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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

12 Mars 2015

LuxLeaks : Edward Snowden soutient Antoine Deltour

LuxLeaks : Edward Snowden soutient Antoine Deltour

Edward Snowden mais aussi Eva Joly, le citoyen Denis Robert, Thomas Piketty... soutiennent Antoine Deltour.

Il y a même (un moment d'égarement?) un sénateur UMP... qu'il soit salué.

Alors, évidemment, ce n'est pas encore le Grand Soir.

Mais juste peut-être cette idée toute bête, mais pas si évidente pour tout le monde, que ce n'est plus aux délinquants d'écrire la loi.

Qu'on ne peut pas transformer une victime en coupable.

Et, soyons fous, peut-être aussi cette idée étrange qui veut que « La libre communication des pensées et des opinions (et des informationsà soit un des droits les plus précieux de l’Homme"...

Ce qui suit, même si cela réconforte, ne doit évidemment pas nous faire oublier que les

vrais criminels courent toujours ni que le brillant luxembourgeois Jean-Claude JUNCKER préside aux destinées de notre si chère Union européenne ...

Nous soutenons Antoine Deltour

Tribune publiée dans Libération le 10 mars 2015 par :
  • Daniel Cohn-Bendit, homme politique, ex-député européen (EELV)

  • Hervé Falciani, lanceur d'alerte (SwissLeaks)

  • Yann Galut, député (PS)

  • Stéphanie Gibaud, lanceuse d'alerte (UBS)

  • Eva Joly, députée européenne (EELV)

  • Benoît Majerus, professeur à l’Université du Luxembourg

  • Cédric Perrin, sénateur (UMP)

  • Thomas Piketty, économiste

  • Denis Robert, journaliste et écrivain

  • Edward Snowden, lanceur d'alerte (NSA)

Nous soutenons Antoine Deltour, poursuivi par les autorités luxembourgeoises pour avoir transmis, à un journaliste, des accords fiscaux confidentiels signés par les services fiscaux du Grand-duché.
Alors qu’il était employé d’un grand cabinet d’audit international, Antoine Deltour a découvert un système d’évitement fiscal agressif approuvé par l’État luxembourgeois. Sous un vernis de légalité, les pratiques mises en œuvre exploitent les failles du cadre actuel pour soustraire des sommes abyssales aux recettes fiscales de certains États, au détriment des citoyens.
Personne discrète et modérée, employé efficace et apprécié de sa hiérarchie, Antoine Deltour n’a pas cherché à stigmatiser son ancien employeur ou le Grand-duché du Luxembourg, mais à dénoncer une injustice systémique. Il a agi de manière désintéressée –et risque aujourd’hui jusqu’à 5 ans de prison et 1 250 000€ d’amende– dans le seul but d’éclairer le débat public sur ces pratiques fiscales iniques.
Ces révélations ont profondément modifié le débat sur la fiscalité internationale. Très rapidement, les ministres des finances d’Allemagne, de France et d’Italie ont écrit à la Commission Européenne afin qu'elle prenne d’urgence des mesures. En décembre dernier, Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires économiques et financières déclarait que les Luxleaks créaient « une opportunité et une responsabilité politique pour être à la tâche dès maintenant en matière d'harmonisation fiscale ». La Commission européenne a ainsi fait de la lutte contre la fraude et l'évasion fiscales une priorité politique absolue, et proposera en mars un paquet de mesures sur la transparence fiscale. D’autre part, le Parlement européen a approuvé le 12 février dernier la création d’une Commission Spéciale suite à l’affaire LuxLeaks. Si cette commission n’a pas les pouvoirs étendus de la Commission d’Enquête initialement proposée par quelque deux-cent parlementaires européens, elle en garde le mandat et permettra à quarante-cinq parlementaires d’enquêter durant six mois sur d’éventuelles violations du droit fiscal Européen.

Ces conséquences politiques montrent que la divulgation des documents de LuxLeaks relève manifestement de l’intérêt public. Nous félicitons Antoine Deltour d’avoir eu le courage de donner l’alerte, de manière désintéressée. Par cette tribune, nous déclarons que les poursuites dont fait l'objet Antoine Deltour sont politiquement injustes et éthiquement inacceptables, car celui-ci n'a agit qu'en citoyen responsable et a grandement rendu service à l'intérêt général des peuples européens.

LuxLeaks : Edward Snowden soutient Antoine Deltour

Publié par Frédéric Maurin à 01:41am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #edward snowden , #fiscalité , #démocratie , #luxleaks , #denis robert , #banque , #boycott , #hsbc

10 Mars 2015

Monnaie unique, pensée unique et...contrat unique ?

29 mai 2005 : Ensemble, ils plaidaient pour les bienfaits "du projet européen". 10 ans plus tard, ils continuent...
29 mai 2005 : Ensemble, ils plaidaient pour les bienfaits "du projet européen". 10 ans plus tard, ils continuent...

En Mai 2012, il fallait virer Sarkozy tant au vu de son bilan, de sa pratique, qu'au vu de son projet .

Mais il fallait rompre avec son programme également...

Or, ce qui suit nous montre que ce n'est pas le cas.
Car l'après-loi Macron est en marche et l'Union Européenne y veille...

Pour François Hollande, le contrat unique « pourrait être une formule »

Source : Ruptures
Interrogé par un panel de lecteurs du Parisien le 4 mars, François Hollande a évoqué le « contrat unique », indiquant simplement : « ça pourrait être une formule ». L’idée était tellement géniale que Nicolas Sarkozy en fit l’une des propositions de son programme en 2007, à la grande satisfaction du Medef. Jusqu’à présent, les dirigeants du PS n’avaient, en revanche, pas fait chorus.

...la suite ci-dessous sur Ruptures qui, je le souhaite, contribuera à sortir du débat interdit :

Publié par Frédéric Maurin à 22:29pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #ruptures , #ps , #hollande , #ue , #travail , #chômage , #sarkozy , #ump

9 Mars 2015

Vive le Dimanche libre !

Vive le Dimanche libre !

Ci-dessous un communiqué du Collectif des Amis du Dimanche (CAD).

En attendant des jours meilleurs, soit le 9 avril prochain, ce collectif met à disposition une pétition qui, agrémentée de votre commentaire personnel, sera adressée aux parlementaires de votre département

(si,si, les départements - en attendant les euro-régions en compétition- existent encore!).

COMMUNIQUE DU CAD
Le CAD a combattu, autant que ses moyens le lui permettent, un projet reniant orthogonalement la parole du Président de la République ainsi que du Parti Socialiste, et poursuivant scrupuleusement le travail de déconstruction sociale engagé sous la législature précedente.
Collectif citoyen, le CAD est atterré de cette démonétarisation de la parole politique, qui a fait dans l'histoire le lit de tous les extrêmes.
Au lieu de songer aux mesures propres à endiguer la production d'environ 30.000 nouveaux chômeurs par mois, propres à inverser la courbe du chômage, le ministre de l'Economie a choisi de rester crispé sur un catalogue de mesures disparates, sans autres conséquences qu'un recul social en matière de droit du travail, et tellement peu crédible globalement qu'il a dû être imposé par la violence d'un article 49.3.
Même si nous saluons son engagement personnel, M. Macron est resté inflexible face à sa propre majorité. Inflexible face aux courants réalistes du PS. Inflexible face à la Mairie de Paris. Mais surtout inflexible face aux salariés dont 82% de ceux qui travaillent le dimanche disent qu'ils le vivent comme une contrainte, et qui pour 40%, de ce fait, sont confrontés à des difficultés de couple ou de famille (rapport Reynié 2009).
Le Ministre de l'Economie n'a pas craint, empruntant à M.Attali, pourtant non-élu, de mélanger de idées inabouties, sans rapport entre elles et ne dépendant même pas toutes de son ministère, pour les faire discuter dans des séances marathon, et les imposer à un Parlement sous saturation. En matière commerciale, cela s'appelle de la vente forcée. C'est illégal.
En matière d'emploi, le CAD avait publiquement défié M. Macron, ainsi que Mr Gattaz, de démontrer que la dérégulation dominical créait UN SEUL emploi net : ce défi n'a jamais été relevé.
La grande distribution a déjà prévenu que la dérégulation du dimanche ne créant aucune croissance, elle n'entendait créer aucun emploi. Les grands magasins du boulevard Haussmann, dont la hausse de chiffre d'affaire est estimée à 10%, pourraient au mieux créer 2000 emplois. Mais combien de boutiques devront fermer, du fait de cette concurrence déloyale ? Combien d'autres vont devoir fermer aux Halles, sur lequel Unibail-Rodamco, par la voix de son PDG, réclame déjà la création d'une ZTI ?
Le CAD ne peut que prendre acte de cette nouvelle marche, forcée, vers l'établissement d'un monde toujours plus marchandisé, expression ultime des courants de pensée ultra-libéraux, et de politiques coupés du Peuple.
Mais pour sa part, le CAD continuera à défendre avec détermination, et avec tous les français de bonne volonté, cette liberté dominicale et sociale qu'est le repos hebdomadaire.
Paris, le 17 février 2015 à 17:15.
Jean DIONNOT, Président
Hélène BODENEZ, Vice président
Etienne NEUVILLE, Secrétaire Général

Publié par Frédéric Maurin à 21:54pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #hollande , #macron , #dimanche , #travail , #ps , #chômage , #cgt , #grève , #boycott , #gattaz

8 Mars 2015

8 mars : journée de la Marine

Charb, assassiné le 7 janvier 2015
Charb, assassiné le 7 janvier 2015

Il m'est difficile de parler de la journée de la femme sans évoquer ce que la droitisation de la société française lui réserve...

sans même parler de la fascislamisation en cours dans le champ d'à côté.

Donc, 8 mars, Journée de la femme, à titre exceptionnel, la parole à Marine Le Pen :

Bon dimanche à toutes.

Publié par Frédéric Maurin à 11:19am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #front national , #journée de la femme

5 Mars 2015

29 mai 2015 : pour une presse de Ruptures

Abonnez-vous, sinon voila ce qui arrive...
Abonnez-vous, sinon voila ce qui arrive...

Depuis décembre 2000, Bastille-République-Nations (BRN) propose informations et analyses sous un jour "progressiste et radicalement eurocritique", comme il se définit.

A compter du 29 mai 2015, BRN deviendra le magazine Ruptures, un titre qui ne pouvait évidemment (me) laisser indifférent.

Remarquez, sous le nom de BRN, cela méritait déjà toute notre attention. En étant nécessairement réducteur, on peut remarquer qu'on y parlait dejà grec et même Plan B, bien avant l'effet Syriza.
On savait également s'y adresser aux syndicalistes sans entonner l'hymne à la joie de l'austérité: Adresse aux syndicalistes

Le site de lancement de Ruptures promet la même chose... mais en mieux:

"Ruptures restera fidèle à l’esprit fondateur de BRN : d’abord de l’information qu’on ne trouve pas ailleurs ; ensuite une rupture assumée avec la "bien-pensance" sur laquelle s’appuie l’ordre dominant ; enfin, une ligne éditoriale organisée autour de la reconquête du progrès sous toutes ses formes."

Ouille, cela va pas être tranquille, çà !
On peut même penser qu'il s'agira d'un outil important pour contrecarrer la guerre idéologique et sortir des médias de m....

A ce titre, comme il ne s'agit ni d'un sac à pub ni de la danseuse d'un groupe financier, il faudra effectivement s'y abonner

-> -> ->

Publié par Frédéric Maurin à 22:14pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #BRN , #bastille République Nations , #Union européenne , #ue , #euro , #démocratie , #gauche , #presse libre , #souveraineté nationale , #ruptures

28 Février 2015

Avis de grève le jeudi 9 avril 2015

Même les non grévistes sont concernés et invités ! Merci à toi, Charb, de le rappeler...
Même les non grévistes sont concernés et invités ! Merci à toi, Charb, de le rappeler...

Et, pour ce qui me concerne, pour les mêmes raisons que l'année dernière...

Mais, après, c'est vous qui voyez...

Et même si depuis de l'eau et du 49.3, ont coulé sous les ponts, non... je n'ai pas changé car rien n'a changé, si ce n'est en pire.

En attendant cette belle journée, encore un jeudi, un peu d'histoire...

Publié par Frédéric Maurin à 13:31pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #grève , #cgt , #chômage , #austérité , #09 avril 2015 , #pacte de responsabilité , #49.3 , #macron , #pcf , #front de gauche

26 Février 2015

Daech, une chance pour le monde arabe ?

Stéphane Charbonnier, dit Charb, assassiné le 7 janvier 2015
Stéphane Charbonnier, dit Charb, assassiné le 7 janvier 2015
Une chance vraiment ?
Posée comme cela, après la tuerie de Charlie, la question fait mal.
Mais c'est une question d'espoir que l'article ci-dessus, écrit en novembre dernier, pose.
En versant un peu dans l'anachronisme :

"Le bouillonnement actuel du monde arabe est à comparer à celui de la Révolution française. Celle-ci avait commencé par le rejet du statu quo. Au départ, elle était dirigée contre Marie-Antoinette et, à la fin, elle aboutit à la chute des instances religieuses et à la proclamation de la république. Ce à quoi nous assistons dans le monde musulman est un mouvement de fond pour changer de cadre intellectuel, et pas simplement de président. Et pour cela des années de lutte seront nécessaires. "

...mais, écrit depuis Beyrouth, cela fait du bien. On ne demande qu'à y croire.
L'histoire ne repasse pas les plats mais, après tout, c'est aussi après 4 années de gouvernement d'extrême-droite en France que sont revenus les jours heureux et l'application, toujours à construire, du programme du Conseil National de la Résistance.

Alors oui, Daech peut-être une chance pour le monde musulman, car là où croît (du verbe croître) l'athéisme, la laïcité avancera.

"Pour cela des années de lutte" seront effectivement nécessaires pour renvoyer le fascislamisme dans les poubelles de l'histoire dont il n'aurait jamais du sortir.

Soit encore beaucoup d'Houri, pardon, de raisins blancs,en perspective...

Publié par Frédéric Maurin à 21:48pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #charlie , #islam , #fascislamiste , #houri , #muhammad , #charlie hebdo , #daech , #islamisme

26 Février 2015

27 assassins encore en liberté

Stéphane Charbonnier, dit Charb, assassiné le 7 janvier 2015
Stéphane Charbonnier, dit Charb, assassiné le 7 janvier 2015

Oui, 27 assassins de l'espérance.

27, soit le nombre de gouvernements qui composent, hors Grèce composent l’Union européenne.

27 assassins fidèles à leur principe : si l'austérité pour les prolos ne marche pas, c'est qu'il faut encore plus d'austérité.

C'est sur le dernier Monde diplomatique...

Soutenir la Grèce

Appuyée par la plupart des capitales européennes, l’Allemagne n’accepte pas l’arrivée au pouvoir à Athènes d’un gouvernement de gauche déterminé à appliquer son programme. Elle prétend tirer argument de sa domination économique et financière pour contraindre la Grèce à tenir le cap d’une politique d’austérité qui l’a ruinée.
par Serge Halimi, mars 2015
Les Grecs n’ont pas besoin qu’on leur explique la signification du terme « démocratie ». Pourtant, les leçons pleuvent sur leurs têtes depuis qu’ils ont porté au pouvoir une force de gauche déterminée à tourner le dos aux politiques d’austérité qui depuis six ans les tourmentent. Les admonestations leur sont dispensées d’autant plus copieusement que les maîtres d’école savent de quoi ils parlent. Eux qui ont imposé des traités rejetés par le suffrage populaire et renié leurs engagements de campagne sitôt leur élection acquise. Désormais, une épreuve de force les oppose à ceux qui veulent tenir ce qu’ils ont promis, et à quoi ils croient. Elle sera d’autant plus rude que ces derniers pourraient diffuser à des tiers, jusqu’alors résignés à leur impuissance, des idées menaçantes pour l’ordre social. Au-delà du sort de la Grèce, cet affrontement engage le destin de la démocratie européenne (1).
Sitôt connue la victoire de Syriza, chacun semblait s’être donné le mot sur le Vieux Continent. Sur un mode arrogant, Berlin mais aussi Madrid, La Haye, Lisbonne et Helsinki expliquèrent que l’alternance à Athènes ne changeait rien, puisque la politique rejetée par les Grecs devrait être poursuivie sans aucune modification. Sur un ton plus doucereux, on susurrait la même chose à Rome, Bruxelles et Paris : « Il faut, estima par exemple le ministre des affaires étrangères français Laurent Fabius, concilier le respect du vote par l’électeur et le respect des engagements de la Grèce en matière de réformes. » Mais tous les gouvernements de l’Union européenne semblent ne se soucier que du second terme de l’équation. Et s’offusquer quand M. Alexis Tsipras insiste pour rappeler le premier.
Le mérite de Syriza est immense. Pas seulement parce que son choix l’amène à réhabiliter des termes devenus aussi insolites dans la vie démocratique que « souveraineté », « dignité », « fierté », « espoir ». Mais aussi parce que les instruments destinés à garrotter la volonté d’une Grèce indocile sont exhibés aux yeux de tous. Faute d’un accord avec ses partenaires européens et avec le Fonds monétaire international (FMI), le pays risque de se retrouver à court d’argent. Ses options les plus évidentes ne seraient alors guère enviables : quitter la zone euro, emprunter à des taux prohibitifs auprès des marchés financiers.
M. Tsipras l’a compris : on attend de lui qu’il capitule. Car tant qu’il se cabre, tant qu’il mobilise l’enthousiasme de sa population, il défie un ordre économique et sa camisole de force, il chamboule les usages politiques les mieux installés. Après tout, M. François Hollande n’a pas eu besoin de plus de vingt-quatre heures pour se rendre à Berlin et piétiner ses promesses de campagne — la renégociation du pacte de stabilité européen, le combat contre son « véritable adversaire », la finance — et endosser sans broncher la politique de son prédécesseur.
Moins de dix jours après la victoire de Syriza, les banquiers centraux de la zone euro envoyaient leur première salve punitive en privant subitement les banques grecques de leur principal canal de financement. C’était un moyen pour eux d’obliger Athènes à négocier dans l’urgence un accord avec ses créanciers, essentiellement les Etats européens et le FMI, et à reprendre le programme d’austérité là où le précédent gouvernement l’avait laissé. M. Hollande jugea aussitôt « légitime » le coup de force de la Banque centrale européenne (BCE). Tout comme le premier ministre italien, M. Matteo Renzi. Si l’on ne sait jamais très précisément où se trouve le président français, du moins comprend-on désormais où il ne se situe pas : avec le peuple grec.
Pendant que le garrot européen se resserre, que les marchés financiers accentuent leur pression sur le gouvernement d’Athènes, les termes du jeu deviennent terriblement clairs. La Grèce est soumise à un diktat. En échange des financements dont elle a besoin, on exige qu’elle entérine sur-le-champ une avalanche d’exigences dogmatiques et inefficaces, toutes contraires au programme de son gouvernement : réduire une fois de plus les retraites et les salaires, augmenter encore le taux de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA), engager la privatisation de quatorze aéroports, affaiblir davantage le pouvoir de négociation des syndicats, affecter des excédents budgétaires croissants au remboursement de ses créanciers alors même que la détresse sociale de son peuple est immense. « Les ministres [de l’Eurogroupe], a précisé M. Pierre Moscovici, commissaire européen aux affaires économiques, étaient tous d’accord sur le fait qu’il n’existe pas d’alternative à la demande d’une extension du programme actuel. » Avant de répéter le célèbre slogan de Margaret Thatcher, M. Moscovici, se souvenant peut-être qu’il était membre d’un parti socialiste, avait néanmoins tenu à préciser : « Ce que nous voulons, c’est aider le peuple grec » (2). L’aider, mais en lui interdisant de dévier de la politique d’austérité qui l’a ruiné.
La Grèce, fait savoir son ministre des finances Yanis Varoufakis, est « déterminée à ne pas être traitée comme une colonie de la dette dont le destin est de souffrir (3) ». L’enjeu en cause dépasse ainsi celui du droit d’un peuple à choisir son destin, y compris quand un arbitre des élégances démocratiques aussi délicat que le ministre des finances allemand, M. Wolfgang Schäuble, estime qu’il « a élu un gouvernement qui agit de manière un peu irresponsable (4) » Car la question posée porte aussi sur la possibilité pour un Etat de s’extraire de stratégies destructrices, au lieu de devoir les durcir chaque fois qu’elles échouent.
Vingt-sept assassins de l’espérance
Depuis que les institutions européennes ont jeté leur dévolu sur la Grèce et soumis l’économie la plus déprimée de l’Union à la politique d’austérité la plus draconienne, de quel bilan peuvent-elles se prévaloir ? Celui qu’on pouvait attendre et qui fut d’ailleurs annoncé : une dette qui ne cesse d’enfler, un pouvoir d’achat qui s’effondre, une croissance atone, un taux de chômage qui s’envole, un état sanitaire dégradé. Mais peu importe, le Gramophone européen ne cesse de répéter : « La Grèce doit respecter ses engagements ! » (lire « Dette publique, un siècle de bras de fer »). Sclérosée dans ses certitudes, la sainte alliance refuse même d’entendre le président des Etats-Unis quand il explique, encouragé dans son analyse par une armada d’économistes et d’historiens : « On ne peut pas continuer à pressurer des pays en dépression. A un moment donné, il faut une stratégie de croissance pour pouvoir rembourser ses dettes (5). »
L’effondrement économique que la Grèce a subi depuis six ans est comparable à celui que quatre ans de destructions militaires et une occupation étrangère avaient infligé à la France pendant la première guerre mondiale (6). On comprend alors que le gouvernement de M. Tsipras bénéficie dans son pays, y compris à droite, d’un énorme appui populaire quand il refuse de prolonger une politique aussi destructrice. Et de se résigner à survivre « comme un drogué qui attend sa prochaine dose (7) ». Hélas, Syriza compte moins d’appuis ailleurs. Un peu à la manière du roman d’Agatha Christie Le Crime de l’Orient-Express, enquêter sur les assassins potentiels de l’espérance grecque obligerait à interroger la totalité des gouvernements européens. Et d’abord l’Allemagne : les règles disciplinaires qui ont échoué sont les siennes ; elle entend écraser les peuples qui renâclent à les subir indéfiniment, surtout quand ils sont méditerranéens (8). Avec l’Espagne, le Portugal, l’Irlande, le mobile du crime est encore plus sordide. Les populations de ces Etats auraient en effet intérêt à ce que la main de fer de l’austérité cesse enfin de les broyer. Mais leurs gouvernements ont peur, en particulier quand chez eux une force de gauche les menace, qu’un Etat ne démontre enfin qu’on peut refuser d’emprunter « un chemin balisé, un chemin connu, un chemin connu des marchés, comme des institutions et de l’ensemble des autorités européennes », celui dont M. Michel Sapin, ministre des finances français, continue de prétendre qu’on doit « l’explorer jusqu’au bout » (9). Or une éventuelle échappée belle d’Athènes démontrerait que tous ces gouvernements se sont fourvoyés en faisant souffrir leur peuple.
Chacun sait en effet qu’à moins de parvenir à « tirer du sang à une pierre », la dette grecque ne sera jamais remboursée. Comment ne pas comprendre également que la stratégie économique de Syriza consistant à financer des dépenses sociales urgentes grâce à une lutte contre la fraude fiscale pourrait enfin s’appuyer sur une jeune force politique, populaire, déterminée, issue des mouvements sociaux, dégagée des compromissions du passé. A défaut d’être « balisée », la voie est donc tracée. Et l’avenir fait penser à ce qu’écrivait la philosophe Simone Weil à propos des grèves ouvrières de juin 1936 en France : « Nul ne sait comment les choses tourneront. (…) Mais aucune crainte n’efface la joie de voir ceux qui toujours, par définition, courbent la tête la redresser. (…) Ils ont enfin fait sentir à leurs maîtres qu’ils existent. (…) Quoi qu’il puisse arriver par la suite, on aura toujours eu ça. Enfin, pour la première fois, et pour toujours, il flottera autour de ces lourdes machines d’autres souvenirs que le silence, la contrainte, la soumission (10). »

Le combat des Grecs est universel. Il ne suffit plus que nos vœux l’accompagnent. La solidarité qu’il mérite doit s’exprimer en actes.

Le temps est compté.

(NDLR: Oui. Attendre 201 ou se mettre en grève tout de suite ?).

Publié par Frédéric Maurin à 07:12am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #grèce , #austérité , #Union européenne , #ue , #le monde diplomatique , #syriza , #charb

24 Février 2015

Fakir cause avec la CGT

Fakir cause avec la CGT

Et comme en plus cela s'est passé à Grenoble, j'ai même acheté leur dernière livraison...

Emploi contre environnement : refusez le chantage !

Dans notre boite mail, on a reçu cette invitation de Patrick Bernard :

« Nous désirons réaliser à Grenoble un débat avec pour titre « La décroissance est-elle la solution ? »

Nous espérons faire grandir l'idée que nous avons besoin d'une mutation dans la CGT sur notre rapport à la productivité, bien sûr avec une réponse aux besoins sociaux mais réalisée dans un cadre écologique en coupure radicale avec le Capitalisme.

Nous devrions avoir la présence du nouveau maire de Grenoble Eric Piolle, ainsi que celle de Philippe Martinez, le secrétaire général de la fédération métallurgie. »

Enfin !

Car à Gardanne, « hippies » et « stals » s'opposent. Les militants de Sos Forêt manifestent contre une centrale à bois, et contre la CGT de la boîte. Qui, elle, se fritte avec la CGT-forêt du coin.

Comme à Nantes, pour l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ou sur la Zad du Center Parcs de Roybon.

Et donc, enfin !

Enfin, la CGT, l'organisation la plus massive à gauche – 694 857 adhérents –, forcément traversée par des courants divers, voire contraires, qui à ce sujet ne sait pas quoi penser, et donc pense peu, ou tout bas, ébrécherait ce dogme qui ronge la planète, qu'on attend comme les chrétiens jadis le retour du Christ-Roi : la croissance.

Enfin se poseraient les vraies questions : que produire ? Où produire ? Comment produire ?

On s'enflamme, presque.

Certes, ce n'était que dans l'Isère.

Certes, ça ne concernait que la métallurgie.

Mais il faut bien que l'incendie parte d'un point, et demain, qui sait ?, si on pousse la roue fort, très fort, très très fort, c'est un grand débat national que lancera le syndicat.

Car comment imaginer une « écologie populaire » sans le mouvement ouvrier ?

Et un mouvement ouvrier sans, demain, l'écologie populaire ?

Reportages, de Gardanne à Grenoble.

Au menu également, des nouvelles…

… de Gilles de Robien, inculpé pour homicide involontaire sur Hector, un ouvrir d'un chantier d'insertion amiénois.

… des tribunaux arbitraires, qui nous pendent au nez avec le Tafta.

… de notre soirée du 12 janvier à la Bourse du travail : quelle analyse de classe livrer après Charlie ?

… et du djihad libéral, bien sûr, avec Emmanuel Macron dans « La gauche décomplexée ».

Et puis, pour refaire le déco de vos WC, on vous offre ici en petit un poster géant !

Fakir cause avec la CGT

Publié par Frédéric Maurin à 07:31am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #fakir , #cgt , #écologie , #emploi , #grenoble

22 Février 2015

Sur le front de l'émancipation populaire...

On commencera avec une bonne nouvelle, peut-être provisoire:

L'austérité rejetée par les électeurs grecs

Source : Bastille-République-Nations

C’était la chronique d’une victoire annoncée. Dès la clôture du scrutin du 25 janvier, destiné à renouveler le parlement grec, le mouvement SYRIZA confirmait la première place que les sondeurs lui prédisaient depuis des semaines. Ce mouvement, qui est en fait une fédération de partis et de groupes souvent classés « gauche radicale », peut même se prévaloir d’un succès plus large qu’espéré : avec 36,3% des suffrages, il devance de plus de 8 points le parti conduit par le premier ministre sortant, Nouvelle Démocratie (ND, droite), qui récolte 27,8% des voix. ND conserve cependant l’essentiel de ses électeurs.de juin 2012 (29,7%)

Car le triomphe de SYRIZA est d’abord dû à l’effondrement du partenaire minoritaire de la coalition sortante : avec 4,6%, le Parti socialiste (PASOK) divise son score de juin 2012 (12,3%) par trois, et même par dix si on se réfère à son succès de 2009. Il est vrai que l’ancien premier ministre George Papandréou (toujours président de l’Internationale socialiste) avait fait dissidence en créant son propre groupe. Celui-ci manque cependant son entrée au Parlement, en n’obtenant que 2,6%.

 

Le parti néonazi Aube dorée, dont le président et plusieurs députés sont en prison, recule légèrement de 6,9% (en juin 2012) à 6,3%, mais conserve sa troisième place. Il est talonné de peu d’une part par un nouveau parti positionné au centre, To Potami, créé lors des élections européennes, qui se revendique « pro-européen » et libéral, et qui obtient 5,7% des suffrages ; et d’autre part par le Parti communiste (KKE), qui, avec 5,6% des voix, remonte la pente par rapport à son score de juin 2012 (4,5%). Le KKE est le seul parti représenté au parlement qui demande explicitement la sortie de l’euro, et de l’Union européenne.

Enfin, le mouvement des « Grecs indépendants » (ANEL) s’établit à 4,7%, un résultat certes inférieur aux 7,5% obtenus il y a deux ans, mais qui va sans doute lui permettre de jouer un rôle clé. L’ANEL est issu d’une scission d’avec la ND, lorsqu’en 2012, certaines personnalités de ce parti de droite refusèrent de cautionner les plans d’austérité dictés par Bruxelles et ladite Troïka (trio des créanciers : Commission européenne, BCE, FMI). Souvent décrit comme « nationaliste », l’ANEL peut être comparé à ce que fut en France le RPF que créa Charles Pasqua lorsque ce dernier rompit avec le RPR en 1999.

Tous les observateurs s’accordent sur un constat : les résultats du 25 janvier traduisent un rejet massif des plans d’austérité imposés depuis 2010 par Bruxelles, et mis en œuvre par le gouvernement ND-PASOK depuis 2012. C’est autour de ce thème que SYRIZA a bâti toute sa campagne. Et c’est sur cette base que devrait être constitué sous peu un nouveau gouvernement, dirigé par le leader de ce mouvement, Alexis Tsipras.

Certes, avec 149 députés sur 300, Syriza manque d’un cheveu la majorité absolue. Mais dès le lendemain du scrutin, l’ANEL, fort de ses 13 sièges, se profilait comme partenaire pour une future coalition gouvernementale. Malgré leurs différences politiques, les deux partis s’accordent pour refuser la poursuite des plans imposés par la Troïka.

 

Rapidement déchanter

Pour autant, les électeurs qui ont voté pour une rupture avec les politiques d’austérité draconienne pourraient rapidement déchanter. Certes, de premières mesures seront probablement prises par le futur gouvernement pour répondre aux urgences sociales des plus déshérités : octroi de bons d'électricité ou de logement, accès gratuit aux soins, aux transports en commun…

Mais SYRIZA – du moins la majorité de ses composantes – a toujours refusé que quitter la zone euro. Une position qui ne manquera pas de compromettre la réalisation des deux autres piliers du programme de ce parti : d’une part, une suspension (moratoire) des échéances immédiates de remboursement de la dette qui plombe terriblement le budget du pays ; d’autre part, à moyen terme, la renégociation de la charge globale de celle-ci. M. Tsipras avait du reste distingué entre les crédits dus au FMI, qu’il s’est engagé à rembourser, et ceux vis-à-vis de la BCE et des Etats européens, pour lesquels il espère une baisse de taux et un allongement des échéances.

La plupart des observateurs ont du reste noté qu’au fur et à mesure de la campagne, M. Tsipras a assoupli ses positions. Au point qu’un banquier français, cité par Le Monde (25/01/15), pouvait remarquer : « en vérité, l'opposition entre SYRIZA et la Troïka est moins frontale qu'il n'y paraît ». Certes, la veille du scrutin, le futur chef du gouvernement proclamait fièrement : « lundi, nous en aurons fini avec les ordres venus de l'étranger ». Mais dès la nuit suivante, le ton avait changé puisqu’il plaidait pour que soient trouvées des compromis « justes et praticables ».

 

De fait, en ne remettant pas en cause l’appartenance de la Grèce à la monnaie unique, le futur gouvernement s’enferme objectivement dans une impossibilité de mener une politique rompant avec l’austérité imposée. D’abord pour des raisons juridiques : au-delà même de la tutelle de la Troïka, le pays est tenu par les traités européens qui imposent la rigueur budgétaire. Ensuite pour des raisons économiques : la monnaie unique ne peut survivre que si les orientations économiques des pays membres sont alignées.

 

Enfin pour des raisons politiques : si, par hypothèse, un gouvernement grec réussissait à faire reculer Bruxelles sur ses fondamentaux, cela ne manquerait pas de faire tâche d’huile. Or des élections sont prévues en 2015, notamment au Portugal en octobre, et en Espagne en novembre… On voit mal les dirigeants européens laisser se répandre un tel mauvais exemple.

 

Or, face à un gouvernement qui accepte le carcan européen, Bruxelles dispose des moyens d’imposer ses vues. Avec notamment un bâton : le chantage au non-versement de la dernière tranche du renflouement (lire ci-dessous) ; et le cas échéant une carotte, sous forme d’assouplissements, de toutes façons inévitables, quant aux modalités de remboursement de la dette, ce qui permettrait à M. Tsipras de ne pas perdre la face. D’où la tonalité désormais décontractée de plusieurs dirigeants européens. La chancelière allemande a ainsi affirmé : « nous allons travailler tranquillement » avec le gouvernement grec.

 

Après la chronique de la victoire annoncée, c’est bien celle du renoncement programmé qui se dessine.

A moins, naturellement, que le peuple grec ne décide de se faire entendre dans la rue, une fois les urnes refermées.

...quelques dernières nouvelles,

Le lundi 16 février 2015, la réunion de l’Eurogroupe (ministres des Finances de la zone euro) s’est tenue à Bruxelles. Elle a une nouvelle fois démontré qu’il ne faut rien attendre – sinon le pire – des oligarques européens. Leur attitude méprisante à l’égard du peuple grec devrait convaincre ce dernier que le moment est venu de tirer toutes les leçons de la situation créée depuis la victoire de SYRIZA aux élections législatives il y a trois semaines. Si la Grèce souhaite sortir de la crise, c’est-à-dire aller vers la suppression du chômage et de la précarité, remettre en place un système éducatif et de protection sociale efficace, reconstruire son appareil productif et son agriculture, elle n’aura pas d’autre choix que de sortir de l’euro et de l’Union européenne. Cette nécessité est la même pour tous les autres pays membres de l’Union européenne qui souffrent de l’euro, autrement dit tous les pays sauf l’Allemagne.

Ci-dessous les interventions de plusieurs dirigeants d’organisations qui militent pour la sortie de l’euro et de l’Union européenne. Ils viennent de Grèce, d’Espagne, d’Italie et d’Autriche. Ils expliquent pourquoi leur pays doit sortir de l’euro et de l’Union européenne. Ils étaient les invités du M’PEP lors de son université d’automne à Bordeaux en novembre 2014.

Pour accéder aux vidéos, cliquez ci-dessous :
  • SORTIR DE L’UNION EUROPÉENNE ET DE L’EURO EN ITALIE
    Avec Fabio Frati, Coordinamento Nazionale Sinistra contro l’euro (Coordination nationale de la gauche italienne contre l’euro), Italie.
    http://www.m-pep.org/spip.php?article3867
  • SORTIR DE L’UNION EUROPÉENNE ET DE L’EURO EN AUTRICHE

Avec Wilhelm Langthaler, Commitee Euro exit (Comité Sortie de l’euro), Autriche.
http://www.m-pep.org/spip.php?article389
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Publié par Frédéric Maurin à 22:12pm - Voir le commentaire ()
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