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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

23 Février 2014

Tous en grève le 18 mars 2014

Tous en grève le 18 mars 2014

en guise de suite au 6 février 2014 où seule la CGT partait en éclaireur...

Déclaration intersyndicale

Appel à une mobilisation massive le 18 mars 2014

vendredi 21 février 2014

Déclaration des organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires

Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires se sont rencontrées le 21 février 2014.

Face à la situation sociale vécue par les salariés du privé et du public, les privés d’emploi et les retraités de notre pays, elles décident de faire du 18 mars une journée interprofessionnelle de mobilisation massive. Elles les appellent à prendre toute leur place dans cette journée d’action tant sur leur lieu de travail que dans les territoires.

Elles invitent à rechercher l’unité d’action la plus large pour exiger des mesures urgentes en faveur des salaires, de l’emploi, de la protection sociale et du service public.

La stagnation du SMIC et le gel du point d’indice des fonctionnaires sont intolérables et handicapent gravement la relance économique. L’augmentation des salaires dans le public comme dans le privé est donc une priorité.

Les entreprises reçoivent plus de 172 milliards d’aides publiques sous la forme d’allègements ou d’exonérations fiscales et sociales, sans aucune conditionnalité ni évaluation de l’efficacité de ces aides en matière d’emploi et d’investissements, et sans contrôle. L’ensemble de ces aides doit être remis à plat et évalué économiquement et socialement.

La relance de l’emploi passe par un plan socialement utile, d’investissements industriels, de sécurisation de l’emploi pour les salariés, de création d’emplois de qualité, de relance du pouvoir d’achat et de développement des services publics.

Nos organisations considèrent que les annonces liées au "Pacte de responsabilité", et en particulier les 50 milliards d’euros d’économies programmées, répondent d’une logique inacceptable d’austérité et attaquent inévitablement le financement des services publics, de la protection sociale et de la solidarité nationale alors que les besoins sociaux augmentent.

Nos organisations réaffirment que la protection sociale est un droit universel. Celle-ci est partie intégrante du salaire socialisé. Supprimer la cotisation des entreprises à la branche famille conduit de fait à le diminuer. Elles s’opposent au transfert du financement de la branche famille des entreprises vers la fiscalité des ménages (y compris par la fiscalité locale). Elles réaffirment leur attachement aux droits familiaux financés par la branche famille de la sécurité sociale. C’est un des éléments qui concourt à l’égalité entre les femmes et les hommes en favorisant l’accès au travail des femmes.

Les organisations syndicales CGT, FO, FSU, Solidaires appellent l’ensemble des salariés, chômeurs et retraités à se mobiliser et à participer massivement aux actions interprofessionnelles de manifestations, rassemblements et grèves du 18 mars.

Publié par Frédéric Maurin à 19:15pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #cgt , #grève , #syndicalisme

22 Février 2014

Les racailles du 9.2 en campagne

Les racailles du 9.2 en campagne

Excellente vidéo sur une des racailles du 9.2 en campagne électorale.

Dans un contexte plus que morose, la seule qui m'ait arraché un sourire.

Allez voir Trick-Pa, le candidat des gangstas.

C'est l'histoire de Balka, un des lieutenants du Nabot malfaisant, (actuellement en cavale sous le nom de Paul Bismuth ).

Publié par Frédéric Maurin à 17:59pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #ump , #municipales , #élections , #droite , #92 , #sarkozy , #balkany

19 Février 2014

Stop TVA

Stop TVA

Stop TVA !

Je n'ai pas souvenir d'avoir signé une pétition aussi courte.

Et pourtant, ils s'y sont mis à plusieurs : Solidaires, Attac, Fondation Copernic, UFAL, Economistes atterrés, Femmes Egalité, Les Effronté-e-s, MNCP, Mpep, Front de Gauche (PG, PCF, Ensemble, PCOF, GU, R&S), Résistance Sociale, DAL, APEIS

Savez quoi ?

Je pense qu'ils sont un peu comme beaucoup d'entre nous, ils manquent de temps pour travailler les questions de justice fiscale.

Quelques bonnes journées de grèves nous feraient le plus grand bien pour ouvrir le débat.

Non?

Publié par Frédéric Maurin à 09:33am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #austérité , #cgt , #fiscalité , #dette , #front de gauche , #pcf , #hollande , #Parti Socialiste , #paradis fiscal

17 Février 2014

L'abstention aux européennes, une arme contre le FN ?

L'abstention aux européennes, une arme contre le FN ?
selon Emmanuel Todd et quelques autres autres aussi...

Vue de Washington ou de Tokyo, la zone euro est le trou noir de l'économie mondiale. Il faut en sortir. Aux élections européennes, l'abstention sera la seule arme contre le FN et les européistes.

Marianne : A quel moment s'est formée votre conviction selon laquelle nous devions sortir de l'euro ?

Emmanuel Todd : J'ai commencé par dire qu'il ne fallait pas y entrer. Quand débute le débat sur Maastricht en 1992, je suis en train d'étudier la divergence des sociétés industrielles sur l'immigration - France, Allemagne, Grande-Bretagne -, où je mesure des taux de mariages mixtes très différents. Je n'imagine pas ces nations dans une monnaie unique, je vote non. Le oui l'emporte. Je m'intéresse alors à la façon dont l'euro dysfonctionne, et, bon citoyen, je milite pour un protectionnisme européen capable de sauver cette monnaie mal pensée. Dans Après l'Empire (2002), j'ai de grands projets d'unité franco-allemande, j'écris que la France devrait partager avec l'Allemagne son siège au Conseil de sécurité. Enfin, vers 2009, influencé par la lecture d'économistes mainstream comme Xavier Timbeau et Patrick Artus, j'admets que l'Allemagne est sur une trajectoire nationaliste et utilise l'euro pour détruire ses partenaires. Nous devons sortir de ce rapport monétaire sadomasochiste avec l'Allemagne.

Même les économistes qui souhaitent la sortie de l'euro évoquent un recul provisoire du niveau de vie et une grosse déstabilisation... Pensez-vous que les peuples soient prêts à accepter cela, même transitoirement ?

E.T. : Jusqu'ici les peuples étaient tenus par la peur, celle de perdre leurs économies, notamment. Beaucoup de gens s'imaginaient jusqu'à il y a très peu de temps qu'ils avaient plus à perdre qu'à gagner à un choc chirurgical monétaire. Mais les choses changent car le niveau de vie a commencé à baisser. Il y a un élément magique dans la monnaie. Les gouvernants français, intellectuellement, ne sont pas au niveau. Ils n'ont pas lu Knapp, indispensable auteur allemand d'une Théorie étatique de la monnaie (1905), que Keynes avait fait traduire. Nos benêts d'énarques n'ont jamais envisagé les conséquences concrètes du transfert de souveraineté monétaire en Allemagne. Une sortie de l'euro provoquerait certes une désorganisation temporaire mais, surtout, des effets économiques bénéfiques et rapides, avec en prime une révolution sociale, le nettoyage d'élites mal formées, vieillissantes, archaïques, quelque chose de comparable à ce qui s'est passé en 1945.

Pourquoi le débat sur la sortie de l'euro prend-il aussi peu chez les politiques, notamment au PS ou au Front de gauche ?

E.T. : L'euro ne marchera jamais. Il n'y a guère qu'en France qu'on ne s'en rend pas compte. Les non-débats hexagonaux sont fastidieux, les dirigeants français sont fades (Hollande, Moscovici, Fabius, Mélenchon, Juppé, Bayrou, etc.), et je me suis remis à voyager. Vu de Washington, de Tokyo ou de Berne, la zone euro est le trou noir de l'économie mondiale, l'un des deux grands facteurs dépressifs planétaires, l'autre étant l'excédent commercial chinois. Les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, le Japon font des politiques de relance monétaire et regardent d'un air navré l'euro, cette construction archaïque, qui interdit toute relance monétaire à la France. La Suisse, quant à elle, achète à n'importe quel taux des bons du Trésor français libellés en euros pour empêcher la hausse du franc Suisse. Eh oui, c'est cela que nos dirigeants appellent «la confiance des marchés» ! Quels cons ! De véritables cocus monétaires !

L'échec de l'euro a déjà des effets géopolitiques. Pas seulement l'effondrement de l'influence française à l'intérieur et à l'extérieur de la zone, mais aussi une perte d'influence de l'Europe entière. La Russie se sent assez forte pour tenter de reprendre le contrôle de l'Ukraine parce que l'Europe, ravagée par l'austérité germanophile, n'exerce plus une force d'attraction suffisante.

Mais alors, je vous repose la question : pourquoi cette paralysie de la classe politique française sur la question ?

E.T. : Je relis Astérix en ce moment. C'est excellent pour comprendre l'attachement à l'euro des élites françaises. Il s'agit tout simplement d'un provincialisme de petit village gaulois. Des Gaulois qui auraient choisi de se soumettre aux Goths ! [Rires]

Le discours sur l'euro se teinte désormais bizarrement d'une nuance franchouillarde. Ce qui m'a frappé, et choqué, je dois le dire, dans la conférence de presse du vice-chancelier Hollande, c'est son appel inattendu et incongru au patriotisme français. Il a du reste associé ce patriotisme à la nécessaire collaboration avec l'Allemagne. Question pour jeu télévisé : qui a déjà fait ça dans l'histoire ? Pourtant, la conférence de Hollande m'a rempli d'espoir. Bon, on voyait qu'il se sentait bien, heureux de son nouveau statut de sex-symbol, mais j'ai senti une tension, du pathos, quand il s'en est pris aux «extrémistes» qui veulent la fin de l'euro. Pour comprendre cette émotion, il faut voir la nature religieuse de l'euro, veau d'or, monnaie sacrificielle. L'ébranlement d'une croyance religieuse s'accompagne toujours d'une résistance intérieure qui engendre des fondamentalismes de transition : jansénisme, islamisme, intégrisme monétaire hollandiste. Je sens chez Hollande un ébranlement dans les couches profondes, préconscientes. Son inconscient sait, et il a peur. Peur de perdre sa foi, peur peut-être d'être un jour accusé de non-assistance à nation en danger. Le concept d'immunité semblait aussi le passionner.

En matière d'ultime argument, les partisans du TCE s'étaient appuyés, lors du référendum de 2005, sur la nécessaire sauvegarde de la paix entre les peuples européens. Aujourd'hui, on voit la haine monter partout, notamment entre la Grèce et l'Allemagne...

E.T. : Durant un symposium sur le libre-échange à Kyoto, écoutant un économiste japonais, j'ai admis la simplicité de ce qui nous arrivait. Celui-ci voyait l'étalon-or et la fixité des changes comme la condition d'une compétition maximale entre nations. On nous vend l'euro comme un espace de protection contre la mondialisation. Mais la monnaie unique, en interdisant, comme l'étalon-or, la dévaluation, définit une zone d'affrontement maximal, une guerre économique. Sortir de l'euro, c'est la paix. Cessons cette guerre ridicule avec l'Allemagne.

Vous avez récemment commencé à appeler à l'abstention aux prochaines européennes. Quel est votre pronostic pour ces élections ?

E.T. : Le verrouillage de la question monétaire par les oligarchies partisanes crée un sentiment d'impuissance. Le Front national, dont la fonction est en fait de sécuriser le système, souille toutes les solutions économiques raisonnables. Mais les élections européennes nous offrent un puissant moyen d'action. L'idéologie européiste a mis en place une institution bidon, le Parlement européen, feuille de vigne du pouvoir réel. Le Parlement se prétend incarnation de la démocratie au moment même où la machine européenne devient la domination implacable des petites nations du Sud par les nations plus puissantes situées au Nord. Les députés européens ne servent à rien, même s'ils sont eux-mêmes très motivés pour être élus : une mandature de cinq ans à ne rien faire, rémunérée 10 000 € par mois (impôts déduits, primes intégrées) leur permettra d'acheter un appartement ou une maison de campagne. Les citoyens français peuvent refuser d'entrer dans ce jeu dégradant. S'abstenir, ce sera voter à la fois contre les partis européistes et contre le FN. Au-dessus d'un certain niveau, le taux d'abstention vaudra référendum. Le ridicule tuera l'idéologie.

Propos recueillis par Aude Lancelin

Publié par Frédéric Maurin à 08:57am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #todd , #euro , #Union européenne , #ps , #hollande , #élections européennes , #fn

14 Février 2014

Elections Municipales : pour une ville propre

Résistance à l'agression publicitaire (R.A.P.) association luttant contre les effets néfastes de la publicité, lance l’opération ville propre pour les municipales 2014.

Que l’on soit habitant ou salarié d’une ville, on est quotidiennement confronté aux publicités. Pourtant, celles-ci ne manque pas d’effets néfastes : gaspillage, sexisme, pollution visuelle et mentale, épuisement des ressources naturelles, obésité, anorexie, fatigue, etc.

Pour éviter ces problèmes, une seule solution : le respect de la liberté de réception de chacun. Or, la loi actuelle est trop permissive. Il est néanmoins possible pour les élus locaux d’agir pour nettoyer la ville de la pollution publicitaire.

A l’approche des municipales, il est plus que pertinent de connaître la position des candidats sur la place qu’ils souhaitent accorder à la publicité. Pour ce, l’association R.A.P. met à disposition un questionnaire à l’attention des candidates et des candidats aux municipales de 2014 téléchargeable sur son site internet : http://antipub.org/spip.php?article323. On peut aussi télécharger directement le document par ce lien.

Les réponses communiquées à l’association seront publiées sur notre site pour pouvoir rappeler aux maires ce qu’ils promettaient en tant que candidats. Les sympathisants sont invités à envoyer ce questionnaire aux candidats de leurs villes, et nous transmettre leurs réponses pour que nous les publiions.

- par courriel à contact@antipub.org

- ou à l’adresse de l’association : R.A.P. 24, rue de la Chine - 75020 Paris.

A l’attention des candidates et des candidats aux municipales de 2014

Télécharger le questionnaire :

Merci de nous communiquer vos réponses :
par courriel à contact@antipub.org
ou à l’adresse de l’association : R.A.P. 24, rue de la Chine - 75020 Paris. Les réponses seront publiées sur notre site internet http://antipub.org .

1 - La liberté de réception

Elle est le corollaire de la liberté d’expression. Elle permet de donner le choix aux citoyens de recevoir ou non de la publicité. Chaque citoyen peut tenter de l’exercer en apposant un autocollant "stop-pub" sur les boîtes aux lettres, par l’inscription aux listes anti-prospection par téléphone,… Vous pouvez la faire respecter en imposant la réduction des formats des publicités extérieures pour que le citoyen s’approche du message et montre ainsi son consentement à le recevoir. Êtes-vous favorable à ce concept de liberté de réception et êtes-vous prêt à le promouvoir et le mettre en œuvre durant votre mandat ?

2- Affichage publicitaire, paysages et environnement - règlement local de publicité (R.L.P.)

Les paysages français sont bien souvent dévastés par la publicité. Êtes-vous favorable à une refonte du RLP de votre ville pour une diminution des panneaux, en nombre et en taille, voire l’interdiction de certains formats ?

Dans le cadre de ce RLP ou dans le cadre de vos attributions(1), comptez-vous :
interdire des écrans publicitaires dans l’espace public ?

interdire des bâches publicitaires dans l’espace public ?

mettre en place des mobiliers urbains sans publicité ?

réglementer l’extinction des lumières des mobiliers urbains, qui aujourd’hui n’ont pas d’obligation d’extinction ?

Instaurer une règle de densité plus restrictive pour la publicité extérieure ?

Interdire la publicité sur les véhicules ?

Limiter la taille des affiches à un format de 50 x 70 cm ? Afin que la publicité ne s’impose plus aux passants.

Interdire tout dispositif publicitaire consommant de l’électricité ? Les classiques affiches collées sont peu à peu remplacées par des panneaux déroulant et éclairés ou par des écrans vidéos, consommant de l’électricité.

3- Faire respecter la loi sur le paysage.

On constate qu’il est très difficile de faire appliquer la loi par les afficheurs (un tiers des panneaux serait illégaux), faute de moyens humains pour contrôler les implantations de panneaux. C’est au maire de faire appliquer la législation dans le cas où la commune est dotée d’un RLP et au préfet dans le cas contraire. Comptez-vous affecter, embaucher former des fonctionnaires à cette fin ?

Interviendriez-vous si la commune est dotée d’un RLP pour interdire certaines opérations de marketing de rue (2) ?

4- Prospectus dans les boîtes aux lettres

Les prospectus publicitaires dans les boites aux lettres représentent 31 kg de papier par foyer et par an. Comptez-vous mettre gratuitement à disposition de vos administrés des autocollants "stop-pub" ?

5- Publicité et services publics

La collectivité et l’intercommunalité éditent un journal. Ce journal peut contenir des publicités. Or, il est possible de retirer ces publicités. Le feriez-vous si vous étiez élus ?

Le financement "promotionnel" par des entreprises va à l’encontre de la neutralité du service public. Certaines collectivités pratiquent la sponsorisation (partenariat publics privés…), pour financer leur événement. Comptez-vous recourir à ce type de financements si vous êtes élus ?

6- Publicité et traçage sur internet

La publicité a besoin de tracer sa « cible » afin de mieux l’identifier et être plus « efficace ». Si vous êtes élu, intégreriez-vous par défaut dans les navigateurs de la collectivité la possibilité de bloquer les publicités intrusives et les fichage des données personnelles sur internet (3) ?

7 - Publicité et enfants Les enfants sont une cible de choix et facile pour les publicitaires. Quels mesures proposez-vous pour mieux les protéger ?

8-Pratiques des partis politiques Quelles pratiques d’affichage et de propagande réalisez-vous pour ces élections ? Vous interdisez-vous la pratique de l’affichage sauvage ?

(1) Si votre commune est dotée d’un RLP, vous recevrez des demandes d’autorisation d’implantation d’écrans publicitaires ou de bâches. Vous avez la possibilité de refuser ces autorisations (art. R581-9 et suivants du code de l’environnement).

(2) Le marketing de rue n’est pas interdit en soi, mais utilise souvent des moyens illégaux : affichage sur les arbres (art. L581-4), sur les installations d’éclairage public ou les équipements publics concernant la circulation (art. R581-22), ou encore, à moins de 100 mètres d’un monument historique (art. L581-8).

(3) Pour plus d’information voir le site internet : http://surfezcouvert.net

Publié par Frédéric Maurin à 22:49pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #publicité , #municipales , #grenoble , #saint martin d'hères

14 Février 2014

Faisons péter l'APT

Faisons péter l'APT
Soit l'accord de partenariat transatlantique (APT), décrypté ICI
et dénoncé par un tract ci-dessous
Le traité transatlantique, un typhon qui menace les Européens

Imagine-t-on des multinationales traîner en justice les gouvernements dont l’orientation politique aurait pour effet d’amoindrir leurs profits ? Se conçoit-il qu’elles puissent réclamer — et obtenir ! — une généreuse compensation pour le manque à gagner induit par un droit du travail trop contraignant ou par une législation environnementale trop spoliatrice ? Si invraisemblable qu’il paraisse, ce scénario ne date pas d’hier. Il figurait déjà en toutes lettres dans le projet d’accord multilatéral sur l’investissement (AMI) négocié secrètement entre 1995 et 1997 par les vingt-neuf Etats membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) (1). Divulguée in extremis, notamment par Le Monde diplomatique, la copie souleva une vague de protestations sans précédent, contraignant ses promoteurs à la remiser. Quinze ans plus tard, la voilà qui fait son grand retour sous un nouvel habillage.

L’accord de partenariat transatlantique (APT) négocié depuis juillet 2013 par les Etats-Unis et l’Union européenne est une version modifiée de l’AMI. Il prévoit que les législations en vigueur des deux côtés de l’Atlantique se plient aux normes du libre-échange établies par et pour les grandes entreprises européennes et américaines, sous peine de sanctions commerciales pour le pays contrevenant, ou d’une réparation de plusieurs millions d’euros au bénéfice des plaignants.

D’après le calendrier officiel, les négociations ne devraient aboutir que dans un délai de deux ans. L’APT combine en les aggravant les éléments les plus néfastes des accords conclus par le passé. S’il devait entrer en vigueur, les privilèges des multinationales prendraient force de loi et lieraient pour de bon les mains des gouvernants. Imperméable aux alternances politiques et aux mobilisations populaires, il s’appliquerait de gré ou de force, puisque ses dispositions ne pourraient être amendées qu’avec le consentement unanime des pays signataires. Il dupliquerait en Europe l’esprit et les modalités de son modèle asiatique, l’accord de partenariat transpacifique (Trans-Pacific Partnership, TPP), actuellement en cours d’adoption dans douze pays après avoir été ardemment promu par les milieux d’affaires américains. A eux deux, l’APT et le TPP formeraient un empire économique capable de dicter ses conditions hors de ses frontières : tout pays qui chercherait à nouer des relations commerciales avec les Etats-Unis ou l’Union européenne se verrait contraint d’adopter telles quelles les règles qui prévalent au sein de leur marché commun.

Tribunaux spécialement créés

Parce qu’elles visent à brader des pans entiers du secteur non marchand, les négociations autour de l’APT et du TPP se déroulent derrière des portes closes. Les délégations américaines comptent plus de six cents consultants mandatés par les multinationales, qui disposent d’un accès illimité aux documents préparatoires et aux représentants de l’administration. Rien ne doit filtrer. Instruction a été donnée de laisser journalistes et citoyens à l’écart des discussions : ils seront informés en temps utile, à la signature du traité, lorsqu’il sera trop tard pour réagir.

Dans un élan de candeur, l’ancien ministre du commerce américain Ronald (« Ron ») Kirk a fait valoir l’intérêt « pratique » de « préserver un certain degré de discrétion et de confidentialité (2) ». La dernière fois qu’une version de travail d’un accord en cours de formalisation a été mise sur la place publique, a-t-il souligné, les négociations ont échoué — une allusion à la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), une version élargie de l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena) ; le projet, âprement défendu par M. George W. Bush, fut dévoilé sur le site Internet de l’administration en 2001. A quoi la sénatrice Elizabeth Warren rétorque qu’un accord négocié sans aucun examen démocratique ne devrait jamais être signé (3).

L’impérieuse volonté de soustraire le chantier du traité américano-européen à l’attention du public se conçoit aisément. Mieux vaut prendre son temps pour annoncer au pays les effets qu’il produira à tous les échelons : du sommet de l’Etat fédéral jusqu’aux conseils municipaux en passant par les gouvernorats et les assemblées locales, les élus devront redéfinir de fond en comble leurs politiques publiques de manière à satisfaire les appétits du privé dans les secteurs qui lui échappaient encore en partie. Sécurité des aliments, normes de toxicité, assurance-maladie, prix des médicaments, liberté du Net, protection de la vie privée, énergie, culture, droits d’auteur, ressources naturelles, formation professionnelle, équipements publics, immigration : pas un domaine d’intérêt général qui ne passe sous les fourches caudines du libre-échange institutionnalisé. L’action politique des élus se limitera à négocier auprès des entreprises ou de leurs mandataires locaux les miettes de souveraineté qu’ils voudront bien leur consentir.

Il est d’ores et déjà stipulé que les pays signataires assureront la « mise en conformité de leurs lois, de leurs règlements et de leurs procédures » avec les dispositions du traité. Nul doute qu’ils veilleront scrupuleusement à honorer cet engagement. Dans le cas contraire, ils pourraient faire l’objet de poursuites devant l’un des tribunaux spécialement créés pour arbitrer les litiges entre les investisseurs et les Etats, et dotés du pouvoir de prononcer des sanctions commerciales contre ces derniers.

L’idée peut paraître invraisemblable ; elle s’inscrit pourtant dans la philosophie des traités commerciaux déjà en vigueur. L’année dernière, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a ainsi condamné les Etats-Unis pour leurs boîtes de thon labellisées « sans danger pour les dauphins », pour l’indication du pays d’origine sur les viandes importées, ou encore pour l’interdiction du tabac parfumé au bonbon, ces mesures protectrices étant considérées comme des entraves au libre-échange. Elle a aussi infligé à l’Union européenne des pénalités de plusieurs centaines de millions d’euros pour son refus d’importer des organismes génétiquement modifiés (OGM). La nouveauté introduite par l’APT et le TTP, c’est qu’ils permettraient aux multinationales de poursuivre en leur propre nom un pays signataire dont la politique aurait un effet restrictif sur leur abattage commercial.

Sous un tel régime, les entreprises seraient en mesure de contrecarrer les politiques de santé, de protection de l’environnement ou de régulation de la finance mises en place dans tel ou tel pays en lui réclamant des dommages et intérêts devant des tribunaux extrajudiciaires. Composées de trois avocats d’affaires, ces cours spéciales répondant aux lois de la Banque mondiale et de l’Organisation des Nations unies (ONU) seraient habilitées à condamner le contribuable à de lourdes réparations dès lors que sa législation rognerait sur les « futurs profits espérés » d’une société.

Ce système « investisseur contre Etat », qui semblait rayé de la carte après l’abandon de l’AMI en 1998, a été restauré en catimini au fil des années. En vertu de plusieurs accords commerciaux signés par Washington, 400 millions de dollars sont passés de la poche du contribuable à celle des multinationales pour cause d’interdiction de produits toxiques, d’encadrement de l’exploitation de l’eau, du sol ou du bois, etc. (4). Sous l’égide de ces mêmes traités, les procédures actuellement en cours — dans des affaires d’intérêt général comme les brevets médicaux, la lutte antipollution ou les lois sur le climat et les énergies fossiles — font grimper les demandes de dommages et intérêts à 14 milliards de dollars.

L’APT alourdirait encore la facture de cette extorsion légalisée, compte tenu de l’importance des intérêts en jeu dans le commerce transatlantique. Trois mille trois cents entreprises européennes sont présentes sur le sol américain par le biais de vingt-quatre mille filiales, dont chacune peut s’estimer fondée un jour ou l’autre à demander réparation pour un préjudice commercial. Un tel effet d’aubaine dépasserait de très loin les coûts occasionnés par les traités précédents. De leur côté, les pays membres de l’Union européenne se verraient exposés à un risque financier plus grand encore, sachant que quatorze mille quatre cents compagnies américaines disposent en Europe d’un réseau de cinquante mille huit cents filiales. Au total, ce sont soixante-quinze mille sociétés qui pourraient se jeter dans la chasse aux trésors publics.

Officiellement, ce régime devait servir au départ à consolider la position des investisseurs dans les pays en développement dépourvus de système juridique fiable ; il leur permettait de faire valoir leurs droits en cas d’expropriation. Mais l’Union européenne et les Etats-Unis ne passent pas précisément pour des zones de non-droit ; ils disposent au contraire d’une justice fonctionnelle et pleinement respectueuse du droit à la propriété. En les plaçant malgré tout sous la tutelle de tribunaux spéciaux, l’APT démontre que son objectif n’est pas de protéger les investisseurs, mais bien d’accroître le pouvoir des multinationales.

Procès pour hausse du salaire minimum

Il va sans dire que les avocats qui composent ces tribunaux n’ont de comptes à rendre à aucun électorat. Inversant allègrement les rôles, ils peuvent aussi bien servir de juges que plaider la cause de leurs puissants clients (5). C’est un tout petit monde que celui des juristes de l’investissement international : ils ne sont que quinze à se partager 55 % des affaires traitées à ce jour. Evidemment, leurs décisions sont sans appel.

Les « droits » qu’ils ont pour mission de protéger sont formulés de manière délibérément approximative, et leur interprétation sert rarement les intérêts du plus grand nombre. Ainsi de celui accordé à l’investisseur de bénéficier d’un cadre réglementaire conforme à ses « prévisions » — par quoi il convient d’entendre que le gouvernement s’interdira de modifier sa politique une fois que l’investissement a eu lieu. Quant au droit d’obtenir une compensation en cas d’« expropriation indirecte », il signifie que les pouvoirs publics devront mettre la main à la poche si leur législation a pour effet de diminuer la valeur d’un investissement, y compris lorsque cette même législation s’applique aussi aux entreprises locales. Les tribunaux reconnaissent également le droit du capital à acquérir toujours plus de terres, de ressources naturelles, d’équipements, d’usines, etc. Nulle contrepartie de la part des multinationales : elles n’ont aucune obligation à l’égard des Etats et peuvent engager des poursuites où et quand cela leur chante.

Certains investisseurs ont une conception très extensive de leurs droits inaliénables. On a pu voir récemment des sociétés européennes engager des poursuites contre l’augmentation du salaire minimum en Egypte ou contre la limitation des émissions toxiques au Pérou, l’Alena servant dans ce dernier cas à protéger le droit de polluer du groupe américain Renco (6). Autre exemple : le géant de la cigarette Philip Morris, incommodé par les législations antitabac de l’Uruguay et de l’Australie, a assigné ces deux pays devant un tribunal spécial. Le groupe pharmaceutique américain Eli Lilly entend se faire justice face au Canada, coupable d’avoir mis en place un système de brevets qui rend certains médicaments plus abordables. Le fournisseur d’électricité suédois Vattenfall réclame plusieurs milliards d’euros à l’Allemagne pour son « tournant énergétique », qui encadre plus sévèrement les centrales à charbon et promet une sortie du nucléaire.

Il n’y a pas de limite aux pénalités qu’un tribunal peut infliger à un Etat au bénéfice d’une multinationale. Il y a un an, l’Equateur s’est vu condamné à verser la somme record de 2 milliards d’euros à une compagnie pétrolière (7). Même lorsque les gouvernements gagnent leur procès, ils doivent s’acquitter de frais de justice et de commissions diverses qui atteignent en moyenne 8 millions de dollars par dossier, gaspillés au détriment du citoyen. Moyennant quoi les pouvoirs publics préfèrent souvent négocier avec le plaignant que plaider leur cause au tribunal. L’Etat canadien s’est ainsi épargné une convocation à la barre en abrogeant hâtivement l’interdiction d’un additif toxique utilisé par l’industrie pétrolière.

Pour autant, les réclamations n’en finissent pas de croître. D’après la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (Cnuced), le nombre d’affaires soumises aux tribunaux spéciaux a été multiplié par dix depuis 2000. Alors que le système d’arbitrage commercial a été conçu dès les années 1950, il n’a jamais autant rendu service aux intérêts privés qu’en 2012, année exceptionnelle en termes de dépôts de dossiers. Ce boom a créé une florissante pépinière de consultants financiers et d’avocats d’affaires.

Le projet de grand marché américano-européen est porté depuis de longues années par le Dialogue économique transatlantique (Trans-Atlantic Business Dialogue, TABD), un lobby mieux connu aujourd’hui sous l’appellation de Trans-Atlantic Business Council (TABC). Créé en 1995 sous le patronage de la Commission européenne et du ministère du commerce américain, ce rassemblement de riches entrepreneurs milite pour un « dialogue » hautement constructif entre les élites économiques des deux continents, l’administration de Washington et les commissaires de Bruxelles. Le TABC est un forum permanent qui permet aux multinationales de coordonner leurs attaques contre les politiques d’intérêt général qui tiennent encore debout des deux côtés de l’Atlantique.

Son objectif, publiquement affiché, est d’éliminer ce qu’il appelle les « discordes commerciales » (trade irritants), c’est-à-dire d’opérer sur les deux continents selon les mêmes règles et sans interférence avec les pouvoirs publics. « Convergence régulatoire » et « reconnaissance mutuelle » font partie des panneaux sémantiques qu’il brandit pour inciter les gouvernements à autoriser les produits et services contrevenant aux législations locales.

Injuste rejet du porc à la ractopamine

Mais au lieu de prôner un simple assouplissement des lois existantes, les activistes du marché transatlantique se proposent carrément de les réécrire eux-mêmes. La Chambre américaine de commerce et BusinessEurope, deux des plus grosses organisations patronales de la planète, ont ainsi appelé les négociateurs de l’APT à réunir autour d’une table de travail un échantillon de gros actionnaires et de responsables politiques afin qu’ils « rédigent ensemble les textes de régulation » qui auront ensuite force de loi aux Etats-Unis et dans l’Union européenne. C’est à se demander, d’ailleurs, si la présence des politiques à l’atelier d’écriture commercial est vraiment indispensable…

De fait, les multinationales se montrent d’une remarquable franchise dans l’exposé de leurs intentions. Par exemple sur la question des OGM. Alors qu’aux Etats-Unis un Etat sur deux envisage de rendre obligatoire un label indiquant la présence d‘organismes génétiquement modifiés dans un aliment — une mesure souhaitée par 80 % des consommateurs du pays —, les industriels de l’agroalimentaire, là comme en Europe, poussent à l’interdiction de ce type d’étiquetage. L’Association nationale des confiseurs n’y est pas allée par quatre chemins : « L’industrie américaine voudrait que l’APT avance sur cette question en supprimant la labellisation OGM et les normes de traçabilité. » La très influente Association de l’industrie biotechnologique (Biotechnology Industry Organization, BIO), dont fait partie le géant Monsanto, s’indigne pour sa part que des produits contenant des OGM et vendus aux Etats-Unis puissent essuyer un refus sur le marché européen. Elle souhaite par conséquent que le « gouffre qui se creuse entre la dérégulation des nouveaux produits biotechnologiques aux Etats-Unis et leur accueil en Europe » soit prestement comblé (8). Monsanto et ses amis ne cachent pas leur espoir que la zone de libre-échange transatlantique permette d’imposer enfin aux Européens leur « catalogue foisonnant de produits OGM en attente d’approbation et d’utilisation (9) ».

L’offensive n’est pas moins vigoureuse sur le front de la vie privée. La Coalition du commerce numérique (Digital Trade Coalition, DTC), qui regroupe des industriels du Net et des hautes technologies, presse les négociateurs de l’APT de lever les barrières empêchant les flux de données personnelles de s’épancher librement de l’Europe vers les Etats-Unis (lire La traque méthodique de l’internaute révolutionne la publicité). « Le point de vue actuel de l’Union selon lequel les Etats-Unis ne fournissent pas une protection de la vie privée “adéquate” n’est pas raisonnable », s’impatientent les lobbyistes. A la lumière des révélations de M. Edward Snowden sur le système d’espionnage de l’Agence nationale de sécurité (National Security Agency, NSA), cet avis tranché ne manque pas de sel. Toutefois, il n’égale pas la déclaration de l’US Council for International Business (USCIB), un groupement de sociétés qui, à l’instar de Verizon, ont massivement approvisionné la NSA en données personnelles : « L’accord devrait chercher à circonscrire les exceptions, comme la sécurité et la vie privée, afin de s’assurer qu’elles ne servent pas d’entraves au commerce déguisées. »

Les normes de qualité dans l’alimentation sont elles aussi prises pour cible. L’industrie américaine de la viande entend obtenir la suppression de la règle européenne qui interdit les poulets désinfectés au chlore. A l’avant-garde de ce combat, le groupe Yum !, propriétaire de la chaîne de restauration rapide Kentucky Fried Chicken (KFC), peut compter sur la force de frappe des organisations patronales. « L’Union autorise seulement l’usage de l’eau et de la vapeur sur les carcasses », proteste l’Association nord-américaine de la viande, tandis qu’un autre groupe de pression, l’Institut américain de la viande, déplore le « rejet injustifié [par Bruxelles] des viandes additionnées de bêta-agonistes, comme le chlorhydrate de ractopamine ».

La ractopamine est un médicament utilisé pour gonfler la teneur en viande maigre chez les porcs et les bovins. Du fait de ses risques pour la santé des bêtes et des consommateurs, elle est bannie dans cent soixante pays, parmi lesquels les Etats membres de l’Union, la Russie et la Chine. Pour la filière porcine américaine, cette mesure de protection constitue une distorsion de la libre concurrence à laquelle l’APT doit mettre fin d’urgence.

« Les producteurs de porc américains n’accepteront pas d’autre résultat que la levée de l’interdiction européenne de la ractopamine », menace le Conseil national des producteurs de porc (National Pork Producers Council, NPPC). Pendant ce temps, de l’autre côté de l’Atlantique, les industriels regroupés au sein de BusinessEurope dénoncent les « barrières qui affectent les exportations européennes vers les Etats-Unis, comme la loi américaine sur la sécurité alimentaire ». Depuis 2011, celle-ci autorise en effet les services de contrôle à retirer du marché les produits d’importation contaminés. Là encore, les négociateurs de l’APT sont priés de faire table rase.

Il en va de même avec les gaz à effet de serre. L’organisation Airlines for America (A4A), bras armé des transporteurs aériens américains, a établi une liste des « règlements inutiles qui portent un préjudice considérable à [leur] industrie » et que l’APT, bien sûr, a vocation à rayer de la carte. Au premier rang de cette liste figure le système européen d’échange de quotas d’émissions, qui oblige les compagnies aériennes à payer pour leur pollution au carbone. Bruxelles a provisoirement suspendu ce programme ; A4A exige sa suppression définitive au nom du « progrès ».

Mais c’est dans le secteur de la finance que la croisade des marchés est la plus virulente. Cinq ans après l’irruption de la crise des subprime, les négociateurs américains et européens sont convenus que les velléités de régulation de l’industrie financière avaient fait leur temps. Le cadre qu’ils veulent mettre en place prévoit de lever tous les garde-fous en matière de placements à risques et d’empêcher les gouvernements de contrôler le volume, la nature ou l’origine des produits financiers mis sur le marché. En somme, il s’agit purement et simplement de rayer le mot « régulation » de la carte.

D’où vient cet extravagant retour aux vieilles lunes thatchériennes ? Il répond notamment aux vœux de l’Association des banques allemandes, qui ne manque pas d’exprimer ses « inquiétudes » à propos de la pourtant timide réforme de Wall Street adoptée au lendemain de la crise de 2008. L’un de ses membres les plus entreprenants sur ce dossier est la Deutsche Bank, qui a pourtant reçu en 2009 des centaines de milliards de dollars de la Réserve fédérale américaine en échange de titres adossés à des créances hypothécaires (10). Le mastodonte allemand veut en finir avec la réglementation Volcker, clé de voûte de la réforme de Wall Street, qui pèse selon lui d’un « poids trop lourd sur les banques non américaines ». Insurance Europe, le fer de lance des sociétés d’assurances européennes, souhaite pour sa part que l’APT « supprime » les garanties collatérales qui dissuadent le secteur de s’aventurer dans des placements à hauts risques.

Quant au Forum des services européens, organisation patronale dont fait partie la Deutsche Bank, il s’agite dans les coulisses des pourparlers transatlantiques pour que les autorités de contrôle américaines cessent de mettre leur nez dans les affaires des grandes banques étrangères opérant sur leur territoire. Côté américain, on espère surtout que l’APT enterrera pour de bon le projet européen de taxe sur les transactions financières. L’affaire paraît d’ores et déjà entendue, la Commission européenne ayant elle-même jugé cette taxe non conforme aux règles de l’OMC (11). Dans la mesure où la zone de libre-échange transatlantique promet un libéralisme plus débridé encore que celui de l’OMC, et alors que le Fonds monétaire international (FMI) s’oppose systématiquement à toute forme de contrôle sur les mouvements de capitaux, la chétive « taxe Tobin » n’inquiète plus grand monde aux Etats-Unis.

Mais les sirènes de la dérégulation ne se font pas entendre dans la seule industrie financière. L’APT entend ouvrir à la concurrence tous les secteurs « invisibles » ou d’intérêt général. Les Etats signataires se verraient contraints non seulement de soumettre leurs services publics à la logique marchande, mais aussi de renoncer à toute intervention sur les fournisseurs de services étrangers qui convoitent leurs marchés. Les marges de manœuvre politiques en matière de santé, d’énergie, d’éducation, d’eau ou de transport se réduiraient comme peau de chagrin. La fièvre commerciale n’épargne pas non plus l’immigration, puisque les instigateurs de l’APT s’arrogent la compétence d’établir une politique commune aux frontières — sans doute pour faciliter l’entrée de ceux qui ont un bien ou un service à vendre au détriment des autres.

Depuis quelques mois, le rythme des négociations s’intensifie. A Washington, on a de bonnes raisons de croire que les dirigeants européens sont prêts à n’importe quoi pour raviver une croissance économique moribonde, fût-ce au prix d’un reniement de leur pacte social. L’argument des promoteurs de l’APT, selon lequel le libre-échange dérégulé faciliterait les échanges commerciaux et serait donc créateur d’emplois, pèse apparemment plus lourd que la crainte d’un séisme social. Les barrières douanières qui subsistent encore entre l’Europe et les Etats-Unis sont pourtant « déjà assez basses », comme le reconnaît le représentant américain au commerce (12). Les artisans de l’APT admettent eux-mêmes que leur objectif premier n’est pas d’alléger les contraintes douanières, de toute façon insignifiantes, mais d’imposer « l’élimination, la réduction ou la prévention de politiques nationales superflues (13) », étant considéré comme « superflu » tout ce qui ralentit l’écoulement des marchandises, comme la régulation de la finance, la lutte contre le réchauffement climatique ou l’exercice de la démocratie.

Il est vrai que les rares études consacrées aux conséquences de l’APT ne s’attardent guère sur ses retombées sociales et économiques. Un rapport fréquemment cité, issu du Centre européen d’économie politique internationale (European Centre for International Political Economy, Ecipe), affirme avec l’autorité d’un Nostradamus d’école de commerce que l’APT délivrera à la population du marché transatlantique un surcroît de richesse de 3 centimes par tête et par jour… à partir de 2029 (14).

En dépit de son optimisme, la même étude évalue à 0,06 % seulement la hausse du produit intérieur but (PIB) en Europe et aux Etats-Unis à la suite de l’entrée en vigueur de l’APT. Encore un tel « impact » est-il largement irréaliste, dans la mesure où ses auteurs postulent que le libre-échange « dynamise » la croissance économique ; une théorie régulièrement réfutée par les faits. Une élévation aussi infinitésimale serait d’ailleurs imperceptible. Par comparaison, la cinquième version de l’iPhone d’Apple a entraîné aux Etats-Unis une hausse du PIB huit fois plus importante.

Presque toutes les études sur l’APT ont été financées par des institutions favorables au libre-échange ou par des organisations patronales, raison pour laquelle les coûts sociaux du traité n’y apparaissent pas, pas plus que ses victimes directes, qui pourraient pourtant se compter en centaines de millions. Mais les jeux ne sont pas encore faits. Comme l’ont montré les mésaventures de l’AMI, de la ZLEA et certains cycles de négociations à l’OMC, l’utilisation du « commerce » comme cheval de Troie pour démanteler les protections sociales et instaurer la junte des chargés d’affaires a échoué à plusieurs reprises par le passé. Rien ne dit qu’il n’en sera pas de même cette fois encore.

Lori M. Wallach

Directrice de Public Citizen’s Global Trade Watch, Washington, DC, www.citizen.org

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Avec les catégories : #ue , #europe , #capitalisme

12 Février 2014

Saint Valentin : offrez-lui une bonne grève !

Saint Valentin : offrez-lui une bonne grève !
Sous Hollande : la répression antisyndicale continue.
Et il y en aura pour tout le monde!
Sage et légitime riposte à La Poste, justement, ce 14 février...en attendant le retour des grandes marées:

La Poste : appel à la grève le 14 février contre la « répression antisyndicale »

PARIS, 5 février 2014 (AFP)

SUD-PTT a annoncé mercredi avoir lancé un appel à la grève nationale à La Poste pour le 14 février, afin de protester contre la « répression antisyndicale » qui « s’intensifie » dans l’entreprise, selon le syndicat.
Au cours d’une conférence de presse, des responsables syndicaux ont expliqué vouloir « tirer la sonnette d’alarme » sur le fait que « la répression syndicale s’intensifie » au sein du groupe qui emploie quelque 240.000 personnes, La Poste souhaitant, disent-ils « faire des exemples ».
Ils ont évoqué à titre d’exemple « sept procédures disciplinaires » rien qu’en janvier (6 contre des militants SUD et une contre un responsable CGT), dans le secteur du colis.
Plusieurs de ces procédures sont liées au fait que des militants se sont rendus dans des établissements qui n’étaient pas les leurs pour leurs activités syndicales, La Poste estimant que « même avec un mandat syndical, les personnes étrangères à l’établissement ne peuvent entrer », a expliqué une responsable SUD.
C’est ce scénario qui s’est produit mi-décembre à la plateforme colis de Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Le secrétaire départemental de SUD, Gaël Quirante a expliqué qu’après être entré sur le site, un cadre l’a projeté au sol, lui entrainant 7 jours d’interruption temporaire de travail (ITT). Il a porté plainte « pour violence volontaire » contre le cadre.
Le mouvement de grève du 14 février (auquel s’est associé la CNT, syndicat non représentatif) sera accompagné d’un rassemblement devant le palais de justice de Tours, où un responsable de SUD doit comparaître pour des propos injurieux tenus sur un site contre un responsable local.
Observatoire de la répression et de la discrimination syndicales

Un observatoire de la discrimination et de la répression syndicales : pourquoi ?

Être syndiqué et / ou disposer d’un mandat syndical, c’est bien souvent faire l’expérience de la répression et de la discrimination. Selon une étude du Ministère du Travail, 30% des élus syndiqués et 40% des délégués syndicaux considèrent que l’exercice de leur mandat représente un frein à leur carrière. En moyenne un délégué syndical gagne 10% de moins qu’un salarié non syndiqué ayant le même profil.

Ce déni de démocratie bénéficie trop souvent de la passivité des pouvoirs publics, alors que le droit d’adhérer à une organisation syndicale de son choix est un droit reconnu par la Constitution et que toute obstruction dans ce domaine constitue une atteinte aux droits de l’homme et du citoyen.

Parce que l’État fait mine d’ignorer ce problème, parce qu’il est méconnu, ignoré ou même admis comme inhérent à l’engagement syndical, la Fondation Copernic, la CFTC, la CGT, FO, la FSU et Solidaires ainsi que le Syndicat des Avocats de France et le Syndicat de la Magistrature, avec l’appui de nombreux chercheurs et de personnalités qualifiées, ont décidé de créer un Observatoire de la répression et de la discrimination syndicales.

Son objectif est de rendre visible un problème largement ignoré par la statistique publique, rarement pris en compte par les études menées sur le champ des relations professionnelles, voire purement et simplement occultée ou niée par le patronat. Au delà de la mise à jour et de la dénonciation de pratiques patronales anti-syndicales, il s’attache principalement à concourir à la production d’une information la plus complète possible dans ce domaine.

Cet objectif collectif s’est traduit dès 2011 par la publication d’une Note de la fondation Copernic, qui est à l’origine de la démarche, et par la tenue d’un premier colloque en novembre 2011 au Conseil Économique Social et Environnemental.

Dans la continuité de cette initiative, l’Observatoire publiera annuellement un rapport sur l’état des discriminations et de la répression en matière syndicale et informera sur les travaux et les avancées de la connaissance en matière juridique, sociologique et économique dans ce domaine. Il sera en cela un outil de connaissance pour la lutte des salariés contre la répression patronale et pour le respect du droit fondamental à s’organiser et à lutter dans l’entreprise.

Publié par Frédéric Maurin à 10:22am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #grève , #la poste , #saint valentin , #syndicalisme , #hollande , #ps , #Parti Socialiste

4 Février 2014

Euro : le meilleur du (SA)PIR

Euro : le meilleur du (SA)PIR
...en forme d'une série de "questions fréquemment posées", des précisions utiles pour sortir du débat interdit.
Prenez garde néanmoins à la chute...diabolique.
RussEurope

EURO : Questions fréquemment posées

26 janvier 2014

Par Jacques Sapir

Le débat sur une sortie, ou sur dissolution, de l’Euro suscite un certain nombre de questions qui reviennent de manière récurrente. On en aborde dans la note qui suit quelques unes de ces dernières afin de clarifier ce débat.

1-Différence entre dépréciation et dévaluation de la monnaie.

Ces deux termes sont aujourd’hui employés de manière synonyme. Ils renvoient pourtant à des réalités un peu différentes.

  1. Une dévaluation est un terme employé quand la monnaie à un cours fixe, que ce soit par rapport à un métal (l’or, l’argent, voire les deux) ou par rapport à une monnaie (la Livre Sterling, le Dollar, etc.). La parité est garantie par l’État, qui s’engage à échanger une certaine quantité de sa monnaie contre une certaine quantité de la référence, soit métallique soit d’une autre monnaie, à un taux de change donné. On dit qu’il y a dévaluation quand ce taux est administrativement baissé. La dévaluation fut pratiquée dans les systèmes monétaires à taux fixes (par exemple Bretton Woods). Par analogie, si un gouvernement s’engage à garantir une parité de sa monnaie dans des limites connues (+ ou – 5%) par rapport à un taux de change, et qu’il annonce que sa monnaie pourra fluctuer au-delà des anciennes limites, on parle de dévaluation ou de réévaluation en fonction des mouvements quand ils excèdent ces limites.
  2. La dépréciation est la baisse du taux de change d’une monnaie constatée sur un marché des changes en l’absence d’intervention directe de l’État ou de la Banque Centrale pour en fixer le cours. L’État ou la Banque Centrale peuvent cependant continuer d’intervenir par des « actions de marché » (achat ou vente des autres devises), par des interventions sur le taux d’intérêt, voire, pour la Banque Centrale, par la décision d’acheter de grandes quantités de dettes (publiques ou privées).

2-La dépréciation de l’Euro pourrait-elle remplacer la dissolution de la zone Euro, le retour aux monnaies nationales et la dépréciation de chaque monnaie ?

Cette question est régulièrement posée à chaque fois que les tensions s’accumulent dans la zone Euro. On considère qu’une alternative à la dissolution de l’Euro serait sa dépréciation par rapport au Dollar. Mais, ce faisant, on a tendance à oublier :

  1. Le fait que dans un processus de dépréciation de l’Euro, la parité implicite de chaque pays vis-à-vis de l’Euro n’est pas modifiée. Or, le problème réside dans les différences de gains annuels de productivités et les différences d’inflation à l’intérieur de la zone Euro. Il apparaît que l’on ne peut trouver un taux de change unique qui satisfasse des pays qui ont des économies structurellement très différentes.
  2. Le fait que tous les pays n’ont pas le même degré d’intégration dans la zone Euro. La France est l’un des moins intégrés, alors que le taux d’intégration de l’Espagne ou de l’Italie est nettement plus élevé. Dans une dépréciation de l’Euro, la France gagnerait ainsi nettement plus que ses deux voisin du Sud. Soutenir l’idée de la dépréciation de l’euro par rapport au Dollar, c’est en un sens vouloir la mort des pays du « Sud » de la zone.
  3. Pour réaliser une telle dépréciation, il faudrait que la Banque Centrale Européenne rachète massivement (entre 700 et 1400 milliards) de la dette publique émise par les différents États. Or, si M. Mario Draghi a évoqué cette possibilité (OMT), c’est pour des montants bien moindres. On ne voit pas la BCE se lancer dans une politique qui serait rapidement jugée anti-constitutionnelle aux yeux de la Constitution allemande.

3-Une dépréciation de la monnaie serait-elle favorable à l’économie française ?

Un courant d’idée veut que, aujourd’hui, la concurrence sur le marché des produits se fasse non pas sur le prix mais sur des éléments de qualités. Ceci invaliderait l’idée d’une dépréciation. Un autre courant soutient que l’on peut arriver aux mêmes résultats par une dévaluation interne, soit une baisse des prix et des salaires dans un pays considéré. Il faut alors regarder les résultats de ces diverses politiques.

  1. Une dépréciation de la monnaie (de l’Euro en l’occurrence) a bien des effets positifs sur l’économie, comme cela est montré dans une récente étude du CEPII [1]. Différentes études qui ont été faites par des centres de recherche publiques ou privés, indiquent que la compétitivité prix reste largement dominante dans le cas des produits fabriqués en France. Notons que cette étude ne regarde qu’une dépréciation de 10%. Il est connu que les élasticités changent si l’on déprécie la monnaie de 20% et plus. L’étude du CEPII sous-estime en réalité l’impact positif d’une dépréciation.
  2. L’étude citée du CEPII indique aussi qu’une dévaluation interne aurait des résultats équivalents. Mais, elle indique que ces résultats seraient bien plus lents à se manifester. Or, dans ce cas, il faut prendre en compte la baisse de la consommation interne dans le pays considéré.
  3. En fait, une dévaluation interne n’est autre que ce que l’on appelait dans les années 1930 une politique de déflation, comme pratiquée par Ramsay Macdonald en Grande-Bretagne, Pierre Laval en France ou le chancelier Brünning en Allemagne. Compte tenu de la présence de rigidités nominales différentes suivant les prix [2], et du fait que les coûts financiers sont constants en valeur nominale, ces politiques se sont toutes traduites par des désastres sociaux ET économiques. Cette politique est largement responsable de la hausse au-delà de 26% du taux de chômage en Espagne et en Grèce.
  4. Les exemples récents de la Grande-Bretagne et surtout du Japon montrent tout l’intérêt d’une dépréciation de la monnaie, qui fut d’ailleurs massive dans le cas du Japon.

Une dévaluation interne n’est pas une alternative à une politique de dépréciation de la monnaie comme le montrent tous les exemples historiques.

4-La dépréciation de la monnaie s’oppose à la voie de l’effort qu’incarne une politique de réformes structurelles.

C’est une question fréquemment posée, dont le sous-entendu est que l’effort, et donc la souffrance, seul paye en économie. On reconnaît ici la base chrétienne du raisonnement. Il faut ajouter que l’on ne dit rien sur qui devrait faire des efforts…Sur le fond, cela appelle les remarques suivantes :

  1. Il faut préciser de quelles réformes structurelles on parle. En réalité, c’est presque toujours des réformes aboutissant à une baisse des droits sociaux et de la protection sociale. D’autres réformes, concernant la direction de la politique industrielle, l’effort de recherche et d’éducation, qui sont elles de véritables réformes structurelles ne sont que très rarement mentionnées.
  2. Une dépréciation de la monnaie, et l’on se met ici dans l’hypothèse d’un retour au Franc accompagné d’une dépréciation sensible par rapport au Dollar et au DeutschMark, entraînerait une forte croissance pendant une période de 3 à 5 ans. Cette croissance dégagerait les ressources budgétaires et fiscales qui sont nécessaires à la réalisation de véritables réformes structurelles. En réalité, loin de s’opposer, la dépréciation monétaire a toujours été le meilleur moyen de réaliser ces réformes structurelles. Cela est montré par les résultats du scénario pro-investissement dans le cadre d’une sortie de l’Euro [3].
  3. Si l’on procède à une dépréciation forte de la monnaie, on obtient au bout de 3 ans à une forte baisse du chômage (de 1,5 millions à 2,5 millions). Ceci entraînerait un équilibre (voire un solde positif) de l’assurance-chômage. En fait, la meilleure des réformes structurelles, que ce soit sur la question de l’assurance-chômage ou sur celle des retraites, c’est le retour rapide à une forte croissance.

5-La dépréciation de la monnaie entraînerait une explosion de l’endettement de la France avec des conséquences désastreuses.

C’est un des arguments les plus usés et les plus mensongers. On rappelle ici l’état exact du problème.

  1. En Droit international ce qui compte n’est pas la nationalité du prêteur mais la nationalité des contrats. Quand une dette, publique ou privée, a été émise en droit français, sa monnaie de règlement est la monnaie ayant cours légal en France, quel que soit cette monnaie (Euro ou Franc). Cela porte un nom, la Lex Monetae.
  2. Pour la dette publique, les contrats émis en droit français sont passés de 85% du montant de la dette à 97% en 2013. Donc, seuls les 3% résiduels seraient affectés par une dépréciation de la monnaie.
  3. La dette des ménages est massivement (à plus de 98,5%) en contrats en droit français. Cela veut dire qu’il y aurait une conversion instantanée des dettes et des avoirs détenus en Euro en Franc, au taux de 1 pour 1.
  4. Pour les entreprises non financières, le problème de la nature du droit ne se pose que pour celles, en général les grands groupes, qui ont emprunté en Dollar, en Livre ou en Yen. Mais, ces grands groupes réalisent une large partie de leur chiffre d’affaires hors de France, et dans ces monnaies. L’impact de la hausse de leur endettement serait couvert par la hausse de leur chiffre d’affaires en monnaie autre que le Franc.
  5. Pour les sociétés financières (banques et assurances) une étude de la BRI de Bâle montre que le système bancaire français peut parfaitement digérer ce choc, dont le montant agrégé ne dépasserait pas les 5 milliards d’Euros. Pour les assurances, elles ont massivement réorienté leurs actifs vers la France. Si une aide de l’État est nécessaire, elle devrait être limitée et sera largement digérable dans le cadre d’une forte croissance engendrée par la dépréciation.

6-Si la France sortait de l’Euro et dépréciait sa monnaie, tous les pays l’imiteraient ce qui reviendrait à annuler le bénéfice de l’opération.

Ceci constitue le deuxième argument le plus usité contre une dissolution de la Zone Euro. Mais, il ne tient pas compte des réalités de l’économie.

  1. Il est très difficile pour un pays qui a une balance commerciale massivement excédentaire de voir sa monnaie se déprécier. Pour cela il faudrait que sa Banque Centrale injecte massivement de la monnaie dans son économie (probablement à hauteur de 500 à 600 milliards). Or, la Constitution allemande l’interdit formellement. Il est donc irréaliste de voir l’Allemagne déprécier sa monnaie.
  2. Une dépréciation de la Lire italienne et de la Pesetas espagnole est par contre certaine. Elle devrait être légèrement plus importante que celle du Franc français.
  3. Cette situation a été testée [4] et se révèle favorable à la France, mais aussi à l’Italie, à l’Espagne (ainsi qu’au Portugal et la Grèce). Par contre, la constitution d’un bloc monétaire surnommé Euro-Sud, serait très défavorable pour ces pays.

7-Beaucoup de nos problèmes sont antérieurs à la création de l’Euro. Vouloir sortir de l’Euro ne les résoudrait pas.

Troisième argument fréquemment soulevé, en général par des économistes situés à gauche de l’échiquier politique, mais qui repose sur un malentendu.

  1. Il est effectivement vrai que les problèmes structurels de l’économie française sont en partie antérieurs à 1999. Mais il est aussi clair que ces problèmes ont été considérablement aggravé par la création de l’euro.
  2. Ces problèmes furent provoqués par la politique dite du « Franc fort » que la France avait adopté dans les années 1990 pour se préparer à l’Euro. On doit donc logiquement les relier à l’existence de l’Euro, qui seul a donné un certain sens à cette politique. Si la France avait massivement déprécié sa monnaie (-20%) en 1994 ou 1995, une partie de ces problèmes ne se seraient pas manifestés.
  3. Fondamentalement, la France connaît une crise latente, avec des périodes de rémissions, depuis que fut pris le « virage » pro-européen de 1983 et que fut adoptée une politique de financiarisation des activités économiques (1987). C’est cette politique qu’il s’agit de remettre en cause.
  4. Une dépréciation de l’Euro n’a donc de sens que si elle s’accompagne d’une autre politique, d’une rupture avec nombre de mesures qui ont été prises depuis 30 ans, et si elle s’accompagne d’une politique de « dé-financiarisation » dont l’un des principaux instruments sera un contrôle des mouvements de capitaux à court et très court terme. En ce sens une sortie de l’Euro peut être une chance historique de mettre en place cette « autre politique » qui hante la France depuis maintenant trente ans.

8-Quel serait l’impact d’une dépréciation sur l’inflation ?

Il est clair qu’il faut effectivement s’attendre à une remontée de l’inflation à la suite d’une forte dépréciation de la monnaie. Mais, cette poussée d’inflation sera en réalité très modérée et bien inférieure aux estimations les plus folles faites par certains.

  1. On peut estimer l’inflation importée totale, sur une période de deux ans, de 7% à 9%, ce à quoi il faudra ajouter l’inflation résiduelle. C’est donc au total de 10% à 12% d’inflation que la France devrait avoir sur les deux ans suivant la dépréciation du Franc. Cette estimation a été volontairement pessimiste. En réalité, le contexte économique est plus proche de la déflation que de l’inflation.
  2. Le prix de carburants, compte tenu du montant des taxes, ne devrait augmenter que de 5% à 7%.
  3. Des taux d’inflation du niveau que l’on vient évoquer auront par contre pour effet de rendre les taux d’intérêts réels négatifs. Ceci devrait avoir, comme on l’a vu dans les années d’après-guerre, un effet très positif sur l’activité économique et l’investissement.

9-Une dissolution de la zone Euro, et une dépréciation forte de la monnaie, provoquerait l’hostilité des Etats-Unis et des autres pays.

En fait, ceci ne tient pas compte, ici encore, de certaines réalités.

  1. Une dépréciation qui se situerait dans le cadre des calculs qui ont été faits ne provoquerait une baisse de la valeur agrégée de la production de la zone Euro que de 7% (essentiellement en raison d’une réévaluation de la monnaie allemande). Cela équivaudrait à passer de 1 euro pour 1,365 USD à 1 Euro pour 1,27 USD. C’est tout à fait acceptable tant pour les Etats-Unis que pour le Japon [5].
  2. On a souvent dit que l’Euro nous « protégeait » contre le Dollar (sans jamais le démontrer par ailleurs). En fait l’Euro n’a pu être créé qu’avec l’accord des Etats-Unis [6].
  3. La fin de l’Euro concentrerait les pressions spéculatives sur le Dollar et conduirait le gouvernement américain à accepter une nouvelle conférence internationale monétaire.

[1] La Lettre du CEPII, n°340, janvier 2014.

[2] B.C. Greenwald et J.E. Stiglitz, “Toward a Theory of Rigidities” in American Economic Review, vol. 79, n°2, 1989, Papers and Proceedings, pp. 364-369. J.E. Stiglitz, “Toward a general Theory of Wage and Price Rigidities and Economic Fluctuations” in American Economic Review, vol. 79, 1989, Papers and Proceedings, pp. 75-80.

[3] Sapir J., P. Murer et C. Durand, Les scénarii de dissolution de l’ Euro, Fondation ResPublica, Paris, septembre 2013.

[4] Sapir J., P. Murer et C. Durand, Les scénarii de dissolution de l’ Euro, op . cit..

[5] Calculs réalisés à partir des PIB des différents pays. Sapir J., P. Murer et C. Durand, Les scénarii de dissolution de l’ Euro, op . cit..

[6] Sapir J., « La fin du duopole », Russeurope, 6 octobre2013,

http://russeurope.hypotheses.org/1585

Par Jacques Sapir

10-Pourrait-on sauver la zone Euro?

C’est une question fréquemment posée, en règle générale par un interlocuteur du centre gauche, voire de gauche. À cela on peut apporter les réponses suivantes :

  1. En théorie, le basculement vers une Europe fédérale, dotée d’un budget à la mesure de ses ambitions pourrait régler les problèmes posés par l’Euro. Une monnaie unique régit bien l’économie de grands pays dont les diversités régionales sont du même ordre que les diversités entre les économies des pays composant la zone Euro. Mais, cela impliquerait :
    1. Des transferts extrêmement importants entre des pays comme l’Allemagne ou la Finlande et les pays du Sud de la zone Euro. Le montant de ces transferts annuels a été estimé à 12% du PIB de l’Allemagne par Patrick Artus de NATIXIS et d’environ 8% à 10% par moi [1]. Ces transferts devraient être maintenus au moins dix ans et peut-être plus.
    2. Outre que ces transferts sont impossibles à supporter pour l’Allemagne, ils sont contradictoires avec la politique de ce pays, qui cherche à minimiser le coût de son engagement dans la zone Euro. Remarquons que l’Allemagne n’est pas le seul pays à refuser cette solution : de nombreux pays (Finlande, Pays-Bas et Slovaquie) y sont aussi opposés.
    3. Construire une Europe fédérale implique de réaliser des transferts de souveraineté permanents, ce que la majorité des pays de la zone Euro refuse, ou d’aboutir à un cadre non-démocratique, ce qui soulèverait des problèmes dans nombre de pays.
  2. En théorie toujours, il est concevable que la Banque Centrale Européenne se substitue pour un temps à un budget fédéral dont on a mesuré plus haut l’impossibilité, et accepte au refinancement pour l’équivalent (de 220 à 230 milliards) de titres publics des pays concernés. Mais, la permanence d’un mécanisme de rachat permanent des dettes publiques se heurterait alors à l’obstacle de la Constitution allemande. De plus cela déstabiliserait à terme l’économie européenne en créant une situation massive d’aléa moral quant à l’utilisation de cette dette.
  3. En réalité, ces mesures manquent complètement de réalisme. Ceci conduit d’ailleurs à s’interroger sur le sens des déclarations de grands économistes (comme P. Krugman ou N. Pissarides) qui affirment que si ces mesures ne sont pas prises l’euro éclatera. Comme on peut supposer qu’ils savent fort bien que l’adoption de ces mesures est aujourd’hui impossible, cela conduit à s’interroger sur l’autre terme de l’alternative et donc sur le non-dit de leurs déclarations. Mais cela ne trouble nullement les journalistes de Libération [2]

11-L’existence de l’Euro constitue-t-elle un problème pour la démocratie ?

Ce sont plutôt des personnes situées à droite qui posent cette question. On peut y répondre les choses suivantes :

  1. En soi, une monnaie unique ne pose pas de problème de démocratie, du moins si l’on a un contrôle de la politique monétaire dans des structures démocratiques.
  2. Mais, les conditions concrètes de fonctionnement de la zone Euro, et en particulier les mesures d’austérité imposées dans divers pays, les règles d’engagement des dépenses dans le MES et le principe de contrôle préalable sur le budget qui a été mis en place, confient des pouvoirs souverains à des organismes (les commissions techniques de l’UE) qui ne sont pas élues, et qui n’ont aucun droit à cette souveraineté. Dans ces conditions, il est indéniable que l’Euro pose aujourd’hui un problème majeur de démocratie en Europe.

12-La fin de l’Euro impliquerait la fin de l’Union Européenne.

C’est l’un des arguments les plus répandus de personnes qui, après avoir reconnu et admis que vous aviez raison, disent que telle est la raison pour que l’on ne puisse sortir de l’Euro. En fait, la réponse est assez simple :

  1. Il y a des pays, et des pays à l’économie importante, qui font partie de l’UE et pas de la zone Euro : la Grande-Bretagne, la Pologne, la Suède. Par ailleurs, l’UE a existé bien avant que ne soit créé l’Euro. Il est donc faux de dire qu’un éclatement de la zone Euro conduirait inéluctablement à un éclatement de l’UE.
  2. En fait, c’est l’existence de l’Euro qui compromet aujourd’hui la stabilité de l’UE et qui la rend, dans tous les pays, massivement impopulaire. C’est au nom de l’Euro que l’on a imposé des politiques d’austérités qui sont meurtrières (au figuré mais aussi au propre, que l’on pense à la montée des suicides et des pathologies) aux pays de l’Europe du Sud. C’est l’Euro qui, par ses effets négatifs sur la croissance, fait que aujourd’hui l’UE apparaît comme une zone de stagnation économique tant par rapport à l’Amérique du Nord (Etats-Unis et Canada) que par rapport à la zone Asie-Pacifique. C’est l’Euro, du fait de la crise qu’il provoque à l’intérieur de certains pays, qui menace la stabilité politique et l’intégrité de ces derniers. C’est la raison pour laquelle, avec les économistes du European Solidarity Manifesto [3], j’appelle aussi à la dissolution de la zone Euro.
  3. Il ne faut cependant pas se voiler la face. L’Euro a contaminé l’UE. Un certain nombre de réglementations européennes sont en réalité nocives, et le cours « libre-échangiste » pris par l’UE est une menace pour les travailleurs de tous les pays de l’UE. Il serait bon, alors, que profitant du choc provoqué par une dissolution de l’Euro (qu’elle soit contrôlée ou non) on profite de l’occasion pour remettre à plat un certain nombre de problèmes pendant de l’UE (et en particulier les règles de négociation qui conduisent à l’acceptation du « grand marché transatlantique »).

13-Certes, vous avez raison, mais dissoudre l’Euro cela revient à donner raison au Front National et à Marine le Pen.

Quant, à la fin des fins, vous avez levé toutes les objections, quand vos interlocuteurs n’ont plus rien de sérieux à vous opposer, tel est le dernier argument qu’ils utilisent. Frédéric Lordon a, en juillet 2013, répondu à cet argument [4]. Il faut alors insister sur les points suivants :

  1. Le Front National n’a pas le monopole de position anti-Euro. Ces dernières existent aussi au centre droit (Nicolas Dupont-Aignan, Jacques Myard) et à gauche (le M’Pep notamment, mais aussi des fractions entières du Front de gauche dont, à en juger par le courrier que je reçois, des fédérations du PG et du PCF). Mais on voit bien l’intérêt, pour ceux qui veulent à tout prix maintenir l’Euro de faire croire que Marine le Pen a le monopole de ces positions. C’est l’équivalent dans ce débat du fameux « point Godwin », la reductio ab Hitlerum qui caractérise ceux qui sont à bout d’idées, d’arguments et de crédibilité.
  2. Il faut ensuite ajouter que le fait que Marine le Pen ait adopté cette position ne lui retire en rien sa pertinence. Une position doit être jugée sur ses arguments, sans inférences avec d’autres positions exprimées par certaines personnes. C’est l’une des conditions d’existence du débat démocratique. Ne pas respecter ces règles revient à sortir de la démocratie et à entrer dans le monde sinistre des procès en sorcellerie et de l’inquisition. On dira que, compte tenu du poids de la démocratie chrétienne dans la naissance de l’Euro, ceci n’est en rien étonnant…On peut ne pas être d’accord avec les positions de quelqu’un ou quelqu’une, et reconnaître qu’il ou elle a raison sur un point particulier. Mon collègue italien Alberto Bagnai a, sur son blog, dans le billet « L’eau mouille et le chômage tue » écrit des choses très justes sur ce point [5], et je suis entièrement d’accord avec lui.
  3. Sur le fond, peu m’importe de savoir qui reprend nos positions. Aujourd’hui, l’Euro est la principale cause de misère et de mort en Europe. Son existence empêche toutes les politiques de relance. Son existence, du fait de la pression qu’il exerce sur les esprits, a fait éclater le camp des gens qui se disent de gauche. Ils tergiversent sans cesse sur cette question, n’est-ce pas Monsieur Mélenchon ? Leur responsabilité es ici totalement engagée. S’il me faut donc pour en venir à bout m’allier au Diable, je citerai alors Churchill qui, le 23 juin 1941, apporta son soutien à Staline. Quand un député conservateur lui demanda comment lui, anti-communiste convaincu avait-il pu faire cela il répondit : « Si Hitler avait envahi l’enfer, je me serai débrouillé pour avoir un mot gentil pour le Diable ». Staline n’était pas le Diable, et Marine le Pen ne l’est certainement pas. Et si elle dit quelque chose de sensé, alors je le salue. Contre le « parti unique de l’Euro » toutes, les forces, j’écris bien TOUTES, seront nécessaires pour que l’on en vienne à bout. Devant le danger qui nous menace, c’est la division et le sectarisme qui constituent nos plus grands ennemis.

[1] Jacques Sapir, “Le coût du fédéralisme dans la zone Euro”, billet publié sur le carnet Russeurope le 10/11/2012, URL: http://russeurope.hypotheses.org/453

[2] C. Mathiot, « Des Nobels pris au piège par le FN », 23 janvier 2014, Libération, http://www.liberation.fr/politiques/2014/01/23/sortir-de-l-euro-des-nobel-pris-au-piege-par-le-front-national_975044

[3] http://www.european-solidarity.eu/

[4] http://blog.mondediplo.net/2013-07-08-Ce-que-l-extreme-droite-ne-nous-prendra-pas

[5] http://goofynomics.blogspot.fr/2013/12/leau-mouille-et-le-chomage-tue.html

Publié par Frédéric Maurin à 08:33am - Voir le commentaire ()
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1 Février 2014

Les Misérables à Saint Martin d'Hères

Samedi 8 février 2014 à 20 h.

La fédération de l'Isère du Secours populaire présente la comédie musicale "Les Misérables"interprétée par la Compagnie vocale. Ce spectacle, au profit des actions de solidarité menées par le Secours populaire sera l'occasion de fêter le début de la campagne "Le printemps de la solidarité mondiale".
Le spectacle : La Compagnie Vocale revisite cette comédie musicale - inspirée de l'oeuvre de Victor Hugo- avec 50 choristes et solistes et six musiciens. Sous la direction artistique et vocale de Valérie Micheli, la direction musicale de Pascal Andréis et dans une mise en scène de Benoit Kopniaeff.

Replongez dans la France du début du XIXième siècle, en pleine révolution, pour retrouver l’histoire poignante d’un homme hors du commun : Jean Valjean, ancien forçat poursuivi sans relâche par l’impitoyable Inspecteur Javert, sa rencontre avec Fantine, victime d’amour vouée à un destin tragique, qui l’amènera à trouver sa rédemption en adoptant sa fille Cosette, exploitée par l’exécrable couple Thénardier, et dont la vie sera changée à tout jamais.

Retrouvez le combat effréné des Misérables pour trouver la liberté, le courage de Gavroche rejoignant un groupe d’étudiants révolutionnaires menés par Enjolras et l’engagement torturé de Marius, amoureux fou de Cosette, sous le regard désirable d’Eponine, sacrifiée pour sauver son amour déçu.

Venez redécouvrir ce chef d'œuvre de la littérature française :

Un plaidoyer social, un hymne à l’âme humaine
Ne manquez pas ce spectacle d’une rare intensité …
Durée du spectacle 1 h 45.
Tout public à partir de 6 ans
Plein tarif : 22 euros
Tarif réduit (étudiant, demandeur d'emploi) : 18 euros
Enfant (moins de 12 ans) : 12 euros
Renseignements et billetterie Secours populaire : 04 76 23 64 30

contact@spf38.org

Secours populaire | Fédération de l'Isère

Publié par Frédéric Maurin à 09:02am - Voir le commentaire ()
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