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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

27 Mai 2010

Austérité, rigueur : il n'y a pas de plan B !

Ach, la crise, les 35 heures, la retraite à 60 ans de Mitterand : 

 

 gross'malheur !

 

Il vous l'avait bien dit :

 

img058.jpg

 

 

 

Il va falloir faire des efforts.

Un petit sacrifice pour ses lendemains qui chantent,

Un petit geste pour l'Union Européenne,

Sauvez l'Euro, soyez solidaires !

Vous y êtes obligés :

D'ailleurs, il n'y a pas de Plan B:

 

(Bien qu'en réfléchissant bien il y en ait peut-être un :

 http://www.brn-presse.fr )

mais éviter de penser, n'allez pas effrayer les marchés !

 

 

Source : http://www.leplanb.org/  (j'ose pas ! Il y aurait eu un Plan B?)

 

plan-b.jpg

 

En mars 2006, entre la victoire du « non » au référendum sur la Constitution européenne et le triomphe de la bataille contre le CPE, les fées de la lutte sociale s’étaient penchées sur le berceau de la jeune publication sardone. Agitant leurs banderoles magiques, elles avaient prévenu qu’un journal de critique des médias et d’enquêtes sociales tirerait sa force de son ancrage dans les cortèges autant que de son audience. Entrelacer guerre sociale et guerre des idées, nourrir celle-ci au lait de celle-là  : la ligne était tracée.

Las  ! Depuis cinq numéros, ventes en kiosque et abonnements fléchissent, maintenant l’esquif à peine au-dessus de l’étiage. Mais, surtout, la diffusion militante s’effondre, passant de 3 500 exemplaires à moins de 200. Ce coup de sabre dans les jarrets reflète une humeur générale faite de braises sombres et de colères rentrées. La violence de la crise sociale et le sabotage des mobilisations de 2009 par les directions syndicales ont produit leur effet. Nous avons pris notre part à cette désaffection en n’animant plus avec la même constance les centaines de réunions publiques qui unissaient, par-delà le papier, le journal à ses lecteurs. La raréfaction des manifestations a fait le reste.

L’Internationale sardonique a donc décidé de suspendre la parution de son organe tant que les conditions d’une relance ébouriffante ne sont pas réunies. Bien des groupes militants se sont fixé pour seul objectif de faire vivre leurs structures… Le Plan B s’en voudrait de marcher sur leurs barbiches. En effet, la Sardonie n’a pas vocation à installer des apparatchiks de la contestation. Décrivant les principes fondamentaux de la guerre de partisans élaborés en 1928, Mao explique  : « L’ennemi avance, nous reculons  ; l’ennemi s’immobilise, nous le harcelons  ; l’ennemi s’épuise, nous le frappons  ; l’ennemi recule, nous le pourchassons. [1] » Un journal qui mord et fuit, telle est notre tactique depuis dix ans.

Dix ans  ? Oui  : en juin 2000, 20 000 numéros zéro d’un journal baptisé PLPL (Pour lire pas lu) inondent les rues de Millau lors du rassemblement de soutien aux inculpés de la Confédération paysanne. D’abord diffusée sous le manteau, puis sur abonnement et partout où l’on se tient debout, l’étincelle PLPL embrase la morne plaine de la presse de centre gauche. Projetant son venin sardonique sur « les médias qui mentent, les patrons qui plastronnent et la gauche qui capitule », PLPL libère un territoire intellectuel où convergent les résistants les plus aguerris et les plus joyeux  : la Sardonie. Ce nom découle d’une objection formulée par l’écrivain Günter Grass à notre parrain Pierre Bourdieu en 1999  : « Je n’ai pas dit que nous vivions une époque drôle. Mais le rire sarcastique, sardonique, libérateur, c’est aussi une manière de protester. »

Seul contre tous, mais équipé d’une colonne vertébrale, PLPL charge les légions de quadrupèdes qui règnent sur les médias dominants. Repolitiser la question de la production de l’information, exposer les biais d’un traitement systématiquement hostile aux salariés et aux chômeurs, arracher leur masque de respectabilité aux éditorialistes et aux intellectuels à gages, mettre en garde les contestataires contre l’impasse de la stratégie médiatique  : en 2006, Le Plan B reprendra ces objectifs à son compte, en y ajoutant celui de l’enquête sociale, qui confronte le monde réel à celui fabriqué par le Parti de la presse de l’argent.

La critique des médias se renouvelait alors. Elle pilonnait les faux impertinents (Michel Field, Philippe Val…) dont le discrédit actuel fait oublier à quel point ils furent adulés. Elle était portée  ; elle était dangereuse. Ceux qui s’y livraient étaient assimilés à des nazis par Le Monde, dont la direction tricéphale (Alain Minc, Edwy Plenel, Jean-Marie Colombani) représentait le comité central de la bourgeoisie (financière, moustachue, traditionnelle). Des proscrits nous encourageaient – « Temps futurs  ! Vision sublime  ! Les peuples sont hors de l’abîme »  ; des perroquets chauves et mélancoliques couinaient dans les jupes du pouvoir contre notre « antijournalisme de poubelle ». À chacun son style. Quand, pour fêter son lancement, Le Plan B pirata l’antenne de France Inter et envoya l’animateur Stéphane Paoli à l’hôpital avec une congestion cérébrale, les courriers indignés affluèrent (« Mais comment osez-vous, un homme si bon  ! »). Nos plumes hilares brisaient leurs hallebardes.

L’atmosphère a changé. On ne nous hait plus, on ne nous injurie plus. Les traits vipérins s’espacent, le chyme claircit (voir la déclaration d’amour ci-contre). Qui se trouve hors d’état de susciter l’adversité frôle la mort politique. À l’exception de la Garde des lecteurs sardons, qui parfois plie mais jamais ne rompt, on nous achète sans conviction, on nous jette un œil sans éclat, on nous approuve sans en tirer de conséquences pratiques. On nous consomme. Certains s’en seraient contentés  ; pas nous.

Pendant que Le Plan B part aux champs, les grands médias traditionnels descendent au cercueil. Le Monde, Libération,  Charlie Hebdo  tutoient le dépôt de bilan  ; TF1 s’asphyxie  ; Lagardère quitte le navire du papier. Lecteurs et téléspectateurs fuient sur Internet et sur les chaînes câblées, emportant avec eux la manne publicitaire. Cette multiplication des canaux d’information et des informateurs a écrêté les centres de pouvoir éditoriaux. Hier, trois cathédrales faisaient carillonner la pensée dominante  ; mille bouches numériques la chuchotent aujourd’hui, mais avec la certitude de porter la voix du maquis. Assurément, Le Plan B n’a pas suivi ce tournant.

Simultanément, la critique des médias se banalise et, parfois, dégénère. Des politiques s’en font parure pour gagner quelques points dans les sondages  ; des blogueurs commentent sans fin les commentaires pour doper l’audience de leur site  ; des amuseurs rivalisent de sarcasmes pour accroître leur notoriété  ; des bobos braillent « c’est la faute à TF1  ! » pour s’épargner la peine d’une analyse sociale et politique. Mais tous se pâment devant Florence Aubenas. Nous ne croyons pas au journalisme, ni à sa figure centrale, personnification d’une illusoire liberté petite-bourgeoise. Dans nos régimes, l’information prolonge la guerre des classes par d’autres moyens. Qui la possède la contrôle, fût-ce au prix d’un zeste de dissidence ou de dérision tarifée.

Satirique et mordante, la Sardonie ne se résume pas au ricanement hors sol, version comique de l’art pour l’art. Dans la tradition carnavalesque, le rire populaire caractérise un monde parallèle où hiérarchies, castes et contraintes s’inversent. De la même manière, le rire sardonique est lié à l’ordre social dans un rapport de renversement. Sans ce dernier, il n’est rien. La critique radicale des médias n’est pas une fin en soi. Elle s’inscrit dans un projet politique et vise à détruire l’obstacle que les grands moyens d’information dressent sur la voie de l’émancipation.

C’est peu dire qu’il reste à faire. Les médias mentent toujours, les patrons plastronnent encore, la gauche capitule inlassablement. Mais au moins ces vérités-là sont-elles chevillées aux esprits. Celui de la Sardonie a irrigué des dizaines de journaux et de radios alternatives, des centaines de blogs. Malgré ses difficultés perpétuelles, la presse libre germine et prépare les embuscades. Nous comptons sur notre fidèle vitrine universitaire, Acrimed, pour porter l’estocade à l’ex-complice d’Alain Minc, Edwy Plenel [2], et pour analyser la stratégie médiatique des formations de la gauche de gauche.

En attendant notre reparution, dans un mois, dans un an, au détour d’une manifestation, sous un pavé, pour tirer un coup de pistolet dans la noce des satisfaits, l’Internationale sardonique nous communique ce message inspiré des Raisins de la colère de John Steinbeck (chapitre 28)  : « La Sardonie sera toujours là, partout, dans l’ombre. Partout où tu porteras les yeux. Partout où il y aura une bagarre pour que les gens puissent avoir à manger, la Sardonie sera là. Partout où il y aura un flic moustachu en train de passer un type à tabac, la Sardonie sera là. Dans les cris des gens qui se mettent en colère parce qu’ils n’ont rien dans le ventre, la Sardonie sera là. Elle brille de mille feux.
Feu  ! Feu  ! Feu  ! »

Paru dans Le Plan B n°23, juin-juillet 2010

Notes

[1] « Les problèmes stratégiques de la guerre révolutionnaire en Chine » (décembre 1936), in Mao Tsé-toung, Écrits choisis en trois volumes, vol. 1, Maspero, Paris, 1967, p. 118.

[2] Hourra  ! pour notre camarade Rivière qui, tirant parti de vieilles amitiés moustachues, s’inflige de longues réunions publiques aux côtés d’Edwy afin de recueillir – et publier – les propos ineptes de ce benêt.

 

Bon, plus sérieusement, c'est bientôt qu'on mange ?
 
 
Capital

 

Car certains ont l'air d'avoir faim :

 

Source : http://www.frontsyndical-classe.org/

 

 

Comme l’ensemble des acquis sociaux, les retraites sont depuis des décennies dans le collimateur du grand patronat, de ses gouvernements et de son UE (accords de Barcelone en 2002 programmant le recul de 5 ans de l’âge de la retraite, signés par Chirac et Jospin et admis par la CES et ses affiliés).

Le gouvernement Sarkozy, émanation directe du CAC 40, programme aujourd’hui une nouvelle attaque : recul de l’âge de la retraite, augmentation de la durée de cotisation, baisse des pensions…

 

A grands coups de campagnes médiatiques (menées par des journalistes dont la notoriété est proportionnelle à leur dévouement à servir la soupe à leurs maîtres les Bouygues, Dassault, Lagardère, Arnault, Pinault…), d’experts indépendants (sortis de Sciences-Po, de l’ENA… et dont la qualité première est d’être aux ordres du capital et de ne pas avoir de problème angoissant de retraite) et de « diagnostics partagés », le pouvoir prend comme prétexte tout à la fois sa crise et « l’évolution démographique » qui rendraient impossible le financement des retraites au nom de « la dette », une dette créée de toute pièce par les innombrables exonérations et autres subventions publiques au profit des grandes multinationales.

 

Or, des moyens pour les retraites, la France en a infiniment plus aujourd’hui qu’en 1945, grâce l’augmentation des richesses produites chaque année par le monde du travail. Rien qu’en revenant au partage capital/travail qui prévalait dans les années 1970, ce sont 180 milliards d’euros annuels qui peuvent être immédiatement dégagés pour les retraites, la sécu, l’éducation, le logement…

 

Ce n’est donc pas une quelconque loi naturelle qui impose la casse des retraites et au-delà, les régressions sans fin auxquelles semblent condamnés les peuples. C’est même un prodige que de parvenir à faire croire, alors que l’humanité laborieuse produit sans cesse davantage de richesses, qu’il est fatal que cette humanité vive de plus en plus mal et que les fortunes s’amassent du côté de l’aristocratie financière et de ses valets. En réalité, ce qui condamne les travailleurs à la souffrance sociale, à la précarité et à la misère, c’est le pouvoir des monopoles capitalistes qui soumet tout à la recherche du profit maximum.

 

Les travailleurs n’ont pas le choix : combattre tous ensemble, résister et contre-attaquer pour briser la puissance des monopoles capitalistes ou plonger dans l’exploitation sans limite.

 

Il faut donc préparer le mouvement tous ensemble en même temps contre la régression sociale. Cela ne se décrète pas mais cela doit se préparer au quotidien par la mise en lumière des enjeux de classe derrière tous les projets patronaux, gouvernementaux ou européens, par le refus des illusions du « dialogue social » et de la négociation de la régression sociale, par la construction concrète de l'unité dans l'action des travailleurs et de la jeunesse contre ce pouvoir destructeur. 

 

C’est pourquoi le Front Syndical de Classe lance cet appel à la construction d’un mouvement d’ensemble pour défendre les retraites à partir de revendications travaillées par de nombreuses bases syndicales et susceptibles de faire aujourd’hui l’unité la plus large.

 

 

Appel à la construction d’un mouvement  tous ensemble

pour sauver les retraites

 

Face à l’attaque du capital national et européen contre les retraites et alors que les moyens existent pour assurer leur avenir, il est urgent de construire un vaste mouvement populaire destiné à sauver les retraites en mettant le pouvoir sur la défensive.

 

Pour cela, travailleurs du public comme du privé, enseignants, étudiants…, doivent s’unir tous ensemble autour des revendications claires et précises qui émanent de nombreuses bases syndicales : annulation des contre-réformes Balladur-Fillon de 1993 et 2003, maintien du droit à la retraite à 60 ans et retour aux 37,5 annuités et 75% du brut pour tous avec prise en compte des années d'études professionnelles et d'apprentissage, indexation des pensions sur les salaires, maintien du Code des pensions et des statuts particuliers (annulation de la contre-réforme des régimes spéciaux de 2007).

 

Le Front Syndical de Classe s’adresse donc à toutes les forces syndicales et politiques se réclamant du monde du travail et du progrès pour les appeler à tout mettre en œuvre afin de défendre les intérêts populaires, en créant des collectifs de défense de retraites à l’image de ce qui s’était passé en 2005 pour le NON au TCE, en développant les contacts intersyndicaux locaux ou en préparant comme première étape une manifestation nationale unitaire à Paris pour la défense des retraites.

                                                                                                                    

Le monde du travail ne gagnera qu’en construisant un rapport de force de haut niveau sur les contenus et les perspectives d’action. Cela ne se décrète pas mais cela se prépare.

 

Public/privé, ce sont toutes les retraites qui sont attaquées.

C’est tous ensemble qu’on les défendra !

Publié par Frédéric Maurin à 17:20pm
Avec les catégories : #rupture tranquille

commentaires

David CABAS 30/05/2010 23:05




Connaissez vous la loi Giscard Pompidou et le Traité de Maastrich ?


 


Alors que les bourses chutent, que l'Euro est à l agonie, que les plans d'austérités se multiplie à travers l'Europe, il serait sage de connaître les vrais raisons de l'augmentation de la dette !


 


Le bon sens commun voudrait que la dette soit du à trop de sociale, trop de santé, trop de services publiques, trop de fonctionnaires, trop de retraites. Nos responsables politique se font l'écho
d'un tel message et mettent en œuvre des plans sensés répondre aux problèmes de la dette !


 


Mais tout ceci est une arnaque : L'arnaque de la dette !


 


Jusqu'au 3 janvier 1973, la Banque de France avait le droit d'émettre du crédit à très bas taux d'intérêt afin de financer les besoins de l'état et d'investir dans les projets d'avenir !


 


Mais sous prétexte d'inflation, le gouvernent Giscard Pompidou a cru bon empêcher la Banque de France de faire son travail en transférant de fait le pouvoir aux banques privés. Et oui depuis
cette époque la France s'endette auprès des marchés financiers avec des taux d'intérêts élevés et c'est obligatoire pour tous les pays membres depuis Maastrich et les traités suivants!


 


En claire, ce sont les taux d'intérêts imposés sur la dette qui créer l'augmentation folle des dette publique !


 


L'alternative


 


Un retour au crédit publique productive, redonner le pouvoir au nation de battre monnaie afin de l'investir non dans les bulles spéculatives ou dans les jeux des casinos financiers mais bien dans
l'économie physique au service de la population et du travail humain.


 


Nous devons dire Non au chantage de l'empire de la finance de la City de Londre et de Wall Street à New York


 


Si tu veux rejoindre la bataille pour changer le système économique rejoins moi sur mon groupe : http://www.facebook.com/group.php?gid=104166076293247&ref=ts


 


David CABAS


david.cabas.over-blog.fr






Frédéric Maurin 31/05/2010 08:36



Merci. Je reviendrai sur vos liens.


Je connais Maastricht...qui est déjà l'aboutissement d'un processus plus ancien : le passage d'une régulation par l'inflation (échelle mobile des salaires) à une régulation par le chômage.


Pour refermer la "parenthèse libérale" initiée lors du tournant de la rigueur en 1983, je compte sur le feuilleton sur la crise du M'Pep


http://rupturetranquille.over-blog.com/article-un-feuilleton-sur-la-crise-51361655.html


On ferme la télévision et on en reparle...