POUR UNE FRANCE LIBRE, DETRUIRE LA BASTILLE EURO - ATLANTISTE
Ce 14 juillet 2008, Nicolas Sarkozy dévoie l’anniversaire de la prise de la Bastille pour célébrer la dissolution de la France républicaine dans l’Europe supranationale et néolibérale. L’Arc
Républicain de Progrès, composé d’organisations républicaines de diverses sensibilités, s’adresse au peuple de France, à tous les républicains patriotes, aux travailleurs manuels et
intellectuels, aux entrepreneurs des PME et des PMI victimes eux aussi de l’Europe de la finance mondialisée, à la jeunesse, à tous les démocrates de notre pays et aux défenseurs de la paix
mondiale.
Alors que notre peuple a voté Non en mai 2005 à la “constitution” européenne, alors que les luttes se multiplient dans notre pays pour l’emploi, les salaires, les acquis sociaux, les services
publics, alors qu’une majorité de Français condamne la décision prise par N. Sarkozy de réintégrer le commandement intégré de l’OTAN et d’accompagner la politique impérialiste de guerre et
d’agression de Washington, le gouvernement UMPS accélère sa “rupture” avec l’objectif d’aligner notre pays sur les normes régressives des pays anglo-saxons, de la globalisation et de l’Europe
de Maastricht.
Ainsi les hommes du MEDEF félicitent-ils publiquement N. Sarkozy de «démanteler le programme du CNR, ce compromis entre gaullistes et communistes» qui permit en 1945 la naissance de la Sécurité
sociale, des retraites par répartition, des comités d’entreprise, du secteur public industriel, la relance démocratique de l’Education nationale et de la Recherche publique, le rétablissement
des libertés démocratiques, la démocratisation de la presse, l’institution d’une justice préventive pour les mineurs, etc.
Ainsi le pouvoir s’en prend-il brutalement à la souveraineté nationale et populaire, à la République une et indivisible, à la séparation laïque entre l’Etat et les Eglises, à l’organisation de
la France en départements et en communes, au droit de grève et à l’indépendance des syndicats et de la presse, à la séparation des pouvoirs, au droit d’asile, bref, à tout ce qui fait
l’héritage des Lumières, de la Révolution française, de la Commune de Paris, du Front populaire, de la Résistance et de la Libération.
Notre pays est menacé de mort parce que l’aristocratie financière au pouvoir veut mettre au pas les salariés, la jeunesse estudiantine, les artisans, les petits entrepreneurs de la ville et de
la campagne, les chercheurs, les enseignants et les créateurs, tout cela pour permettre aux très grands actionnaires de participer à la course mondiale au profit maximal, quitte à délocaliser
nos industries, à détruire notre pêche et notre agriculture familiale, à démanteler nos services publics, à laisser la langue française sombrer devant le “tout anglais”, à détruire en un mot le
meilleur de notre héritage national.
Face à cette entreprise, c’est peu dire que l’opposition officielle est complice: placés par le pouvoir à la tête du FMI et de l’OMC, des dirigeants du PS (D. Strauss-Kahn et P. Lamy) sont à la
tête de la mondialisation néolibérale. D’autres ont aidé Sarkozy à violer le Non souverain de 2005 en ratifiant au parlement la constitution bis, dite “traité de Lisbonne”. Quant aux luttes
sociales, elles peinent à se fédérer parce que nombre de hauts dirigeants syndicaux acquis au mot d’ordre mensonger de l’”Europe sociale”, font le choix d’accompagner les contre-réformes du
pouvoir aux ordres de Bruxelles. Non il n’y aura jamais d’Europe sociale et démocratique dans le cadre de l’UE néolibérale et supranationale, qui vient de se prononcer pour la semaine de 48
heures (avec dérogations à 65!) et qui accorde désormais le “droit” aux polices des Etats-membres d’interner les migrants en situation irrégulière pendant 18 mois et sans jugement.
De plus en plus il se confirme qu’il est impossible de “réguler” ou de réformer cette UE entièrement construite pour le profit d’une étroite oligarchie de l’argent fascinée par le “modèle”
américain et pilotée par des dirigeants à travers un appareil euro-atlantiste. Il est illusoire d’espérer amender cette nouvelle prison des peuples dont il faut au plus tôt affranchir notre
pays au nom du progrès social, du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et d’une autre conception des traités internationaux au travers de la coopération entre les peuples et non limitée à
l’Europe, respectant les souverainetés populaires et nationales.
Dans ces conditions, sortir de l’UE ne signifie nullement “isoler la France”. Bien au contraire, notre pays jouerait un rôle moteur dans la résistance mondiale et européenne au néolibéralisme
et son attitude aurait un puissant écho mondial. Une nouvelle France libre aurait alors l’autorité nécessaire pour proposer de nouveaux traités internationaux progressistes
analogues à ceux qui ont pu exister par le passé ou à ceux qui associent entre eux les peuples latino-américains dégagés de la tutelle états-unienne.
Dans cet esprit, nous lançons à tous les progressistes et républicains un appel solennel:
- sur les principes qui furent ceux du Conseil National de la Résistance (indépendance nationale, rétablissement de la démocratie et de la souveraineté populaire, égalité civique, politique de
paix, de progrès social mettant le monde du travail au coeur de la nation républicaine, développement des petites et moyennes entreprises, promotion des Lumières à travers l’Education nationale
et la Recherche publique, politique nationale de développement impulsant la re-industrialisation de la France, l’agriculture, la pêche, les services publics, la défense des droits syndicaux et
du pluralisme de la presse…)
- actualisons ces grands principes et les grands axes du programme du CNR qui ont repris toute leur modernité et permettent de tracer une perspective crédible et nécessaire.
- Opposons-nous avec rigueur aux orientations antisociales, antidémocratiques et antinationales du pouvoir actuel et de ses complices de la fausse opposition. En toute indépendance à l’égard de
l’UMPS construisons ensemble, en respectant notre diversité, le rassemblement populaire préconisé par l’arc républicain de progrès.
Comme l’a montré le 29 mai 2005, cette orientation est potentiellement majoritaire en France. En s’appropriant cette perspective politique, la France républicaine aura alors tôt fait de
retrouver la voie de la liberté, de l’égalité et de la fraternité ainsi que son influence émancipatrice dans les relations internationales
Pour l’Arc Républicain de Progrès :
Comité Valmy, Pôle de Renaissance Communiste en France,
Rassemblement des Citoyens pour la République, Collectif Républicain de la Gauche Gaulliste.
Défaire méthodiquement le programme du Conseil
National de la Résistance : un grand merci à Denis Kessler d avoir mieux que
quiconque clairement qualifié le projet de Nicolas Sarkozy :
liquider le modèle social construit au lendemain de la Seconde Guerre mondiale sur la base des rapports de force
issus de la Résistance et de la Libération. Il s’agit bien d’une contre-révolution. Bon à savoir pour mieux combattre!
...lire l'intégrale sur :
http://rupturetranquille.over-blog.com/article-7195117.html
http://www.gaullisme.fr/attaque_anti_gaulliste_kessler.htm
APPEL DE GAULLISTES DE PROGRÈS
CONTRE SARKOZY, POUR LE VOTE ROYAL
(...)
(...)
Dimanche 6 mai, nous engagerons la France et son histoire pour les années à venir.
Bien qu'ils se soient exprimés pour des candidats différents le 22 avril, soit pour François Bayrou, soit pour Ségolène Royal, les rédacteurs de cette lettre appartiennent à la mouvance des
gaullistes de progrès et appellent, à ce titre, à voter pour Madame Ségolène Royal. Plus qu'à toute autre élection, il s'agit d'un véritable choix de société entre un réformisme dans la tradition
républicaine et une rupture totale, tournant le dos à notre République et à ses valeurs démocratiques et sociales.
Soyons clairs !(...)
- Nous ne pouvons accorder notre confiance à un candidat qui a comme modèle Georges Bush et soutient l'hégémonie mondiale des Etats-Unis notamment leur guerre en Irak dont nous voyons le
lamentable résultat aujourd'hui.
- Nous ne pouvons accorder notre confiance à un candidat qui ne conçoit l'action qu'à travers une agressivité permanente, le conflit et la lutte contre tous ceux qui lui déplaisent.
- Nous ne pouvons accorder notre confiance à un ancien ministre de l'Intérieur qui a constamment privilégié à des fins
purement électoralistes le tout-répressif et le tout-carcéral, actions qui conduisent à une impasse totale. (...) Or une véritable politique de sécurité efficace passe par une politique de
prévention ce qui n'empêche nullement la sanction et la fermeté.
- Nous ne pouvons accorder notre confiance à un
candidat qui s'est révélé incapable de résoudre la crise des banlieues autrement que par le recours à la seule répression policière et à la stigmatisation de populations défavorisées.
(...)
- Nous ne pouvons accorder notre confiance à un candidat qui croit au déterminisme des gènes et à des
thèses eugéniques que l'on croyait dans les poubelles de l'Histoire, ces propos ayant suscité la réprobation unanime de la communauté scientifique.
Même si nous n'accordons pas de blanc-seing à Madame ROYAL, ne partageant pas l'ensemble de ses idées... nous portons à son crédit
:
- Une conception de l'action s'inscrivant dans la concertation et oeuvrant en faveur du rassemblement, (...)
Une volonté affirmée de consulter le peuple sur tout éventuel traité européen à l'opposé de Nicolas Sarkozy qui se refuse à tout nouveau référendum sur ce sujet
- Une volonté de maintenir notre modèle social, l'un des meilleurs du monde, tout en le réformant et en luttant contre les abus
susceptibles de le décrédibiliser (...) Une volonté de défendre les valeurs de la République qui reposent sur la liberté, l'égalité, la fraternité, la laïcité et la volonté de vivre ensemble sans
distinction d'origine, de race ou de religion. (...)
Il s'agit en tout état de cause de remettre l'Homme et non plus le profit au centre du projet républicain.
(...)
Notre Identité Nationale, c'est LA REPUBLIQUE
C'est pour ces raisons que nous voterons Ségolène ROYAL
Premiers signataires : Ali Abchiche- conseiller municipal de Sarcelles, Amir Alfarge, (...) Gilles Bachelier de l'Internationale Gaulliste, Erik Blondin -
syndicaliste, (...) Etienne Tarride - avocat à la Cour d'Appel de Paris, Paul Violet - ancien adjoint à la Mairie de Paris.
(...) INTELLECTUEL-militant du souverainisme historique, fort de la conviction que "le peuple, le peuple seul, est le créateur de l'Histoire", et donc
"mao-gaulliste de progrès", je m'associe avec enthousiasme à cet appel de haute tenue, (...) preuve vivante de la vitalité d'un authentique gaullisme - que le honteux ralliement de quelques
renégats, appâtés par quelques bols de soupe, ou l'abstention coupable et lâche de sectaires aveuglés par leur irresponsable dogmatisme, ne suffit pas à démentir. Et j'appelle tous mes amis
authentiquement souverainistes à le faire circuler, à le signer, et à voter pour barrer la route à SARKOZY, et donc, sans la moindre hésitation, pour Ségolène.
Jean-Paul CRUSE
Texte intégral de l’Appel et liste complète des premiers signataires
http://www.lemondereel.fr/
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http://www.gaullisme.fr/attaque_anti_gaulliste_kessler.htm
Les dix fractures programmées de Sarkozy
Par SERVICE POLITIQUE, SERVICE SOCIETE
QUOTIDIEN : mercredi 25 avril 2007
Que serait la France de Nicolas Sarkozy s'il accédait, le 6 mai, à la présidence de la République ? Quelles sont ses volontés de réforme, ses mesures
prioritaires ? En meeting, il répète que ses adversaires veulent le «diaboliser» et lui vouent de la «haine». Loin de nourrir de tels sentiments,
Libération décrypte en 10 points les projets du candidat UMP qui fâchent.
Une certaine idée de la justice
Ce qu'il veut faire. Il a promis de «lutter contre la récidive en instituant des peines plancher pour les multirécidivistes». La
dernière loi visant à réprimer plus sévèrement la récidive (élargissement des critères de la récidive, limitation des sursis...) remonte à décembre 2005. Nicolas Sarkozy veut qu'au bout de trois
fois le condamné écope de la peine maximale prévue. Ce qui malmène le principe de l'individualisation de la peine inscrit dans la tradition juridique, la Constitution et la Convention européenne
des droits de l'homme. Tous les spécialistes estiment qu'une telle mesure fera exploser la population pénitentiaire.
Sarkozy veut aussi supprimer l'excuse de minorité pour les récidivistes de plus de 16 ans, et aligner progressivement la justice des mineurs sur celle des
majeurs. Il tient aussi à «expérimenter» une séparation entre les mineurs dont s'occupent les juges des enfants : d'un côté les victimes, de l'autre les délinquants. Sachant que les frontières
sont totalement perméables.
Ce qu'il a fait. Il a beaucoup joué avec le principe de la séparation des pouvoirs, en mettant en cause personnellement des magistrats,
notamment ceux du tribunal des enfants de Bobigny, accusés de «démissionner» face aux délinquants. Au point que Guy Canivet, le premier président de la Cour de cassation, avait été
reçu par Jacques Chirac, en septembre 2006, après avoir exprimé sa colère pour dénoncer «les termes provocants» de Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, «mettant en cause le
fonctionnement de l'institution judiciaire». Le haut magistrat se montrait alors désireux d'exposer au chef de l'Etat «la gravité de ces atteintes réitérées à la répartition des
pouvoirs prévue par la Constitution et le malaise ressenti par les juges».
Sarkozy a aussi multiplié le fichage en étendant notamment le fichier national automatisé des empreintes génétiques créé sous la gauche pour pister les
délinquants sexuels à quasiment tous les délits. Contre l'avis de la Commission nationale de l'informatique et des libertés, ce fichier ne contient pas que des condamnés mais aussi des
suspects.
Une certaine idée de la police
Ce qu'il veut faire. Le ministre de l'Intérieur en avait rêvé contre l'avis de Jacques Chirac, et cette fois le candidat à l'Elysée est bien
décidé à la mettre en place : une direction unique du renseignement qui réunirait Renseignements généraux (RG) et Direction de la surveillance du territoire (DST). Officiellement, il s'agit de
lutter plus efficacement contre le terrorisme. Une direction unifiée aurait également l'avantage d'être plus facilement contrôlable pour le pouvoir politique avec un homme idoine à sa tête.
Nicolas Sarkozy veut également faire voter une nouvelle loi de programmation afin de «combler» les poches de retard des forces de l'ordre en matière de cryptologie, de biométrie et d'équipements.
Lors de ses deux précédents passages place Beauvau, Nicolas Sarkozy avait déjà largement communiqué sur les technologies (pistolet à décharge électrique, caméras...) au service de la
police.
Ce qu'il a fait. Dès son arrivée au ministère de l'Intérieur au printemps 2002, Nicolas Sarkozy s'est attaché à galvaniser des policiers et
des gendarmes qui avaient manifesté leur blues dans la rue à l'automne 2001. Il leur a garanti moyens et effectifs dans une loi de programmation votée durant l'été 2002. Le deuxième étage de la
fusée sécuritaire Sarkozy a été la mise en place de la «culture du résultat», aujourd'hui largement décriée dans les commissariats. Lors de leurs dernières élections
professionnelles, les policiers ont dénoncé, la «chasse aux crânes», c'est-à-dire l'inflation des interpellations et des gardes à vue. Enfin, il est le ministre de l'Intérieur qui a
enterré la police de proximité mise en place par ses prédécesseurs de gauche.
Une certaine idée de l'immigration
Ce qu'il veut faire. L'objectif de Sarkozy est affiché : limiter l'immigration «subie». Le candidat de l'UMP a annoncé la
création d'un «ministère de l'Intégration et de l'Identité nationale» regroupant les attributions confiées aujourd'hui à trois ministères. Il a également promis, dès juillet, une
troisième loi sur l'immigration et précisé que les immigrés souhaitant venir en France au titre du regroupement familial devraient apprendre des «rudiments» de la langue
française.
Ce qu'il a fait. Alors ministre de l'Intérieur, il a fait adopter deux lois sur l'immigration, en 2003 puis en 2006. La première comprenait
une disposition plutôt favorable aux immigrés avec la suppression partielle de la «double peine». La seconde a durci les conditions de régularisation des immigrés en situation
irrégulière, et celles d'entrée et de séjour des étrangers. Hautement symbolique, la suppression de la régularisation de plein droit après dix ans de séjour, même clandestin, en France. La lutte
de Sarkozy contre l'immigration clandestine s'est accompagnée d'une augmentation des reconduites à la frontière : 24 000 en 2006, un chiffre toutefois inférieur aux objectifs fixés aux
préfectures. La loi de 2006 était également censée ouvrir la porte à une immigration «choisie». Malgré quelques accords signés avec des pays comme le Mali, ce système tarde à
prendre forme.
Une certaine idée de l'individu
Ce qu'il veut faire. Nicolas Sarkozy pourrait revenir à la charge en proposant le dépistage des signes avant-coureurs de délinquance chez les
enfants de moins de 3 ans. Il s'était déjà appuyé sur un rapport de l'Institut national de la santé et de la recherche médicale qui préconisait «le repérage des perturbations du comportement
dès la crèche et l'école maternelle». A trop scruter les «susceptibilités génétiques», il risque de considérer qu' «un sujet "est" délinquant avant même d'entrer dans
l'existence», comme le regrettait alors le docteur en psychopathologie Rodolphe Adam.
Ce qu'il a dit. Dans un entretien avec Michel Onfray, publié par Philosophie magazine d'avril, Nicolas Sarkozy déclarait :
«J'inclinerais à penser qu'on naît pédophile», et, plus loin : «Il y a 1 200 ou 1 300 jeunes qui se suicident en France chaque année [...] parce que, génétiquement, ils avaient
une fragilité, une douleur préalable [...]. Les circonstances ne font pas tout, la part de l'inné est immense.»
Une certaine idée du social
Ce qu'il veut faire. Le candidat Sarkozy veut encadrer le droit de grève en imposant un vote à bulletin secret au bout de huit jours d'arrêt
de travail. Dans le secteur public, il souhaite l'organisation d'un service minimum instauré par la loi dès juillet. Il veut réduire le nombre de fonctionnaires en ne remplaçant pas les départs à
la retraite. Pour les salariés du secteur privé, il veut remplacer le CDI et le CDD par un contrat de travail unique, sur le modèle du contrat nouvelle embauche (CNE) ou du contrat première
embauche (CPE), ce qui permettrait à tout employeur de se séparer d'un salarié sans avoir à se justifier, en contrepartie d'une indemnité de licenciement revalorisée. Sa proposition d'exonérer
totalement de charges sociales et fiscales les heures supplémentaires, payées 25 % plus cher, signerait la fin des 35 heures avec un effet négatif sur l'emploi, les entreprises ayant intérêt à
allonger la durée du travail plutôt qu'à embaucher.
Ce qu'il a fait.
Du fait de ses fonctions ministérielles, Sarkozy n'a jamais eu à intervenir directement dans le domaine social. Son passage au ministère de l'Economie, de mars à
novembre 2004, fut bref. Le budget 2005, qu'il a préparé et fait voter, se traduisait essentiellement par le non-remplacement d'une partie des départs à la retraite de fonctionnaires. Il a
soutenu la création du CNE à l'été 2005, mais quand Dominique de Villepin a lancé le CPE en janvier 2006, il a prudemment laissé le Premier ministre s'enferrer avant de plaider comme président de
l'UMP pour un repli stratégique.
Une certaine idée du logement
Ce qu'il veut faire. Alors que la France compte 1,3 million de demandeurs de HLM, Nicolas Sarkozy, entend fixer «une obligation annuelle
de vente de 1 % du parc social, soit 40 000 logements» sociaux par an. Cela permettrait «de rendre le rêve de propriété accessible à beaucoup de personnes qui en sont exclues
actuellement», argumente le candidat UMP. Mais ces ventes risquent de concerner les plus beaux morceaux des HLM (les immeubles les mieux situés, les mieux construits), laissant dans le
champ du parc social les cités ou les bâtiments les plus excentrés, accentuant ainsi les phénomènes de ghettoïsation. La mise en oeuvre d'un tel programme risque aussi de réduire l'offre
d'habitat social, au moment même où les loyers du privé flambent et deviennent inaccessibles aux ménages à petits revenus, voire moyens en région parisienne et dans les grandes métropoles
régionales.
Ce qu'il a fait. Président du conseil général des Hauts-de-Seine, Nicolas Sarkozy a décidé en 2005 de vendre 4 000 HLM dans son département en
cinq ans (soit 800 par an en moyenne). Pour faire taire les critiques, il a promis de les remplacer par des constructions nouvelles, devant s'ajouter aux 3 300 logements sociaux nouveaux déjà
programmés annuellement par le département. Ce qui fait un total de 4 100 logements HLM à réaliser chaque année. Mais sur le terrain ça ne suit pas : seulement 2 590 ont été construits en 2006 et
à peine plus de 1 500 en 2005. Autre fait d'armes : maire de Neuilly pendant neuf ans, Nicolas Sakozy n'a jamais accordé une quelconque priorité au logement social. Sa ville compte moins de 3 %
de HLM. C'est l'une des pires élèves parmi les communes de France, bien en deçà des objectifs de la loi SRU qui impose 20 % de logements sociaux dans les communes de plus de 3 500 habitants (1
500 en Ile-de-France).
Une certaine idée de la santé
Ce qu'il veut faire. Son programme Ensemble réaffirme les grands principes du modèle français de Sécurité sociale, pour
«garantir l'égalité et l'équité de l'accès aux soins pour tous». Mais Nicolas Sarkozy veut «également que chacun se sente responsable du financement de notre système de
santé». Aussi propose-t-il «un système avec quatre franchises : les premiers euros annuels sur les examens biologiques, les premiers euros annuels sur les médicaments, les premiers
euros annuels sur les visites médicales et même sur l'hospitalisation». Ces sommes, inscrites sur un «compte annuel», ne seraient «pas remboursées» par la
Sécurité sociale. Leur montant ferait l'objet d'un «débat chaque année devant le Parlement» et serait fonction de la santé financière de l'assurance maladie. Cette logique
strictement comptable de rééquilibrage des comptes de la Sécurité sociale reviendrait à rembourser de moins en moins les malades, les contraignant à souscrire des assurances complémentaires de
plus en plus onéreuses.
Ce qu'il a fait. Ministre de l'Economie en 2004, au moment où ses homologues à la Santé, Philippe Douste-Blazy et Xavier Bertrand, préparaient
et faisaient voter la réforme de l'assurance maladie, Sarkozy ne leur a pas permis de puiser dans les recettes fiscales pour renflouer la Sécurité sociale. Défenseur de l'orthodoxie budgétaire et
partisan d'une réduction des prélèvements obligatoires, il ne connaît que la baisse des dépenses pour équilibrer les comptes, qu'il s'agisse du budget de l'Etat ou des comptes sociaux.
Une certaine idée de la fiscalité
Ce qu'il veut faire. Nicolas Sarkozy a prévu d'abaisser encore le «bouclier fiscal» (qui permet de plafonner le total des impôts
payés par un contribuable) à 50 %, alors qu'il est actuellement de 60 %. Surtout il souhaite supprimer jusqu'à 95 % des «droits de donation et de succession pour tous les patrimoines petits
et moyens». Or, en France, grâce à la législation fiscale existante, 80 % des patrimoines transmis en ligne directe échappent déjà à toute imposition. Avec cette nouvelle proposition,
15 à 20 % des Français les plus riches échapperaient à nouveau aux successions. L'impôt sur la fortune pourrait de fait disparaître. Le candidat promettant une déduction de 50 000 euros de
l'impôt contre un tel investissement dans une PME. La politique fiscale, au final, devrait profiter aux citoyens les plus aisés.
Ce qu'il a fait. En cinq ans, la droite a mené une étrange politique fiscale. Que jamais Sarkozy n'a désavouée. Baissant de manière drastique
l'impôt sur le revenu (IR), dont le taux marginal a progressivement été abaissé à 40 %. Aujourd'hui l'IR ne représente plus que 25 % des recettes fiscales de l'Etat. Mais dans le même temps, la
majorité a réussi la prouesse de faire augmenter le taux des prélèvements obligatoires : l'ensemble des taxes fiscales et sociales atteint 44,4 %. Elle a aussi inventé le «bouclier
fiscal» . Autant de mesures fiscales au service des plus aisés.
Une certaine idée des médias
Ce qu'il veut faire. Il prévoit un superministère rassemblant les médias, la culture et l'éducation, et un renforcement des missions
culturelles de France Télévisions. En matière de médias, le programme de Nicolas Sarkozy est maigre. Il faut dire qu'il en a déjà tellement fait...
Ce qu'il a fait. Dernier incident en date : il pète les plomb en coulisses de l'émission France Europe Express sur France 3
parce que monsieur n'a pas de loge. Sarkozy n'aime rien tant que mettre sa patte dans les médias, où il compte beaucoup d'amis : Arnaud Lagardère, patron du groupe éponyme qui a gentiment viré
Alain Genestar, patron de Paris-Match coupable d'avoir publié une une présentant Cécilia Sarkozy et son nouvel amoureux ou encore Martin Bouygues, qui possède TF1. Sarkozy aime
aussi beaucoup passer des coups de fil. A Robert Namias (TF1) et Arlette Chabot (France 2) pour les remercier d'avoir levé le pied sur le soulèvement des banlieues fin 2005. A Bertrand Méheut,
patron de Canal +, pour, en juin 2005, défendre Karl Zéro dont l'émission est menacée. A Edouard de Rothschild pour se plaindre de la façon dont Libération le traite. Le zélé
Jean-Pierre Elkabbach cherche-t-il à Europe 1 un journaliste politique pour suivre l'UMP qu'il demande conseil à... Nicolas Sarkozy. «Normal, répond celui-ci, j'ai été ministre
de la Communication.»
Une certaine idée du pouvoir
Ce qu'il veut faire. Comme souvent en la matière, les postulants à l'Elysée oublient rapidement leur promesse de partager les pouvoirs du chef
de l'Etat qu'ils viennent de se voir attribuer par le peuple. Lorsqu'il dit vouloir un «président fort», nul doute que Nicolas Sarkozy le sera. Et surtout, quinquennat oblige, plus
engagé dans la conduite de la politique quotidienne. Dans ce cadre, le Premier ministre ne sera plus qu'un chef d'équipe gouvernementale. Logique dans ces conditions que le Président vienne
s'expliquer en personne devant le Parlement, ce qui lui était interdit jusqu'à présent par la tradition républicaine. Tout aussi logique qu'il ne puisse plus se prévaloir d'aucun «domaine
réservé» (politique étrangère et défense). Pour mettre en oeuvre ces réformes, Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il désignerait avant l'été une commission de révision de la Constitution dont les
conclusions seront soumises au Parlement en septembre
Ce qu'il a dit. L'ancien ministre de l'Intérieur défend les institutions de la Ve République : «Ce régime, avec son président fort et son
gouvernement doté des moyens d'agir, est fait pour la France», expliquait-il ainsi début avril. Mais, pour lui, «le président de la République devra gouverner». S'il
entend conserver l'essentiel des institutions créées par le général de Gaulle en 1958, il veut les amender sur deux points : en limitant le nombre de mandats présidentiels à deux et renforçant
les pouvoirs du Parlement, qui aura un droit de regard sur les nominations dans les grandes institutions (Conseil constitutionnel, Conseil supérieur de l'audiovisuel, etc.).
http://www.liberation.fr/actualite/politiques/elections2007/249806.FR.php