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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

5 Juin 2010

Refuser l'austérité Sarkozy-FMI

Austérité, rigueur : il n'y a pas de plan B !  eh bien si, j'en ai trouvé un: voici le résumé du premier numéro d' Un feuilleton sur la crise

 

Retrouvez l'intégralité sur

  http://www.m-pep.org/spip.php?article1700

 

Dans beaucoup de pays, les déficits publics et les dettes publiques se sont accumulés ces dernières années. La crise des subprimes née aux États-Unis d’un excès d’endettement privé a amplifié les dettes publiques en 2008 et 2009 du fait des « plans de sauvetage » des banques et des « plans de relance » décidés par les gouvernements. Le déficit public moyen dans la zone euro a été multiplié par plus de 3 entre 2008 et fin 2009, passant de 2% à 6,3% du PIB, tandis que la dette publique passait de 66 à 78,7% du PIB entre 2007 et fin 2009.

Un prochain épisode du feuilleton lancé par le M’PEP sur la crise de l’Union européenne donnera tous les éléments de compréhension du phénomène des déficits et des dettes. Retenons ceci pour l’instant : ces déficits et ces dettes ont pour cause principale une importante diminution relative des recettes fiscales tirées des prélèvements sur le capital et les revenus des fractions les plus aisées de la population. Viennent ensuite les effets des « plans de sauvetage » des banques et de « relance » issus de la crise de 2007-2009. Il faut aussi ajouter un « service de la dette » (les intérêts payés sur les emprunts) de plus en plus coûteux lié au fait que les banques centrales – devenues « indépendantes » - ne peuvent plus prêter aux États.

Pour combler ces déficits et ces dettes, les États empruntent sur les « marchés financiers » (banques, fonds de pension, fonds mutuels, hedge funds…). Ils le font au moyen d’emprunts obligataires (Bons du Trésor…). Mais lorsque les États sont très endettés, les agences de notation chargées d’évaluer le risque de non-remboursement (« défaut » de paiement), leur donnent de « mauvaises notes », provoquant la hausse des taux d’intérêt sur les emprunts d’État. Évidemment, ces taux d’intérêt élevés viennent encore alourdir les déficits et nécessitent de nouveaux emprunts… C’est un cercle vicieux.

Pour rembourser coûte que coûte les marchés financiers qui ont prêté aux États, l’Union européenne et le FMI (mais aussi les gouvernements des pays concernés), exigent des politiques d’austérité. Elles sont censées permettre de trouver les sommes nécessaires au remboursement des créanciers. Comme la population, à juste titre, risque de protester (encore que ce ne soit pas le cas partout en Europe !), des mesures de restriction des droits démocratiques sont alors mises en place. L’Union européenne et le FMI peuvent ensuite « aider » ces pays (c’est le terme officiel utilisé par la propagande de l’Union européenne), c’est-à-dire leur accorder des prêts à des taux inférieurs à ceux des marchés financiers afin qu’ils puissent, précisément, rembourser leurs créanciers (surtout des banques). Mais ces « aides » sont assorties de contreparties, appelées « conditionnalités » ou « plans d’ajustement structurel », qui sont des mesures d’austérité générale et de restriction des libertés démocratiques.

La crise de l’Union européenne a commencé par la Grèce. Ce pays, pour faire face à ses échéances (payer les fonctionnaires, faire fonctionner la société – écoles, hôpitaux, pompiers, police, transports… -, payer les intérêts des emprunts, rembourser les emprunts arrivant à terme), devait emprunter environ 54 milliards d’euros en 2010. À la fin du mois de février 2010, 13 milliards d’euros avaient été empruntés sur les marchés. La crise a éclaté quand le gouvernement grec a annoncé qu’il ne pourrait pas rembourser un emprunt de 8,5 milliards d’euros arrivant à échéance le 19 mai 2010.

Le 15 avril 2010 le gouvernement grec, pour la première fois, demandait l’ouverture de discussions avec la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le FMI.

En 2009, la Grèce comptait 11 millions d’habitants (2,2% de la population de la zone euro) ; son PIB était de 242 milliards d’euros (1,2% du PIB de l’Union européenne) ; sa dette publique représentait 112% de son PIB (3,6% de la dette totale de la zone euro) ; son déficit public était de 13,6%.

Cette situation a été analysée par les marchés financiers comme présentant un risque de « défaut » (non-remboursement total ou partiel du capital et/des intérêts). Immédiatement les taux d’intérêt sur les emprunts de l’État grec se sont mis à monter. Le 22 avril 2010, les emprunts à 10 ans étaient à 8,8%, presque trois fois plus que ce que paye l’Allemagne, le financement à deux ans étant à 10,23%, soit 9% de plus que l’Allemagne ! On comprend, dans ces conditions, pourquoi le gouvernement grec ne pouvait plus emprunter sur les marchés financiers, compte tenu du coût prohibitif. Comme la Banque centrale européenne n’a pas le droit de prêter directement aux États, et que les traités interdisent d’aider un État par des transferts de fonds (il y aurait « distorsion » de concurrence), il fallait que de toute urgence les eurocrates bricolent un dispositif pour contourner les obstacles constitués par la BCE et les traités. C’est ainsi qu’est né en avril 2010 un système hybride constitué de prêts bilatéraux des États-membres de la zone euro à la Grèce, pour une valeur de 110 milliards d’euros sur trois ans, dont 30 milliards apportés par le FMI. Avant l’échéance du 19 mai 2010, le gouvernement grec a pu recevoir une enveloppe de 20 milliards d’euros qui lui a permis d’éviter le défaut. Mais ce n’est pas pour autant que les marchés se sont « calmés », bien au contraire. Les taux d’intérêt se sont mis à grimper pour le Portugal et l’Espagne, conduisant à un plan de « sauvegarde » de 750 milliards d’euros lors d’un sommet européen tenu à Bruxelles du 7 au 9 mai 2010.

Le thème des déficits publics et de la dette publique revient donc à la mode. Il n’a qu’un seul objet : justifier, par des « arguments » de conjoncture et d’un apparent bon sens, que la population doit se serrer la ceinture. Il faut retourner ce thème contre les néolibéraux et les sociolibéraux. La réalité des faits et quelques réflexions critiques montrent que la vraie gauche dispose de tous les arguments pour passer à l’offensive. Et pour faire grandir l’idée qu’il est nécessaire et possible de refuser les plans d’austérité et la remise en cause de la démocratie.

 

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Publié par Frédéric Maurin à 09:01am
Avec les catégories : #rupture tranquille

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