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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

20 Septembre 2014

27 septembre : défendre La Poste Croix Rouge

Parole d'un Maire : « il faut décider d’un moratoire sur la fermeture des services publics ».

Il voit même dans cette dégradation l’une des explications profondes de la montée du Front national à Condat .« Chacun se rend compte que la disparition des services publics en milieu rural, ça fait très mal, parce que ça devient dur d’y vivre et que ce n’est pas attractif », développe-t-il. Conséquence,« les gens se sentent marginalisés, même si ce n’est pas conscient », constate l’ancien maire.

...en zone urbaine aussi.

Cela bouge toujours avec La Poste !

Je reprends ci-dessous in extenso l'appel du Parti Communiste Français de Saint Martin d'Hères

Sauvons la poste de la Croix Rouge !

Rassemblement samedi 27 septembre à 10 h,

Place de la République à Saint-Martin-d’Hères

par Saint Martin d’Hères

Suivant toujours la logique de profit accru par la réduction du service public et du personnel, la direction de la Poste de l’Isère a décidé de fermer en février 2015 notre bureau de poste de la « Croix Rouge », place de la République.

Après sa décision de transférer les facteurs de Saint-Martin-d’Hères à Eybens, c’est une attaque de plus contre le service public de la Poste dans notre commune.

Communistes, nous rappelons qu’un service public doit avoir comme unique objectif de répondre aux besoins de la population et non d’appliquer les directives de l’Union européenne : marchandisation, concurrence et privatisation. Ce que l’ancien ministre de tutelle de la Poste, un certain Arnaud Montebourg, semble avoir oublié. (lire tout en bas).

Nous nous opposons à cette décision et comme nous l’avions fait lors du transfert du centre de distribution postal à Eybens, nous appelons les usagers et les agents de la Poste à lutter contre cette fermeture annoncée et à signer la pétition ci-dessous.

Cet été les militants communistes ont déjà diffusé des milliers de tracts et recueilli 1 520 signatures. Nous appelons toute la population à participer au sauvetage de la Poste de la Croix Rouge en se rassemblant samedi 27 septembre prochain, à 10 h devant la Poste, place de la République !

Tous les jours, ce sont plus de 200 personnes qui fréquentent le bureau de poste de la « Croix Rouge » : celui-ci répond donc à un besoin de la population martinéroise. Il n’y a donc aucune raison objective de le fermer. Anticipant cette fermeture programmée à février 2015, cette même direction annonce déjà à ses agents qu’ils seront mutés à la Poste du domaine universitaire, celle du 8 mai 1945 (Renaudie) ou encore celle de Gières.

Les contre-vérités de la Poste pour justifier la fermeture du bureau de la « Croix Rouge » :

Pour démanteler les 17 000 bureaux de poste de pleins exercices effectuant toutes les opérations postales dans notre pays, la direction de la Poste a commencé à fermer ceux des zones rurales en raison d’une « soi-disante trop faible densité de population ». A ce jour, il n’en reste plus que 10 000.

A Saint-Martin-d’Hères, deuxième ville du département, l’argument sera difficile à tenir.

C’est pourquoi la direction de la Poste invoque d’autres arguments : « les locaux de la place de la République seraient trop vétustes et il n’y aurait pas d’autres locaux plus modernes à proximité » Ou encore que la mairie de Saint-Martin-d’Hères, propriétaire des locaux, voudrait les mettre à la porte. Faux ! La direction de la Poste ne recule devant aucune désinformation pour justifier l’injustifiable.

Les solutions inacceptables de la Poste pour remplacer le bureau de la « Croix Rouge » :

Elle voudrait nous envoyer chercher nos colis et nos recommandés chez un commerçant du quartier qui accepterait de tenir un relais postal. Ce serait une poste au rabais, ce que, par avance, nous récusons.

Ou encore, elle envisagerait de faire financer une Agence postale communale avec le budget de la ville de Saint-Martin-d’Hères. Ce que nous refusons également car la municipalité n’a pas à se substituer à la Poste pour remplir sa mission de service public.

Ce serait d’autant plus inacceptable, que cette dernière engrange chaque année quelques 700 millions d’euros de remboursement de 6 % des salaires de ses agents dans le cadre du Cice (Crédit impôt compétitivité emplois).

Et qu’avec des recettes de 11 milliards d’euros sur les six premiers mois de l’année 2013 et un résultat d’exploitation de près de 500 millions d’euros, la Poste n’est pas dans le besoin !

Ce qui est clair pour nous, c’est que la direction de la Poste ne cherche qu’à gonfler ses profits au maximum pour préparer sa future privatisation comme cela s’est passé à France Télécom...

Elle doit donc pour cela supprimer un maximum de bureaux de poste et d’emplois. Avec des services au rabais, la Poste se débarrasse de son personnel qualifié avec un transfert de ses coûts aux collectivités locales avec « l’agence postale communale » ou avec le « relais postal », elle permet à un commerce de capter des clients supplémentaires et une redevance, en intensifiant encore le travail des employés de ce commerce.

Les usagers ont tout à perdre, dans les conditions d’accueil et de confidentialité. L’envoi de recommandés, les retraits plus importants et nombre d’opérations plus pointues ne seront plus réalisables.

Communistes, nous continuons de militer pour la réunification de toutes les branches de la société anonyme la Poste, c’est-à-dire le courrier, le réseau et la banque postale.

Nous militons aussi pour la renationalisation démocratique de la Poste dans le cadre d’un monopole public postal du courrier. Nous militons également pour que la banque Postale (ex-CCP) reste la banque publique au service de tous les usagers.

Dans le même temps, c’est une nouvelle organisation des bureaux que nous impose la Poste :

A partir de cette année, une nouvelle organisation de l’accueil des usagers est déjà effective à Eybens, demain ce sera à Echirolles et à Saint-Martin-d’Hères, à la poste du 8 mai 1945, avec la pseudo rénovation de celle-ci.

Une réorganisation nommé ESCI : Espace Service Client Intégral qui correspond à une robotisation de tous les services, pour retirer de l’argent ou en déposer sur son compte postal, les postiers n’auront plus la possibilité de le faire depuis un guichet.

IL N’Y AURA PLUS DE GUICHET !

Et ceux qui n’ont pas de carte bancaire, par choix ou par obligation, il leur faudra retirer une carte bancaire temporaire (d’une heure) pour faire leurs opérations bancaires suivant une procédure en 4 temps d’une complexité inacceptable.

Merci la direction de LA POSTE !

Celle-ci n’hésite pas à dire que les usagers doivent être autonomes et qu’ils ne doivent plus faire perdre leur temps aux postiers ! Évidement puisqu’elle veut liquider son personnel qualifié pour privatiser !

Toujours dans la perceptive d’une privatisation, elle veut faire de la banque postale une banque comme les autres et obliger les travailleurs et retraités avec des ressources modestes et moyennes à aller ailleurs ou à se débrouiller autrement, on ne voit pas comment !

Nous constatons la dégradation de la distribution du courrier à Saint-Martin-d’Hères :

Nous continuons à militer pour un retour du centre de distribution dans la 2ème ville du département !

Depuis le départ des facteurs à Eybens, ils peinent à distribuer le courrier dans toutes les boites aux lettres. Celui-ci arrive souvent à J+2 ou J+3. Dans certains quartiers, le courrier n ’est distribué que tous les 3 jours ! Les recommandés et les colis sont aussi difficiles à récupérer. Les facteurs n’ont plus le temps de les présenter.

La presse a révélé les consignes données pour arrêter la vente des timbres rouges correspondant au courrier prioritaire. Les TGV de la Poste assurant le transfert du courrier express vont être supprimés et vendus.

Les timbres « verts » correspondant à un délai théorique de 2 jours sont généralisés. Ils sont déjà au prix des « rouges » d’il y a trois ans. Ils devraient augmenter de 20 % d’ici 2018. Il faudra donc payer plus cher pour recevoir son courrier seulement deux ou trois fois par semaine alors que la publicité distribuée dans nos boites arrive tous les jours !

C’est cette logique du profit, de la privatisation rampante et de la destruction méthodique du réseau postal dans tout le pays que dénoncent depuis des années les communistes de Saint-Martin-d’Hères. (voir tous nos articles sur notre site www.pcf-smh).

Il ne se passe pas une semaine sans qu’une mobilisation ne se construise dans un village ou un quartier d’une ville pour empêcher la fermeture d’un bureau de poste. De même, les facteurs, avec le soutien des usagers, multiplient les actions et les grèves contre les « réorganisations » des tournées destructrices pour l’emploi et le service public.

Nous ne sommes pas isolés ! C’est pourquoi nous devons désormais construire un mouvement de lutte nationale pour la défense de la Poste.

Communistes, nous faisons tout pour faire converger dans l’Isère la lutte des postiers et des facteurs de Saint-Martin-d’Hères, d’Eybens, de Fontaine, de Villard-Bonnot (contre les fermetures de centres de distribution ou de postes) entre autres. Tous les postiers sont concernés par la dégradation du service public et des conditions de travail.

PETITION

Les soussignés exigent des directeurs de la Poste toutes branches confondues :

  • Le maintien du bureau de Poste de la « Croix Rouge », place de la République ;
  • L’abandon de la réorganisation, automatisation dénommé ESCI qui cassera encore plus le service public que nous doit la direction de La Poste ;
  • Le retour du service de la distribution du courrier à la poste du 8 mai 1945 ;
  • Le développement du service public par des créations d’emplois statutaires (titularisation des précaires) et toutes mesures positives sur les conditions de travail de tous les agents ;
  • L’arrêt du processus de l’Union européenne de marchandisation, de concurrence et de privatisation ;
  • La réunification des branches courrier, réseau et banque postale, le rétablissement du statut public de la Poste et de son monopole public de la distribution du courrier.

La pétition est sous format pdf tout en bas de page. Elle peut être scannée et adressée par messagerie sur pcf.smh@wanadoo.fr ou elle peut être retournée par courrier, l’adresse est sur la pétition.

Montebourg : des actes, pas des discours

lire aussi notre article http://www.pcf-smh.fr/Sous-la-tutel... « Sous la tutelle de Montebourg, la direction de La Poste accélère : 5 285 suppressions d’emploi en 6 mois ! »

Pour rappel, le ministre de tutelle de la Poste était un certain Arnaud Montebourg. Jusqu’en 2012, de campagne électorale en campagne électorale, le député PS était intarissable quand il s’agissait de défendre les bureaux de Poste.

En 2009, il s’est approprié bruyamment le succès de la « votation » contre la transformation de la Poste en société anonyme. Sur son blog, on retrouve un billet, sans doute de 2005, intitulé : « La Poste dans la tourmente libérale ». Y sont pêle-mêle dénoncés les fermetures de bureaux, « atteinte intolérable à la défense du service public en milieu rural », « la volonté européenne de limitation des monopoles et l’ouverture programmée à la concurrence », « les agissements des dirigeants de la Poste dans leur tentative de libéralisation à outrance »… Il concluait : « Là où nous parlons des valeurs du service public, d’équité et de proximité, la Poste oppose la rentabilité. Deux logiques s’affrontent ».

Ceux qui auraient pu se faire des illusions sur le politicien, voient aujourd’hui que ces logiques ne « s’affrontaient » que dans les mots, et non dans les actes. Ce qui n’empêche pas de rappeler Montebourg à ses propos passés !

Communistes, nous affirmons que c’est par la lutte que nous obtiendrons les ruptures politiques indispensables, dès aujourd’hui, comme le maintien du bureau de poste de Saint-Martin-d’Hères, place de la République.

lire ce que nous écrivions en janvier 2013

Voir en ligne : Où est passée la bataille de 2009 pour la Poste ?

Publié par Frédéric Maurin à 17:31pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #la poste , #saint martin d'hères , #pcf

20 Septembre 2014

Euro : le choix de la mort

Euro : le choix de la mort

Une fois de plus...

Jacques Sapir que l'on ne présente plus ici.

Président au bord de la crise de nerfs

18 septembre 2014

On ne peut qu’être frappé par les virages brutaux pris ces derniers jours par le gouvernement. Les mesures se succèdent et parfois se contredisent. Le pouvoir nous donne l’image d’être aux abois. Son affolement actuel va, hélas, de pair avec celui d’une partie de sa majorité, et l’on a envie de dire de sa « nouvelle » opposition. Ceux que l’on appelle les « frondeurs » au sein de la majorité sont devenus en quelques jours les arbitres potentiels de la situation politique. Cela se confirmera certainement avec le début de la discussion budgétaire au parlement. Mais, la cohérence économique (ou plus exactement le manque de) des propositions des « frondeurs » du Parti « Socialiste » a attiré un certain nombre de commentaires. Il est vrai que ces propositions sont souvent disparates. Certaines d’entre d’elles sont d’ailleurs assez proches des propositions du Front de Gauche. Ici aussi se pose un certain problème de cohérence. Le nouveau Ministre de l’Économie, Emmanuel Macron, s’est saisi de ces incohérences, qu’elles soient réelles ou supposées, pour tenter de faire passer le message qu’il n’y avait « pas d’alternative », mettant ainsi ses pieds dans les traces de Margaret Thatcher. Prenons donc au sérieux ces propositions pour tenter d’en évaluer les conséquences.

L’incohérence de la « gauche » traditionnelle

Les « frondeurs » demandent que le tournant austéritaire de la politique gouvernementale cesse. Ils contestent des mesures comme le « Pacte de Responsabilité » ainsi que les mesures fiscales qui lui sont associées. Certains d’entre eux demandent un « coup de pouce » aux bas salaires (mais sans le quantifier) voire, et de ce point de vue il y a convergence avec le Front de Gauche, une revalorisation substantielle du SMIC. Les plus cohérents, dont Gérard Filoche, proposent que l’on s’attaque à la fraude fiscale et sociale des entreprises, fraude qui porte sur plusieurs points de PIB. Toutes ces revendications, prises séparément, sont justes. Aucune n’est cohérente dans le contexte économique actuel. Ce contexte, rappelons le, est celui de la mise en place, au nom du sauvetage de l’Euro, de dévaluations salariales plus ou moins brutales dans les pays de l’Europe du Sud. Ces mesures ont été extrêmement brutales en Grèce et au Portugal, un peu moins en Espagne et en Italie. Admettons donc que l’on donne satisfaction aux « frondeurs » et à leurs amis, que ce passerait-il ? Les coûts salariaux monteraient en France, alors qu’ils baissent (contraints et forcés) chez nos voisins. La pression sur les entreprises augmenterait aussi, car la fraude fiscale et sociale (sans doute 35 milliards d’Euros par an pour la fraude fiscale et environ 20 milliards par an pour la fraude sociale) représente en réalité un gain (masqué) pour la trésorerie de ces entreprises tout comme elle est une perte (ouverte) pour les finances publiques. Ce double mouvement produirait une dégradation de la compétitivité relative des entreprises françaises, non seulement sur les marchés extérieurs (exportations) mais aussi sur les marchés intérieurs (importations). Le chômage augmenterait brutalement et le nombre d’entreprises qui sont en difficultés ferait un bon, avec une hausse importante des faillites. L’année d’après, les ressources fiscales de l’État, qui auraient été renforcées par la lutte contre la fraude (si l’on estime à 60% le taux de récupération immédiat que permettrait de fournir une politique agressive de lutte, cela se monterait à 40 milliards soit 2 points de PIB), baisseraient de nouveau avec le ralentissement de l’activité économique dû à l’effet de concurrence des pays qui nous entourent. Sur le fond, le programme des « frondeurs » et de leurs alliés contient une once de vérité. La demande est aujourd’hui indûment déprimée et nous sommes obligés de faire fonctionner l’économie française sous son taux d’inflation structurel, qui se situe sans doute entre 2,5% et 3,5%. C’est pourquoi l’activité économique est si faible dans notre pays. Mais nous ne pouvons avoir le taux d’inflation correspondant à un niveau plus raisonnable d’activité SAUF si nous déprécions relativement notre monnaie par rapport à celle des pays ayant un taux d’inflation structurel plus faible que le nôtre. En fait, c’est l’une des dimensions du piège de l’Euro. Tant qu’ils se refuseront à l’admettre et à désigner la véritable cause de nos problèmes, les « frondeurs », tout comme leurs alliés potentiels, qu’ils soient écologistes ou du Front de Gauche, sont condamnés à tenir des discours incohérents.

L’obsession mortifère de la droite pour l’austérité

Faut-il donc continuer la politique d’austérité, voire la renforcer comme le proposent des hommes politiques de l’opposition, tels François Fillon ou Alain Juppé ? Nous voyons sous nos yeux l’échec de cette politique. De fait, l’argent « donné » aux entreprises (par le CICE et les autres mesures) s’avère insuffisant pour entraîner une hausse telle des marges que les entreprises auraient intérêt à investir, et donc à embaucher. Une partie des gains, limités, de marges sont, en réalité, distribués aux actionnaires dans la logique de domination de la finance sur le capitalisme industriel. Par ailleurs, la pression sur les revenus de la population entraîne une baisse de la consommation, baisse qu’amplifie l’inquiétude pour le futur. Si le gouvernement pratiquait des coupes encore plus sombres dans les dépenses publiques, comme le demande l’UMP, il déstabiliserait les consommations collectives (dans le domaine de la santé et de l’éducation notamment), obligeant les ménages les plus modestes à un effort supplémentaire dans ce domaine, effort qui ne pourrait être consenti que par une baisse supplémentaire de la consommation. Si nous étions dans une situation où nos voisins connaissaient une consommation en expansion, cela pourrait se justifier. Mais, dans une bonne partie de l’Europe, la consommation des ménages stagne ou baisse. Il est donc plus que probable que le gain en compétitivité provenant des mesures proposées par le MEDEF, que ce soit la fin du SMIC ou la suppression de jours fériés, n’auraient aucun impact sur la croissance, mais qu’elles provoqueraient, à très court terme, un nouveau tour de vis dans ces pays.

Le choix de notre mort ?

Il semble donc que nous n’ayons que le choix de notre mort : étranglé par le lacet de la compétitivité mis en place par l’Euro chez les « frondeurs », et condamné à mourir d’inanition avec l’austérité à la sauce UMP. Par ailleurs, si nous ne faisons rien, soit avec la politique du gouvernement actuel, nous mourrons de l’équivalent d’une hémorragie lente, la France perdant chaque mois un peu plus son potentiel économique. Il faut en effet savoir que la baisse des coûts salariaux qui serait nécessaire pour inverser la tendance et redonner un véritable dynamisme à notre économie est de 15%1. Certains espèrent alors qu’à défaut de pouvoir baisser nos coûts, l’Allemagne pourrait massivement augmenter les siens. Mais, c’est un espoir illusoire compte tenu de la situation de l’Allemagne2. Enfin, d’autres mettent tous leurs espoirs dans la baisse de l’Euro face au Dollar américain, et il est vrai que depuis environ un mois on assiste à une (légère) dépréciation. Mais, d’une part, cette dépréciation devrait être bien plus importante pour avoir un impact sur l’économie française (ou italienne). Il faudrait que l’on descende rapidement en dessous de 1,15 USD pour un Euro et plus probablement vers 1,05. Or, nous sommes actuellement autour de 1,290 USD pour un Euro.

Graphique 1

Dépréciation récente de l’Euro face au Dollar

Source: Banque centrale européenne (BCE)

Ceci est peu probable dans la mesure où la zone Euro (du fait de l’Allemagne) dégage un excédent commercial sur le reste du monde. Il faut d’ailleurs signaler que depuis maintenant près de 10 ans le taux de change de l’Euro a été systématiquement, et ce même lors de la crise financière, au-dessus du niveau convenant à l’économie française. Croire que l’on pourrait inverser cette tendance de fond avec des mesurettes prises par la BCE témoigne du degré d’aveuglement, ou du degré d’hypocrisie dans lequel se complaisent les experts aux gages du gouvernement.

Graphique 2

Tendances de long terme du taux de change Euro-Dollar

Source: Banque centrale européenne

D’autre part, quand bien même l’Euro tomberait en-dessous de 1,15 USD, cela ne réglerait qu’une partie de nos problèmes, car cela laisserait la France à parité avec l’Allemagne. Or, c’est avec l’Allemagne que notre compétitivité aussi pose problème. La question n’est donc pas seulement du taux de change avec le « reste du monde ». Il faut le répéter, il n’y a pas de solution pour l’économie française tant que nous resterons dans la zone Euro. La raison fondamentale est que la monnaie unique oblige les pays à s’aligner sur le taux d’inflation du pays important ayant le plus faible taux. Or, ce taux d’inflation traduit en réalité des différences structurelles importantes entre les économies3. L’intérêt d’avoir des monnaies différentes réside justement dans la possibilité de les déprécier (ou de les apprécier) en fonction de ces différences structurelles.

On l’a montré dans une étude publiée il y a juste un an, la fin de la zone Euro, les dépréciations monétaires qui en résulteraient, permettraient de réaliser ces ajustements pour la France mais aussi pour d’autres pays, que le carcan de l’Euro nous interdit. Ce faisant, il serait possible de retrouver rapidement le chemin de la croissance et par là même d’avoir les marges de manœuvre pour faire les réformes structurelles dont notre pays a réellement besoin mais qui ne sont pas ces caricatures que l’on nous présente aujourd’hui.

Le gouvernement aujourd’hui s’affole…

Il est désormais clair que le gouvernement aujourd’hui a pris conscience de l’impasse dans laquelle l’économie française est plongée. Les dernières mesures qui ont été annoncées, comme la suppression de la première tranche de l’impôt sur le revenu (IRPP), ou l’annonce d’une « prime exceptionnelle » pour les petites retraites, témoignent de son affolement. La discussion budgétaire sera problématique car le gouvernement devra faire face à une possible censure de la part de la Commission Européenne s’il renonce à ses objectifs de réduction du déficit public, et une censure certaine des députés s’il reprend brutalement des mesures austéritaires. Il est probable qu’il cherchera à s’émanciper d’un vote en recourant à des artifices de procédure comme le vote bloqué ou en engageant la confiance du gouvernement (article 49-3). Ces artifices peuvent prolonger la vie de ce gouvernement de quelques semaines, voire de quelques mois, mais certainement pas au-delà du printemps 2015.

La raison demanderait au Président de prendre acte de l’échec de sa politique, de l’échec plus générale de la stratégie de l’Union Monétaire dans laquelle le pays est engagé, et de changer de politique. Il est certes bien tard pour le faire. Cela impliquerait de changer une nouvelle fois de Premier Ministre et de nommer à Matignon un homme ou une femme ayant les convictions et les capacités pour mettre en œuvre ce changement radical. Plus que tout autre chose, ceci demanderait au Président de s’extraire du piège narcissique dans lequel il s’est mis de lui-même. Il n’est pas sûr qu’il en ait la force ni la volonté. Mais il doit comprendre que le confort de la continuation de la politique actuelle ne durera pas et se paiera d’ici quelques mois à un prix autrement fort.

  1. Artus P. (ed) « De combien faut-il réduire le coût du travail en France et en Italie ? De 15 à 20% », Natixis, FLASH-ECONOMIE n°506, 20 juin 2014, []
  2. Artus P. (ed) « L’Allemagne peut-elle sauver la France ? », Natixis, FLASH-ECONOMIE n°650, 29 août 2014. []
  3. Sapir J., « Is the Eurozone doomed to fail », pp. 23-27, in Making Sense of Europe’s Turmoil, CSE, Bruxelles, 2012. []

Publié par Frédéric Maurin à 04:09am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #ps , #hollande , #crise , #austérité , #allemagne , #france , #euro , #front de gauche , #Jacques Sapir , #Parti Socialiste

20 Septembre 2014

Seita Nantes : encore un dur combat pour l'emploi !

Cet article est reposté depuis Où va la CGT ?.

Publié par Où va la CGT ? à 00:33am - Voir le commentaire ()

19 Septembre 2014

Quoi de neuf cet automne ?

Quoi de neuf cet automne ?

Un programme chargé...

Bon courage !

  • PROGRAMME DE L’UNIVERSITÉ D’AUTOMNE 2014 DU M’PEP
  • DU 8 AU 11 NOVEMBRE
  • UNE NOUVELLE DYNAMIQUE DE RÉSISTANCE RÉPUBLICAINE A L’UNION EUROPÉENNE (...)
  • ÉVÉNEMENTS
  • LES FILIÈRES DE L’UA
  • Samedi 8 novembre
  • Dimanche 9 et lundi 10
  • PROGRAMME JOURNALIER
  • VENDREDI 7 NOVEMBRE
  • SAMEDI 8 NOVEMBRE
  • DIMANCHE 9 NOVEMBRE
  • LUNDI 10 NOVEMBRE
  • MARDI 11 NOVEMBRE
  • Liste des intervenants
  • CLIQUEZ ICI POUR TÉLÉCHARGER LE BULLETIN D’INSCRIPTION
  • Liste des intervenants
  • Gilles Amiel de Ménard (porte-parole du M’PEP).
  • Jean Calvary (CGT Cheminots).
  • Pascal Chauvet (M’PEP 33).
  • Bernard Coadou (ancien médecin, président de la Coordination Santé Solidarité Gironde),
  • Denis Collin (philosophe, dernier ouvrage publié : À dire vrai : Incursions philosophiques).
  • Jacques Cotta (journaliste et réalisateur, dernier ouvrage publié : L’Imposteur).
  • Jacques Delaveau (président du Mouvement de sauvegarde, promotion et démocratisation des services publics en Sud-Gironde).
  • Thierry Delbos (président du Cercle des patriotes optimistes).
  • Michèle Dessenne (porte-parole du M’PEP).
  • Fabio Frati (Coordination nationale italienne contre l’euro, Italie).
  • Giorgios Giorgis (Front populaire uni, EPAM, Grèce).
  • Danielle Goussot (Bureau exécutif M’PEP).
  • Panthéa Kian (M’PEP 33).
  • Wilhelm Langthaler (Comité Euro exit, Autriche).
  • Anicet Le Pors (ancien ministre, conseiller d’Etat honoraire, dernier ouvrage publié : La Citoyenneté).
  • Jean-Pierre Lebrun (psychiatre et psychanalyste, dernier ouvrage publié : Soins palliatifs : le dernier manteau).
  • Toni Manigrasso (Coordination nationale italienne contre l’euro, Italie).
  • Manuel Monereo Peréz (Izquierda Unida et Parti communiste d’Espagne, PCE, Espagne).
  • Jacques Nikonoff (porte-parole du M’PEP, dernier ouvrage publié : La Confrontation. Argumentaire anti-FN).
  • Carl Pivet (vice-président d’AC Gironde).
  • Michel Quinet (secrétaire général du M’PEP).
  • Jean-Paul Scot (historien, dernier ouvrage publié : Jaurès et le réformisme révolutionnaire).
  • Danielle Trannoy, (PCF Bassin d’Arcachon)
  • Représentants de Comités départementaux de résistance républicaine à l’Union européenne.
  • Représentant du Synptac CGT (SYndicat National des Professionnels du Théâtre et des Activités Culturelles), membre de la Fédération CGT du Spectacle.
  • Représentant de la Confédération paysanne de Gironde.
  • Représentant des Amis de la Terre des Landes.
  • Représentant de Palestine 33.
  • Représentant de l’UJFP (Union juive française pour la paix).
  • Représentant des agents des services hospitaliers d’Elior de l’hôpital Bagatelle de Talence.

Publié par Frédéric Maurin à 23:42pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #pcf , #cgt , #m'pep , #automne 2014

14 Septembre 2014

Parti Socialiste : Qu'aurait fait Jaurès ?

Parti Socialiste : Qu'aurait fait Jaurès ?

Qu'aurait fait Jaurès aujourd'hui?

Incendier le siège du Parti Socialiste ?

C'est la thèse, osée, d'un odieux connard dont vous ne manquerez pas de prendre connaissance en cliquant ci-dessous :

What would Jaurès do ? | Le blog d'un odieux connard

Publié par Frédéric Maurin à 23:13pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #jaurès , #ps , #Parti Socialiste

11 Septembre 2014

Lavilliers, Scorpions, IAM, Alpha Blondy... en concert

Lavilliers, Scorpions, IAM, Alpha Blondy... en concert
Ils seront à la Fête de l'Humanité 2014 à compter du 12 septembre
Et bien d'autres encore (lire plus bas).
Ces grandes voix ne doivent pas nous faire oublier que L'Humanité , avant d'être une fête, c'est un journal qui vit encore grâce à ceux qui le lisent.
Allons droit au but. En ces temps menaçants, la Fête de l’Humanité ne sera pas seulement la fête du journal en cette année où l’on rend hommage à son fondateur Jean Jaurès, assassiné il y a cent ans, alors qu’il était cette grande voix qui s’est élevée jusqu’au bout contre ce qui allait être le grand massacre inaugural du XXe siècle. Il est vrai que depuis longtemps elle est déjà devenue bien plus. Elle est en chaque rentrée la fête de toute la gauche, du moins celle qui n’a pas renoncé, la fête des forces solidaires et humanistes en actes.

Mais nous vivons là, dans le monde et en France, une situation d’une gravité qui semble sans précédent depuis des années. En Irak, la barbarie ne désarme pas. À Gaza, les assassinats, car il s’agit bien d’assassinats par bombardements de centaines de civils, de femmes et d’enfants, ont repris après quelques jours d’une nouvelle trêve. Jamais depuis des années, on n’aura vu dans les rues et au plein de l’été autant de manifestants pour exiger un cessez-le-feu immédiat, de véritables négociations, la levée du blocus et le droit des Palestiniens à un État.

La Fête de l’Humanité peut être une manifestation d’une puissance sans précédent. En France, le président de la République vient de confirmer, dans le Monde, le cap qui depuis deux ans l’a rendu plus proche du Medef que des forces politiques, sociales et populaires qui l’ont élu. La déception et la résignation font de véritables ravages dans l’opinion. Des millions de Français ne voient plus d’alternative aux politiques de la droite et du PS, et le FN tente d’en faire ses choux gras. Pourtant, les forces existent pour reconstruire une perspective de gauche.

Au sein du Parti socialiste lui-même, chez les écologistes, avec le Front de gauche. Les communistes se disent disponibles pour cela, pour débattre, rassembler. La rentrée politique est commencée, avec les universités d’été qui peuvent être des temps forts de cette ambition. La Fête peut la mettre en actes, avec des dizaines de milliers de voix, pour changer la donne.

Maurice Ulrich

Voir en ligne : sur Humanité.fr

Publié par Frédéric Maurin à 22:48pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #l'humanité , #lavilliers , #pcf , #scorpions , #iam , #alpha blondy

1 Septembre 2014

Valls : le renoncement, c'est maintenant !

Valls : le renoncement, c'est maintenant !

Jacques Sapir,

une fois de plus...

Publié par Frédéric Maurin à 21:46pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #euro , #crise , #chômage , #croissance , #Parti Socialiste