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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

30 Décembre 2012

Que cache le cul de Depardieu ?

A propos du sarkoziste Depardieu Patrick Le Hyaric se demandait "ce qu'il y avait derrière la carrure d'Obélix", mais je trouvais le titre trop vulgaire aussi l'ai-je un peu modifié...

 gerard depardieu nue

Qui y a-t-il derrière la carrure d’Obélix ? 

Quel fracas autour de l’installation en Belgique de cet acteur connu et reconnu, devenu homme d’affaires ! Le cimetière des invectives stériles s’est encore agrandi et a caché le grand fatras d’informations pourtant si importantes pour la vie quotidienne, telles que la hausse des carburants, du gaz et de l’électricité, des impôts locaux, de la TVA pour payer un cadeau de 20 milliards d’impôt aux sociétés, les fermetures de lignes secondaires de train et un nouveau projet de réduction des services publics. Tout ceci se fait en application des critères du traité européen d’austérité.

Bref, grâce à une nouvelle potion magique, Obélix, rebaptisé « Echappofisc » réduirait tous ces choix politiques décidés par un gouvernement -dont on est en droit d’attendre tout autre chose- au rang de questions de second ordre, alors qu’ils nous concernent au plus haut point. D’ailleurs, s’il y a moins de trains, d’hôpitaux, de postes, d’écoles, d’activités culturelles, de tribunaux, de gendarmeries, insuffisamment de maisons de retraite, n’est-ce pas dû au fait qu’il y a moins de recettes pour l’Etat, résultat des cadeaux faits ces dernières années aux plus fortunés et d’un chômage en hausse constante qui handicape l’activité et donc les ressources de la Nation et des organismes sociaux ? Et ceci n’a-t-il rien à voir à ce que donne chacune et chacun au bien collectif, selon ses capacités contributives ?

Voici un bon débat. M. Depardieu n’est pas à plaindre. S’il est vrai qu’il a payé 145 millions d’impôt comme il l’a écrit dans une lettre au Premier ministre, cela veut dire qu’il gagne à peu près 6000 euros par jour. Qu’il ne dise pas que c’est le matraquage fiscal de la gauche qui le gêne puisque cela fait plus de dix ans qu’il s’acquitte sans dire mot des impôts fixés par les budgets votés par la droite. Dans ces conditions, notre grand acteur ne s’est-il pas placé, peut-être malgré lui, au centre d’un débat politique ou plutôt politicien ? La droite s’est saisie de l’occasion pour défendre les plus fortunés et le Premier ministre a pu ainsi faire croire qu’il les attaquait au nom du chantier de la justice fiscale, alors que les impôts indirects et l’impôt sur le revenu des catégories modestes va augmenter, grâce au gel des barèmes, certes décidé sous M. Sarkozy mais maintenu par ses successeurs.

Il est vrai que le défunt bouclier fiscal avantageait M. Depardieu et Mme Bettencourt contre le paysan qui gagne à peine le SMIC, la femme retraitée qui n’a que 700 euros par mois ou le smicard, qui eux paient à jets continus, c’est-à-dire chaque fois qu’ils font leurs courses ou leur plein d’essence, les impôts les plus injustes qui soient, la TVA et la taxe sur les carburants. Les débats enflammés de ces derniers jours permettent de cacher ces enjeux fondamentaux.  Ceux de la justice fiscale et la nécessité d’une profonde réforme pour y parvenir.

Tenter de se soustraire, d’échapper à l’impôt comme le font les plus fortunés, c’est faire le choix du chacun pour soi contre la communauté des êtres humains, faisant société ensemble. Les portes de la jungle s’ouvrent avec un Etat affaibli parce que  privé d’écoles, de laboratoires de recherche, d’hôpitaux, de moyens de transports ou encore de  communes rurales en bonne santé au service de toutes et de tous. Le pays devient dès lors, comme la Grèce, une proie facile pour les rapaces de la finance et les institutions européennes.

Nul ne conteste le droit de s’enrichir, mais il y a des richesses accumulées qui n’ont été possibles que grâce à la collectivité. Parmi les films dans lesquels Gérard Depardieu a brillé, nombre d’entre eux n’ont pu être réalisés que grâce à un système d’aide à la production cinématographique, soutenu par la puissance publique, que beaucoup de pays nous envient. Ce système n’existe que parce que nos concitoyens paient l’impôt et la TVA et parmi eux, ceux qui chaque mois calculent à 10 euros près.

De ce débat pourraient, devraient pourtant jaillir deux axes de réformes fondamentales. D’abord pour progresser vers la justice fiscale qui voudrait que chacune et chacun contribue en fonction de ses possibilités, avec un système d’impôt sur le revenu progressif, comportant de nouvelles tranches, notamment entre les 45% et les 75% de prélèvements. Rappelons qu’en Belgique, l’impôt sur le revenu est plus élevé qu’en France. En même temps, l’impôt sur la fortune doit être renforcé. La fiscalité locale doit aussi être transformée pour tenir compte des revenus réels et les impôts indirects abaissés. Quant à  l’impôt sur le capital, il  doit être incitatif pour la création d’emplois et l’investissement productif, et dissuasif pour toutes les formes de spéculation financière. L’autre volet concerne la nécessité d’une harmonisation de la fiscalité européenne selon des principes de justice.

Ce sont les différences d’imposition au sein d’une même zone ayant la même monnaie qui favorisent cette concurrence fiscale entre Etats et entre richissimes citoyens. Les plus modestes, eux, n’ont pas les moyens de changer de pays. Dans un premier temps, comme aux Etats-Unis, chaque citoyen qui s’expatrie paierait  l’impôt dans son pays d’origine. Au lieu de choyer les banques, les oligarchies et les marchés financiers, l’Union européenne devrait placer au cœur de son action des logiques citoyennes et solidaires. Il n’y aura  pas d’Europe commune sans solidarité sociale et vie démocratique qui implique les populations du continent dans les décisions qui les concernent. L’harmonisation fiscale en est une. Qu’Obélix, à son corps défendant, ait contribué à en faire grandir l’exigence constituerait un juste retour des choses.

En attendant une Union Européenne sociale (et pourquoi pas un crocodile végétarien?), signalons qu'à l'occasion de ce débat, le niveau de l'internationale sarkozyste a monté d'un cran.

La publication suivante a en effet été repérée sur le compte Twitter officiel du belgo-suisse  Johnny Hallyday. Sous le titre"Sacré gégè haha", on y voit le photomontage suivant :

Pour Johnny, Depardieu Manneken-pisse sur François Hollande

Une fois de plus, on voit que la droite n'a pas besoin d'être au pouvoir pour se révéler nuisible

Publié par Frédéric Maurin à 12:32pm
Avec les catégories : #rupture tranquille

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commentaires

Tango Plume Provence 23/01/2013 23:23


On noie le poisson, comme d'hab, en effet, et EDF augmente sa facture, et va nous faire payer 300 euros le changement des compteurs.


Pour la démission de l'un de l'autre, qu'importe, les hommes politiques gèrent surtout leur égo, leur place au soleil... quand on vient de voir des vidéos youtube telles que "La banque qui
dirigie le monde" ou "Les nouveaux maîtres du monde", les hommes de pailles peuvent changer tous les 5 ans, nous, on restera endettés, merci à la Banque qui dirige le monde!


et Vive le Veau d'or!

Frédéric Maurin 25/01/2013 07:57



Bien, on va quand même se donner des marges d'action, au moins la grève, cela nous laissera du temps de cerveau disponible. Je commence le 31 janvier... et le 7 février (spécifique à ma boîte...)