Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

14 Avril 2012

LE 22 AVRIL, NOUS VOTERONS MÉLENCHON

...et ils ne sont pas les seuls.

  Pourquoi voter Front de Gauche ? Les motivations sont diverses, voici celles du M'PEP (et mon petit grain de sel à la fin)

LE 22 AVRIL, NOUS VOTERONS MÉLENCHON

Par Michèle Dessenne, Waldeck Moreau et Jacques Nikonoff, respectivement candidats du M’PEP aux élections législatives dans le Pas-de-Calais, l’Hérault et le Var.

Le 12 avril 2012.

Il est particulièrement réjouissant d’observer la hargne qui s’est emparée des oligarques et de leurs chiens de garde dans les grands médias, le patronat, la droite et aussi au Parti socialiste. Elle est provoquée par le succès des meetings géants et de la percée dans les sondages de Jean-Luc Mélenchon. Pas un jour ne se passe désormais sans qu’un représentant de cette caste politico-médiatico-affairiste ne laisse exploser sa rage contre ce que personne ne pouvait imaginer il y a encore peu : un représentant de la gauche de gauche est en troisième position ! Quelques exemples :

  • « Le modèle qu’il défend [celui de JLM], on l’a essayé en URSS, au Cambodge, ça ne marche pas » (Gérard Collomb, maire PS de Lyon, Le Figaro du 29 mars).

  • « Mélenchon est beaucoup plus l’héritier d’une forme de terreur que l’héritier des plus belles valeurs de la Révolution » (Laurence Parisot, présidente du MEDEF, Europe 1, 1er avril).

  • Noël Mamère, député des Verts, dénonce « l’escroquerie écologique de Mélenchon » (Le Monde, 6 avril).

On se croirait revenu en 2005, lors de la campagne du « non » de gauche au traité constitutionnel européen ! La fureur de ces mêmes élites avait décuplé lorsque les sondages avaient commencé à indiquer que le « non » était majoritaire. Comme dit le chanteur Bernard Lavilliers, résumant parfaitement l’état d’esprit du moment chez une partie de l’électorat, « ça fait du bien » d’entendre Jean-Luc Mélenchon (Le Monde, 5 avril). Cette seule raison ne justifie-t-elle pas déjà de voter Mélenchon ? La rationalité politique doit néanmoins conduire à réévaluer les enjeux actuels de cette présidentielle. 

L’enjeu, aujourd’hui, est de placer Mélenchon au second tour de la présidentielle, face à Sarkozy

C’est nécessaire et c’est possible.

C’est nécessaire, d’abord, pour battre la droite et les politiques néolibérales. La droite, c’est Sarkozy. Éliminons-le, lui et le néolibéralisme ! Le meilleur moyen est de placer Mélenchon au second tour. Deux cas sont alors possibles. Premier cas : Sarkozy gagne. Il aurait face à lui, pour lui résister, non pas la force molle du hollando-jolyo-bayrouisme, mais celle vibrante et dynamique du peuple en marche rassemblé par le Front de gauche. Et n’oublions pas les législatives. Les candidats du Front de gauche peuvent faire de très gros scores et, avec ceux du PS, mettre la droite en minorité à l’Assemblée nationale. Sarkozy serait président, la détestation du personnage demeurerait, mais ce dernier n’aurait plus le pouvoir.

Le deuxième cas, c’est l’élection de Mélenchon comme président de la République. Le seul fait d’évoquer cette hypothèse – inimaginable il y a encore trois mois –, montre le chemin parcouru. Cette hypothèse est possible à une condition : mobiliser les classes populaires abstentionnistes.

La présence de Jean-Luc Mélenchon au second tour est nécessaire, ensuite, pour rééchelonner le rapport des forces dans le pays. François Bayrou et le MoDem, filiale de la droite, rabatteur de voix, européiste parmi les européistes, serait renvoyé à ses chères études. L’épouvantail du Front national, relooké par Marine Le Pen, n’effraierait même plus les moineaux. Quant au parti Europe-Écologie-Les-Verts, il perdrait de son intérêt pour les ambitieux en quête de carrière politique rapide à l’ombre du PS.

La présence au deuxième tour de l’élection présidentielle du candidat du Front de gauche, enfin, est nécessaire, pour passer devant le Parti socialiste. Car les idées social-libérales se sont infiltrées au Parti socialiste et chez Europe-Écologie-Les-Verts. Si François Hollande gagne l’élection présidentielle, il fera de l’austérité de gauche. Il n’a pas eu un mot de réprobation envers ses camarades « socialistes » qui dirigeaient la Grèce, l’Espagne et le Portugal qui ont organisé le massacre social de leurs peuples. Le « hollandisme », cette force trop tranquille et même léthargique, est comme l’austérité de droite, sauf qu’un ensemble de « soins palliatifs » sera mis en œuvre pour « accompagner » le malade. Dans les deux cas on demande aux citoyens de monter dans la bétaillère qui mène à l’abattoir. Dans les deux cas la destination finale est la même. Aucune politique de gauche n’est possible tant que les forces de la gauche de gauche resteront derrière le PS. L’ambition de la vraie gauche ne peut pas être de tenter vainement de « peser » sur le PS, en étant éternellement minoritaire, pour le faire pencher un peu vers la gauche. Cette stratégie ne fonctionne pas et doit être abandonnée. La seule façon de mener des politiques de gauche est de passer devant le PS à toutes les élections.

Ce schéma politique est-il possible ? Oui ! À deux conditions. 

Première condition : démontrer l’erreur d’analyse qui consiste à affirmer que la présence de Mélenchon au deuxième tour reviendrait à assurer la victoire de Sarkozy. Certains, au PS ou ailleurs, expliquent qu’une telle éventualité n’est pas souhaitable car la radicalité de Jean-Luc Mélenchon ferait fuir les électeurs de la gauche molle et du centre et assurerait ainsi la victoire de Sarkozy. Quelques exemples :

Jacques Julliard (Marianne 7 au 13 avril) : Mélenchon peut « pourrir le second tour de François Hollande en multipliant les exigences et les surenchères, de façon à faire refluer vers Nicolas Sarkozy des voix centristes, qui seront, elles, bien nécessaires ».

Michel Noblecourt (éditorialiste au Monde, 26 mars) : « le candidat du Front de gauche […] progresse au détriment de M. Hollande. Plus il monte, plus le candidat socialiste se tasse ».

L’Express titre le 4 avril sur « les ravages de Mélenchon » qui mettrait en péril le candidat socialiste.

Arnaud Montebourg : « si Georges Marchais avait été le candidat au second tour face à Valéry Giscard d’Estaing en 1981, nous n’aurions pas gagné » (BFM-TV, 29 mars).

Dommage que celui qui a repris le thème de la démondialisation commette une telle bévue. Mitterrand a gagné la présidentielle de 1981, c’est vrai, et le PS les législatives dans la foulée. Cependant, 18 mois plus tard c’était le « tournant de la rigueur » duquel le PS est toujours adepte…

Rien n’est plus faux que cette thèse qui condamne la gauche de gauche à n’être que le supplétif éternel du PS. Ceux qui, comme le PS, ont fait le calcul d’une victoire de l’élection au centre, comme en 2002 et en 2007, ont perdu dans le passé. Le PS doit donc aujourd’hui réviser sa stratégie. Pour changer les choses, il faut au contraire qu’un bloc d’une gauche radicale passe devant le PS. Il faudra pour y parvenir, bien sûr, décrocher la gauche du PS. Mais là n’est pas l’essentiel. 

Deuxième condition pour que Jean-Luc Mélenchon soit présent au second tour : mobiliser les abstentionnistes. Ils sont ouvriers, employés, chômeurs, travailleuses et travailleurs précaires, jeunes et moins jeunes… Ils attendent des paroles fortes, mais aussi des propositions concrètes et crédibles, opérationnelles, des mesures radicales rompant avec l’ordre ancien. Selon l’IFOP (1er avril), 32% des électeurs auraient l’intention de s’abstenir. Jamais un tel chiffre n’avait été atteint lors d’une présidentielle. C’est un paradoxe, car pour la première fois depuis longtemps il existe un rassemblement crédible à la gauche du PS. Ces abstentionnistes se trouvent essentiellement dans les classes populaires. Selon l’IFOP seulement 12% des ouvriers et 9% des employés s’apprêteraient à voter Mélenchon, contre 31% pour Marine Le Pen et 22% pour François Hollande.

Le magnifique travail des militants du Front de gauche, qui multiplient les porte-à-porte dans les quartiers populaires, contribue à mobiliser les abstentionnistes. Encore faut-il avoir toutes les bonnes munitions. Quatre, qui n’ont pas encore été utilisées, sont susceptibles de mobiliser les abstentionnistes.

Des propositions précises et de mise en œuvre rapide doivent être présentées pour supprimer totalement le chômage et la précarité et non simplement les réduire. Le programme du Front de gauche comporte bien évidemment des mesures concernant cette question cruciale. Mais elles sont loin d’être une réponse efficace devant l’ampleur de la crise.

Donner une perspective crédible de sortie de l’euro pour montrer comment notre pays, dans une démarche internationaliste, peut se libérer du carcan de l’Union européenne et de l’euro. Aucune sortie de crise par la gauche n’est possible dans le cadre de l’Union européenne et avec l’euro.

Insister sur la nécessité absolue de prendre des mesures protectionnistes dans un cadre internationaliste pour assurer la réindustrialisation de la France.

Affirmer qu’il n’y aura pas de ministres du Front de gauche dans un gouvernement socialiste. À ce propos nous souhaitons faire part de notre inquiétude. La direction du PCF va-t-elle contribuer au blocage de la progression du candidat du Front de gauche ? Les déclarations se multiplient en effet, du côté de la direction communiste, pour laisser entendre qu’il pourrait y avoir des ministres communistes dans un gouvernement socialiste. Jean-Luc Mélenchon a été clair sur le sujet et a rejeté cette hypothèse. Pourtant, dans l’Humanité des 31 mars et 1er avril, Pierre Laurent explique que «  « c’est quand les électeurs se seront exprimés à la présidentielle et aux législatives sur ces choix que nous serons en mesure d’apprécier la réponse à cette question [celle de la présence de ministres communistes] en consultant les communistes ». Ce genre de commentaire ne peut que contribuer à rejeter le Front de gauche vers les partis politiques pro-système et réduire à néant tout le travail fait justement pour rompre avec le système. Des ministres du Front de gauche minoritaires dans un gouvernement socialiste ne parviendraient pas à faire bouger le PS vers sa gauche, ils seraient des otages. La direction du PCF n’aurait donc rien appris de l’histoire, et notamment du bilan calamiteux de la « gauche plurielle » ? Pour nous, il vaudrait mieux dire que des ministres du Front de gauche seront possibles, mais quand le Front de gauche passera devant le PS.

Sur tous ces sujets, une nouvelle fois, nous mettons à la disposition de tous les travaux du M’PEP.

Certes, pour le M’PEP, le programme du Front de gauche comporte des faiblesses, principalement son refus de sortir de l’étranglement provoqué par l’Union européenne et l’euro. Cependant, même avec ses faiblesses, il a repris à sa manière l’idée de « désobéissance européenne » lancée par le M’PEP et adoptée par Jean-Luc Mélenchon qui affirme ainsi la défendre depuis le début !

En tout état de cause, l’élection la plus importante n’est pas la présidentielle, ce sont les législatives. Qui avait le pouvoir réel pendant les cohabitations Mitterrand-Chirac et Chirac-Jospin ? C’était Chirac dans le premier cas et Jospin dans le second. Certes, le but de l’inversion du calendrier est de profiter de la dynamique de la présidentielle pour faire élire une majorité de députés de la même orientation politique. Mais s’agit-il d’une « loi » intangible ? Un grand nombre de candidats issus du Front de gauche peuvent être élus le 17 juin, même si Mélenchon, présent au second tour de la présidentielle, n’est pas élu. Nous aurions encore Sarkozy, mais le gouvernement serait de gauche.

Tout en appelant à voter pour Jean-Luc Mélenchon à la présidentielle et pour les candidats du Front de gauche aux législatives, le M’PEP présente trois candidats : Michèle Dessenne (11e du Pas-de-Calais), Waldeck Moreau (9e de l’Hérault), Jacques Nikonoff (9e du Var).

Pourquoi ?

Chaque jour qui passe apporte une raison supplémentaire de sortir de l’effroyable système de Bruxelles et de sa monnaie unique, l’euro. Le démantèlement de ce pilier de l’ordre néolibéral mondial, au même titre que l’OTAN, le FMI, l’OMC ou la Banque mondiale, est la condition indispensable à la construction d’un nouvel ordre international, débarrassé du libéralisme, fondé sur la paix, la coopération entre les nations et les peuples, la solidarité internationale. On ne pourra pas changer l’Union européenne de l’intérieur, il faudra en sortir et construire du neuf.

C’est pour porter ces idées que le M’PEP présente trois candidats aux élections législatives, dans des circonscriptions où se trouvent les principaux dirigeants du Front national ou dans lesquelles celui-ci réalise d’importants scores. Nous avons aussi choisi des circonscriptions dans lesquelles les candidats du Front de gauche n’ont aucune chance d’être élus. Dans le Pas-de-Calais nous nous opposerons à Marine Le Pen, dans l’Hérault au FN qui réalise plus de 40% dans certains cantons, dans le Var contre Bruno Gollnisch. Nous ne voulons pas que le Front national s’arroge, avec la complicité des grands médias, le monopole de l’idée de la sortie de l’euro. Non seulement la manière dont il veut s’y prendre nous mènerait au chaos mais surtout l’idéologie dont il est porteur constitue un grave danger pour le peuple et pour la République.

Oui, il faut sortir de l’euro, mais par la gauche ! *

Il faut donner de la force au M’PEP afin de faire grandir l’idée, à gauche, qu’il est nécessaire de se débarrasser de l’Union européenne et de l’euro. Une idée qui est d’ores et déjà portée par de nombreux citoyens des catégories populaires et de nombreux militants du Front de Gauche.

* et c'est bien le plus dur à entendre lorsqu'on n'a pas les cartes en main :

9782755506013-V

Cet ouvrage se résume mal (essayez, vous verrez!), j'essaierai de faire un effort mais je ne promets rien...en attendant  L'Euro ou Le Pen ? ce sera ni l'un ni l'autre...dans le sens où la course au premier a largement fécondé le second.

Entretien avec l'auteur :

Pourquoi faudrait-il, selon vous, sortir de l'euro?

Parce qu'aucune politique de gauche n'est possible avec l'euro. Par exemple, sans être responsable du chômage, de la précarité et de la pression sur les salaires, l'euro a aggravé ces phénomènes et empêche de les résoudre. L'euro est surévalué, il est trop cher. Donc il réduit nos exportations, accélère les délocalisations, encourage les importations, fait pression sur les salaires. De plus, il a été conçu comme une monnaie de réserve concurrente du dollar pour attirer les capitaux; la BCE a donc mené une politique de taux d'intérêt élevés qui a dissuadé l'emprunt et bloqué la croissance.

Enfin, la monnaie unique entraîne une politique monétaire unique pour des pays aux situations économiques très différentes: certains ont besoin de taux d'intérêt forts, d'autres faibles. Des pays comme l'Allemagne ont des conceptions monétaires héritées de leur histoire, qui interdisent aux banques centrales de prêter à l'État.


Quel serait le scénario d'une sortie de l'euro?

D'abord, il faut la victoire électorale d'un rassemblement qui comprenne que la sortie de l'euro est la condition pour résoudre le problème de l'emploi, des salaires et de la protection sociale. Le soir même de son élection, le nouveau président de la République devra annoncer qu'il convoquera un référendum le jour des législatives. Il posera la question: «Acceptez-vous que la France se retire de l'Union européenne, conformément à l'article 49A du Traité de Lisbonne?». Avec pour conséquence la sortie de l'euro et la suppression du titre 15 de notre Constitution qui a intégré le traité de Lisbonne malgré le résultat négatif du référendum de 2005 !


Ensuite?

Ensuite les choses vont très vite: le nouveau président annonce la réquisition de la Banque de France, des banques et des compagnies d'assurance, le contrôle des mouvements de capitaux et des changes, la dévaluation du franc qui devient non convertible, l'annulation des plans d'austérité, la hausse du SMIC et des allocations chômage, l'échelle mobile des salaires et des prix, la fermeture provisoire de la Bourse et celle, définitive, du marché obligataire. Pour financer l'Etat, il impose aux banques et aux compagnies d'assurance l'achat régulier de bons du Trésor, et à la Banque de France de lui prêter sans intérêt.

C'est Noël...

C'est la solution! A la Libération, comment finance-t-on la reconstruction? Par la création monétaire qui permet de redémarrer très vite l'activité économique. Ce n'est pas de la magie, c'est de l'histoire économique.


Pourquoi ne pas plaider d'abord pour une réforme de la gouvernance de l'euro, qui permette aux Etats de décider eux-mêmes de la politique à suivre?

C'est impossible. La Banque centrale européenne est indépendante, elle ne peut pas être gérée par les États. De plus, les traités disent que la concurrence doit être libre et non faussée. Or, une politique économique implique justement de changer les conditions de la concurrence. Enfin, il faudrait l'accord unanime des 27 pays membres pour changer le traité de Lisbonne, ce qui n'est pas envisageable à court terme.


Les partisans de l'euro prédisent une explosion de la dette en cas de sortie. Que répondez-vous?

Partout, il faut faire défaut sur la dette, c'est à dire arrêter de rembourser les spéculateurs. La dette vient des politiques néolibérales qui ont encouragé la spéculation. A partir de 1973, une loi a interdit à la Banque de France de prêter à l'Etat sans intérêts. C'est à partir de cette époque que la dette a commencé à s'accumuler. Dubaï il y a deux ans, l'Argentine en 2002, ont fait défaut sur leur dette, avec succès. C'est un non-problème.


La dévaluation du franc nouveau n'aboutirait-elle pas à une guerre des dévaluations en Europe?

Ce n'est pas un argument sérieux, car si les autres pays restent dans l'euro, ils ne pourront dévaluer! En France, il y a eu dix-sept dévaluations au XXe siècle. Certaines ont réussi, d'autres non. La démarche que je propose n'est pas agressive. Au contraire, la France devra négocier des accords bilatéraux sur la base de la Charte de la Havane, conçue au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, qui préconise un commerce fondé sur l'équilibre de la balance des paiements. En sortira un nouvel ordre commercial qui rejette le libre-échange et favorise la coopération. Les pays qui ne signeront pas ces accords visant à la construction de ce nouvel internationalisme se verront exposés, c'est vrai, à des mesures protectionnistes.


Si le nouveau franc est dévalué, il faudra payer beaucoup plus cher pour certains produits importés, comme le pétrole?

C'est un sujet tout à fait réel, d'autant que les importations d'énergie représentent les deux tiers du déficit français. Il faudra mettre en place un fonds de stabilisation des prix du pétrole. Nous sommes actuellement obligés d'avoir quatre-vingt-dix jours de réserves stratégiques. Portons ce stock à un an. Pour l'alimenter, pourquoi ne pas explorer des partenariats avec un producteur comme le Venezuela, avec qui on pourrait payer en échange de services et non de dollars, par exemple? Par ailleurs la taxe sur les produits pétroliers (TIPP) doit être ajustable pour lisser les prix à la pompe.


Quelle différences entre ce plan et celui que propose le Front national?

Elles sont très simples: pour le FN, la sortie de l'euro est un but en soi à vocation de racolage électoral sans aucune chance de succès, alors que pour moi il ne s'agit que d'un moyen de résoudre les problèmes du pays. Ensuite, cette sortie doit s'inscrire dans une visée universaliste, pas nationaliste, pour aller vers un nouvel ordre commercial international fondé sur la solidarité et la coopération et non sur la confrontation. La sortie «groupée» de l'euro proposée par le FN est illusoire, car les pays qui sortiront le feront chacun à leur rythme. Enfin, Marine Le Pen propose de négocier pendant six à huit mois: pendant ce temps, la France sera livrée au pillage des marchés financiers.


Il semble peu probable que le vainqueur de 2012 soit un anti-euro...

On ne sortira pas de l'euro en 2012 sous cette forme. Mais il est clair que tout ceci va exploser. On ne sait juste pas quand, ni comment.

 

 

Publié par Frédéric Maurin à 21:11pm
Avec les catégories : #rupture tranquille

commentaires