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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

30 Mars 2015

Large victoire de Sarkozy et de l'UMP

Déjà connu pour ses performances passées Sarkozy a obtenu le prix du Menteur de l'année 2014.

Il semble bien parti pour les années à venir.

Félicitations à ses plus fidèles collabos et à ses amis

Vox populi, Vox Neuilly !

La lutte de places terminée, passons aux choses sérieuses et préparons maintenant les troisièmes tours sociaux

Publié par Frédéric Maurin à 09:29am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #ump , #sarkozy , #front national , #grève , #élections

29 Mars 2015

Radio-France : 10 ème jour d'une grève exemplaire

Fidèle auditeur du 7-9H00 de France Inter, je le suis resté durant ces 10 derniers jours de grève.

La musique, diverse et originale, est bonne. Rien à voir avec les robinets à musique des radios privées (à ne pas confondre avec les radios "libres"dont il ne reste hélas plus grand chose).
Régulièrement, une voix douce et, osons le dire, sensuelle, vous rappelle régulièrement qu' "En raison d'un mouvement de grève etc..." (Tenez bon, camarades!)

Mais, par dessus tout, plus de publicité !

Finie "La Matmut qui assure" et ses voix criardes, cloués le bec des "poulets fermiers du Gers", les " hin,hin,hin... Fortunéo, j'aime ma banque" (pervers, va!) ... et j'en passe.
Putain, que ça fait du bien !
C'est quand la grève arrête le cours de la vie normale de l'exploitation ordinaire, perturbe le libre mouvement du bourrage de crâne , que l'on se rend compte à quel point la vie serait plus belle si l'on virait ces parasites.

Mais aussi, chaque jour de grève qui passe, cette pointe d'envie:

Dire qu'il nous faut attendre le jeudi 9 avril 2015

pour faire pareil...

« Cette grève est pour vous »


Lettre ouverte aux auditeurs de Radio France
 


Nous sommes les voix qui, chaque jour, s’adressent à vos oreilles. A travers nos émissions, nos interviews, chroniques, reportages, documentaires, nous tentons au mieux de faire vivre les missions de la radio publique : « informer, éduquer, divertir ».

Nous, équipes de production des émissions de Radio France (animateurs, reporters, collaborateurs, chroniqueurs…)  partageons les inquiétudes de l’ensemble des personnels de Radio France mobilisés depuis le 19 mars.

Ce mouvement de grève a pour objet de défendre les radios de service public, et non des intérêts particuliers ou corporatistes. L’engagement budgétaire non tenu par l’Etat entraine aujourd’hui un déficit grave qui menace l’existence de la radio telle que vous l’aimez et que vous la financez à travers la redevance audiovisuelle.

Nous sommes consternés de voir les travaux de rénovation de la Maison de la Radio si mal encadrés et si mal gérés, occasionnant le surcoût exorbitant que vous connaissez. Vos impôts, vos programmes et vos oreilles, doivent-ils payer pour cette incompétence? 

Le service public n’a ni la vocation, ni la possibilité d’être rentable. 
Or, cela semble être aujourd’hui la logique insidieuse de la Présidence de Radio France et au-delà, celle de sa tutelle, le Ministère de la culture. Et l’hypocrisie jusqu’à présent de la tutelle (ministre de la Culture) semble accréditer une telle logique.

Conscients du contexte de crise économique et des efforts nécessaires, nous soulignons que de lourds sacrifices ont déjà été réalisés (en témoigne la baisse de 87,5 millions d’euros du budget entre 2010 et 2014). Une idée fausse voudrait que Radio France soit un lieu de gabegie, de privilèges et d’intérêts corporatistes. Savez vous pourtant que la majorité des voix que vous entendez quotidiennement travaille dans le cadre de contrats saisonniers et précaires ?

Comment continuer à produire de la radio de qualité quand les moyens matériels (studios, salles de montage, camions-régie…) sont constamment rognés ? Comment faire entendre les réalités d’un pays quand la plupart des émissions ne peuvent plus, faute de budget, envoyer de reporters au-delà du périphérique parisien?

Comment conserver notre indépendance - celle à laquelle vous avez droit - quand se multiplient sur les antennes des partenariats ou des publicités plus ou moins déguisées ? Si l’on suit la logique actuelle, la radio de demain ce sera : moins de reportages, moins de documentaires, moins de débats vraiment critiques, moins de concerts… Bref, une radio standardisée, calquée sur l’actualité ou sur les goûts majoritaires, une radio au rabais.

Nous aimons passionnément nos métiers et, au nom de la confiance que vous nous témoignez, nous nous efforçons de travailler avec le plus de sérieux et d’esprit de responsabilité. Toutefois, dans ce climat de travail en constante détérioration, nous estimons de notre devoir de vous informer des risques qui pèsent sur la radio publique française.

 

Les sociétés de producteurs de France Culture, France Inter et France Musique. 

Publié par Frédéric Maurin à 22:28pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #grève , #presse libre , #médias aux ordres , #france inter , #radio france , #cgt

27 Mars 2015

Second tour : Ni-Ni ? Non,non ? Non mais...

Ose cliquer sur l'image ! Juste pour voir...
Ose cliquer sur l'image ! Juste pour voir...

Avant le troisième tour social, peut-être le plus pertinent, nous voilà donc sommés de voter ce Dimanche pour :

- sauver Hollande

- lutter contre le fascisme avec Manuel Valls

- préparer le retour de Sarkozy avec l'UMP-UDI-MODEM, qui feront aux départements ce qu'ils ont fait à la France.

- sauver la France avec Marine Le Pen et ses militants intègres

- et, par dessus tout, faire encore plus et mieux tout en baissant les impôts "qui-vous-étrangle-et-que-vous-êtes-seuls-à-payer-alors-que-le-voisin-paye-moins-même-que-c'est-mon-patron-qui-me-le dit-et-en plus-je-l'ai-lu-sur-Internet-c'est-dire-si-je-suis-informé"

- (...liste non exhaustive, rajoutez ou rayez, selon vos envies et l'humeur du moment, les mentions inutiles)

Il est vrai que les compétences du Conseil Général Départemental..., et ses budgets les plus lourds, c'est des broutilles: équipement routiers, scolaires, établissements pour personnes handicapés, dépendance des personnes âgées, aide sociale à l'enfance, enfance en danger, RSA ....
Donc, surtout, n'en parlons pas. Silence, circulez.

On est déjà en démocratie alors on va pas, en plus, se faire chier avec des débats citoyens. Faut pas pousser non plus !


Place donc à nos faiseurs d'opinion favoris. Allez, aujourd'hui et au hasard, Nicolas Sarkozy au soir du premier tour :

"Je veux dire à tous ceux qui ont fait le choix de voter pour le Front National que nous entendons leur exaspération, mais que ce parti, qui a le même programme économique que l'extrême-gauche, qui s'est félicité de l'élection du nouveau Gouvernement grec, d'extrême gauche, n'apportera aucune réponse à leurs difficultés, au contraire il les aggravera.
Je confirme qu'il n'y aura aucun accord, local ou national, avec les dirigeants de ce parti."

Je vous fais grâce de l'intégralité du discours, les plus pervers d'entre vous (et perverses, car je devine qu'il y en a aussi) pourront le retrouver ici:

http://www.u-m-p.org/actualites/a-la-une/elections-departementales-discours-de-nicolas-sarkozy-117362203
Bon, vous avez compris ?

Vous le suivez, là ?

Car, si l'on suit bien Sarkozy, on comprend que la seule chose à reprocher au Front National, c'est de s'être félicité, avec la sincérité et la cohérence qu'on lui connait bien, de la victoire électorale de Syriza !

Bin oui !

A partir de là il n'y aura évidemment "aucun accord, local ou national, avec les dirigeants de ce parti. " Et patati et patata...mais bon, si un jour le FN ne s'en félicite plus blablabla, alors on verra bien, quoi ?!

Puisque les choses se précisent comme prévu, c'est donc le vote nul qui s'impose dans le cas d'un second tour UMP-FN. "Ni, Ni" et "Non, Non", donc.

(sauf si vous tombez sur un "gaulliste de gauche", cela peut exister bien que cela ne représente pas, comme le poisson volant, la majorité de l'espèce UMP. Même plus une minorité d'ailleurs.)

Concernant les citoyen(ne)es de la belle ville de Saint Martin d'Hères : le second tour oppose une candidature FN aussi fascistoïde qu'inconsistante, et une gauche de résistance et de propositions.

Abstention, vote nul ou blanc sont évidemment ici hors de question.

Ailleurs, c'est vous qui voyez.

Non mais!

Publié par Frédéric Maurin à 08:21am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #ump , #front national , #élections , #départementales , #sarkozy , #hollande , #saint martin d'hères , #fn

25 Mars 2015

Qu'est-ce qu'être de droite ?

Stéphane Charbonnier, haï des fachos et lâchement assassiné par des fascislamistes
Stéphane Charbonnier, haï des fachos et lâchement assassiné par des fascislamistes

Cet entretien d'Emmanuel Terray a été réalisé il y a 3 ans par Rue89.

Trois ans après le départ de l'Elysée du nabot malfaisant

(NDA : pour reprendre le joli mot de Marx sur Adolphe Thiers)

et à la veille d'une forte poussée électorale de l'UM'Pen, il est utile de l'avoir à l'esprit, pour essayer de comprendre ce qui arrive à la France.
C'était en mars 2012, donc Zemmour ou les agité(e)s de la Manif pour tous ne sont pas cités. Ils n'en illustrent pas moins, a postériori ,"brillamment" bien qu'involontairement, ce propos.
Voyons donc cela de plus près...

L’anthropologue Emmanuel Terray, qui signe « Penser à droite », a enquêté sur la tribu dont les valeurs triomphent depuis plus de trente ans.

Emmanuel Terray est un grand nom de l’anthropologie française. C’est aussi un citoyen engagé, comme on dit, franchement à gauche. Il vient de publier un livre, « Penser à droite » (éd. Galilée), dont on a envie de souligner toutes les phrases.

En étudiant les écrits des grands penseurs de droite depuis la Révolution française, il a dégagé ce qui constitue leur socle commun, quelles que soient les époques, et quels que soient les « courants » et les traditions dans lesquels ils s’inscrivent.

Il nous aide à comprendre pourquoi l’immigration et l’islam sont des obsessions des hommes politiques de droite. Et pourquoi on peut être pauvre mais voter pour un candidat qui n’aide pas les pauvres.

Au terme de son enquête, il estime que la vision du monde « de droite » est aujourd’hui hégémonique – et que « François Hollande est un bon reflet » de cette domination. Entretien.

Rue89 : Vous avez entrepris de comprendre ce que c’est qu’être de droite. Comment ce sujet s’est-il imposé à vous ?

Emmanuel Terray : C’est venu de très loin : je suis d’une famille de droite classique républicaine. Au fur et à mesure que les années ont passé, il m’a semblé qu’il fallait prendre la mesure du fait que la moitié du monde ne pense pas comme moi ; et qu’on ne pouvait pas réduire ce fait à la simple défense d’intérêts matériels. D’autant que dans cette moitié qui ne pense pas comme moi, beaucoup de gens ont peu d’intérêts matériels à défendre.

Je voulais comprendre ce qui les amenait à défendre un ordre établi qui les traite relativement mal. Comme anthropologue, je me suis toujours efforcé de comprendre une société autre, une culture autre. Ce livre est le fruit d’un effort déployé pour comprendre la tribu de la droite.

C’est la même approche intellectuelle que quand vous partiez étudier des tribus en Côte d’Ivoire ?

J’ai travaillé dans des sociétés faites de lignages juxtaposés qui peuvent être très opposés les uns aux autres mais qui appartiennent tout de même à un même clan. Et quand un autre clan entre en scène, ces lignages savent toujours s’entendre.

On a un mécanisme du même genre dans la pensée de droite. Malgré son extrême diversité, la pensée de droite a toujours été capable de se réunifier quand l’adversaire se faisait menaçant.

Les historiens qui ont réfléchi sur la droite – à commencer par René Rémond, à continuer par Sirinelli et ses collaborateurs puis par Michel Winock – insistent toujours sur sa diversité. J’observe pour ma part une continuité indéniable dans le temps et une grande cohérence.

« L’ordre établi, c’est le point de départ »

Mais la droite se compose malgré tout de deux grandes familles : les tenants du libéralisme économique et ceux qui sont plutôt attachés au conservatisme social. Combien de temps cette cohabitation peut-elle encore durer ?

La tension entre les deux est un mécanisme constant dans l’histoire de la droite. La droite défend l’ordre établi. C’est le point de départ. Mais l’ordre établi change sous la pression des mouvements du monde. Par conséquent, la droite est confrontée à une échéance : ou bien nous restons fidèles à l’ordre établi tel que nous l’avons toujours défendu et nous tombons dans la réaction ; ou bien nous nous adaptons.

Vous avez une très belle transition de ce genre au début du XIXe siècle. Sous la Restauration, la droite aristocratique féodale souhaite que l’Ancien régime soit rétabli. Mais la société a changé, la révolution industrielle commence, les banques et l’argent prennent de l’importance.

Cette évolution pousse la droite légitimiste dans la réaction et c’est la droite orléaniste qui se place au cœur du jeu : ce sont les valeurs de Guizot et Louis-Phillippe qui l’emportent. L’argent.

Balzac décrit admirablement cette mutation : vous avez d’un côté la duchesse de Langeais et le comte de Montriveau, partisans de l’Ancien régime ; et de l’autre Rastignac, qui décide de s’adapter à la société telle qu’elle est devenue, qui va épouser la fille de l’usurier et se faire de l’argent.

On pourrait aussi prendre un exemple à la fin du XIXe siècle. La droite, jusque là, est résolument monarchiste. Vers 1880-1890, les plus lucides voient bien que la République est installée et qu’on ne reviendra pas à la monarchie. Et par conséquent, c’est le mécanisme du Ralliement. Dans l’Histoire, l’expression désigne le ralliement des catholiques mais ça va bien au-delà : la droite devient républicaine et ceux qui restent monarchistes versent dans la réaction.

Je me demande si on n’assiste pas au début d’une transition du même genre.

Si la mondialisation ultralibérale devient la règle définitive, si la droite classique s’accroche à ses positions, elle deviendra elle aussi réactionnaire par rapport à cette idéologie ultralibérale. Il y a une tension évidente entre les deux. Mais la crise peut aussi freiner le triomphe de la mondialisation ultralibérale ; à ce moment-là, la droite républicaine classique retrouverait ses marques.

Sarkozy, « du côté du libéralisme »

Donc les tenants du conservatisme social retrouveraient une place centrale à droite ?

Oui. Si on regarde l’échiquier politique français, on voit bien que Sarkozy et Juppé, ce n’est pas la même chose. Or on ne peut pas dire que la tendance Juppé a définitivement perdu la bataille. La crise peut favoriser une envie de modération et de stabilité.

En lisant votre livre, je me suis demandé si Nicolas Sarkozy était vraiment de droite.

Il n’est pas de la droite classique. Les valeurs de la droite classique et celles des tenants du libéralisme économique s’opposent presque terme à terme : la stabilité, l’enracinement, la sécurité et le consensus d’un côté ; la mobilité, le nomadisme, le goût du risque et la compétition de l’autre. Sarkozy est du côté du libéralisme.

Ceci dit, cette distinction n’efface pas les fondamentaux : l’ordre, la hiérarchie, l’autorité, la priorité donnée au plus proche sur le lointain, restent constantes. L’idée d’égalité est rejetée par toutes les fractions de la droite – l’inégalité est même considérée comme un bienfait, un moteur de la compétition, donc de la croissance, de l’innovation.

A vous lire, le centriste Bayrou est de droite.

Sans aucun doute. Il est clairement d’une droite conservatrice, républicaine, d’influence chrétienne – ce qui est important à souligner, parce que ce n’est pas la règle générale.

Rien d’utopique chez Hollande

Et Hollande ? Si je me fie aux valeurs que vous énumérez, j’en tire la conclusion qu’il est aussi de droite.

Là les choses sont différentes. La droite et la gauche, c’est un couple antagoniste mais indissociable. Elles sont déterminées l’une par l’autre. C’est un couple qui s’affronte dans la bataille politique et la bataille des idées. Par conséquent, on en arrive à la question de l’hégémonie : qui est dominant dans la bataille des idées ?

Contrairement à ce qu’on pense souvent, la gauche était assez largement dominante jusqu’en 1970-75, pendant la période des Trente Glorieuses : elle était dominante sous sa forme interventionniste, keynésienne, progressiste.

Il y a eu une mutation en 1980 et depuis cette période, c’est la droite qui est hégémonique : c’est le triomphe des valeurs de l’individualisme, de la compétition, des inégalités. Et je pense que François Hollande est un bon reflet de cette hégémonie de la droite.

Je ne doute pas qu’il soit un homme de gauche du point de vue de ses appartenances sociales, de son enracinement, mais dans ce qu’il développe, si les valeurs de la gauche c’est l’innovation, l’invention, la prise de risque, le privilège de l’avenir sur le présent, on en est assez loin.

Il n’y a rien dans ce que nous propose François Hollande qui relève de près ou de loin de l’utopie. Or je pense que sans utopie, il n’y a pas vraiment de pensée de gauche.

François Hollande serait donc un homme qui défend des valeurs de droite !

Je dirais que c’est un homme de gauche qui subit très fort l’hégémonie de la droite. Ce n’est pas tout à fait la même chose.

Quid des écologistes ?

Il y a chez les écologistes un curieux mélange d’utopie futuriste et de nostalgie passéiste, sur le thème du retour à la nature, à la vie simple, etc. Cette identité multiple leur permet d’attirer beaucoup de suffrages – lorsqu’il n’y a pas d’enjeu réel, par exemple aux élections européennes et régionales. Quand les élections décisives (politiques) arrivent, c’est une autre affaire.

Mélenchon ou la gauche classique

Passons à Mélenchon.

Si les valeurs de la gauche, c’est le refus de l’ordre établi, la recherche de l’égalité, l’idée qu’il n’y a pas d’ordre sans justice, et que toute injustice est un désordre, indiscutablement, Mélenchon et le Front de Gauche sont les porteurs des valeurs de la gauche classique.

Vous allez voter pour lui ?

Vraisemblablement.

Vous disiez que la pensée de droite est hégémonique. Peut-on dire que la France est de droite ?

Votre question est difficile. Je suis frappé par la chose suivante : dans la mesure où elle privilégie l’ordre et la sécurité d’une part, le proche sur le lointain d’autre part, la pensée de droite a des assises sociologiques qui lui assurent une audience considérable.

Je pense à des gens qui n’ont pas beaucoup, et qui ne sont pas prêts à risquer ce pas beaucoup dans des aventures politiques incertaines, qui raisonnent selon l’adage « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras », « ne lâchons pas la proie pour l’ombre ».

C’est un point intéressant parce que historiquement, la droite s’est toujours méfiée du suffrage universel. Et puis la révolution de 1848 est arrivée et il y a eu les premières élections au suffrage universel masculin. Divine surprise : les monarchistes ont eu 500 sièges et les républicains, 200.

La droite a découvert que le suffrage universel, à condition qu’il soit bien balisé, à condition que le choix des candidats soit bien encadré, pouvait jouer en sa faveur.

D’autre part, la démocratie implique un effort, une dépense d’énergie, de temps. Quiconque a eu des responsabilités sait que c’est bien plus facile de décider soi-même et d’essayer de faire appliquer cette décision plutôt que de consulter cinquante personnes et discuter pendant des heures pour arriver à un avis commun. Or les gens ne sont pas spontanément portés à l’effort.

Il existe aussi, plus profondément, ce que Dostoïevski a appelé la peur de la liberté. J’ai été défenseur prud’hommes dans les années 70 à la CFDT. Dans notre idéologie, nous voulions une défense collective, participative. On voulait associer les gens qui venaient porter plainte à leur propre défense. On se heurtait à des résistances farouches. Je les entends encore :

« Monsieur, je remets mon sort entre vos mains, je vous fais une entière confiance. »

Ce recul face à la liberté et la responsabilité jouent très fort en faveur de la droite, qui fait une distinction fondamentale entre l’élite et la masse.

Staline, « un tempérament de droite »

Votre témoignage vient à l’appui des croyances des penseurs de droite qui considèrent l’homme comme plutôt mauvais et feignant s’il n’est pas contraint par la société.

Si on laisse la nature opérer, la force des choses jouer, la pensée de droite est effectivement validée. Les gens de gauche ont souvent tendance à sous-estimer l’effort et les prises de risque qu’ils demandent.

Mais alors, on naîtrait de droite et on pourrait éventuellement devenir de gauche sous certaines conditions ?

Je ne sais pas si on est de droite à l’état de nature. De mon point de vue, gauche et droite sont deux tempéraments symétriques.

Si vous n’aimez pas l’ordre établi, si vous ne craignez pas l’innovation, les risques, si vous êtes un peu parieur, ce tempérament vous conduit à être de gauche.

Si vous êtes davantage soucieux de sécurité, si vous craignez pour ce que vous avez, pour ce qui existe, si vous craignez l’arrivée de gens venus d’ailleurs, vous êtes de droite.

Prenez l’Union soviétique entre les deux guerres : vous voyez s’opposer des tempéraments de gauche et des tempéraments de droite. C’est Trotski, partisan de la révolution permanente, face à Staline, partisan de l’ordre, de la discipline, de la hiérarchie.

Dans le PC chinois actuel, c’est la même chose.

Quand Sarkozy est arrivé au pouvoir, l’UMP affirmait être devenue le parti du mouvement. Etes-vous d’accord avec cette revendication ?

Cette revendication relève de la formule du prince Tancrède dans « Le Guépard »

« Il faut que tout change pour que tout reste pareil. »

Je crois que c’est le principe même de la politique de Sarkozy. L’idée est de sauver l’ordre établi dans ses fondamentaux avec ce qu’il contient d’inégalités, de toute puissance de l’argent ; mais de faire les mutations accélérées et cosmétiques qui permettront de sauver cet essentiel.

« On fait mine de craindre l’islam »

Pourquoi la droite est-elle obsédée par l’islam ?

L’islam nous est proposé comme un adversaire de substitution, car il faut toujours un adversaire, depuis que le communisme a disparu. On n’a pas assez noté que les Trente Glorieuses sont exactement contemporaines de la guerre froide.

Je suis convaincu que l’avènement de ce que Robert Castel a appelé la société salariale – une société de croissance, de plein emploi, de progrès du niveau de vie, de sécurisation des statuts pour les travailleurs – cette société construite par l’effort commun de l’aile réformiste du mouvement ouvrier et de la bourgeoisie éclairée, devait beaucoup à la pression extérieure exercée par l’aile communiste du mouvement ouvrier.

La première année que j’ai voté, en 1956, le Parti communiste faisait 26% des voix. C’était une alternative possible. A partir de 1980, la menace soviétique devenant de moins en moins crédible, le capitalisme s’est senti libéré de toute menace, d’où ce passage à l’hubris, à la démesure.

L’islam, aujourd’hui, ne met pas en cause le destin capitaliste. C’est un adversaire moins menaçant. Mais on fait mine de le craindre pour se souder contre quelque chose.

Comment les gens de droite ont-ils assisté aux révolutions arabes ?

Le printemps arabe a provoqué une petite dépression. Notre droite aurait été très désorientée si toutes les révolutions arabes avaient conduit à l’avènement de démocraties dans tout le monde arabe.

Mais les partis islamistes sont en train d’emporter la bataille politique aussi bien en Tunisie qu’en Egypte. La droite peut donc continuer à brandir la menace islamiste.

La droite va donc continuer à jouer avec le halal, les prières de rues...

Et les horaires des piscines, oui... Mais ce n’est pas uniquement pour avoir un ennemi. Cette attitude se rattache aussi à cette hostilité à l’étranger qui est une dimension importante de la pensée de droite.

La préférence nationale, pensée à droite

Pourquoi la droite est-elle si méfiante vis-à-vis de l’étranger ?

Elle ne voit pas les étrangers d’abord comme des humains. La pensée de droite déteste les catégories universelles. Vous trouverez quantité de penseurs de droite pour vous dire que l’humanité est une notion zoologique, sans contenu politique ni social, ni culturel.

Pour eux, ce qui existe, c’est les nations : certaines nous sont proches, d’autres lointaines. L’idée de préférence nationale, elle est formulée par le Front national, mais elle est au cœur de la pensée de droite.

C’est aussi lié à sa conception de l’ordre : l’ordre implique que ses éléments restent distincts, et que chacun reste à sa place.

Or si vous n’êtes pas dans une société d’apartheid, l’immigration apporte le risque d’hybridation, de mélange, de métissage, de confusion.

Et, par définition, un immigré c’est quelqu’un qui ne reste pas à sa place. Tout cela est donc contraire aux valeurs de la droite. L’instinct profond de la droite l’amène à être hostile à l’immigration.

Tout au long des XIXe et XXe siècles, la France a toujours extrêmement mal accueilli les étrangers d’où qu’ils viennent : elle a mal accueilli les Belges, les Italiens – rappelez-vous le pogrom d’Aigues-Mortes –, les Espagnols...

J’ai lu des journaux des années 30, qui expliquent que le catholicisme complètement fétichiste et fanatique des Polonais interdisait absolument leur intégration dans la République française laïque... Remplacez le catholicisme par l’islam, et vous aurez les peurs d’aujourd’hui.

Etre de droite, au fond, c’est avoir peur ?

Bien souvent, oui. Observez la pensée de Finkielkraut, vous retrouvez cette notion de forteresse assiégée : nous sommes entourés par les barbares, ils sont à nos portes, nous sommes menacés de déclin, de disparition... C’est un thème cardinal dans la pensée de droite depuis 1830.

Pendant la révolution de 1848, les barbares de l’époque, ce sont les Bretons, les Picards, les Auvergnats qui s’entassent dans les faubourgs de Paris et comme ils ne parlent pas encore très bien français, car Jules Ferry n’est pas encore arrivé, ils sont réputés étrangers, ils menacent la civilisation bourgeoise parisienne.

Dans le livre de Louis Chevalier, « Classes laborieuses et classes dangereuses », vous trouvez des descriptions et des citations éloquentes sur le sujet. Il n’y a pas grand-chose à changer entre les textes de cette période et ceux d’aujourd’hui : la civilisation disparaît, il n’y a plus de repères, la morale s’évanouit. C’est un thème constant de la pensée de droite, ce thème de la peur.

Dans la préface de « Lucien Leuwen », Stendhal a cette très belle formule :

« Adieu ami lecteur, essayez de ne pas passer votre vie à haïr et à avoir peur. »

On voit dans la campagne actuelle que la haine et la peur sont des moteurs fondamentaux pour les candidats de droite.

Publié par Frédéric Maurin à 22:42pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #ump , #front national , #le pen , #sarkozy , #france , #hollande , #zemmour , #manif pour tous

22 Mars 2015

Départementales : vers un troisième tour social ?

Si l'on en croit la note ci-dessus, après les élections, cela va saigner :

(extraits... mais je peux vous le faire en latin aussi :

« Clysterium donare, postea saignare, ensuita purgare » )

" la Commission européenne exige de la France de nouveaux « efforts ». Les 28 ministres des Finances de l’Union européenne ont validé le 10 mars la proposition de la Commission concernant la France. (...)

La Commission exige un nouveau plan d’austérité pour la France. Elle exige 30 milliards d’euros de coupes budgétaires de plus que les 50 milliards d’euros déjà prévus par le gouvernement Valls d’ici 2017. Et pour commencer, la Commission exige 4 milliards d’euros de coupes supplémentaires dès cette année 2015. (...)

Ce n’est pas tout. La Commission exige surtout de nouvelles « réformes structurelles». Dans son viseur figurent notamment de nouvelles réformes des retraites, de l’assurance-chômage et du marché du travail. Plus précisément, la Commission veut rendre plus difficile le départ à la retraite, réduire les indemnités des chômeurs, et faciliter les licenciements. Le commissaire européen Pierre Moscovici a été chargé de faire passer le message à la une du Figaro et sur France Info. En insistant sur la menace de « sanctions » contre la France si elle ne se conforme pas aux exigences des androïdes libéraux de la Commission. Et cela..."

Donc, un département PS, UMP ou FN, cela va saigner.

Or, passée leur lutte de places, la lutte de classes elle continue!

Elle n'a jamais cessé, elle continuera.

La question est de savoir si "on" (disons, les prolétaires) restera l'arme au pied à se questionner sur TF1 avec Sarkozy s'il faut ou pas servir du porc.

Le 9 avril 2015 sera un début de réponse...

et en musique, je vous prie...

Publié par Frédéric Maurin à 19:03pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #9 avril 2015 , #austérité , #départementales , #grève , #ps , #ump , #front national , #Union européenne , #front de gauche , #troisième tour social

20 Mars 2015

Cours d'autodéfense contre l'Union Européenne

Stéphane Charbonnier, dit Charb, haï des fachos, assassiné par des fascislamistes...
Stéphane Charbonnier, dit Charb, haï des fachos, assassiné par des fascislamistes...

Voici un cours de judo (monétaire) contre l'UE.

" Des arts martiaux ? Ici ? "

Oui.

" Et par SAPIR ? Encore lui ? "

Oui.

"Et... t'en as pas un peu marre ?"

Bin non, pourquoi?

La Grèce et le piège des liquidités

Par Jacques Sapir
Les négociations en cours entre les autorités européennes, qu’il s’agisse de l’UE ou de l’Eurogroupe et le gouvernement grec se font tous les jours dans un climat de plus en plus délétère. Après « l’incident » de la vidéo de Varoufakis, largement diffusée depuis Bruxelles, dans laquelle il faisait un « doigt d’honneur » aux institutions, vidéo datant en réalité de 2013 et entièrement sortie de son contexte, il y a eu l’opposition de l’Eurogroupe aux lois anti-pauvreté que souhaite prendre le gouvernement grec. Cela démontre une volonté politique de la part des institutions européennes de « casser » un gouvernement nouvellement élu [1]. Voici qui en dit long sur le respect de la « démocratie » telle qu’on l’entend à Bruxelles. Tout ceci était néanmoins prévisible. Nous savons à quoi nous en tenir sur la « démocratie » de l’Union européenne. Mais, cela montre que le conflit est inévitable et a probablement atteint le point de non-retour [2]. Il faut alors examiner la situation de la Grèce dans ce contexte.
La question des liquidités.
Cette question est aujourd’hui centrale. Les banques grecques sont confrontées à une fuite de leurs dépôts. Les épargnants retirant l’argent soit pour le mettre à l’étranger, soit pour le thésauriser, soit enfin pour faire des achats spéculatifs. Les montants sont calculables par les demandes faites par la Banque Centrale de Grèce au système TARGET-2 qui gère les comptes à l’échelle de la zone Euro. Il semble que 27 milliards soient sortis en janvier 2015 (donc largement avant l’élection de SYRIZA), mais encore 15 milliards au mois de février. La Banque Centrale Européenne a réduit largement les moyens de refinancement des banques grecques et a plafonné l’aide à la liquidité d’urgence ou ELA. Ces mouvements de capitaux ont deux significations distinctes, mais la seconde pourrait peser dramatiquement sur l’économie grecque.
  1. Il y a tout d’abord une dimension « fuite des capitaux », spectaculaire mais qui ne constitue pas le problème principal. D’ores et déjà des sommes importantes ont été sorties de Grèce par la grande bourgeoisie et l’oligarchie locale. Ce comportement était à attendre. La dimension fiscale de ce comportement doit être prise en compte néanmoins, car ces sommes qui sortent ne peuvent plus être soumises à l’impôt.
  2. Il y a ensuite, et c’est de loin le plus important, un assèchement des liquidités disponibles dans l’économie. Cela perturbe fortement le fonctionnement des entreprises, qui ne peuvent ainsi plus emprunter pour faire face à des problèmes de trésorerie. Ceci risque de paralyser rapidement l’économie et d’aggraver de manière très spectaculaire la crise.
En fait, le calcul des dirigeants européens consiste à penser que ce risque obligera le gouvernement Tsypras à venir à Canossa. Si les dirigeants de l’Eurogroupe ont fait un geste par rapport à la première dimension du problème, en évoquant la possibilité pour la Grèce d’introduire un contrôle des capitaux tout comme cela fut le cas à Chypre au printemps2013, il faut ici signaler que ce contrôle des changes ne résoudrait nullement le second problème auquel est confronté le gouvernement grec. Même si un contrôle des capitaux était introduit, cela ne réglerait pas l’assèchement des liquidités dans l’économie. En fait, la politique européenne vise à créer une dépendance de la Grèce aux mesures de la BCE afin de la faire plier politiquement.
Que peut faire Tsipras ?
Le Ministre des finances grec, Yanis Varoufakis, a refusé l’option d’un contrôle des capitaux qu’a proposé le président de l’Eurogroupe. On comprend parfaitement pourquoi : il sait très bien que cela ne règlera pas le problème. Mais, ce faisant, il commet une erreur, peut-être parce qu’il continue de raisonner en spécialiste de théorie des jeux (ce qu’il est). En fait, nous ne sommes plus dans le cadre strict de la théorie des jeux mais dans celle des choix stratégiques. La question est alors de prendre des décisions qui permettront de faire face à la crise des liquidités sans fermer nécessairement toutes les portes possibles à la négociation. Ici, c’est la métaphore du Judo qui s’impose. Quand vous affrontez un adversaire plus gros et plus lourd que vous vous devez vous servir de son inertie pour le terrasser. Cela implique de faire deux choses :
  • (a). Accepter l’idée d’un contrôle sur les capitaux de court terme, puisque cette idée est « offerte » par le Président de l’Eurogroupe.

  • (b) Mais, dans le même temps, lier cette décision avec une réquisition de la Banque Centrale de Grèce, la mettant temporairement aux ordres du gouvernement pour qu’elle puisse alors alimenter en liquidités les banques grecques et réinjecter de la monnaie dans l’économie.

Il faut à cet égard faire bien attention à deux choses. La première est que le système de la BCE n’a nullement supprimé les Banques Centrales nationales. En faits, une partie des mesures prises par la BCE est exécutée par ces Banques Centrales. Ces dernières peuvent parfaitement faire des prêts en Euro aux banques commerciales, voir ouvrir des comptes spéciaux pour prêter directement aux entreprises. La seconde est que les traités garantissant l’indépendance des Banques Centrales comme préalable à l’Union Economique et Monétaire, traités qui ont été inscrits dans la loi de chaque pays membre de l’UEM, font partie de l’ensemble des traités européens pris depuis le Traité de Rome de 1957. Or, ces traités admettent des mesures d’urgence temporaire. Ainsi, une réquisition pour une période donnée (6 mois par exemple) ne remettrait pas la loi ni le traité en cause. Cette réquisition peut être prise par décret (donc sans vote au Parlement). Elle implique la nomination d’un administrateur provisoire, qui fera fonction de gouverneur de la Banque Centrale durant la période de réquisition.
Quelles conséquences ?
Il est clair que si le gouvernement grec annonçait à ses partenaires qu’il accepte le contrôle des capitaux mais qu’il le double d’une réquisition de la Banque Centrale pour faire face à la pénurie de liquidités, cela provoquerait un choc politique majeur. Légalement, la Grèce pourrait faire valoir qu’elle se situe toujours dans le cadre de l’UEM et que seule une situation « de force majeure » l’a contrainte à cette mesure conservatoire. C’est d’ailleurs l’argumentaire juridique dont l’Eurogroupe a usé en 2013 quand il a imposé à Chypre un contrôle des capitaux. Le contrôle des capitaux est normalement interdit dans le cadre de l’UEM, mais l’Eurogroupe avait considéré qu’il y avait là un « cas de force majeure » qui conduisait, de manière temporaire, à passer outre aux règles de l’UEM. Cet argument serait alors réutilisé par la gouvernement grec contre l’Eurogroupe, mais en se basant sur la jurisprudence établie par l’Eurogroupe. C’est cela le judo monétaire (et juridique) !
Dès lors la balle serait dans le camp de l’Eurogroupe.
Soit ce dernier décide d’exclure de fait la Grèce de la zone Euro, en interdisant la circulation des « Euro grecs » dans le reste de la zone Euro. Mais alors, le gouvernement grec serait parfaitement habilité à faire défaut sur sa dette. Or, dans ce cas, il se retrouve dans une situation où il bénéficie d’un excédent budgétaire (hors paiements de la dette), d’un solde de la balance commercial équilibré, et il n’a donc plus besoin des financements de la zone Euro. De plus, dans cette situation, et compte tenu de la dépréciation d’environ 20% de la nouvelle monnaie grecque à laquelle il faut s’attendre, les investissements étrangers (en particulier les investissements directs) serait rapidement importants, en provenance des BRICS mais aussi des pays du Golfe voire des Etats-Unis. La Grèce n’a donc rien à craindre de cette situation.
Soit l’Eurogroupe accepte les mesures de la Grèce, qui peut donc émettre des euros librement, pour une période de 6 mois, dans le cadre de la zone Euro. Cela laisse du temps pour renouer les fils de la négociation.
Penser politique.
Il est important que le gouvernement grec adopte dans ce conflit avec l’Eurogroupe une pensée politique. Il doit très explicitement faire sentir à l’Eurogroupe toutes les conséquences politiques d’une attitude intransigeante. Une Grèce expulsée de force de l’UEM serait une Grèce qui se rapprocherait très vite de la Russie. De plus, au niveau interne, elle affirmerait sa souveraineté dans le cadre d’une action « exceptionnelle ».
La dynamique des désordres économiques, en particulier dans la sphère financière, confronte le décideur au choix soit de respecter le cadre des normes habituelles, et de se trouver alors dans l’impossibilité d’agir en temps utile et/ou de manière efficace, ou de privilégier l’efficacité de son action mais en contrevenant délibérément aux normes. L’incertitude radicale, qui occupe alors la totalité du champ des représentations, ne peut être endiguée que par la décision radicale. C’est une problématique, celle du droit d’exception, que les spécialistes du Droit Constitutionnel connaissent bien [3].
La société, et le pays dans son ensemble, sont ici confrontés à un nouveau contexte de caractère global, comme il peut en survenir dans certains chocs macroéconomiques. L’addition de réponses locales aux chocs conjoncturels répétés finit par provoquer une rupture institutionnelle dans le domaine financier [4]. Seule une réponse à l’échelle globale, et donc politique, permet de trouver une solution. En Russie, on a connu une telle situation avec la crise financière d’août 1998. On constate alors que c’est bien l’arrivée au pouvoir au 1er septembre 1998 d’Evgueni Primakov, avec le symbole dont il était porteur, qui a crédibilisé les institutions qui ont été progressivement introduites dans le cours de l’automne, et provoqué un effet de contexte inverse à celui induit par la crise financière. À la même période, en Malaisie, c’est la brutalité de la réaffirmation du Premier Ministre contre son Ministre des Finances qui a crédibilisé la mise en place du contrôle des changes, institution qui a permis à ce pays de traverser sans trop de dommage la crise asiatique. Historiquement, F.D. Roosevelt ne fit pas autre chose quand il demanda au Congrès ce que Giorgio Agamben a décrit à juste titre comme l’équivalent de pleins pouvoirs économiques, instituant par ce fait une forme d’état d’exception [5].
Par une décision établissant l’équivalent d’un « état d’exception », le gouvernement grec démontrerait qu’il est bien le souverain en dernier ressort [6].

Et, pour aller plus loin, c'est là-dessous que cela se passe...

Publié par Frédéric Maurin à 00:01am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #grèce , #euro , #syriza , #bastille République Nations , #ruptures , #dette

19 Mars 2015

Solidarité concrète avec la Grèce, de peuple à peuple...

par Charb, haï par les fachos, assassiné par les fascislamistes
par Charb, haï par les fachos, assassiné par les fascislamistes

La Grèce, on en parle depuis longtemps...

On en parle parfois mal...

On essaie d'y voir plus clair...

On peut aussi manifester son soutien à Syriza...

Mais, mais... tant que les intégristes austéritaires resteront aux commandes, ne s'oriente-t'on pas vers un pourrissement qui, sous nos latitudes et entre autres effet délétères, dope l'extrême-droite ? ? ?
Aussi, en attendant des jours meilleurs, l'initiative "De peuple à peuple" mérite qu'on s'y attarde...et rapidement :

Ouvrir les alternatives politiques en Europe dans le moment critique que nous traversons

Soutenez le projet pour la Grèce "De peuple à peuple"

Le peuple Grec a voté. Il a dit non à la politique oppressive de la BCE, d'autres institutions et des États européens. Le gouvernement qu'il s'est choisi tente de se libérer du fardeau destructeur de la dette pour que le tissu social blessé puisse se reconstituer. Les citoyens grecs construisent de nouvelles solidarités. Face à ce renouveau, les pouvoirs européens ont réagi avec brutalité et mépris. Cette brutalité vise à bloquer les possibilités d'alternatives progressistes dans tous les pays européens.

C’est de peuple à peuple que nous souhaitons soutenir les grecs et ainsi dépasser le fatalisme politique en Europe, nous constituer comme puissance politique dans ce contexte crucial pour l’avenir de tous.

Notre campagne prend la forme de dons qui seront versés à l’association Solidarity4all.

Elle agit en Grèce pour assurer les droits sociaux les plus fondamentaux : nourriture, santé et éducation et soutient des actions de terrain mettant en oeuvre de nouveaux modèles de développent et de solidarité. Chaque euro sera utile à ces actions de terrain, mais la réussite de notre campagne manifestera la réouverture d'une citoyenneté solidaire en Europe et la réouverture du possible politique commun.


INFOS PRATIQUES :

Si vous soutenez ce projet, la collecte se fait par l’intermédiaire de KissKissbBankBank : cliquez sur "Soutenir ce projet".

Vous trouverez également des informations et vidéos sur le projet et ses initiateurs (INTERDEMOS) sur la même page et une presentation résumée du projet ici.


Si vous souhaitez entrer en contact avec INTERDEMOS : contact@interdemos.net

Soyez nombreux à soutenir cette action, et faites la connaître largement auprès de vos réseaux, de vos amis, de vos listes.

Voilà, c'est fait.

Publié par Frédéric Maurin à 00:45am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #grèce , #austérité , #Union européenne , #interdemos

18 Mars 2015

Islande : non à l'Union Européenne !

L'Islande ne sait pas ce qu'elle rate...
L'Islande ne sait pas ce qu'elle rate...

Il n' y a pas que mauvaises nouvelles...même si, pour les trouver, il faut parfois regarder ailleurs qu'en France ...

Islande : l’UE ? Non merci !

Ce n’est pas une surprise – plutôt une confirmation : l’Islande a annoncé le 12 mars de renoncer définitivement à intégrer l’Union Européenne.
« Le gouvernement n’a pas l’intention de reprendre les négociations d’adhésion », a précisé le ministre des affaires étrangères de l’Etat insulaire.
La candidature du pays avait été déposée en juillet 2009 par le gouvernement rouge-vert alors au pouvoir. Sociaux-démocrates et écologistes espéraient qu’une entrée dans le giron de l’UE allait améliorer le sort de l’île, balayée par une crise financière particulièrement violente. Une grande banque du pays, en particulier, avait fait faillite, laissant une colossale ardoise à ses créanciers, essentiellement britanniques et néerlandais. Sur les pressions de ceux-ci, la prise en charge du remboursement de cette dette par les finances publiques avait été préparée par le premier ministre, la sociale-démocrate Johanna Siguroardottir. Mais la loi organisant le sauvetage bancaire par des générations de contribuables, encouragée par Bruxelles, avait été massivement rejetée par les citoyens à deux reprises (mars 2010 et avril 2011).

Cette colère citoyenne avait contribué à balayer la coalition de gauche lors des élections de mai 2013. Le scrutin fut remporté par le parti de l’Indépendance, opposé à l’adhésion du pays à l’UE. Une fois au pouvoir, les négociations furent donc suspendues. Les médias étrangers – français notamment – rappellent aujourd’hui que différents dossiers constituaient des pierres d’achoppement, en particulier celui de la pêche. Reykjavik refuse que les autorités européennes réglementent et limitent l’exploitation d’une des principales ressources économiques islandaises, a fortiori dans le contexte d’un pays lessivé par les illusions mortifères d’un développement tourné vers la finance.

Les mêmes médias étrangers sont plus discrets sur d’autres raisons quant au manque d’enthousiasme des Islandais pour l’Europe. Parmi ces petits détails qui ne cadrent pas avec l’emprise bruxelloise : le processus qui avait permis aux citoyens d’élaborer à partir de la base des propositions pour une nouvelle constitution, en 2011. Sans parler de cette manie de soumettre au peuple des décisions relatives au remboursement de la dette…

La Troïka ne se rendra donc pas à Reykjavik.
Cela tombe bien, car elle a à nouveau fort à faire avec la Grèce.

Sous un nouveau nom (« le groupe de Bruxelles » qui représente « les institutions » – l’UE, la BCE, le FMI), elle a repris son examen attentif des réformes en cours à Athènes. Et ses experts reviennent ce 13 mars sur place pour éplucher les détails des finances helléniques. Tout refus unilatéral, même partiel, de remboursement de la dette grecque exclurait évidemment de rester au sein de la zone euro. Or le nouveau premier ministre grec entend y rester.
Bref, la monnaie u…nique la Grèce.
Pas l’Islande.

D’ici la parution du premier numéro de Ruptures, le 29 mai, ce site vous propose chaque jour – gratuitement ! – une info commentée.
Mais pour assurer son lancement, Ruptures a besoin de votre participation financière, et vous propose en échange un préabonne
ment.

Ne remettons pas à demain ce qu'on peut faire aujourd’hui !

Publié par Frédéric Maurin à 23:04pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #Islande , #ue , #Union européenne , #grèce , #souveraineté nationale

17 Mars 2015

François Rebsamen, ministre du Travail...

François Rebsamen ministre du travail, le 11 mars, au Sénat.
« Le contrat de travail n’impose pas toujours un rapport de subordination entre employeur et salarié : il est signé par deux personnes libres qui s’engagent mutuellement ».

Eh oui François ! T'as bien raison.

Mais c'est comme les poissons volants: cela existe mais ce n'est pas la majorité de l'espèce.

"Le contrat de travail n’impose pas toujours un rapport de subordination..."

Pas toujours.

Mais c'est souvent le cas.

C'est même très très très souvent le cas :

"...des personnes libres qui s'engagent mutuellement"...

"...des personnes libres qui s'engagent mutuellement"...

Publié par Frédéric Maurin à 22:12pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #ps , #hollande , #rebsamen , #travail , #yann le merrer , #sud , #syndicalisme

16 Mars 2015

Médias aux ordres: TF1 champion avec 100% au FN ?!

"Conséquence : cette concentration bénéficie au parti qui se trouve au cœur des débats, autrement dit le Front National : 100% du temps de parole sur TF1, 62% sur France 5, 49% sur France 3, 36% sur Canal+."

"C'est néanmoins l'absence de toute prise de parole pour certaines formations politiques qui frappe le plus. Par exemple, durant quatre semaines, le Front de Gauche n'a eu aucune prise de parole liée aux départementales sur France Inter, Radio Classique, BFM Business (malgré un temps total de prise de parole de 2 heures et 24 minutes), RMC, RTL, Europe 1 et Sud Radio. Et cela alors que le Font National a pu s'exprimer sur chacune de ces chaînes au sujet des cantonales (jusqu'à 16 minutes sur BFM Business et 11 minutes sur France Inter)."

Etonnant, non ?
J'étais déjà fatigué par mes malsaines lectures du jour quand j'ai lu cela, sur le quotidien d'info en ligne des collectivités territoriales.
Autant vous en faire profiter.
Il va vraiment falloir faire faire quelque chose...
Merde Minuit passé !
Dormez en paix.
Le Quatrième pouvoir vous protège.

Publié par Frédéric Maurin à 23:47pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #tf1 , #médias aux ordres , #front national , #front de gauche , #presse libre