Je m'étais promis (ici : Mélenchon le populiste ) de ne pas
analyser toutes les bassesses de cette campagne électorale et de me concentrer sur l'essentiel.
Et la"droitisation" de l'entre-deux tours, Sarkozy pétainiste ?
qui a permis une forte remontée de Sarkozy dans les intentions de vote, m'incite à mettre en perspective des grosses ficelles utilisées par la droite.
Signalées par des riverains de la rue 89, (http://www.rue89.com/), j'en ai choisi deux :
- les experts sont formels : "Dieu vote Sarkozy"et, dans la même veine,
- l'Apocalypse selon Sainte Maryse Joissains-Masini, député-maire UMP d'Aix en Provence
Bonne lecture à tous. Si l'odeur vous gêne, respirez par la bouche.
Une fois de plus, je ne vais pas me fouler en commentaire de ces textes, car je pars bosser sous peu de temps (juste un rappel :
après lecture, n'oubliez pas de diffuser urbi et orbi l'appel suivant : Législatives
2012 : n'oubliez pas l'UMP ! )
Nous reprendrons plus tard - ouvrages d'Emmanuel Todd en main ? - des analyses plus sérieuses de ce type : Voter Sarkozy ?
Dieu, Père et Fils, et même La Sainte Vierge, votent Sarkozy !
Thomas a reçu un e-mail de sa tante, intitulé « Françaises, Français... priez ! », avec un long texte qui argumente la préférence du Créateur« N’ayez pas peur !"
Mais ouvrez vos yeux…
L’espérance habite les catholiques, ou chrétiens plus généralement.
Sans céder par conséquent à un catastrophisme mauvais conseiller, on ne doit pourtant pas s’interdire, au sujet de la suite des élections, d’observer l’avancée des choses avec perplexité, sinon
inquiétude.
Au lendemain du premier tour de l’élection présidentielle, les deux candidats attendus restent en lice. Le fait est qu’au nombre des enjeux de cette joute nationale on trouve des sujets qui,
tels l’avortement, l’euthanasie, la bioéthique, le mariage et l’adoption pour les homosexuels, et autre théorie du genre, tracent une ligne qui ne peut plus, aujourd’hui, ne pas déterminer
notre choix de chrétien.
Or le programme de M. Hollande constitue ici une atteinte à l’amour infini que le Créateur nous porte (“ Homme et femme Il les créa… ” etc.). S’il devait être mis en œuvre, les Français et les
Françaises, sans doute les petits plus que les grands, et pas forcément loin de nos maisons, en souffriraient dans leurs corps et leurs consciences, plus encore qu’ils souffrent déjà,
aujourd’hui, des méfaits d’une confusion des “ genres ” galopante.
Il nous faut appeler un chat un chat : M. Hollande, flanqué de ses alliés communistes dont Dieu sait pourquoi personne – ni à droite ni très à droite – ne rappelle le bien qu’ils ont fait
à la planète au siècle dernier, a écrit un programme malfaisant. L’autre candidat, dont on peut débattre des qualités et des défauts, n’a en tout cas pas ce tort, et personne ne peut affirmer
avec certitude qu’il cèdera inéluctablement à la pression du monde sur les sujets ci-dessus, d’autant qu’il n’aura pas à préparer un mandat supplémentaire. Il aura en tout cas contribué à
retarder l’échéance, ce qui n’est déjà pas si mal.
Entre deux maux, il faut choisir le moindre. S’abstenir, c’est laisser la porte ouverte au premier des deux candidats évoqué ci-dessus. Les enfants adoptés par des couples homos, entre autres,
nous en demanderont raison lorsqu’ils seront en âge de le faire.
C’est aussi de cela que l’on doit se souvenir si, pour sacrifier demain en espérant sauver après-demain, l’on est tenté de donner sa voix, délibérément, au même M. Hollande ; accélérer
résolument la marche notre société vers une sorte de chaos en spéculant sur le “ bonheur ” qui pourrait suivre, n’est-ce pas s’ériger bien aveuglément en maîtres du feu purificateur ?
On peut ne pas partager cette analyse.
Le cas échéant, on admettra au moins que Dieu a certainement une préférence... et qu’il nous revient de nous y rallier. Notre prière doit demander la lumière du très-haut, et porter dans le
même élan tous nos concitoyens, quels qu’ils soient. Tous ces Français qui sont depuis trop longtemps malmenés dans leur corps et leur esprit ont besoin de nous.
Notre humble mais confiante prière doit porter jusqu’à l’échéance des élections législatives, car leur enjeu est au moins aussi important que celui des présidentielles.
Si ce n’est déjà fait décidons-nous donc à prier, l’intercession de notre sainte Mère des Cieux étant ici un puissant instrument que nous a laissé le Christ pour gagner son cœur sacré. Si des
centaines, des milliers, de personnes récitent entre les deux tours des présidentielles et des législatives la neuvaine qui suit, ou une autre prière du même esprit, nous pouvons espérer que
demain sera moins dur que ce que les sondages annoncent.
O Vierge immaculée, mère du Christ et notre mère bien-aimante, nous venons humblement déposer à vos pieds notre souci à l’endroit de ceux qui dirigeront prochainement notre pays.
Vous êtes la sainte patronne de la France. Vous l’avez couverte de votre tendre protection plusieurs fois, aux heures les plus angoissantes de sa longue histoire. Malgré nos manques d’amour,
nos infidélités, nos oublis, nous vous supplions aujourd’hui d’œuvrer à ce que demain, notre pays soit gouverné avec le plus de sagesse possible.
Eclairez-nous, et éclairez nos compatriotes, pour que nous discernions ceux sur qui, selon votre cœur immaculé, doit porter notre choix. Nous vous le demandons pour nous-mêmes et nos proches,
pour tous les Français que votre divin fils et vous-mêmes aimez malgré leurs péchés, car notre Créateur ne veut pas leur souffrance.
Nous mettons, sainte Reine de France, toute notre confiance entre vos mains, certains que notre Sauveur entendra, par Vous, notre prière, et nous nous abandonnons dès maintenant à la volonté
parfaite du Père, vous demandant enfin de nous donner toujours la force de prier pour nos gouvernants, quels qu’ils soient. Amen. »
Hollande ou l'Apocalypse selon Sainte Maryse Joissains-Masini, député-maire UMP d'Aix en Provence
Aixois, voyez donc où passent vos impôts locaux...
Sur la feuille recto-verso, la députée-maire appelle à voter « sans état d’âme » pour son candidat, Nicolas Sarkozy, arrivé en tête dans cette ville au premier tour (32,8% : un score
à la hauteur du prix du mètre carré?). Elle appelle ainsi à faire front face à la gauche, ceux qui ont « ruiné la France ». Car en fait « le socialisme en France, c’est le
pompier pyromane ».
Le ton est donné dès la petite introduction, sous la bannière bleue jean « Présidentielle 2012 » :
« Les socialistes ont gagné tous leurs combats avec l’apport des voix marxistes et trotskystes, sans aucun état d’âme, conscients des 100 millions de morts causés par le communisme
dans le monde ; en URSS, en Chine, dans les pays de l’est, à Cuba et dans toutes les démocraties de gauche des continents africains, responsables de nombreux génocides. »
S’ensuit un passage apocalyptique collector :
« Avec la présidence de la République, le Gouvernement et l’Assemblée nationale, le socialisme régnerait en maître, conforté dans sa pensée unique par des médias complaisants, propriétés
de la finance internationale... Il n’y a pas de hasard. »
Défendre « l’Etat français contre le pire »
Pour guider le citoyen dans le flou, Maryse Joissains-Masini donne gracieusement, pour chaque type d’électeurs, ses conseils avisés.
Avis aux électeurs de gauche et extrême gauche : « Je partage une partie de vos inquiétudes et de vos valeurs ». Idem pour ceux du MoDem. Elle ajoute pour eux :
« Si François Hollande était élu, grâce à vos voix, vous seriez doublement responsables des catastrophes à venir [...]. »
Les électeurs du Front national ont l’argumentaire le plus long :
« Etes-vous prêt à subir le vote des immigrés, l’immigration massive, la régularisation des sans-papiers, la perte de notre modèle social et surtout le piétinement de nos valeurs
républicaines. »
Il faut défendre « ensemble l’Etat français contre le pire », appuie la députée-maire.
Tariq Ramadan dans « les extrêmes »
Après avoir rappelé le bilan du Président-candidat en cinq lignes, Maryse Joissains-Masini conclut.
« Electeurs Républicains, du centre, de gauche, de droite, mais aussi de ceux que l’on appelle les extrêmes ; Tariq Ramadan vous dit : votez François Hollande ! »
Mais il faut voter Nicolas Sarkozy, termine-t-elle, en dessus des logos de l’UMP, du Parti radical, du Nouveau centre et de la Gauche moderne.
Mais, après l'Elysée, il est fondamental de terminer le boulot à l'Assemblée Nationale.
Si le problème ne se pose pas par chez moi (et chez moi, un indice, c'est ici : http://renzosulli2012.elunet.fr/), de nombreux sortants et prétendants parlementaires
sarkozystes vont tenter d'occulter leurs responsabilités , voire même leur appartenance, pour continuer leur mission de Défaire méthodiquement le programme du Conseil National de la Résistance
Pour que leur défaite soit parfaite, un devoir de mémoire s'impose : Fakir l'a rempli en récapitulant, circonscription par circonscription, ce qu’ont fait vos élus
de l’Assemblée au cours des cinq dernières années.
Fakir a répertorié sept lois (dont deux refusées) et donné la position majoritaire de chaque groupe parlementaire (avec entre parenthèse le nombre de
vote exact) sur une de ces sept lois :
Réforme des retraites, Traité de Lisbonne, bouclier fiscal, Mécanisme européen de stabilité,prolongement mandat militaire pour l’Afghanistan...pour les lois votées.
Interdiction gaz de schiste, Renforcement transparence financière...pour les lois refusées.
Voici donc des éléments qui peuvent aider vos concitoyen(ne)s à faire leur choix aux législatives des 10 et 17 juin prochains en toute connaissance de cause.
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Format propriétaire : .XLS
Un travail salutaire donc, comme souvent avec Fakir:
...du moins en ce qui me concerne personnellement :
Le 9 mai 2012, à l'occasion d'une journée de l'Europe (non fériée, rassurez-vous), au lendemain d'un 8 mai où François Hollande et Sarko délivraient une image
d'"unité nationale"; le 9 mai 2012 donc, j'avais glissé que j'adhérais au Mouvement Politique d'Education Populaire.
Car s'engager sur une échéance de court-terme, c'est risquer le feu de paille. Genre "Indignez-vous", un ouvrage certainement sympathique mais dont l'auteur, en
première intention et avant une sombre affaire d'hôtellerie, avait soutenu DSK. Ceci n'est qu'un exemple.
Non. Si j'adhère au M'PEP c'est car il est vrai que les ennuis commencent.
Car, avec Emmanuel Todd (vous allez en souper camarade lecteur...) je pense qu'« il serait imprudent, après s’être imaginé que
Sarkozy résoudrait tous les problèmes, de se figurer que son effacement suffirait à les dissiper ».
L'exigence de rupture avec l'Union pour une Minorité de Privilégiés ne doit pas faillir au prétexte que son aile droite, l'UMP, serait
renvoyé dans l'opposition parlementaire.
Et, en matière d'exigence républicaine et socialiste, s'en remettre au seul "Parti Socialiste" me semble une option plus qu'hasardeuse
(j'aurai certainement l'occasion de developper ce point plus tard).
Bon allez, j'écourte... si j'adhère au M'PEP, c'est ma manière de faire qu' Aussitôt élus, on les pousse au cul ! ... mais, puisqu'il y faudra tout de même du temps,
c'est aussi pour ces quelques raisons :
De toute manière, l'interessé devrait l'annoncer, sauf surprise, demain samedi 12 mai.
Juste une remarque : il serait dommage, et le mot est faible, qu'une concurrence (libre et non faussée ?) au sein de la gauche de gauche ait pour effet d'offrir un
siège de député au Front National.
En effet, le M'PEP, soutien du Front de Gauche, présente également une candidate, Michèle Dessenne, dans la 11ème
circonscription du Pas de Calais, comme l'indique l'article de la Voix du Nord ci-dessous:
Michèle Dessenne, et son suppléant, Jean-François Maison, 53ans, assistant social au CH Lens.
VIE POLITIQUE
L’une, Michèle Dessenne, concourt sous la bannière M’PEP*, l’autre, Jean-François Maison, sous celle du PRCF**. ...
Tous deux forment un ticket commun pour les prochaines législatives. Résidant en Seine-Saint-Denis, Michèle Dessenne, 59 ans, est originaire du Pas-de-Calais
(elle est apparentée à l’abbé Dessenne dont une rue d’Hénin porte le nom). Elle, qui fit partie de l’équipe fondatrice du mouvement Attac, n’a pas choisi de se présenter sur la 11 e par
hasard. « Cette campagne a une signification nationale. Notre analyse est que la France est prise en tenaille entre les européistes, - UMP, PS, MoDem -, et une xénophobie
montante, de Marine Le Pen à Sarkozy. Pour le FN, c’est un test grandeur nature, on ne veut pas lui laisser le monopole d’une campagne sur la sortie de l’Union européenne et de l’euro
dont on sait qu’une grande partie de la population a conscience des effets néfastes. » C’est ce qui ressort des échanges avec la population sur les marchés d’Hénin et ses environs.
Car le duo et leurs soutiens (le PRCF revendique 250 militants dans la région lensoise) laboure le terrain depuis plusieurs mois, et va organiser plusieurs réunions publiques d’ici le 10
juin, date du premier tour : « Ce n’est pas une candidature de témoignage », assène Mme Dessenne.
Pour la candidate qui se réclame des idées du conseil national de la résistance, la fin de la crise ne peut passer que par la sortie de l’union européenne,
« pilier de l’ordre néolibéral mondial » et le retour au franc. « Si l’on ne reprend pas la souveraineté monétaire, on est livré aux marchés et aux intérêts de la dette, et
aux politiques de rigueur. Il y a eu une unanimité à réenfourcher le thème de la réindustrialisation. Si on laisse le libre échange en place, comment réindustrialiser ? On se fout de
la gueule du monde ! » Le propos du ticket est de concilier les drapeaux tricolore et rouge. « Le capitalisme ne veut plus des nations, on tire le signal d’alarme »,
souligne Jean-François Maison. Michèle Dessenne : « Il faut forcer le débat tabou à gauche qui est la question de l’union européenne et de l’euro. »
Position claire
Sur l’échiquier politique de la 11e, la concurrence sera forte à l’extrême gauche avec (pour l’instant), Lutte ouvrière et surtout le Front de Gauche.
« Notre candidature n’est pas tournée contre Hervé Poly, assure Georges Gastaud, secrétaire national du PRCF.
S’il avait eu une position claire sur la sortie de l’euro, on n’aurait pas présenté de candidat. » Le PRCF reproche la dérive « droitière » du
PCF depuis la mutation des années Hue-Buffet. « Le PCF a oublié la classe ouvrière et l’indépendance nationale. Jusqu’à Georges Marchais, il avait été un parti
patriote ».
Michèle Dessenne et Jean-François Maison animeront une réunion publique le 14 mai au café Le Météor de Carvin, de 18 h à 20 h.
* Mouvement politique d’éducation populaire.
**Pôle de renaissance communiste en France.
Le M'Pep présente par ailleurs des candidat sur la circonscription de Marine LE PEN (FN canal virage
social, néanmoins héritière du Père) et Bruno Gollnish (du même Front National, canal révisionniste).
Affaire à suivre de très près donc, ici et ailleurs, urbi et orbi sur http://www.m-pep.org/
Deux mots d'explication quand même :
APRÈS AVOIR DÉGAGÉ SARKOZY, VOTONS M’PEP ET FRONT DE GAUCHE LE 10 JUIN !
La défaite de Sarkozy est un soulagement pour des millions de Français. C’est la preuve que le combat électoral conserve encore un sens et que la
démocratie n’a pas été totalement vidée de tout contenu.
Mais ce sont maintenant les élections les plus importantes qui se profilent les 10 et 17 juin : les élections législatives. Leur enjeu est
simple : confirmer la défaite de la droite dans toutes ses composantes et assurer la victoire des trois candidats du M’PEP ainsi que du plus grand nombre possible de candidats du
Front de gauche.
Une majorité socialiste à l’Assemblée nationale, avec un président de la République socialiste, fera une politique d’austérité inspirée des
« socialistes » Papandréou en Grèce (balayé aux élections dans son pays), Zapatero en Espagne (balayé) et Socrates au Portugal (balayé).
Le programme de François Hollande ne comporte aucune avancée sociale majeure du type de celles connues en 1936, 1945 ou 1981. Et encore moins de réformes
de structure de l’économie rompant avec le système néolibéral.
C’est pourquoi le M’PEP apporte un soutien critique au Front de gauche, seul rassemblement à la gauche du PS. Avec 11,1%, celui-ci fait certes un bon
score, lié notamment à l’excellente campagne menée par son candidat Jean-Luc Mélenchon. Mais ce résultat doit être compris comme un premier rassemblement à la gauche du PS, d’ailleurs
favorisé par l’absence de personnalités médiatisées comme Olivier Besancenot et Arlette Laguillier. Les 11,1% obtenus par Jean-Luc Mélenchon sont inférieurs au score réalisé par les
formations à la gauche du PS en 1995 (14,1%) et en 2002 (13,8%). Mais c’est mieux qu’en 2007 (9%). Nous sommes donc dans une phase de rassemblement à la gauche du PS, mais non dans une
phase de conquête de l’électorat, particulièrement de l’électorat populaire.
Pour conquérir l’électorat populaire et ne pas en rester au simple rassemblement à la gauche du PS, le Front de gauche devra revoir son programme et son
organisation. Il devra aussi clairement annoncer qu’il ne participera pas à un gouvernement dirigé par le PS.
Le programme du Front de gauche devra intégrer la sortie de l’euro et de l’Union européenne. À défaut, il devra au moins proposer un plan « B »
au cas où les propositions qu’il fait de changer l’Union européenne de l’intérieur ne recevraient pas de réponse positive des autres membres de l’UE. Pour le M’PEP, c’est la condition
décisive pour faire basculer des millions d’électeurs qui ont compris que ces mesures sont indispensables pour recouvrer la souveraineté nationale et populaire. Aucune politique de
gauche n’est possible dans le cadre de l’Union européenne et avec l’euro. Le Front de gauche devra le reconnaître et laisser sa place au courant de gauche fidèle au « non » de
gauche de 2005, qui prône encore et toujours la sortie de l’euro et de l’Union européenne par la gauche. En outre, les citoyens n’étant pas membres des partis composant le Front de
gauche devront y trouver leur place.
C’est dès la campagne des législatives que sa place doit être faite à ce courant. En effet, le Front de gauche, qui s’était fixé pour objectif de contenir
le Front national, est en échec sur ce point : jamais le Front national n’a obtenu d’aussi bons résultats à une présidentielle.
C’est pour ces raisons que le M’PEP présente trois candidats aux élections législatives
Cette décision est motivée par le refus du Front de gauche d’accueillir le M’PEP. Notre Mouvement a appelé à voter pour Jean-Luc Mélenchon à la
présidentielle. Il appelle également à voter pour les candidats du Front de gauche aux élections législatives. Toutefois, pour présenter ses idées aux citoyens et affronter le FN en
proposant une alternative de gauche à ses électeurs, notre Mouvement présentera ses propres candidates et candidats dans trois circonscriptions.
Nous choisissons celles où se trouvent les principaux dirigeants du Front national ou dans lesquelles ce parti a réalisé ses meilleurs scores. Il s’agit de
circonscriptions dans lesquelles il n’y a pas de candidats du Front de gauche en position d’être élus. Nous porterons les arguments du M’PEP. Nous ne voulons pas que le FN s’arroge une
sorte de monopole de la sortie de l’euro, surtout que ses propositions mèneraient au chaos. Nous voulons démontrer qu’il existe une sortie de l’euro, mais par la gauche !
Nous présentons nos candidats dans les circonscriptions suivantes :
11e circonscription du Pas-de-Calais où Michèle Dessenne, porte-parole du M’PEP, fera face à Marine Le Pen, n° 1 du FN.
3e circonscription du Var ou Jacques Nikonoff, porte-parole du M’PEP, fera face à Bruno Gollnisch.
9e circonscription de l’Hérault où Waldeck Moreau, secrétaire national du M’PEP fera face à un FN à la très forte influence.
Point d’orgue de la campagne électorale, le débat télévisé du 3 mai entre Hollande et Sarkozy.
Après avoir affirmé leur « souci de stricte équité » entre les candidats, les journalistes (2 présentateurs de journaux télévisés TF1et France 2) ont été beaucoup moins équitables
dans leur représentation du monde.
On touche ici à l’évidence du discours néolibéral ***
Je ne reviendrai pas ici sur les propos des candidats mais uniquement sur les questions et les relances posées et imposées par les journalistes.
J’en ai relevé 12, notées en rouge, mes commentaires en noirs.
Notées après une journée de « vrai travailleur », il peut y avoir des erreurs sur la forme, des formulations mal retranscrites… mais je pense être resté fidèle au fond. Au fond de
la pensée que je leur prête.
Peut-être à tort ?
A vous de voir. Car je ne passerai pas plus de 2 nouvelles heures à regarder cela une seconde fois.
Donc, petit cours de verrouillage de débat électoral en 12 questions.
1/Pujadas, Ferrari : « Qu’est-ce que vous attendez de ce débat ? Dans quel état d’esprit êtes-vous ? »
Il faut bien sûr mettre les prétendants à l’aise mais l’ouverture est pour le moins complaisante (par intérêt, souci de carrière?). Vu l’enjeu, un mot sur ce que les
français sont en droit d’attendre de ce débat aurait été bienvenu. On ne manque pas pourtant pas d’indicateurs sur les inégalités d’avoir, de savoir, de pouvoir, sur les difficultés d’accès aux
soins, aux droits…
2/ « Comment peut-on relancer l’emploi en France ? » et donc « Comment renouer avec la croissance ? »
Le lien croissance – création d’emplois est incontestable MAIS on laisse de côté beaucoup de variables de créations d’emplois : on note qu'un ambitieux
programme emploi-jeunes, la réduction du temps de travail offensive, un plan Marshall des banlieues, un new deal... peuvent être déliés de la stricte question de croissance. L’emploi n’est pas qu’une résultante de la croissance mais aussi une question de règles, d’institutions, politiques et sociales. Donc de volontarisme
politique.
Les objecteurs de croissance et autres sarkophages ont également un point de vue intéressant là-dessus. http://www.ladecroissance.net/ Debout les Sarkophages ! Place au peuple !
3/ « Il faut que l’on parle du pouvoir d’achat »
C’est gentil de s’intéresser au bon peuple. Mais le pouvoir d’achat de qui, du leur, celui de leurs mandants, de leurs conseillers, de Bettencourt ? La manière
dont il est obtenu, sa légitimité ? On a quand même des études sérieuses sur le sujet: Que faire du Président des riches ?
4/ « Est-ce que l’on parle des comptes publics, des déficits ? » « Vous êtes d’accord tous deux pour réduire les déficits, comment
y parvenir ? » « Comment on la réduit cette dette ? »
Nous voilà rassurés, un sujet de consensus. Dit autrement, cela peut donner : « de quelle manière allez-vous mettre en œuvre une politique
d’austérité ? »
On se demande bien pourquoi le comité pour un audit citoyen de la dette se décarcasse.
5/ «…réponse de Nicolas Sarkozy et on parle de l’Europe et du Pacte de stabilité »… Relance du journaliste : « Et on passe à
l’Europe »
Et L’Europe, nous glisse un journaliste par ailleurs titulaire d’une Laisse d’or, c’est évidemment et cela ne peut rien n’être d’autre qu’un pacte de stabilité
(d’austérité).
Vite la question suivante !
6/ Parlons de la zone euro mise en danger par la crise de la dette » « Vous êtes d’accord tous les deux pour sauver l’euro mais divisés sur le pacte de
stabilité » « Quel rôle entendez-vous donner à la BCE ? »
Tiens, encore un sujet de consensus…sur un sujet si évidemment consensuel.
Si j’en avais les moyens, et s’ils en avaient l’envie (mais ils n’y ont pas d’intérêts), j’offrirais 2 ouvrages à ces
journalistes :
-Faut-il sauver l’euro ? de Jacques Sapir au Seuil et, en forme de réponse :
-Sortons de l’Euro ! de Jacques Nikonoff aux Mille et Une Nuits
Et puis, vive la gratuité : puisqu’il s’agit de sauver l’Europe et l’euro…autant savoir de quoi on parle :
Bon, les candidats sont donc au moins divisés sur le Pacte de stabilité ? Mais si ce pacte était soumis au suffrage des Français, comme le traité constitutionnel
européen, il n’y aurait pas de sujet de division…il aurait été massivement rejeté.
7/ « ça fait une heure et demie qu’on parle d’économie, il faut qu’on parle de questions de société »
et LA QUESTION de société, vu leurs questions suivantes, c’est l’immigration. Il n’y a effectivement pas d’handicapés en France, pas de domination masculine ni
surconsommation médicale, pas de surpopulation carcérale ni détention préventive inutile, pas de crise du lien social ni de souffrance au travail.
Les questions de société, c’est l’Immigration et le droit de vote des étrangers aux élections locales. Point. Mettez-vous bien cela dans la tête !
8/ « Immigration…vous (Sarkozy) souhaitez réduire les flux migratoires, vous (Hollande) dites que ce n’est pas le problème » nda : je ne suis plus très sûr de la formulation, je m’endormais…vérifiez par vous-mêmes si vous en avez le courage…là, ils m épuisent !
Surtout ne pas poser cette question sous cet angle : sur la question des flux migratoires, une étude, reprise la CGT dans sa lutte contre le Front National
indique qu'ilil ressort d’une étude parue en 2010
d’une équipe de l’université de Lille, réalisée pour le compte du ministère des Affaires sociales que les immigrés sont une très bonne affaire pour l’économie française. Travaillant sur des
chiffres officiels, les chercheurs ont décortiqué tous les grands postes de transfert des immigrés. Il en ressort un solde très positif. En 2009, les immigrés ont reçu de l’Etat 47,9 milliards
d’euros, via les retraites, les aides au logement, le RMI, les allocations chômage et familiales, les prestations de santé,… Dans le même temps, ils ont reversé au budget de l’Etat, par leur
travail, des sommes beaucoup plus importantes : impôt sur le revenu, 3,4 milliards d’euros ; impôt sur le patrimoine, 3,3 milliards ; impôts et taxes à la consommation, 18,4
milliards ; impôts locaux et autres, 2,6 milliards ; CRDS et CSG, 6,2 milliards ; cotisations sociales, environ 26,4 milliards d’euros. Soit un total de 60,3 milliards, et par
conséquent un solde positif de 12,4 milliards d’euros pour les finances publiques.
9/ « Il y a un sujet qui vous divise …le droit de vote des étrangers extra-communautaires »...« sur les centres de rétention »
Mes premiers ronflements.
10/ « …Monsieur Hollande rapidement et on parle du nucléaire »
…mais surtout pas de politique énergétique ! Ni des scénarii Négawatt ou Négatep, dont les citoyens devraient être saisis pour se prononcer en toute
connaissance de cause dans le cadre d’un référendum.
Anaphore d’Hollande et épiphore de Sarkozy. Mais si c’est pour prendre un cours de rhétorique, il y a des professeurs pour cela. Je sais que TF1 a été privatisé au
prétexte, à l’époque, de mieux-disant culturel mais faut pas quand même pas pousser !
12/ « Aborder 1 ou 2 points de politique étrangère » …les 2 points cela sera sur l’Afghanistan avec le « désaccord sur le calendrier du
retrait » et « la menace terroriste qui plane également dans le Maghreb, que proposez-vous ? »
La politique étrangère réduite aux interventions militaires et à l’épouvantail terroriste : on suit (et on suivra) les USA pour tous les coups de force, mais on
diverge
sur l’agenda. Rien sur l’OTAN, rien sur la Françafrique, pas de problèmes ?
L’action des ONG Survie, Peuples solidaires... inconnues ?
L’aide au développement, l’Union pour la Méditerranée : bilans et perspectives ? Les relations avec l’Allemagne, les ventes d’armes à la Grèce, par
exemple, ce n’est pas de la politique étrangère…
Pas besoin de dormir pour vivre un cauchemar en direct !
Bon, au vu de ces éléments, j’invite tous les téléspectateurs, fidèles et infidèles, à renforcer la presse libre.
A tourner le bouton des médias complaisants. A boycotter leurs annonceurs publicitaires, car leur vision du monde se confond souvent avec le portefeuille
des leurs annonceurs et actionnaires.
Pas de vote libre sans presse libérée.
Quelques pistes…c’est par ici qu’on s’abonne, la victoire est au bout de votre chéquier :
Toute presse, et cela presse, qui se positionne contre ...
*** Contre l'évidence du discours néolibéral
Thierry Guilbert, L'« évidence » du discours néolibéral. Analyse dans la presse écrite, Editions du
Croquant, coll. « Savoir/Agir », 2011.
"Cependant, une fois le livre terminé, le lecteur dispose d’un panorama pertinent des procédés insidieux employés par les journalistes et des techniques pour les
mettre en doute. Cette lecture s’avère d’autant plus utile que l’auteur conclut sur une note pessimiste, affirmant que le discours néolibéral comporte aujourd’hui une nouvelle dimension : le
rejet effectif de toute alternative possible au néolibéralisme par la mise à distance systématique du débat idéologique, au profit de l’unique question de la communication. Le débat ne porte plus
sur le fond (la nature politique du néolibéralisme est occultée), il ne s’agit plus de convaincre (d’opposer des visions du monde, les idéologies) mais uniquement d’expliquer, de « bien
communiquer », d’être bon pédagogue. Le néolibéralisme serait devenu l’objet d’un consensus global. Le conflit idéologique n’a donc plus lieu d’être, seul les modalités d’application des réformes
néolibérales (nécessairement nécessaires) seront l’objet des discussions et non plus ces réformes en tant que tel."
Pour que les lendemains de fêtes n'aient pas un goût trop amer, un petit mot de nos voisins de Grenoble et de Saint Martin d'Hères
Source : http://prcf-38.over-blog.net/
avec quelques ajouts de circonstance.
SARKO-MEDEF enfin dégagé, PLACE à
la LUTTE
Le peuple français vient de signifier son licenciement à Sarkozy, l’illégitime et fascisant Président sortant. Le PRCF se réjouit
de la défaite de ce personnage dont la campagne n’a été qu’une longue et répugnante surenchère sur les thèmes de l’extrême droite. L’éviction de ce dangereux
personnage, porte-drapeau de la fraction fascisante du grand capital, est une bonne chose. Ces fondés de pouvoir de l’UE et du MEDEF ont, pendant des années, imposé une politique
favorable au capitalisme de façon brutale et antidémocratique, allant jusqu’à bafouer la volonté majoritaire du souverain peuple en 2005 lors du référendum sur la « constitution »
européenne. Le PRCF qui a appelé, dès le 7 mai 2007, les vrais républicains à délégitimer ce président néo-pétainiste, et dont les affiches proclamaient depuis des mois
« Dégage ! » à l’encontre de Sarko, ne peut donc que saluer cette décision de notre peuple. Sarkozy pétainiste ?
Mais si nous nous réjouissons du vote contre Sarkozy, nous devons mettre en garde contre toute illusion quant à son
successeur. Non parce que nous lui ferions un procès par anticipation, mais parce que les positions politiques, le programme politique, les perspectives que François Hollande
et le Parti Socialiste ont soumis au peuple français ne peuvent en aucun cas résoudre les problèmes auxquels les travailleurs et le peuple de France sont aux prises : rien de
sérieux sur le pouvoir d’achat, riende percutant contre le chômage de masse, rien pour s’attaquer à la domination capitaliste, rien pour
mettre en cause la dictature de l’UE du capital dominée par Berlin, aucune dénonciation du « Mécanisme Européen de Stabilité »
(pacte de stabilité de Maastricht en trois fois pire, véritable euro-camisole antisociale adoptée au nom d'une trompeuse "initiative de croissance" - que Berlin a, au passage, acceptée
officiellement sitôt l'élection de Hollande connue),rien contre la
politique belliciste de l’impérialisme français en Afrique et au Proche-Orient, rien pour sortir la France du bloc agressif de l’OTAN, rien pour une grande politique sociale
débutant, à minima, par l’abrogation des lois sarkoziennes (en particulier l’abrogation de la loi sur les retraites), rien pour la défense de la souveraineté et l’indépendance de la République
française. En février, dans un entretien avec le journal anglais « The Guardian », François Hollande rassurait les marchés
financiers en ces termes : « Aujourd’hui il n’y a pas de communistes en
France… La gauche a gouverné pendant quinzeans, pendant lesquels elle a libéralisé
l’économie et ouvert les marchés à la finance et à la privatisation. Il n’y a pas de crainte à avoir ».François Hollande : le vote utile !
Aucune illusion, donc, à avoir sur le nouveau Président et le Parti Socialiste. Rien de bon à attendre de Hollande, comme
de ses amis politiques, les Papandréou, Blair, Zapatero, Schroeder....puisque tous ces dirigeants inscrivent leur politique dans le cadre de la « construction européenne » qui détruit
notre pays en unissant la social-démocratie et la droite sur un programme néo-libéral. Cependant, une partie de la base de masse du PS n’est pas celle de la droite. Ses attentes politiques et
sociales ne sont pas celle des chefs du PS. Cette contradiction ne peut être totalement ignorée par « Hollandréou » - selon une formule désormais célèbre - à moins d’accepter
un suicide politique comme celui du président de l’Internationale Socialiste, le Grec Georges Papandréou. Cela dit, n’oublions pas que le PS s’apprêtait à désigner D.S.K., le patron du FMI (!), comme candidat à la présidence de la République, ce
qui en dit long sur sa nature de classe.Quelle est donc la perspective que les communistes doivent ouvrir en ce moment à notre peuple ? Le Front de Gauche et le PCF doivent sortir de l’équivoque sur leur
éventuelle participation à un gouvernement d’euro-austérité. Les électeurs doivent savoir AVANT les législatives quel sera le positionnement du FDG sur ce sujet. Pour le PRCF, il est
absolument clair, au vu du programme de Hollande et des forces patronales déjà nombreuses qui l’ont rallié, qu’une participation « communiste » à un tel gouvernement serait une trahison
qui désarmerait le mouvement populaire et qui paverait la voie à Marine Le Pen.
La seule perspective immédiatement opérationnelle est l’opposition populaire, républicaine et patriotique à toute forme de politique néolibérale, bien entendu en montant la garde contre l’opposition de
droite et d’ultra-droite qui n’attend qu’une occasion pour aller dans la rue ;la lutte des classes populaires et moyennes qui, seule, peut
imposer des mesures de justice sociale, de progrès démocratique et d’indépendance nationale. Cette exigence vitale de la lutte se heurtera à l’inertie, voire au sabotage de la lutte, par des
directions syndicales de collaboration de classe dont on a pu constater la nocivité dans la manière dont fut menée la lutte contre la démolition des retraites par Sarkozy et les
siens. Rappelons que la plate-forme commune des directions syndicales refusait même de demander l’abrogation de la contre-réforme !... La lutte se développera, non seulement face au nouveau pouvoir, mais aussi à tous les états-majors syndicaux euro-formatés qui
« accompagnent » l’éradication des droits et acquis du monde du travail sans appeler au « tous ensemble ».
Organiser l’opposition à la collaboration de classe dans la CGT et la FSU est une tâche importante et nous saluons le Front Syndical de Classe qui travaille dans cette direction.
Les travailleurs savent que rien de
bonne viendra du nouveau Président et du nouveau pouvoir sans la lutte : toute l’histoire du mouvement ouvrier et démocratique le prouve, 1936, 1945, 1968, toutes les avancées sociales et démocratiques sont le fruit de la lutte des
travailleurs. N’attendons pas ! Dès demain, partout, il faut organiser la lutte et ses modalités. Dès demain dans les entreprises, les bureaux, les facs, partout, la perspective d’une
lutte de grande ampleur, le « Tous ensemble, en même temps ! » doit être
à l’ordre du jour.
Cette lutte sera d’autant plus nécessaire que la droite et les néo-fascistes vont continuer
à se radicaliser, às’unir
et à mener un combat revanchard et violent, dans la foulée d’une campagne électorale où ils ont rivalisé d’arguments réactionnaires, xénophobes et de formules pétainistes. Le meilleur moyen de briser leurs tentatives de subversion contre le mouvement populaire sera, justement, la lutte pour nos revendications, car celles-ci portent
en elles la nécessité de briser la logique du système capitaliste, la nécessité d’un autre système : le
socialisme, dont le préalable est la reconquête par notre pays de sa souveraineté politique, monétaire, budgétaire, industrielle,
culturelle, linguistique, avec le développement sans précédent de la démocratie populaire organisée « en bas ».Le PRCF qui se félicite de la défaite de Sarkozy ne peut, en toute responsabilité, qu’appeler la classe ouvrière et les travailleurs,
notre peuple à n’entretenir aucune illusion, à refuser, avec force, tout attentisme et à engager la lutte pour leurs objectifs sociaux et politiques, à mettre radicalement en cause l’euro et
l’UE, à engager la lutte révolutionnaire sous les plis mêlés du drapeau rouge et du drapeau tricolore contre le capitalisme en crise, car la menace d’une politique d’austérité à la
« grecque » nous menace plus que jamais.
L’opposition ouvrière, populaire, révolutionnaire et patriotique à la politique du nouveau pouvoir ne peut pas attendre, ne doit pas attendre. Devant cette situation nouvelle, le PRCF
renouvelle sa proposition à toutes les forces authentiquement communistes, où qu’elles soient organisées : UNISSONS-NOUS DANS L’ACTION, le peuple de France a besoin d’une voix franchement
communiste unie réclamant clairement la rupture de la France avec l’UE et refusant toute caution à l’euro-austérité. Le PRCF appelle également tous les progressistes et républicains
non-communistes à s’unir sur la base des principes du Conseil National de la Résistance, car une vraie perspective de changement, la seule qui puisse faire échec aux forces d’euro-destruction de
la nation comme aux forces de fascisation représentée par l’UM’Pen en formation, est qu’une force de gauche radicalement euro-critique émerge rapidement dans notre pays.
A deux pas de là...la question de la participation gouvernementale se pose aussi...avec véhémence
L’élection présidentielle a été réduite à un référendum pour ou contre Sarkozy. Tous les autres candidats ont cherché à se démarquer du bilan de son gouvernement.
Le rejet de sa politique de casse sociale s’est effectivement exprimé. Alors oui, il faut aller jusqu’au bout et faire barrage à surenchère droitière de Sarkozy. Mais non, le vote Hollande ne
doit surtout pas être un vote « sans conditions » mais un vote sans illusions ! L’alternance n’amènera pas de changement de cap.
La campagne électorale a été organisée dans le but de détourner l’opinion des analyses, des propositions de rupture dont les travailleurs auront besoin pour affronter la prochaine offensive
du capital.
La crise n’est pas une crise « financière », due aux « excès » du capitalisme. C’est une crise du capitalisme lui-même. Il avance ses propres solutions : liquidation
des acquis sociaux, baisse des salaires d’abord, puis aides publiques massives pour reconstituer le profit des grands groupes (du pur capitalisme monopoliste d’Etat porté par la
« gauche »).
L’UE est l’organisme de coordination de ces politiques dans les différents pays. L’euro est son instrument. La question n’est pas pour nous, communistes, de rentrer dans le mythe de
« l’Europe sociale », du soi-disant « modèle social européen ». Elle est de continuer à porter notre opposition fondamentale au Traité de Maastricht. La contestation de ses
avatars actuels, « règle d’or » ou MES, ne prend de sens que dans le refus premier de Maastricht.
Ces positions cruciales, comme tant autres, n’ont pas été portées ces derniers mois, sinon pour être caricaturées. On mesure les conséquences de l’absence de candidat (vraiment) communiste.
La candidature quasi-imposée de Jean-Luc Mélenchon s’est révélée strictement conforme à ce que nous dénoncions, quelques uns ici, même si, faute d’autre choix électoral, elle a drainé une
partie de l’aspiration au changement. Il y a tromperie sur la marchandise.
Le sénateur mitterrandien honoraire, l’ancien ministre de Jospin s’est servi d’un phrasé révolutionnaire pour mieux esquiver les questions de fond, mieux canaliser vers sa maison-mère Hollande
(dès 20h15 dimanche !). Les postures radicales, la façon scandaleuse de singer Georges Marchais ont cherché à masquer les axes réformistes du Front de gauche : l’adhésion à l’UE au
nom de l’Europe « sociale », avec cette folle et dangereuse illusion de la réorientation de la BCE, l’insertion totale dans les institutions bourgeoises et l’électoralisme etc.
La fumeuse 6ème république prétend en finir avec la personnalisation du pouvoir : toute la campagne a été centrée sur le personnage de Mélenchon, au mépris en particulier des communistes.
Nationalement depuis des mois, le CN, direction du PCF ne fait qu’enregistrer les décisions des dirigeants autoproclamés du Front de gauche (Mélenchon, Autain, Billard, peut-être MG. Buffet).
L’opacité a été totale sur le Comité national de campagne du Front. Mélenchon se permet de convoquer une convention nationale du Front sans même en référer à Pierre Laurent. Mais pour ce
dernier, il faudrait que l’on continue à structurer le Front de gauche. L’opération est plus subtilement mise en œuvre qu’au moment des collectifs antilibéraux mais elle le même objectif :
dissoudre le PCF dans une nouvelle organisation réformiste. Je fais partie de ceux qui s’y opposeront jusqu’au bout.
Nous avons tous constaté la complaisance, la connivence entre les journalistes et l’insulteur public Mélenchon. Elle me rappelle la phrase du dirigeant marxiste allemand August Bebel :
« quand la bourgeoisie me flatte, je cherche l’erreur que j’ai commise ». Sauf que là, il n’y a pas d’erreur.
Nous allons affronter une période encore plus dure. La droitisation de la vie politique avec la campagne a préparé le terrain. Hollande mènera une politique de droite. Sarkozy lui
facilite le travail en glissant vers Le Pen. Le Pen, qui n’est pas du tout « semi-démente », détourne la colère populaire. Immédiatement, appelons à battre Sarkozy. Mais
refusons toute négociation électoraliste avec le PS pour les législatives, excluons toute participation à une majorité PS.
C’est la condition pour que nos idées progressent et fassent progresser les luttes, sur une ligne de classe.
Bien sûr que le bilan est lourd, lourd de conséquences, dans les
comptes publics mais surtout dans les esprits.
Diverses analyses peuvent être faites de ces 5 années écoulées, il sera indispensable d'y revenir car elles déterminent partiellement les 5 années qui viennent
:
Mes excuses pour la redondance des citations mais la presse d'assaut - Dassault- pilonne...et je dois, nous devons, pilonner aussi.
Dans un France qui, par tradition ou intérêts mal compris, penche à droite, la victoire de "la gauche", celle de François Hollande : le vote utile ! est fragile. Gagner par moins de deux points : c'est un
triomphe modeste... comme il y a pu avoir, il y a 5 ans, une rupture tranquille.
Il est donc normal de reconnaître à Sarkozy AU MOINS une qualité : il a contribué à l'émergence de nouveaux talents (et accessoirement à me faire apprécier un genre
musical trop peu connu) :
A vrai dire, ce n’est pas 2012 qui m’inquiète, c’est la suite.
Le Front national n’a évidemment pas changé. Le véritable carburant de l’extrême droite, c’est la crise économique, sociale et politique qui est devant nous. Le «
pacte de compétitivité » Merkel-Sarkozy porte en lui la menace d’une terrible régression sociale. Si le PS ne rompt pas avec la politique de supplétif qui a été la sienne quand il a voté le
traité de Lisbonne, son candidat pourra bien l’emporter en 2012, mais il offrira un boulevard à la conjonction dès aujourd’hui probable du Front national et d’une droite rejetée dans
l’opposition, et cela dès les élections municipales, régionales et départementales de 2014. En s’emparant des leviers de l’action locale, l’extrême droite s’approcherait alors du pouvoir de
l’Etat. La France, pour le coup, en sortirait défigurée !
EN OCCIDENT LA GAUCHE A RENONCÉ À DÉMOCRATISER LES MÉDIAS.
LES GRANDS GROUPES PRIVÉS SONT LIBRES d´imposer leur image du monde et leur vision de l'intérêt général (qui se confond souvent avec le portefeuile de leurs
propriétaires et de leurs annonceurs publicitaires).
Depuis qu´au Venezuela et dans l´ALBA L´ÉCONOMIE ne DOMINE plus La POLITIQUE, LA DÉMOCRATIE PARTICIPATIVE (pas celle de Ségolène) s´accélère.
LES MÉDIAS personnalisent le processus : «Chavez POPULISTE», «DICTATEUR», «IRANien»…
Voici donc la révolution par ceux et celles qui la font, vue et pensée de l´intérieur, LOIN DE L´AFP OU DE REUTERS…
La nouvelle Loi du Travail célébrée en grande pompe par les travailleurs vénézuéliens ce 1er mai 2012 est un vieux rêve devenu réalité au bout d’un débat citoyen
qui a duré près de trois ans. Plus de 19000 propositions ont été remises par toutes sortes d’organisations de travailleurs, syndicats, coordinations, etc.. à la commission présidentielle
chargée d’élaborer le projet. Avec la Constitution Bolivarienne, c’est le texte de loi qui a le plus bénéficié de la participation populaire.
Nous avions rendu compte de ce débat national il y a quelques semaines : “Le Venezuela ouvre le débat pour construire une nouvelle loi du travail“
Résultat : la loi signée le 30 avril 2012 par le président Chavez brise enfin le carcan néo-libéral où les gouvernements antérieurs avaient étouffé les droits
sociaux. Depuis le 2 mai la loi (dont on peut lire ici le texte intégral en espagnol) circule gratuitement sur internet et de main en main, massivement, dans plusieurs journaux. Sauf dans ceux de
l’opposition qui relaient les critiques patronales contre la loi, contre l’égalité homme/femme, contre l’augmentation des indemnités dues aux travailleurs, etc… Des réunions seront organisées
partout dans les mois qui viennent, notamment par les syndicats, pour continuer à faire connaître la loi et pour qu’elle soit un levier de nouvelles transformations.
Points forts : l’égalité entre hommes et femmes ; l’interdiction de la sous-traitance du travail ; les conseils de travailleurs. Ceux-ci ne
substituent pas les syndicats (qui voient leurs prérogatives renforcées par la loi). Leur fonction, bientôt développée par une loi spéciale, est de promouvoir la participation des travailleurs et
de la communauté vivant autour des centres de travail, dans la gestion des entreprises. Ainsi que de lutter contre la spéculation, l’accaparement des produits de première nécessité.
Détail amusant (qui rappelle l’extrême misère de l’information sur le Venezuela en France) : pour occulter le débat citoyen à la base de cette loi, le Monde et
l’AFP n’ont rien trouvé de mieux que de la présenter comme une épreuve de force entre un autocrate et son opposition. Saluons cette nouvelle victoire du droit des lecteurs qu’on “informe” sur une
Loi du travail sans donner la parole à un seul des millions de travailleurs concernés mais en la donnant… au patronat.
Cette loi s’accompagne par ailleurs d’une nouvelle augmentation du salaire minimum, qui en fait le plus élevé d’Amérique Latine. Une augmentation du pouvoir d’achat
protégéee par la baisse continue de l’inflation depuis cinq mois consécutifs (0,8% en avril), par une loi de contrôle des prix pour les produits de première nécessité et l’offre concomitante de
biens bon marché produits par les entreprises nationalisées.
Voici un résumé (non exhaustif) de quelques uns des droits dont jouissent à présent les travailleurs vénézuéliens.
Les indemnités auxquelles aura droit le travailleur lors de la fin ou lors de la rupture d’un contrat seront calculées en fonction du dernier salaire. Le travailleur
y a droit de manière immédiate, tout retard dans le paiement entraînant des intérêts supplémentaires à lui verser. Ce calcul d’indemnités a un effet rétroactif à partir de de juin 1997, date à
laquelle le gouvernement néo-libéral de Rafael Caldera et de Teodoro Petkoff avait modifié la loi au détriment des travailleurs. A présent le patron devra verser pour chaque trimestre et à chaque
travailleur une somme équivalant à 15 jours de salaire. (Art. 141 y 142).
DAVANTAGE DE BÉNÉFICES NON SALARIAUX. La loi crée des avantages nouveaux (non décomptables des cotisations et des épargnes déjà établies en faveur des
travailleurs) : notamment le remboursement de soins médicaux, l’octroi de bourses ou le financement de formations, de spécialisations. (Art. 105)
SANTÉ ET ÉDUCATION GRATUITES PROTÈGENT LE REVENU DU TRAVAILLEUR. (Art. 97)
DURÉE DU TRAVAIL. La durée du travail qui était jusqu’ici de 44 heures (ce qui obligeait à travailler les samedis) se réduit à 40 heures hebdomadaires (Art. 173).
L’idée est d’avancer progressivement vers plus de temps libre (Art. 174)
SIX MOIS DE CONGÉ PRÉ- ET POST-NATAL (six semaines avant l’accouchement et vingt semaines ensuite) (Art. 336 y 338). Les pères auront droit de leur côté à quatorze
jours de congé à partir de la naissance de leur enfant (Art. 339). Les parents sont désormais protégés contre toute forme de licenciement durant deux années à partir de l’accouchement. La loi
prévoit des avantages semblables en cas d’adoption. L’idée est de permettre à l’enfant d’être mieux accueilli, mieux entouré affectivement par ses parents . Des repos quotidiens sont prévus pour
l’allaitement des nourrissons (Art. 335-330-345)
LA SOUS-TRAITANCE DU TRAVAIL EST INTERDITE. Cette pratique s’était étendue à toute l’Amérique latine depuis les années 90 avec la néo-libéralisation du continent. On
estime qu’au Venezuela 1 million 200 mille travailleurs en sont victimes.
RETOUR DE LA DOUBLE INDEMNISATION, comme l’avait annoncé le président Hugo Chávez peu avant la promulgation de la loi. Ce mécanisme vise à sanctionner le patron qui
effectue un licenciement injustifié, et à compenser la perte de l’emploi pour le travailleur en doublant ses indemnités de licenciement (Art. 92)
LE PATRON PAIERA PLUS S’IL LICENCIE. Tandis qu’en Europe les politiques d’ajustement visent à rendre les licenciement moins chers pour le patronat, au Venezuela la
nouvelle loi en élève le coût pour le patron (Art. 92)
QUINZE JOURS D’INDEMNITÉS DE VACANCES, c’est ce que devra payer à présent le patron au travailleur en plus du salaire normal (Art 192).
PLUS DE JOURS FÉRIÉS. La nouvelle loi prévoit quatre jours fériés de plus en faveur des travailleurs (Art. 184).
VACANCES OBLIGATOIRES. Le travailleur devra jouir de ses vacances de manière effective et obligatoire (Art 197).
LE CALCUL DES DIVIDENDES ET AUTRES BÉNÉFICES DE FIN D’ANNÉE DÛS AU TRAVAILLEUR se fera a présent sur la base de trente jours au lieu de quinze. La fourchette va donc
à présent de trente jours minimum à quatre mois maximum de salaires (Art. 131-132). Les organisations syndicales pourront aussi inspecter les comptes de l’entreprise pour déterminer si ce qui est
versé aux travailleurs reflète bien la réalité des bénéfices de l’entreprise (Art. 133-138)
Sanctions légales contre les patrons délinquants, avec DE POSSIBLES PEINES D’EMPRISONNEMENT. Nouveauté introduite par la loi, la détention comme mécanisme de
sanction en cas d’infraction à la loi par un patron. Exemples d’infractions : le refus de réembaucher un travailleur, la violation du droit de grève, le refus d’appliquer ou l’obstruction
aux actes des autorités du Travail. Ces infractions seront sanctionnées par une mesure de détention de six à quinze mois. (Art. 512, 538)
LA FERMETURE D’UN CENTRE DE TRAVAIL sera également cause d’une mesure de détention qui peut aller de six à quinze mois selon le verdict des organes juridiques
compétents de la République. Toute récidive est punie d’une peine augmentée (Art. 539-540)
TRAVAILLEURS FIXES DÈS LE PREMIER MOIS. Les travailleurs de durée indéterminée (comme de durée déterminée, ou à la tâche) seront considérés comme fixes par la loi
dès le premier mois et non à partir de trois mois (en fin de période d’essai) comme auparavant. Dans la loi antérieure le patron pouvait rompre le contrat en payant simplement la valeur de
celui-ci au travailleur ou en s’appuyant sur les causes de licenciement (Art. 87).
ENTREPRISES SOUS CONTRÔLE OUVRIER : c’est le mécanisme établi par la loi pour faire face à la fermeture illégale ou frauduleuse d’entreprises et de centres de
travail. Si le patron ne se soumet pas à l’ordonnance de reprise des activités productives, le Ministère du travail réunira les travailleurs pour former une instance d’administration et réactiver
la production. Dans ce Conseil d’Administration Spécial est prévue la participation du patron. Si celui-ci s’y refuse, le contrôle revient totalement aux travailleurs. La loi prévoit la
possibilité que l’État offre son assistance technique et participe à la gestion à travers les ministères compétents (Art. 149)
CE N’EST QU’APRÈS LE PAIEMENT DES TRAVAILLEURS et quand ceux-ci s’estiment pleinement satisfaits que les tribunaux peuvent désormais procéder à la déclaration de
faillites. Le paiement des salaires est prioritaire par rapport à tout autre engagement de l’entreprise. (Art. 150-151)
CONTRE LE HARCÈLEMENT MORAL AU TRAVAIL ET SEXUEL. La loi interdit tout autant ce harcèlement au travail que sexuel et établit les sanctions. Elle définit le
harcèlement au travail comme la pression constante et la conduite abusive exercée par le patron ou ses représentants ou un travailleur portant atteinte à la dignité ou à l’intégrité
bio-psycho-sociale d’un travailleur. Le harcèlement sexuel est défini comme l’imposition d’une conduite sexuelle non désirée et non demandée, exercée de manière isolée ou de manière répétée par
le patron ou ses représentants contre le travailleur. La norme légale établit à présent que l’État, les travailleurs, leurs organisations sociales, les patrons sont dans l’obligation de
promouvoir des actions qui garantissent la prévention, l’enquête, la sanction, ainsi que la diffusion, le traitement, le suivi et l’appui aux dénonciations de harcèlement. (Art. 164-166)
À 2 jours du second tour de l’élection présidentielle, l’écart se resserre entre Hollande et Sarkozy (avec 52,5% contre 47,5 %).
Un bon fait-divers, pour faire diversion, monté en épingle par le parti de la presse
et de l'argent peut encore influer sur les choix de consommation électorale de cerveaux disponibles (cerveaux chers à une télévision privatisée au prétexte du "mieux-disant
culturel").
Deuxième tour de l’élection présidentielle : prendre l’un pour dégager l’autre !
Communiqué du M’PEP
Le 24 avril 2012.
Le M’PEP appelle tous les citoyens à se rendre aux urnes le 6 mai pour empêcher un deuxième mandat de Sarkozy. Sa défaite n’est pas acquise. Pour autant le M’PEP n’apporte aucun soutien
politique à François Hollande. En effet nous connaissons son orientation socio-libérale et européiste qui ne ressemble en rien à une politique de gauche.
En raison du score réalisé par Marine Le Pen au 1er tour, un succès de Sarkozy accentuerait encore son cousinage avec l’extrême droite xénophobe et liberticide. Une nouvelle vague de
régression sociale déferlerait sur les classes populaires et moyennes. La voie serait alors totalement libre pour les marchés financiers, les grands monopoles et les oligarques européens.
La victoire idéologique des libéraux et du MEDEF serait entière.
Une fois Sarkozy balayé, il sera temps de s’occuper de François Hollande. Arrivé à l’Élysée il ne pourra plus s’arroger le rôle d’opposant privilégié de « gauche » face à la
droite. D’autant que les élections législatives de juin peuvent encore donner les moyens à la vraie gauche de faire entendre une vraie voix de gauche. Rappelons que ce sont les élections
législatives les plus importantes, celles qui donnent le pouvoir réel, ce n’est pas la présidentielle.
Pour empêcher les politiques d’austérité que le PS veut mettre en œuvre, seules de puissantes mobilisations sociales seront efficaces. Le rôle de la vraie gauche et du mouvement social sera
alors de proposer des modes d’organisation collective de résistance et d’action. Le M’PEP agira plus que jamais en faveur de la sortie de l’euro et de l’Union européenne pour restaurer la
souveraineté nationale et monétaire, conditions indispensables pour mener d’authentiques politiques de gauche.
..ceux-là, et toi aussi camarade, nous tous quoi, auront à coeur de soutenir l'équipe de Pierre Carles dans son nouveau projet de film :" DSK, Hollande, etc."
40 000 euros, c'est beaucoup.
40 000 euros, c'est dérisoire pour un film.
40 000 fois 1 euro, c'est plus accessible. Alors, fais passer!
Message personnel : je mets mon maillot Casse-toi pov'con -bientôt inutile- aux enchères.
Le produit sera versé à la presse libre (mon petit doigt me dit qu'elle sera plus qu'utile passée ces élections...)
Garanti avec vraie sueur de vrai travailleur : faites votre offre en commentaire. Et soyez généreux...
Arapède productions et PLPL PRESENTENT :
DSK, Hollande, etc.
Source : http://www.pierrecarles.org/
Un film de Julien Brygo, PierreCarles, Aurore VanOpstal
Montage : Matthieu Parmentier, assisté de Pascal Blondela et Vincent Hanotaux, avec la collaboration de Nina Faure
« DSK, Hollande, etc. » est la dernière version de notre documentaire sur "les médias en campagne électorale" (une 1° version, plus courte,
a été mise en ligne le 19 avril dernier). Objectif : sortir une version intégrale du film à l’automne 2012 et la faire circuler en salles de cinéma, mais aussi par le biais
d’internet, de l’édition dvd... Il nous faut, pour cela, réunir des fonds pour poursuivre le tournage, récupérer de nouvelles archives, reprendre le montage, mixer et étalonner. Nous
avons déjà collecté près de la moitié de la somme nécessaire pour couvrir les premiers frais de fabrication. Nous comptons sur vous pour nous donner les moyens d’aller jusqu’au bout de ce
travail !
L’équipe de « DSK, Hollande, etc. », le 2 mai 2012
« DSK, Hollande, etc. » est une première étape de travail. Nous le réalisons en autoproduction grâce à des amis et à une équipe de
techniciens bénévoles. Le budget d’un tel projet s’élève à 40 000 € mais nous nous ne disposons par encore de cette somme. Votre aide est indispensable !
Faites un don, quelque soit votre budget, vous pouvez donner via le bouton Paypal ci-dessous. Pour les réfractaires de Paypal, vous pouvez envoyer un chèque à l’ordre de
Michel Fiszbin (adresse : Michel Fiszbin, 14 rue Gabriel Richaud, 37500 Chinon). Dernière possibilité : un virement bancaire. Pour cela écrivez à contact@pierrecarles.org
Le film sera disponible en DVD, dans sa version définitive, courant septembre 2012 si tout se passe bien. Pour le commander dès à présent, nous vous invitons à envoyer un
chèque à l’ordre de Michel Fiszbin (14 rue Gabriel Richaud, 37500 Chinon) en précisant votre commande de DVD et votre adresse postale. Nous vous demandons un minimum de 18 euros mais vous
pouvez mettre plus.
Merci pour votre soutien !
Vingt ans après « Juppé forcément »… Hollande évidemment !
Reprise des hostilités
17 avril 2012
Par Olivier Cyran
C’est toujours la même histoire, toujours le même acharnement à faire avaler aux électeurs les fromages de têtes sélectionnés par les médias. En 1995, Alain
Juppé convoitait la mairie de Bordeaux, moyennant quoi les chefferies locales, Sud Ouest et France 3 en tête, émerveillées qu’un si illustre personnage ait jeté son dévolu sur leur
ville, ovationnèrent sa candidature avant même qu’il la déclare. Le tapis rouge déroulé sous les pieds du prince fit l’objet d’un film de Pierre Carles, Juppé forcément, qui continue
de faire les délices des internautes.
Dix-huit ans plus tard, on prend les mêmes et on recommence. Les mêmes, c’est-à-dire leurs décalques du moment : Strauss-Kahn d’abord et Hollande ensuite
dans le rôle de Juppé, les éditorialistes parisiens à la place des bobardiers bordelais. Les mêmes vapeurs d’encens fournies en expertise, la même bouffonnerie courtisane grimée en compétence
journalistique. Et toujours Pierre Carles, flanqué cette fois de Julien Brygo et d’Aurore Van Opstal, pour leur mettre le nez dedans. Souvenez-vous, c’était hier, la France découvrait avec
stupéfaction que le patron du FMI était son socialiste préféré. « Sauveur de l’économie mondiale » selon Libération, et donc sauveur de la gauche hexagonale. Pas
encore postulant à l’Elysée, mais déjà attendu comme le messie.
Un candidat nommé désir
Les permanents des plateaux télévisés dissertaient sur « DSK, un candidat nommé désir ». « Ce n’est pas un sondage, c’est un
plébiscite », frissonnait le « Grand journal » de Canal +, en référence à une étude d’opinion qui promettait au chef banquier un score de président nord-coréen. La messe
était dite, célébrée par la journaille sur la foi de sondages mesurant les effets de son matraquage. Et ce n’est pas Maurice Szafran, le directeur de Marianne, qui dira le contraire
devant la caméra apparemment éteinte – mais toujours bien allumée – de nos trois enquêteurs : « Les éditorialistes sont plutôt de droite, et ils ont estimé que Strauss-Kahn,
c’était une gauche qui leur convenait. »
Mais voilà que, patatras ! éclate l’affaire du Sofitel. La candidature rêvée de DSK se ramasse dans les poils de moquette de sa chambre d’hôtel. Il faut
d’urgence refaire le casting, donner un nouveau visage à la gauche convenable. Tiens, Hollande. Pourquoi pas lui ? Il croupit à 5% dans les sondages, mais c’est un type que les
éditorialistes « connaissent bien », dira Szafran, et dont ils apprécient les blagues de fin de dîner.
Comme Sarkozy, Hollande a soutenu les traités européens de Maastricht et de Lisbonne, approuvé les privatisations, validé la réduction draconienne des déficits
publics, récusé le protectionnisme, sanctifié la croissance, applaudi la réintégration par la France du commandement intégré de l’OTAN. C’est donc l’adversaire parfait de Sarkozy.
Libération, Le Monde, Le Nouvel Observateur, Marianne, Canal +… Le Parti de la presse et de l’argent (PPA) se met en ordre de bataille, à coups de « unes » promotionnelles et
d’éditoriaux de patronage. À l’instar des petits dramaturges de Sud Ouest, qui avaient érigé un énarque déplumé en star du rock’n’roll, les directeurs de l’information nationale vont
bombarder un autre énarque déplumé – mais « de gauche » celui-là, c’est Libération qui le certifie à la « une » – en favori indiscutable du barnum
présidentiel.
Mordre et fuir
C’est sur ces entrefaites que débarque la joyeuse équipe de DSK, Hollande, etc. Grillé comme intervieweur, Carles a laissé à Brygo et Van Opstal le soin
d’entreprendre les têtes de gondole du PPA. C’est l’occasion de passer le relais à une nouvelle génération de flibustiers, pour qu’ils se rodent à mordre et fuir. Bonne nouvelle, la relève
est là. Elle n’est pas de trop pour monter à l’abordage des montgolfières Laurent Joffrin, Jean-Michel Aphatie ou Nicolas Demorand. Séquence déjà culte, celle où le directeur joufflu et tête
à claques de Libération, ulcéré par le toupet de Brygo avouant ne pas être un lecteur fidèle de son journal, braille en boucle, comme un âne devenu chèvre : « Lisez Libé, lisez
Libé, lisez Libé !… »
Mais le pire affront que l’on puisse faire à un homme de médias, c’est de l’identifier au système médiatique. Le trucage du jeu électoral, c’est pas moi, c’est
les autres : cette constante ligne de défense, burlesque de la part des grands chefs de l’information – « Voyez TF1 ! », brame Demorand –, prend un tour plus
poignant chez leurs petits soldats. David Revault d’Allonnes, suiveur du parti socialiste au Monde, admet volontiers que la presse a fait campagne pour Hollande, mais se vexe comme un
pou dès qu’on lui rappelle ses propres tendresses passées pour DSK. Matthieu Ecoiffier, journaliste politique à Libération, reconnaît sans problèmes que les médias ont soutenu
Strauss-Kahn, mais trouve un peu raide qu’on puisse faire le même procès à Libération. Confronté aux pièces à conviction que son coriace visiteur lui colle dans les mains, le malheureux
s’empêtrera dans ses dénégations et finira même par nous arracher quelques larmes. Oui, toujours la même histoire, et le même plaisir à la décortiquer. Dans Juppé forcément, les aînés
bordelais d’Ecoiffier secouaient déjà la tête comme des gamins butés en se défaussant sur leurs collègues. « Je considère qu’on en a fait moins sur Juppé que France 3 »,
expliquait un rédacteur en chef de Sud Ouest.« On l’a couvert comme toute la presse, mais Sud Ouest, beaucoup plus, beaucoup plus ! », assurait un
responsable de France 3.
Presque vingt ans ont passé. On ne sait pas encore si Hollande sera président de la République, mais Juppé, lui, est toujours maire de Bordeaux.
Olivier Cyran
Source : http://www.pierrecarles.org/
Texte paru dans la revue Tête-à-tête, N° 3, Images du pouvoir, Printemps 2012
Pascal Benvenuti (Tête-à-tête) : Pourriez-vous nous parler du film que vous préparez actuellement ?
Pierre Carles : Il s’agit d’un remake de Juppé, forcément…, que j’ai réalisé en 1995 pour Arte [1]. Cette enquête révélait comment la presse – en l’occurrence le journal Sud-Ouest, qui est en situation de monopole à
Bordeaux, et France 3 Aquitaine – fabriquait un élu. En surmédiatisant la candidature d’Alain Juppé à la mairie de Bordeaux bien avant les élections municipales, alors qu’il ne s’était pas
officiellement déclaré candidat, la presse faisait sa campagne.
On peut établir un parallèle avec ce qu’il s’est passé en 2010 et 2011, lorsque Dominique Strauss-Kahn qui n’était pas officiellement candidat à la présidence de la République – il l’était
en réalité, on le sait aujourd’hui, mais faisait lui aussi semblant de ne pas s’être décidé – était le chouchou des grands médias. La majorité de la presse n’arrêtait pas de souligner qu’il
était le mieux à même d’occuper le poste de président de la République. Les patrons de presse ont tellement vu en lui l’homme idéal pour défendre leurs intérêts que leurs journaux n’ont pas
arrêté de donner un écho important aux moindres signes de sa candidature.
C’est ce qu’il s’est passé avec Alain Juppé en 1994 à Bordeaux. À l’époque, il était ministre des affaires étrangères et numéro deux du RPR derrière Jacques Chirac. Ses moindres
allées-venues à Bordeaux donnaient lieu à des reportages. Même scénario avec Strauss-Kahn. Les deux hommes n’étaient pas officiellement déclarés candidats, ne voulaient pas apparaître comme
des hommes politiques ayant des ambitions politiciennes, donnaient l’impression de se sacrifier : « Vous m’appelez, vous avez envie que je me présente, que je sois candidat. Bon,
d’accord, si vous insistez je serai candidat. Je vais me sacrifier, je vais faire don de ma personne ».
Il y a beaucoup de parallèles entre la manière dont la bourgeoisie bordelaise a suscité et soutenu la candidature d’Alain Juppé – sachant que le journal Sud-Ouest est très lié à la
bourgeoisie bordelaise, ce sont des grandes familles de Bordeaux, les Glotin, les Lemoine qui étaient derrière tout cela – et comment, quelques années plus tard, les grands journaux on fait
la campagne de Dominique Strauss-Kahn. La grande bourgeoisie française voulait de lui comme président avant que le scénario ne s’effondre lors de l’affaire du Sofitel de New York. Ce qui est
intéressant, c’est que le candidat de rechange, celui que ces médias ont adopté juste après, a le même profil que Dominique Strauss-Kahn. François Hollande a lui aussi fait Sciences-po et
HEC. C’est une sorte d’échange standard. Lorsqu’il y en a un qui n’est plus en état de marche, ce n’est pas grave, on prend un modèle similaire à la place.
Ce qui m’intéresse, c’est comment les grands médias présélectionnent un homme à leur convenance pour le porter au pouvoir.
TàT : Tout ceci est fait sous couvert d’une prétendue « démocratie participative » par le biais des primaires socialistes organisées en octobre 2011, où, là encore,
les médias avaient déjà désigné leur vainqueur, « le seul capable de battre Nicolas Sarkozy ». Le traitement médiatique a même permis au parti socialiste de sortir grandi du
« succès des primaires ».
P. C. : Peut-être que cela a été un succès, je n’en sais rien. Ce qui est sûr et certain, c’est qu’à partir du moment où Dominique Strauss-Kahn n’était plus en mesure
d’être candidat, François Hollande a bénéficié de la faveur des grands médias. Il correspondait davantage à l’idée qu’ils se faisaient du candidat de « gauche » que, par exemple,
Arnaud Montebourg, même si le positionnement de gauche d’Arnaud Montebourg est probablement opportuniste. En tout cas, ses positions pendant la primaire socialiste étaient moins compatibles
que celles de Hollande avec les intérêts de la grande bourgeoisie française.
Ce qui m’intéresse dans cette affaire – que ce soit en 1995 avec Juppé ou en 2010, 2011, 2012 avec Strauss-Kahn et Hollande – c’est comment les grands médias présélectionnent un homme à
leur convenance pour le porter au pouvoir. Pouvoir municipal dans le cas de Juppé, pouvoir présidentiel avec DSK/ Hollande. Si Hollande n’est pas élu président, ils s’accommoderont de
Nicolas Sarkozy qui a toujours défendu leurs intérêts. Finalement, le choix qu’ils proposent voire imposent aux électeurs, c’est de voter Hollande-Sarkozy, ou d’imaginer à la limite Bayrou.
Mais pas question d’un président de gauche. À trois mois de la présidentielle, ils verrouillent l’élection en proposant ce choix restreint.
La grande arnaque, c’est de faire passer ce duel-là pour un duel gauche-droite alors qu’en réalité c’est surtout un conflit de personnes de droite ou du centre mais pas un affrontement de
programmes politiques. Le choix qui est proposé est celui d’un candidat du centre droit (Hollande) ou d’un candidat de la droite dure (Sarkozy). Or les journaux présentent ça comme un duel
gauche-droite. Là, il y a vraiment une incroyable manipulation.
TàT : Vous parlez de manipulation, mais ce qui est marquant dans Juppé, forcément…, c’est cette apparente bonne foi des journalistes à bien faire leur travail sans aucun parti
pris. Les journalistes ont-ils conscience de ce que vous nommez « manipulation » ?
P. C. : Les journalistes « de base » ont peu conscience de cela. Julien Brygo, qui coréalise DSK, Hollande, etc. a fait un entretien dans les locaux
de Libération avec Matthieu Ecoiffier, l’un des responsables de la « surmédiatisation », – de la propagande, plutôt – pro-Strauss-Kahn puis pro-Hollande dans les pages de ce
journal. Mais alors qu’Ecoiffier a écrit des articles d’une grande complaisance sur ces deux candidats, il nie en bloc. Il semble ne pas avoir du tout conscience du travail qu’il fait. Il
est dans le déni total : « non, ce n’est pas vrai, on a fait notre boulot correctement, on n’a favorisé personne ».
Ce système marche d’autant mieux que les protagonistes n’ont pas conscience des manipulations qu’ils opèrent, des saloperies qu’ils commentent. Enfin, pas tous : les responsables de
l’information, les rédacteurs en chef, les patrons de journaux savent bien, eux, ce qu’ils font. Mais certains journalistes politiques ne s’en rendent pas compte, ils font cela avec une
certaine innocence. C’est tellement naturel pour eux de surmédiatiser les « gros candidats », d’écrire des articles sur leur personne – des articles « people »
donc – qu’ils ne peuvent pas ne pas les imaginer au second tour de l’élection.
Pourquoi ne rapporterions-nous pas les moindres faits et gestes de Dominique Strauss-Kahn ou de François Hollande ? Ces sont des gens connus, c’est normal, non ? Dans ce petit
milieu, on s’auto-intoxique et on finit par intoxiquer le public. C’est une auto-prophétie, c’est-à-dire qu’à force de raconter que cela ne peut se jouer qu’entre ces deux-là, finalement,
les journalistes puis les électeurs finissent par se convaincre que c’est le cas, que les autres candidats n’ont aucune chance. Il n’y a qu’à voir la condescendance avec laquelle les
journalistes interviewent les candidats de gauche, Philippe Poutou, Nathalie Arthaud, ou même Eva Joly. C’est extraordinaire ! D’emblée ils considèrent qu’ils ne sont pas aptes à
devenir président de la République. En ce qui concerne Eva Joly, quand elle n’a pas voulu se mêler des accords électoraux avec le PS, quand elle n’a pas voulu avaliser l’échange de
circonscriptions contre des concessions sur le nucléaire, son comportement a été taxé d’inexpérimenté par les médias. On aurait pu aussi dire qu’elle s’était montrée intègre. Non, ça a été
présenté comme de l’inexpérience de sa part. Idem pour Philippe Poutou du NPA ou de Nathalie Arthaud de LO qu’on traite avec mépris ou condescendance.
Lorsqu’Eva Joly a proposé qu’il n’y ait plus de défilé militaire le 14 juillet, là aussi, les médias ont relayé complaisamment certaines déclarations des hommes politiques de droite mais
aussi de gauche qui trouvaient scandaleux que l’on s’attaque à ce rituel. Il n’est venu à l’idée de personne d’aller voir ce qu’il se passait en Allemagne : les Allemands ne font pas
de défilés militaires. Cela prouve qu’il n’y a rien d’incroyable à ce qu’il n’y en ait pas dans une grande puissance. On cite souvent l’Allemagne comme modèle, comme référence. Mais là,
bizarrement, l’Allemagne n’intéressait plus les journalistes.
Dans une double page de Libération du 9 janvier, on peut lire : « à Jarnac, Hollande grave sa stature dans le marbre » [2]. Les journalistes le comparent à
Mitterrand, ils prétendent qu’il a la même gestuelle. Je suis sûr que l’on prendrait n’importe quel autre candidat et on lui trouverait ce même type de gestes : un candidat qui pointe
le ciel du doigt ou qui serre les poings. C’est n’importe quoi, c’est de la propagande pro-Hollande.
Aujourd’hui, dans le même journal, la une sur Cantona, « Je cherche 500 signatures ». J’aimerais bien voir si le jour où Philippe Poutou n’arrive pas à obtenir 500 signatures, ce
qui est probable, ils écriront en une « Philippe Poutou : je cherche 500 signatures ». Là, ils s’en foutent, ils savent bien que Cantona ne fait pas campagne, mais que pour
se faire entendre, il faut qu’il intervienne dans le cadre de la présidentielle.
TàT : Dans Juppé forcément…, il semble plus ou moins avoué de la part des journalistes qu’il faut des noms connus pour vendre du papier, n’est-ce pas ce qui fausse toute
prétendue objectivité dans l’information ?
P. C. : Oui, il y a une logique commerciale, avec le souci de se démarquer des autres journaux. On est à ce moment-là dans la communication, dans le commerce, on n’est
pas dans l’information. Même si l’information c’est aussi du commerce. Là, cette une avec Cantona, ce n’est que du commerce.
Le dîner du Siècle [3]
comme symbole de la collusion entre les différentes sphères de pouvoir
TàT : Avez-vous le sentiment que la collusion du politique et du médiatique génère une certaine image du politique ?
P. C : L’une des manipulations les plus importantes est de présenter le pouvoir politique comme étant encore le principal lieu de pouvoir, alors que le périmètre de
l’État s’est énormément réduit depuis les débuts de la Ve République. Dans les années 60 ou 70, un président de la République avait plus de pouvoir qu’aujourd’hui.
Dans quelle mesure un patron de multinationale n’est-il pas plus puissant qu’un ministre des transports de nos jours ? On pourrait se poser la question. En se focalisant sur le pouvoir
politique comme lieu principal du pouvoir, on fait diversion. Il faudrait couvrir le pouvoir économique, comme on couvre le pouvoir politique. C’est là que ça se passe, c’est là que des
gens prennent des décisions qui concernent la vie de la majorité de la population. Le pouvoir politique n’est peut-être plus qu’un simple relais du pouvoir économique. Sous le quinquennat
de Sarkozy c’était flagrant… [4]
TàT : Justement, en conclusion de Fin de concession [5], votre idée était de chercher à mettre un peu plus en lumière le dîner du Siècle [6] qui, à la manière du Bilderberg,
réunit presque en catimini les différentes sphères de pouvoir…
P.C. : C’est une combinaison de tous les pouvoirs : médiatiques, politiques, économiques. C’est là que ces puissants accordent leurs violons. Ils pensent à peu
près tous pareil, ils ont développé à peu près la même vision du monde, mais il leur faut parfois se synchroniser, un peu comme des gens synchronisent leurs agendas électroniques.
TàT : Que tirez-vous de ces actions [7] menées durant la tenue des dîners du Siècle ?
P. C. : Cela n’a pas été très probant. Tout récemment, dans la revue Médias [8], David Pujadas a continué de dire les mêmes âneries qu’avant, comme si ça ne lui avait pas
servi de leçon [9]. Il a tout de
même pris conscience, grâce à nous, qu’il n’interviewait pas de la même manière un syndicaliste sur le terrain des luttes sociales et le président de la République qui le convoque au Palais
de l’Élysée. C’est tellement énorme qu’il ne peut pas le nier. Mais on ne peut pas dire que ça l’ait fait douter, que ça l’ait amené à se poser un certain nombre de questions sur son
travail, sur sa fonction, sur son rôle de laquais du pouvoir.
Au Siècle, les journalistes font profil bas aujourd’hui. Je ne crois pas qu’il y ait beaucoup de responsables de l’information qui se vantent aujourd’hui d’aller au Siècle. On leur a fait
honte, ça a servi peut-être à ça mais ça n’a pas changé fondamentalement les choses. Cela ne remplace pas les luttes sociales, l’imposition de nouveaux rapports de forces. C’est le seul
langage qui fait plier les puissants : un rapport de force en leur défaveur.
TàT : Ce qui a semblé compliqué dans cette action, c’est cette tentative de récupération par des groupuscules à la fois d’extrême droite, mais aussi, surtout, des adorateurs de
la théorie du complot, de la « conspiration », qui imaginent le monde comme dirigé par les satanistes, les reptiliens ou les francs-maçons. Comment se positionner face à ces
« amis » dont on se serait bien passé ?
P. C. : On ne peut pas interdire à des gens de venir à des manifestations. On peut se démarquer d’eux en expliquant qu’il n’y a pas besoin de complot pour que le
système fonctionne.
Parfois, il peut y avoir des manipulations qui sont proches du complot, comme l’affaire des couveuses au Koweït pendant la première guerre en Irak. Il y a eu un documentaire qui montrait
qu’une agence de communication avait fabriqué un faux pour tromper les médias et faire accepter à l’opinion publique la guerre en Irak. Il fallait faire passer les Irakiens pour des
monstres, pour des méchants qui voulaient enlever des bébés et, ainsi, justifier la guerre.
Il peut y avoir parfois des complots, mais ils ne sont pas nécessaires. Le simple fait de partager la même vision du monde, de protéger ses intérêts et ceux de sa classe, de constituer la
seule classe sociale conservant une conscience de classe (comme le disent Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot à propos de la haute bourgeoisie française [10]), tout cela suffit, pas besoin de
complot.
TàT : N’est-ce pas délicat pour vous dans la mesure où certains de ces adeptes de la théorie du complot se revendiquent de votre travail, mais aussi de celui de Pierre
Bourdieu ?
P. C. : À chaque fois qu’ils viennent me voir, je les déçois, parce qu’ils s’attendent à ce que je confirme leurs délires. Comme je ne vais pas dans le sens de ce
qu’ils voudraient entendre, ils sont toujours un peu déroutés, déstabilisés, déçus. Mais ce n’est pas grave. On n’est pas là pour faire preuve de démagogie, pour dire aux spectateurs de nos
films ce qu’ils voudraient entendre. Ce n’est pas comme cela que je conçois mon travail. Il y a moins de divergences politiques entre Hollande et Sarkozy qu’entre Hollande et Poutou,
Hollande et Arthaud et même Hollande et Mélenchon.
Forme et fond de la critique du pouvoir par l’image
TàT : Comment votre prochain film va-t-il se présenter de manière formelle ? Opérez-vous des parallèles avec les images que vous aviez pu récolter à l’époque de
Juppé ?
P. C. : On essaiera de diffuser côte à côte Juppé, forcément… et DSK, Hollande, etc. En les mettant en parallèle, on verra à quel point, depuis 1995 et
même avant, les choses n’ont pas changé. C’est une histoire dont on ne tire pas les leçons, qui est d’une certaine manière sans conséquences.
Cela fonctionne toujours pareil : il y a un processus de présélection des candidats par les médias qui ne laissent pas vraiment le choix aux électeurs. On cite toujours l’élection
présidentielle de 1995 et la défaite du candidat des médias, Édouard Balladur, comme contre-exemple, pour nous faire croire que les électeurs ne tiendraient pas compte de l’avis des médias.
C’est faux. En surmédiatisant le duel Balladur-Chirac, les médias on réduit le choix des électeurs à ces deux candidats. Balladur ou Chirac, c’était blanc bonnet ou bonnet blanc vu que les
deux appartenaient au même parti politique. Il ne s’agissait pas d’un combat de programmes politiques mais d’un simple duel de personnalités.
C’est la même chose pour la présidentielle de 2012. On a commenté en permanence le match Hollande-Sarkozy en exagérant les différences de programme entre ces deux-là, pour ne pas laisser
aux électeurs d’autres choix possibles. Or il y a moins de divergences politiques entre Hollande et Sarkozy qu’entre Hollande et Poutou, Hollande et Arthaud et même Hollande et Mélenchon.
Élire Arthaud, Mélenchon ou même Eva Joly à la présidence de la République est présenté comme quelque chose d’impensable. Si besoin est, on fera appel à l’argument du vote utile :
« électeur, attention, si vous ne votez pas pour François Hollande mais pour un autre candidat de gauche, vous risquez d’être responsable de l’arrivée au second tour de Marine Le
Pen ». On se sert de Le Pen comme d’un épouvantail pour, au final, empêcher les électeurs de voter pour de vrais candidats de gauche.
TàT : En apparence, votre travail semble accorder davantage d’importance au fond qu’à la forme. Quelle est votre intention artistique pour ce nouveau film ? Comment le
situez-vous esthétiquement ?
P. C. : Au départ, le projet de revenir sur la même histoire à dix-sept ans d’intervalle a été inspiré par un film de Jean Eustache : La Rosière de
Pessac [11]. Je suis originaire de Bordeaux et
j’ai filmé en 1988 la cérémonie de la Rosière de Pessac, soit dix-neuf ans après Eustache, à la manière de ce dernier. C’est une cérémonie où une jeune femme est élue pour représenter la
ville. Elle est censée être vierge, présenter des garanties de respectabilité, d’honorabilité, etc. Eustache avait filmé la cérémonie en 1968 puis en 1979. Onze ans plus tard, pas
grand-chose avait changé, le rituel se poursuivait, immuable. En fait, c’est la répétition d’un rituel avec quelques petites variations que l’on observait. Avec Juppé, forcément… et
DSK, Hollande, etc. c’est à peu près la même chose. Finalement, le temps s’écoule mais pas tant que ça, les choses ne changent pas vraiment. Il y a beaucoup plus d’invariants que de
bouleversements.
Après, d’un point de vue formel, mon documentaire est très classique. Il prend la forme d’une d’enquête composée à la fois d’archives, d’une analyse de ces archives par des critiques des
médias et de séquences d’interpellation de journalistes responsables de l’information et, par conséquent, de ces manipulations médiatiques. Il y a trois registres d’images dans DSK,
Hollande, etc., comme dans Juppé, forcément…
TàT : Vous dites « classique », mais, en même temps, la forme de vos films est relativement différente du « journalisme d’investigation » que l’on trouve
habituellement dans les grands médias.
P. C. : Non, je ne crois pas que cela soit très différent. Quand on regarde Juppé, forcément… c’est quelque chose d’assez classique. La preuve : c’est
passé sur Arte.
TàT : Oui et c’est vrai que ce n’est pas le seul de vos films à avoir été diffusés à la télévision.
P. C. : Il y a eu les courts que j’ai réalisés pour Strip-Tease [12]. Ils sont passés à la télévision dans les années 90. En revanche, mes longs métrages,
réalisés seuls ou avec d’autres réalisateurs indépendants, n’ont jamais été diffusés sur les chaînes hertziennes, sur le câble ou le satellite. Le seul qui a été diffusé, c’est Choron
dernière [13] sur la chaîne câblée Planète.
Je comptais proposer à la télévision de produire DSK, Hollande etc., mais personne n’en a voulu. La télévision n’a peut-être pas envie de raconter à quel point elle fabrique un
simulacre de démocratie.
Le débat télévisé comme simulacre de démocratie
TàT : Dans un article paru dans le Monde Diplomatique de janvier [14], dont une double page est consacrée à Bourdieu, le sociologue est cité pour parler du rejet des
journalistes à accepter leur objectivation : « J’ai eu la joie d’être attaqué, souvent assez violemment, par tous les journalistes français, parce que ces gens qui se croient
des sujets n’ont pas supporté de découvrir qu’ils étaient des marionnettes ». Pourquoi ces producteurs d’images du pouvoir refusent-ils toute objectivation de leurs
pratiques ?
P. C. : On retrouve cette méfiance dans tous les milieux. Dans le milieu des réalisateurs auquel j’appartiens, on n’apprécierait pas forcément un film qui, nous
objectivant, montrerait que l’on est moins libre que ce que l’on affirme. Lorsqu’on est pris pour objet, on ne réagit pas toujours bien. La différence, c’est que dans le milieu des
journalistes on a la possibilité de dénigrer publiquement ceux qui vous objectivent. C’est ce qu’a fait, par exemple, Daniel Schneidermann avec Pierre Bourdieu. Son émission de télévision a
été objectivée par Bourdieu [15] qui a mis à jour son dispositif de plateau inégalitaire en montrant à quel point il
donnait une prime au point de vue dominant, à ceux qui portaient des idées reçues, et défavorisait ceux qui tentaient d’exposer des idées non-reçues, des points de vue non-orthodoxes,
hérétiques. Schneidermann n’a pas supporté que Bourdieu critique ce dispositif qui apparaissait comme démocratique. Là encore, on est dans cette histoire de simulacre de démocratie.
Effectivement, si l’on donne le même temps de parole aux uns et aux autres, à deux opposants par exemple, on pourrait penser que c’est démocratique du fait de cette apparente équité. En
réalité non. J’ai abordé cette question dans un film intitulé Enfin pris ? [16]
TàT : Vous preniez d’ailleurs référence sur Serge Halimi [17] et Noam Chomsky [18] qui avaient expliqué l’inégalité dans le débat d’idées dans les médias lorsque des personnes
cherchent à exprimer des points de vue non-orthodoxes, qui n’ont pas été matraqués pendant des dizaines de milliers d’heures à la télévision. Même avec un temps de parole égal dans un débat
télévisé, les idées s’opposant à la pensée dominante ont un nombre incalculable d’heures de démonstration de retard, ce qui les met en position d’infériorité avant même le début du
débat.
P. C. : Là encore, on est dans le registre du simulacre de démocratie.
Des outils sociologiques pour une critique des médias
TàT : Vous parliez d’objectivation du travail des journalistes dans Juppé, forcément… Votre dernier film en date, Fin de concession, n’est-il pas une tentative
d’objectivation de votre propre travail, du moins une tentative de réflexivité sur votre pratique cinématographique ?
P. C. : Oui, c’est important de se poser un certain nombre de questions sur nos limites, sur nos faiblesses. C’est ce que j’ai tenté de faire dans Fin de
concession, ce que l’on a fait avec les gens avec qui je travaille, les monteurs, la productrice Annie Gonzalez. Ce regard réflexif n’a pas forcément plu aux spectateurs. Je pense qu’il
faut le faire, c’est important, mais il ne faut pas que ce soient de fausses autocritiques. Pas mal de gens concèdent le minimum pour ne pas avoir à concéder l’essentiel : on fait mine
de se reprocher quelque chose pour ne pas avoir à se reprocher des choses plus graves. Dans les médias, il y a pas mal de gens qui sont coutumiers de ce genre de fausses autocritiques.
TàT : L’exemple le plus flagrant étant certainement celui des émissions sur la télévision à la télévision qui ne critiquent finalement pas grand-chose, elles participent
justement à une sorte d’auto-célébration du travail des uns et des autres. Comment en êtes-vous venu, dans votre parcours, à passer de la sociologie à la critique par
l’image ?
P. C. : J’ai fait de vagues études de sociologie que je n’ai jamais terminées. Et ce n’est pas parce que j’ai fait un film sur Pierre Bourdieu, La Sociologie est un
sport de combat [19], que je suis pour
autant sociologue ou spécialiste en sciences humaines. J’ai intégré une école de journalisme faute d’avoir réussi le concours d’une école de cinéma, la Femis. Je n’avais pas de vocation
particulière à devenir journaliste. En étant dans cette école, à Bordeaux, j’ai pu observer beaucoup de choses. J’avais déjà les outils pour porter un regard critique sur le fonctionnement
de cette école et la conception de l’information qui y était enseignée. Ces observations m’ont permis de développer un regard critique quand je me suis ensuite retrouvé à la télévision, et
de ne pas adhérer à ce qui était demandé tacitement à la plupart des journalistes, c’est-à-dire faire de la communication plutôt que de l’information, être du côté du pouvoir ou du
divertissement plutôt que d’exercer un contre-pouvoir. Mais je n’avais pas de prédispositions particulières à cela.
TàT :Au début des années 90, quand vous avez travaillé à la télévision, vous vous êtes rapidement retrouvé en marge de la production télévisuelle en développant une critique
des médias dans des émissions qui a priori ne s’y prêtaient pas forcément. Est-ce que votre hiérarchie avait connaissance de vos intentions ?
P. C. : À l’époque, il n’y avait pas vraiment d’émission de critique des médias, donc cela ne pouvait être mené que par des francs-tireurs qui essayaient de faire ce
travail seuls dans leur coin, en infiltrant des émissions qui n’étaient pas à l’origine destinées à cela. C’était de la contrebande et je n’avançais pas à visage découvert, je ne disais pas
que j’allais faire un boulot de critique des médias à l’intérieur de ces émissions. Ça n’a pas duré longtemps. À partir de 1994, j’étais déjà grillé dans la plupart des émissions de
télévision susceptibles de diffuser ce travail. Je suis resté cinq ou six ans à la télévision, pas plus.
La production indépendante des images du pouvoir
TàT : Après la télévision, comment est-ce que vous décidez de procéder ?
P. C. : Je n’ai pas vraiment décidé, c’est l’occasion qui a fait le larron. Un de mes sujets qui avait été censuré par Canal +, Pas vu à la télé, est devenu un
long métrage, Pas vu pas pris [20]. Ce long métrage est
sorti en salles et a eu un certain succès. Il nous a permis de monter une société de production pour produire mes films, de même que d’autres films.
L’an dernier, Squat, de Christophe Coello est sorti en salles, produit par Annie Gonzalez et C-P Productions. Cet outil de production est très indépendant, mais nous ne sommes jamais
totalement indépendants. Nous sommes dépendants par exemple du public des salles de cinéma. Si les spectateurs ne viennent pas voir nos films, on a du mal à faire d’autres films. Nous sommes
indépendants de la télévision et relativement indépendants des institutions, même si parfois il y a des financements institutionnels, notamment des régions ou du Centre National du Cinéma.
Mais ce n’est pas fondamental. Nous avons créé cet outil de production avec une quinzaine de personnes, techniciens, collaborateurs, etc. qui avaient pratiquement tous travaillé sur Pas
vu pas pris. Par contre, le nouveau film sur lequel je travaille actuellement se fait en autoproduction. C’est un moyen métrage, donc il est impossible de le sortir en salle. Je le fais
avec Julien Brygo, un jeune journaliste très talentueux qui collabore au Monde Diplomatique et Aurore Van Opstal, une jeune journaliste belge très culottée.
TàT : Ce film ne va donc sortir que sur support DVD ?
P. C. : Oui, mais on va surtout le diffuser sur internet à partir du 15 avril si tout se passe bien. On va demander aux internautes et aux spectateurs qui l’auront vu
sur internet, de le financer après coup, soit en achetant le DVD, soit en faisant un don.
Ce film n’aurait pas pu voir le jour si, les uns et les autres, nous n’avions pas mis notre travail en participation. La télévision n’avait aucune envie de le produire, le cinéma ne pouvait
pas, donc, si ça vous intéresse, si vous voulez voir d’autres documentaires de ce type, il faudra les financer d’une manière ou d’une autre. C’est la première fois que nous allons mettre un
de nos films en libre diffusion sur internet. À terme, l’ensemble de mon travail y sera visible. C’est quelque chose qui est en construction.
TàT : En quoi la mise à disposition gratuite vous intéresse-t-elle ?
P. C. : Le principe m’intéresse à condition qu’il génère des ressources pour fabriquer des films. Il ne faut pas croire qu’on peut faire les choses gratuitement, elles
ont un prix. Pour l’instant, Sony ne donne pas de caméras, les bancs de montage ne sont pas gratuits, travailler à la réalisation de films est un travail à plein temps qui demande un certain
nombre de moyens. On ne peut pas faire ça bénévolement à moins de risquer de faire des films de mauvaise qualité. Le principe du bénévolat peut marcher une fois, mais il n’est pas viable à
long terme.
Mes derniers films n’ont pas marché suffisamment pour générer des recettes ou en tout cas déclencher des financements automatiques de la part du CNC qui permettraient de démarrer d’autres films
de manière autonome. Avec C-P Productions, nous sommes dans une situation délicate du fait de l’insuccès des deux derniers films produits par la société, Fin de concession et
Squat. Le modèle économique que l’on avait constitué à l’époque de Pas vu pas pris arrive peut-être à son terme.
TàT : Est-ce qu’un film comme celui-ci a un budget comparable à celui d’un film « classique » ?
P. C. : C’est du travail, du montage, du tournage, du repérage, de la documentation, mais non, ce n’est pas comparable. Si on voulait le faire correctement, il nous
faudrait au moins 70 000 euros. Ça nous permettrait de payer tout le monde. Là, on va le faire à l’arrache, chacun amène ce qu’il peut. Ce genre de films pas vraiment désirés par le système
n’a pas d’autre possibilité d’être produit autrement qu’en autoproduction.
TàT : Ce fonctionnement vous convient-il ou est-ce un choix par défaut ?
P. C. : Non, ça ne me convient pas. Quand on est en situation fragile, économiquement parlant, on peut difficilement se consacrer à un film. Ce n’est pas une situation
idéale.
TàT : Vous avez suivi la logique inverse, puisque vous vous êtes complétement grillé à la télévision et vous retrouvez dans une situation de plus en plus incertaine…
P. C. : Oui, c’est le prix à payer.
Propos recueillis par Pascal Benvenuti, né en 1980, doctorant en sociologie au CERLIS sous la direction d’Alain Quemin. Il est spécialisé en sociologie de l’art et sociologie de la culture. Musicien, il s’occupe également
d’une petite maison de disques indépendante, Et mon cul c’est du tofu ?
[2] Laure Breton, « À Jarnac, Hollande grave sa stature dans le marbre », Libération, 9
janvier 2012.
[3] Le Siècle est un club privé réunissant les élites des différentes sphères de pouvoir (politique,
économique et journalistique). Ses membres se réunissent une fois par mois pour un dîner à l’automobile club de France, situé sur la place de Concorde à Paris.
[4] Cf. Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Le Président des riches : enquête sur l’oligarchie
dans la France de Nicolas Sarkozy, Paris, Zones, 2010.
[5] Pierre Carles, Fin de concession (128’, 2010).
[6] François Denors, Paul Lagneau-Ymonet et Sylvain Thine, « Aux dîners du Siècle, l’élite du pouvoir se
restaure », Le Monde Diplomatique, février 2011.
[7] De septembre 2010 à janvier 2011, Michel Fiszbin et Pierre Carles ont organisé des rassemblements
sauvages lors de la tenue des dîners du Siècle afin de protester contre la présence de journalistes dans ce club.
[8] Emmanuelle Duverger et Robert Ménard, « David Pujadas : Notre problème ? Le
panurgisme… », Médias, n° 31, hiver 2011.
[9] Le 30 juin 2010, David Pujadas s’est vu remettre « la laisse d’or du journaliste le plus
servile » par le journal Le Plan B. On retrouve cette « cérémonie » dans le film Fin de concession.
[10] Voir Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, Les ghettos du gotha : comment la bourgeoisie
défend ses espaces, Payot, Paris, 2009, mais aussi Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, « Sur la piste des nantis », Le Monde Diplomatique, septembre 2001.
[11] Jean Eustache, La Rosière de Pessac (60’/67’, 1968 et 1979).
[12] Pierre Carles a réalisé une dizaine de documentaires pour l’émission belge « Strip-Tease »
dont Pas de calmants pour Jeanne (1996) et Le désarroi esthétique (1996).
[13] Pierre Carles et Eric Martin, Choron dernière (104’, 2009).
[14] Pierre Rimbert, « À cent contre un », Le Monde Diplomatique, Janvier 2012.
[15] Pierre Bourdieu, « Analyse d’un passage à l’antenne », Le Monde Diplomatique, avril
1996.
[17] En référence au livre de Paul Nizan, Les chiens de garde, Rieder, Paris, 1932, voir le livre de
Serge Halimi, Les Nouveaux chiens de garde, Liber-Raisons d’agir, Paris, 2005. Gilles Balbastre et Yannick Kergoat en ont réalisé une adaptation en film, sortie dans les salles en
janvier 2012.
[18] Noam Chomsky et Edward Herman, La Fabrication du consentement. De la propagande médiatique en
démocratie, Agone, 2008.
[19] Pierre Carles, La sociologie est un sport de combat (146’, 2001).