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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

28 Août 2011

L'Euro ou Le Pen ?

Même combat : la régression sociale.

Mais laisser au Front National le monopole de la sortie de l'Euro, après lui avoir abandonné le drapeau tricolore, est une erreur dangereuse.

Une erreur que s'apprête à commettre une gauche qui ne répondrait pas à cette question : Faut-il sauver l'euro ?

 

Un préalable, comme le rappelle ce site, délicieusement diabolique;  http://eldiablo.over-blog.org/:

Attention à ne pas mélanger deux choses : supranationalisme et internationalisme. L'union Européenne est une institution supranationale  et non internationale. L'internationale comme son nom l'indique exprime les relations, les échanges fraternels, équitables et anti-impérialistes, entre (internationale)les différentes nations (internationale).

Contrairement à la vieille rengaine, l'Europe ne fut jamais celle des peuples et ne tenta jamais de l'être. Elle répond à un besoin précis du patronat européen et mondial, réformer le cadre des structures de décisions politiques pour être mieux à même d'imposer la régression généralisée, la contre-révolution permanente.

Maintenant supposons qu'un président de gauche (au hasard François Hollande, à écouter les sondages du moment) mette en oeuvre une politique d'austérité sur le champ de ruine que laisse Sarkozy. Dans l'intérêt supérieur de l'Euro et - ou, plus précisément, de ceux qui en détiennent beaucoup. Alors se mettrait en place ce scénario:

Vers une conjonction Front National - UMP

dont je vous rappelle quelques extraits :

"Si le PS ne rompt pas avec la politique de supplétif qui a été la sienne quand il a voté le traité de Lisbonne, son candidat pourra bien l’emporter en 2012, mais il offrira un boulevard à la conjonction dès aujourd’hui probable du Front national et d’une droite rejetée dans l’opposition, et cela dès les élections municipales, régionales et départementales de 2014. En s’emparant des leviers de l’action locale, l’extrême droite s’approcherait alors du pouvoir de l’Etat. La France, pour le coup, en sortirait défigurée !"

Pour déjouer ce piège infernal, est-il envisageable de faire surgir d’ici à 2012 un candidat qui offre une alternative politique réelle à l’accrochage suicidaire de la France au pacte de Mme Merkel ?

Voir à ce sujet:  L'Euro-Deutschmark ?

 

Dans l'idée de lutter contre le Front National, la CGT a mis en place une série d'argumentaires synthétisés sur ce lien :

       http://www.cgt.fr/-Le-Front-national-ou-l-imposture,1406-.html

 ...ces documents méritent d'être lus et surtout diffusés auprès des intéressés (cela tombe bien, le vote FN se décomplexe!).

Mais...il y a un Mais. Un bémol de taille que met en évidence le PRCF  (http://prcf-38.over-blog.net/)

 

La direction de la CGT vient de diffuser un prétendu argumentaire anti-FN : "Le Front National ou l'imposture sociale".

Il n’y aurait qu’à se féliciter de cette initiative si le contenu de ce document ne contenait des propos qu’on pourrait croire tiré d’un argumentaire de l’UMPS !

Page 4 il est écrit que vouloir la sortie de l’UE est une position frontiste.

Ceci est scandaleux à deux titres :


Premièrement c’est faux, le FN est pour une « sortie concertée » de l’UE, ce qui veut dire rester dans l’UE car la concertation en question implique nécessairement  le statu quo, sauf à croire que Marine Le Pen convaincra Merkel de mettre fin à l’euro, qui avantage tant le grand capital allemand et ses exportations (l’euro fonctionne en réalité comme la zone réservée du mark).

 

L'Euro-Deutschmark ?


Deuxièmement les communistes de France, le PRCF en premier lieu et chronologiquement le premier mais aussi d’autres groupes communistes à l’extérieur comme à l’intérieur de PCF-PGE, sont pour la sortie de l’UE. D’autres forces progressistes sont aussi pour la sortie de l’UE : le MPEP, le POI, Valmy....et bien d’autres.

Amalgamer ainsi sortie de l’UE et  FN est un mensonge politique qui révèle, hélas, à quoi mène  l’alignement sur une internationale syndicale objectivement à la botte du grand capital, de son UE : la Confédération Européenne des Syndicats.

 

Page 6 aggravant son cas le texte de la direction de la CGT pourfend dans le FN « un farouche opposant de l’Union Européenne ». On croit rêver. Cauchemarder plutôt. Où sont passés les combats du syndicalisme de classe et de masse contre l’Europe capitaliste, où sont passés les positions de classe et de lutte de la grande CGT contre l’UE du capital, où sont passés les prises de position des Frachon, Séguy, Krasucki, contre cette construction anti ouvrière, anti populaire, anti patriotique ?

Abandonner le drapeau de l’indépendance nationale, du patriotisme populaire et républicain aux néofascistes plus ou moins mal camouflés, au FN de Madame Le Pen, c’est de la désertion pure et simple.


Enfin, c’est feindre de combattre le FN tout en le renforçant , y compris et surtout dans le cœur de notre classe, le prolétariat industriel : car aller défendre l’euro aujourd’hui à la porte d’une usine délocalisable (et quelle usine française ne l’est pas aujourd’hui ?), c’est ouvrir un boulevard au FN qui fait semblant d’être pour le « produire en France » alors qu’en 1986 ses députés ont voté l’Acte unique européen, rampe de lancement de Maastricht et de la monnaie unique. Qu’un syndicat ouvrier ne défende même pas les conditions même de l’existence de sa classe, LA PRODUCTION, qu’il ne remette même pas en cause le LIBRE ECHANGE MONDIAL, cet autre nom de la dictature mondiale des monopoles capitalistes qui permet de mettre en concurrence directe les salariés, c’est cela la cause n°1 de la montée du FN dans les milieux ouvriers désespérés parce que massivement déclassés et menacés de marginalisation sociale dans leur propre pays (et disant cela, nous incluons bien entendu les ouvriers immigrés dans les salariés intéressés par le maintien du « produire en France »).


C’est aussi déserter l’internationalisme car le syndicalisme de classe existe. Il se renforce, comme le Congrès de la FSM (Fédération Syndicale Mondiale) de cette année à Athènes l’a amplement démontré malgré le silence honteux des bureaucraties anti syndicales de la CES et des ses affidés. Le syndicalisme qui n’a pas déserté, qui n’a pas muté, qui n’a pas renié la lutte de classes  au profit  du syndicalisme « d’accompagnement » avec le « partenaire » patronal, le vrai syndicalisme, comme celui qui anime les luttes du peuple grec avec le PAME, messieurs de la direction de la CGT, exige la sortie de l’UE !

 

Oui, le mouvement communiste, oui le mouvement syndical sont les forces qui  sont « les farouches opposants de l’UE ». Certainement pas les nervis du patronat, les groupes d’extrême-droite d’Europe et les pouvoirs réactionnaires qui sont des eurolâtres farouches avec le syndicalisme d’opérette de la CES. Prendre au sérieux la démagogie de l’extrême-droite, cautionner son faux et mensonger anti européisme c’est lui permettre d’être crédible aux yeux des travailleurs qui, fort justement, rejettent cette UE de malheur. Que des dirigeants de la CGT se livrent à ce jeux là est lamentable et révélateur des errements où mène l’abandon des fondamentaux du syndicalisme qui firent les grands jours de la CGT.


Mais les militants syndicalistes de France ne baissent pas les bras. Ils s’organisent pour refuser cette dérive des organisations syndicales. Ils luttent et trouvent le chemin de l’organisation pour le syndicalisme de lutte et de classe, comme les militants du Front Syndical de Classe (FSC). Ils renouent avec l’internationale syndicale de combat du monde ouvrier, la FSM.


Les vrais communistes prendront toute leur part dans ce combat contre le capital et contre l’UE, il y va de l’avenir de la classe ouvrière et la sauvegarde de la nation.

 

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Publié par Frédéric Maurin à 21:33pm
Avec les catégories : #rupture tranquille

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