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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

21 Septembre 2011

Pour une présidentielle à la hauteur du mouvement social

Il n'est jamais trop tard pour bien faire. Paru sur l'Humanité (http://www.humanite.fr/) du 21 mars 2011, ce texte initie un blog collectif certainement recommandable.

Il sera du moins ce que vous voudrez en faire :

http://tousensemble-agauche.net/

Tous ensemble, Tous ensemble ? Ouais, cela me rappelle quelque chose...

 

Nous avons vécu à l’automne un mouvement social exceptionnel. Alors qu’un déferlement médiatique tentait de faire croire que les « lois » de l’économie imposaient inéluctablement une remise en cause d’un acquis social fondamental, des millions de salariés, jeunes, chômeurs, retraités se sont mobilisés pour dire leur refus, et l’opinion a massivement rejeté les régressions décidées au mépris de toute démocratie.

Ce mouvement fait suite aux mobilisations massives du printemps 2009 et fait écho aux luttes dans divers pays européens. Partout se sont exprimés avec force le refus de voir les peuples payer une crise dont ils ne sont pas responsables et le rejet de choix économiques et sociaux perçus comme profondément injustes. Ce mouvement n’a certes pas atteint l’objectif qu’il s’était fixé mais, par son ampleur, son unité, sa détermination et ses ambitions revendicatives, par la prise de conscience et par l’expérience collective qu’il a constituées, il a mis sur le devant de la scène l’exigence d’alternatives réelles aux choix économiques, sociaux et politiques qui sont ceux du néolibéralisme dominant. En cela, il a assumé de fait une fonction politique majeure.

Il a aussi mis en lumière le problème cardinal de la stratégie, du rôle et de la place des organisations politiques de gauche, et leurs limites. Les forces de gauche ont accompagné et soutenu le mouvement. Mais, au final, elles n’auront pas porté en son cœur la question des alternatives globales hors desquelles l’avenir de la retraite à soixante ans risque d’être compromis. Que la perspective d’une alternative ambitieuse et crédible n’ait pas été portée de façon unitaire, cela a eu des effets. Le mouvement social, avec la sympathie large qu’il recueillait dans l’opinion, a discrédité le discours gouvernemental et indiqué la possibilité d’une autre logique en termes de partage des richesses. Mais quelle que soit sa puissance, il ne pouvait par sa seule dynamique imposer celle-ci et assumer l’affrontement politique avec un pouvoir qui affirmait lier son destin à l’adoption de sa contre-réforme. En ce sens l’absence d’alternative politique a été un frein au mouvement social pour qu’il puisse gagner.

Bien sûr, tous les partis de gauche n’ont pas eu la même attitude sur le fond. Mais, globalement, la question de l’alternance politique – la perspective de 2012 – l’a emporté sur celle des conditions de l’alternative. C’est pourquoi les controverses sur les personnalités ont pris le pas sur les nécessaires débats sur les politiques à mener. Dans le concert général, le Front de gauche n’a pas échappé au défaut commun. Sa présence dans les manifestations a été bien perçue, ses membres se sont engagés sans compter. Mais aucune initiative unitaire n’a été prise qui aurait mis au centre la question de l’issue politique et des réelles alternatives à l’ordre libéral ou à ses accommodements.

Loin de nous l’idée de sous-estimer l’importance des enjeux de 2012, du besoin de battre la droite et de créer à cette occasion des dynamiques porteuses pour le mouvement tout entier. Mais il est faux de croire que la défaite de la droite en 2012 est déjà garantie et que la question principale se réduirait à la candidature présidentielle. Au contraire, la présidentialisation de la vie politique, néfaste à la démocratie et au débat d’idées, risque d’occulter ou de déformer les questions de fond : les objectifs, voies et moyens de l’alternative. Et l’actualité montre que le risque d’un retour des idées profondément réactionnaires, voire xénophobes, comme réponses à la crise, est bien réel.

Le moment 2012 sera d’autant plus efficace, il dépassera d’autant mieux les risques inhérents à la présidentialisation et aux dilemmes électoraux, qu’une dynamique de débats, de propositions et d’engagements viendra prolonger le mouvement social sur le terrain politique. Les forces militantes qui veulent rompre avec des décennies de diktats libéraux, ou d’accommodements avec ses normes, pour refonder la gauche ne manquent pas. Nous savons par expérience que, dès l’instant où l’on fait sérieusement appel à elles, on peut opposer aux idées réactionnaires ou xénophobes des propositions fortes, collectivement élaborées, qui ouvrent le champ des possibles et stimulent une véritable dynamique populaire.

Nous attendons du Front de gauche qu’il ne reste pas une agrégation partielle de forces politiques instituées, mais qu’il s’élargisse à d’autres forces politiques et aux individus, avec leurs engagements et leurs expériences multiples, qui ont envie, à égalité de responsabilité, de contribuer à sortir la gauche de ses enlisements et de participer activement et ouvertement à l’élaboration d’alternatives. Certain-e-s d’entre nous l’ont déjà dit avec d’autres dans des cadres différents, nous le réaffirmons.

En effet, il faut aller plus loin et contribuer à l’irruption des aspirations du mouvement social dans le champ politique en favorisant les débats, les convergences, les initiatives. Venus d’horizons politiques, de trajectoires et d’expériences collectives diverses, nous avons en commun la conviction que, pour porter un projet de rupture à la fois économique, social, écologique, politique, institutionnel, culturel et même éthique, il faut impérativement que toutes celles et tous ceux qui partagent cette même volonté œuvrent ensemble à une dynamique politique nouvelle. Nous savons qu’il existe, dans le mouvement social, des forces qui souhaitent des évolutions collectives substantielles. Nous les appelons à agir, partout où des opportunités se dessinent. Dans la prochaine période, nous voulons œuvrer pour que s’engage cette dynamique politique collective. Pour en débattre, nous décidons d’ouvrir un blog collectif (tousensemble-agauche.net). Participez !

 

(*) Premiers signataires : Gilles Alfonsi, Michel Angot, Gérard Aschieri, Clémentine Autain, Marinette Bache, Sophie Beroud, Florence Boizard, Jacques Bourgoin, Philippe Bouvier, Patrick Brody, Leïla Chaïbi, Yann Cochin, France Coumian, Pierre Cours Salies, Gilles Dare, 
Claude Debons, Bernard Dedeban, Bernard Defaix, 
Jean-Michel Delarbre, Chantal Delmas, Richard Dethyre, Jean-Michel Drevon, Michel Dufour, Martine Durans, Michèle Ernis, Élisabeth Gauthier, Frédérick Genevée, 
Karl Ghazi, Bénédicte Goussault, Janette Habel, 
Patrick Hallinger, Jean-Marie Harribey, Alain Hayot, Laure Heinich-Luijer, Lucien Jallamion, Gisèle Jean, Bernard Jusserand, François Labroille, Françoise Laroche, Patrice Leclerc, Jacques Lerichomme, Christiane Marty, Dominique Mezzi, Claude Michel, Annick Monot, 
Alain Montaufray, Danièle Obono, Gérard Perrier, 
Jacques Rigaudiat, Dominique Rols, Michel Rousseau, Jean-Marie Roux, Évelyne Sire-Marin, Francis Sitel, 
Maya Surduts, Stéphanie Treillet, Catherine Tricot, 
Pierre Zarka.

Publié par Frédéric Maurin à 06:32am
Avec les catégories : #rupture tranquille

commentaires

massart 26/09/2011 14:27



comme il est envisageable que le candidat du front de gauche ne soit pas présent au 2eme tour, quelle est sa stratégie pour l'entre deux tours ?



Frédéric Maurin 29/09/2011 19:32



Je l'ignore...mais cela sera un soutien conditionnel certainement.


Mais la nôtre, de stratégie, doit s'inspirer de l'excellente formule du journal Fakir "Aussitôt élus, on les pousse au cul". 1936 quoi.


 


http://www.fakirpresse.info/