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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

11 Janvier 2013

Emploi : on sécurise ou on flexibilise ?

Lors de notre séance de voeux aux forces vives de la nation : 2013 : Tous nos voeux de souplesse on rappelait l'importance des mots.

Les mots sont importants (lmsi.net)

L'Humanité, qui n'est pas en reste sur la guerre des mots et ceux de la guerre sociale, précise le sens et les enjeux des négociations interprofessionnelles en cours.

...et je formule le voeu qu'au delà des mots, il y eu  Tous en grève le 13 décembre 2012   et il y aura les actes.

 

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"Si François Hollande devait accepter un texte signé par le Medef et quelques syndicats seulement, l’histoire Antisociale avec un grand « A » serait au rendez-vous de ce gouvernement", estime Jean-Emmanuel Ducoin dans l'édito de l'Humanité de ce jeudi.

Il y a décidément quelque chose d’étrange dans la gestion économique et sociale de François Hollande. Peu importe le dossier. Que ce soit la volte-face à Florange ou le crédit d’impôt offert aux entreprises, la pseudo-réforme bancaire ou le fiasco de la « supertaxe » à 75 %, nous le constatons avec désolation: le pas en avant se transforme souvent en pas de côté, voire carrément en demi-tour assumé. Les exemples fourmillent tant et tant que le président donne maintenant le sentiment qu’il se trouve désarmé face aux manœuvres brutales des vautours de la finance 
et qu’il écoute beaucoup plus les patrons de la haute 
que les ouvriers ou les syndicalistes. Que deviennent 
les combats fondamentaux pour lesquels il a été élu ?

L’idéologie libérale est si prégnante qu’y accoler le mot « social » n’octroie pas un passeport de bonne gestion en direction des plus défavorisés. D’autant que les pressions ne manquent pas. Prenez le lourd dossier des négociations sur la « sécurisation de l’emploi ». Voulu par le chef de l’État en personne et lancé en octobre, le chantier avait pour but que patronat et syndicats parviennent à un accord « historique ». Seulement voilà. Jamais avare dans la définition mécanique des intérêts de sa caste, la patronne du Medef, Laurence Parisot, a quasiment bloqué toute discussion sur la base même du périmètre 
de ladite négociation, 
à savoir la « sécurisation 
de l’emploi », qui 
n’en a plus que le nom 
ou presque, dévoyant son sens initial.

Dans leur guerre de classe menée 
de longue date, mais qui, à la faveur de ces rencontres hebdomadaires, fut plus éclatante que jamais, les représentants du patronat ont en effet rabâché quelques principes jusqu’à épuisement des cerveaux : flexibilité, flexibilité, flexibilité ! Mais aussi : faciliter les licenciements! Et également: déréglementer 
le droit du travail dans son ensemble ! Et encore: mobilité imposée, possibilité de restructurations sans plan social, 
fin du CDI. On en passe et des meilleurs…

Dans ce climat, il est difficile, sinon impossible, d’imaginer qu’un compromis « le plus large possible » soit signé – même si nous observerons avec attention l’attitude de la CFDT. Le ministre du Travail, Michel Sapin, a pourtant prévenu : « Un accord devra être trouvé d’ici vendredi. » Mais quel accord ? Autant le dire. Si François Hollande devait accepter et transformer en projet de loi un texte signé par le Medef et quelques syndicats seulement, l’histoire Antisociale avec un grand « A » serait au rendez-vous de ce gouvernement. Cela signifierait une capitulation supplémentaire et non des moindres ! L’enjeu de cette négociation est considérable : cette mise en garde n’a donc rien de formelle.

François Hollande s’est engagé à inverser la courbe du chômage fin 2013. L’objectif paraît si irréel au regard de la politique qu’il conduit qu’un changement de cap sera tôt ou tard à l’ordre du jour. Or, il y a deux manières de sortir de cette négociation sur le travail. Par le bas: elle vise à faire supporter aux salariés les conséquences d’une compétition sauvage par une précarisation sans limites. Par le haut : elle permet d’avancer sur le chemin d’une sécurité sociale professionnelle, avec une formation tout au long de la vie et le droit absolu de ne jamais être exclu de la solidarité financière. Autant d’idées économiquement possibles, socialement justes et humainement indispensables...

Patronat et syndicats négocient ce jeudi après-midi du recours abusif aux contrats très courts par les entreprises. Un nœud important des négociations que les syndicats, comme une majorité des Français veulent taxer pour en limiter l’usage. Mais il ne faudrait pas que cette avancée permette la casse du CDI.

"Dans un pays où le nombre de contrats de moins d’un mois a progressé de 88 %, il faut inciter les entreprises à faire durer l’emploi. Dans notre mandat, on avait pensé à instaurer une cotisation dégressive sur l’assurance chômage. On ne peut pas traiter de la même manière les entreprises qui jouent le jeu de l’emploi stable et celles qui abusent de contrats précaires." C’est Patrick Pierron de la CFDT qui le disait à l’Humanité. Et pour ce faire, l’idée de taxer les contrats courts, afin de pénaliser les entreprises qui abusent du travail précaire, fait son chemin.
Y compris auprès des Français, qui selon un sondage « Sondage Tilder-LCI-OpinionWay », sont à 59 % favorables à surtaxe payée par les entreprises sur les CDD de moins d'un mois. Ce sondage révèle toutefois une réalité plus inquiétante que dénonçait notamment le documentaire les Nouveaux Chiens de Garde : le patronat et ses porte-parole ont réussi à faire passer à  la majorité des français interrogé qu’une « réforme » était nécessaire. Une réforme de quoi ? de qui ? Rien n’est évidemment défini. La « réforme » même vide de tout contenu devient intrinsèquement positive.

La négociation sur les contrats précaires ne doit pas permettre la casse du CDI

Si pénaliser les contrats courts reste une avancée, il est surtout à craindre que le Medef cède ici pour imposer de l’autre main le CDI précaire. C'est-à-dire empêcher notamment de nombreux recours judiciaires pour licenciement abusif. Ce que le Medef ose appeler "sécuriser les plans de licenciement".

"Ces contrats vont à l'inverse de l'objectif de la négociation. Le CDI intermittent doit sortir du texte autrement il n'y aura pas de signature" de la CFDT, a assuré Patrick Pierron, et on espère que la centrale s’y tiendra. De leur côté, la CGT et FO restent inflexible : "On reste fondamentalement sur un texte qui organise la déréglementation du marché du travail", a déclaré Agnès Le Bot de la CGT, quand FO refuse d’être "le fossoyeur du Code du travail".
Un autre sondage, de BVA cette fois, montre que plus des deux tiers de Français considèrent qu'il faut préserver le contrat à durée indéterminée dans sa forme actuelle et près de 60% qu'il faut d'abord empêcher les employeurs de licencier aussi facilement qu'ils le font aujourd'hui.

Publié par Frédéric Maurin à 09:04am
Avec les catégories : #rupture tranquille

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