Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

18 Décembre 2010

Faut-il lutter plus pour gagner plus ?

Cela se discute.

Dans cet article lumineux :  Non à l'augmentation des salaires !  , qu'on confrontera ici avec d'autres points de vue, Le Plan B rappelait qu'être socialiste c'est avant tout vouloir socialiser. Pour offrir des biens et services hors logique de marché, hors médiation monétaire. 

 

"les besoins définis comme élémentaires sont financés par la collectivité et fournis gratuitement ou presque. C’est le cas actuellement – pour combien de temps ? – de l’éducation, de la santé, des retraites et de la couverture chômage, financées soit par l’impôt, soit par les cotisations sociales. Ces dernières constituent la face cachée du salaire, sa part socialisée acquittée par le patron et le salarié.

La première tâche d’un programme de gauche consisterait à définir collectivement la nature des nouveaux besoins communs, comme nos aînés définirent jadis les « risques » redevables d’une couverture socialisée. Pourquoi ne pas commencer par ceux qui coûtent le plus aux ménages : logement, nourriture, transport, culture, loisirs, communication, énergie ? Leur production serait financée par la cotisation et l’impôt – chacun contribuant à proportion de ses revenus – afin de fournir à tous des prestations de base de haute qualité à prix modique.

Ainsi le salaire serait-il davantage versé sous forme de prestations en nature, choisies au terme d’une délibération politique, que par une somme d’argent injectée dans les comptes en banque et redirigée vers la consommation marchande par la police publicitaire. En 2007, un quart des dépenses des ménages français étaient assurées par la collectivité (éducation et santé pour l’essentiel), les trois autres quarts découlaient de la consommation. Une organisation de gauche soucieuse d’édifier une société de services publics pourrait proposer d’inverser la proportion. Chacun serait ensuite libre de s’offrir avec le quart restant un téléviseur moustachu de 8 mètres carrés avec option grille-pain.

Le cas du logement est éclairant : si la collectivité sollicite des entreprises publiques pour construire ou rénover des immeubles délicieux dont les logements sont loués à bas coût, elle produit une offre socialisée et réduit le circuit marchand au minimum. Si, comme c’est le cas aujourd’hui, l’État aide les ménages à acheter ou à louer des logements au prix de marché via les prêts à taux zéro et les aides personnalisées au logement, il crée une demande solvable et encourage la spéculation. Socialiser l’offre plutôt que solvabiliser la demande, voilà la philosophie du Plan B. Aux dégénérés inquiets d’une soviétisation du système, il suffit de répondre que la liberté de l’individu se trouve accrue par la prise en charge collective des nécessités quotidiennes dont la quête permanente empêche aujourd'hui chacun de se réaliser.

 

L'autre question, posée aujourd'hui par les "décroissants" et, avant, par André Gorz, c'est d'accroître la sphère d'autonomie des individus vis-à-vis du marché ou de l'Etat. L'oeuvre d'André Gorz ne se résume pas ici

http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Gorz ...mais il est difficile de s'afficher "décroissant" lorsque, dans une société donnée, des dépenses contraintes conditionnent ta survie.La démarche n'est cependant pas exclusive de la socialisation de l'offre de production. 

On y reviendra, mais en attendant une chose est certaine: lutter plus pour gagner plus, si cela permet de bouffer, n'est pas la condition suffisante pour rompre avec l'union pour une minorité des privilégies. Ils peuvent même s'en trouver renforcés... Capital 

 

 

 

En attendant, il faut bien manger. Et pour ceux qui peinent à le faire, le MEDEF est là.

Oui, le Medef, avec l'humanisme et l'a-propos qui le caractérisent (voir à ce sujet Le dialogue social vu d'en bas.  ) propose du "zéro charges sociales" pour toute embauche d'un chômeur de longue durée. Or si les droits des chômeurs sont à ce point réduits, c'est bien la conséquence des politiques d'exonération de charge menées au nom de l'emploi, avec l'efficacité que l'on constate.

... le cercle est vicieux ?

Faisons-le tourner plus vite...c'est un peu cela, le MEDEF 

 

Dans un article passionnant sur l'évolution des salaires depuis les années 1980, l'auteur (animateur de la revue   http://www.acontrecourant.org/  :

allez-y voir et abonnez-vous, vous serez pas déçu du voyage) concluait son étude par ces mots:

 

"La crise des subprime est en train de rappeler au capital qu’il peut étouffer de deux manières différentes : par un défaut de plus-value (des profits insuffisants) mais aussi par un excès de plus-value (des profits trop élevés). Le seul remède dans ce dernier cas est une augmentation des salaires réels, de manière à relancer la consommation salariale. Mais celle-ci ne se produira pas d’elle-même ; il y faudra la lutte des travailleurs et des travailleuses. Et elle risque de se heurter aux intérêts catégoriels de tous les propriétaires d’actifs patrimoniaux qui auront à y perdre."

 

La totalité de l'étude est en ligne ici : http://www.alencontre.org/France/FranceRevenusBihr05_08.html

 

Lutter plus pour gagner plus ? Vous l'avez compris, l'Union pour une minorité de privilégiés , digne représentante des propriétaires d'actifs patrimoniaux, ne l'entendra pas de cette oreille. 

 

 

A ce propos, Guy POUSSY - Syndiqué CGT depuis 1950 (chapeau, j'ai adhéré 40 ans plus tard ! Il ne me reste donc plus que 40 ans de cotisation pour l'égaler) donne sur le site du Comité Valmy (http://www.comite-valmy.org/)  son opinion :

 

 

Les grandes manifestations, et les grèves reconductibles n’ont pas donné les résultats qu’espéraient les participants. La contre réforme des retraites a été votée, et elle s’applique. Avec l’argent des contribuables, le gouvernement Sarkozyste mène une campagne mensongère sur les ondes et par écrit pour convaincre l’opinion du bien fondé des sa contre réforme qui « rétablira l’équilibre des régimes de retraite en 2018 ». Le « Dialogue social entre partenaires sociaux » s’est remis à fonctionner. Le ministre du travail reçoit les dirigeants syndicaux, la présidente du MEDEF fait de même. Les discussions portent sur des ordres du jour fixés d’avance par le pouvoir : le travail des jeunes, des séniors, la dépendance, les retraites complémentaires. Au plan politique, dans chaque camp, la course à la candidature pour l’élection présidentielle de 2012 est engagée. Elle occupe tout l’espace médiatique.

Durant ces semaines de lutte qui ont démontré qu’en France la politique se passe toujours dans la rue, l’élite politico, syndicale, médiatique a eu très peur d’être dépassée. Maintenant elle se veut sereine, elle entend tourner la page. Tous ces gens pourraient vite déchanter. Certes pour le monde du travail, et la jeunesse il n’y a pas eu les résultats escomptés. Faut il pour autant tirer la conclusion que le gouvernement est trop fort. Qu’il ne sert à rien de lutter, le mieux est d’attendre tranquillement l’élection de 2012 avec un basculement à « gôche ». Cette voie conduit à l’impasse, et aux désillusions.

Aujourd’hui pour envisager l’avenir il convient de discuter, d’analyser concrètement qu’est ce qui a manqué pour gagner. Dans cette réflexion on ne peut échapper à la question : Est ce que la stratégie des centrales syndicales était la bonne pour contraindre le gouvernement à céder sur sa politique ? Dans la foulée des grandes luttes sociales, des élections professionnelles viennent de se tenir. Dans trois secteurs importants, la POSTE, EDF, ERDF, RATP, la CGT enregistre des reculs. Dans ces entreprises les militants sont appelés à analyser les résultats du scrutin » Ce recul mérite toute notre attention pour viser un syndicalisme qui réponde mieux aux attentes des salariés » déclare la CGT ENERGIE. Cette sage recommandation pourrait être généralisée. Elle interpelle toutes celle et tous ceux qui refusent le recul de civilisation généré par la politique du pouvoir Sarkozyste, et son autoritarisme méprisant. Il est possible de faire échec à l’offensive anti sociale des agences de notation, de l’union européenne, du pouvoir et du MEDEF. Compte tenu des enjeux, des moyens mobilisés, la riposte populaire demande à être beaucoup plus ample et plus déterminée qu’elle ne l’a été jusqu’ici.

Les sujets de mécontentement ne manquent pas ainsi s’agissant du SMIC (Actuellement 1056€ net) sur injonction de ses experts le gouvernement a décidé de s’en tenir au strict cadre légal et de ne pas lui donner un coup de pouce le 1er janvier 2011. Cela dure depuis cinq ans. Cette décision encourage le patronat qui campe sur le refus d’augmenter les salaires afin dit il de ne pas accroitre le coup de la main d’œuvre qui serait l’un des plus haut d’Europe. Cette contre vérité doit être combattue.

L’augmentation générale et substantielle des salaires est devenue prioritaire pour lutter contre la mal vie, et contre l’injustice criante. C’est aussi le moyen concret d’augmenter les rentrées de cotisations pour la sécurité sociale et les retraites. Entre 2003 et 2009 24 groupes du CAC 40 croulant sous les profits ont augmenté leur hausse salariale par employé de seulement 8% en moyenne, alors que les dividendes par action gonflaient de 110%. Dans le groupe TOTAL la rente versée aux actionnaires entre- 203 209- sous formes de dividendes et de rachats d’actions dépasse de 19% les sommes dédiées à la rémunération des salaires.

Ces chiffres sont extraits d’un dossier du magazine L’EXPANSION de décembre qui titre, chose rare, »Il faut augmenter les salaires » Avec les retraites, l’augmentation générale et substantielle des salaires représentent le socle d’un vaste rassemblement interprofessionnel et intergénérationnel.Il attaque au cœur un système mondialisé qui pousse à l’uniformisation des comportements, à la pensée unique. Il repose sur l’injustice. Avec le management moderne des entreprises, les conditions de travail sont devenues insupportables puisqu’elles conduisent des femmes et des hommes à se suicider au travail. Les évènements que nous vivons, et les conclusions à tirer attestent, que la régulation du capitalisme cannibale et destructeur est une imposture.

C’est à l’appareil d’état bourgeois et ses suppôts, en particulier les institutions européennes, qu’il convient de s’attaquer frontalement. Leur rôle consiste à garantir pour les banques et les actionnaires, la reproduction optimale du capital sur le dos du monde du travail de la création et de la jeunesse. Le Tous Ensemble suppose donc encore plus de démocratie dans les manifestations de rue, encore plus de grévistes lorsque la grève est décidée. Le Tous Ensemble suppose aussi encore plus de démocratie pour décider, à la base, des formes d’action et des revendications à faire aboutir. L’unité son enracinement ne peut exister qu’en discutant, et en décidant Tous Ensemble du début à la fin des luttes. En faisant de la conduite de celles-ci l’affaire de tous les intéressés.

Dans ce combat de classe les salariés de notre pays ne sont pas seuls. Les choix politiques de l’UE et de la BCE sur lesquels s’alignent tous les gouvernements se traduisent par une politique d’austérité identique dans chaque pays Européens. Pas étonnant que grèves et manifestations se développent aussi en Grèce, au Portugal, en Espagne, en Grande Bretagne, en Irlande, en Italie. L’union fait la force. L’heure est venue de s’épauler mutuellement et de « Souffler nous-mêmes notre forge, et de battre le fer quand il est chaud". Là réside la perspective, et la clef de véritables changements.

Guy POUSSY - Syndiqué CGT depuis 1950

Décembre 2010

www.cgt.fr/

 

Publié par Frédéric Maurin à 17:34pm
Avec les catégories : #rupture tranquille

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

commentaires