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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

28 Juin 2012

Bientôt le tour de France !

 Dans la foulée, athlétique, de mon Football: spécial Euro 2012 retour à l'actualité sportive... comme on l'aime ici : sans sponsors, sans publicitaires, ni culte de la performance qui faisait dire à Albert Jacquart:

"A quoi sert d'aller vite si c'est pour tourner en rond ?".

Illustration :

                     Un autre cyclisme est possible :

 

Millau-Strasbourg à vélo

Un cortège d’irréductibles objecteurs de croissance partira à bicyclette du McDo démonté de Millau, le jeudi 5 juillet 2012, pour aller chercher José Bové au Parlement européen à Strasbourg. À l’arrivée, prévue autour du 20 juillet, nous remettrons ensemble les signatures de cette pétition José reviens ! à l’eurodéputé.

Rendez-vous le 5 juillet 2012 à 9h devant le Mc Donald's, 422 Avenue Languedoc, 12100 Millau


Cher José Bové,

Après une vie de rebelle, tu as rejoint Daniel Cohn-Bendit, l’« enfant chéri des médias* », VRP du capitalisme vert, de l’Europe libre-échangiste et incarnation de la figure du révolté repenti devenu le plus efficace apôtre et chien de garde de l’ordre en place. Tu as ensuite soutenu le présentateur de TF1, Nicolas Hulot, et son cirque médiatique.

Tu touches désormais les gros euros-sesterces d’émoluments de député européen. Mais le plus important ne relève pas ici du comptable : il se joue sur le plan symbolique. Tu incarnais cet « irréductible Gaulois » qui « résiste encore et toujours à l’envahisseur ». Ton revirement a créé des dégâts symboliques considérables dans la société : il a donné à penser que toute résistance est vaine ; qu’Astérix s’est vendu à McDo. À ce titre, la campagne de publicité de cette multinationale de la « junk-food », représentant le village gaulois festoyant dans un de ses restaurants, est tout un symbole. José, beaucoup de nous ont admiré la force de ton engagement, ont cru en toi et ont donné d’eux pour ta campagne présidentielle de 2007. Le sentiment d’avoir été dupés, de s’être fait utiliser pour revendre un capital médiatique et d’avoir été les dindons de la farce est fort.

pub macdo

José, il n’y aura pas d’écologie politique sans rupture avec les postures de soumission. À défaut, il ne reste plus que des logiques d’aménagements qui cautionnent un système mortifère. Nous n’avons pas besoin d’un écolo-technocrate de plus ; notre système en produit des légions. Non, ce dont nous avons besoin, c’est de rebelles, de dissidents, d’hommes et de femmes debout.

Cet été nous partirons du McDonald’s de Millau pour rejoindre à bicyclette le Parlement européen à Strasbourg. Nous viendrons t’y chercher pour t’inviter à rejoindre à nouveau le camp de la dissidence. Nous te porterons la pétition présente. Avant que le ciel ne nous tombe sur la tête, reviens, José !

* Médias (revue de célébration du système médiatique) 12-2008.

J'aime les Verts... quand ils rougissent  et, sans que cela m'ait empêché de dormir, j'avais mal vécu le ralliement de José Bové à la très fédéraliste Europe Ecologie. C'était en 2009, après l'échec de la candidature unique antilibérale tentée dans la foulée du non au traité capitaliste (pardon constitutionnel) européen.

Je m'apprêtais donc à signer cette sympathique pétition...mais après 5 ans de sarkozysme, on n'a pas le droit de se tromper de cible:

 Paul Ariès réagit à la campagne « José Reviens »

 

Paul Ariès

Je suis interrogé depuis son lancement sur la campagne « José Reviens ! »[1]

Je ne suis absolument pas partie prenante de cette opération ni aucun des OC des gauches que je côtoie. J’ai effectivement utilisé cette formule depuis deux ans mais dans un sens différent. J’ai écris un livre en 2007 « José Bové le candidat condamné » (Golias) pour dénoncer son choix d’un positionnement « seulement antilibéral » et non pas anti-productiviste/objection de croissance (comme nous lui avions proposé lors de la marche nationale pour la décroissance…) et pour critiquer le choix d’utiliser dans sa campagne des recettes de marketing politique.

Je parlais cependant d’un « accompagnement critique » de sa campagne car la diabolisation de Bové (et aujourd’hui d’EELV) est contre-productive… Elle fait le jeu d’une écologie de droite, elle fait le jeu de nos adversaires. Nous avons effectivement des désaccords avec la ligne majoritaire d’EELV. Nous devons en parler en dehors de toute diabolisation, de toute caricature. C’est pourquoi j’avais répondu favorablement à l’invitation des Verts pour exposer nos critiques lors de leur Université d’été de septembre 2010… J’y avais expliqué que la charte proposé par Yves Cochet était une excellente base de discussion et qu’il ne s’agissait pas de laver plus blanc (avec Eva Joly) mais plus rouge et vert.

J’ai effectivement signé en février 2011 dans le journal La décroissance un texte nuancé publié en pages politiques sous le titre « José, du côté obscur de la force » et repris en Une sous le titre «  »José reviens »"… titre que cette opération médiatique emprunte et détourne dans un but tout autre que celui du texte initial.

Bové n’est pas un traître auquel on devrait offrir les conditions d’une repentance… Cette opération dont le style même est plus religieux que politique est dangereuse. En politique, on n’excommunie pas, en politique, on ne vend pas des actions de grâce. On ne peut critiquer José Bové sans en même temps reconnaître la qualité du travail effectué tant sur le plan de l’agriculture que sur celui des gaz de schiste…

La diabolisation et la défiguration de l’adversaire sont des procédés religieux et non pas politiques. Cette opération médiatique est donc pour moi celle de Vincent Cheynet et de sa petite clique…lui-même étant un bon représentant de cette décroissance de droite catho… Cf. le texte paru sous la plume de Jean-Baptiste Malet dans Golias Hebdo du 25 janvier 2012 sur la décroissance et «  »l’écologie, nouvelle arme des chrétiens réactionnaires »".

Je comprends donc la position du PPLD (Parti Pour la Décroissance) dont je ne suis pas membre et qui signait le 2 janvier 2012 un long communiqué (disponible sur son site) sous le titre : "le journal la décroissance, la saloperie que nous n’achèterons pas ».

Je comprends la déclaration de Yves Cochet : « la tournure du journal est très virulente. Ils attaquent ad hominem les personnes qui sont les plus proches : les écolos ou les décroissants en général, plutôt que les adversaires politiques que sont les productivistes, les pro-nucléaires, les gens de droite ou d’extrême droite (…). Cheynet, je ne sais pas où il va, mais ça sent très mauvais. » (in Golias Hebdo de janvier 2012). Je comprends Jean-Paul Besset, euro-député EELV : « Cette diabolisation systématique de ceux qui ne sont pas d’accord avec ce que l’on dit, pour moi, c’est une catastrophe. C’est une démarche réactionnaire (…). Je ne lis plus ce journal car c’est un lieu de haine, d’exclusion, qui ne fait plus avancer les idées » (Golias Hebdo de janvier 2012).

Je ne signerai donc pas cet appel qui conforte les clivages qui ont fait exploser la décroissance entre une petite minorité de droite camouflée en «  »ni droite ni gauche »" et une grande majorité issue des différentes familles des gauches anti-productivistes.

Nous avons bien mieux à faire pour faire gagner la justice sociale et climatique, pour faire avancer l’idée de gratuité des services publics et celle d’un revenu garanti.

Nos rendez-vous ne sont pas ceux de la diabolisation religieuse et de la repentance. Nous organisons le forum mondial de la pauvreté fin juillet 2012 avec Emmaüs-Lescar-Pau. Nous organiserons le deuxième forum national de la désobéissance fin septembre à Grigny.

Deux livres existent sur cette scission entre décroissance de droite (ni gauche ni droite) et celles des gauches : Un qui vient de paraître chez Parangon (avec la participation de tous les milieux de la décroissance sauf ceux d’extrême droite et de droite même camouflée en ni gauche ni droite), un autre à paraître chez Golias sous la direction de Michel Lepesant, animateur du MOC (mouvement des objecteurs de croissance de sensibilité libertaire).

Salut et fraternité

Paul Ariès, Directeur de la rédaction le Sarkophage 

Publié par Frédéric Maurin à 07:05am
Avec les catégories : #rupture tranquille

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