Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

30 Mars 2014

12 AVRIL 2014 : Après les urnes, la rue !

12 AVRIL 2014 : Après les urnes, la rue !
Passée une lutte de places avec tout ce qu'elle peut avoir de biaisée, retour à un embryon de lutte de classes.
Oui, car il y aura une vie après le élections
Et même après les européennes !
Appel à manifester le 12 avril 2014 « contre l’austérité, pour l’égalité et le partage des richesses » à l’initiative du Front de Gauche.
Ainsi on va retrouver Christophe Alévêque (humoriste), Monseigneur Jacques Gaillot, Ignacio Ramonet, Ernest Pignon-Ernest ou encore des syndicalistes mais aussi Jean Luc Melenchon (Parti de Gauche), Pierre Laurent (PCF), Olivier Besancenot (NPA), Clémentine Autain, Jean Baptiste Eyraud du DAL… (la liste des 200 personnalités est disponible ici).
Le slogan " Maintenant ça suffit!" Marche à Paris le 12 avril 2014 à 14h métro République ».

Tout est là :

Marche du 12 AVRIL 2014

Le « pacte de responsabilité » proposé par François Hollande au Medef est parfois présenté comme un événement fondateur marquant – enfin ! – le ralliement du PS français à une ligne raisonnable, « social-démocrate ». Pour les hommes et les femmes de gauche, il apparaît surtout comme le dernier reniement en date des socialistes français. En effet, le credo platement libéral des Moscovici, Fabius, Cazeneuve et autres Sapin ne saurait convaincre celles et ceux qui restent attachés à la justice sociale. Il faut donc que les dirigeants socialistes essayent de montrer que la politique actuelle s’inscrit dans l’histoire longue d’une gauche certes réformiste mais attentive au sort des couches populaires. C'est ce qu'essaie de nous faire croire Henri Weber, député socialiste européen, dans une tribune publiée par Libération vendredi 14 mars.

Destinée à défendre surtout le pacte de responsabilité comme « un compromis social-démocrate du troisième type », Henri Weber revient sur l'histoire de la social-démocratie. Cette dernière, d'après lui, est l'expression à chaque étape de son histoire du compromis adapté aux « rapports de force et conditions objectives ». Une manière très spécieuse de présenter les choses : la recherche du compromis, attitude responsable par excellence, aurait pour objectif de défendre au mieux les salariés, en tenant compte de la réalité et de ce qu'il est possible de faire dans une période donnée. L'art de revisiter l'histoire ou d'en oublier une partie !

Un retour au XXe siècle de l'histoire de la social-démocratie nous éclairerait sur sa politique du « compromis » : en cette période de commémoration de la guerre de 14-18, il serait opportun de revenir sur la faillite politique et morale de la social-démocratie à cette occasion. Dans les principaux pays européens, à commencer par l’Allemagne et la France, le premier « compromis » des sociaux-démocrates avec leur propre bourgeoisie se traduisit par l'envoi des travailleurs qu’ils étaient censés défendre à la boucherie. Histoire trop vite oubliée !

Mais prenons la période juste après 1945, les fameuses Trente glorieuses et l'amélioration du sort de la classe ouvrière : les conquêtes sociales ne sont pas le fruit de l'acceptation de l'économie de marché et de la légitimité du pouvoir patronal, mais bien avant tout celui d'un rapport de force, favorable aux travailleurs et rendu possible par le poids de la Résistance et du Conseil national de la résistance, par les masses populaires mobilisées à la Libération, par les mouvement sociaux puissants qui, pour la France, vont des grèves insurrectionnelles de 1947… à Mai et Juin 1968.

Puis, il y a eu la crise (1975) et, à partir de 1980, il y aurait donc la phase des « compromis défensifs ». Tout aurait été fait pour préserver les acquis. Encore une ré-écriture de l'histoire : d'abord c'est oublier ce qui amène à la victoire de François Mitterrand en 1981 et la période 81-83, ensuite si compromis défensifs il y a eu, on voit assez mal ce qu’ils ont préservé !

Rappelons donc les principales mesures prises au cours des années 1981 à 1983. Pour s’en tenir aux mesures économiques et sociales, on peut citer le passage aux 39 heures hebdomadaires, la cinquième semaine de congés payés, la retraite à 60 ans, l'augmentation du SMIC...

Mais il est vrai que cette phase fut éphémère : elle a pris fin en 1983 avec ce qu’il est convenu d’appeler le « tournant de la rigueur ». Drôle de « compromis » : avec l'inversion de l’évolution du partage des richesses entre capital et travail, inversion de plus en plus favorable au capital, avec l'explosion des inégalités de salaire et de revenu, et du chômage.

Dans la phase actuelle, qu'en est-il du compromis ? Il doit s'adapter à la mondialisation capitaliste et donc accepter dérégulation, stagnation du pouvoir d’achat des salariés, réduction du niveau de protection sociale... En échange de ? La défense de l'emploi et la sauvegarde de la puissance économique nationale ! L'exemple à suivre serait donc l'Allemagne de Schröder, le social démocrate dont la politique du « compromis » a eu pour effet d'appauvrir et de jeter dans la précarité des millions de travailleurs. Mais Schröder n'est pas le seul à avoir mené ces politiques, ses alter ego travaillistes ou socialistes ont fait de même. Avec le pacte de responsabilité, des milliards cédés au patronat et retirés aux dépenses sociales, François Hollande marche aujourd’hui sur leurs traces.

Il faut bien se rendre à l’évidence : les partis qui, en Europe, s’intitulent travaillistes, socialistes ou sociaux-démocrates ont non seulement renoncé à leur objectif final proclamé, le socialisme, mais aussi à l’idée que l’on pouvait, dans le cadre du système capitalisme, améliorer la condition du monde du travail. Pour finir, assez logiquement, ils ont fini par accepter que la seule voie possible était d’accompagner, voire de mettre en œuvre une politique de régression sociale absolue.

Devant cette faillite absolue, il existe une autre voie, celle de rassembler pour une alternative à gauche. Il est nécessaire de retrouver le chemin des résistances et des luttes mais aussi celui de la construction d'outils politiques, nouveaux partis, coalitions susceptibles de porter des perspectives politiques de rupture et de transformation sociale : le bloc de gauche au Portugal, Syriza en Grèce... Le FDG en France: la riposte au pacte de responsabilité s'organise au sein d'un front politique et social qui a pour vocation de s'élargir et d'aboutir à une première grande marche le 12 avril prochain.

Nous n’en pouvons plus de voir la droite et l’extrême-droite battre le pavé avec leurs cortèges de haine de l’autre, d’intolérance, de racisme, de sexisme, d’homophobie et d’intégrisme.

En France, comme dans toute l’Europe, la rigueur budgétaire et l’austérité imposées par la Commission européenne, François Hollande et le gouvernement pour satisfaire les marchés financiers nourrissent ce climat malsain. Les conséquences sont là : services publics démantelés, acquis sociaux mis à mal… Le chômage monte, la précarité s’étend, les jeunes galèrent, les salaires et les retraites sont en berne. Les inégalités se creusent tandis que les grandes entreprises versent aux actionnaires des dividendes insolents. Partout ces politiques provoquent indignations, colères et désespoirs. Elles nous révoltent.

Elles s’accompagnent du recul général des droits : à l’éducation, à l’emploi, à un revenu décent, à la santé, à un logement stable et décent… Les inégalités d’emploi et de rémunération attaquent plus durement les droits des femmes et des migrants. La répression s’abat sur les sans papiers, les Roms, les plus précaires, et ceux qui les défendent. Alors que des choix politiques résolument à gauche devraient s’imposer face à la crise, les renoncements du gouvernement devant les exigences du Medef et de la droite en matière sociale, environnementale, familiale, et sur le droit de vote des étrangers… scandalisent.

Avec l’assentiment enthousiaste du Medef, le président de la République veut désormais faire du « pacte de responsabilité » le cœur de sa politique. Au patronat, il octroie 35 milliards d’allègement de cotisations. Qui peut croire que ce nouveau cadeau permettra de lutter contre le chômage ?
Devant un Medef qui refuse de s’engager sur des créations d’emplois, le gouvernement Ayrault s’engage, lui, à réduire les dépenses publiques de 50 milliards d’euros. Dans la ligne de mire, la sécurité sociale et les services publics. Mais ce sont aussi les collectivités territoriales asphyxiées, les associations étouffées, la culture sacrifiée. Ce n’est décidément pas cela que nous voulions, nous qui, par millions, avons contribué à chasser Sarkozy.

Personnalités morales, acteurs du monde de la culture et des arts, du monde du sport, responsables syndicaux, associatifs, politiques, nous sommes divers par nos engagements. Ensemble, nous voulons construire une dynamique pour une alternative sociale, démocratique, écologique, féministe fondée sur la solidarité. Nous appelons le samedi 12 avril à Paris à une marche nationale d’espoir à gauche, contre l’extrême droite, pour l’abandon du « pacte de responsabilité », pour une juste distribution des richesses. Cette marche ne restera pas sans lendemain.

Nous n’en pouvons plus de voir la droite et l’extrême-droite battre le pavé avec leurs cortèges de haine de l’autre, d’intolérance, de racisme, de sexisme, d’homophobie et d’intégrisme.

En France, comme dans toute l’Europe, la rigueur budgétaire et l’austérité imposées par la Commission européenne, François Hollande et le gouvernement pour satisfaire les marchés financiers nourrissent ce climat malsain. Les conséquences sont là : services publics démantelés, acquis sociaux mis à mal… Le chômage monte, la précarité s’étend, les jeunes galèrent, les salaires et les retraites sont en berne. Les inégalités se creusent tandis que les grandes entreprises versent aux actionnaires des dividendes insolents. Partout ces politiques provoquent indignations, colères et désespoirs. Elles nous révoltent.

Elles s’accompagnent du recul général des droits : à l’éducation, à l’emploi, à un revenu décent, à la santé, à un logement stable et décent… Les inégalités d’emploi et de rémunération attaquent plus durement les droits des femmes et des migrants. La répression s’abat sur les sans papiers, les Roms, les plus précaires, et ceux qui les défendent. Alors que des choix politiques résolument à gauche devraient s’imposer face à la crise, les renoncements du gouvernement devant les exigences du Medef et de la droite en matière sociale, environnementale, familiale, et sur le droit de vote des étrangers… scandalisent.

Avec l’assentiment enthousiaste du Medef, le président de la République veut désormais faire du « pacte de responsabilité » le cœur de sa politique. Au patronat, il octroie 35 milliards d’allègement de cotisations. Qui peut croire que ce nouveau cadeau permettra de lutter contre le chômage ?
Devant un Medef qui refuse de s’engager sur des créations d’emplois, le gouvernement Ayrault s’engage, lui, à réduire les dépenses publiques de 50 milliards d’euros. Dans la ligne de mire, la sécurité sociale et les services publics. Mais ce sont aussi les collectivités territoriales asphyxiées, les associations étouffées, la culture sacrifiée. Ce n’est décidément pas cela que nous voulions, nous qui, par millions, avons contribué à chasser Sarkozy.

Personnalités morales, acteurs du monde de la culture et des arts, du monde du sport, responsables syndicaux, associatifs, politiques, nous sommes divers par nos engagements. Ensemble, nous voulons construire une dynamique pour une alternative sociale, démocratique, écologique, féministe fondée sur la solidarité. Nous appelons le samedi 12 avril à Paris à une marche nationale d’espoir à gauche, contre l’extrême droite, pour l’abandon du « pacte de responsabilité », pour une juste distribution des richesses. Cette marche ne restera pas sans lendemain.

Je place ici un petit hommage aux socialistes

Publié par Frédéric Maurin à 17:19pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #pcf , #presse libre , #Parti Socialiste , #front de gauche , #medef , #hollande

28 Mars 2014

Municipales: et si Les Verts gagnent Grenoble?

Municipales: et si Les Verts gagnent Grenoble?

...il faudra peut-être trouver un hymne pour fêter cela.

En France, tout se termine en chanson.

Alors, en ce qui me concerne, j'ai ma petite idée.

D'ailleurs, c'est la seule. Ecoutez-moi cela :

Renaud - Les Bobos

Plus sérieusement - et sans vouloir juger ici de la qualité du projet et de la campagne des uns ou des autres - on a encore affaire ici à une liste non pas 100% bio, mais certifiée "0 chômeur, 0 ouvrier, 0 employé'.

On pourrait presque marquer sur l'emballage :

"Liste garantie sans prolétaires ajoutés".

http://unevillepourtous.fr/la-liste-du-rassemblement-grenoble-une-ville-pour-tous/

Il y a 10 ans, déjà, je glissais ceci dans Libération:, lorsque les conseils généraux passait au "Parti Socialiste":

Le 21 mars 2004 a été lu comme une réaction à ce 21 avril 2002 où une écrasante majorité des citoyens, par l'abstention ou le vote extrême, se sont situés contre les «partis de gouvernement». La défaite étant désormais digérée à l'UMP aussi bien que le champagne l'est au PS (bon rétablissement à tous !), c'est le moment de mettre en lumière une fracture sociologique qui peut, au moins partiellement, expliquer certains séismes.

En effet, le département d'où j'écris compte 58 conseillers généraux (dont 6 conseillères !). Sur les 51 dont la presse locale indique le métier, 42 font état de profession à fort capital culturel et/ou économique : professions libérales (notaire, médecin, avocat), enseignants, cadres et chefs d'entreprise.

Evidemment, cette homogénéité sociologique ne préjuge pas des clivages, des convictions et de la capacité à penser l'intérêt général, bien qu'il soit difficile de penser contre sa classe sociale. Ce n'est pas être populiste que de constater que la représentation démocratique n'est pas populaire. Mais il ne serait pas républicain de s'en satisfaire.

Si une physique sociale existait, elle expliquerait que la violence des coups de balancier politique est fonction de celle des déséquilibres des savoirs, des pouvoirs, des avoirs.

«Ce qui constitue la vraie démocratie, ce n'est pas de reconnaître des égaux, mais d'en faire.»

Il appartient aux élus de commenter cette phrase de Gambetta. Le peuple ramassera les copies dans trois ans.

Voilà, voilà.
Et, 3 ans plus tard, en 2007, après 10 ans de droite, Nicolas Sarkozy était élu par 53,07% des voix avec une participation au scrutin de 84 %

(et 1,8 million d'inscrits sur liste électorale supplémentaires sur un an, et 3,3 millions d'électeurs supplémentaires par rapport à 2002).

Etonnant,non ?

Publié par Frédéric Maurin à 08:38am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #grenoble , #les verts , #municipales , #démocratie , #inégalités , #isère , #élections , #République , #révolution citoyenne

26 Mars 2014

Municipales : les grands médias votent LE PEN?

Ma question est mal posée.
Reprenons.
Les médias sont-ils des ordures ? Ou bons à jeter aux ordures?
Sont-ils amendables ?
Recyclables ? Récupérables?
Pas tous et pas tout le temps bien sûr !
Mais aujourd'hui, ils font fort.
Ils voudraient associer toute alternative politique au FN qu'ils ne s'y prendraient pas autrement .

Il nous faudra revenir sur tous les gros plans consacrés par la presse de marché au "raz-de-marée", à la grande victoire du Front National.

Le raz de marée médiatique du FN, c’est en réalité 4,65% des suffrages exprimés dans un contexte d'abstention record.

95,35% des suffrages se sont portés ailleurs. Gardons cela en tête.

Mais la fonction du Front National n'est-elle pas de nous faire regarder ailleurs?

Eléments de démonstration :

Je reprends ici un extrait du dernier article de Jean-Luc Mélenchon sur son blog. Les grands médias sont toujours dans l'air du temps. La mode n'est plus aujourd'hui au châtelain de Montretout et ses "détails" mais au bleumarinisme dédiabolisé. D'où, désormais, la reprise du discours formaté par le FN et l'omniprésence des chefs de ce parti dans les médias, reçus cinq à dix fois plus fréquemment que ceux du Front de Gauche.

Je publie ces lignes comme un vaccin contre la morosité pour ceux qui ont abusé des médias hier, croyant y apprendre quelque chose d’utile. En vérité, ils auront tout juste consommé un potage préparé de longue main et tout juste servi tiède. Il s’agissait de la fameuse soupe au Front national et d’un breuvage médiatique un peu routinier mais qui reste le régal des fainéants et des gros malins. Certains médias ne travaillent plus du tout : ils reprennent purement et simplement les canevas du Front national. Je crois que c’est l’avenir. Déjà, les partis fournissent très souvent aux télés les images qu’elles diffusent. On va tout doucement vers la fourniture du contenu des prompteurs. Marine Le Pen y est arrivé. Chapeau !

Voyons l’essentiel. L’abstention massive et la violence du recul des listes conduites par le PS sont spectaculaires. Lelepénisme médiatique est lui aussi spectaculaire depuis 20 heures dimanche soir. Comme d’habitude, au mépris des faits et d’une information un tant soit peu équilibré, « le Monde » réalise un formidable service après-vente pour les listes d’extrême droite.

Le Front national dépose un nombre record de listes autonomes ? Non. Pas davantage qu’en 1995 et moins que nous ! 594 pour eux plus de 600 pour nous ! Il y a un nombre record d’élus lepénistes au premier tour ? Combien ? 473 ! Et nous ? Plus de deux mille. Le Front national gagne une ville au premier tour, Hénin Beaumont ? Nous en gagnons 67 au premier tour. A un cheveu près, nous passions le suivant, René Revol, dirigeant national du PG, qui a réuni 49,97% des suffrages à Grabels, face à tout les autres, PS inclus !

Ces chiffres vous stupéfient n’est ce pas ? Ils n’ont pas été évoqués une seule fois ni dans la soirée électorale, ni le lendemain matin, ni midi, ni soir. Et voici autre chose encore à savoir pour bien mesurer l’exploit accompli. Notre résultat moyen est de 11,42 % pour nos plus de 600 listes. Au total, 308 de nos listes dépassent les 10 %. Le FN, « triomphal » selon le dernier publi-reportage de quatre pages dans le journal « le Monde », ne les dépasse que dans 316 villes. Le triomphe du FN, c’est donc 8 listes de plus que nous à plus de 10 % ! Et voici une ultime info que vous ne risquez pas de trouver dans « Le Monde ». Nos 82 listes avec EELV recueillent en moyenne 15,32 % de suffrages. C’est infiniment plus que la moyenne du Front national ! C’est aussi bien davantage que les 9,69 % recueillis par les 95 listes où EELV s’était présentée seule. Et c’est ainsi que Grenoble voit pour la première fois l’opposition de gauche passer devant le PS. La troisième gauche est née, peut-être, ce dimanche à Grenoble. La leçon vaut ligne pour nous.

Publié par Frédéric Maurin à 11:13am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #médias aux ordres , #municipales , #le pen , #front national

26 Mars 2014

Robert Ménard est-il un arriviste ?

Il nous faudra revenir sur tous les gros plans consacrés par la presse de marché au "raz-de-marée", à la grande victoire du Front National.

Le raz de marée médiatique du FN, c’est en réalité 4,65% des suffrages exprimés dans un contexte d'abstention record.

95,35% des suffrages se sont portés ailleurs. Gardons cela en tête.

Mais la fonction du Front National n'est-elle pas de nous faire regarder ailleurs?

Sans entrer dans un procès "des médias aux ordres" qui contribuent à la droitisation de la France, on se bornera à constater qu'ils n'échappent pas, comme la finance dérégulée, à un phénomène de bulle spéculative, de sur-appréciation irrationnelle de certains actifs et, en l'occurrence, aujourd'hui c'est le vote FN.

J'y reviendrai et, c'est à souhaiter, Action Critique Médias le fera aussi mieux que d'autres.

Pour l'heure, ne vivant pas sur une île déserte, je vais y contribuer moi-même en remettant en perspective un des acteurs de la vague Bleue Marine... soit après Gilbert Collard, Robert Ménard.

Ménard vu par Le Plan B, c'était en 2008, bien avant son entrée en politique...Ménard était déjà du côté du manche, des dominants, du portefeuille.

Mes condoléances donc à ceux qui, à Béziers ou ailleurs, pensent en votant FN émettre un vote subversif et antisystème.

Le procès de Robert Ménard

Le Plan B n°11

Le président : Faites entrer le condamné [Il se reprend.]… l’accusé. Ménard, Robert, vous êtes accusé d’être l’un des principaux porte-parole en Occident du Parti de la presse et de l’argent (PPA). Sous couvert de défendre des journalistes persécutés à l’étranger, vous servez la politique américaine et les patrons de médias en France.

L’accusé : Ce procès est imbécile. Dans la revue Médias, que j’ai lancée avec Reporters sans frontières (RSF) " qui n’existe que par moi et pour moi ", j’ai rédigé l’éditorial non signé suivant : « La loi de la gravitation existe, chers amis. Et la loi de l’argent aussi. A moins d’être abonné aux mannes de l’État. » Tout était dit, non ? Pour la presse, le capital, c’est la liberté ; l’État, c’est la servitude… sauf quand il est au service du capital !

Le président : [A voix basse.] On dirait du Laurent Joffrin. [A voix haute.] Voilà qui situe vos rapports avec les plus grosses fortunes de France. Car, je vous cite : « Un jour, nous avons eu un problème d’argent. J’ai appelé l’industriel François Pinault pour qu’il nous apporte son aide. […] Il a répondu aussitôt à ma demande. Et c’est cela seul qui compte. »

L’avocat : RSF ne se soucie pas de savoir qui l’aide. L’argent n’a pas d’autre odeur que sa couleur, or mon client n’apprécie ni le gris (5 euros) ni le rouge (10 euros). Mais il raffole du vert, du jaune et du violet (100, 200 et 500 euros…)


Le président : N’estimez-vous pas que la concentration des médias entre les mains de Pinault, Lagardère, Bouygues, Arnault, et le poids de la publicité menacent le pluralisme ?

L’accusé : J’ai déjà répondu en 2005 à la revue Notre Temps : « A RSF, ce n’est pas notre priorité. » Comprenez-moi : j’ai besoin des médias pour faire la promo de RSF et de ses albums, je vais pas leur cracher dessus ! Poutine et Castro en revanche ne me donnent pas un centime. Alors, sur eux, c’est feu à volonté !

Le procureur : Je résume : la Fnac (Pinault), partenaire de RSF depuis 1993, paie l’impression de l’album photo vendu par l’association ; Air France offre des voyages à l’accusé, la Fondation Vivendi du matériel, la Fondation Hachette, des campagnes d’affichage ; le groupe pharmaceutique Sanofi-Synthélabo achète des pages de publicité dans Médias, une revue que personne ne lit en dehors du Plan B… Et je n’oublie pas les cadeaux de l’agence publicitaire Saatchi & Saatchi, de Pathé, de Suez, d’Areva - car même le nucléaire verse son obole à RSF. En somme, les bienfaiteurs de l’accusé sont aussi les annonceurs d’une presse vendue aux publicitaires.

L’avocat : Saatchi & Saatchi a quand même créé la très belle campagne de RSF affichant Christine Ockrent avec une balle dans le crâne, Emmanuel Chain égorgé et Guillaume Durand mitraillé à mort, afin de « montrer aux Français ce que serait, en France, le manque d’information ».

Le procureur : Mais enfin, notre « manque d’information », tient au fait que nous sommes gavés de propagande par la femme d’un ministre, par Chain et par Durand ! Pas étonnant que votre campagne de terreur n’ait effrayé qu’Elkabbach et Sarkozy… [Gloussements dans la salle.]

L’accusé : RSF adore les publicitaire. Selon nous, « l’ado qui s’achète dix paires de Nike se fait plaisir. Il rentre dans l’imaginaire développé par la marque, mais il le détourne à son profit. C’est un acte créatif ». Nous avons donc conclu que « la publicité doit être considérée comme une nécessité économique. Le siècle qui s’est éteint fut suffisamment furieux pour que l’on se rende à l’évidence que les idées alternatives conduisaient directement au goulag ». [Soudain, il s’interrompt, salue et sourit, croyant que CNN le filme.]

Le président : Parlez-nous un peu des journalistes que vous défendez.

L’accusé : S’ils sont proaméricains, persécutés dans un pays non-membre de l’Otan et travaillent dans un journal libéral, ils peuvent compter sur nous. Un appel sur mon portable, et je bondis dans un avion. Sitôt arrivé, je fais le 20 heures de PPDA, mais sans Castro…

Le président : Donc TF1 vous convient ?

L’accusé : Oui, ils aident RSF. Chez nous, dans le monde libre, le seul problème, c’est que « la presse française est corsetée d’interdits législatifs, qui n’existent pas ailleurs, sur le racisme, l’homophobie, la mémoire, etc. Ces barrières doivent sauter. Elles sauteront, comme toutes les autres, avec les groupes de presse étrangers, comme cela s’est passé avec le people. » Toutefois, en France, on peut être pour le « oui » au référendum, taper sur les syndicats, adorer BHL sans risquer un seul jour de prison.

Le procureur : Tout va d’autant mieux chez nous que les subventions européennes gonflent les poches de Reporters sans frontières. Même du temps de Berlusconi, l’accusé estimait à la radio qu’il y avait « un vrai pluralisme » en Italie…

L’accusé : Si vous réécoutez toute ma déclaration de France Inter [Il fait signe à Nicolas Demorand, qui, de la salle, lui envoie des baisers.], j’opposais surtout l’Italie à Cuba, où « on ne joue pas dans la même catégorie. Aux États-Unis, à côté de Fox News, on peut toujours lire un Washington Post opposé à la guerre en Irak ».

Le président : Mais le Washington Post était pour la guerre !

L’accusé : Et je les comprends, puisque j’ai estimé que « les grandes manifestations contre la guerre du début 2003 avaient quelque chose de pathétique et même de pitoyable, tant la bêtise régnait en maître dans les rues de Paris avec ces gamins, keffieh autour du cou et banderoles pacifistes à l’épaule, qui dénonçaient d’une même voix George Bush et Saddam Hussein. Avoir vingt ans n’excuse pas tout… » [Il sourit, ayant croisé le regard énamouré d’Arlette Chabot.]

Le procureur : En vérité, l’accusé défend quiconque subventionne RSF. Et, puisqu’il reçoit l’argent du gouvernement américain*…

L’avocat : Mon client pense qu’un système qui permet aux journalistes de servir les patrons de presse et les publicitaires est excellent puisqu’il est privé. Un point c’est tout. Au moment de la libération de l’Irak, il a estimé qu’« on voit mieux que pendant la guerre du Kosovo, d’Afghanistan. Embedded : nous, à Reporters sans frontières, on n’a pas critiqué ce système. Il fonctionne ».

Le président : Mais, au Kosovo, c’est Ménard qui s’était bouché les yeux. Au point que, quand l’armée américaine a bombardé le siège de la télévision serbe, RSF refusa de comptabiliser les journalistes assassinés dans son décompte annuel des reporters tués pendant les douze mois écoulés.

L’accusé : Bien sûr ! [Il ricane.] Sinon, le principal assassin de journalistes en 1999 aurait été… [Il s’interrompt.]

Le procureur [triomphant] : … L’Otan ! Or, comme Bush, l’accusé justifie la violation des droits de l’homme par l’armée américaine. En août 2007, se posant « la question de savoir si, en règle générale, la torture et la liquidation de membres des familles de preneurs d’otages est, ou non, légitime », il répond : « Je vous le dis, il n’y aurait aucune limite pour la torture. » [Cris d’horreur dans la salle.]

L’accusé : Parlons plutôt de Cuba ! C’est moi qui ai dénoncé ce « goulag tropical » dans le Wall Street Journal. C’est encore moi qui ai mis en cause Chávez, « ce caudillo d’opérette qui ruine son pays ».

Le procureur : Mais comme ce caudillo a remporté les élections, RSF a soutenu les putschistes en 2002. Sa correspondante à Caracas a alors écrit : « Mon coeur vibre à la vue des militaires insurgés, de ces hommes vertueux qui défilent sous nos couleurs nationales ». En vérité, Ménard est jaloux de Fidel Castro. Car Ménard est un dictateur sans barbe et sans cheveux. Il l’a admis, d’ailleurs : « Je ne sais pas discuter et j’aime décider seul. Je suis autoritaire, et ma personnalité ne facilite pas l’exercice de la démocratie en milieu associatif. Le fait est que RSF s’est construite autour de moi. »

L’accusé : Vous faites de moi un égocentrique un peu veule. Je sais pourtant m’effacer et prendre des risques. Un jour j’ai même admis : « J’aimerais faire dans ma vie le quart de ce que Kouchner a réussi dans la sienne. » J’ai aussi présidé un jury qui a remis un prix à BHL, j’ai offert une tribune à Le Pen dans Médias, j’ai écrit un article avec PPDA dans Le Monde, j’ai reçu un prix des mains de Cavada, symbole du journalisme indépendant. Surtout, j’ai écrit : « Ras le bol des bons sentiments dégoulinants - ces jeunes des banlieues forcément victimes des forces de l’ordre, ces " sans-papiers " qu’on devrait accueillir sans jamais fixer de limite, ces antimondialisation tellement plus sympathiques que l’affreux FMI " nouvelle incarnation de l’ogre dévoreur d’enfants du tiers-monde -, de tout ce bric-à -brac à la mode qui nous empêche de réfléchir. » Je suis comme Zola…

Le président, excédé, sort alors un revolver de sa poche et, froidement, abat l’accusé.

Le Plan B n°11 (décembre2007-janvier 2008)

Publié par Frédéric Maurin à 08:36am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #front national , #médias aux ordres , #municipales , #le pen , #extrême-droite

24 Mars 2014

Municipales : bilan partial et partiel

  Municipales : bilan partial et partiel
Comment interpréter un niveau d'abstention record pour un scrutin de proximité où les élus ont encore des marges de manoeuvre importantes: indifférence, impuissance, colère rentrée ?
Qu'en sera-t'il de l'abstention aux élections européennes quand il s'agira d'élire un parlement d'opérette, d'apparat, de parodie.
Soit une démocratie souveraine en trompe l'oeil?
L'inquiétant, c'est cette dimension de rendez-vous manqué avec la France
Ce n'est pas le seul, on y reviendra.
Du petit coin de France d'où j'écris , Saint Martin d'Hères confirme son ancrage à gauche avec 68% des suffrages exprimés au premier tour, 68% partagés entre la liste sortante emmenée par le PCF et l'alternative dissident PS-Verts .
Un second tour plein de surprises, pour faire court. Mais, quelle qu'en soit l'issue, ce sera le début d'autre chose.

Ces considérations faites, les premières analyses des pros :

Déclaration du PCF
En votant pour le premier tour des élections municipales, des millions
d'électrices et d'électeurs, soit 65 % des inscrits, viennent de marquer
un attachement toujours profond à leurs communes et à la démocratie de
proximité. Nous sommes loin du dénigrement permanent dont fait l'objet
le prétendu « mille-feuilles » territorial.
Si les taux d'abstention sont très variables sur le territoire, le
niveau national estimé à 20 heures atteindrait un nouveau palier record
de 35 % contre 33,75 % en 2008 et 32,7 % en 2001. C'est moins le signe
d'un désintérêt pour les communes et le débat public qu'une marque de
défiance politique qu'il faut entendre. Cette abstention exprime la mal
vie et le déficit d'espoir commun ressenti par des millions de Français.
L'insécurité de la vie et la misère sociale nuisent gravement à la
démocratie et à la citoyenneté dont se sentent dépossédés de nombreux
électeurs. L'abstention exprime aussi une déception toujours plus vive
devant l'absence de réponses politiques aux besoins populaires ainsi que
la « nausée » provoquée par un système politique confisqué et éloigné
des préoccupations du plus grand nombre.
Cette absence de perspective à gauche, les renoncements successifs du
gouvernement profitent malheureusement à la droite qui , même si nous
sommes loin de la vague bleue qu'elle escomptait, est en progression .
Le Front National enregistre dans certaines villes des scores très
importants qui sont une alerte sérieuse et appellent à une
mobilisation de l'ensemble des forces de gauche. Pour autant il est
encore possible au deuxième tour d'empêcher que le FN devienne la force
municipale qu'il entend incarner.
Pour le second tour le PCF appelle à poursuivre la mobilisation dans
les villes où la gauche était rassemblée dès le premier tour et à la
fusion de toutes les listes à gauche là où ce n'était pas le cas pour
permettre le maximum de victoires dimanche prochain.Notre règle est de
battre la droite et de faire barrage à l'extrême-droite partout où la
menace existe.
Concernant le PCF et le Front de Gauche, les premiers résultats connus
mettent en évidence la bonne tenue générale, encourageante pour le 2ème
tour, des listes de large rassemblement à gauche qu'ils conduisent . Le
PCF y voit une invitation pour toute la gauche à fortifier les
politiques publiques locales et les échelons territoriaux de proximité,
à l'opposé des projets d'austérité et de réforme territoriale envisagés.
Les communistes et leurs élus resteront plus que jamais mobilisés pour
que l'humain d'abord redevienne la priorité de toute politique. Leur
proximité militante est un atout de mobilisation et d'espoir .
Communiqué de Presse : 23h15
Premier tour élections municipales/PCF: premiers résultats
A 22h30, les résultats qui nous sont parvenus montrent que dans la grande
majorité des communes ayant un maire PCF, les listes conduites par un
communiste sont en bonne position. Ainsi le PCF conserve dès le premier tour les communes de Malakoff, Bagneux, Gennevilliers, Nanterre, dans le 92 Bonneuil, Gentilly, Valenton, dans le 94, Pierrelaye, Bezon dans le 95,Achères Limay et La Verrière dans le 78, Bris sous Forges, Grigny, Morsang, Saulx les Chartreux dans l'Essonne et La Courneuve dans le 93.
Il conserve aussi dès le premier tour les communes de Fosses, Alonnes, Saint-Pierre des Corps, Ploufragan, La Grand Combes, Coucy le Chateau, Tarnos, Chalette sur Loing, Saran, Mont Saint Martin, Saint Amand les Eaux, Montataire, Avion, Ricamarie, Saint Etienne du Rouvray, Gonfrevfille l'Orcher, Grand-Couronne, Harfleur, le Tréport,...
Il est- en bonne position pour conserver Dieppe, Saint-Denis,Bagnolet, Ivry, Vitry sur Seine, Fontenay sous Bois, Chevilly la Rue,Vierzon, Champigny sur Marne,Echirolles, Fontaine, Saint Martin d'Hère, Aubagne, Gardanne... et pour l'emporter à Calais et Aubervilliers.

Les listes emmenées par des maires PCF et Front de Gauche qui se voyaient opposer une liste socialiste ont devancé la liste PS à Saint-Denis, Bagnolet, Ivry, Chevilly la Rue, Echirolles, Saint Martin d'Hères...
A cette heure au total, le PCF gagne 12 communes nouvelles dès le premier tour, conserve dès le premier tour 94 communes, et est en ballottage favorable dans 32 villes.

Publié par Frédéric Maurin à 08:25am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #pcf , #saint martin d'hères , #ps , #élections , #municipales , #gauche , #droite , #front national , #démocratie

22 Mars 2014

Appel à l'abstention aux européennes: pourquoi signer?

Appel à l'abstention aux européennes: pourquoi signer?

"L'idéologie européiste a mis en place une institution bidon, le Parlement européen, feuille de vigne du pouvoir réel. Le Parlement se prétend incarnation de la démocratie au moment même où la machine européenne devient la domination implacable des petites nations du Sud par les nations plus puissantes situées au Nord. Les députés européens ne servent à rien, même s'ils sont eux-mêmes très motivés pour être élus : une mandature de cinq ans à ne rien faire, rémunérée 10 000 € par mois (impôts déduits, primes intégrées) leur permettra d'acheter un appartement ou une maison de campagne. Les citoyens français peuvent refuser d'entrer dans ce jeu dégradant.

S'abstenir, ce sera voter à la fois contre les partis européistes et contre le FN. Au-dessus d'un certain niveau, le taux d'abstention vaudra référendum. Le ridicule tuera l'idéologie"

Emmanuel TODD, extrait : L'abstention aux européennes, une arme contre le FN ?

Le taux d'abstention vaudrait référendum?
Justement : à quel niveau et à quelles conditions?
De 1979 à 2009, en 7 scrutins, le taux d'abstention aux élections européennes a progressé en France de 39,3 % à 59,5%
La crise de la zone Euro et l'obstination des européistes à la faire payer par les classes sociales et les pays les plus faibles va-t'elle faire bondir l'abstention?
A 65%, 70%, 75 % ?
C'est une question. Cela sera certainement un fait.
Cela peut et doit devenir une profession de foi

Ne laissez plus les mercenaires, qu'ils soient éditocrates ou économistes aux ordres, confisquer une fois de plus la parole.

Comme ils l'ont fait avant et après le 29 mais 2005 .

On les entend déjà sur le mode "c'est le repli sur soi, la montée des populismes etc..." et justifier la continuité de leurs affaires PS-UMP avec le FN en épouvantail.

Non à la reconduction de cette marsacrade.

Non et non.

Avec le Comité national de résistance républicaine à l’Union européenne (CNR-RUE), l'abstention à l'élection européenne est, pour le coup, le geste citoyen par excellence...
L'abstention citoyenne doit ôter toute crédibilité à l’Union européenne, la ridiculisant et ouvrir un espace sans précédent aux luttes populaires.
Appel national pour le boycott de l’élection européenne

Le 21 février 2014.

www.cnr-rue.fr

Les signataires de cet Appel créent le Comité national de résistance républicaine à l’Union européenne (CNR-RUE) et s’engagent, en France, dans une campagne de boycott militant de l’élection des représentants de la France au parlement européen, le 25 mai 2014. Ils invitent à la création de comités similaires dans les départements et localités.

L’Union européenne (U.E.) et sa monnaie unique martyrisent les peuples sous le talon de fer de l’austérité à perpétuité. Le 25 mai 2014, cette politique et ce système devront être sanctionnés. Le meilleur moyen sera de délégitimer l’U.E., l’euro, les traités, la Commission, la Banque centrale européenne et le parlement européen par une abstention massive, une véritable grève du vote.

Le devoir de tout citoyen, lorsqu’une élection est organisée démocratiquement, et que son résultat peut avoir un effet politique sur les institutions, est d’utiliser son droit de vote conquis de haute lutte. Ce n’est pas le cas de l’élection au parlement européen.

1.- C’est le principe même de l’élection à un parlement européen qui doit être récusé. Un parlement, à l’échelle européenne, n’a pas lieu d’être car il n’existe aucun peuple européen susceptible, au moyen d’un Etat européen, de se former en communauté politique à l’échelle du continent et d’y exercer sa souveraineté. Si tel était le cas, les pouvoirs de ce parlement européen s’exerceraient nécessairement au détriment des pouvoirs des parlements nationaux.

2.- Le vote du 25 mai 2014 sera totalement stérile puisque le parlement européen n’a pas les pouvoirs de faire évoluer l’Union européenne. Il ne possède aucune des prérogatives d’un vrai parlement : il ne peut pas changer les traités qui fondent l’U.E., ne peut pas voter l’impôt, n’a pas l’initiative des lois… En outre, que les libéraux, les sociaux-démocrates européens, les Verts, le Parti de la gauche européenne gagnent des sièges, cela ne changera rien aux orientations politiques puisque l’eurodroite et la social-démocratie pilotent ensemble les travaux parlementaires.

3.- Le boycott des élections européennes servira aussi à dénoncer le double jeu politicien du Front national. Ce dernier, en effet, d’un côté prétend vouloir sortir de l’euro et de l’Union européenne, et d’un autre côté veut entrer dans le système – dans lequel il est déjà entré par la présence de madame Le Pen, députée européen - pour se goberger comme les autres. Il cautionne ainsi et profite lui-même de ces institutions qui lui garantissent à la fois des revenus substantiels, et son rôle de verrou du système politique. On comprend pourquoi, car en réalité le FN ne veut pas sortir unilatéralement la France de l’U.E. et de l’euro. La prétendue « sortie concertée et progressive » de l’euro prônée par Mme Le Pen perd toute portée pratique quand on sait que le FN la subordonne très officiellement au feu vert de l’Allemagne.

4.- L’élection au parlement européen n’est qu’une farce électorale. Elle n’a d’autre but que de simuler un acte démocratique et légitimer ainsi tout le système de l’U.E. C’est un devoir citoyen de voter quand le suffrage sert à la souveraineté du peuple, c’est aussi un devoir civique de refuser de voter quand le suffrage vise à détruire la souveraineté nationale et populaire. D’ailleurs, comment se faire prendre deux fois au même piège ? En refusant de tenir compte du « non » français du 29 mai 2005 au traité constitutionnel européen, le système a démontré son caractère tyrannique et dictatorial. Aucune élection juste n’y est possible.

Face à cette entreprise d’effacement national et de régression sociale, aucune des grandes forces politiques françaises en lice lors des prochaines élections européennes ne porte de projet alternatif et progressiste. Certaines de ces forces annoncent leur participation à ces élections pour faire parler d’elles. D’autres, espérant obtenir quelques élus, veulent faire du parlement européen une caisse de résonance à leurs revendications. Ce ne sont qu’illusions et diversions. Illusions, car les grands médias ignorent les petites listes, tandis que l’absence de couverture médiatique des débats de ce parlement d’opérette interdit de donner le moindre écho aux mouvements euro-critiques. Diversions, car en participant à ce simulacre électoral, ces forces politiques cautionnent le système européen qu’elles prétendent dénoncer par ailleurs.

Seuls les citoyens qui se seront abstenus auront clairement délégitimé l’U.E. Leur acte sera un coup de tonnerre politique ôtant toute crédibilité à l’Union européenne, la ridiculisant et ouvrant un espace sans précédent aux luttes populaires. Le véritable enjeu de cette mascarade électorale sera donc l’abstention citoyenne.

Le 25 mai 2014

Le meilleur choix pour manifester son mécontentement à l’égard de l’U.E. sera de boycotter activement l’élection européenne !

Publié par Frédéric Maurin à 18:08pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #Union européenne , #euro , #ump , #ps , #front national , #medef , #élections européennes , #austérité , #médias aux ordres , #m'pep

20 Mars 2014

Pauvres actionnaires

Le dernier né des Editions Fakir conclu par un entretien avec Emmanuel Todd, c'est aussi
recommandable que « Marine Le Pen Amène Le Pire »

 

Au fait, pourquoi intituler un ouvrage dédié à 40 ans de discours économique du FN "Pauvres actionnaires"?

 

 

 

 

 

 

"Marine Le Pen s’en prend, aujourd’hui, « aux marchés financiers, aux milliardaires qui détricotent notre industrie et jettent des millions d’hommes et de femmes de notre pays dans le chômage, la précarité et la misère. Oui il faut en finir avec le règne de l’argent-roi ». Depuis quand, se demande François Ruffin, un peu embêté, depuis quand le Front national cause comme ça, un peu comme lui ? Qu’est-ce qui relève de l’imposture, ou du vernis social ? Qu’est-ce qui, à l’inverse, est profondément ancré dans le discours du FN ?

140 pages 40 ans de discours économique du Front National pour 6 € seulement !

« Pauvres actionnaires ! »

40 ans de discours ou comment le FN piège la vraie gauche.

En prélude à son nouvel ouvrage, « Pauvres actionnaires ! » (Fakir éditions, 6 euros), François Ruffin s’est livré à une drôle d’expérience : interroger des gens de gauche en leur faisant approuver à l’aveugle des textes signés... Marine Le Pen !

Découvrant le piège dans lequel il vient de tomber, l’un de ses interlocuteurs se défend vertement :

« Nous ne partageons rien avec le FN : le FN nous a pillés, c’est tout autre chose ! »

Quand fifille tue opportunément le père

De fait, tout au long de son petit opuscule, François Ruffin passe au crible « quarante ans de discours économique du Front national » et souligne le virage à quasiment 180 degrés – reste tout de même l’épouvantail immigration, faut pas déconner ! – opéré par la fille Le Pen par rapport au père :

  • fifille en appelle à rebâtir l’Etat, pire à restaurer les services publics, quand papa, en pleine reaganomanie anticommuniste, n’avait de cesse de dénoncer « l’étatisme économique » de ces feignasses de fonctionnaires ;
  • fifille veut en finir avec « l’Europe de Bruxelles », quand papa réclamait de ses vœux plus d’« Europe politique » pour contenir les barbares étrangers aux portes de l’Occident civilisé ;
  • fifille entend relocaliser le travail et l’économie « grâce au protectionnisme social et territorial », prétend même lutter contre la précarité, quand papa s’évanouissait d’indignation à la moindre évocation d’une régulation sociale ;
  • fifille s’en prend aux marchés financiers et aux milliardaires-voyous, quand papa et ses potes plaignaient ces « pauvres actionnaires » tracassés par une administration socialo-bolchévique.

Le discours de gauche a le vent en poupe... mais la gauche ne le sait pas

Mais... eh non, « fifille » n’est pas un cryptonyme de Mélenchon. Le FN n’a pas lancé une OPA sur le NPA de Besancenot. Marine Le Pen a juste phagocyté opportunément les thèmes habituels de la gauche. Parce que, eh oui, c’est le discours de gauche qui a le vent en poupe en ce moment dans le pays.

Et ce n’est pas la gauche qui parle comme le FN, mais bien l’inverse. La vraie gauche, me direz-vous, devrait s’en féliciter ? Ben non, la pauvrette s’en émeut, fait des complexes, aidée en cela par la fausse gauche qui n’en demandait pas tant pour exploiter tant de candides scrupules.

Car il n’y a que les gogos pour penser que fifille, recyclée pour l’occasion en Jeanne d’Arc d’une vague cause ouvrière, est plus crédible que l’aspirant-président Hollande se déclarant adversaire résolu de la finance internationale.

Peu de chance que les électeurs compulsifs du FN se ravisent en lisant le très éclairant ouvrage de François Ruffin (conclu par un entretien décoiffant avec Emmanuel Todd). Mais le texte constituerait à coup sûr une très bonne thérapie pour les partisans moralement déboussolés de la (vraie) gauche.

Publié par Frédéric Maurin à 08:02am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #fakir , #front de gauche , #presse libre , #le pen , #gauche , #front national , #Etat , #extrême-droite , #mélenchon

18 Mars 2014

Saloperies

En raison d'un mouvement de grève ce 18 mars 2014 contre le Pacte de responsabilité, aujourd'hui je prends le temps de lire le bloc-note de Jacques Sapir.

Autant vous en faire profiter


Ce que Sartre aurait appelé des “saloperies”…

Par Jacques Sapir


Cette note a été modifiée à la demande des Conseils scientifiques d’Hypothèses et d’OpenEdition. Je ne veux pas leur causer de problèmes, réels ou imaginaires. Je laisse le lecteur seul juge.

Les temps sont malsains. À force de prétendre que nous sommes dans une situation comparable aux funestes « années 1930 », certains journalistes et hommes politiques sont en train de créer une atmosphère particulièrement délétère. Les insinuations, les amalgames et les mensonges tiennent lieu aujourd’hui d’arguments. On a franchi un nouveau cap avec l’article du sieur Colombani dans Direct Matin et avec les accusations proférées à mon endroit par Pierre Moscovici, Ministre de l’économie et des finances. Les deux m’apparaissent liés. On en voit l’origine : la volonté d’un pouvoir aux abois et d’une élite discréditée de sauver l’Euro à tout prix en qualifiant les adversaires de la monnaie unique d’extrémistes. C’est en soi un acte de déni de la démocratie. Mais on pourrait aussi les comparer à ce que Jean-Paul Sartre appelait des “saloperies” [5]. Rassurons les ; l’histoire ne repasse pas les plats. Ce n’est pas les “années trente” qui nous attendent, mais quelque chose de nouveau. Le raisonnement dans des cadres conceptuels dépassés ne sert qu’à masquer des problèmes d’aujourd’hui, qui eux sont bien réels. L’histoire s’écrit la première fois en drame et la seconde en farce. Reste que cette farce à sa raison d’être. Au mieux le refus d’admettre ses erreurs. Au pire, des intérêts particuliers qui aujourd’hui s’opposent à celui du plus grand nombre.

Une “saloperie” écrite.

Commençons par le sieur Colombani, ci-devant ancien directeur du Monde, directeur de Slate.fr, et qui devrait savoir, pourtant, que les mots ont un sens. Il écrit donc, dans le journal gratuit Direct Matin du lundi 3 février [1]:


« Une France du rejet de l’autre – aussi bien l’immigré que l’Européen, l’Arabe ou le Juif – est en train de s’affirmer. C’est la France du repli identitaire et du refus de l’euro. »


Venant après les diverses manifestations de ces dernières semaines, ces phrases procèdent à 2 amalgames. Le premier, assez ignoble, entre des expressions de l’antisémitisme (car Juifs ET Arabes sont des sémites…) et un sentiment anti-européen. Que des personnes aient manifestées leur haine des Juifs et des Arabes est une chose. C’est stupide, c’est immonde, mais c’est. Et nous savons que ces gens ne sont qu’une petite minorité. Mais, associer dans la même phrase un mouvement anti-Union Européenne et ces illuminés est un amalgame qui non seulement est ignoble, on l’a dit, mais de plus parfaitement irresponsable. Le sieur Colombani sait parfaitement, on n’occupe pas les responsabilités qui furent les siennes sans y acquérir quelques rudiments de sociologie, que cet amalgame entre deux mouvements parfaitement différents dont le but est de discréditer le mouvement anti-UE, va aboutir à légitimer la folie des antisémites de tout poil. Notons, d’ailleurs, qu’il y a un amalgame au sein de l’amalgame : c’est de traiter d’anti-Européens des gens qui contestent l’Union Européenne. Et je signale au sieur Colombani qu’un récent sondage réalisé aux Pays-Bas montre que 55% des personnes interrogées sont partisans d’un retrait de l’UE [2]. Or, l’Union Européenne n’est pas l’Europe. Une partie des pays européens ne sont pas dans l’UE, et l’on ne confond pas une réalité géographique avec une institution.

Le second amalgame est clairement insultant et encore plus ignoble que le premier.
C’est l’assimilation du rejet de l’Euro (qui progresse à l’évidence dans notre pays et chez nos voisins [3]) aux groupuscules identitaires. Je signale au sieur Colombani que certains groupuscules de cette mouvance sont de plus favorables à l’Euro. Mais, ici encore, c’est bien la volonté de diffamer, de nuire, qui se manifeste. Il faut à tout prix montrer que seuls les « extrêmes » s’opposent à l’Euro. Alors, nous avons plus d’un tiers des Français qui sont extrémistes. Est-ce à cela que vous voulez aboutir sieur Colombani ? Non seulement vos propos sont ignobles et insultants, mais ils sont surtout parfaitement et profondément irresponsables. En fait, les positions anti-Euro rassemblent largement, à droite comme à gauche. L’appel du European Solidarity Manifesto prouve, s’il en était besoin, que cette opposition vient de tous les milieux, et que des économistes parfaitement connus et ayant exercé des responsabilités importantes les soutiennent [4]. Mais, l’ignoble est un registre qui n’est hélas pas étranger au sieur Colombani. Il avait tenu des propos similaires lors du référendum de 2005 sur le projet de traité constitutionnel. Quelle que soit la manière dont on les entend, ils peuvent constituer une “saloperie” au sens où l’entendait Jean-Paul Sartre.
Ce genre de propos n’est d’ailleurs pas nouveau. Fin novembre 2013 on y avait été déjà confronté avec le dossier du Point, reprenant des affirmations fausses et diffamatoires, et dont il fut rendu compte dans la note « La Littérature à l’estomac » [6].

Les dits de Pierre Moscovici.

Il se fait, par le plus grand des hasards, qu’il y eût ce même lundi 3 février débat sur France 2 entre Pierre Moscovici et Marine le Pen. Or, à cette occasion, Pierre Moscovici a dit que j’étais un économiste d’extrême droite. Notons, tout d’abord, que la formule n’a pas de sens. Un économiste peut être classé parmi les différentes écoles de la pensée économique. On peut dire qu’il est « néo-classique », « hayekien », « keynésien », « néo-keynésien », « post-keynésien », « monétariste », « marxiste » ou, en France en particulier, « régulationniste », et j’en oublie certainement. Il s’agit de qualifier l’origine de sa pensée, en se référant aux textes qu’il utilise et qu’il produit. Mais, parler d’un économiste d’extrême droite ou d’extrême gauche n’a tout simplement pas de sens. C’est confondre la position du citoyen avec celle de l’économiste. On ne peut qualifier quelqu’un qu’en référence à ses propos, à l’oral ou à l’écrit. Or, je mets au défi Moscovici et consorts de trouver dans mes écrits et mes paroles quoi que ce soit qui fasse l’apologie d’idées d’extrême droite. Quand on se permet d’accuser, on prouve, ou on se tait! Et, de plus, je le renvoie à la brève note que j’ai publiée sur ce sujet [7]. Mais, Pierre Moscovici ne se contente pas d’être, au regard des résultats qu’il obtient, ce que certains pourraient considérer comme un déplorable Ministre des Finances [8], Il me connaît personnellement. Il a donc menti en pleine connaissance de cause. Il faut alors se demander pourquoi.

La réponse pour moi est claire : ce sont mes positions sur l’Euro, positions que je tiens publiquement depuis 2006, qui sont la cause de ce gros mensonge. Comme les positions anti-Euro sont en train de progresser dans la société française, à l’instar du sieur Colombani, on sort la grosse artillerie. C’est donc l’air de la calomnie qui nous est chanté sur tous les tons.

Joseph Goebbels, de sinistre mémoire, disait déjà qu’il voulait jouer sur l’émotion et non la raison. Peu importe donc les arguments que j’ai pu avancer, arguments qui peuvent être considérés comme juste ou faux suivant les opinions, mais qui n’en restent pas moins des arguments. Il s’agit de me déconsidérer et, à travers moi, tous ceux qui pensent que l’Euro est une mauvaise chose, et ils sont de plus en plus nombreux que ce soit parmi les économistes [9] ou dans la population. Il s’agit de les associer, dans les représentations collectives, avec ce monstre à cent têtes qu’est « l’extrême droite ».

La ficelle est donc un peu grosse. Surtout, venant d’un Ministre qui fait son possible pour accroître la désespérance de la population, qui courbe l’échine devant les banques et les banquiers. On attendait autre chose d’un Ministre de la République. Je le dis publiquement: c’est indigne et c’est scandaleux. Qu’il soit partisan de l’Euro est son affaire. Cela ne prouve qu’une chose, que ses connaissances en économie sont limitées, à l’évidence. Mais, son savoir faire dans la communication est quant à lui expéditif, à l’image de son ambition.
Pierre Moscovici, Ministre des Finances de la République, a donc commis, un acte bien détestable. Que cela ait été fait dans le cadre d’un débat public et télévisé ne change rien à l’affaire. Je constate d’ailleurs que le meneur de jeu de l’émission, Monsieur Yves Calvi, s’est aussitôt démarqué de ces propos, sachant fort bien qu’ils pourraient, si j’en exprimais l’envie et le désir, donner lieu à une action en justice.

Une origine présidentielle.

Mais, qu’il s’agisse de Colombani ou de Moscovici, il est clair que l’on n’a pas affaire à des dérapages individuels, qu’une âme charitable pourrait mettre sur le compte d’un aveuglement passager. Ces attaques sont hélas trop coordonnées, et elles reprennent les mêmes thèmes, ce que les « communicants » appellent des « éléments de langage ». Cela ressemble fort à une “ligne” qui serait désormais appliquée. Il faut alors se souvenir des pratiques qui avaient cours dans l’URSS stalinienne d’antan. Dès que le Bureau Politique avait émis une condamnation, on devait la transcrire en attaques où l’odieux le disputait à l’ignoble, quand elles ne tombaient pas dans le ridicule. On pourrait faire une intéressante comparaison entre ces pratiques, qui sont bien connues des historiens, et l’attitude du journaliste comme du Ministre.

Tout ceci remonte, qu’on le veuille ou non, au Président. Qu’il l’ait voulu ou pas, cette “ligne”, à n’en pas douter, est issue de son discours, de son affirmation violente, presque désespérée, que l’Euro c’est l’Europe n’en laisse pas douter. Que l’on regarde les mots choisis [10]:

« Je ne laisserai pas faire, au cours des prochains mois, ceux qui veulent en terminer avec l’idée européenne. Pas seulement en France, il y en a d’autres, parfois même aux gouvernements. Je ne laisserai pas faire ceux qui veulent en terminer avec l’idée européenne ou ceux qui veulent briser l’acquis communautaire, c’est-à-dire tout ce qui a été fait depuis des générations et des générations. Je ne laisserai pas non plus faire ceux qui veulent sortir de l’euro, qui pensent ainsi sauver la Nation alors qu’ils la mettent en péril. Parce que notre avenir, c’est dans l’Europe… »
On retrouve, là aussi, l’assimilation de l’Euro à l’Europe, et ce alors que tout le monde sait que des pays importants, la Grande-Bretagne et la Suède par exemple, font partie de l’Union Européenne mais pas de la zone Euro. On retrouve l’expression de ce sentiment d’exaspération avec la répétition du « je ne laisserai pas faire… », qui permet à Emmanuel Todd de montrer avec brio comment l’inconscient vient ici affleurer le dit [11]. Il est aujourd’hui clair que voyant le projet européiste confronté à des attaques nouvelles, convergentes, et qui montent en puissance, confronté à une réalité qui diverge de plus en plus de son idéologie, François Hollande ne trouve plus que dans la politique du mensonge d’issue. Mais, il ne peut que savoir que cette issue ne fonctionne qu’à court terme. On retrouve ici la trace des méthodes du « fascisme doux » décrit par nombre de romanciers, dont évidemment Aldous Huxley dans le « Meilleur des Mondes ». Il faut aussi se souvenir de ces lignes de Gunther Anders, dans l’Obsolescence de l’Homme [12], qui m’ont été communiquées par un correspondant :

« En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur. L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne devront ensuite être traités comme tels. »

Mais que tous le sachent et ce quel que soit leur position de pouvoir : tout ce qui est possible sera fait pour mettre leurs projets en échec et les empêcher de rejouer la farce des années trente à leur seul profit. L’analyse des défauts et de l’échec de la monnaie unique est aujourd’hui partagée par de nombreux économistes, dont des prix Nobel, tant en France qu’à l’étranger. Je ne me laisserai pas intimider par des attaques qui déshonorent ceux qui les portent. Mais je les préviens : ils m’en rendront politiquement raison.

[1] Colombani J-M., « La France du repli et du rejet », Direct Matin, 3 février 2014, p. 5. URL : http://www.directmatin.fr/france/2014-02-03/la-france-du-repli-et-du-rejet-par-jean-marie-colombani-654385?inbound_google_redaction=1
[2] Sondage réalisé par l’institut de sondage Maurice de Hond auprès de 2.100 Néerlandais âgés de plus de 18 ans. Il sera divulgué dans son entièreté le 6 février 2014.
[3] Voir : http://scenarieconomici.it/sondaggio-scenarieconomici-20-dicembre-2013-sarebbe-favorevole-alla-reintroduzione-di-una-valuta-nazionale-si-49-no-44-un-partito-anti-euro-potrebbe-valere-il-24/
[4] Voir la liste des signataires de l’appel du European Solidarity Manifesto, à l’adresse : http://www.european-solidarity.eu/signatories.php
[5] Et je rappelle que selon Jean-Paul Sartre, le salaud intégral est celui qui sait qu’il est un salaud, et qui persiste et signe dans sa saloperie.
[6] Publiée sur Russeurope, le 1er décembre 2013, URL :
http://russeurope.hypotheses.org/1791
[7] Sapir J., « À tous et toutes », note publiée sur RussEurope, le 11 novembre 2013, URL : http://russeurope.hypotheses.org/1711
[8] Voir, « Chez ces gens là… », note publiée sur RussEurope le 15 décembre 2013, URL : http://russeurope.hypotheses.org/1835
[9] Dernièrement nous avons eu Jacques Généreux, du Parti de Gauche, qui a pris position très clairement dans Marianne du vendredi 31 janvier, mais aussi Jacques Mazier ou Henri Sterdyniak.
[10] Ouverture de la conférence de presse du président de la République au Palais de l’Élysée le 14 janvier 2014. http://www.elysee.fr/declarations/article/ouverture-de-la-conference-de-presse-du-president-de-la-republique-au-palais-de-l-elysee-le-14-janvier-201/
[11] http://www.youtube.com/watch?v=M7I7vylmZFU
[12] Anders G., L’Obsolescence de l’homme, t. 1, trad. Christophe David, Editions Ivrea , Paris, 2002 et T-2, Sur la destruction de la vie à l’époque de la troisième révolution industrielle, trad. Christophe David, éditions Fario, Paris, mars 2011.

Publié par Frédéric Maurin à 19:38pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #austérité , #euro , #Union européenne , #médias aux ordres

18 Mars 2014

Si le Front de Gauche voulait lutter contre le FN

Si le Front de Gauche voulait lutter contre le FN
En raison d'un mouvement de grève ce 18 mars 2014 aujourd'hui ce sera reprise d'article.
Tant pis, ou tant mieux, pour vous...

Si le Front de gauche voulait vraiment lutter contre le FN

GÉRALD ANDRIEU - MARIANNE

Journaliste politique à Marianne chargé du suivi des partis de gauche.

Vendredi 3 Janvier 2014

Avec « La gauche radicale et ses tabous » à paraître en ce mois de janvier, Aurélien Bernier réalise un travail salutaire. Ancien dirigeant d’Attac, il pointe du doigt certains des interdits qui règnent en maître au pays de la gauche de la gauche et l’empêchent de combattre véritablement, comme elle le prétend, la progression du Front national.

«Le traumatisme que provoque l’émergence du Front national est si terrible qu’on assiste à un abandon de toute solution nationale dans les discours des partis ou des intellectuels de la gauche radicale. (…) Tout ce qui vient du Front national provoque une telle répulsion chez [ses militants] que le tri n’est plus fait entre “les idées du Front national” et les idées qui n’appartiennent à personne, mais sont reprises par le Front national ». Sévère ? Nécessaire, plutôt. Salutaire même à l’approche des élections européennes.

Avec son dernier ouvrage, bref mais néanmoins charpenté, La gauche radicale et ses tabous *, Aurélien Bernier donne à comprendre« pourquoi le Front de gauche échoue face au Front national ». Cet ancien dirigeant d’Attac et collaborateur du Monde diplomatique, qui se définit lui-même comme un « proche du Front de gauche », n’épargne pas ses camarades altermondialistes, communistes et trotskystes et cible trois interdits qui règnent en maître au pays de la gauche de la gauche. Trois « tabous » qui ne manqueront pas de faire polémique.

A commencer par le protectionnisme jugé par le courant trotskyste (dont la pensée irrigue encore largement la gauche radicale et ce, malgré un poids électoral inversement proportionnel) comme « réactionnaire » et « petit-bourgeois » car il créerait « une fausse solidarité entre ouvriers et patrons » et présenterait « les travailleurs des autres pays comme des adversaires ». Bernier note que le Front de gauche porte néanmoins un« protectionnisme européen ». Mais pour lui, il s’agit d’un « doux rêve » car ce protectionnisme-là, explique-il, nécessite l’accord de l’ensemble des pays membres de l’Union pour qu’il soit véritablement opérant. Lui préfère donc prôner un « protectionnisme français », mais s’empresse d’ajouter, pour ne sans doute pas trop choquer ses pairs, « en attendant mieux »

L’auteur se penche également sur ce qu’il nomme « le tabou européen ». En clair, la gauche de la gauche en devenant « altereuropéiste », en soutenant « qu’il faut changer en profondeur le cours de la construction européenne, mais sans rupture trop brutale, ni avec l’ordre juridique de Bruxelles ni avec son ordre monétaire » laisse le champ libre de la véritable radicalité au Front national. Bernier touche là au tabou des tabous, l’euro, un sujet dont le FN est une des rares formations en France à s’être emparé.

Mais il rappelle que « les monnaies nationales et les politiques monétaires étatiques ne sont pas une idée d’extrême droite » et, surtout, que l’autre gauche n’a pas toujours été sur cette ligne. Il montre comment le PCF, sous l’influence de Robert Hue, a bradé en 1997, sur l’autel des négociations avec le PS pour rejoindre le gouvernement Jospin, la campagne menée alors contre la monnaie unique place du Colonel-Fabien. Il note néanmoins qu’en mars 2013, en plein « blocus financier de Chypre », Jean-Luc Mélenchon évoqua publiquement, pour la première fois, la possibilité d’une sortie de l’euro. Comme le fit un mois après lui, Oskar Lafontaine, grand inspirateur du Parti de gauche français et ancien ministre des Finances allemand...

Enfin, Bernier s’attaque au « tabou de la souveraineté nationale et populaire » recoupant peu ou prou les deux précédents tabous. Il pointe notamment un paradoxe de taille que dirigeants, militants et sympathisants de l’autre gauche ne semblent définitivement pas vouloir voir : « Comment [la gauche radicale] en est-elle venue à mélanger sa voix avec celle des plus ultralibéraux pour conclure à l’obsolescence de la souveraineté nationale ? »

Cette question démontre à elle seule la pertinence de l'ouvrage d'Aurélien Bernier. Malheureusement, celui-ci se révèle incomplet car son auteur se montre très (trop ?) sélectif dans ses tabous. Quid par exemple du tabou de la sécurité ? Une grande partie de la gauche radicale continue de voir dans ce sujet-là une obsession de la droite la plus réactionnaire qui soit, oubliant que les premières victimes de l’insécurité sont ces classes populaires qu'elle prétend pourtant défendre…

Quid aussi du tabou de la laïcité ? Si Jean-Luc Mélenchon et d’autres avec lui se posent en fervents défenseurs de ce principe, certains de leurs camarades de la gauche de la gauche adoptent sans sourciller des positions communautaristes que ce soit par conviction pure, par perte de sens idéologique ou — et c’est sans doute le pire — par clientélisme électoral…

Quid enfin du tabou de l’immigration ? Non suffisamment maîtrisée, celle-ci induit une concurrence entre travailleurs que Bernier — par le protectionnisme notamment — et la gauche radicale dans son ensemble disent refuser.

Ces trois tabous-là expliquent, autant sinon plus, l’échec de l’autre gauche face au Front national…

* La gauche radicale et ses tabous – Pourquoi le Front de gauche échoue face au Front national. Aurélien Bernier, Seuil, 17 €.

Publié par Frédéric Maurin à 18:40pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #front national , #front de gauche , #le pen , #protectionnisme , #Union européenne , #mélenchon , #m'pep

13 Mars 2014

« Marine Le Pen Amène Le Pire »

« Marine Le Pen Amène Le Pire »
C'était une formule cueillie sur Internet, c'est devenu le titre d'un livre.
Un livre qu'on va acheter, lire et faire lire, avec attention au moins pour les 3 raisons suivantes :
- préfacé par Paul Ariès , rédacteur du Sarkophage (entre autres qualités)
- promu par Le Grand Soir site d'information qu'on ne présente plus,

- et en plus, dans la présentation suivante, on cause de Séverine !

Marine Le Pen amène le pire(*)

(*) Anagramme imparfaite cueillie sur Internet.

Ce livre (publié par les éditions Golias) est une compilation de documents révélateurs de l’analogie entre le FN d’hier et celui d’aujourd’hui.

Y sont démontrées la difficulté pour Marine Le Pen, malgré les habiletés tribuniciennes, à se dépouiller des oripeaux paternels les plus exécrables, la distorsion entre le discours du FN ripoliné et son programme, entre son programme et ses objectifs.

Sont mis en relief le fiasco du FN dans les villes qu’il a gérées naguère et les nombreuses condamnations par la Justice de dirigeants et d’élus du parti « Tête haute et mains propres ».

Extrait de la préface de Paul Ariés :

..Je suis convaincu que nous devons continuer à penser donc à parler et à écrire contre le Front national pour comprendre les raisons de son succès et être à même de le contrer efficacement. J’aime que cet ouvrage soit écrit par un père et un fils car j’ai envie d’y voir le symbole du caractère intergénérationnel de ce combat contre les extrêmes-droites. Au moment où tant des gros mots qui servaient à penser l’émancipation sont en berne, salis par les tragédies du XXe siècle, il est important de constater que l’antiracisme et l’antifascisme demeurent des valeurs fortes par delà les années. Ce livre est écrit comme devrait l’être tous ceux consacrés à l’extrême droite, c’est-à-dire sans céder en rien ni à ses thèses bien sûr, ni même et c’est plus rare à son style. Il n’y a en effet que deux façons de faire de la politique, et écrire contre le Front National est un acte politique fort : soit en jouant sur la haine et la peur de l’autre soit en misant sur l’intelligence collective, intelligence de la raison et du sentiment.

Le combat contre l’extrême-droite est perdu d’avance si nous utilisions contre elle les procédés qui sont les siens : les mensonges, la malhonnêteté, les insultes, les invectives, les approximations, etc. Nous ne gagnerons jamais contre le Front national, contre les Identitaires, contre Soral en utilisant leurs propres méthodes. Nous n’avons pas besoin non plus de « gros bras », d’entrainement paramilitaire, de milices populaires, ce terrain est le leur et nous perdrons toujours en utilisant leur répertoire d’action. Nous préférons, nous, de très loin les passions joyeuses aux passions tristes. Nous faisons de la politique à la manière des milieux populaires et non pas à la façon des élites ou des néo-fascistes. Nous combattrons d’autant plus efficacement le FN que nous ne nous contenterons pas de stigmatiser le mal, que nous ne nous porterons pas seulement contre lui, mais que nous lui opposerons d’autres façons de voir, de sentir, d’autres manières d’agir, d’autres alternatives, un autre agenda, etc. A être seulement « contre » le FN nous finirions autrement par être « tout contre », c’est-à-dire par le porter sur notre dos, jusqu’à ce qu’il nous poignarde.

Premières pages du livre :

Tel père, telle fille

Face au FN, nous sommes confrontés à une difficulté : ne rien dire, c’est laisser le champ libre au pire.

Trop en dire c’est lui donner de l'importance.

Que faire avec les idées faussement sociales du FN ? De quoi est-il le symptôme ? Comment comprendre des membres de son bureau politique quand ils se réclament d’un modèle « social et national » ? Cet ouvrage aborde en creux les questions des Droits de l’Homme, de la laïcité, du droit d’asile, de la probité des élus, de la gestion démocratique des villes, de la République contre le clan…

Pour écrire ce livre qui met en tension la vraie nature et le programme du FN, nous nous sommes appuyés sur des observations de terrain, des recherches, des enquêtes, des articles, des interviews, des allocutions télévisées ainsi que sur des communiqués du parti des Le Pen...

Il apparait que le FN d’aujourd’hui, malgré un vernis nouveau, ne diffère guère du FN de toujours. Le 16 janvier 2011, Invité du Dimanche « d’Aujourd’hui en France/Le Parisien, Jean-Marie Le Pen (1) éclairait les naïfs en parlant de sa fille : « Politiquement, à quelques nuances près, elle a les mêmes opinions que moi ».

En mai 2013, lorsque Marine Le Pen se fracture le sacrum en tombant dans sa piscine vide, c’est Jean-Marie Le Pen, et non un des vice-présidents du FN, qui la remplace au meeting de Limoges.
Interchangeables ?

En mai 2002, Marine Le Pen affirme : « Nous sommes tous les héritiers politiques de Jean-Marie Le Pen. (…). Il est là, on y tient. C’est notre colonne vertébrale. Et par conséquent, on en profite ».

Le 3 octobre 2010, sur France 2, Marine Le Pen réitère son attachement « au capital » idéologique des Le Pen.

« J’essaie d’y apporter un petit plus. Disons, l’association de Marine et de Le Pen (…). Une petite musique un peu différente ».

Le 18 juin 2012, Marion Maréchal-Le Pen confirme qu’entre hier et aujourd’hui, rien n’a changé : « Les idées sont les mêmes ».

En 2012, Julien Louis Rochedy, directeur national du Front National Jeunesse (FNJ), soutient : « Il n’y a pas de vieux Front National et de nouveau Front National. Ça c’est un truc de journalistes ».

En résumé : « De tels bois, telle écharde » et « La pomme ne tombe jamais très loin de l’arbre ».

Au FN, personne n’est dupe. Si les formules sont plus policées, le fond, c’est-à-dire l’appareillage idéologique, se perpétue.

Table des matières complète

Tel père, telle fille
Le FN et la désastreuse gestion des municipalités
A Vitrolles, Marignane, Toulon, Orange. Marine Le Pen tente de se dédouaner

Le FN et le respect des électeurs
La démagogie comme technique de formation des élus. L’enrôlement comme technique de recrutement. L’incompétence comme critère d’embauche. L’embrouille comme mode de gouvernance. Le culte du chef comme moteur de l’action. La stratégie de candidats mystères.

Le FN contre les travailleurs et leurs organisations.
Le FN contre la réduction du temps de travail. Le FN pour la réduction des cotisations sociales . Le FN veut mieux contrôler les chômeurs. Le FN contre la retraite à 60 ans. Le FN ou l’impossibilité de retraite à taux plein. Le FN contre les travailleurs qui défendent leur retraite. Le FN contre l’amnistie des syndicalistes. Les tentatives du FN pour créer des syndicats-FN. Syndicat des transports urbains, syndicat FN de la police. L’entrisme et la dissimulation. Le FN rêve d’une loi pour « réformer » les syndicats à son avantage. Création d’une structure FN antisyndicale. Création d’un syndicat patronal FN.

Le FN et sa structure clanique
Le clan FN contre le FN.

Le FN et les royalistes
Le bal de Madame de Montretout. Des royalistes soutiennent le FN. Quand les idées du FN et des royalistes convergent.

Le FN et les femmes
Le FN : autoritariste et paternaliste. Le FN contre l’IVG. Le FN veut des femmes aux foyers.

Le FN et ses jeunes
La formation de la nouvelle génération. La jeune troupe et ses combats. Comme deux gouttes d’eau.

Le FN et le vivre ensemble
Marine fantasme la disparition de la France. Marine Le Pen observe la distribution en masse des cartes d’identité. Le coût de l’immigration. Le Pen et l’odeur de l’autre. L’embauche des immigrés. La France sans l’immigration. Personnalités célèbres ayant des origines étrangères. Vous avez dit immigrés ? Mais lesquels ?

Le FN et les Droits de l’Homme
Jean-Marie Le Pen et l’apartheid..

Le FN et la laïcité
La France, fille aînée de l’Église d’hier et d’avant-hier ?
Les traditionnalistes en veulent plus.

Le FN et les nazis
Racisme ? Révisionnisme ? Négationnisme ? Ségrégationniste ? Le FN, un parti National-Social ? Le FN, un parti d’extrême droite ?

Le FN et les autres mouvements d’extrême-droite
Jeunesses Nationalistes Révolutionnaires (JNR de Serge Ayoub), Jeunesses nationalistes (JN), L’Œuvre Française, GUD (Groupe Union Défense), Skinheads, La Ligue du Sud. Attirances pour les fascistes d’hier

La faschopshère et ses trolls.
Liste des organisations.

Le FN et la justice
Chronologie des condamnations. Condamnation des élus FN. Condamnations de Jean-Marie Le Pen, président d’Honneur du FN.

Le FN et la fortune des Le Pen
Premier épisode : le discours sur la justice fiscale. Deuxième épisode : l’exil fiscal. La fortune des Le Pen. La fortune du FN. Marine de Chez Dior. Les principes de Marine. Le salaire de Marine Le Pen. Le patrimoine de Marine Le Pen.

Le FN contre le peuple
Un bilan désastreux. Les acquis sociaux obtenus sans ou contre le FN et les siens. Quelle est l’utilité politique du FN ?

Documents complémentaires

Abécédaire
Antisyndical. Branches professionnelles. Chef. Contre les petits. Dédiabolisation. Démocratie. Détournement. Discours. Ennemi. Haine. Libéralisme. Manipulation. Marine et Jean-Marie Le Pen. Matrice. Mensonge. Non-Réponses. Nouveau FN. Patrons . Principes républicains. Problèmes sociaux. Régression sociale. Sécurité sociale. Stigmatisation. Stratégie. Vocabulaire. Xénophobie.

Bibliographie.

« Marine Le Pen amène le pire » (260 p. 12 euros, Editions Golias, à paraître, février 2014).

Maxime et Frédéric Vivas. Préface de Paul Ariès.

Maxime Vivas, romancier, essayiste, animateur radio, ex-référent littéraire d’Attac, administrateur du site Le grand Soir...

Frédéric Vivas, essayiste, ethnologue, enseigne les sciences sociales aux travailleurs sociaux et est responsable de la revue Artefacte (artefacte-asso.com).

Paul Ariès, politologue, rédacteur en chef du mensuel « Les Z’indigné(s) » essayiste, est l’un des intellectuels de référence du courant de la décroissance et de l’écologie politique.

Pour commander dès à présent le livre :

1- Chez votre libraire.

2- S’il ne l’a pas : demandez-lui de le commander ou commandez par Internet à la librairie (amie et indépendante) de la Renaissance qui vous l’enverra sous 48 H :
http://www.librairie-renaissance.fr/

Publié par Frédéric Maurin à 22:44pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #le grand soir , #presse libre , #paul ariès , #front national , #extrême-droite , #élections européennes , #le pen , #municipales