place la énième réforme avant la fin décembre. Une réforme qui cache ses réels objectifs derrière de beaux discours.

Un vieux débat, [1]

1922 : les vacances d’été sont allongées. Elles durent 8 semaines pour permettre la participation des enfants aux travaux agricoles.
1939 : les vacances d’été sont à nouveau allongées. Elles durent désormais 2,5 mois. Un calendrier scolaire est fixé avec les vacances intermédiaires de Noël et de Pâques.
1959 : l’année scolaire est aménagée en 3 trimestres (soit 37 semaines de scolarité).
1968 : deux zones géographiques sont créées pour les vacances scolaires.
1969 : en primaire, l’horaire hebdomadaire passe de 30 à 27 heures (fermeture des écoles le samedi après-midi).
1972 : trois zones géographiques sont créées pour les vacances scolaires, sauf les vacances d’été. La coupure hebdomadaire est avancée du jeudi au mercredi.
1980 : un calendrier en zones pour les vacances d’été est essayé.
1986 : le principe de l’alternance sept semaines de classe/deux semaines de vacances est appliqué durant un an.
1989 : la loi d’orientation sur l’éducation (Lionel Jospin) fixe pour objectif le rééquilibrage de la journée, de la semaine et de l’année.
1990 : en primaire, la durée hebdomadaire de la scolarité passe de 27 à 26 heures.
2008 : en primaire, l’école le samedi matin est supprimée et l’horaire hebdomadaire est abaissé de 26 à 24 heures (+ 2 heures d’aide personnalisée pour une partie des élèves).

Cette succession de réformes interroge. Sans compter qu’une réforme a chassé l’autre sans qu’un bilan réel soit fait de la réforme précédente. Celle qui se met en place actuellement ne déroge pas à la règle. Tout au plus quelques pédagogues l’ont-ils fait de leur côté, pour constater d’ailleurs que les conséquences sur les « résultats attendus » des élèves ont été marginales [2]

Qui s’en étonnera ? Agir uniquement sur la durée du temps de classe sans agir sur le rythme de vie des enfants - pris dans son ensemble – a t-il un sens ? Parler du rythme de vie des enfants sans parler du rythme de vie de leurs parents paraît pour le moins absurde. A l’évidence, si le rythme et la qualité de vie des parents leur permet d’être suffisamment disponibles pour leurs enfants, la disponibilité des enfants pour apprendre sera bien plus palpable que n’importe quels bricolages apportés au découpage de la semaine de classe.

Une évidence : l’école n’est pas en dehors de la société.

Mais parler de la qualité de vie des parents, c’est immanquablement parler d’un certain nombre d’autres choses qui la conditionnent, notamment de leur condition sociale et de leurs conditions de travail. Car comment ne pas penser que le chômage massif et les régressions sociales qui découlent de l’organisation libérale de l’économie impactent dramatiquement la vie d’un nombre grandissant de personnes, notamment leur vie de famille ?

On comprend bien qu’un gouvernement qui voudrait réellement modifier la qualité de vie des enfants – dans et en dehors du périmètre scolaire - devrait remettre en cause les règles de l’économie en vigueur.

Un débat qui vise à en cacher d’autres, bien plus importants.

Les objectifs de cette réforme ne sont donc pas ceux qui sont annoncés sous la vague caution scientifique des « rythmes biologiques de l’enfant ». Par conséquent ils sont à chercher ailleurs.

Pour le M’PEP, cette réforme a deux objectifs :

  • la poursuite de la mise en œuvre du libéralisme telle qu’elle se fait de manière ininterrompue depuis trente ans ;
  • produire un rideau de fumée sur les conséquences pour l’école de cette politique.
Une réforme conforme au libéralisme en vigueur.

Au niveau de l’école primaire, les enseignants sont jusqu’à présent encore rémunérés par l’État, mais les locaux, les équipements pédagogiques et les installations sportives, sont à la charge des communes, et ce depuis l’origine. Par conséquent, il existe d’importantes inégalités entre les communes en terme de qualité d’accueil des enfants. Inégalités qui ne sont que très peu atténuées par l’État.

La réforme Peillon - qui diminue le temps de classe quotidien des enfants - va encore accentuer ces inégalités. Car à moins que les familles aient la possibilité de récupérer leurs enfants, ce sont bien les structures municipales périscolaires qui devront les prendre en charge sur le temps ainsi « libéré ». Des moyens budgétaires ont été dégagés au niveau national pour aider les collectivités, mais ils sont loin d’être compensatoires, et surtout, ils ne sont pas pérennes [3]. Les collectivités devront donc faire face à l’essentiel des dépenses.

Conclusion : cette réforme ne changera rien au temps effectif de présence des enfants en collectivité (à moins d’une diminution conséquente du temps de travail de leurs parents) et fera dépendre encore davantage leurs conditions d’accueil aux moyens très inégaux des communes.

Cette logique est donc conforme à la doctrine à laquelle monsieur Peillon adhère ainsi que son parti, le PS : la doctrine libérale de « la saine concurrence ». En accentuant la nécessité pour les territoires de trouver des moyens pour financer les compétences toujours plus nombreuses que l’État leur délègue, cette politique accentue leur mise en concurrence pour attirer des entreprises et/ou une population ayant les moyens de payer des impôts élevés et/ou de payer un accès à des services de qualité.

Après trente ans de libéralisme, nous pouvons aisément prévoir les conséquences de cette logique puisque nous la vivons déjà dans une moindre mesure : les territoires les plus riches sont ceux qui ont déjà les moyens de financer des infrastructures pour se rendre encore plus attractifs. Il résultera donc de la mesure Peillon une ségrégation sociale accrue sur le territoire. En ce sens, on peut dire que cette réforme s’inscrit dans la logique de l’acte III de la décentralisation, ardemment défendue par le gouvernement PS-EELV.

Vers une modification du rôle de l’école...

Les enfants qui fréquentent les structures périscolaires se voient proposer un certain nombre d’activités, essentiellement sportives et artistiques. Avec l’allongement du temps de fréquentation qu’induit pour les enfants la réforme Peillon, l’importance de ces activités se trouvera grandie, tant en terme de volume horaire que par le nombre d’enfants qui les pratiqueront.

Mais l’institution scolaire ayant particulièrement maltraité ces disciplines dans les derniers programmes et dans la formation des enseignants du premier degré, est-il totalement improbable qu’il s’opère peu-à-peu un glissement de ces disciplines, considérées comme « non-fondamentales », vers le temps périscolaire ? Non, car en réalité il restera peu à faire, surtout si des personnels hors-Éducation Nationale pratiquent des activités qui sont, dans l’esprit de monsieur et madame tout-le-monde, les mêmes qu’à l’école.

Quelle mission resterait t-il à l’école s’il s’opérait un tel glissement ? Probablement les disciplines « utiles » - ou plutôt réduites à un rôle utilitaire – pour répondre aux besoins des entreprises, comme c’est déjà le cas dans l’enseignement supérieur sur le modèle anglo-saxon. Monsieur Peillon ne se cache d’ailleurs pas de vouloir atteindre cet objectif puisqu’il déclare : « L’éducation nationale est capable de changer le contenu de ses diplômes (…) pour répondre rapidement aux besoins de l’économie de ses entreprises ? » [4]. Si l’école élémentaire doit s’en tenir aux « fondamentaux » désignés par cette logique mercantile, deux questions se posent alors immédiatement : quels citoyens se condamne t-elle à former ? Quelle couche de la population se verra (encore plus) défavorisée dans l’accès à la culture ?

...et une mise en concurrence des statuts des personnels.

Dans ce contexte de crise économique et de dérégulation, les personnels diplômés d’État et les fonctionnaires territoriaux ont du souci à se faire. Car la plupart des communes n’ont pas les moyens de recruter en nombre suffisant des éducateurs diplômés pour prendre en charge la nouvelle masse d’enfants susceptibles de fréquenter les structures périscolaires qu’induit la réforme. Elles recruteront donc des personnels moins qualifiés, sur la base de contrats plus précaires qui se formeront « sur le tas » et auxquels seront confiées des missions équivalentes à celles des personnels qualifiés.

On sait où mène ce type de dérive. Dans le milieu hospitalier par exemple, l’endettement des hôpitaux conduit ces derniers à recruter des personnels sous-qualifiés pour effectuer des tâches qui devraient normalement incomber à d’autres. Ainsi, le personnel d’entretien est amené à effectué des tâches qui relève des aides-soignantes, les aides-soignantes celles des infirmières et les infirmières, certaines tâches des médecins. Diplômes, qualifications, statuts : tout passe à la moulinette...

Danger pour les services publics territoriaux.

Si les communes ne trouvent pas les ressources financières nécessaires pour proposer aux enfants des activités de qualité, il s’ouvrira alors un boulevard pour les activités périscolaires privées. Or, le droit européen, qui supplante le droit national en terme de commerce des services, impose aux collectivités territoriales une « égalité de traitement » entre les services publics locaux et les entreprises privées qui officient sur la même activité. Par conséquent, les collectivités pourraient avoir à indemniser financièrement ou matériellement des prestataires privés (écoles de sport, de musique, de cours particuliers en tout genre) au motif que les services publics sont subventionnés.

Non seulement cette disposition coûtera cher aux collectivité, mais elle sera fatale à leurs services publics. Chacun sait en effet que les services publics n’ont pas les mêmes obligations que les entreprises privées (continuité de service, accueil de tous les publics etc .)

Ne plus laisser les libéraux réformer l’école.

Les réformes qu’on impose à l’école se font au gré des mutations de la société. Que l’école soit réformée pour s’adapter à ces mutations est compréhensible. Mais la question qui devrait faire débat est de savoir à quelle société elle doit s’adapter !

Les réformes importantes ne devraient pas tant s’intéresser aux rythmes scolaires qu’à faire apprendre la coopération et l’autonomie de l’individu et de sa pensée. Mais de telles réformes se feront-elles dans une société qui véhicule prioritairement l’individualisme, la compétition, la rentabilité, l’employabilité... ? Peut-on espérer de Monsieur Peillon, social-libéral, candidat à l’assemblée de l’ultra libérale Union européenne qu’il les fera ?

Utilisant le prétexte des « rythmes scolaires », le gouvernement PS-EELV poursuit la « dénationalisation » de l’éducation nationale engagée de longue date [5]. Une fois de plus, le pouvoir « socialiste » marche dans les pas des gouvernements précédents. A moyen terme, cette réforme s’avérera coûteuse pour les communes tout en creusant encore un peu plus les inégalités. Le M’PEP appelle les maires à faire acte de résistance en refusant de mettre en place le nouveau dispositif et en portant les vrais termes du débat auprès de la population.

Publié par Frédéric Maurin à 10:12am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #Union européenne , #capitalisme , #Etat , #communisme municipal , #Ps , #Parti Socialiste , #grève

22 Novembre 2013

L'Euro, un débat tabou?

Pour sortir du débat interdit

Source : Les Crises

Sortir de l’euro, un débat tabou ? Il est vrai que médiatiquement, à la télévision ou dans les journaux sérieux, on n’aborde guère la question. De plus, tout responsable politique ou expert économiste qui se risque à préconiser le retour aux monnaies nationales est aussitôt disqualifié par les journalistes dominants. A un an des élections européennes, il nous a apparu nécessaire de faire vivre ce débat en nous gardant de militer pour (ou contre) une fin de la monnaie unique. Pour en débattre justement, deux invités : l’économiste Jacques Sapir, fervent partisan d’une sortie de l’euro comme il l’écrit avec constance sur son blog Russeurope, et Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de Gauche, pour qui l’euro n’est pas le problème et n’empêcherait pas de mettre en œuvre une autre politique.

Making-of par Anne-Sophie Jacques

(...)

Pourquoi poser la question, après tout? Parce qu’après deux ans de voyage en économie, l’évidence s’impose: la convergence des économies souhaitée lors de la création de la monnaie unique n’a pas eu lieu. Pire: les économies divergent, et pas qu’un peu. On le voit bien sur les graphiques brandis par Jacques Sapir en début d’émission: ces lignes vous semblent peut-être absconses – vous pouvez les regarder de plus près, les graphiques sont au pied de cet article – mais peu importe, l’important est dans le mouvement. On ne converge pas, on s’éloigne. On s’oppose. Et cette opposition crée des tensions, forcément. Suffit d’avoir l’œil rivé sur le fil d’actualités espagnoles, italiennes, portugaises, sans même parler de la Grèce ou de Chypre pour comprendre que la situation va tourner en eau de boudin.
Parmi les politiques aujourd’hui, certains font l’autruche. C’est le cas de François Hollande – et il faudrait compter le nombre de fois où Jean-Luc Mélenchon, sur le plateau, le traite de carpette. D’autres veulent croire que le problème est conjoncturel, comme le Vert Pascal Canfin qui estime qu’une fois l’Europe revenue à gauche, la tendance s’inversera. D’autres enfin considèrent que le problème est structurel. C’est le cas de nos deux invités. Mais quand Sapir affirme qu’il n’y a pas d’autres choix que de sortir de cette structure, Mélenchon veut la faire plier. Vous verrez, dit-il, si je me pointe avec dans la poche un livre de Sapir et dans l’autre un livre de Jacques Généreux, l’économiste qui inspire le Parti de Gauche, je réussirai à tordre le bras de l’Allemagne. Ou lui clouer les mains sur la table comme le disait François Mitterrand.

Publié par Frédéric Maurin à 04:37am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #mélenchon , #euro , #Jacques Sapir , #Jean-Luc Mélenchon , #front de gauche , #gauche , #hollande , #front national , #françois hollande

15 Novembre 2013

Le débat interdit

Bon. Mes excuses, mais je vais me répéter.

Et, pour les sourds, me répéter en gros caractères.

Interdire le débat, et toute perspective de sortie de crise, c'est aussi (et surtout?) :

Associer systématiquement au Front National des Le Pen, associer à l'extrême droite tout les économistes, élus, citoyens ou militants, qui mènent une réflexion critique sur l'Euro et ce qu'on appelle la "construction européenne".

Jacques Sapir, cela aurait pu être un autre (Todd, Lordon, Gréau...), est l'une des dernières victimes de ce procédé odieux, il s'en explique ci-dessous.

Ensuite, en liens, et sans prétendre à l'exhaustivité, vous retrouverez d'autres victimes de ce mauvais procès.
Essayez de les faire lire.
Sinon, je vais devenir désagréable et... ce serait fâcheux.

Source : À TOUS ET TOUTES

Il en est des rumeurs comme des rats : les deux se multiplient à une vitesse affolante. Mais les rumeurs et les rats peuvent donner la Peste, et pour la rumeur c’est la peste antidémocratique.

Depuis maintenant plus de deux ans, il est de bon ton de m’associer à Mme Marine Le Pen et le Front National. Le 13 janvier 2012 Jacques Attali, dans l’émission “Les débats de la présidentielle” sur Public Sénat, s’exclamait : «Jacques Sapir se trouve être le conseiller économique de Madame Le Pen. » Averti par des amis, dont « l’œil de Brutus »[1], j’avais décidé de ne pas réagir tant l’accusation était ridicule et le personnage dont elle émanait nauséabond. Le Figaro Magazine vient de récidiver le 8 novembre en prétendant que je suis « l’inspirateur » de Madame Le Pen[2].

J’étais, là encore, décidé à ne pas réagir pensant qu’il vaut mieux laisser les coyotes hurler dans leur coin. L’attaque dont j’ai été l’objet sur un réseau social (Twitter pour ne pas le nommer) de la part d’Alexis Corbières, un dirigeant du Front de Gauche, m’oblige à réagir. Non pas tant parce qu’un militant qui se dit « de gauche » va chercher l’objet de sa prétendue polémique dans les poubelles de la presse réactionnaire. Qui veut se salir est libre de le faire. Mais, la méthode inquisitoriale utilisée passe les bornes. Aussi cela m’incite à préciser 3 points.

  1. Une personne, quelle qu’elle soit, ne peut être comptable que de ce qu’elle fait ou de ce qu’elle dit. C’est un des principes de la Déclaration des Droits de l’Homme. Me situant dans le domaine des idées, je n’ai des comptes à rendre que sur ce que je produis, à l’écrit comme à l’oral. Que l’on ne soit pas d’accord avec moi est normal, et l’on connaît mes divergences sur certains points, en particulier sur l’Euro, avec le Front de Gauche. Nous sommes là dans le domaine du débat. Mais, toute tentative pour me discréditer au prétexte que je rencontrerais un tel ou une telle est un procédé écœurant.
  2. J’affirme ici que la séparation entre vie privée et vie publique est l’un des piliers de la vie démocratique et de la liberté. Je rencontre donc qui je veux en privé. La chose serait différente si je prenais la décision de participer à une manifestation publique, comme je l’ai fait – et je le rappelle pour ceux qui ont la mémoire aussi courte que leurs dents sont longues – en 2009 pour le Front de Gauche à l’occasion des élections européennes, en 2011 pour Debout la République lors de son université d’été, et à de nombreuses reprises pour M. Jean-Pierre Chevènement dans le cadre de colloques de la Fondation Res PublicaRes. Il est par ailleurs piquant que l’on cherche à m’associer avec un parti quand cela arrange (comme le Front de Gauche lors du débat j’ai eu avec Jean-Luc Mélenchon en juin 2013 dans Arrêt sur Image) pour me rejeter dès que cela ne convient plus, en particulier à la veille d’élections où pour certains l’alliance avec le PS sera vitale… La séparation entre vie privée et vie publique, qui est de moins en moins respectée il est vrai, est l’un des fondements de la démocratie. Ceux qui se prétendent des démocrates se devraient de ne pas l’oublier et ne devraient en rien contribuer à l’effacement de cette séparation.
  3. Je ne peux m’ôter de l’idée qu’il y a un lien de cause à effets entre mes récentes prises de position, sur François Hollande mais aussi sur une possible (et logique de mon point de vue) nomination de Jean-Pierre Chevènement comme Premier Ministre et le renouveau des attaques qui se produisent. Nous sommes là dans la politique politicienne dans ce qu’elle a de pire. Que des journalistes du Figaro Magazine aient recours à ce procédé ne m’étonne nullement. Mais Monsieur Corbières, ci-devant du Front de Gauche, devrait aller cacher sa honte bien loin pour nous faire oublier qu’il eut recours aux mêmes pratiques.

Pour le reste, me lit qui veut. Si l’on discute mes thèses c’est, j’ose espérer, parce qu’elles ont de l’importance.

(Hé oui, elles le sont: Les scenarii de dissolution de l'euro )

Je répondrai toujours sur le fond, parce que du débat et de la controverse peut naître l’action. Mais, sur le reste, que l’on n’attende de moi pas autre chose qu’un mépris d’acier.

[1] http://loeildebrutus.over-blog.com/article-le-terrorisme-intellectuel-de-jacques-attali-98054971.html Signalons aussi le blog de Yohann Duval qui avait vivement réagi : http://duvalyohann.over-blog.fr/article-jacques-attali-ou-la-difficulte-d-accepter-la-realite-97478321.html

[2] http://www.lefigaro.fr/politique/2013/11/08/01002-20131108ARTFIG00341-les-reseaux-secrets-du-front-national.php

Publié par Frédéric Maurin à 23:46pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #chevènement , #ps , #fakir , #euro , #Union européenne , #Jacques Sapir , #pcf , #gauche , #front national , #bastille République Nations

11 Novembre 2013

Si la gauche gouvernait la France

Si la gauche gouvernait en France ? Enfin, j'veux dire :
"Mr François Hollande, il n'est pas (encore) trop tard...ni jamais trop tard pour bien faire"
Si la gauche était majoritaire, le Mouvement Politique d'Émancipation Populaire appellerait à l’organisation d’un référendum pour sortir le Traité de Lisbonne de la Constitution, afin de restaurer la souveraineté populaire et de pouvoir enfin mener de véritables politiques de gauche.
Ce référendum devrait intervenir immédiatement après l’élection d’une majorité de gauche.
La question posée aux Français serait : « Souhaitez-vous réviser la Constitution française pour en ôter le titre XV (‘‘De l’Union européenne’’) ? ».

Le 29 mai 2005, lors d’un référendum, le peuple français rejetait à 54,68% le projet de traité constitutionnel européen. Ce traité visait à graver dans le marbre du droit européen la doctrine néolibérale : priorité absolue à la « concurrence libre et non faussée » ; libéralisation des services publics pour les privatiser ; libéralisation du commerce international pour faire du libre-échange un système de mise en concurrence entre les nations, les systèmes sociaux, les peuples et les travailleurs ; libéralisation du « marché » du travail pour organiser la précarité et la soumission du salariat ; libéralisation des marchés financiers pour placer les finances publiques sous la domination de la finance ; monnaie unique placée sous le contrôle d’une Banque centrale européenne « indépendante », retirée des prérogatives de la puissance publique.

Le 4 février 2008, le Congrès réuni à Versailles (députés et sénateurs) votait à la majorité des trois cinquièmes des suffrages exprimés une révision de la Constitution française, grâce à la plupart des parlementaires socialistes et verts qui ont soutenu la droite. Le titre XV de la Constitution était modifié et stipulait, notamment : « La République […] participe à l’Union européenne dans les conditions prévues par le traité de Lisbonne… ».

Ce traité avait été signé à Lisbonne le 13 décembre 2007 entre les vingt-sept États membres de l’Union européenne et entrait en vigueur le 1er décembre 2009. Le traité de Lisbonne a modifié les deux traités fondamentaux de l’Union européenne : le traité instituant la Communauté européenne (traité de Rome, 1957, qui est rebaptisé traité sur le fonctionnement de l’Union européenne), et le traité sur l’Union européenne (traité de Maastricht, 1992).

En réalité, le traité de Lisbonne n’est qu’un résumé du projet de traité constitutionnel européen. Toutes les tares qui avaient été dénoncées au moment du référendum de 2005 se retrouvent dans le traité de Lisbonne. Dans ces conditions, ce traité interdit toute politique de gauche. En effet, un gouvernement de gauche qui voudrait s’opposer, par exemple, à des directives européennes de libéralisation en pratiquant la désobéissance européenne, ne le pourrait pas. La droite saisirait immédiatement le Conseil constitutionnel au motif que refuser d’appliquer une directive européenne n’est pas conforme à la Constitution puisque celle-ci, désormais, a intégré le traité de Lisbonne. Il ne fait aucun doute que le Conseil constitutionnel annulerait de telles décisions prises par une majorité de gauche.

Pour mener des politiques de gauche, il faut donc sortir de l’Union européenne ou pratiquer ce que le M’PEP nomme la « désobéissance européenne » en ôtant de la Constitution française toute référence au droit européen en général et au traité de Lisbonne en particulier.

C’est la raison pour laquelle, si la gauche était majoritaire, le M’PEP appelle à l’organisation d’un référendum pour sortir le Traité de Lisbonne de la Constitution, afin de restaurer la souveraineté populaire et de pouvoir enfin mener de véritables politiques de gauche. Ce référendum devrait intervenir immédiatement après l’élection d’une majorité de gauche. La question posée aux Français serait : « Souhaitez-vous réviser la Constitution française pour en ôter le titre XV (‘‘De l’Union européenne’’) ? ».

Publié par Frédéric Maurin à 18:37pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #gauche , #ps , #Parti Socialiste , #ue , #front de gauche , #françois hollande , #hollande , #euro , #référendum , #révolution citoyenne

10 Novembre 2013

Bougez avec La Poste !

Sacrés communistes !

Toujours à voir des suppressions d'emplois partout là où il n'y a en fait que les sains effets de la non moins sainte concurrence libre et non faussée
Ils ne changeront jamais.

(Et c'est tant mieux...)

Allez-y voir ci-dessous:
pétition en ligne, argumentaire et rassemblement le samedi 16 novembre 2013 10 heures à Saint Martin d'Hères

Publié par Frédéric Maurin à 17:40pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #la poste , #saint martin d'hères , #développement durable , #emploi , #droit opposable à l'emploi , #ps , #hollande

9 Novembre 2013

Capitalisme vert : votez pour le prix Pinocchio 2013

"Trop de multinationales agissent en contradiction avec le concept de développement durable qu'elles utilisent dans leur communication. "

J'apprécie l'euphémisme de Peuples solidaires .

Il n'y aurait donc de concernées que les multinationales?
Et une entreprise, multinationale ou non, qui agirait conformément au concept de développement durable (pour faire durer l'exploitation durable, le capitalisme durable, l'aliénation durable, la survie augmentée durable) cela reste du
capitalisme vert .
Et l'on ne rendra jamais un crocodile végétarien.
Même si le crocodile est vert.

Ceci dit, puisqu'il faut des symboles, le prix Pinocchio est une Excellente initiative.

Mais "il faut" 1,10,100,1000 Prix Pinocchio, avec les marées de grévistes qui vont avec, pour définir ce qui doit être produit (ou pas) et de comment on le produit.
Et il manque 10, 20, 1000 CIAG pour appuyer la dynamique

Trop de multinationales agissent en contradiction avec le concept de développement durable qu'elles utilisent dans leur communication.

Pour dénoncer ce décalage mensonger, Peuples Solidaires - ActionAid France s'associe aux Amis de la Terre et au Crid pour décerner, mardi 19 novembre, les "Prix Pinocchio du développement durable" aux pires entreprises de l'année 2013.

Neuf nominés, trois catégories

Auchan, Total, Apple, Areva, Veolia, BNP Paribas, Air France, Alstom et la Société Générale sont en compétition dans trois catégories :
"Plus vert que vert",

"Mains sales, poches pleines"

"Une pour tous, tout pour moi"

A vous de les départager !

Cérémonie de remise des prix mardi 19/11 à 19h (Paris - entrée gratuite)
Inscription ici

La suite ci-dessous...

Le mot de Karl

Le mot de Karl

Publié par Frédéric Maurin à 09:44am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #capitalisme , #écologie , #multinationales , #publicité , #ciag , #droit opposable à l'emploi

8 Novembre 2013

Régis Debray n'est pas sur Facebook

ce qui ne doit pas nous empêcher de le (re)lire...

« Pour un handicapé informatique, accroché à l’écriture manuelle et aux formes traditionnelles de l’édition, étranger aux savoir-faire, aux rythmes, aux aisances de l’Internet, construire un site personnel est une chose paradoxale.

On n’a rien à vendre ni à distribuer. On n’est ni réactif ni entreprenant. On répond assez peu aux messages.

Un site, c’est une question de commodité et de politesse.

1. Pour nous simplifier la vie, précisément, en déléguant à cet écran le soin de répondre à toutes sortes de demandes auxquelles on n’est pas en mesure de faire face au jour le jour.

2. Pour simplifier la vie et les recherches de ceux qui peuvent avoir des curiosités pour tel ou tel aspect ou domaine auquel on se trouve mêlé : médiologie, littérature, histoire des religions, philosophie, politique, etc.

3. Parce qu’il circule sur le réseau, à côté d’informations utiles, et faute de filtres, une infinité d’inepties, d’inexactitudes et de malveillances qui font brouillage, en sorte qu’une mise au clair et au net peut s’avérer utile. Car des deux choses qui menacent le monde, l’ordre et le désordre, la deuxième semble aujourd’hui la plus menaçante. Dans le microscopique domaine qui nous concerne, ce site nous aidera à mettre un peu d’ordre.

4. Parce que l’intelligence est collective ou n’est pas, et que le droit de la propriété intellectuelle doit se renouveler de fond en comble. Vers la gratuité, le partage et le libre accès.

Enfin et d’abord, parce que la recherche du vrai se fait à plusieurs. Celle de chacun par soi-même également. »

NB : Régis Debray n’intervient pas sur les réseaux sociaux, et décline toute responsabilité quant au contenu diffusé par les internautes utilisant son identité. Le présent site est le seul à diffuser son contenu avec l’assentiment de Régis Debray.

et le site est en lien ci-dessous...

Publié par Frédéric Maurin à 23:01pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #régis debray , #mediologie , #facebook

6 Novembre 2013

Retraites: ATTAC ne lâche rien

En attendant le retour des grandes marées grévistes...

sur le mode Aussitôt élus, on les pousse au cul !

Tous ensemble contre la grande tricherie

...une initiative d'ATTAC

Spécialisé dans les causes perdues, je signe...

La réforme des retraites avait été adoptée à une courte majorité lors de son premier passage à l’Assemblée nationale. Le 5 novembre, le Sénat l’a rejetée à l’unanimité. Elle reviendra donc à l’Assemblée les 19 et 20 novembre.

Le rejet de la réforme est possible : il suffirait que ceux qui se sont abstenus en première lecture votent contre cette loi pour qu’elle soit rejetée faute de majorité. Bien sûr le gouvernement pourrait utiliser le 49-3 mais le caractère illégitime de cette contre-réforme en serait renforcé. Ce serait un encouragement à continuer pour le droit à la retraite et la défense de tous les droits sociaux.

Assurons-nous que les députés votent contre cette réforme inique ! Vous pouvez interpeller les députés de votre circonscription grâce à l'outil ci-dessous :

ANI, CICE, réforme des retraites austérité...Fakir avait donc raison?

Publié par Frédéric Maurin à 23:59pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #retraites , #fakir , #austérité , #ani , #chômage , #dette

6 Novembre 2013

Guerre de classes, guerre des mots

....chronique de la guerre idéologique ,actuellement mal engagée pour les classes populaires.

Source (faut-il le répéter?) : L'Humanité "qui n'existe que parce que des gens l'achètent"

Deux ans après la parution du Président des riches ? , Monique Pinçon-Charlot et Michel Pinçon reviennent sur le devant de la scène avec la Violence des riches. Une plongée dans l’univers d’une classe dominante dont les instruments de pouvoir, économiques, financiers, culturels, médiatiques et politiques, déstabilisent de plus en plus notre démocratie au détriment du peuple. Ils étaient ce samedi les invités des Amis de l'Humanité à La Courneuve.

Après plusieurs plongées au cœur de l’oligarchie française, vous avez décidé dans votre dernier livre de décrypter la violence que la classe dominante exerce sur le peuple. Comment se traduit cette violence ?

Monique Pinçon-Charlot. De plusieurs manières… Il y a d’abord la violence économique, dans sa version néolibérale, avec une finance spéculative qui prend le pas sur la production industrielle. Les exemples d’entreprises françaises comme Peugeot, Arcelor et bien d’autres, licenciant à tour de bras malgré des bénéfices énormes sont légion. C’est l’exemple immédiat de cette violence exercée par la confrérie des grandes familles ! Il y a ensuite la violence politique avec le mensonge d’État comme technique assumée. Le président Hollande et son gouvernement ont beaucoup trahi leurs promesses de campagne et les valeurs socialistes. C’est une violence terrible que le mensonge politique. La classe dominante use aussi d’une violence idéologique puisqu’il s’agit de faire croire que le néolibéralisme est naturel. Que les marchés sont comme la lune qui brille ou les prés qui verdoient. Pour ce faire, cette classe très consciente d’elle-même utilise une autre forme de violence : la violence linguistique. Ici, il s’agit de manipuler le langage pour corrompre la pensée. Toutes ces violences forment au final une sorte de feu d’artifice qui aboutit chez les classes moyennes et populaires à un fatalisme mortifère avec le sentiment qu’il est impossible de changer les choses. Et c’est ça le plus terrible.

Vous parlez de mensonge d’État comme violence politique. Le président Hollande continue à mener une politique dans la continuité de celle de son prédécesseur. N’est-il pas finalement lui aussi un « président des riches », comme le titrait votre précédent ouvrage faisant référence au quinquennat de Sarkozy ?

Michel Pinçon. Une des violences les plus profondes, c’est la perte d’adhésion des couches populaires au discours politique. On peut parler aujourd’hui de trahison politique, c’est vrai. Mais le fait est que, dès 1985, François Hollande, jeune socialiste maître de conférences à l’université, cosignait un livre intitulé La gauche qui bouge, qui correspond point par point à son programme actuel basé sur l’idée qu’il faut faire des économies dans un seul système possible : le capitalisme. Expliquant au passage que cette politique libérale était la seule chance pour la gauche de succéder à la droite. Or avec un tel point de vue, il ne peut y avoir de vraie opposition.

"L’alternative, telle que les principaux dirigeants du PS la conçoivent, c’est fini"

Le changement, ce n’est donc pas pour maintenant ?

Michel Pinçon. En fait, il y a deux mots pour parler de changement : ce sont les mots alternance et alternative. Or l’alternative, telle que les principaux dirigeants du PS la conçoivent, c’est fini. Il ne s’agit en réalité que d’alternance. La majorité des cadres dirigeants étant acquise au libéralisme. Ce livre qui se nomme La gauche qui bouge n’est d’ailleurs plus trouvable en librairie et a disparu de la bibliographie officielle du président. En fait, on se retrouve dans la situation des pays anglo-saxons. Avec des démocrates et des républicains comme aux États-Unis sans qu’il y ait de différences de fond sur le modèle économique. Obama a certes travaillé dans un sens social avec ses garanties santé. Mais il ne s’attaque pas à Goldman Sachs et aux têtes nocives de la finance anglo-saxonne. Obama, c’est l’alternance post-Bush. Blair, c’est l’alternance post-Thatcher. Hollande, c’est l’alternance post-Sarkozy.

Monique Pinçon-Charlot. Il faut comprendre que parmi les hauts responsables de cette classe sociale, c’est-à-dire les présidents de club, d’institut, tous ces gens qui sont mobilisés pour la reproduction des intérêts de leur classe… beaucoup sont proches du PS ou votent socialiste, avec à leurs côtés des gens qui votent UMP. Tout ce petit monde s’entend très bien. En vérité l’alternance politique est une sorte de bicéphalisme plus ou moins organisé qui permet ainsi de maintenir la défense des intérêts de l’oligarchie.

Au final, la Ve République, telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, ne favorise-t-elle pas cette violence des riches ?

Monique Pinçon-Charlot. Absolument. C’est pour ça que l’idée d’une VIe République permettrait, avec une nouvelle Constitution, de faire bouger les lignes. J’ai tenté de démontrer que l’évasion fiscale n’était pas une arme de destruction massive contre les États mais que ceux-ci étaient complices de ce jeu pervers. Si LVMH a quarante-six filiales dans les paradis fiscaux, c’est bien parce qu’il y a Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères, qui est au conseil d’administration. Ça ne peut pas se faire sans qu’il soit au courant de tout cela. La classe politique est aujourd’hui totalement coupée du peuple. Les ouvriers et les employés, qui représentent 52 % de la population active, ne sont pas représentés du tout ou à hauteur de 0,01 % à l’Assemblée nationale et au Sénat. Voilà une violence concrète. Aussi je milite pour l’abolition du cumul des mandats, pour l’interdiction de faire carrière en politique. Je veux que l’on revoie le statut de l’élu, que l’on institue le vote obligatoire et la reconnaissance du vote blanc dans les suffrages exprimés. Si l’on met ensemble ces cinq mesures, alors ce serait une véritable révolution.

"Les dominants n’ont pas ce problème de conscience de classe et leurs liens dépassent aussi les frontières"

Parmi les violences symboliques que la classe dominante fait subir au peuple, vous parliez de la violence linguistique. N’est-ce pas justement par le langage que la lutte commence aujourd’hui à l’ère du tout-médiatique ?

Michel Pinçon. Une des dimensions primordiales de cette lutte contre la violence symbolique est de réhabiliter les concepts du marxisme. Redire les mots tels qu’ils sont. C’est-à-dire parler de capital et de capitalistes. Parler de ces classes sociales qui sont antagoniques. Parce que les riches accaparent la plus grande part de la plus-value produite. Donc il y a une nécessité de réintroduire ces concepts qui n’ont rien perdu de leur pertinence dans notre société. Et de lutter contre cette dérive lexicale. Par exemple parler de flexi-sécurité, c’est aberrant : si c’est flexible, ce n’est pas de la sécurité. Si c’est de la sécurité, ce n’est pas flexible. Il y a une importance à parler franc et à dire les choses telles qu’elles sont. Parler d’exploitation. Mettre en cause la finance internationale. Expliquer qu’un individu qui gagne un million d’euros, ce qu’il gagne c’est sur le travail des autres. Nous tentons de restituer un état d’esprit de conscience de classe.

Monique Pinçon-Charlot. Quand on est à la télévision, on tente de remettre les mots à leur place. Quand, devant les caméras, on se retrouve face à des membres de l’oligarchie comme Marc Ladreit de Lacharrière, Pierre Kosciusko-Morizet, toutes ces personnes qui se présentent toujours en bienfaitrices de l’humanité, créateurs de richesses et d’emplois, nous les remettons à leur place en les redéfinissant : vous êtes des spéculateurs, leur dit-on. On ne laisse rien passer. On parle de délinquance en cols blancs. De délits en bandes organisées. De délits des beaux quartiers. S’il le faut, nous inventons des néologismes ou nous réactualisons des termes. Le « bourgeoisisme » que nous dénonçons est un contre-pied linguistique au populisme péjoratif dont cette classe nous affuble. Nous en avons marre des flagorneries des riches entre eux. On en a marre du « bourgeoisisme » du Figaro. On en a marre du « richissisme » des chroniqueurs de la Bourse. On en a marre de « l’oligarchisme » de l’ENA et du Who’s Who ! Parler de bourgeoisisme comme nous le faisons en conclusion de notre livre est une arme linguistique rigolote… car avec l’humour aussi on peut faire avancer les choses. La prise de conscience est douloureuse. C’est tous ensemble qu’il faut animer cette prise de conscience. Lors de la promotion du Président des riches, j’exigeais que les gens ne partent pas avant la fin. Je voulais que l’on parte tous ensemble. Mais évidemment nos armes sont limitées. Parmi ces armes, il y a la conscience de classe à travailler… Les dominants n’ont pas ce problème de conscience de classe et leurs liens dépassent aussi les frontières.

L’internationalisme bourgeois est-il une réalité ?

Michel Pinçon. Bien sûr, dès l’Ancien Régime, les alliances entre familles princières dépassaient les frontières. Aujourd’hui, c’est tout à fait ordinaire de rencontrer quelqu’un qui possède dix mille hectares en Argentine et qui dans le même temps est directeur d’une grande entreprise en France tandis qu’il vient d’hériter d’un château dans un autre coin d’Europe. L’aspect international est lié à l’éducation. Beaucoup parmi les dominants sont trilingues. Espagnol, anglais français. Avec l’anglais toujours comme langue indispensable. Cette dimension internationale est une grande violence. Prenez par exemple des délégués syndicaux qui se retrouvent parachutés à Bruxelles… ils sont perdus parce qu’ils ne parlent pas anglais. Or à Bruxelles l’anglais est très important. Dans certains conseils d’administration, des syndicalistes se retrouvent avec des dossiers énormes en anglais et non traduits. C’est un des exemples les plus terribles où l’on ressent que l’on est dominé. Eux, ils parlent anglais couramment, il y a eu la nurse, il n’y a pas de problème. Ils ont fait un an dans un collège anglais et ont toujours l’occasion de pratiquer.

Monique Pinçon-Charlot. Oui, l’organisation cosmopolite est absolument transversale à la classe. Dès la naissance, ils apprennent de façon maternelle plusieurs langues. Ils vont dans des collèges, en Espagne, en Angleterre, aux États-Unis. Autour de la table chaque jour, il y a plusieurs nationalités qui sont représentées, que ce soient des membres de la famille ou des amis. L’argent aussi est investi de manière complètement internationale. La culture également. Le monde du marché de l’art est profondément international. De telle sorte que l’internationalisme est consubstantiel à cette classe, et que par la médiation de la sociabilité mondaine, cet internationalisme est un mode de vie. Il n’est pas besoin d’imaginer une théorie du complot pour comprendre le mécanisme de création de groupes informels et très puissants comme Bilderberg, la trilatérale…

"Nous pensons qu’au néolibéralisme correspond un individu néolibéral, pervers, narcissique, au-dessus des lois"

Vous venez de le dire que la classe des riches domine l’espace de manière transversale, mais ne domine-t-elle pas aussi le temps en s’arrogeant l’histoire ?

Michel Pinçon. Oui. C’est une des dimensions décisives dans la violence symbolique et qui renvoie au vécu de tout un chacun. Par exemple, je me souviens d’une visite chez un noble, très riche, qui nous avait reçus. Il faisait visiter la galerie des ancêtres à son petit-fils et expliquait que tel portrait était celui d’un aïeul du XVIIIe siècle. Donc on voit un enfant qui apprend à devenir membre de la dynastie : il a des ancêtres et il aura des héritiers. Cet enfant était d’emblée plongé dans un temps qui est beaucoup plus long que le temps vécu d’un immigré ou d’un membre de la classe populaire dont la mémoire ne dépasse pas celle du grand-père. Voilà une réalité qui forme une inégalité en profondeur du rapport à l’existence et au temps. Quelques jours après la visite de ce château en Limousin, j’assistais ainsi à la destruction d’une barre HLM à Aubervilliers. Il y avait des enfants qui avaient grandi dans cette barre et qui regardaient partir en poussière ce qui était le lieu de leur enfance. Ils n’auront aucun lieu qui comme ce château représentera leur passé. Il y a donc une vraie précarité de la vie populaire qui n’a pas de commune mesure avec l’espace de sérénité de la vie grande bourgeoise qui se nourrit de plus en plus d’impunité.

Vous parlez d’impunité, cela implique une inversion des valeurs, l’individualisme prend-il définitivement le pas sur la solidarité ?

Monique Pinçon-Charlot. En effet, cette classe, en tant que classe dominante, fait du déni de la règle, la qualité du dominant. Et cela, c’est nouveau par rapport au milieu des années 1980. Nous poussons un cri d’alarme car nous pensons qu’au néolibéralisme correspond un individu néolibéral, pervers, narcissique, au-dessus des lois, qui n’hésite pas à être dans la délinquance, sachant qu’il sera impuni car il y a très peu de sanction pénale à la délinquance des riches. Cet individu ultralibéral sans foi ni loi est une menace énorme pour la sécurité de notre pays, pour l’idée d’un changement collectif, organisé, qui ne soit pas la barbarie de tous contre chacun. Il faut que les classes populaires reprennent conscience de cette réalité.

Publié par Frédéric Maurin à 08:50am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #médias aux ordres , #capitalisme , #sarkozy , #hollande , #ue , #l'humanité , #Union européenne