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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

24 Novembre 2011

AAA : Moody's, Standard and Porc : on s'en Fitch ?

Je parlais de Standard and Poor's, je ne t'ai pas sonné sale bête :

Capital

Non ! L'agence de notation FITCH, on s’en fiche pas.

On savait que la France, et singulièrement le Parti Socialiste, a donné au monde les meilleurs :

- DSK au Fmi DSK : pourquoi on n'en veut pas ?

- Pascal Lamy à l'OMC, pour qui ce type de question ne se pose pas : Vous aimez l'échangisme ?

Mais la France a aussi un savoir faire en matière d'agence de notation : l'agence FITCH.

Et il faut s’intéresser de près aux hommes qui composent l’agence de notation FITCH :

Conseil d'administration :

Enlevez les descendants de nobles qui ont échappé à la glorieuse Première République, les affairistes, les ex RPR et pantoufleurs de la gauche "d'ouverture", enlevez les liencieurs et les spéculateurs...il reste quoi ?

Pouvez me répondre ? Il reste quoi ?

C'est quoi une agence de notation ?

Merci à l’Humanité, dans son édition du 31 août 2011, d'avoir remis les choses en perspective :

   

http://www.humanite.fr/social-eco/fitch-l%E2%80%99agence-de-notation-du-president-478494

 

Cette agence franco-américaine, propriété de Marc Ladreit de Lacharrière, comme ses deux autres « sœurs », Standard & Poor’s et Moody’s, est tout sauf indépendante des milieux d’affaires, des multinationales et des décideurs politiques.

Ce 21 avril 2011, tout le monde pense que cela va « saigner ». Les petits actionnaires de Renault ont envahi le Palais des congrès, à Paris, où doit se tenir l’assemblée générale annuelle du groupe. Le ton monte dans les conversations au milieu des travées : pas de doute, ils vont demander des comptes après la vraie déconfiture de l’équipe dirigeante du groupe automobile dans le scandale des faux espions. L’assemblée débute et le directeur financier annonce le versement d’un dividende aux actionnaires après les vaches maigres de 2008 et 2009. Ça calme les esprits. La tribune entend « mater » la salle comme un torero dompte la bête. Carlos Ghosn prend tout de suite après la parole et le taureau par les cornes. Il revient sur « l’affaire », mais seulement pour dire que le constructeur automobile sortira renforcé de l’épreuve. Amen. La salle ne bronche pas. Il a déjà presque gagné les deux oreilles.

La parole est ensuite donnée à Philippe Lagayette, présenté comme le président de la Fondation de France et du comité des comptes et de l’audit de Renault. L’administrateur « indépendant » ne met en cause personne nommément dans son rapport, seule l’organisation est pointée du doigt. Ni vu ni connu, pas de coupable à la tête, ouf ! Un deuxième administrateur « indépendant » prend ensuite la parole. Il s’agit de Marc Ladreit de Lacharrière, qui chez Renault préside le comité des nominations et de la gouvernance. Lui aussi lave plus blanc que blanc. Pas de coupable non plus pour lui à la direction du groupe.

Qui sont donc ces hommes qui donnent le bon dieu sans confession à Carlos Ghosn et son équipe ? Certes, dans les documents de Renault, Ladreit de Lacharrière est d’abord présenté comme un mécène, membre éminent de l’Académie des beaux-arts et le président du conseil d’administration de l’Agence France-Muséums. Il est pourtant, en premier lieu, le patron de Fimalac, le président du conseil d’administration de Fitch Group et de Fitch Ratings. Fitch ? C’est, avec Standard & Poor’s et Moody’s, l’une des trois grandes agences mondiales de notation, les « trois sœurs », qui font la loi sur les marchés financiers, notent des pays comme les États-Unis, la France ou la Grèce, des collectivités territoriales, des villes, mais aussi des multinationales de la banque, de l’industrie et des services, Lehman Brothers, Ford et aussi… Renault. C’est là que le bât blesse.

D’autant que l’autre administrateur « indépendant », qui s’est exprimé à la tribune de l’assemblée générale, Philippe Lagayette, qui par ailleurs exerce la fonction « d’administrateur de référence », autrement dit de « super »-administrateur, conseillant le président du conseil d’administration, et les présidents de tous les comités de direction de Renault, siège également au côté de Marc Ladreit de Lacharrière à la tête de Fimalac, la société qui contrôle à hauteur de 60 % le capital de Fitch.

l’indépendance des agences de notation

La collusion entre les tuteurs de Fitch et la direction de Renault ne s’arrête pas là. Siège au conseil d’administration de Fimalac Thierry Moulonguet, ancien directeur général adjoint de Renault en charge des finances, l’homme présenté comme l’artisan du redressement financier du constructeur japonais Nissan. À coups de serpe.

Comment une agence de notation peut-elle être autant engagée dans la vie d’un groupe ? Toutes les directions des grandes agences de notation clament leur indépendance à l’égard de leurs clients, États et entreprises. L’histoire, surtout la plus récente, permet d’en douter. Comment cela pourrait-il être autrement ? Les agences de notation sont payées par les entreprises et les États qu’elles notent ! Et pas qu’un peu. « Mais c’est notre modèle économique », nous assure une représentante de Fitch pour justifier les pratiques des agences. C’est assurément un « modèle », pas un exemple.

Le quotidien des affaires les Échos soulignait en février dernier une « même tendance » au sein de deux des plus importantes agences de notation, Standard & Poor’s et Moody’s : « le rebond » de leurs « revenus et des bénéfices » après les pertes de chiffre d’affaires de 2009. Un redressement permis, pour une grande part, selon le journal, par les « émissions de dette d’entreprises de catégorie spéculative ». Tout comme les marchés financiers, les agences prospèrent avec la spéculation.

Les « trois sœurs » sont-elles au moins indépendantes des pouvoirs politiques ? Qu’on en juge pour la France. Le 1er janvier 2011, paraît au Journal officiel le décret, signé de Nicolas Sarkozy, élevant à la dignité de grand-croix de l’ordre national de la Légion d’honneur Marc Ladreit de Lacharrière, « président de société, membre de l’Académie des beaux-arts, président du conseil d’administration de France-Muséums », déjà nommé grand officier le 8 septembre 2006.

On ne peut que s’étonner que le président de la République, actuellement président du G8 et du G20, décerne la plus haute distinction de la République au « big boss » d’une des plus puissantes agences de notation, même déguisé en mécène des arts et des lettres. N’a-t-il pas en effet fustigé les agences de notation à nombre d’occasions ? Dès le mois d’avril 2008, il assurait les Français qu’elles n’avaient « pas fait leur travail » lors de la crise des subprimes, des crédits immobiliers aux États-Unis.

comment expliquer ce jeu de dupes ?

Quelques mois plus tard, à l’occasion du discours de Toulon, le 25 septembre 2008, quelques semaines après la chute de la grande banque américaine Lehman Brothers, en plein effondrement des marchés financiers, il pointait du doigt la responsabilité des « trois sœurs » : « On a laissé sans aucun contrôle les agences de notation et les fonds spéculatifs », déclarait-il. « Il va falloir contrôler les agences de notation dont j’insiste sur le fait qu’elles ont été défaillantes », ajoutait-il sur le ton de procureur qu’il affectionne. Le même président sera tout aussi à l’aise pour justifier sa politique d’austérité, sa réforme des retraites en invoquant la nécessité de conserver la note maximum de la France attribuée par… les agences de notation, notamment Fitch.

Comment expliquer ce jeu de dupes ? La droite en France et nombre de dirigeants de grands pays capitalistes ont besoin de dramatiser l’enjeu politique, pourtant très sérieux, de la question des déficits publics. Mais ce dont il s’agit pour eux, comme pour les agences de notation, c’est moins d’obtenir un rééquilibrage des finances publiques que de sauver les marchés financiers. On oublie souvent de préciser que la baisse de la notation d’un pays conduit à diminuer la valeur des titres déjà émis et donc le portefeuille de nombre d’acteurs importants des marchés financiers, les banques, les compagnies d’assurances et les fonds d’investissement, notamment. En vérité, dirigeants politiques ou des milieux d’affaires se tiennent par la barbichette.

Standard & Poor’s  sous surveillance

Depuis la dégradation de la note américaine, l’agence de notation Standard & Poor’s (S & P) est dans le collimateur des autorités américaines. Le gendarme des marchés financiers américain a lancé une enquête sur la façon dont elle a calculé l’endettement américain. Le trésor lui reproche de s’être trompée de deux mille milliards de dollars. Ils cherchent par ailleurs à déterminer quels employés de l’agence étaient au courant de sa décision et son annonce imminente, afin d’établir un possible délit d’initiés, a expliqué le Wall Street Journal. Des rumeurs sur la dégradation de la dette américaine ont couru sur les marchés, quelques heures avant la clôture et l’annonce publique. Autre enquête, cette fois, sur son rôle dans la crise des subprimes où elle est soupçonnée d’avoir surnoté des produits hypothécaires qu’elle avait elle-même contribué à fabriquer avec des banques d’affaires, des banques qu’elle aurait tarder à dégrader.

Pierre Ivorra

Publié par Frédéric Maurin à 20:25pm
Avec les catégories : #rupture tranquille

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