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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

31 Janvier 2015

Islam, islamisme : établir une ligne de partage

Pièces et Main d'Oeuvre nous prie de prendre connaissance du communiqué suivant :

Le collectif Lieux Communs poursuit depuis plusieurs années une réflexion sur l'islam et l'islamisme, en général et en France. Fait remarquable : ce collectif ne se contente pas de raisonner à partir des livres, mais réalise des enquêtes de terrain et des entretiens - voir leurs brochures sur le Printemps tunisien et sur le "Malaise dans l'identité" (http://collectiflieuxcommuns.fr/ ).

Son site propose une revue de presse exhaustive des événements et réactions consécutifs aux massacres des 7, 8 et 9 janvier 2015 à Paris.

Aujourd'hui, le collectif publie un texte synthétique (deux pages ci-dessus) qui résume le contexte général de ces attentats, et qui nous propose quelques pistes de conduite pour nous, libres penseurs et partisans de l'émancipation sociale. Nous faisons circuler ce texte parce que nous sommes en accord avec lui, et nous appelons à le faire circuler :

http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=688
Islam, islamisme : établir une ligne de partage

Publié par Frédéric Maurin à 13:27pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #charlie hebdo , #pmo , #piece et main d'oeuvre , #collectif lieux communs

27 Janvier 2015

7 Février: en lutte contre l’Union européenne

7 Février: en lutte contre l’Union européenne
7 Février: en lutte contre l’Union européenne

et Dieu sait s'il y a du boulot !

Ainsi de Junker indiquant qu'il "ne peut y avoir de choix démocratiques contre les traités européens"

La démocratie ce sera sans l'UE de Juncker.

Publié par Frédéric Maurin à 23:05pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #Union européenne , #m'pep , #élections européennes , #juncker

27 Janvier 2015

SYRIZA : note sur quelques escroqueries

Je vais faire bref mais le sujet mérite d'être creusé.
Le texte ci-dessus s'appuie un sondage BVA pour conclure, entre autres, que "Le Front de gauche a une analyse de la situation française très parcellaire".
Or, un sondage d'opinion sonde une opinion, pas une connaissance.
Voyons ce sondage-là de plus près:

" Pour 36% des Français, les conditions fixées à la Grèce par l’UE pour recevoir son aide au cours des dernières années ont été trop sévères, pour 40% elles ont été « justes comme il faut » et pour 20% elles n’ont pas été assez sévères (4% ne se sont pas prononcés). "

Hypothèse:
si 100 % des sondés connaissaient les conditions fixées à la Grèce par l’UE, conditions sur lesquelles on les sonde : Quand l’austérité tue
et avaient étudié les éventuelles alternatives à ces conditions:
Islande,la banque ou le peuple ?
....ALORS 95% des sondés auraient voté Syriza et... j'aurais publié une brillante étude objective et scientifique sur le site participatif du Nouvel Observateur !

Autre illustration mais, promis, je vais pas y passer la nuit même si cela le mériterait:

"Toutes les études d’opinion montrent que les Français ont compris qu’une politique keynésienne n’était plus possible dans les circonstances actuelles."
Ainsi, 79% des Français déclarent, dans un sondage BVA de ce week-end, qu’ils ne souhaitent pas l’accession au pouvoir en France d’un parti comme
Syriza."

...cela ne signifie pas que 79% des français connaissent l'économiste JM Keynes.
Et je ne suis pas convaincu non plus que " toutes ces études d'opinion " ont posé la question suivante : "une politique keynésienne est-elle possible dans les circonstances actuelles"...en précisant la nature des fameuses "circonstances actuelles".

Toutefois, à la décharge de l'auteur, notons par charité qu'il se présente comme communicant, pas économiste...Dans ce cas, comme on aurait dit à Charlie : Tout est pardonné !
Mais n'oublions pas, à l'avenir, de couper net ces ficelles lorsqu'elles seront trop grosses...

Publié par Frédéric Maurin à 21:48pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #syriza , #austérité , #grèce , #front de gauche , #Union européenne

27 Janvier 2015

Vers un printemps grec, de courte durée?

VERS UN PRINTEMPS GREC ?

Communiqué du Bureau exécutif du Mouvement politique d’émancipation populaire (M’PEP).

Le 26 janvier 2015.

C'est le 3ème point de la déclaration ci-dessus qu'il faut particulièrement relever:

3.- SYRIZA va faire l’expérience douloureuse de la confrontation avec le système de l’Union européenne, et devra admettre que son programme ne pourra pas s’appliquer sans sortie de l’euro et de l’Union européenne.
Depuis 2007, la Grèce a reçu 380 milliards d’euros de prêts qui n’ont pas servi à soulager les misères du peuple ni à relancer l’activité économique, mais à rembourser les créanciers ! Il faut retrancher de ce total 100 milliards d’euros d’effacement de la moitié de la dette grecque en 2012. La dette de l’Etat représente aujourd’hui 175% de son PIB (321 milliards d’euros). Elle est détenue à 70% par les créanciers publics internationaux. Le FMI en détient 22 milliards, les pays de la zone euro 53 milliards sous forme de prêts bilatéraux (France 10 milliards), le Fonds européen de stabilité financière (142 milliards)… Cette dette grecque n’a pas à être payée, elle doit être annulée. Tout le monde sait que la Grèce ne pourra pas s’en sortir si sa dette n’est pas allégée, voire supprimée. Le remboursement de la dette représente en effet 20 à 25% du budget de la Grèce, lui ôtant toute marge de manœuvre.
Les créanciers (BCE, UE, FMI principalement, Etats membres) peuvent décider de diminuer le montant de la dette à rembourser, de diminuer le taux d’intérêt, d’allonger la durée de remboursement ou les trois à la fois. Tout ceci a déjà été fait dans le passé. Les mesures de « quantitative easing » prises par la BCE peuvent servir à cela. Cette perspective est difficilement envisageable, car les oligarques européens ont peur d’une contagion au Portugal, à l’Espagne, à l’Irlande.
La politique de relance de l’économie et d’augmentation de la demande envisagée par SYRIZA ne pourra pas donner de résultats sans mesures protectionnistes, autrement dit sans rupture avec le traité de Lisbonne qui les interdit. Le principal problème de la Grèce est en effet le déficit de sa balance des paiements : la Grèce importe quatre fois plus qu’elle n’exporte. Elle consomme quatre fois plus qu’elle ne produit. Là se trouve le problème principal de ce pays. L’endettement public ne pourra cesser que lorsque le relèvement du tourisme, de l’industrie et de l’agriculture permettront aux Grecs de consommer ce qu’ils produisent. Toute politique de relance, sans ces conditions, sera un échec.
Nous souhaitons ardemment que le peuple grec réussisse à desserrer l’étau qui l’étrangle et nous ne voulons pas jouer les Cassandre. Il ne faut pas cependant se mettre la tête dans le sable et refuser de regarder la réalité en face. Il est impossible de mettre un terme aux politiques néolibérales d’austérité sans s’affranchir des instruments principaux des politiques néolibérales que sont l’euro, le traité de Lisbonne, et toutes les institutions européennes. Comme il paraît peu réaliste d’obtenir l’accord des Vingt-Huit sur ces questions, il faut bien envisager la seule issue qui demeure : une sortie unilatérale de la Grèce de l’euro et de l’Union européenne.

Publié par Frédéric Maurin à 06:16am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #syriza , #grèce , #ue , #m'pep

26 Janvier 2015

En Grèce, l'espoir SYRIZA

Stéphane Charbonnier, dit Charb, 21 août 1967 - 07 janvier 2015
Stéphane Charbonnier, dit Charb, 21 août 1967 - 07 janvier 2015

Comme promis ici, le mot de Jacques Sapir et, pour mémoire, les six étapes du désastre de la crise financière qui a failli transformer "le berceau de la démocratie" en tombeau.

"En acceptant de transiger sur des réformes sociétales pour mettre au premier plan la question de l’affrontement avec les institutions européennes, Alexis Tsipras montre quelles sont ses priorités, prouve son absence de sectarisme, et envoie un message clair aux peuples européens. La question fondamentale est donc bien celle de la souveraineté et cela conditionne les alliances qui peuvent être passées.Ce message est un message d’espoir.
Un message digne d’émulation."

Alors, les Français, message reçu ?

L’effet domino, vite !

Désolant. Une page se tourne, une autre est à écrire.

Publié par Frédéric Maurin à 21:05pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #grèce , #euro , #syriza , #ue , #Alexis Tsypras

26 Janvier 2015

Fachos de tous pays, unissez-vous ?

Fachos de tous pays, unissez-vous ?

Trafic d’armes : la police judiciaire va-t-elle remonter de l’ultra-droite jusqu’à

Coulibaly ?

La Voix du Nord 23 01 2015.

C'est une piste suivie par des policiers.

Si elle s'avère sérieuse, ce sera du lourd.

Beaucoup plus lourd que ce qui s'écrit ici habituellement.

Un certain 7 janvier, j' écrivais :

(...) Charlie Hebdo a souvent, si ce n’est toujours, été à la pointe du combat contres tous les obscurantismes, tous les fascismes.

Tous les fascismes, quelles que soient les couleurs dont ils s’habillent : qu’ils usurpent ici le Bleu-Blanc-Rouge de la République ou ailleurs le Vert de l’Islam.

Les fascislamistes, puisqu’il s’agit d’eux, qui ont commis ces meurtres ne se sont pas trompés de cible.

Ils n’attaquent pas leurs « frères » d’extrême-droite qui, ici, désirent comme eux le choc de civilisation, se nourrissent des mêmes logiques de haine.

Je me souviens que, quand ceux-ci étaient du bon côté du manche, de 1940 à 1944, ils faisaient la même chose aux mêmes personnes. Des meurtres.

(...)

Nous y serions presque...

Publié par Frédéric Maurin à 04:33am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #charlie hebdo , #extrême-droite

24 Janvier 2015

Forza Syriza !

Forza Syriza !
FORZA SYRIZA, désolé, je ne le dirai pas en Grec, mais cela sonne bien.
Je garde.

FORZA SYRIZA donc, avec une pensée pour son petit frère (hélas ennemi), le KKE:

Grèce : progression des communistes (KKE)

Trouvez ci-joint encore enquêtes et analyses, relevées au hasard, qui fait parfois bien les choses, à vous de voir).
Ici un entretien avec Alekos Alavanos, qui fut l’un des principaux dirigeants de SYRIZA, a décidé de rompre en lançant un nouveau parti, baptisé Plan B, en référence à sa proposition-phare,sortir de la zone euro :
Le Plan B, la renaissance.
et, pour les plus courageux, une Etude sur la Grèce et la sortie de la zone euro

Bon dimanche 25 janvier à tous.

On retrouvera le citoyen Sapir lundi.

Publié par Frédéric Maurin à 12:24pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #syriza , #grève , #gauche , #front de gauche , #mélenchon , #kke , #Union européenne , #euro , #europe

22 Janvier 2015

Loi Macron : caisse à outil du libéralisme ?

Stéphane Charbonnier, dit Charb, 21 août 1967 - 07 janvier 2015

Stéphane Charbonnier, dit Charb, 21 août 1967 - 07 janvier 2015

Loi Macron : la fin des illusions... pour celles et ceux qui en avaient.
CGT, Solidaires, CGC, Syndicat des avocats de France, Syndicat de la Magistrature ont tenu un point de presse unitaire ce 21 janvier pour expliciter les dangers dont est porteur ce texte et pour appeler à se mobiliser, notamment le 26 janvier, mais d’ici là dans des initiatives telles que celles prises dans le commerce ce mercredi 21.

Cette future loi réussit l’exploit d’être à la fois « fondatrice et superficielle », explique Marie-Laurence Bertrand, dirigeante de la CGT. « En effet, elle combine des propositions modifiant en profondeur la nature de l’intervention de l’Etat et les droits des salariés, et des mesures dérisoires par rapport aux déclarations d’intention. Ainsi, au prétexte de favoriser la mobilité des jeunes, elle propose de développer le transport en autocar, non-sens économique, social et écologique. A l’inverse, des propositions dont la pertinence n’est pas démontrée, voire contestée, servent en fait à restreindre le droit du travail ; l’exemple le plus marquant est celui de l’élargissement du travail du dimanche et de nuit dans le commerce : les achats effectués pendant ces périodes ne le seront plus aux heures « normales » d’ouverture. » Tout naturellement, le projet de loi Macron s’inscrit dans le virage libéral de l’exécutif dont il traduit les orientations par une série de mesures tous azimuts recouvrant des champs ministériels très différents : Travail, Justice, Environnement, Logement, Finances, Transport. Le projet de loi s’inscrit dans la suite la loi du 11 janvier 2013 sur la sécurisation de l’emploi, du CICE, du pacte de responsabilité, de la réforme territoriale et de la réforme de l’Etat Il poursuit la même politique de réformes structurelles, de cadeaux au grand patronat, de mesures de simplification qui, non seulement n’apportent pas la preuve de leur efficacité économique, sociale, mais qui perpétuent les logiques qui ont poussées nos économies dans la crise. Pour en sortir, le gouvernement prétend « libérer » l’entreprise de toutes les contraintes, réduire les dépenses publiques, réduire le prétendu « coût du travail ». De cette manière, il répond aux injonctions de l’Union européenne, comme aux revendications du Medef. Ce projet a aussi comme caractéristique de réorienter des décisions juridiques ou législatives qui étaient favorables au monde du travail et jugées comme défavorables aux entreprises. Par exemple, le texte déconstruit les quelques avancées de la loi ALUR sur le logement ou encore annule la jurisprudence « Sephora » sur les nocturnes dans le commerce.

Publié par Frédéric Maurin à 07:10am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #cgt , #medef , #grève , #ps , #Hollande , #macron , #emploi , #dialogue social , #austérité

20 Janvier 2015

Après Charlie, la vie continue...

Stéphane Charbonnier, dit Charb, 21 août 1967 - 07 janvier 2015

Stéphane Charbonnier, dit Charb, 21 août 1967 - 07 janvier 2015

Le mot de l'Huma sur le sujet
Le mot de l'Huma sur le sujet

même si rien ne sera jamais comme avant, au moins ici,
la vie continue.

La vie continue, à La Poste par exemple, dont certains établissements "étaient aussi Charlie" il y a 10 jours...et pour laquelle, si le délit de blasphème n'existe pas sur le territoire de la République, il n'en va manifestement pas de même pour le délit d'opinion.

Communiqué de la fédération SUD-PTT

Yann Le Merrer, secrétaire départemental adjoint de SUD PTT des Hauts-de-Seine vient de recevoir sa notification de révocation pour des faits liés à l’activité syndicale et au conflit qui a agité les Hauts-de-Seine au premier semestre 2014. Du jamais vu depuis 1951, date à laquelle deux responsables de la CGT avaient subi une sanction similaire, la plus lourde qui soit pour un fonctionnaire. Pourtant le dossier disciplinaire de Yann ne fait état que de faits liés à son activié syndicale : participation active à un conflit du travail, information aux collègues non grévistes, interpellation des directions...
La palme d’or de l’hypocrisie revient à.... nos patrons !
Des centaines de syndicalistes subissent menaces et sanctions dans leurs activités quotidiennes pour avoir simplement relayé les revendications des personnels ou d’être à leurs côtés dans les luttes. La simple liberté d’information est interdite dans certaines directions, les représentant-es syndicaux-ales n’ayant pas le droit de rentrer dans les bureaux pour distribuer ne serait-ce qu’un tract. Pourtant les dirigeants de la Poste ont demandé à tous les postier-ères de respecter une minute de silence pour la défense de la liberté d’expression, habillant en parallèle le site de La Poste du symbole « Je suis Charlie ». Quelle ironie quand on sait que cette même liberté n’a pas droit de cité dans l’entreprise !
La responsabilité de l’Etat
Même hypocrisie du côté du gouvernement qui n’a jamais daigné nous recevoir sur les libertés syndicales à La Poste depuis 2 ans malgré les courriers d’alerte que nous avons envoyés aux ministres de tutelle successifs. Même silence des représentant-es de l’Etat au Conseil d’Administration, instance dans laquelle nos représentant-es font souvent état de la répression anti-syndicale qui s’abat sur les militant-es. Ce gouvernement a une drôle de conception de la liberté d’expression quand il s’agit de l’entreprise tant vantée par le premier ministre.
SUD ne laissera pas faire
Depuis des années La Poste sanctionne sans vergogne les représentant-es syndicaux qui luttent aux côtés des personnels. Elle interdit l’exercice de leur mandat syndical, leur expression, la discussion avec les personnels, la diffusion de leurs revendications. Elle vient de franchir un nouveau palier en révoquant un fonctionnaire.
Evidemment nous allons riposter et toutes les voies de recours seront utilisées pour casser cette décision inique. D’ores et déjà nous travaillons sur un référé suspension. Nous ne nous laisserons pas bâillonner. Nous continuerons d’être au côté des personnels. On ne nous fera pas taire !

Signez la pétition en ligne

Après Charlie, la vie continue...

Publié par Frédéric Maurin à 09:13am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #la poste , #cgt , #sud , #grève , #charlie hebdo , #l'humanité , #République , #presse libre

18 Janvier 2015

Lettre ouverte à nos amis musulmans

Ci-dessous, l'avant-propos brillant de cette BD d'histoire en images, 01/2013, éd.Rotative

Ci-dessous, l'avant-propos brillant de cette BD d'histoire en images, 01/2013, éd.Rotative

Donc, nous disions : " Lettre ouverte à nos amis musulmans "...
...et à ceux qui les méprisent, les haïssent ou... croient les respecter en s'interdisant de représenter leur prophète.
Ce qui, en somme, fait pas mal de monde.
Je m'occupe, car ce n'est pas l'objet de ce bloc-note, rarement de théologie.
Mais l'obscurantisme, quelle que soit sa couleur, verte, rouge, bleu-blanc-rouge, soralien, zemmourien, dieudonnique ...fait très bon ménage avec ce avec quoi on prétend rompre ici.
Alors, allons-y, je m'y colle: peut-on Oui ou Merde, et surtout pourquoi, représenter tel ou tel prophète, fut-il le dernier en date?
Eh bien, vous le verrez, c'est Oui, que ce soit pour le caricaturer ou mieux le connaître, que l'on croit en sa parole ou que l'on s'en foute.
Reproduction, à la virgule près, de l'avant-propos de "La vie de Mahomet" illustrée par le Grand Charb, dans un des fameux hors-série de Charlie ?
Avant-propos

(tiré de l'ouvrage ci-dessus. Après on verra le reste du propos...)

Croyants et profanes s’accordent au moins sur un fait : Mahomet était un homme.
Sceau des prophètes ou imposteur, pacifiste ou guerrier, mystique ou assoiffé de pouvoir, âme charitable ou tyran, ascète ou amateur de femmes, la personnalité d’Abdû al-Qâsim, l’ultime messager d’Allah, suscite maints questionnements et nourrit tous les fantasmes.
Contrairement à celles de Jésus ou de Moïse, qui ont bercé l’imaginaire occidental, son histoire a souffert d’un manque de pédagogie.
Plus que les enseignements religieux destinés à ses ouailles, son parcours terrestre mériterait d’être connu par tous.
C’est justement l’ambition du présent travail. Contrairement aux apparences, c’est un livre très sérieux qui a nécessité de longs mois de recherches afin d’illustrer le parcours d’un homme, Muhammad, tel que décrit dans les sources islamisques elles-mêmes.
Mis à part la forme innovante, cet ouvrage n’invente rien sur la vie du messager d’Allah. Il n’a pas de prétention historique ou scientifique, puisqu’il ne fait que compiler des bribes de la sîra, cette chronique prolifique et diffuse qui a consigné les moindres détails de la vie du prophète.
Chaque anecdote, chaque phrase mise dans la bouche de Muhammad est annotée, et renvoie à des références bibliographiques dont les plus rigoureux oulémas de l’islam ne contesteront pas l’authenticité.
Rédigées dans un arabe ancien , souvent contradictoires entre elles, ces ommahât al-massâdir (« sources mères ») constituent la vulgate canonique exclusive – en plus du texte coranique – dans laquelle les musulmans puisent la sagesse de leur prophète.
La sîra alépine d’Ibn Sayyid an-Nâs, la sîra d’Ibn Hicham, le Livre des grandes classes d’Ibn Sâad, et bien d’autres sources islamiques ont permis de tisser la trame de ce récit.
Oui, mais…Le dessiner, pourquoi le dessiner ? Parce que Charlie, journal de dessinateurs, a pour vocation, pour devoir, de dessiner, et se réserve le droit de caricaturer qui l’inspire. Toutefois, cet ouvrage n’est pas non plus une suite d’anecdotes nées de l’imagination profane d’un dessinateur impie.
Ici, Muhammad n’est pas représenté, il n’est pas caricaturé. Son personnage, le petit bonhomme jaune de CHARB, est une métaphore. Soyons sérieux, qui pourrait prétendre que Mahomet était ainsi, sous les traits que lui attribue ce livre ?
Dans les sources islamiques précitées, il existe des descriptions détaillées du prophète. Grand de taille, blanc de peau, les sourcils denses et attachés, les yeux noircis de khôl, le nez long et fin, la barbe teinte au henné, la bouche généreuse et les dents espacées, tels étaient les attributs physiques de Muhammad. Fallait-il que le dessin s’y conforme ? Cela aurait-il changé quelque chose s’il avait été remplacé par une bulle vide, un turban ou un point d’interrogation ?
Telle n’est pas la démarche de Charlie, puisque c’est justement cela la plus risible des caricatures.
Doit-on entériner l’obligation morale, réclamée par les plus fanatiques de ses fidèles, de respecter Muhammad? Pas plus que l’on ne doit se conformer à celle de Jésus ou Moïse.
Non, les mêmes qui, en France, pensent qu’en dessinant le prophète de l’Islam on pousse le bouchon trop loin sont ceux qui, dans une complaisance qui frise le mépris, sont convaincus que cette religion est loin, très loin derrière les Lumières. Ils caressent dans le sens du poil les plus ignorants parmi les musulmans, ceux qui, non conscients d’être infantilisés, nourrissent à tort l’espoir que pour leur seul bonheur le blasphème soit un jour proscrit en France.
Ce n’est pas à ceux-là que Charlie s’adresse, mais aux autres, plus nombreux, plus discrets, qui n’ont pas troqué leur sens de l’humour contre le ridicule grincheux des clercs autoproclamés, prêts à s’insurger pour une loi écrite nulle part. L’islam n’est-elle pas une religion de l’écrit ? Lançons ici le défi ! Que celui qui trouve dans le Coran ou la sunna le moindre texte interdisant de représenter Mahomet, ou qui que ce soit d’autre, nous jette la première pierre.
Non que Charlie ait le souci de se conformer aux préceptes de l’islam, mais, pour avoir passé au peigne fin ses sources, il s’avère que le tabou le plus tenace de la religion musulmane, celui pour lequel les foules s’insurgent et tant de crimes sont commis, ne se fonde pour rien, dans une religion où seul l’écrit scelle les enseignements d’Allah.
D’ailleurs, ce pour quoi on voue Charlie aux flammes de l’enfer, les musulmans chiites le font depuis toujours. Que l’enluminure persane représente un Mahomet enturbanné, assis en tailleur et dispensant ses enseignements…
En France, cette France qui bouffait du curé il n’y a pas si longtemps, ne pas se plier à une interdiction religieuse est toujours un acte de subversion, voilà le constat.
Athée, laïque, universaliste et antiraciste, Charlie propose à travers ce livre un traitement bien français de l’histoire d’une religion aujourd’hui profondément ancrée en France. Parce qu’il est important pour le profane de connaître qui a changé le cours de l’histoire, voici la vie de Muhammad, telle que rapportée par ses fidèles.
ZINEB
Sociologue des religions

Publié par Frédéric Maurin à 07:05am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #charlie hebdo , #mahomet , #muhammad , #islam , #charb , #zineb