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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

9 Mai 2013

Bangladesh, la mondialisation heureuse

Ecoeurement quant on connaît les salaires des travailleurs là-bas et la part de la valeur prise par les intermédiaires (et publicitaires, mannequins, stars) dans le prix du produit final. Dans un autre système d'échanges, Le protectionnisme aujourd'hui leurs salaires pourraient être multipliés par 10 sans nous laisser à poil. Voire, pourquoi pas, les travailleurs bangladeshis habilleraient surtout des bangladeshis et les travailleurs français habilleraient essentiellement des français

Bangladesh : la mode s'enflamme ! » Peuples solidaires

La semaine dernière, plus de 500 personnes ont trouvé la mort dans l’effondrement du Rana Plaza au Bangladesh, des milliers ont été blessées et près de 150 seraient encore sous les décombres. Les victimes fabriquaient des vêtements pour des marques occidentales : Mango, Primark, El Corte Ingles, Bon Marché et Loblaw ont reconnu qu’elles se fournissaient dans ces usines tandis que Carrefour ou Benetton, dont les étiquettes ont été retrouvées dans les décombres, nient leur implication.

Voilà près de dix ans que le Collectif Ethique sur l’étiquette, Peuples Solidaires et leurs partenaires exhortent les multinationales qui se fournissent au Bangladesh à prendre des mesures concrètes pour mettre fin aux catastrophes de ce type. Aujourd’hui, les marques et enseignes clientes de Rana Plaza doivent prendre des mesures immédiates pour garantir une prise en charge médicale d’urgence et verser des indemnités à l’ensemble des victimes.

Les fissures étaient visibles !

Le drame aurait pu être évité : la veille de l’effondrement, les personnels avaient quitté les ateliers en raison des fissures apparues dans les piliers du bâtiment. Mais ils ont été contraints de regagner leur poste de travail. L’attitude criminelle de l’employeur a ainsi causé un drame qui a dévasté la vie de milliers de familles.

Il est urgent d’aider et d’indemniser les victimes

De nombreux blessé-e-s sont aujourd’hui dans un état grave, nécessitant des soins médicaux d’urgence. Beaucoup devront être soignés sur le long terme, voire resteront handicapés à vie.
Les familles touchées par la perte ou la blessure d’un être cher perdent aussi une source de revenus bien souvent indispensable à la survie du foyer.

Une série d’accidents industriels

Sorties de secours bloquées ou inexistantes, installations électriques défectueuses, bâtiments construits sur des sites non-constructibles ou non adaptés à une activité industrielle : ces dernières années, plus de 1000 personnes ont trouvé la mort dans des accidents liés à l’état déplorable des usines..

La négligence criminelle des multinationales

Depuis l’effondrement de l’usine Spectrum qui avait fait 65 morts en 2005, nos organisations n’ont cessé d’alerter les entreprises des risques d’effondrement et d’incendies dans les usines au Bangladesh. Après l’incendie de l’usine Tazreen (112 morts en novembre 2012), les marques ont une nouvelle fois manqué à leur obligation de prévenir de nouveaux accidents en refusant les mesures concrètes portées par nos organisations au profit de propositions dérisoires, insuffisantes pour remédier au problème.

L’Accord proposé par les organisations locales

L’an dernier, les organisations syndicales locales et internationales ont proposé aux entreprises de signer un Accord sur la sécurité des bâtiments et la prévention des incendies au Bangladesh. Cet accord prévoit un ensemble de dispositifs concrets comme l’obligation de rénovation et de mise aux normes des bâtiments, la mise en œuvre d’inspections indépendantes des usines, la formation des personnels… Il donne un rôle central aux travailleurs quant à son application et prévoit que les prix négociés par les marques avec leurs sous-traitants permettent de couvrir les besoins en matière de sécurité. Il est enfin assorti de l’obligation juridique, pour les marques qui le signent, de respecter leurs engagements.

Les entreprises doivent signer maintenant !

Seules les entreprises Tchibo et PVH (Calvin Klein et Tommy Hilfiger) ont accepté de signer l’Accord sur la sécurité des bâtiments et la prévention des incendies au Bangladesh. Malgré nos demandes répétées à de nombreuses marques et enseignes, celles-ci refusent encore de s’engager. Il est temps de leur faire changer d’avis !

PRECEDENTS APPELS URGENTS SUR CE THEME:

À Dacca, au Bangladesh, ce sont finalement plus de cinq cents personnes qui ont trouvé la mort dans l’effondrement d’un immeuble qui accueillait des ateliers textiles liés avec l’Occident par des relations d’affaires. Cette tragédie nous amène une fois de plus à nous interroger sur les conditions inhumaines auxquelles sont soumis les travailleurs locaux.

Finalement, qui est le plus coupable ?

Un État qui ne fait rien pour améliorer les conditions de travail et la santé de ses citoyens, ou les sociétés occidentales, sans scrupules si ce n’est le seul profit, qui lui passent commande des chaussures et des vêtements que nous portons aujourd’hui ?

Difficile de répondre.

Toujours est-il que les victimes de cette nouvelle catastrophe ouvrière s’ajouteront aux 2.300.000 personnes qui meurent chaque année d’un accident ou d’une maladie lié au travail.

Même l’Union européenne y est allée de son couplet. « L’Union appelle les autorités bangladeshies à agir immédiatement en vue de garantir que les usines du pays respectent les normes internationales… », peut-on lire dans un communiqué publié par Catherine Ashton, haute représentante de l’Union pour les affaires étrangères et par de Karel De Gucht, commissaire en charge du commerce. L’UE avait déjà exhorté le Bangladesh à suivre les normes de l’OIT en janvier après l’incendie de deux usines, dont l’un en novembre 2012 avait déjà causé la mort de 112 personnes.

Les déclarations de l’Union européenne ressemblent malheureusement fort à un discours convenu et il y a fort à parier qu’aucune sanction ne sera prise au final. Car dans le système capitaliste, ce sont les profits et les affaires qui comptent.

Au Bangladesh, l’industrie textile emploie trois millions de personnes (dont 90 % de femmes), et plus des trois quarts des exportations du pays proviennent de ce secteur. Mais les salaires n’y dépassent pas cinquante euros par mois et les 4.500 usines y sont surnommées les « ateliers de la misère ».

Des coûts de production imbattables !

Rien d’étonnant dans ces conditions à ce que l’Union européenne achète 60 % des exportations textiles du Bangladesh : 8 milliards d’euros en 2011, 8,6 en 2012. Il faut dire que le pays asiatique jouit d’une clause d’accès préférentiel au marché européen.

L’Union européenne a donc sa part de responsabilités dans cette tragédie. Mais plutôt que de pointer du doigt tel ou tel pays, c’est le système économique dans son ensemble qu’il faut revoir. Une réalité s’impose en tout cas comme une évidence : le capitalisme ne tient aucun compte des droits humains qu’il préfère sacrifier sur l’autel du profit.

Le mot de Karl

Le mot de Karl

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Publié par Frédéric Maurin à 21:16pm
Avec les catégories : #capitalisme , #libre-échange , #ue , #bangladesh

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