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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

19 Octobre 2010

19 octobre : comment bien commencer une journée de grève ?

 

en partageant quelques arguments pour la continuer, pardi !


Tiens, pourquoi pas cette tribune de
Pierre Concialdi, économiste, chercheur à l'Institut de recherches économiques et sociales ?

Il a publié cette tribune importante sur http://humanite.fr/
 
C''est moins porté qu'un fait-divers en marge d'une manifestation soutenue par 71 % des français. Aussi, cela ne fera pas la Une de TF1 ou d'autres médias aux mains du gang du Fouquet's. Moins porté par les grands médias donc...mais beaucoup plus porteur. Jugez-en !



Dans le discours gouvernemental, les manifestants et les grévistes sont présentés, au pire comme des quasi-réactionnaires cramponnés à de prétendus privilèges, au mieux comme de pauvres hères qui «se trompent» selon François Fillon. Pourtant, l’opinion publique ne s’y trompe pas. Elle comprend bien que cette énième réforme des retraites est dure, profondément inégalitaire, et qu’elle est imposée de façon violente par un pouvoir cynique. Exiger le retrait du projet de loi, ce n’est pas seulement rejeter ce texte extrémiste, c’est aussi se battre pour un autre projet de société. Avec plusieurs bonnes raisons.


Pour garantir un niveau de vie satisfaisant à tous


Avec les contre-réformes apportées à notre système de retraite depuis plus de vingt ans, la paupérisation des retraités est déjà programmée. Dans quarante ans, la pension moyenne représentera moins de 45% du revenu par habitant, contre plus de 65% au début des années 1980. Le niveau des pensions retrouvera celui du début des années 1970 : à l’époque, 35% des retraités étaient pauvres.


Pour le gouvernement, ce n’est pas assez. Il faut encore approfondir cette régression en reculant les âges légaux de la retraite de 60 à 62 ans et de 65 à 67 ans. Ce qui accentuera encore la précarité des personnes âgées qu’il faudra bien, d’une façon ou d’une autre, prendre en charge, notamment avec un surcoût d’indemnisation du chômage.

 

Il est pourtant tout à fait possible, non seulement de préserver le niveau de vie de tous, mais aussi de l’élever. Dans quarante ans, la population française aura augmenté de 12% sous l’effet du vieillissement. Pour maintenir le niveau de vie moyen et financer les retraites, il suffit d’une croissance de 0,3% par an. Rien d’impossible, même sans être un productiviste forcené. La croissance annuelle moyenne des vingt dernières années a été supérieure à 2% (2,2%) jusqu’à la crise financière de 2008. Dans les scénarios plus pessimistes du COR (Conseil d’orientation des retraites), elle serait d’environ 1,8%, ce qui permettrait d’augmenter le niveau de vie de tous (actifs et retraités) de 35% en vingt ans et de plus de 80% en quarante ans.


Pour travailler tous et vivre mieux


La retraite n’est pas seulement un revenu, c’est aussi un temps libéré qui permet d’organiser son activité en dehors de la subordination salariale et… de vivre plus longtemps. La retraite est une des formes majeures de réduction collective du temps de travail. C’est pourquoi elle possède une grande force émancipatrice. «Sauvegarder la retraite en travaillant plus», comme le martèle le gouvernement, est un non-sens et une véritable supercherie.


Le patronat a toujours été farouchement opposé à toute forme collective de réduction du temps de travail (RTT). Il sait très bien récupérer des hausses de salaire en trompe-l’œil, mais il a beaucoup plus de mal à reprendre le temps gagné par les salariés par les RTT collectives (durée hebdomadaire, congés, retraite). Contrairement à ce qu’assène l’idéologie libérale, il ne s’agit pas d’être pour ou contre la RTT. Celle-ci s’étale chaque jour sous nos yeux dans sa version patronale, avec le chômage et le sous-emploi qui en constituent les formes les plus violentes et inégalitaires et qui ne peuvent que gonfler avec le recul des âges de la retraite.


Avec son projet, le gouvernement veut imposer par un coup de force la volonté patronale. Préserver la retraite et la consolider est une nécessité, non seulement pour donner aux retraités un revenu satisfaisant, mais aussi pour aller vers une organisation collective du temps de travail qui permettrait à tous de travailler et de vivre mieux.


Pour stopper la spéculation financière et rompre avec la dictature des marchés financiers

Chacun le sait bien, le dépérissement de la répartition ne peut que conduire à accroître le poids de la capitalisation dans la prise en charge des vieux jours. Pourtant, les revenus de la propriété représentent déjà une part importante des ressources des retraités : près de 30% aujourd’hui. Pousser encore davantage ceux qui le peuvent à épargner pour la retraite ne peut que nourrir la spéculation financière et accélérer la venue d’une autre crise, probablement encore plus profonde que celle des dernières années. Maintenir et consolider notre système de retraite par répartition, c’est mettre un frein à cette spéculation mortifère.


L’hégémonie de la finance trouve aussi un puissant relais dans les agences de notation censées évaluer la solidité financière des différents pays. Le gouvernement ne s’en cache pas : avec sa réforme, il s’agit de «rassurer» les marchés financiers et de préserver une bonne notation dans ces agences. Un projet de société où les conditions de vie des travailleurs sont soumises aux diktats des marchés financiers n’est pas acceptable


Pour plus de liberté et de démocratie


C’est le leitmotiv du gouvernement : il faut libérer le travail et encourager l’épargne individuelle. Mais ces libertés ont toujours existé ! Tous les salariés peuvent épargner… du moins s’ils en ont les moyens. Quant au travail, il est désormais possible dans le secteur privé de travailler jusqu’à 70 ans sans être mis à la retraite d’office, et même, pour les retraités, de cumuler sans limite sa pension avec un revenu d’activité. Le seul problème, c’est qu’il n’y a pas d’emplois pour tous et qu’il s’agit là d’une liberté factice.


La grande nouveauté de la retraite – et de la protection sociale en général – c’est d’avoir ajouté à ces libertés individuelles la liberté collective des salariés de s’organiser pour assurer leur sécurité économique. Le gouvernement veut geler le financement de la retraite socialisée et interdire désormais aux salariés d’être solidaires. Le projet du gouvernement n’accroît pas les libertés, il les étouffe. Et dans le même mouvement, il étouffe la démocratie. On peut manifester et faire grève pour protester contre une régression de la retraite socialisée. On ne descend pas dans la rue quand les cours boursiers s’effondrent et que l’épargne d’une vie de labeur va nourrir la rapacité des financiers. Sauf quand on se retrouve à la rue, contraint et forcé, faute de moyens d’existence.


Pour toutes ces raisons, le retrait du projet de loi est nécessaire

 

La démocratie ne se résume pas au fait de glisser un bulletin dans une urne tous les cinq ans. Elle vit aussi par l’expression directe des citoyens. Contrairement à ce que martèle le gouvernement, il n’y a aucune nécessité économique ni démographique à étouffer la retraite par répartition. Il s’agit d’un choix de société fondamental, car la société ne se résume pas à une collection d’individus. Elle se construit par des solidarités collectives. La bataille des retraites est emblématique de cet enjeu car elle se situe au cœur des questions de partage des revenus et du travail. Dans la crise financière actuelle, consolider le système de retraite, c’est aussi affirmer la supériorité de la démocratie face aux diktats des marchés financiers.


 (*) Auteur de Retraites, en finir avec le catastrophisme. Éditions Lignes de repères, 2010.

Par Pierre Concialdi, économiste, chercheur à l'Institut de recherches économiques et sociales (*).




Conclusion :

ON CONTINUE

CONTRE L OLIGARCHIE

TOUS EN GREVE, MANIFESTATIONS

ET BLOCAGE SI NECESSAIRE


Le gouvernement et le MEDEF associés dans la gestion des affaires du pays, inféodés aux directives euro-patronales pour détruire les acquis sociaux, avaient espéré pouvoir faire passer leur contre-réforme des retraites en ne rencontrant qu'une résistance de faible intensité et en comptant sur des confédérations jugées « responsables » et capables de « tenir leurs troupes ».



Le monde du travail, échaudé par la stratégie des seules manifestations répétées jusqu’à l’usure, a pris ses affaires en mains. Le résultat est là avec la force du mouvement actuel regroupant massivement salariés du privé et du public, enseignants, étudiants, lycéens, la jeunesse déjouant le piège tendu depuis des années pour opposer les générations en portant ce mot d'ordre admirable : « la retraite, nos parents l'ont gagné, on se battra pour la garder ». 



Sarkozy avait bien annoncé le recul de la mobilisation dès le 23 septembre mais rien n’y a fait : la base a commencé à construire une mobilisation qui prend aujourd’hui une ampleur considérable : des millions et des millions de grévistes et de manifestants le 12 octobre (une des plus grosses journées d’action de l’après-guerre), les 2/3 de la population souhaitant un durcissement du mouvement, des grèves reconduites dans de nombreux secteurs clés de l’économie (transports, raffineries, ports, métallurgie…), des AG sectorielles et interpro dans tous les départements pour débattre des suites, des formes de lutte variées (ici la grève reconductible et le blocage, là une manifestation spontanée, ailleurs une grève tournante…), la jeunesse lycéenne et étudiante qui construit sa mobilisation et la jonction avec les travailleurs… Devant cette détermination massive qui peut encore s’élargir (petits agriculteurs, pêcheurs…),  le front uni des confédérations résiste à l'envie de certaines de déserter le combat.



Le mouvement exceptionnel qui se lève est fondé sur la conscience désormais bien ancrée qu’il faut frapper là où le capital et ses laquais sont les plus fragiles : les profits des grandes entreprises capitalistes. Et qu’il faut enraciner et élargir le mouvement à la fois en faisant confiance à l’intelligence des travailleurs en lutte prenant leur combat en main et en regroupant toujours plus largement autour des revendications communes : la défense des retraites bien sûr mais aussi de l’emploi, des salaires, des services publics, de la Sécu… : on n’en peut plus et on n’en veut plus de ce pouvoir des richards qui se vautrent dans les milliards volés au peuple travailleur pendant que celui-ci vit au quotidien les licenciements, l’exploitation renforcée, les salaires de misère, les prix qui augmentent, les services publics laminés, la santé de plus en plus chère…



Et le mépris du peuple qui suinte de tous ces « éditorialistes » et autres « grands journalistes » grassement payés par les Lagardère, Bouygues, Bolloré, Rothschild,Dassault… ne pourra qu’aviver la colère en faisant la démonstration qu’il y a bien d’un côté la France des travailleurs et de la jeunesse populaire et de l’autre celle du grand capital et de tous ses chiens de garde, et que le moment présent est celui d‘un affrontement décisif entre ces deux France.



Salariés du privé et du public, étudiants, lycéens, ce pouvoir qui étrangle le peuple ne cédera que face à un mouvement exceptionnel. Poursuivons l’offensive avec détermination pour mener la lutte sous différentes formes, organiser les blocages, assurer le soutien des grévistes en reconductible, diffuser les informations, construire la suite en tissant des liens entre tous les secteurs combatifs pour organiser un mouvement qui rassemble toujours plus autour de lui.



Comme ce fut le cas en 36, 68 ou 95, c’est la base qui a l’avenir du mouvement entre ses mains. Sous toutes les formes décidées en bas, la France des luttes ne doit pas laisser de répit au MEDEF et à Sarkozy.




Communiqué du Front Syndical de Classe
Le 13 Octobre 2010

http://www.frontsyndical-classe.org/

 

 

Publié par Frédéric Maurin à 07:22am
Avec les catégories : #rupture tranquille

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