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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

4 Avril 2012

François Bayrou : le vote inutile

Après  François Hollande : le vote utile ! je m’excuse de vous ennuyer avec Bayrou en ce lieu, mais je préfère que cela soit dit une bonne fois pour toute.

Notez bien que, vu de Mars, je conçois parfaitement qu’on puisse voter Bayrou. Dans une période de désarroi, on peut être  tenté de renvoyer dos à dos « une gauche qui a oublié le peuple et une droite qui a oublié la patrie », pour reprendre une formule de Chevènement.

Et François Bayrou, centriste autoproclamé anti-système car ayant refusé des postes « d’ouverture sarkozyste » peut, de ce point de vue, parfaitement faire illusion.

Mais, je ne parle pas de Mars ici. Je reste sur terre, en France, et Bayrou penche nécessairement à droite. Pas la pire des droites, empreint qu’il puisse être de catholicisme social, mais à droite. Celle de la minorité de privilégiés.

Logique pour un européiste convaincu. L'Europe ! L'Europe ! L'Europe !

Or, ici, on veut décomplexer la gauche. Et, pour ce faire, on a la conviction que le libre-échangisme est une machine de guerre contre la protection sociale, et que les politiques européennes en constituent un rouage redoutable. Revoir à ce propos nos  Eléments pour une gauche décomplexée

J’en ai terminé. Je laisse travailler l’Humanité sur ce sujet. Car l’Humanité fait du bon travail.

 Source : http://www.humanite.fr/

François Bayrou, l'autre père la rigueur de la présidentielle

L'Humanité de ce jeudi 2 février décortique l'"imposture Bayrou", candidat autoproclamé "antisystème" dont le programme économique et social pour la présidentielle 2012 se rapproche pourtant beaucoup de celui de l'UMP. La preuve avec la présentation par François Bayrou, ce mercredi, du chiffrage de son projet, qui fait la part belle à l'austérité et l'affaiblissement de l'intervention de l'Etat.

L'austérité ne manque pas de porte-voix dans cette campagne des présidentielle. Elle vient de recevoir un nouveau soutien en la personne de François Bayrou. Le candidat du Modem qui se dit "anti-système" se glisse dans les habits de Nicolas Sarkozy en promettant 50 milliards d'euros d'économie sur le budget de l'Etat en trois ans, l'application de la règle d'or et la hausse de la TVA.

"La courses aux dépenses nouvelle est une course vers l'abîme", a lancé le leader centriste lors de la présentation du chiffrage de son programme ce mercredi, dénonçant la surestimation des chiffres de la croissance par ses deux rivaux. "Nous, nous avons pris en considération les estimations des organismes internationaux (0,2% en 2012, 1% en 2013 et 1,5 en 2014)". "Le premier devoir de l'Etat, c'est de bien gérer, de mettre la France en état de sortir du surendettement assez vite pour que ce soit crédible et mettre cette remise en ordre sans tout casser, en sachant que cela sera supportable, sans porter atteinte ni à la santé économique du pays ni à la justice sociale." Préserver le modèle social français en lui infligeant une cure d'austérité: le langage de "vérité" qu'assure tenir François Bayrou a déjà du plomb dans l'aile.

Fin du "surendettement" de la France en 2015

Pour redresser les finances publiques, François Bayrou propose 50 milliards d'économies et 50 milliards de recettes avec pour objectif de sortir du surendettement du pays en trois ans, d'ici à la fin 2015. Voici ses recettes:

  1. Ratification du traité européen conclu lundi pour imposer une stricte discipline budgétaire: "Je suis prêt à voter à tout moment cette règle d'or."

  2. pas un euro de plus dépensé dans la sphère publique pendant deux ans

  3. coup de rabot de 20 milliards sur les niches fiscales

  4. augmentation de la TVA d'un point à partir de 2012 et, si la croissance n'est pas au rendez-vous, une seconde d'un point en 2014

  5. création de deux tranches d'impôt supplémentaires sur le revenu à 45% et 50% (pour les revenus supérieurs à 250.000 euros).

Produire français

Le slogan de campagne du député pyrénéen prend appui sur:

  1. la création d'un "commissariat aux stratégies" rattaché au président de la République, dirigé par une personnalité de haut vol (sic)

  2. la création de banques de soutien à l'investissement des PME. Là, il s'agit d'un copier coller d'autres programmes, mais avec la volonté de la décentraliser et de l'associer aux collectivités territoriales

  3. Enfin, "mesure exceptionnelle", un emploi sans charge sera assuré pendant deux ans pour toute entreprise de moins de 50 salariés qui embaucherait un jeune ou un chômeur, pour un coût de deux milliards d'euros par an compensé par la suppression de l'exonération fiscale des heures supplémentaires.

Bayrou favorable aux accords de compétitivité

Signe de son ancrage à droite, le candidat du Modem reprend à son compte les accords d'entreprise voulus par Nicolas Sarkozy lors de son intervention télévisée de dimanche dernier. Mais il les cadre par un cahier des charges au niveau des branches, pour éviter des abus dans les petites structures. En échange, les représentants des salariés se voient gratifiés de places, avec voix délibératives, au sein des conseil d'administration des entreprises. Mais seulement pour celles de plus de 500 salariés.

De quoi amoindrir le voeu du troisième homme de 2007 de "proposer une négociation nationale autour de la rénovation du climat social dans l'entreprise".

Candidats prétendument 
«antisystème», de quoi parle-t-on ?

Le clivage gauche-droite s’effacerait-il au profit d’une autre distinction, celle des candidats représentant le « système » contre ceux qui se revendiquent « antisystème » ou « hors système », à en croire plusieurs médias ? France-Soir, Paris Match, le Point, la Croix, ou encore l’AFP : tous reprennent désormais à leur compte cette analyse à la mode du positionnement des candidats à la présidentielle. Les ultrafavoris des sondages issus des deux partis dominants, François Hollande et Nicolas Sarkozy, représenteraient la première catégorie. Dans la seconde, se situerait la foule des challengers, où l’on trouve pêle-mêle Marine Le Pen, François Bayrou et Jean-Luc Mélenchon.

D’emblée, cette classification ne tient pas la route. Ranger le chef de l’État sortant, patron d’une droite qui s’est révélée particulièrement dure durant cinq ans, jusqu’à intégrer des éléments du programme du FN dans son action, dans la même catégorie que son adversaire socialiste est déjà pour le moins faire preuve de peu de sens de la nuance. Même si la minceur de leur opposition sur des sujets comme la rigueur budgétaire ou le cours de la construction européenne n’a échappé à personne. Mais que dire, alors, des supposés « antisystème » ?

Quoi de commun, en effet, entre l’extrémiste de droite Marine Le Pen, le centriste ultralibéral François Bayrou et le candidat d’une gauche bien ancrée à gauche, Jean-Luc Mélenchon ? Rien. La candidate du FN, on le sait, ne fait pas mystère de sa volonté de récupérer l’électorat ouvrier. Jean-Luc Mélenchon s’est, quant à lui, juré de la faire échouer, non parce qu’il est en concurrence avec Marine Le Pen sur le terrain de la xénophobie, mais par fidélité à la gauche et à son ancrage social dans le prolétariat. Ses objectifs sont radicalement opposés à ceux de la candidate d’extrême droite, tout comme le sont leurs programmes. Quant à François Bayrou, sa posture vise principalement à ravir à François Hollande et à Eva Joly les électeurs de la frange la plus « centriste » des déçus de Nicolas Sarkozy pour les empêcher de basculer à gauche.

En fait, bizarrement, aucun des médias qui l’emploient ne définit clairement ce que recouvre cette notion d’« antisystème ». Est-ce refuser le pouvoir des banques et de la finance, qui a pris le pas sur les instances démocratiques ? Dans ce cas, le qualificatif ne s’applique guère au FN ou au Modem. L’un et l’autre prônent en effet un programme libéral pur jus, en matière de réduction de la dette publique, de baisse du coût du travail ou de refus du rétablissement de la retraite à 60 ans. Tout le contraire de ce que propose le programme du Front de gauche.

Est-ce renvoyer dos à dos la droite et la gauche ? Dans ce cas, la formule ne convient pas au Front de gauche, qui n’est pas « hors système » mais veut en changer, c’est-à-dire en finir avec celui, capitaliste, de Nicolas Sarkozy et la politique qu’il incarne, le Front de gauche ayant toujours souligné son objectif de faire réussir la gauche. Quant à Bayrou, son expérience dans les gouvernements de Balladur et de Juppé, comme ses récents soutiens, tous recrutés très à droite (Philippe Douste-Blazy, Arnaud Dassier, proche de Madelin, et peut-être bientôt Christine Boutin), indiquent sans ambages de quel côté de l’échiquier politique il se tient. Enfin, pour ce qui est de Marine Le Pen, la porosité des idées du FN avec celles de certains cadres de l’UMP regroupés dans la Droite populaire n’est plus à démontrer…

Bref, le qualificatif « antisystème » n’a aucune espèce de consistance. Sauf à vouloir mettre « dans le même sac » des candidatures comme celles du FN et du Front de gauche, en les ravalant au rang de vote de simple protestation. Et de faire ainsi le jeu du bipartisme en tentant de discréditer celui qui propose une véritable alternative au « système » sarkozyste ?

Sébastien Crépel

Publié par Frédéric Maurin à 15:05pm
Avec les catégories : #rupture tranquille

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