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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

29 Janvier 2014

François Hollande est-t'il de droite ?

François Hollande est-t'il de droite ?
Hollande et, par extension nos amis socialistes sont-ils de droite ?

Non, c'est plus compliqué que cela.

Pour préciser la réponse, retour sur cet entretien d'Emmanuel Terray accordé à Rue89

Et Hollande ? Si je me fie aux valeurs que vous énumérez, j’en tire la conclusion qu’il est aussi de droite.

Là les choses sont différentes. La droite et la gauche, c’est un couple antagoniste mais indissociable. Elles sont déterminées l’une par l’autre. C’est un couple qui s’affronte dans la bataille politique et la bataille des idées. Par conséquent, on en arrive à la question de l’hégémonie : qui est dominant dans la bataille des idées ?

Contrairement à ce qu’on pense souvent, la gauche était assez largement dominante jusqu’en 1970-75, pendant la période des Trente Glorieuses : elle était dominante sous sa forme interventionniste, keynésienne, progressiste.

Il y a eu une mutation en 1980 et depuis cette période, c’est la droite qui est hégémonique : c’est le triomphe des valeurs de l’individualisme, de la compétition, des inégalités. Et je pense que François Hollande est un bon reflet de cette hégémonie de la droite.

Je ne doute pas qu’il soit un homme de gauche du point de vue de ses appartenances sociales, de son enracinement, mais dans ce qu’il développe, si les valeurs de la gauche c’est l’innovation, l’invention, la prise de risque, le privilège de l’avenir sur le présent, on en est assez loin.

Il n’y a rien dans ce que nous propose François Hollande qui relève de près ou de loin de l’utopie. Or je pense que sans utopie, il n’y a pas vraiment de pensée de gauche.

François Hollande serait donc un homme qui défend des valeurs de droite !

Je dirais que c’est un homme de gauche qui subit très fort l’hégémonie de la droite. Ce n’est pas tout à fait la même chose.

Voila.

En espérant qu'une fois cette question tranchée, on puisse enfin passer à d'autres choses ...

Voici pour la totalité de l'entretien:

Emmanuel Terray est un grand nom de l’anthropologie française. C’est aussi un citoyen engagé, comme on dit, franchement à gauche. Il vient de publier un livre,

Penser à droite (éd. Galilée), dont on a envie de souligner toutes les phrases.

En étudiant les écrits des grands penseurs de droite depuis la Révolution française, il a dégagé ce qui constitue leur socle commun, quelles que soient les époques, et quels que soient les « courants » et les traditions dans lesquels ils s’inscrivent.

Il nous aide à comprendre pourquoi l’immigration et l’islam sont des obsessions des hommes politiques de droite. Et pourquoi on peut être pauvre mais voter pour un candidat qui n’aide pas les pauvres.

Au terme de son enquête, il estime que la vision du monde « de droite » est aujourd’hui hégémonique – et que « François Hollande est un bon reflet » de cette domination. Entretien.

Rue89 : Vous avez entrepris de comprendre ce que c’est qu’être de droite. Comment ce sujet s’est-il imposé à vous ?

Emmanuel Terray : C’est venu de très loin : je suis d’une famille de droite classique républicaine. Au fur et à mesure que les années ont passé, il m’a semblé qu’il fallait prendre la mesure du fait que la moitié du monde ne pense pas comme moi ; et qu’on ne pouvait pas réduire ce fait à la simple défense d’intérêts matériels. D’autant que dans cette moitié qui ne pense pas comme moi, beaucoup de gens ont peu d’intérêts matériels à défendre.

Je voulais comprendre ce qui les amenait à défendre un ordre établi qui les traite relativement mal. Comme anthropologue, je me suis toujours efforcé de comprendre une société autre, une culture autre. Ce livre est le fruit d’un effort déployé pour comprendre la tribu de la droite.

C’est la même approche intellectuelle que quand vous partiez étudier des tribus en Côte d’Ivoire ?

J’ai travaillé dans des sociétés faites de lignages juxtaposés qui peuvent être très opposés les uns aux autres mais qui appartiennent tout de même à un même clan. Et quand un autre clan entre en scène, ces lignages savent toujours s’entendre.

On a un mécanisme du même genre dans la pensée de droite. Malgré son extrême diversité, la pensée de droite a toujours été capable de se réunifier quand l’adversaire se faisait menaçant.

Les historiens qui ont réfléchi sur la droite – à commencer par René Rémond, à continuer par Sirinelli et ses collaborateurs puis par Michel Winock – insistent toujours sur sa diversité. J’observe pour ma part une continuité indéniable dans le temps et une grande cohérence.

« L’ordre établi, c’est le point de départ »

Mais la droite se compose malgré tout de deux grandes familles : les tenants du libéralisme économique et ceux qui sont plutôt attachés au conservatisme social. Combien de temps cette cohabitation peut-elle encore durer ?

La tension entre les deux est un mécanisme constant dans l’histoire de la droite. La droite défend l’ordre établi. C’est le point de départ. Mais l’ordre établi change sous la pression des mouvements du monde. Par conséquent, la droite est confrontée à une échéance : ou bien nous restons fidèles à l’ordre établi tel que nous l’avons toujours défendu et nous tombons dans la réaction ; ou bien nous nous adaptons.

Vous avez une très belle transition de ce genre au début du XIXe siècle. Sous la Restauration, la droite aristocratique féodale souhaite que l’Ancien régime soit rétabli. Mais la société a changé, la révolution industrielle commence, les banques et l’argent prennent de l’importance.

Cette évolution pousse la droite légitimiste dans la réaction et c’est la droite orléaniste qui se place au cœur du jeu : ce sont les valeurs de Guizot et Louis-Phillippe qui l’emportent. L’argent.

Balzac décrit admirablement cette mutation : vous avez d’un côté la duchesse de Langeais et le comte de Montriveau, partisans de l’Ancien régime ; et de l’autre Rastignac, qui décide de s’adapter à la société telle qu’elle est devenue, qui va épouser la fille de l’usurier et se faire de l’argent.

On pourrait aussi prendre un exemple à la fin du XIXe siècle. La droite, jusque là, est résolument monarchiste. Vers 1880-1890, les plus lucides voient bien que la République est installée et qu’on ne reviendra pas à la monarchie. Et par conséquent, c’est le mécanisme du Ralliement. Dans l’Histoire, l’expression désigne le ralliement des catholiques mais ça va bien au-delà : la droite devient républicaine et ceux qui restent monarchistes versent dans la réaction.

Je me demande si on n’assiste pas au début d’une transition du même genre.

Si la mondialisation ultralibérale devient la règle définitive, si la droite classique s’accroche à ses positions, elle deviendra elle aussi réactionnaire par rapport à cette idéologie ultralibérale. Il y a une tension évidente entre les deux. Mais la crise peut aussi freiner le triomphe de la mondialisation ultralibérale ; à ce moment-là, la droite républicaine classique retrouverait ses marques.

Sarkozy, « du côté du libéralisme »

Donc les tenants du conservatisme social retrouveraient une place centrale à droite ?

Oui. Si on regarde l’échiquier politique français, on voit bien que Sarkozy et Juppé, ce n’est pas la même chose. Or on ne peut pas dire que la tendance Juppé a définitivement perdu la bataille. La crise peut favoriser une envie de modération et de stabilité.

En lisant votre livre, je me suis demandé si Nicolas Sarkozy était vraiment de droite.

Il n’est pas de la droite classique. Les valeurs de la droite classique et celles des tenants du libéralisme économique s’opposent presque terme à terme : la stabilité, l’enracinement, la sécurité et le consensus d’un côté ; la mobilité, le nomadisme, le goût du risque et la compétition de l’autre. Sarkozy est du côté du libéralisme.

Ceci dit, cette distinction n’efface pas les fondamentaux : l’ordre, la hiérarchie, l’autorité, la priorité donnée au plus proche sur le lointain, restent constantes. L’idée d’égalité est rejetée par toutes les fractions de la droite – l’inégalité est même considérée comme un bienfait, un moteur de la compétition, donc de la croissance, de l’innovation.

A vous lire, le centriste Bayrou est de droite.

Sans aucun doute. Il est clairement d’une droite conservatrice, républicaine, d’influence chrétienne – ce qui est important à souligner, parce que ce n’est pas la règle générale.

Rien d’utopique chez Hollande

Et Hollande ? Si je me fie aux valeurs que vous énumérez, j’en tire la conclusion qu’il est aussi de droite.

Là les choses sont différentes. La droite et la gauche, c’est un couple antagoniste mais indissociable. Elles sont déterminées l’une par l’autre. C’est un couple qui s’affronte dans la bataille politique et la bataille des idées. Par conséquent, on en arrive à la question de l’hégémonie : qui est dominant dans la bataille des idées ?

Contrairement à ce qu’on pense souvent, la gauche était assez largement dominante jusqu’en 1970-75, pendant la période des Trente Glorieuses : elle était dominante sous sa forme interventionniste, keynésienne, progressiste.

Il y a eu une mutation en 1980 et depuis cette période, c’est la droite qui est hégémonique : c’est le triomphe des valeurs de l’individualisme, de la compétition, des inégalités. Et je pense que François Hollande est un bon reflet de cette hégémonie de la droite.

Je ne doute pas qu’il soit un homme de gauche du point de vue de ses appartenances sociales, de son enracinement, mais dans ce qu’il développe, si les valeurs de la gauche c’est l’innovation, l’invention, la prise de risque, le privilège de l’avenir sur le présent, on en est assez loin.

Il n’y a rien dans ce que nous propose François Hollande qui relève de près ou de loin de l’utopie. Or je pense que sans utopie, il n’y a pas vraiment de pensée de gauche.

François Hollande serait donc un homme qui défend des valeurs de droite !

Je dirais que c’est un homme de gauche qui subit très fort l’hégémonie de la droite. Ce n’est pas tout à fait la même chose.

Quid des écologistes ?

Il y a chez les écologistes un curieux mélange d’utopie futuriste et de nostalgie passéiste, sur le thème du retour à la nature, à la vie simple, etc. Cette identité multiple leur permet d’attirer beaucoup de suffrages – lorsqu’il n’y a pas d’enjeu réel, par exemple aux élections européennes et régionales. Quand les élections décisives (politiques) arrivent, c’est une autre affaire.

Mélenchon ou la gauche classique

Passons à Mélenchon.

Si les valeurs de la gauche, c’est le refus de l’ordre établi, la recherche de l’égalité, l’idée qu’il n’y a pas d’ordre sans justice, et que toute injustice est un désordre, indiscutablement, Mélenchon et le Front de Gauche sont les porteurs des valeurs de la gauche classique.

Vous allez voter pour lui ?

Vraisemblablement.

Vous disiez que la pensée de droite est hégémonique. Peut-on dire que la France est de droite ?

Votre question est difficile. Je suis frappé par la chose suivante : dans la mesure où elle privilégie l’ordre et la sécurité d’une part, le proche sur le lointain d’autre part, la pensée de droite a des assises sociologiques qui lui assurent une audience considérable.

Je pense à des gens qui n’ont pas beaucoup, et qui ne sont pas prêts à risquer ce pas beaucoup dans des aventures politiques incertaines, qui raisonnent selon l’adage « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras », « ne lâchons pas la proie pour l’ombre ».

C’est un point intéressant parce que historiquement, la droite s’est toujours méfiée du suffrage universel. Et puis la révolution de 1848 est arrivée et il y a eu les premières élections au suffrage universel masculin. Divine surprise : les monarchistes ont eu 500 sièges et les républicains, 200.

La droite a découvert que le suffrage universel, à condition qu’il soit bien balisé, à condition que le choix des candidats soit bien encadré, pouvait jouer en sa faveur.

D’autre part, la démocratie implique un effort, une dépense d’énergie, de temps. Quiconque a eu des responsabilités sait que c’est bien plus facile de décider soi-même et d’essayer de faire appliquer cette décision plutôt que de consulter cinquante personnes et discuter pendant des heures pour arriver à un avis commun. Or les gens ne sont pas spontanément portés à l’effort.

Il existe aussi, plus profondément, ce que Dostoïevski a appelé la peur de la liberté. J’ai été défenseur prud’hommes dans les années 70 à la CFDT. Dans notre idéologie, nous voulions une défense collective, participative. On voulait associer les gens qui venaient porter plainte à leur propre défense. On se heurtait à des résistances farouches. Je les entends encore :

« Monsieur, je remets mon sort entre vos mains, je vous fais une entière confiance. »

Ce recul face à la liberté et la responsabilité jouent très fort en faveur de la droite, qui fait une distinction fondamentale entre l’élite et la masse.

Staline, « un tempérament de droite »

Votre témoignage vient à l’appui des croyances des penseurs de droite qui considèrent l’homme comme plutôt mauvais et feignant s’il n’est pas contraint par la société.

Si on laisse la nature opérer, la force des choses jouer, la pensée de droite est effectivement validée. Les gens de gauche ont souvent tendance à sous-estimer l’effort et les prises de risque qu’ils demandent.

Mais alors, on naîtrait de droite et on pourrait éventuellement devenir de gauche sous certaines conditions ?

Je ne sais pas si on est de droite à l’état de nature. De mon point de vue, gauche et droite sont deux tempéraments symétriques.

Si vous n’aimez pas l’ordre établi, si vous ne craignez pas l’innovation, les risques, si vous êtes un peu parieur, ce tempérament vous conduit à être de gauche.

Si vous êtes davantage soucieux de sécurité, si vous craignez pour ce que vous avez, pour ce qui existe, si vous craignez l’arrivée de gens venus d’ailleurs, vous êtes de droite.

Prenez l’Union soviétique entre les deux guerres : vous voyez s’opposer des tempéraments de gauche et des tempéraments de droite. C’est Trotski, partisan de la révolution permanente, face à Staline, partisan de l’ordre, de la discipline, de la hiérarchie.

Dans le PC chinois actuel, c’est la même chose.

Quand Sarkozy est arrivé au pouvoir, l’UMP affirmait être devenue le parti du mouvement. Etes-vous d’accord avec cette revendication ?

Cette revendication relève de la formule du prince Tancrède dans « Le Guépard » :

« Il faut que tout change pour que tout reste pareil. »

Je crois que c’est le principe même de la politique de Sarkozy. L’idée est de sauver l’ordre établi dans ses fondamentaux avec ce qu’il contient d’inégalités, de toute puissance de l’argent ; mais de faire les mutations accélérées et cosmétiques qui permettront de sauver cet essentiel.

« On fait mine de craindre l’islam »

Pourquoi la droite est-elle obsédée par l’islam ?

L’islam nous est proposé comme un adversaire de substitution, car il faut toujours un adversaire, depuis que le communisme a disparu. On n’a pas assez noté que les Trente Glorieuses sont exactement contemporaines de la guerre froide.

Je suis convaincu que l’avènement de ce que Robert Castel a appelé la société salariale – une société de croissance, de plein emploi, de progrès du niveau de vie, de sécurisation des statuts pour les travailleurs – cette société construite par l’effort commun de l’aile réformiste du mouvement ouvrier et de la bourgeoisie éclairée, devait beaucoup à la pression extérieure exercée par l’aile communiste du mouvement ouvrier.

La première année que j’ai voté, en 1956, le Parti communiste faisait 26% des voix. C’était une alternative possible. A partir de 1980, la menace soviétique devenant de moins en moins crédible, le capitalisme s’est senti libéré de toute menace, d’où ce passage à l’hubris, à la démesure.

L’islam, aujourd’hui, ne met pas en cause le destin capitaliste. C’est un adversaire moins menaçant. Mais on fait mine de le craindre pour se souder contre quelque chose.

Comment les gens de droite ont-ils assisté aux révolutions arabes ?

Le printemps arabe a provoqué une petite dépression. Notre droite aurait été très désorientée si toutes les révolutions arabes avaient conduit à l’avènement de démocraties dans tout le monde arabe.

Mais les partis islamistes sont en train d’emporter la bataille politique aussi bien en Tunisie qu’en Egypte. La droite peut donc continuer à brandir la menace islamiste.

La droite va donc continuer à jouer avec le halal, les prières de rues...

Et les horaires des piscines, oui... Mais ce n’est pas uniquement pour avoir un ennemi. Cette attitude se rattache aussi à cette hostilité à l’étranger qui est une dimension importante de la pensée de droite.

La préférence nationale, pensée à droite

Pourquoi la droite est-elle si méfiante vis-à-vis de l’étranger ?

Elle ne voit pas les étrangers d’abord comme des humains. La pensée de droite déteste les catégories universelles. Vous trouverez quantité de penseurs de droite pour vous dire que l’humanité est une notion zoologique, sans contenu politique ni social, ni culturel.

Pour eux, ce qui existe, c’est les nations : certaines nous sont proches, d’autres lointaines. L’idée de préférence nationale, elle est formulée par le Front national, mais elle est au cœur de la pensée de droite.

C’est aussi lié à sa conception de l’ordre : l’ordre implique que ses éléments restent distincts, et que chacun reste à sa place.

Or si vous n’êtes pas dans une société d’apartheid, l’immigration apporte le risque d’hybridation, de mélange, de métissage, de confusion.

Et, par définition, un immigré c’est quelqu’un qui ne reste pas à sa place. Tout cela est donc contraire aux valeurs de la droite. L’instinct profond de la droite l’amène à être hostile à l’immigration.

Tout au long des XIXe et XXe siècles, la France a toujours extrêmement mal accueilli les étrangers d’où qu’ils viennent : elle a mal accueilli les Belges, les Italiens – rappelez-vous le pogrom d’Aigues-Mortes –, les Espagnols...

J’ai lu des journaux des années 30, qui expliquent que le catholicisme complètement fétichiste et fanatique des Polonais interdisait absolument leur intégration dans la République française laïque... Remplacez le catholicisme par l’islam, et vous aurez les peurs d’aujourd’hui.

Etre de droite, au fond, c’est avoir peur ?

Bien souvent, oui. Observez la pensée de Finkielkraut, vous retrouvez cette notion de forteresse assiégée : nous sommes entourés par les barbares, ils sont à nos portes, nous sommes menacés de déclin, de disparition... C’est un thème cardinal dans la pensée de droite depuis 1830.

Pendant la révolution de 1848, les barbares de l’époque, ce sont les Bretons, les Picards, les Auvergnats qui s’entassent dans les faubourgs de Paris et comme ils ne parlent pas encore très bien français, car Jules Ferry n’est pas encore arrivé, ils sont réputés étrangers, ils menacent la civilisation bourgeoise parisienne.

Dans le livre de Louis Chevalier, « Classes laborieuses et classes dangereuses », vous trouvez des descriptions et des citations éloquentes sur le sujet. Il n’y a pas grand-chose à changer entre les textes de cette période et ceux d’aujourd’hui : la civilisation disparaît, il n’y a plus de repères, la morale s’évanouit. C’est un thème constant de la pensée de droite, ce thème de la peur.

Dans la préface de « Lucien Leuwen », Stendhal a cette très belle formule :

« Adieu ami lecteur, essayez de ne pas passer votre vie à haïr et à avoir peur. »

On voit dans la campagne actuelle que la haine et la peur sont des moteurs fondamentaux pour les candidats de droite.

Publié par Frédéric Maurin à 23:25pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #droite , #ps , #françois hollande , #rue 89 , #presse libre

29 Janvier 2014

Vive la publicité (pour une fois)!

Air bien connu "donner des réflexes idiots à des gens intelligents".

Comme beaucoup, je déteste la publicité, ce langage souriant de la marchandisation.

Autrement dit "Cela ne se passe comme çà chez Mac Donald'S

Tout a été dit à ce sujet par les renseignements généreux sur cette entreprise de stérilisation-normalisation de l'imaginaire.

Le combat des Casseurs de pub ou de Résistance à l'agression publicitaire reste essentiel et salutaire.

Et pourtant.

Pourtant, quand les donneurs d'ordre ont d'autres idées en tête que de bourrer les crânes afin de nous vider les poches, les publicitaires peuvent être bons.

Vive la publicité (pour une fois)!

Publié par Frédéric Maurin à 09:40am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #crise , #austérité , #chômage , #inégalités , #Etat , #pauvreté , #logement , #exclusion

22 Janvier 2014

Contre le chômage on a tout essayé ?

« C’est pas le boulot qui manque quand on cherche vraiment » « On a les chômeurs les plus riches du monde » « Mieux vaudrait des travailleurs pauvres comme en Allemagne » "De mon temps, moi, Monsieur" etc,etc...

Parmi les remèdes aux idées dominantes, la dernière livraison d'Alternatives Economiques est d'une grande qualité.
En voici, les grandes lignes :

Chômage : a-t-on vraiment tout essayé ?

> Feuilleter gratuitement ce numéro en version électronique

Editorial

Un défi ardu, mais un défi à relever

"Contre le chômage, tout a été essayé", affirmait sans ambages le président de la République François Mitterrand en 1993, alors que le chômage ...

"...N'en déplaise à l'ancien président de la République comme à ses successeurs : non, tout n'a pas été essayé contre le chômage. Certes, depuis plus de trente ans, l'Etat a déployé une batterie sophistiquée de politiques destinées à le combattre ou à atténuer ses effets : exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires, emplois aidés, dispositifs ciblant les jeunes ou les seniors, mesures de flexibilisation du marché du travail, obligations renforcées pesant sur les chômeurs, etc. Mais la plupart de ces politiques destinées à pallier les imperfections du marché du travail ne font l'effet que d'un cautère sur une jambe de bois. Et leur philosophie implicite consiste souvent à faire reposer la responsabilité du chômage sur ceux qui en sont les victimes.

Ironie de l'histoire, la seule mesure à avoir réussi à faire sensiblement reculer le chômage - la réduction du temps de travail, réalisée à travers la mise en place des 35 heures - paraît aujourd'hui discréditée sur le plan politique. Sans doute parce qu'elle a d'abord été présentée comme une mesure de progrès pour les salariés en poste, ce qui n'a pas toujours été le cas, et non comme une politique de partage du travail destinée à permettre aux chômeurs de retrouver un emploi...."

lire l'article 

Repères

30 ans de chômage de masse

Depuis trois décennies, le taux de chômage en France n'est que rarement descendu en dessous de 8 %. Les créations d'emplois ont été insuffisantes pour ...

lire l'article

Les mots du chômage

Retour sur quelques définitions.

La société malade du chômage

Le chômage existe depuis l'Antiquité

Le chômage tel que nous le connaissons est apparu avec le salariat au XIXe siècle. Mais Périclès s'inquiétait déjà des hommes sans ouvrage. Genèse d'un fléau social.(€)

Les trois âges de l'emploi

Après le plein-emploi du début des Trente Glorieuses, la situation s'est peu à peu dégradée sur le marché du travail, avant de s'enfoncer dans un chômage de masse. Histoire d'un retournement de situation.(€)

Comment l'Europe (mal)traite ses chômeurs

Le sort réservé aux demandeurs d'emploi est plus ou moins enviable d'un pays à l'autre. Mais, presque partout, leurs droits ont tendance à diminuer.(€)

Les frontières floues d'un fléau

La définition officielle du chômage ne prend en compte que les personnes privées d'emploi et en recherche active. La réalité est plus complexe.(€)

Trois ou cinq millions de chômeurs ?

La manière de l'Insee comme celle de Pôle emploi de mesurer le chômage sous-estiment sa réalité et celle du sous-emploi.

Tous inégaux face au chômage

Certaines catégories sont davantage concernées par le risque de perte d'emploi ou par les difficultés d'insertion sur le marché du travail que d'autres.(€)

Les conséquences du chômage de masse

La panne de l'emploi allonge la durée du chômage, mais pèse aussi sur les actifs en emploi et sur la consommation des ménages.(€)

Une épreuve personnelle et un mal collectif

Le chômage n'est pas seulement une question de ressources matérielles. Les études sociologiques montrent qu'il affecte autant les personnes que les collectifs.(€)

A qui la faute ?

Les causes du chômage

L'augmentation de la population active est-elle en cause ? L'idée selon laquelle l'augmentation de la population active ferait croître le chômage est largement répandue : des ...(€)

Politiques de l'emploi : des outils multiples à l'efficacité limitée

Qu'elles soient actives ou passives, ciblées ou pas, avec un objectif structurel ou conjoncturel, l'évaluation des politiques de l'emploi françaises montre leurs lacunes. Idem pour les expériences étrangères.(€

La faute au coût du travail ?

Le chômage de masse et le manque de compétitivité français seraient dus à un coût du travail trop élevé dans l'Hexagone. Faux, répond Jérôme Gautié.

Le marché du travail est-il trop rigide ?

A y regarder de près, l'idée selon laquelle la flexibilité du marché du travail permettrait de lutter contre le chômage se révèle en grande partie erronée.(€)

Le chômage indifférent à l'immigration

Une économie peut absorber des chocs démographiques sans voir exploser son taux de chômage.(€)

Quand le progrès technique rebat les cartes

Le progrès technique peut avoir des effets positifs sur l'emploi, à condition que l'on puisse s'y adapter. Ce que la France a beaucoup de mal à faire.(€

Indemniser aggrave-t-il le chômage ?

Le principal problème n'est pas l'indemnisation du chômage elle-même ou son niveau, mais le manque d'emplois...(€)

L'impact de la mondialisation

La mondialisation peut être source de chômage et d'inégalités entre territoires si les échanges deviennent trop asymétriques. Un rééquilibrage est possible à l'échelle mondiale.(€)

"Jamais l'intérêt de poursuivre des études n'a été aussi important"

En termes d'accès à l'emploi surtout, mais également de salaire, être diplômé est un atout. Et aujourd’hui plus encore qu’hier.(€)

Pourquoi l'Europe crée aussi peu d'emplois

En privilégiant la concurrence au sein de l'Union, l'Europe a fait le lit du dumping fiscal et social interne, au détriment d'une politique industrielle et économique commune.(€)

Le marché du travail n'est pas le problème

L'emploi fait les frais de la financiarisation de l'économie et de la mainmise des actionnaires sur les entreprises, dont la gouvernance nécessite d'être réformée.(€)

L'emploi demain

Le retour au plein-emploi est-il possible ?

Nous subissons aujourd'hui les effets de la libéralisation des marchés du travail. Mais il n'y a pas de fatalité au chômage. Tout dépend de la politique macroéconomique que nous voulons mener.(€)

Rapprocher postes à pourvoir et demandeurs d'emploi

Mieux identifier les secteurs qui recrutent permettrait de maximiser la formation des jeunes et des chômeurs. Et de faciliter le retour à l'emploi.(€)

Et si le dialogue social était une solution...

La loi de sécurisation de l'emploi de juin 2013 vise à relancer le dialogue social au sein des entreprises françaises. Un vaste chantier.(€)

Le papy-boom va-t-il réduire le chômage ?

Du fait des réformes successives des retraites, qui ont allongé la durée de cotisation, les seniors travaillent plus longtemps et libèrent donc moins d'emplois pour les jeunes.(€)

L'indispensable réduction du temps de travail

Face au chômage, reparti fortement à la hausse, la réduction du temps de travail sera nécessairement une partie de la solution. Mais sous des formes profondément renouvelées.(€)

L'économie verte, clé d'un nouveau plein-emploi ?

La transition écologique exige de repenser les finalités de l'économie. De quoi concilier un haut niveau d'emploi et une réduction du temps de travail contraint.(€)

Pourquoi ne travaillons-nous pas seulement trois heures par jour ?

Le capitalisme crée quantité d'emplois inutiles dans le simple but de maintenir la population occupée, affirme l'anthropologue David Graeber, dans un texte volontairement provocateur.(€)

Réinventer le travail

Le travail reste central dans la vie des Européens, mais sa signification a changé. Le réinventer, en France et en Europe, consisterait à prendre vraiment au sérieux les attentes exprimées.(€)

Ressources

Bibliographie

Notre sélection de livres (état des lieux, politiques de l'emploi, conséquences du chômage, solidarité et insertion professionnelle, autour du travail).

Sur le web

Notre sélection de sites Internet.

Publié par Frédéric Maurin à 23:30pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #chômage , #grève , #alternatives économiques

20 Janvier 2014

Maires, futurs maires : regardez la France en face !

et, pourquoi pas, avec l'aide service public de l'information quand celui-ci fait bien son boulot
Le précédent valait le détour : La France en face,où l'idée de classe moyenne prenait une grande claque dans la gueule, donnant toute sa force à la droitisation de la société et expliquant ressorts et les impasses du vote FN.
Dans cette édition consacrée au logement, quelques belles gifles seront distribuées : aux banques (notamment la BNP, qui est à vomir aussi pour des tas d'autres raisons), aux spéculateurs, aux rentiers en exercice ou aspirant à le devenir...
Regardez ça et on en reparle...

Publié par Frédéric Maurin à 22:38pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #municipales , #logement , #france , #fiscalité , #spéculation , #inégalités , #allemagne , #austérité , #banque , #crise

20 Janvier 2014

Et le coût du capital, qui en parle?

La cause est entendue: le coût du travail est trop élevé.
Du café de la gare aux interventions présidentielles serinée dans tous les médias aux ordres aux ordres, cette évidence s'ajoute à d'autres "Trop d'arabes, trop de vieux,trop de jeunes, d'assistés, de fonctionnaires..."
De même que la durée légale du travail à 35 heures est la cause de tous nos maux, même si 10 ans de droite et 5 ans de Sarkozysme n'ont pas suffit pour la remettre en cause, tant il était dangereux de remettre en chantier les exonérations de charge consenties pour l'occasion. Le patronat est moins con que sa base électorale, du moins sait-il, lui, où sont ses intérêts...
Remarquez, en crise d'accumulation capitaliste, soit "jamais assez de profits privatisés", il est logique qu'il y ait trop de tout.
Tout est bon, tous les faux débats sont utiles, pour casser du prolétaire.
C'est là que campagne sur le coût du capital est salutaire.
Si , comme en matière de dette publique, les chiffres de cette campagne peuvent et doivent être discutés, les ordres de grandeur sont là :

158 milliards € : la part patronale des cotisations sociales

299 milliards € : montant des charges financières des entreprises (dividendes, frais bancaires et financiers)

197 milliards € : investissement des entreprises

200 milliards € : exonérations fiscales et de cotisations sociales des entreprises

Vous l'entendez à longueur de journée, en France, le travail coûterait trop cher et la compétitivité des entreprises serait plombée par les charges sociales, c'est à dire les cotisations qui financent la protection sociale.

Conclusion, il faudrait d'urgence réduire nos dépenses de santé, augmenter la durée de cotisations pour les retraites, baisser les pensions et minimas sociaux, accepter des salaires plus faibles, voter de nouvelles exonérations pour les entreprises, etc.

Pourtant, ce qui pèse sur l'efficacité des entreprises, ce qui pèse sur notre économie, c'est le coût du capital, pas le travail.

Un tabou que le Parti communiste français entend lever en menant une campagne vérité sur le véritable coût du capital dans ce pays.

On leur souhaite bien du courage.
Il faudra plus d'une campagne contre les chiens de garde (et surtout ne pas chercher à les apprivoiser ou les caresser dans le sens du poil), mais cela commence par là :

Le coût de capital, cela commence par là

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Avec les catégories : #capitalisme , #médias aux ordres , #sarkozy , #hollande , #austérité

17 Janvier 2014

« Clysterium donare, postea saignare, ensuita purgare »

"Dans son ultime chef d’œuvre, Le Malade Imaginaire, Molière décrit le moment où Argon, dont le rêve est de devenir médecin, se présente à l’examen qui ouvre les portes de la profession. Les maîtres de l’Université l’interrogent, à tour de rôle, en latin :

Comment soigner l’hydropisie ? Le candidat répond « Clysterium donare, postea saignare, ensuita purgare ». (Utiliser le clystère, puis saigner et enfin purger). L’examinateur donne son avis « Bene, bene ». (Bien, bien)

Vient l’étude d’un cas pratique : un malade souffre de violents maux de tête, de fièvres, de douleurs abdominales. Que faire ? Argon a la solution : « Clystérium donare, postea saignare, ensuita purgare ». « Bene, bene » lui répond-t-on.

Un maître plus malicieux tente de prendre le futur patricien en défaut : et si, malgré cela, le mal ne se dissipe pas ? Argon triomphe : « Clystérium donare, postea saignare, ensuita purgare. Ensuita, resaignare et repurgare ».

Le jury applaudit aux brillantes réponses du candidat, le félicite et lui décerne le titre de docteur en médecine. Ses compétences démontrées à tous, il obtient le droit d’exercer son activité librement."

"C'est la saignée"

François Hollande, candidat du « changement maintenant », savait qu’une fois élu, il serait le président de gauche qui propulserait l’économie du pays dans une nouvelle fuite en avant libérale.(...)

(On vous avait prévenu :

Aussitôt élus, on les pousse au cul ! )

Il sera, pour la deuxième partie de son mandat, le président du Medef, même pas un président social-libéral, un président libéral tout court.

Touche par touche, il a multiplié les ruptures avec sa famille politique : choisir l’austérité et la baisse des déficits publics contre une politique de relance économique, se soumettre aux coups de boutoir libéraux de la Commission européenne contre l’Europe sociale, affaiblir la protection sociale, combattre le « coût » du travail au lieu de s’attaquer au coût du capital. Hier, lors de sa conférence de presse, le président de la République a annoncé une « nouvelle étape » de sa politique. Plus austéritaire, plus antisociale, plus libérale que jamais. Il appuie sur l’accélérateur et promet la saignée.

Au nom du « principe de réalité », il va laisser les marchés financiers ligoter un peu plus l’économie et la démocratie. Le « pacte de responsabilité » qu’il conclut avec le patronat n’est rien autre qu’une nouvelle vague de déréglementation du travail. Son leitmotiv : « Réduire les contraintes » pour les entreprises, sur les embauches, sur les cessions, sur les « normes »… Sur la fiscalité aussi. Dans un rapport de forces ultrafavorable au patronat, il suggère de « négocier » des contreparties. Il offre d’ailleurs aux patrons et aux actionnaires un joli cadeau de 30 milliards d’euros, en « mettant fin » au financement par les cotisations sociales de la politique familiale. Il considère la baisse des dépenses publiques comme un « passage obligé », annonçant des coupes drastiques dans les services publics jusqu’en 2017, des « réformes structurelles » de l’État et un big bang territorial. François Hollande assume, pour la première fois, une « politique de l’offre », traditionnellement défendue par la droite la plus dure. Bien qu’il s’en défende en jurant ses grands dieux de n’être « pas gagné par le libéralisme », il sera, pour la deuxième partie de son mandat, le président du Medef, même pas un président social-libéral, un président libéral tout court.

Il y a franchement de quoi rester interdit devant tant de tromperies. Le grand oral du président de la République va susciter à coup sûr un peu plus de colère dans un pays déjà rongé par l’inquiétude. Jusqu’à présent, les voix qui se sont élevées pour exiger un changement de cap n’ont rencontré qu’un faible écho. Combien d’électeurs et de militants socialistes rongent leur frein, n’osent pas dire, pour ne pas nuire, par peur du pire ? Combien d’entre eux attendaient un deuxième temps de mandat qui devait développer des politiques de redistribution ? Le chef de l’État a douché hier tous les espoirs.

La première réponse est venue des syndicats.

Déclaration CFDTCGTFSUUNSA

Alors que, depuis deux ans, le paysage est plutôt marqué par leurs désaccords, quatre d’entre eux – la CGT, la CFDT, l’Unsa et la FSU – ont rendu publique une plate-forme revendicative qui réclame des mesures sur les rémunérations, une réforme fiscale de « réhabilitation » de l’impôt sur le revenu et met le doigt sur un sujet essentiel : la conditionnalité des aides publiques accordées aux entreprises. Un message d’unité est toujours plus favorable à l’action que la division. Après l’entreprise de clarification du chef de l’État, hier, c’est aussi vrai pour la gauche qui ne renonce pas.

Tous en grève le 6 février 2014

Publié par Frédéric Maurin à 08:56am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #hollande , #austérité , #dette , #molière , #crise , #ue , #allemagne , #grève , #cgt

16 Janvier 2014

Goodyear Amiens en lutte

Le syndicat CGT Goodyear écrit cette lettre en sa qualité d’association loi 1901 et donc écrit à la première personne.
Il y a 116 ans Émile Zola écrivait « J’accuse » s’en prenant ouvertement au pouvoir en place contre une injustice sociale sur le dossier Dreyfus, aujourd’hui la CGT Goodyear accuse le gouvernement Hollande concernant une injustice sociale pour plus de 1 100 familles directement concernées par une fermeture honteuse dans un groupe qui réalise des profits colossaux et des milliers d’autres emplois indirects.
Le gouvernement en chef d’orchestre...
Depuis le mois de janvier 2013, nous assistons à un véritable complot autour du dossier Goodyear, le gouvernement Hollande est le chef d’orchestre et les autres acteurs jouant la musique, Goodyear, Titan et les juges sont tous au diapason...
Le gouvernement non seulement cautionne la stratégie de Goodyear mais en plus il l’aide à la mise en place de la fermeture de notre usine pour mieux permettre à M. Taylor (Titan) d’arriver ensuite en héros avec son nouvel ami Arnaud MONTEBOURG, l’objectif est de créer un buzz médiatique autour du sauvetage partiel des emplois sur Amiens Nord et bien évidement le seul héros de cette stratégie serait le ministre, son gouvernement et Hollande qui par ailleurs ne cesse de plonger dans les sondages...
A cela, il faut aussi ajouter la loi sur la sécurisation de l’emploi (ANI) qui en réalité est la loi sur la sécurisation des licenciements, le gouvernement ne veut surtout pas que les Goodyear puissent une nouvelle fois empêcher la fermeture de leur usine alors que d’après la loi les salariés ne doivent plus pouvoir lutter contre les licenciements avant qu’ils aient lieu. Qu’est-ce qui nous fait dire que nous sommes victimes d’un acharnement de tous à se débarrasser des GOODYEAR :
Tout d’abord nous avons depuis janvier 2013 perdu tous nos jugements, référés, appels... alors que jamais nous n’avons eu autant d’arguments, de preuves, ensuite, comment peut-on expliquer que l’Etat refuse de nous transmettre le rapport des inspectrices du travail qui ont courageusement relevé la situation calamiteuse à l’intérieur de notre usine et les dangers de morts auxquels les salariés sont exposés ?
Au lieu de tout faire pour que les informations rassemblées par les inspectrices soient données à ceux qui se battent pour la sécurité des salariés, le gouvernement fait tout pour que ce rapport ne puisse gêner GOODYEAR dans sa sinistre entreprise. Pourquoi donc l’Etat met-il autant d’énergie et d’acharnement à nous refuser ce document, si ce n’est pour protéger les intérêts de Goodyear ?
Lors de nos entretiens avec Arnaud MONTEBOURG celui-ci nous a indiqué que le projet Titan était un projet solide, depuis c’est silence radio.
Nous avons demandé à voir le projet Titan mais MONTEBOURG nous répond qu’il est le seul dépositaire de ce projet. Autrement dit, après la séquence humiliation, le ministre du Redressement productif se pose maintenant comme le seul représentant de TITAN en France. Depuis quand le gouvernement français se comporte comme un notaire auprès de qui on consigne un projet d’entreprise en exigeant de lui le silence ?
Nous avons écrit à la DIRECCTE et au Préfet pour obtenir des réunions, rien ne se fait au contraire, la DIRECCTE a validé chaque étape du PSE, elle a obéi sur commande de GOODYEAR...
Et que dire du non-respect du droit du travail, des violations non-stop des droits des salariés, du harcèlement où le gouvernement ferme les yeux et se retranche derrière des décisions de justice pilotées par ce même gouvernement…
OUI, nous l’affirmons les salariés de GOODYEAR sont les bêtes noires du gouvernement Hollande, ce même Hollande qui est venu en octobre 2011 nous promettre que s’il était élu, il interdirait les licenciements dans les groupes ou entreprises qui font du profit, ce même Hollande qui a promis plus de droits pour les salaries et qui depuis deux ans fait tout le contraire...
En validant sa candidature en qualité de président nous avons donc validé le projet de la Direction Goodyear...
Nous accusons ouvertement le gouvernement d’aider à la fermeture de notre usine, d’aider à une reprise honteuse, de faire pression sur la justice pour que les décisions rendues soient totalement en contradiction avec le droit du travail, il sera donc responsable d’une explosion sociale sur notre usine et au-delà, nous dénonçons un complot qui est plus que visible, nous n’aurions jamais imaginé une telle magouille orchestrée !!!!
Nous dénonçons un complot qui n’a qu’un seul but faire taire la contestation sociale, faire plier des salariés qui depuis 7 ans arrivent à obtenir de la justice le maintien de leurs emplois, nous pensions pourtant que notre ennemi aurait été plutôt du temps de la gouvernance passée, mais aujourd’hui nous constatons que même si le gouvernement SARKOZY ne nous a pas fait de cadeau jamais il n’aurait osé faire ce que le gouvernement Hollande réalise !!!!!
Le gouvernement Hollande aide une multinationale qui fait des milliards de chiffre d’affaires et qui verse des dividendes aux actionnaires, à fermer une usine et licencier plus de 1 000 salariés, où est la politique qui consiste comme le dit le Président à faire de l’emploi une priorité ?
Tous les moyens de l’Etat qui sont censés être mis à notre disposition pour défendre l’emploi français sont mis à la disposition du groupe Goodyear pour lui permettre de réaliser sous l’ère socialiste ce qu’il n’a pas obtenu sous l’ère de la droite, c’est un constat accablant mais plus que réaliste !!!!!
Hollande aide donc Goodyear à fermer notre usine, tout est bloqué au plus haut sommet de l’Etat, tous les salariés se sont bien rendus compte de ce qui se trame en coulisse depuis des mois, la direction de Goodyear rencontre très souvent les services de l’Etat, et tous les services de l’Etat sont au service de Goodyear.
Les formations tout cela contribue à faire baisser des chiffres artificiellement, de plus en plus de Français sombrent dans la misère sociale, cette misère pousse un certain nombre d’entre eux à vouloir voter pour l’extrême droite ce qui est une énorme erreur mais ils veulent à travers ce geste faire passer un message qui un jour se transformera en explosion sociale, en guerre civile, car le quotidien de millions de Français est devenu invivable...
Les Français n’accepteront pas d’être comme les Grecs et les Espagnols qui ont été sacrifiés par l’Europe et pour la finance. La crise, les dettes ne sont que le résultat d’une politique ultra-libérale menée par des élus de gauche comme de droite, tous s’entendent pour appauvrir les pauvres et enrichir les plus riches...
Les Goodyear ne sont pas morts, nous allons non seulement dénoncer le complot dont nous sommes victimes mais nous allons tout mettre en œuvre pour que d’ici fin janvier des milliers de salariés se retrouvent dans la rue pour dire STOP à cette politique qui vise à aider les multinationales à se tirer en ayant à leur service toute la puissance de l’Etat français !!!!!
De même, qu’attendent les centrales confédérales de notre pays, bizarrement depuis que Hollande est au pouvoir il n’y a plus ou peu de rassemblement à l’appel des confédérations, sans agir elle cautionnent, pourquoi ne pas avoir répondu favorablement à nos nombreuses demandes d’une journée d’action massive au lieu de multiplier les actions isolées pour mieux écœurer ceux qui veulent que ça bouge en laissant croire que la lutte du tous ensemble n’est pas possible.
Faire semblant de résister et s’opposer tout en fermant les yeux, les confédérations syndicales n’exercent absolument pas leur rôle de devoir fédérer un mouvement d’ampleur, jamais dans notre pays il y a eu une telle colère contre le pouvoir financier et politique mais jamais nous n’avons aussi peu bougé...
Nous savons bien que ceux qui parlent trop fort et qui disent tout haut ce que pensent des milliers de citoyens gênent, oui alors les Goodyear gênent car nous dénonçons un système, où la seule place qui compte est celle du fric, où beaucoup de médias tentent de manipuler l’opinion publique.
Il y aurait les méchants jusqu’au-boutistes de syndicalistes qui seraient responsables des fermetures d’usine et autres délocalisations et les patrons qui n’auraient pas d’autres alternatives que d’agir ainsi et à cela il faudrait ajouter un manque de flexibilité, un coût du travail trop élevé et un code du travail trop lourd. La réalité n’est pas si simple que cela, la situation actuelle est surtout le fait d’un manque de courage politique, car les seuls décisions mises en œuvre depuis 2012 sont celles qui ont permis d’abaisser les charges patronales, de permettre plus de souplesse dans les horaires de travail, et la mise en œuvre d’une loi permettant de favoriser les procédures de licenciements...
Et depuis il n’y a jamais eu autant de fermetures d’usine, de plans de restructuration, de délocalisations…
Si au moins les services de l’Etat nous permettant de nous garantir nos droits, faisaient leur travail en faisant appliquer à notre Direction ses obligations nous ne serions pas à l’aube d’une fermeture, car la direction avance uniquement grâce à l’aide du gouvernement Hollande…
Une usine avec plus de 1 000 salariés risque de disparaître et emporter avec elle au moins 2 000 emplois indirects, voilà comment le gouvernement d’Hollande dit faire de l’emploi sa bataille prioritaire… Les Goodyear vont d’ici quelques jours démontrer qu’ils ne sont pas des marionnettes que l’on vient manipuler à l’aube d’une élection !!!!
2014 sera l’année des Goodyear et nous ferons tout pour que 2014 soit l’année de la lutte dans notre pays, la rue doit reprendre ses droits, ceux qui sous couvert d’une crise montée de toutes pièces par eux-mêmes et la finance, jouent avec nos vies, doivent comprendre que nous en avons plus qu’assez des manœuvres, mensonges, trahisons, complots et autres manipulations en tout genre...
Nous vivons un épisode honteux et insupportable sur notre site, mais nous savons que d’autres salariés subissent la même situation, la justice, l’Etat, les structures qui sont censées nous aider, tous sont coupables d’un génocide dans notre pays, un génocide contre le monde du travail, il faut faire taire ceux qui parlent, ceux qui ne disent pas la même chose que eux qui gouvernement et commandent...
Nous pourrions titrer notre courrier :
SILENCE ON ASSASSINE 1 140 FAMILLES...
Nous avons décidé de dénoncer notre situation, car elle n’a rien du hasard, nous pouvons sauver plus de 3 000 emplois au total sur notre région, mais le pouvoir nous en empêche, cela parait paradoxal mais c’est la triste vérité, il faut que les voix qui s’élèvent se taisent au plus vite…
Nous ne lâcherons rien, nous irons au bout de notre lutte, nous ferons tout pour que nous obtenions gain de cause, notre cause est juste, aucun salarié de Goodyear n’a détourné des millions d’euros pour des campagnes, aucun Goodyear n’a été mettre en Suisse des fortunes, nous voulons juste continuer à travailler, à ne pas venir grossir les rangs des chômeurs et des exclus et si pour cela il faut en arriver à des méthodes extrêmes nous n’hésiterons pas à le faire...
Il est quand même ahurissant de constater que des patrons bretons qui détruisent du matériel urbain obtiennent des milliards d’aides et que des salariés qui ne demandent qu’à garder leur emploi ont comme seule réponse une criminalisation de leur combat et en retour un matraquage de la part de CRS et certains médias à la solde du pouvoir en place...
Voilà, ce que nous avions à dénoncer et à affirmer, les Goodyear ne veulent pas être les Arcelor Mittal, les PSA, les MOLEX...
Nous nous battrons sans limite... A bon entendeur…
La CGT Goodyear Amiens-Nord

Publié par Frédéric Maurin à 23:09pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #cgt , #industrie , #hollande , #fakir , #syndicalisme , #médias aux ordres , #ps , #ani , #austérité , #chômage

16 Janvier 2014

Le 30 janvier à Grenoble, c'est de la bombe !

...c'est de la bombe qu'on va parler.
Car, même si les vaches sacrées sont difficiles à déplacer, il ne faut jamais désespérer du débat démocratique...
Soirée à l’initiative du Comité de l’Isère du Mouvement de la Paix
http://www.mvtpaix.org/
et de l’association ICD Initiative Citoyenneté Défense
http://www.icd-citoyennetedefense.fr/
à la Maison du Tourisme de Grenoble.
Conférence débat avec le général Bernard Norlain, ancien commandant de la force aérienne de combat et de l’Institut des Hautes études de Défense nationale, co-auteur, avec Paul Quilès, de l’ouvrage Arrêtez la bombe:
L'affiche, le lieu, en couleurs...

L'affiche, le lieu, en couleurs...

Publié par Frédéric Maurin à 08:13am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #grenoble , #mouvement de la paix , #Etat , #défense , #dette , #démocratie

15 Janvier 2014

Hollande social-démocrate? De quoi parle-t'on ?

Une réponse du Grand Soir

Un peu d'histoire ne saurait nuire.

Gauche de droite, Gauche de combat : la social démocratie et nous.

Par Antoine MANESSIS,

(qui sévit également à INITIATIVE COMMUNISTE)

La social-démocratie est un terme et une réalité politique polysémiques.

En effet, définissant un courant politique, le sens du mot change avec l’évolution de ce même courant.

Fondée par les pères du marxisme, Marx et Engels, la social-démocratie (S-D) fut la forme organisée du mouvementent révolutionnaire. Même si, notons-le, des courants réformistes existaient au sein de la social-démocratie. Des courants plus ou moins contrôlés du vivant des deux fondateurs et du dernier d’entre eux, Engels, qui mourut en 1895. Marx lui-même décrit la naissance de la S-D ainsi :

« une coalition entre petits-bourgeois et ouvriers [...] enleva aux revendications sociales du prolétariat leur pointe révolutionnaire et [...] leur donna une tournure démocratique. On enleva aux revendications démocratiques de la petite-bourgeoisie leur forme purement politique et on fit ressortir leur pointe socialiste. C’est ainsi que fut créée la social-démocratie. » Marx

C’est en Allemagne que va croître le plus grand parti social-démocrate d’Europe.

En 1875, les mouvements socialistes allemands fusionnent lors d’un congrès à Gotha. Le programme adopté lors de l’absorption de l’ADAV (association générale des travailleurs allemands de Lassalle) par le SDAP (parti ouvrier social-démocrate de Bebel et Liebknecht) est un texte de compromis d’inspiration marxiste, mais faisant une large place aux idées lassalliennes. Marx et Engels se montrent mécontents de ce programme, qui leur paraît opportuniste et antiscientifique, sans rompre pour autant avec le parti social-démocrate. Marx rédige à cette occasion la Critique du programme de Gotha et affine la notion de dictature du prolétariat. C’est en 1890 que le SPD (parti social-démocrate d’Allemagne) prend son nom définitif. La social-démocratie se définit alors comme une alliance étroite formée par le parti politique socialiste et les syndicats pour constituer une expression politique unie du mouvement ouvrier.

La lutte entre réformisme et révolution ne cesse jamais au sein de la S-D.

A la fin du XIXe siècle, Édouard Bernstein, un des exécuteurs testamentaires d’Engels, constatant que le capitalisme ne s’est pas effondré et tend même au contraire à se consolider, publie entre 1896 et 1898 une série d’articles défendant la thèse selon laquelle la transformation socialiste de la société devient possible par le parachèvement et l’élargissement des institutions politiques et économiques existantes. L’État, en se démocratisant et en adoptant le suffrage universel, devient l’instrument de la démocratisation : il n’est donc plus à conquérir, mais à « libérer » de son contenu de classe. Pour Bernstein, la social-démocratie doit cesser de se penser comme le parti du prolétariat pour devenir un vaste parti populaire et démocratique et, au lieu de préconiser la révolution, proposer simplement des réformes visant à une plus grande justice sociale.

Ces thèses sont vivement combattues par les marxistes « orthodoxes » comme Bebel et Kautsky, autre exécuteur testamentaire d’Engels. Bebel déclare :

« Je ne tolérerai pas qu’on brise la colonne vertébrale de la social-démocratie, qu’on remplace son principe : la lutte de classe contre les classes possédantes et contre le pouvoir d’État, par une tactique boiteuse et par la poursuite exclusive de buts soi-disant pratiques ».

La tendance de Bernstein est mise en minorité en 1899 ; néanmoins, il n’est pas exclu du parti et continue d’y jouer un rôle important. En outre, si la ligne de Kautsky, qui prône le maintien de la ligne « révolutionnaire », a triomphé, elle se montre nuancée quant au concept de révolution. Kautsky entend en effet par là un changement radical de la société, mais de manière non violente, par le biais de la majorité.

La S-D s’étend en Autriche-Hongrie, en Scandinavie, en Grande-Bretagne. Le mouvement social-démocrate suédois s’écarte de la tradition marxiste en rejetant toute idée de révolution ; en Grande-Bretagne, où le marxisme ne s’est jamais implanté durablement, le mouvement ouvrier fédéré au sein du Trade Union Congress (TUC) évolue rapidement vers un réformisme partisan de la paix sociale. En Russie en revanche, le Parti Ouvrier Social-Démocrate (POSDR) est aussitôt réduit à la clandestinité ou, pour une grande partie de ses membres, à l’exil. Les sociaux-démocrates russes, confrontés à un pouvoir politique répressif, demeurent donc dans une optique révolutionnaire. rapidement le POSDR connaît une scission de fait entre Bolcheviks (= Majoritaires) et Mencheviks (= Minoritaires).

Avec la Première Guerre mondiale, l’éclatement de la social-démocratie…

C’est la Première Guerre mondiale qui verra l’éclatement de la social-démocratie.La social-démocratie européenne, et plus largement le mouvement socialiste, politiquement de plus en plus réformiste, se divise profondément. Les partis socialistes se rangent dans leur majorité à la politique d’« Union sacrée », soutenant l’engagement guerrier de leurs gouvernements respectifs, voire participant au pouvoir dans ce contexte. Les socialistes et sociaux-démocrates pacifistes sont minoritaires. Une autre tendance, représentée notamment par Lénine, prône le « défaitisme révolutionnaire » qui conduirait les partis socialistes à souhaiter la défaite de leur propre gouvernement, le conflit étant l’occasion d’amener à la révolution prolétarienne. Si la ligne de Lénine demeure minoritaire, l’opposition à la guerre gagne du terrain à mesure que dure un conflit particulièrement meurtrier : les sociaux-démocrates allemands se divisent et les pacifistes, exclus, fondent le Parti Social-Démocrate Indépendant d’Allemagne (USPD) au sein duquel les révolutionnaires constituent une tendance autonome, la Ligue Spartacus.

… la Révolution d’Octobre change la donne

La Révolution d’Octobre 1917 change totalement la donne au sein du mouvement ouvrier international et bientôt la rupture entre les deux courants, réformiste et révolutionnaire, devient radicale avec la fondation de la IIIe Internationale communiste (IC). Les anciens partis sociaux-démocrates font le choix de rejoindre l’IC, soit de façon majoritaire, soit minoritaire. Ils choisissent de changer de nom pour rompre symboliquement avec le réformisme et se baptisent communistes. Le courant réformiste reste au sein de la IIe Internationale et maintiennent les parti sociaux-démocrates. En Europe et particulièrement en Allemagne la rupture sera dramatique puisque le SPD dirige l’action contre-révolutionnaire face à la révolution des communistes regroupés dans la Ligue Spartacus et contribue au premier chef à l’écrasement et à la répression anticommuniste. Rosa Luxembourg et Karl Liebknecht seront même assassinés sur ordre du gouvernement SPD.

Socialisme : parti réformiste ou parti communiste

Dès lors dans chaque pays deux partis se réclameront du socialisme, un parti réformiste et un parti communiste. Bien évidemment, dans chaque pays, la rupture ne se fait pas dans les conditions extrêmes que connaît l’Allemagne et les relations entre les deux courants ne seront pas identiques partout. De plus la manière dont s’est produite la scission, la rupture entre communistes et sociaux-démocrates, et cela malgré les 21 conditions à l’adhésion à la IIIe Internationale, fait que des éléments constitutifs de la pratique sociale-démocrate subsistent dans certains partis communistes et que certains partis socialistes continuent à se référer, au moins théoriquement, à des concepts révolutionnaires marxistes comme la SFIO qui prétend lutter pour la dictature du prolétariat. Toujours est-il qu’après Octobre 1917, la rupture est irrémédiable entre réformisme et révolution.

Une phase de radicalisation des relations entre les deux courants va suivre la fin de la Première Guerre. D’un côté il s’agit d’affirmer le caractère révolutionnaire des PC qui, sous l’impulsion de l’IC, dominée par le Parti bolchevik, impose la « bolchevisation » des sections de l’Internationale. De l’autre il s’agit pour les affiliés de la IIe Internationale de s’opposer avec véhémence aux communistes pour justifier la préservation de « la vieille maison ». Et des deux côtés on s’affirme en s’opposant. En Allemagne le KPD devient l’ennemi principal du SPD et en France Aragon lance : « Feu sur les ours savants de la social-démocratie ! ».

Années 30, l’Internationale Communiste et la lutte contre le fascisme

L’IC, un temps sur des positions sectaires, tire les conséquences de la défaite du mouvement ouvrier allemand face au nazisme en 1933 et effectue un tournant lors de son VIIe Congrès sous l’égide de son secrétaire général, Georges Dimitrov. C’est la ligne prônée par le parti français, celle du Front Populaire, qui s’impose. Quant à la S-D elle continue de camper dans beaucoup de pays sur des positions sectaires, anticommunistes, qui empêchent l’unité d’action antifasciste de se déployer. Dans d’autres pays, comme la France ou l’Espagne, le Front Populaire peut se constituer et tenter de barrer la route au fascisme. Cette stratégie de l’IC, au-delà même des acquis sociaux et de l’expérience acquise par la classe ouvrière et la paysannerie, jette les bases de ce que sera la Résistance durant la Deuxième Guerre, stratégie qui sera mise en œuvre au sein de Fronts comme le CNR en France ou le PEEA en Grèce ou le Comité de libération nationale en Italie. Elle permet aux partis communistes de devenir des partis de masse et des partis nationaux, dans le sens gramscien des partis « nationaux-populaires ».

Isoler et battre l’ennemi principal

Adaptation de la stratégie léniniste de Front unique, cette ligne du VIIe Congrès de l’IC, vise à la fois à lutter contre l’isolement des communistes et contre le réformisme et l’opportunisme y compris dans des alliances, des fronts, des blocs avec la S-D. Car combattre la division et l’inertie que celle-ci engendre c’est aussi combattre l’influence réformiste. Isoler et battre l’ennemi principal est une des grandes leçons du léninisme y compris avec « un allié temporaire, chancelant, conditionnel, peu solide et peu sûr » (Lénine, La maladie infantile du communisme). Renoncer au Front unique c’est baisser les bras devant le réformisme et la S-D. Bien entendu cette politique implique que les communistes gardent leur autonomie, leur indépendance, leur entière liberté car « la S-D est foncièrement un parti bourgeois » (Lénine, Ibid.). Le Front unique c’est la poursuite de la lutte des classes y compris dans une entente tactique avec la S-D pour que « l’expérience politique des masses » (Ibid.) les amène à rejeter le réformisme au profit de la révolution. Ce qui compte c’est que le Front serve à mettre les masses en mouvement et que les communistes jouent leur rôle d’avant-garde au sein du Front. Bref, comme le dit encore Lénine,

« toute l’histoire du bolchevisme, avant et après la Révolution d’Octobre, abonde en exemples de louvoiement, d’ententes et de compromis avec les autres partis, sans en excepter les partis bourgeois ! ».

Classe contre classe ou front populaire ?

La menace fasciste, sa victoire en Italie et surtout en Allemagne en 1933 font bouger les lignes au sein de l’IC. En effet le résultat concret de la ligne « classe contre classe » de l’Internationale et d’un puissant, combatif et héroïque parti communiste, le KPD, fort de 250 000 adhérents, fut une défaite terrible et une impasse. Certes la responsabilité de la S-D fut écrasante, de la répression contre la révolution spartakiste au vote pour Hindenburg au nom du moindre mal. Son hostilité agressive à l’égard des communistes et à toute perspective d’unité d’action fait du SPD, sans contestation possible, un des fourriers de nazisme. Il reste que proclamer que « l’arbre fasciste ne doit pas cacher la forêt social-fasciste » ne fut pas la réponse adéquate à la situation. Lorsque l’arbre s’abattit sur le mouvement ouvrier, nombreux furent ceux qui regrettèrent la forêt. C’est bien ce jugement des faits qui fit que l’IC opta pour la stratégie de Front populaire lors de son VIIe Congrès. Cette stratégie peut se décliner d’une multitude de façon mais elle reste fondamentalement juste : isoler l’ennemi principal en regroupant autour de la classe ouvrière toutes les forces possibles. Selon l’ennemi principal, selon les situations historiques particulières, le périmètre du Front, la tactique, les alliés substantiels ou circonstanciels changent, mais pas la stratégie. Rappelons que le trotskisme fut incapable de comprendre cette stratégie, qu’il condamna le Front populaire comme une compromission avec la bourgeoisie et une stratégie contre-révolutionnaire.

La social démocratie aujourd’hui

Le réformisme et la S-D ont connu depuis le Front populaire des évolutions : la base ouvrière s’est effritée, l’osmose entre les dirigeants sociaux-démocrates et la grande bourgeoisie s’est encore renforcée. Profitant du rapport des forces entre l’URSS, le camp socialiste, le mouvement de libération nationale et le mouvement ouvrier révolutionnaire, essentiellement les partis communistes, et le capitalisme, la S-D a tenté de s’identifier à l’« État providence », c’est-à-dire au compromis imposé au capitalisme durant les « Trente glorieuses », tentant de faire oublier cette vérité que Lénine avait déjà signalée : « les réformes sont toujours le résultat de l’action révolutionnaire » et non de la bonne volonté du capital. Ainsi le programme du CNR et les réformes mises en œuvre à la Libération en France par les ministres communistes sont le résultat d’un rapport des forces, de la puissance du PC, de l’URSS et non du réformisme social-démocrate. Ceci explique la « crise » contemporaine de la S-D et son incapacité à proposer une alternative au capitalisme voire une « humanisation » du capitalisme, depuis la chute de l’URSS et la mutation réformiste et opportuniste de nombre de PC. L’impuissance politique de la S-D et son rôle néfaste, réactionnaire apparaît ainsi de façon de plus en plus évidente.

D’ailleurs tant l’évolution sociologique que politique de la S-D implique de s’interroger sur l’identification du réformisme avec les partis sociaux-démocrates. En somme de quoi la S-D est-elle aujourd’hui le nom ? Certes depuis 1914, la S-D c’est la bourgeoisie dans les rangs ouvriers. Mais nous l’avons vu plus haut sa nature de classe n’empêche pas ce courant politique d’évoluer, de bouger au grès des situations et des rapports de forces, en particulier avec le courant révolutionnaire. C’est bien avec la S-D que les communistes ont tenté, parfois échoué (dans les pays scandinaves) et parfois réussi (en France, en Espagne, au Chili) à constituer dans les années 1930 des Fronts antifascistes. C’est que pour les communistes il n’y a ni politique du moindre mal, ni politique du pire. Il y a analyse des possibilités, des contradictions portées par telle ou telle situation concrète et action pour mettre les masses en mouvement et défendre en leur sein la ligne rouge, la ligne de la cohérence et de l’efficacité, la ligne de classe. Et puis les communistes choisissent leur ennemi : il serait irresponsable et absurde de mettre un signe d’équivalence absolu entre toutes les forces bourgeoises. Madame Bachelet, Présidente social-démocrate du Chili n’équivaut pas le général Pinochet. Le capitalisme règne sous l’une et l’autre mais ne pas tenir compte des différences entre l’une et l’autre pour les conditions de la lutte de la classe ouvrière et l’avenir même du socialisme serait criminel du point de vue des intérêts de la classe, du peuple et du pays.

Gauche de droite, la social démocratie et le social libéralisme

La S-D est devenue progressivement une sorte de social-libéralisme, parfois implanté en milieu populaire grâce à un syndicalisme puissant mais fondamentalement et ouvertement de collaboration de classe, visant à déserter la lutte des classes, à pacifier les rapports sociaux. Un capitalisme aménagé, un État-providence plus ou moins présent, une redistribution partielle des revenus aux couches populaires, la « modération » salariale (en fait l’austérité plus ou moins accentuée selon la conjoncture économique) assurée au patronat, une pratique économique libérale assez classique finalement, agrémentée de quelques améliorations sociales : voilà la pratique S-D sur la longue durée. Mais là encore on ne peut pas ne pas tenir compte des situations spécifiques de tel ou tel pays, de tel ou tel rapport de forces. Ainsi la SFIO et le PS Italien soutiennent la ligne de Front populaire proposée par les communistes contre les partis S-D des pays nordiques acharnés à combattre le Front populaire au sein de l’Internationale Ouvrière Socialiste.

La social démocratie et le clivage autour de la question de la Nation

Un point important doit être souligné. Dans les années 1920 la S-D fut en quelque sorte aidée par la grave sous-estimation de la question nationale par les communistes. En effet la référence à la nation, aux valeurs nationales permettait à la S-D de se démarquer des communistes qui, traumatisés par le social-chauvinisme de la S-D et ses funestes conséquences en particulier durant la Première Guerre mondiale, jettent le bébé patriote avec l’eau du bain nationaliste bourgeois. Là encore la politique de Front populaire permet aux partis communistes de faire leurs l’héritage national progressiste, de s’intégrer à la nation, de récupérer la force du sentiment national et de le mettre en synergie avec le combat social : cela va permettre aux PC, au moins à certains d’entre eux, de passer de l’état de secte à celui de partis de masse.

Reste l’évolution sociologique de la S-D : ce courant politique, même s’il draine encore dans certains pays la classe ouvrière, surtout là où les PC étant soit inexistants, soit devenus réformistes, (il est difficile de ne pas céder au vote « utile »), est de plus en plus le représentant de la moyenne bourgeoisie avec ce que cela implique sur le plan idéologique. Reste que la base de masse de la S-D n’est pas la base de masse de la droite classique et que les communistes ne peuvent qu’en tenir compte dans leur stratégie.

Enfin soulignons que dans les partis réformistes, dans le courant historique de la S-D, on doit inclure un néo-réformisme issu de l’aile gauche de la la S-D et de l’aile droite des PC mutés en partis réformistes et opportunistes. Leur histoire, leurs militants, même de façon résiduelle, permettent aux communistes d’interagir avec eux de façon différente qu’avec la vieille S-D devenue plus libérale que réformiste.

Cette évolution social-libérale entraîne un rétrécissement de l’espace politique de la S-D. Et son positionnement de plus en plus à droite sur l’échiquier politique. Le keynésianisme n’est plus à l’ordre du jour pour le capital car rien ne l’y contraint. En revanche les contradictions du capitalisme travaillent toujours la société et le capitalisme, débarrassé de sa peur de la révolution, se lance dans une politique de recul social d’une telle ampleur qu’on peut parler de recul civilisationnel. Le visage « exterministe » (G. Gastaud, Mondialisation capitaliste et projet communiste le temps des cerises 1997) du capitalisme et de son stade impérialiste apparaît dans toute son hideuse monstruosité tant sur le plan social qu’environnemental. De plus, la nouvelle mondialisation capitaliste implique pour le grand capital la destruction des États-Nations, qui constituent des pôles potentiels de résistance à sa domination puisque l’espace national reste l’espace d’organisation et d’action de la classe ouvrière. Ce qui n’exclue pas la nécessaire coordination internationaliste prolétarienne, bien au contraire.

Quelle chemin pour construire le socialisme ?

Le principe de Newton de l’action et de la réaction selon lequel à toute action correspond une réaction d’intensité égale mais de sens opposé, est une loi physique mais aussi politique. Ainsi la violence de l’action capitaliste contre les classes ouvrières, les masses populaires et leurs patries donne une base matérielle à une stratégie de Front populaire et patriotique en réaction à la politique du capital. Car pour qui veut bien s’aider de l’analyse matérialiste de la situation, cette analyse concrète de la situation concrète qui plutôt que de faire référence à ce pseudo marxisme théorique d’étagère, figé en dogme, sait s’appuyer résolument sur un marxisme créateur guide pour l’action *, il apparaît clairement qu’unir les communistes – à une époque où le Mouvement Communiste International est à l’état gazeux-,unir les patriotes – c’est à dire ceux qui considèrent, pour paraphraser le marxiste irlandais James Connolly, que la « cause du travail est la cause de la patrie et la cause de la patrie est la cause du travail »- à unir les antifascistes – à l’heure où la fascisation de l’UE et des États bourgeois est à l’œuvre – est la réponse révolutionnaire à la situation actuelle.

La social-démocratie, le réformisme sont en opposition totale avec cette stratégie : ils prônent et collaborent à la criminalisation du communisme et des communistes, ils prônent la dissolution de fait des nations dans des conglomérats supranationaux voulus et forgés par le grand capital et pour son seul intérêt au niveau mondial comme régional avec, par exemple, l’UE en Europe. Enfin, ils nient la fascisation et la facilitent par l’anticommunisme et l’antipatriotisme, rejoignant en cela un certain gauchisme dogmatique et nihiliste national, au-delà des postures « de gauche ».

Alors que l’opportunisme et le dogmatisme aboutissent à l’isolement et à l’impuissance du mouvement ouvrier et populaire, le marxisme et le léninisme permettent d’unir les masses à partir de leur niveau de conscience et de leur expérience concrète et de mettre en mouvement celles-ci dans une dynamique politique qui offre des perspectives immédiates et une issue politique.

Antoine Manessis

(*) En pratique, ne faut il pas savoir dire « il existe le marxisme théorique et le marxisme créateur. Je reste sur la base de ce dernier »

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Publié par Frédéric Maurin à 09:30am - Voir le commentaire ()
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7 Janvier 2014

Dites Merde à la Métropolisation !

Saturés de quenelles et subjugués par le million d'emplois promis par le Medef en échange de la baisse du coût du travail , les citoyens ne voient pas venir une des prochaines escroqueries

Celle-ci, la métropolisation, pourra peut-être rendre les élections locales définitivement inutiles.

Réclamé à cor et à cris par l’U.E., qui veut imposer le modèle fédéral allemand à l’échelle du sous-continent européen, porté par le MEDEF, qui réclame honteusement « la suppression des communes et des départements » (P. Gattaz), un projet monstrueux de « métropolisation » du territoire national prend forme à la veille des municipales sous l’égide du Parti socialiste et de l’UMP.

la suite ici
et une pétition : par là
On soulignera plus bas pas l'illustration alpine d'un projet si enthousiasmant qu'il ne fera jamais l'objet d'un référendum.

Au coeur de l’été, le gouvernement passe en force à l’Assemblée nationale, une loi qui modifie de fond en comble nos institutions territoriales.

Elle crée une nouvelle institution, la métropole, pour 11 grandes villes dont Paris, Lyon et Marseille.

Ces métropoles concerneront 30 millions d’habitants. La métropole serait la nouvelle clef de voûte de l’organisation de la République en concentrant un très grand nombre de pouvoirs stratégiques et de financements retirés aux communes, quasiment vidées de leur capacité d’agir au service de leurs populations. Cette loi s’en prend aussi aux compétences déléguées aux communautés d’agglomérations promises à déconstruction pure et simple. Les communes sont noyées dans des entités (conseil de territoire de 200000 à 300000 habitants) relevant des décisions centrales de la métropole, à l’image de simples « arrondissements ».

En Ile-de-France, la Métropole du Grand Paris sera créée au 1er janvier 2016 avec un Conseil métropolitain de plus de 200 membres réservant un quart des places aux élus de Paris. Une assemblée des maires aura voix consultative une fois par an. Dans les faits, le président de la métropole et quelques vice-présidents « règneront » sur 6 millions d’habitants !

D’ici 2020, dans toutes les métropoles, ces membres seront élus pour moitié au suffrage universel direct effaçant ainsi la place des communes, des départements et des intercommunalités.

Cette solution technocratique et hypercentralisatrice éloigne les citoyens des décisions. Elle est profondément antidémocratique et inacceptable ! Elle est la négation, la fin décidée autoritairement des projets construits avec les habitants dans les communes, des dynamiques de territoires, et des coopérations entre collectivités. C’est la fin de la démocratie locale ! Inefficaces, ces monstres technocratiques préparent une nouvelle ère de régression sociale. Ils produiront encore plus d’inégalités territoriales dans l’aire métropolitaine, avec l’effacement des services publics de proximité dans chaque territoire communal, intercommunal, départemental.

L’affirmation des métropoles créera à Paris une nouvelle coupure entre petite couronne et grande banlieue, et érigée en modèle au plan national, laissera à la traîne toutes les franges périurbaines et rurales.

Le principal objet de ces technostructures centralisées est de répondre aux objectifs de compétitivité réclamés, au titre de la concurrence, par les puissances financières.

Ce qui veut dire austérité et réduction partout des moyens mis à disposition de l’action publique et des réponses par les collectivités aux besoins humains, sociaux et écologiques ! Avec le désengagement de l’État, il est déjà question de créer par ordonnance des impôts nouveaux pour financer les métropoles ! Les règles budgétaires des métropoles seront fixées par ordonnance du gouvernement dans les 18 mois qui viennent !

Cette loi signe aussi un immense chambardement pour les millions d’agents de la fonction publique d’État et territoriale, avec des services entiers regroupés ou transférés d’une institution à une autre, des coupes sombres dans les effectifs, des réorganisations autoritaires comme cela s’est, par exemple, produit pour France Télécom.

Ne laissons pas le gouvernement français abonder dans le sens des préconisations de la commission européenne qui veut régler le sort des collectivités.

Les défis métropolitains en matière de transport, de logement et d’urbanisme, d’aménagement du territoire, d’égalité d’accès, d’urgence sociale, d’écologie et de relance industrielle méritent tout autre chose ! Ils doivent s’appuyer sur tous les projets issus des territoires décidés avec les citoyens dans chaque commune et intercommunalité et coordonnés avec les départements et régions, appuyés sur des services publics et des politiques de lutte contre les ségrégations sociales. L’État ne doit pas abandonner son rôle de garant de l’égalité entre les territoires, son devoir de solidarité nationale au nom de la réduction des dépenses publiques.

Ce n’est pas encore fini ! La loi revient en seconde lecture en septembre au Parlement. Des mobilisations se construisent avec au coeur l’intervention nécessaire des citoyens.

Refusez avec nous l’effacement des communes, des intercommunalités et des départements !
Refusez avec nous, la mise à mal des missions de service public gage d’efficacité et d’égalité !
Refusez avec nous, le mépris de la démocratie ! Alors qu’on bouleverse la République, les citoyens sont mis à l’écart ! Pas de changement des institutions démocratiques sans démocratie !

Un tel « big bang » institutionnel ne peut se faire sans information et sans recourir au vote des citoyens.

Il faut un référendum en Ile-de-France comme dans toutes les régions impactées par les changements institutionnels.

L’article 72-1 de la constitution française garantit la participation des citoyens lors de la création d’une nouvelle collectivité territoriale. Ce fut le cas pour la Nouvelle-Calédonie, l’Alsace et la Corse.

Pourquoi ne pas l’organiser alors que ce projet de loi engage la vie quotidienne de 30millions d’habitants de notre pays ?

C’est aux citoyens de décider !

Je demande :
Une consultation démocratique des citoyens par référendum dans chaque région touchée par les changements institutionnels.
Le retrait de la loi « Affirmation des métropoles ».
La reprise d’un grand débat national sur la démocratie locale, les réponses nécessaires et coopératives aux problématiques métropolitaines.

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SIGNER L’APPEL EN LIGNE :

Je demande :
Une consultation démocratique des citoyens par référendum dans chaque région touchée par les changements institutionnels.
Le retrait de la loi « Affirmation des métropoles ».
La reprise d’un grand débat national sur la démocratie locale, les réponses nécessaires et coopératives aux problématiques métropolitaines.

Publié par Frédéric Maurin à 04:01am - Voir le commentaire ()
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