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RUPTURE TRANQUILLE

RUPTURE TRANQUILLE

Bloc-note de rupture avec l'Union pour Minorité de Privilégiés (UMP), désormais macronisée

19 Mai 2014

Elections européennes : France 2 en campagne

Elections européennes : France 2 en campagne

Je n'ai pas regardé le "Roman de l'Euro" diffusé par France 2 à la veille des élections européennes, je savais trop à quoi m'attendre avec David Pujadas.

Jacques Sapir s'y est courageusement collé et, au vu de ce que cela lui a inspiré, cela devait être effectivement affligeant.

Pour les tableaux et graphiques, voir la source :

L’Euro-Cauchemar

L’Euro-Cauchemar

16 mai 2014

Le « roman de l’Euro » présenté le jeudi 15 mai au soir a été l’occasion d’une scandaleuse soirée de propagande sur France-2 ! Non que l’on ne puisse parler ni même défendre l’Euro sur cette chaîne, comme sur les autres d’ailleurs. Mais le déséquilibre de l’émission, réalisée à grands frais par le service public et la malhonnêteté de l’argumentation ont passé les bornes. On a bien été en présence d’un exercice de « Funkpropaganda ». L’histoire de l’Euro nous a donc été présentée comme un « roman ». Mais pour la majorité des Français, mais aussi des Italiens, des Espagnols, des Portugais et des Grecs, il s’agit d’un véritable cauchemar. Il faut signaler que les réalisateurs n’avaient pris aucun risque. Les voix discordantes étaient réduites au strict minimum. Et si il faut saluer le courage d’un Philippe Villin, droit dans ses bottes et dans ses convictions face à ses adversaires et toujours très battant sur ce terrain, le spectateur moyen est laissé dans l’ignorance sur le nombre important d’économistes qui ont exprimé, ou qui expriment aujourd’hui, leurs doutes quant à la survie et surtout l’efficacité de l’Euro[1]. Des Bernard Maris, conseiller économique à la Banque de France, Bernard Mazier, Alain Cotta ou Frédéric Lordon, il ne fut donc pas questions, ni des quelques soixante-dix noms d’économistes européens ou américains. Le téléspectateur sera donc laissé dans l’ignorance qu’il existe une association d’économistes réputés combattant l’Euro, le European Solidarity Manifesto[2]. Il ne saura donc pas que la ESF-liste des membres inclut non seulement des économistes de premier plan, mais aussi des professionnels réputés et des responsables ou ancien responsables des Banques Centrales. Il ne saura pas, non plus, que plusieurs journalistes économiques de premier plan, dont le rédacteur en chef adjoint de l’Expansion[3], ont pris position très nettement pour une sortie de l’Euro dans un livre récent[4]. De « débat » donc, il n’y eut que le nom, et cela est indigne, mais hélas très habituel, dans la télévision publique mais aussi dans la France en général. Et l’on ne peut qu’être frappé du décalage de la situation entre notre pays et l’Italie ou l’Allemagne, pour ne pas parler de la Grande-Bretagne ou des États-Unis. Une réflexion poussée sur l’état de la démocratie dans notre pays s’imposera pour la suite.

L’Euro et ce que l’on en attendait

L’Euro existe depuis 1999 pour ce qui concerne l’Euro bancaire (ou Euro scriptural) et depuis 2002 pour la monnaie courante, ce que l’on appelle l’Euro fiduciaire. Les attentes qu’il avait suscitées étaient nombreuses. Certains prédisaient que son existence seule se traduirait par un gain de croissance important. D’autres qu’il engendrerait une unification des marchés européens. Il est temps aujourd’hui d’en tirer le bilan. Les conséquences de sa mise en œuvre ont en effet pu être observées avec un certain recul. Et ce bilan est sans appel, qu’il s’agisse de l’euro lui-même ou des économistes qui ont « vendu » l’Euro aux politiques et aux populations. Il faut donc signaler l’écart extrêmement important entre ce que l’on espérait de l’Euro et la réalité.

Jusqu’en 2008, soit jusqu’à la crise des subprimes, il a provoqué un fort ralentissement de la croissance sur les pays qui l’ont utilisé. On peut comparer les taux de croissance annuels entre pays de la zone euro et le reste des pays développés.

Tableau 1

L’écart est, par an, de 0,5% à 0,7% avec la moyenne des pays de l’OCDE, qui inclut en fait les pays de la zone Euro. Cette situation s’est en réalité aggravée avec la crise, et l’on voit que dans la période 2007-2011, le taux de croissance annuel de la zone Euro est bien plus faible que celui des États-Unis, ou de la Suisse et de la Norvège. L’effet de freinage sur la croissance dû à l’existence de l’Euro est indéniable. Encore faut-il savoir que la zone Euro est elle-même très hétérogène. L’impact de la crise de l’Euro sur les divers pays mérite que l’on s’y attarde. On constate que l’Euro a freiné de manière considérable la sortie de crise voire a aggravé cette dernière dans de nombreux pays.

Tableau 2

On constate immédiatement qu’un seul pays a vu son PIB s’accroître de manière conséquente par rapport à 2008, c’est l’Allemagne. La France stagne (avec un gain total pour l’ensemble de la période, soit 5 ans de 0,72%). Par contre la chute est importante pour les autres pays. Elle est impressionnante dans le cas de la Grèce (-23,3%) mais elles est très significative pour l’Espagne, l’Italie et le Portugal, et loin d’être négligeable pour un pays comme les Pays-Bas. Si l’on retirait l’Allemagne de la zone Euro, on verrait que le bilan global est encore plus négatif. De ce point de vue, le cas de la France est assez emblématique. Le gain de PIB par rapport à 2008 est dérisoire et l’on voit, à partir des données de l’INSEE, comment la croissance stagne depuis 2011.

Graphique 1

L’Euro-Cauchemar

Mais, ces chiffres sont loin de nous dire l’ampleur réel du problème induit par l’Euro. Il entraine une crise qui compromet les perspectives de croissance des pays européens pour les dix prochaines années.

Vers une décennie perdue dans la zone Euro ?

La chute des investissements est encore plus spectaculaire que celle de la croissance, et cette fois elle est générale. Or, cette chute compromet le développement de l’économie pour les prochaines années, et annonce l’équivalent d’une décennie perdue pour les pays de la zone Euro.

De 2008 à 2013, l’investissement, autrement dit la source même du progrès économique et social pour toute économie, s’est donc contracté dans tous les pays considérés. Cette contraction est très faible en Allemagne, significative en France et en Belgique, importante en Italie, aux Pays-Bas et au Portugal, et catastrophique en Espagne et en Grèce. Ces derniers pays sont ramenés au niveau d’investissement qui était le leur au milieu des années 1980. Il ne faut donc pas nourrir d’illusions quant à l’effet positif des politiques d’austérité.

Ces dernières ont permis à certains de ces pays de retrouver une balance commerciale en équilibre, mais ce fut au prix d’une contraction drastique des importations. Compte tenu de l’effondrement des investissements dans ces pays, on doit s’attendre à des chutes importantes de la productivité qui vont faire réapparaître à bref délai un problème de balance commerciale.

Graphique 2

Source : Base de donnée du FMI.

On voit, par contre, que l’Allemagne a un excédent important, et qui paraît même déraisonnable. L’Allemagne se fait tracter par le reste du monde, zone Euro incluse. Cette situation, elle la doit à l’Euro. Si l’Allemagne avait conservé le Deutschmark, ce dernier se serait réévalué au fur et à mesure des excédents commerciaux. Son taux de change serait probablement compris entre 1,50 et 1,55 dollars (ou USD) pour 1 DM. Mais, l’Allemagne bénéficie de l’Euro, et l’impact dépressif sur le taux de change qu’exercent les situations des autres pays. C’est pourquoi le taux de change de l’Euro, poussé à la hausse par les excédents allemands, mais à la baisse par les déficits des autres pays (dont la France) voit son taux de change évoluer entre 1,35 et 1,40 USD. Ce taux est excellent pour l’industrie allemande, mais bien trop fort pour les autres pays, qui doivent pour s’ajuster sacrifier leurs importations et leurs investissements. Un taux de 1,10 USD correspondrait à ce qui serait nécessaire pour la France, et pour l’Italie et l’Espagne, des taux compris entre 1,05 USD et 0,95 USD assurerait une bonne compétitivité sans avoir à sacrifier le long terme, par la compression des investissements. On mesure immédiatement qu’il ne peut y avoir de taux de change unique correspondant aux différentes économies. L’écart des taux de change d’équilibre pour les différents pays, et sans inclure la Grèce, va de 0,95 à 1,55 USD. L’ampleur de cet écart signe l’impossibilité de faire fonctionner la monnaie unique sans provoquer une catastrophe en Europe, et au-delà dans l’économie mondiale. Car l’impact des politiques d’austérité qui n’ont été mises en œuvre que pour « sauver » l’Euro dépasse de loin les frontières de l’Europe[5]. En fait, la zone Euro exerce une effet dépressif sur l’ensemble de l’économie mondiale. L’impact social de l’Euro est aussi catastrophique, en particulier, mais pas uniquement, dans le domaine du chômage.

Les politiques d’austérité mises en place justement pour « sauver l’Euro » ont abouti à un véritable désastre sanitaire en Grèce et, dans une moindre mesure en Espagne et au Portugal.

Une prise de conscience tardive

La prise de conscience de la catastrophe induite par l’Euro sur l’économie européenne commence à être perçue, que ce soit par les gouvernements ou par les agents privés. De fait, aujourd’hui, le marché des dettes tant publiques que privées, tend à se fractionner, c’est à dire que les banques de chaque pays n’achètent plus, de préférence, que des dettes de leur pays. On est ainsi revenu à la situation de 2000. Il faut ici rappeler que le marché des dettes était le seul sur lequel on avait pu noter une réelle convergence. Cette dernière est désormais effacée.

Il ne faut donc pas s’étonner si des voix s’élèvent pour demander une baisse du taux de change de l’Euro face au Dollar, et en particulier en France. Mais, si l’économie française qui est l’une des moins intégrées dans la zone Euro pourrait en tirer quelques profits, cela ne résoudrait nullement le problème de l’Italie ou de l’Espagne. Or, qui peut croire que la croissance reviendrait en France si ces deux pays sont en dépression ?

Mais, les calculs réalisés au Ministère des Finances, et dont Arnaud Montebourg s’est fait l’écho au début de cette année avec une déclaration importante au journal les Échos, dans une interview sur le site internet[6], ont l’immense intérêt de montrer de manière incontestable que nous aurions grand intérêt à sortir de l’Euro. Les taux de croissance qui sont indiqués par la DGTP (Direction Générale du Trésor et de la Prévision), soit 1,2% de croissance la première année et 0,6% la seconde en cas de dépréciation de 10%[7] de l’Euro correspondent d’ailleurs aux valeurs « hautes » du modèle qui a été publié en septembre dernier. Nous tablions, pour une dépréciation de 20% de la monnaie française (et non de l’Euro seulement) sur un gain direct de 2,5% à 2,8%, et un gain indirect total de 4,5% à 6% par an se répétant pour les 3 premières années[8].

La solution dite de « dépréciation » de l’Euro se heurte à plusieurs obstacles. D’une part, on ne « déprécie » pas si simplement la monnaie correspondant à une zone économique qui est en excédent commercial (du fait de l’Allemagne). On peut certes faire l’équivalent d’une « quantitative easing [9]» à l’européenne, soit obliger la Banque Centrale Européenne à racheter des montants importants de dettes publiques pour injecter de la monnaie et, par un processus de marché, comme il y aurait plus d’offre d’euros que de demande, provoquer une baisse du cours par rapport au Dollar et au Yen. Mais un tel programme rencontrera l’opposition absolue de l’Allemagne. En effet, l’article 88 de la loi fondamentale allemande interdit à la Banque Centrale de prêter à l’État, et la cour de Karlsruhe a statué que les pratiques de la BCE ne doivent pas violer la constitution allemande. D’ailleurs, le problème se pose dès aujourd’hui à propos du programme Outright Monetary Operation envisagé par Mario Draghi, le président de la BCE, dont la légalité au regard de la loi allemande et du statut de la BCE est mise en cause par 6 juges sur 8[10]. Enfin, il faudrait que la BCE adopte de manière claire une politique de ciblage du taux de change (et du taux de change réel par surcroît), ce qu’elle s’est toujours refusée à faire. On peut le déplorer, mais il faut le constater, il n’y a pas de majorité qui permette de faire changer de politique la BCE. Sauf à expulser l’Allemagne de la Zone Euro, rien ne sera possible dans la Zone Euro.

On le mesure alors. La seule solution raisonnable, celle qui mettrait fin au cauchemar de l’Euro, serait une dissolution concertée de ce dernier. Il faut souhaiter qu’elle soit prise le plus rapidement possible, car le désastre imposé par l’Euro n’a que trop duré.

[1] On consultera une liste, d’ailleurs incomplète, sur http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/aucun-economiste-n-est-pour-la-fin-150926

[2] http://www.european-solidarity.eu/index.php

[3] http://news360x.fr/franck-dedieu-sauve-qui-peut-hors-de-leuro/

[4] Laura Raim, Benjamin Masse-Stamberger, Franck Dedieu et Béatrice Mathieu, Casser l’Euro pour sauver l’Europe, Les Liens qui Libèrent, Paris, 2014.

http://www.atlantico.fr/decryptage/sacrifier-euro-pour-sauver-europe-ou-monnaie-commune-beatrice-mathieu-1066394.html#53WtcIrMPXkL8Iq7.99

[5] Bibow J. et A. Terzi, edits. Euroland and the World Economy, Palgrave MacMillan, New York, 2007.

[6] Consultable ici : http://www.lesechos.fr/economie-politique/france/interview/0203303714652-arnaud-montebourg-nous-devons-faire-baisser-l-euro-648970.php

[7] « D’après la direction du Trésor, une dépréciation de 10 % permettrait d’accroître notre taux de croissance de 1,2 %. Cela créerait 150.000 emplois, améliorerait la balance commerciale et réduirait notre déficit public de 12 milliards »

[8] Sapir J., Murer P. et C. Durand, Les scénarii de dissolution de la zone Euro, Fondation Respublica, Paris, 2013.

[9] Ou « aisance quantitative » du nom des programmes mis en place par la FED aux Etats-Unis.

[10] Voir la décision de la Cour : http://www.bundesverfassungsgericht.de/pressemitteilungen/bvg14-009

Publié par Frédéric Maurin à 20:56pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #Union européenne , #ue , #Jacques Sapir , #élections européennes , #euro , #europe

14 Mai 2014

Conférence "Aux origines du carcan européen" le 20 mai

Conférence "Aux origines du carcan européen" le 20 mai

A l'invitation du

Comité de Résistance à l'UE

Ce mardi 20 mai à 21h à la Maison Des Associations de Grenoble, rue Berthe de Boissieux (entrée libre et gratuite)

CONFÉRENCE PUBLIQUE

d' ANNIE LACROIX RIZ historienne,

professeur émérite d'histoire contemporaine à l'Université Paris VII Denis Diderot

autour de son ouvrage Aux origines du carcan européen

...désolé, pour le moment je n'ai que la 4ème de couverture à livrer :

L’union européenne a été présentée aux Français sous le jour engageant du « Plan Marshall », ennemi de la misère et de la servitude des peuples européens. Son objectif aurait cadré avec le projet, pacifique des « pères de l’Europe », Jean Monnet, Robert Schuman, Konrad Adenauer, etc., appliqués à proscrire défnitivement les guerres qui avaient endeuillé et affaibli le Vieux Continent de 1914 à 1918 puis de 1939 à 1945.
La paix serait garantie par la protection américaine, gage d’une liberté refusée aux peuples « de l’Est » soviétisés.
Cette union fondée sur la « libre concurrence » entre égaux, en lieu et place des puissants cartels, se débarrasserait du Comité des Forges des sidérurgistes et marchands de canons enrichis par les guerres mondiales : mettant fin aux crises et aux guerres, elle vaudrait à tous la prospérité et « le pain blanc », bref, l’Eldorado. Seule la récente crise, née d’une « épidémie » financière, aurait fait « dériver » ce noble projet, au risque de compromettre ses objectifs initiaux.
« Dérive » récente d’une « Europe sociale » ou « alibi européen » indispensable, à l’ère impérialiste, à la maximisation du profit monopoliste et à la guerre aux salaires ?
Le présent ouvrage décrit, sources à l’appui, la stratégie, depuis le début du xxe siècle, d’effacement du grand capital français devant ses deux grands alliés-rivaux hégémoniques, l’Allemagne et les États-Unis, si précieux boucliers sociopolitiques.

Publié par Frédéric Maurin à 10:13am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #ue , #grenoble , #élections européennes

13 Mai 2014

Copé, Le Pen (et consorts) : fermez vos gueules !

Copé, Le Pen (et consorts) : fermez vos gueules !

Après l'hystérie des manifs pour tous, l'UMP et son aile droite s'excitent sur un chant dont ils ne connaissent pas le sens.

Quand on n'a rien à dire au peuple, autant l'enfumer.

Il faut vraiment que tout aille si bien en France pour susciter des polémiques imbéciles.

Imbécile, pas d'autres mots pour qualifier le nouveau procès en illégitimité, fait à Christiane Taubira.

Non Taubira ne pense pas que la Marseillaise est un Karaoké d'estrade.

Elle ne veut justement pas transformer ce chant en karaoké d'estrade comme le font les braillards Sarkolepénistes cités plus haut.

Nuance.

Il suffisait, au lieu de baver, de lire sa tribune.

Mais apparemment c'est trop difficile...

Halte au rapt !
par Christiane Taubira

Ils se sont lassés. Assez vite, ma foi. J’allais presque dire dommage, les ayant connus plus durablement hargneux.
Le crime ? Je n’ai pas chanté la Marseillaise ce 10 mai place du général Catroux, belle figure républicaine et résistante, lors de la cérémonie en hommage au général Dumas, glorieux héros méconnu. Pour leur pleine information, et désolée pour ceux qui voudraient me soumettre à la gégène, j’avoue n’avoir pas chanté le même jour, le même après-midi lors de la cérémonie officielle au jardin du Luxembourg.

Luxembourg. Quand, à la note exacte, au-dessus de l’orchestre, la voix de la soliste se détache…j’écoute. Et j’écoute jusqu’au bout. A la fin, ayant salué l’orchestre de la tête, je félicite la cantatrice, qui glisse dans la conversation être d’origine haïtienne mais n’avoir jamais vécu à Haïti.
Place Catroux. Quand, dans le premier silence de l’orchestre, monte la voix, masculine cette fois, bravant le crachin, j’écoute. Est-ce la technique est-ce l’acoustique, la voix, par moments, tressaille. J’en parle avec quelqu’un qui me dit que d’où il était, il n’entendait que par à-coups, ‘c’est sûrement la sono, madame’.

Lorsque, en fin de réunion publique, emportés par une ferveur désordonnée, nous entamons la Marseillaise, chacun y va de son lot de dissonances et le chant le plus maltraité de France retentit, revigoré par ces centaines, ces milliers de voix qui disent, plus encore que le souvenir enflammé des grandes heures du passé, l’exaltation du moment vécu ensemble là, conjurant les difficultés, l’inquiétude, la peur, criant confiance en l’avenir. J’y vais alors gaillardement de ma part de fausses notes.
Sinon, j’écoute. Le timbre, la tonalité, la première note et là où elle mènera le chant.

Déjà, pour le bicentenaire de la Révolution, lorsque, sur la place de la Concorde, place de réconciliation après la Terreur, après les tambours, puis les instruments à vent, puis les cuivres et la flûte traversière, un silence, et s’élève la voix sublime et fougueuse de la soprano Jessye Norman entonnant le sixième couplet, Amour sacré de la patrie… Liberté liberté chérie… c’est soudain le courage, la force, la puissance, et tout d’un coup l’ardeur et la vaillance de ceux qui allèrent au combat en tutoyant la mort, qui envahissent l’espace et l’esprit. J’écoute.
Il arrive que le chœur de foule, à contretemps des choristes, s’il trouve son tempo et sa tessiture, basse contre voix ténor, aigüe contre voix alto, dégage une harmonie singulière. Le résultat est rare.
Mais certaines circonstances appellent davantage au recueillement… qu’au karaoké d’estrade.

Ainsi de ce 8 mai quand la chorale militaire entonne la Marseillaise, puis le chant des Partisans, deux chants suprêmes, souverains, témoins d’époques d’extrême violence, le Chant de guerre pour l’armée du Rhin et le Chant de ralliement des Résistants. Des deux la chorale fait une œuvre d’art…qu’elle achève dans ce murmure poignant des partisans, ouvriers et paysans. J’écoute. Solennellement. Demain c’est la journée de l’Europe. Quel chemin parcouru ! Mais quels périls encore !
Jessye Norman avançait superbement drapée dans une robe bleue blanche et rouge. Car le drapeau aux trois couleurs fut, à sa naissance, l’emblème de la révolte contre l’oppression et l’inégalité, la bannière d’espoir pour une société meilleure, puis devint l’étendard de la devise, la fraternité magnifiant la liberté et l’égalité.

Halte donc au rapt ! Sur l’hymne, le drapeau, la Nation, la République. Halte au holdup sur l’Histoire par celles-là et ceux-là qui se vautrent dans leur confort de classe, prêchent l’exclusion et le repli, et qui, par ces intimidations et ces traques, affichent des pratiques de miliciens.
Ils jouent, en ricanant, la même partition sur l’Europe. Les voilà champions des désespérés. Repus de rente électorale, ils moissonnent sans effort la fureur de ceux que l’économie malmène, qui ne croient plus en eux-mêmes, ne savent plus de quelle grandeur ils furent capables et, désorientés par ces sirènes, se perdent dans le ressentiment et la mésestime de soi.

On dirait la défaite des Lumières. Mais comme pour la défaite de Platon, ce n’est qu’une illusion d’optique. Ni l’exhibitionnisme pseudo-patriotique, ni le tapage de ceux qui se prennent pour les régisseurs de nos émotions, ni même cette florissante industrie de prestidigitation électorale n’ont pouvoir de raturer l’Histoire de ce pays, les conquêtes de la raison, l’empire de la volonté, l’intelligence des situations. Et le sursaut viendra. Des veines palpitantes de ce pays, de sa matière grise, de son énergie, de son génie. Et de nos combats.
Aussi sûr que ‘la lucidité est la blessure la plus proche du soleil’. René Char

Christiane Taubira

Publié par Frédéric Maurin à 09:04am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #le pen , #ump , #france , #christiane taubira , #racisme , #Politique , #front national , #léon landini

11 Mai 2014

L'illusion d'une commission européenne "de gauche"

L'illusion d'une commission européenne "de gauche"
L’ILLUSION D’UNE COMMISSION EUROPÉENNE « DE GAUCHE »

Par Bernard Cassen, secrétaire général de Mémoire des luttes, président d’honneur d’Attac, texte diffusé par le M’PEP avec l’autorisation de l’auteur.

Le 11 décembre 2013.

Commentaire

Bernard Cassen, dans son texte, explique bien que tenter « de faire croire aux électeurs que l’UE peut être ‘‘réorientée’’ pour devenir autre chose que ce qu’elle est actuellement relève d’une navrante naïveté ou de la mystification ». Il prend l’exemple de Martin Schulz, dirigeant du SPD allemand et actuel président du Parlement européen, candidat à la présidence de la Commission européenne.

La candidature d’Alexis Tsipras, dirigeant de la coalition grecque Syriza, au nom du Parti de la gauche européenne (PGE), relève de la même mystification. Rappelons que le PGE rassemble, entre autre en France, le Parti communiste français (PCF) et le Parti de gauche (PG). Il est présidé par Pierre Laurent, Jean-Luc Mélenchon ayant récemment présenté sa candidature à la présidence.

Une telle démarche contribue à légitimer le système de l’Union européenne.

...et cela c'est un vrai problème.

Texte de Bernard Cassen

On comprend que, dans la perspective des élections au Parlement européen de mai 2014, les partis socialistes et sociaux-démocrates cherchent par tous les moyens à se dissocier des politiques européennes, tant ces politiques – qu’ils ont approuvées – sont impopulaires. Pour faire diversion et ne pas avoir à assumer ce boulet, ils entendent mener une campagne commune à l’échelle des 28 Etats membres sur un objectif – celui de la « réorientation » de l’Union européenne (UE) – et sur un moyen de l’obtenir : disposer d’une majorité au Parlement européen et faire accéder l’un des leurs à la présidence de la Commission européenne en remplacement de José Manuel Barroso. Pour ce poste, ils ont choisi un candidat que les socialistes français présentent, sans rire, comme « le meilleur d’entre nous » : Martin Schulz, dirigeant du SPD allemand et actuel président du Parlement européen [1].

Cette démarche a toutes les apparences du bon sens : même si les élections au Parlement de Strasbourg sont en réalité une juxtaposition d’élections nationales, elles débouchent sur la constitution de groupes parlementaires qui, eux, ne sont pas nationaux, mais politiques, en l’occurrence, pour la social-démocratie, le groupe de l’Alliance progressiste des socialistes et démocrates(S&D). Un facteur donne un rôle accru à la représentation parlementaire dans la désignation du président de la Commission : l’article 17 du traité de Lisbonne stipulant que, pour faire ce choix, les chefs d’Etat ou de gouvernement (le Conseil européen) « doivent tenir compte du résultat de élections au Parlement européen ». Par ailleurs, et la nuance est importante, aux termes du traité, le Parlement va maintenant « élire » le président de la Commission, alors que, auparavant, il devait se contenter d’« approuver » le choix du Conseil européen.
Quand on regarde les choses de plus près, on voit bien que ce qui semble être une clarification des enjeux pour les électeurs n’est qu’une pure illusion. La social-démocratie prétend « politiser » la Commission, ce qui revient à dire que ce n’était pas le cas jusqu’à présent, et que « Bruxelles » était seulement une structure « neutre » ou « technique », composée d’ « experts » uniquement soucieux de l’intérêt général européen… Un aveu de taille, bien qu’implicite : le contenu ultralibéral des traités européens successifs, que la Commission met en œuvre avec zèle dans ses propositions, ne serait pas « politique » ; il serait aussi naturel que le cycle des saisons et ne saurait donc être mis en débat. C’est pourquoi, dans la véritable machine à libéraliser qu’est le collège bruxellois, les 28 commissaires issus aussi bien de partis conservateurs que de partis de la gauche dite « de gouvernement font parfaitement bon ménage. Tout comme le SPD et la CDU/CSU dans le gouvernement allemand de « grande coalition » sur lequel les trois formations concernées viennent de se mettre d’acc
ord.

On voit mal comment un président se réclamant de la gauche pourrait changer quoi que ce soit à une configuration dans laquelle il aurait d’ailleurs toutes chances d’être minoritaire puisque ce sont les gouvernements qui choisissent les commissaires en fonction de leurs propres orientations : des gouvernements de droite – les plus nombreux actuellement – désigneront logiquement des commissaires de droite !

Et même si – miracle hautement improbable – Martin Schulz était élu président de la Commission, et qu’il dispose d’une majorité politique dans le collège des commissaires, il serait institutionnellement tenu de faire appliquer le traité de Lisbonne. C’est-à-dire une feuille de route interdisant toute entorse aux dogmes libéraux. Sauf nouveau traité approuvé à l’unanimité des Etats membres de l’UE, aucune « réorientation » des politiques européennes n’est possible de l’intérieur. Et l’on ne sache pas que M. Schulz et ses amis social-démocrates, notamment ceux du Parti socialiste français, soient disposés à renier un traité qu’ils ont majoritairement voté…

Dans ces conditions, tenter, comme l’a fait François Hollande dans sa campagne présidentielle, de faire croire aux électeurs que l’UE peut être « réorientée » pour devenir autre chose que ce qu’elle est actuellement relève d’une navrante naïveté ou de la mystification.

On peut s’étonner à cet égard du suivisme du Parti de la gauche européenne (PGE) qui rassemble les partis de la gauche radicale, et dont les élus au Parlement européen siègent dans groupe de la Gauche unitaire européenne/Gauche Verte nordique (GUE/NGL). En désignant Alexis Tsipras, dirigeant de la coalition grecque Syriza, comme son candidat à la présidence de la Commission, le PGE a voulu faire un choix emblématique et mettre en accusation la troïka Commission/Banque centrale européenne/FMI qui est en train de détruire, entre autres, la Grèce et le Portugal. Fort bien. Mais il ne semble pas avoir mesuré que, ce faisant, il se coulait dans le moule de la social-démocratie et contribuait à la légitimation des mêmes fausses promesses qu’elle.

Publié par Frédéric Maurin à 10:32am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #pcf , #élections européennes , #pge , #front de gauche

9 Mai 2014

9 mai, journée de l'Europe : cela se fête !

par un rappel de quelques articles et, ensuite, une série de vidéos que l'on doit à Fakir .

D'abord les articles, fête tourner :

51 raisons de boycotter l'élection européenne

Européennes : des écologistes abstentionnistes

Appel à l'abstention aux européennes: pourquoi signer?

Adresse aux syndicalistes

Euro : Un autre usage de la matraque est possible !

Européennes : le MRC appelle à l'abstention

La BCE : un problème démocratique pour l’Europe ?

Frédéric Lordon avec nous ?

Rue 89 avec nous ?

Bernard Maris avec nous ?

Les anarchistes, avec nous ?

Le retour des bonnets rouges

Européennes : pourquoi ne (surtout pas) voter PS ?

L'abstention aux européennes, une arme contre le FN ?

Faisons péter l'APT

Tous Ensemble, boycottons les élections européennes!

Europe, démocratie, internationalisme

L'Euro, un débat tabou?

Le débat interdit

Les Echos mentent ? Sans blague ?

Jacques Sapir a (presque) toujours raison

Les scenarii de dissolution de l'euro

Gauche fracturée

Au FN, Job à mi-temps à 5000 euros

J'aime tellement l'Humanité

Le Plan B, la renaissance.

Oskar Lafontaine, un facho xénophobe?

29 mai 2005 - 29 mai 2013: cela se fête !

Un printemps européen ?

En finir avec l'Europe

Bastille République Nations n'est pas en kiosque

L'UE fait (aussi) chier le peuple allemand

Hollande : un quinquennat pour rien ?

L'insurrection, c'est pour Noël ?

Pétition pour un reférendum sur le pacte budgétaire

La stratégie du choc

Sortir de l'Euro pour sortir de la crise ?

Protectionnisme : problème ou solution ?

Pour un protectionnisme européen ?

Bientôt la fin du carnaval présidentiel

L'Europe contre la gauche

Et l'Union europenne, bordel ?

Publié par Frédéric Maurin à 21:47pm
Avec les catégories : #ue , #élections européennes , #euro , #austérité , #libre-échange , #élections

7 Mai 2014

Contre les médias aux ordres,

Contre les médias aux ordres,

...Acrimed | Action Critique Médias fait un travail formidable.

Ce n'est pas le tout de le penser, de le dire et de le rappeler, il faut leur en donner les moyens.


Des moyens plutôt modestes d'ailleurs, soit 40 000 euros.

C'est beaucoup ? Pour fixer un ordre de grandeur, une seule page de publicité sur Le Figaro peut atteindre les 220 000 euros

La qualité du travail d'Acrimed, dont les articles ci-dessous vous donneront une idée, mérite bien un petit geste.

1. Appel

Avant-première : Ce sont des euros qu’il nous faut !

Une dizaine de jours avant un appel public, vous êtes averti-e-s : Acrimed menace de se trouver dans une situation très périlleuse d’ici quelques mois et, en tous cas, avant la fin de l’année, en raison de la fonte de nos ressources. Or nous avons absolument besoin de nos deux salariés - le secrétaire administratif et le secrétaire de rédaction - et nous priver de l’un d’entre eux, vraisemblablement le second, constituerait un affaiblissement considérable.

C’est pourquoi nous sommes contraints de lancer un appel à souscription de 40 000 euros. Il suffirait que celles et ceux qui sont inscrits sur cette liste nous accordent 5 euros pour que nous soyons tirés d’affaire.

Nous en dirons plus publiquement, mais d’ores et déjà, vous pouvez visiter notre boutique pour effectuer un don ou adhérer, avec ou sans abonnement à Médiacritique(s)...

Quoi qu’il en soit, en ces temps difficiles, nous faisons mieux que résister. Il serait dommage qu’il en aille autrement dans un futur proche.

2. Débats
3. Sur le site d’Acrimed

3.1. Magazine, Acrimed Hebdo, Flux RSS

Nous vous proposons ci-dessous une sélection… sélective (puisque vous consultez le site régulièrement...) et un peu organisée.

De surcroît, Acrimed vous offre une liste, complémentaire de celle-ci : Acrimed Hebdo. En vous inscrivant, vous recevrez la liste hebdomadaire des articles parus sur notre site. Pour s’inscrire, deux solutions :

- Envoyer un message vide à zelistes@acrimed.org avec, dans le champ "sujet" ou "objet" : subscribe hebdo (sans autre mention).

- Recourir à l’inscription automatisée sur notre site.

- Enfin, vous pouvez également vous abonner au flux RSS. Si vous ne savez pas de quoi il s’agit, pas d’inquiétude : votre navigateur vous expliquera...

3.2. Sélection d’articles (avril-mai 2014)

I. Au fil de de la presse
** Chez « Libé », la censure de Marcelle fait un tabac
Retour sur la censure d’une chronique de Pierre Marcelle da
ns Libération.

** Chez Libération, la censure de Marcelle continue
La direction de Libération en crise a interdit une fois de plus la publication de la chronique hebdomadaire de Pierre Marcelle, « No Smo
king ».

** Mise en examen de Serge Dassault : Le Figaro soigne son propriétaire
... et se met une fois de plus à son s
ervice.

** Silence de La Dépêche sur la mise en examen de son propriétaire, Jean-Michel Baylet
Un exemple de plus de l’influence néfaste des propriétaires de médias sur l’indépendance des réda
ctions.

** Les voies impénétrables de « l’expertise » politique
Quand Le Dauphiné libéré et Métronews s’en remettent à un spécialiste du comportement animal et à un « synergologue » pour éclairer leurs le
cteurs…

** Marche du 12 avril 2014 contre l’austérité : La Tribune amende l’information et l’AFP
Un copier-coller de l’AFP retouché à la
marge.

** La tournée médiatique triomphale de Matthieu Pigasse
Son Éloge de l’anormalité suscite un engouement unanime dans les rédactions, y compris dans celle du
Monde.

II. La vie de la presse
** L’information vaudou. Information en continu, journalisme introuvable
Le dépérissement de l’information en ligne, happée par le «
temps réel ».

** Le Progrès : la nausée et les mains sales (SNJ)
Un « dérapage » qui « consacre la faillite d’une politique éditoriale basée sur le tout faits-di
vers ».

** Direct Matin en flagrant délit de publicité clandestine
Une opération commerciale en « une » accompagnée d’un article à la gloire du produit promu dans les pages intér
ieures.

** Le FigaMonde, nouveau quotidien éco en gestation ?
… spécialisé dans le parc automobile des entre
prises.

** Courrier international, thermomètre de la presse dominante européenne
... exclusivement néo-libérale et austér
itaire.

III. La Coupe du monde de foot
** Les médias français complaisants avec Michel Platini ?
Si ce sont deux éminences du commentaire, Pascal Praud et Pierre Ménès, qui le
disent, alors…

IV. La radio, la télé
** Génocide au Rwanda : propagande pour petits et grands sur France Info
Sur le service public, toutes les occasions sont bonnes pour dédouaner la France de toute responsabilité dans le génoc
ide au Rwanda.

** Otages libérés : mes amis, ne vous attendez à rien de la part d’Olivennes et de Lagardère
Corporatisme et confrat
ernité.

** Lire : d’Isabelle Roberts et Raphaël Garrigos, La Bonne soupe. Comment le « 13 heures » de TF1 contamine l’info
Un livre paru en 2006, mais qui n’a pas perdu son act
ualité.

** « 90’ Enquêtes » sur TMC : racolages sécuritaires et spectaculaires
Un magazine de propagande du ministère de l’Intérieur (et des fait di
vers) ?

** « C dans l’air », bavardage entre amis sur le service public
Politique politicienne et vulgate libérale, servies par quelques omniprésents et leurs com
parses.

V. Pot-pourri
** Les universités sont exsangues ? Les médias se préoccupent du sort de la ministre
Il faut compter sur une pétition des enseignants-chercheurs pour être informé sur la situation catastrophique du service public d’enseignement et
de recherche !

** Alain Finkielkraut, ses pensées immortelles
Désormais académicien, ses péroraisons n’en auront que plus de valeur aux yeux des médias qui l’encensen
t déjà…

** L’avenir ne se construira pas sans les associations citoyennes ! (communiqué)
« Nous refusons le désastre social qui s’annonce… » par le Collectif des Associations Cito
yennes.

** Valls sondagière : BVA convainc les français malgré eux
Quand sondeurs et commentateurs fabriquent une opinion sur
mesure…

4. Sur d’autres sites

Voici une sélection extraite de notre série : Critique des médias sur le Web. Le numéro de janvier-février est d’ores et déjà consultable en ligne.

- Une nécrologie machiste signée Laurent Joffrin (Tout va bien, 02/05) - « Ce vendredi 2 mai 2014 Le Nouvel Observateur met en ligne une nécrologie de Josette Alia signée par un macho barbichu nommé Laurent Joffrin. Extraits : ‘’elle était de ce groupe d’amazones de la plume qui en remontrait sans cesse aux vedettes machistes de la presse établie. Aussi féminine que féministe’’. »

- Soirée spéciale élections municipales ou soirée Front National ?(Leulier, 27/03) – « En analysant les chiffres des interventions des animateurs, la réponse est rapidement évidente : les animateurs n’interrogent les invités que sur ce sujet-là : « Que pensez-vous du score du Front National ? », « Que pensez-vous du score du Front National dans la ville de … ? », « en cas de triangulaire avec le Front National, quelles sont vos consignes ? », etc. Pujadas d’ailleurs l’annonce lui-même à un moment de la soirée : « Ca sera une des thématiques dominantes de la soirée [le FN] ; il y aura beaucoup de villes avec des triangulaires » (50 :49). Bien sûr les seules triangulaires dont parle Pujadas sont celle PS/UMP/FN. Et le FN n’est pas « une des thématiques dominantes de soirée », mais en fait l’unique thématique de la soirée. Delahousse déclare également, plein de naïveté : « on parle beaucoup du Front National ce soir » (77 :38). »

- Sciences : les journaux racontent n’importe quoi (Courrier International, 13/03) – « En matière d’information, bien souvent, le sujet le plus important perd la bataille de l’audience contre les ragots ou les anecdotes à connotation sexuelle – voire simplement contre quelques photos de chatons. La même tendance serait à l’œuvre derrière un phénomène observé par des chercheurs des National Institutes of Health (NIH, agences gouvernementales américaines en charge de la recherche médicale et biomédicale), dans un article publié par la revue spécialisée Plos One : dans leur traitement de la recherche médicale, les médias ont tendance à privilégier les études scientifiques les moins fiables. »


Prochain magazine : juin 2014

Le site d’Acrimed, observatoire des médias : http:
//www.acrimed.org/



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Publié par Frédéric Maurin à 09:16am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #presse libre , #médias aux ordres , #acrimed

4 Mai 2014

Européennes : des écologistes abstentionnistes

Européennes : des écologistes abstentionnistes
Démobilisation générale !
En 2009, des écologistes et décroissants appelaient déjà au boycott de l’élection européenne !

Et avec le même objectif d'ouvrir un espace sans précédent aux luttes populaires

Voici leur appel :

Le boycott est l’arme de la démocratie directe ! Les 6 et 7 juin, les Français et les électeurs des vingt-six autres pays européens sont appelés à élire « leurs » représentants au Parlement européen.

La participation à l’élection européenne rend les citoyens européens complices des manipulateurs de Traité de Lisbonne, cette lamentable copie du Traité constitutionnel (TCE), rejeté par 55% des électeurs français. Et autant de Néerlandais. Sans compter tous ceux à qui on n’a pas demandé leur avis.

Sous l’impulsion de Sarkozy, qui se croit toujours président de l’U.E, les députés français se sont affranchis de leur devoir de délégation et de représentation. Ils nous ont trahis ! Accepter d’élire de nouveaux députés européens, c’est accepter que les dénis de démocratie deviennent une habitude. Par cet acte honteux, les députés français ont franchi la ligne, ils ont choisi le camp des notables contre celui des citoyens.

Nous, signataires de cet appel au boycott, refusons de tendre l’autre joue.

Les députés français nous ont floués a posteriori, les députés européens font mieux : ils nous préviennent que nous sommes floués a priori. En effet, ils nous appellent à voter pour un Parlement sans pouvoir et des députés sans mission, quoique grassement rémunérés.

Certains candidats de la gauche radicale ne sont pas très à l’aise lorsqu’il s’agit de détailler leur actions futures : l’un d’entre eux promet de favoriser les référendums d’initiative citoyenne… Étonnante reconversion pour quelqu’un qui s’est tant battu contre le Traité de Lisbonne car cette possibilité offerte aux peuples est une des nouveautés du traité honni… s’il devient, un jour, applicable. En plus, ces référendums nécessitent au minimum un million de signatures de citoyens européens et seront « proposés » à la souveraine Commission laquelle statuera sur leur opportunité. Autant dire que le référendum européen devrait, assez rapidement, figurer sur la liste des espaces démocratiques en voie de disparition.

Car la démocratie, quand il s’agit de l’Union européenne, a des allures de dictature tranquille. Les peuples résignés s’y sont habitués. Seul un boycott politique, argumenté et revendiqué peut nous sortir de la torpeur d’une élection sans enjeu.

Boycotter sans détour cette élection !

Boycotter est un acte de démocratie directe ! Boycotter ne nous empêche pas de faire campagne contre le totalitarisme de l’Union européenne.

Un autre candidat est encore plus fumeux. Il envisage sereinement de mettre en place une Constituante qu’il proposerait à … la Commission.

Personne ne sait comment ce spécialiste des fauchages volontaires parviendra à attirer suffisamment de députés européens pour adhérer à son idée et surtout comment il convaincra la Commission. Par un référendum d’initiative citoyenne, sans doute…

La majorité du Parlement européen serait-elle composé de députés anarcho-communistes, ce qui ne risque pas de se produire avant l’an 3050, que les technocrates de la Commission ne devraient pas accepter avec facilité cette idée de Constituante.

La Commission européenne est le bras armé des capitalistes en Europe. Même si une « actio popularis », emmenée par un ramassis de salopards en salopette, la visait, elle pourrait toujours compter sur la Cour de Justice des Communautés européennes.

Bien planquée dans un véritable bunker au Luxembourg, un paradis fiscal soit dit en passant, cette tanière de super-juges symbolise le totalitarisme juridique d’une construction européenne qui s’est faite sur le déni des peuples. Les arrêts de cette cour suprême sont inattaquables ou presque. Confessionnal ou conseil de discipline, la Cour de Justice se la joue autoritaire. Les représentants des Etats membres y défilent, la tête basse, et en sortent, les fesses rougies.

La Cour de Justice des Communautés européennes est sans doute l’instance la plus discrète mais aussi la plus despotique. Une entité occulte, au service des puissances de l’argent, en quelque sorte puisqu’elle n’a cessé, en quarante ans, de promouvoir le libéralisme le plus violent à coups d’interprétation fantaisistes des traités lorsque les textes n’étaient pas suffisamment précis. Ses pouvoirs ne cessent de s’étendre de traités en traités, les Etats membres perdent de plus en plus leurs prérogatives au bénéfice de cette curieuse institution qui semble les narguer.

On dira que nous exagérons et que les menaces sur la démocratie ne peuvent en être arrivées à ce point critique, qu’il est possible de changer encore la donne. Peut-être mais certainement pas de l’intérieur ! Restent des solutions plus concrètes : la grève générale reconductible dans tous les pays européens dont nous souhaitons qu’elle émerge du mouvement social. Et le boycott comme arme de démocratie massive ! Une pétition qui recueillerait un million de signatures pour le boycott sera une formidable claque aux petits arrangements entre amis. Le boycott permet de refuser le jeu des élections dont la Commission a pipé toutes les règles.

"Nous, les initiateurs et premiers signataires de l’appel au boycott, ne voulons pas changer les règles du jeu mais changer le jeu" . (André Breton)

Nous sommes les initiateurs et premiers signataires de cet appel, rejoignez-nous !

* Ce texte, libre de droits, peut être utilisé sur tous les supports médias en vue de diffuser cet appel. Premiers signataires : (Ordre de signature)
Guy Dutron et la coordination Gauche Alternative du Hainaut (Membre de la CNA de la Coordination des Collectifs Unitaires pour une alternative au libéralisme - Militant SUD - Ecrivain - France)
Geneviève Sabathé (Agde - Hérault - (Ex- Porte parole des Collectifs Unitaires Antilibéraux de l’Hérault - Docteure en Sciences de l’Education - France)
Jacques Lainet (Militant altermondialiste et écologiste radical - Avesnois - Coordination Gauche Alternative du Hainaut - France)
Joëlle Dichi (Militante SUD - Paris - France )
Pierre Dutron (Président du Rassemblement Populaire Wallon - Belgique et Roumanie)
Thérèse-Marie Cardon (Enseignante - CGT Educ’Action Nord - Coordination Gauche Alternative du Hainaut - Cambrésis - France)
Michel Lepesant (Objecteur de croissance - Valence - Drôme - France)
Michèle Barbier (Mère au foyer - Militante citoyenne - Objectrice de croissance - Colombières sur Orb - Hérault - France)
Claude Le Guerranic (Objecteur de croissance - Tarn - France)
Katie Palluault (Militante Féministe - Objectrice de croissance - Val d’Oise - France)
Richard Ramaekers ( RPW - Retraité des services publics - Mouscron - Belgique)
Emeline Laurent ( Etudiante en Environnement - Nord - France)
Pascal Laurent (Demandeur d’emploi Bâtiment - Nord - France)
Martine Hennecart ( Demandeuse d’emploi - Nord - France)
Cécile Pébereau (Militante Altermondialiste - Haute Garonne - France)
Odile de Puthod (France)
Robert Chamayou (Professeur de mathématiques - Colombières sur Orb - Hérault - France)
Andy Leclere (Militante inter mondialiste - anticapitaliste - Liège - Belgique)
Gilbert Saillour ( Altermondialiste & ami de la Confédération Paysanne - 72100 Le Mans - Sarthe - France)
Thierry Fiata (Réceptionniste - Idéaliste - àŽle de la
Réunion)
Audrey Noirot (Liège - Belgique)

Publié par Frédéric Maurin à 18:10pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #Union européenne , #démocratie , #tce , #boycott , #austérité

4 Mai 2014

Européennes : le MRC appelle à l'abstention

Européennes : le MRC appelle à l'abstention

Chevènement, avec nous?

une série de plus en plus longue...

PARLEMENT EUROPÉEN : CETTE ÉLECTION DÉRISOIRE SE FERA SANS NOUS

Communiqué de Jean-Luc Laurent, Président du MRC et député du Val-de-Marne, vendredi 2 mai 2014.

Le Mouvement Républicain et Citoyen ne présentera pas de candidats aux élections européennes et appelle les citoyens à les boycotter en s’abstenant de voter le 25 mai. Les questions européennes sont fondamentales, comme l’ont montré les deux campagnes référendaires de 1992 et 2005 pour lesquelles nous avons répondu présents et activement participé avec Jean-Pierre Chevènement. En 2012, les parlementaires du MRC se sont opposés au traité européen « TSCG » pour signifier leur opposition à cette Europe de la régression, de l’austérité budgétaire et du carcan monétaire que constitue la monnaie unique.

Tous les cinq ans revient ce scrutin dérisoire pour l’élection des députés français au Parlement Européen. Tous les cinq ans revient la même campagne de communication pour « vendre » aux citoyens ce Parlement sans peuple. Cette année, c’est le simulacre de débat européen entre les eurocrates interchangeables Schulz et Juncker qui doit déplacer les foules…

En France, cette élection est devenue totalement incompréhensible depuis la suppression de la circonscription unique nationale en 2004 au profit d’inter-régions ne correspondant à rien. L’an dernier, les députés du Mouvement Républicain et Citoyen ont proposé d’en finir avec ce mode de scrutin mais les grands partis, qui utilisent ce scrutin comme une opération de ressources humaines, ont refusé ce choix de bon sens.

Notre appel au boycott est un « non » républicain de résistance. Le MRC a deux convictions : il est impératif de réorienter radicalement la construction européenne mais cela ne se passera pas au Parlement européen. Le passage d’un euro monnaie-unique à un euro monnaie commune ne se fera pas au Parlement mais au Conseil. C’est la responsabilité du Président de la République de comprendre la crise de la construction européenne et de proposer des solutions à la hauteur des enjeux.

Le fédéralisme européen est mort comme idée, il survit malheureusement dans des institutions, coercitive comme la monnaie unique ou dérisoire comme le Parlement européen. Pour les cinq années qui viennent, le Mouvement Républicain et Citoyen a beaucoup idées mais pas de candidats, des propositions mais pas de listes. Nous ne serons pas muets au cours des trois prochaines semaines et ferons campagne avec ces propositions.

Nous appelons tous les citoyens à consacrer ce dimanche 25 mai à leurs proches et aux activités qui leur sont chères.

02/05/2014

Publié par Frédéric Maurin à 17:42pm - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #mrc , #chevènement , #élections européennes , #abstention , #austérité

24 Avril 2014

De Jean Jaurès, sur François Hollande

Sous la plume de Pascal Riché, Rue 89 interroge Jaurès sur Hollande

Original et pertinent.

Jaurès : « Hollande veut gouverner, mais pas réformer »

Les mots de Jaurès

Toutes les réponses de cette interview imaginaire sont tirées de l’introduction, rédigée par Jaurès en janvier 1904, au recueil de ses discours parlementaires. Il revient sur l’histoire du socialisme et du radicalisme (jusqu’en 1885), et règle des comptes avec les pensées et les actions de Ferry, Guesde, Blanqui, Clémenceau.

Les propos visant Hollande sont en réalité pointés vers Jules Ferry.

Nous avons prélevé quelques extraits, sans modifier le texte. Nous avons remplacé deux expressions :

  • « Politique d’expansion coloniale » est devenu « politique d’aventures post-coloniales » ;
  • « Il y a un siècle » est devenu « Il y a plus de deux siècles ».

Quelques temps de verbes, enfin, ont été modifiés.

Pascal Riché

François Hollande a salué, ce mercredi à Carmaux, la mémoire de Jean Jaurès, dont on fête le centenaire de la mort. Il a rendu hommage à cette « figure consensuelle ». Consensuel ? Nous avons interrogé le socialiste sur la question.

Rue89 : Le président François Hollande vous a rendu hommage, ce mercredi à Carmaux. Quels sont, parmi vos discours, ceux que vous auriez aimé voir cités par le chef de l’Etat ?

Jean Jaurès : L’homme politique qui, mêlé à d’incessants combats, s’attarderait avec quelque complaisance littéraire à l’expression oratoire des luttes passées, serait bien frivole.

OK, OK. Que pensez-vous de son action ?

L’essentiel à ses yeux n’est pas de réformer : c’est de gouverner. Et il ne voit guère d’autre horizon aux gouvernements que leur propre durée.

Ce n’est pas que cet homme remarquable manque de philosophie et de vues générales. Mais il se refuse de parti pris aux perspectives lointaines, et l’idée qu’il se fait du rôle dominant de la bourgeoisie brise presque tout essor.

En sa haine de toute « utopie », il fait bon accueil à des pauvretés. Et l’autre chimère, selon lui, grossière et tyrannique celle-là, c’est le socialisme, c’est le collectivisme.

François Hollande est un ex-socialiste passé au centre, vous êtes un ancien centriste devenu socialiste. Ce chassé-croisé vous rapproche-t-il ?

Depuis que je suis dans la vie publique, la direction essentielle de ma pensée et de mon effort a toujours été la même. J’ai toujours été un républicain, et toujours été un socialiste : c’est toujours la République sociale, la République du travail organisé et souverain, qui a été mon idéal. Et c’est pour elle que dès le premier jour, avec mes inexpériences et mes ignorances, j’ai combattu.

Je n’espère point détruire la légende qui fait de moi un ancien « centre-gauche » passé brusquement au socialisme. Les légendes créées par l’esprit de parti sont indestructibles, et celle-ci a pour elle une sorte d’apparence ; car si, dans la législature de 1885 à 1889, je n’étais inscrit à aucun groupe, si je votais souvent avec la gauche avancée, si je manifestais en toute occasion ma tendance toujours plus nette au socialisme, je siégeais géographiquement au centre ; et cela a suffi, pour bien des hommes, à me classer.

Mais j’étais dès lors, profondément et systématiquement, un socialiste collectiviste. Et dans toutes les paroles que j’ai dites, l’inspiration socialiste est évidente.

« Collectiviste », dites-vous ? Le mot est fort ! Au XXIe siècle, toute la classe politique, y compris la droite et l’extrême droite, se réclame pourtant de vous !

J’ai fait appel aux véhémentes énergies du prolétariat, comme j’y ferais appel demain, si les pouvoirs constitués prétendaient interdire la libre évolution légale au collectivisme et à la classe ouvrière.

Le socialisme veut abolir théocratie, monarchie, capitalisme, et substituer la libre coopération des esprits et des forces à l’autorité du dogme, à la tyrannie du monarque, au despotisme de la propriété.

Si chaque citoyen avait l’instruction du lycée, par quel procédé s’établirait l’égalité absolue, moyen unique de concilier les impérieuses prétentions de tous ? Par le communisme, sans ombre de doute. Le communisme est la seule organisation possible d’une société savante à l’extrême, et dès lors puissamment égalitaire.

Votre ennemi, est-ce la finance ?

Il est inévitable que dans un système social fondé sur la propriété privée, la classe qui détient les grands moyens de production exerce sur les affaires publiques et sur la destinée des gouvernements une influence profonde ou même décisive.

Aujourd’hui encore, malgré les progrès de la démocratie et du prolétariat, la démocratie et la République subiraient une terrible crise si toute la grande bourgeoisie en toutes ses variétés, bourgeoisie de finance, bourgeoisie industrielle, bourgeoisie de négoce, bourgeoisie rentière, bourgeoisie terrienne, se coalisait contre le régime républicain, et engageait contre lui non pas une lutte partielle, incohérente, passagère, mais une lutte totale, systématique, continue.

Grande difficulté à coup sûr et grand problème pour ceux qui, comme nous, veulent conduire la démocratie politique sans secousses à sa forme sociale, et transformer légalement la République semi-démocratique et semi-bourgeoise en République populaire et socialiste.

Quel est votre moteur idéologique ?

C’est le même souci fondamental de rattacher le socialisme à la République, de compléter la démocratie politique par la démocratie sociale. C’est le même appel à la force de la légalité républicaine, si seulement cette légalité n’est pas violentée par l’audace des partis rétrogrades ou déformée par leur perfidie.

C’est la même passion pour la haute culture humaine en même temps que pour l’organisation croissante et la libération économique du prolétariat. C’est la même préoccupation incessante de clore la période de pure critique et de faire apparaître en des projets de loi positifs le caractère organique du socialisme.

C’est le même optimisme à utiliser, au profit du parti socialiste et du mouvement ouvrier, tous les dissentiments de la bourgeoisie, toutes les forces de liberté ou toutes les chances de moindre oppression que nous a léguées la tradition démocratique et révolutionnaire de la France. C’est la même volonté d’aboutir à ces réformes immédiates qui préparent ou même qui commencent la décisive transformation sociale.

Comment résumer le bilan de l’alternance de 2012 ?

Une politique de vexation religieuse sans audace et sans grandeur, une gestion financière imprévoyante qui avait converti en déficit les excédents résultant de la merveilleuse activité de la France, une politique d’aventures post-coloniales incohérente, dispersée, impuissante.

Aussi le pays lassé a-t-il soudain demandé secours aux vieilles forces conservatrices et traditionnelles. Encore un effort, et l’union conservatrice va remettre la main sur la France désabusée.

Quand vous parlez d’aventures post-coloniales, vous faites manifestement allusion aux interventions au Mali et en Centrafrique. S’agit-il selon vous de tentatives de diversion ?

S’il était vrai que la politique coloniale dissipe en entreprises lointaines les énergies démocratiques et suspend ou refoule l’effort intérieur du peuple vers l’égalité politique et sociale, qui aurait plus d’intérêt que les privilégiés à seconder cette diversion ?

Craignez-vous la montée du populisme en France et du FN en particulier ?

Elle habitue le pays à ces confusions déplorables où les partis les plus contraires semblent groupés sous les mêmes formules, et qui préparent les peuples à la confusion suprême, à la suprême tricherie du césarisme démagogue et réacteur.

Nul n’a le droit d’oublier que ce pays a été condamné il y a plus de deux siècles à une révolution extrême de liberté et de démocratie, sans avoir été préparé par une lente éducation et par des institutions progressives à la plénitude de la souveraineté et à la continuité de l’action légale. D’où l’incessante possibilité de rechutes déplorables, d’où le fréquent réveil et l’intermittente maîtrise des forces hostiles que la France nouvelle n’a pas au le temps d’assimiler ou d’éliminer tout à fait.

Comment aller vers le collectivisme ? Par la force ?

Non. Il n’y a pas de classe, même celle des opprimés et des exploités, qui puisse imposer à l’ensemble des hommes son credo social, qui ne pourrait être qu’anticipation chimérique et hasardeuse. La dictature prolongée et systématique du prolétariat serait aussi vaine et peut-être aussi désastreuse que la dictature d’un César philanthrope.

C’est par une évolution de démocratie, c’est selon la loi du suffrage universel, c’est sans coup de force et sans intervention autoritaire des minorités violentes, que s’accomplira lentement d’ailleurs et comme à tâtons la définitive transformation communiste.

La Révolution, ce n’est pas l’organisation autoritaire et dictatoriale d’une société, c’est la remise en liberté du mouvement humain. Le pouvoir révolutionnaire ne doit avoir d’autre fonction que de veiller sur cette liberté.

Il vaut mieux mettre la continuité gouvernementale et parlementaire au service d’un clair idéal : un programme de réformes successives doit préparer et consommer l’ordre nouveau.

L’abstention est de plus en plus forte. Certains intellectuels considèrent que l’élection est un piège, qu’elle n’est plus essentielle à la démocratie. Comprenez-vous leur position ?

Le peuple a tout intérêt à la pleine lumière. C’est en pleine lumière que le prolétariat assurera sa victoire, qui est la victoire de la civilisation. Or, le suffrage universel, malgré ses incertitudes, malgré ses erreurs et ses surprises, c’est la lumière, c’est le plein jour.

La dette publique atteint des sommets. Pensez-vous possible de décider de ne pas la rembourser ?

Je sais bien que la rente, parce qu’elle est servie au rentier sans celui-ci ait le moindre effort à faire, est le symbole le plus pur et l’exemplaire le plus parfait du prélèvement capitaliste.

Mais quelle chimère et quelle contradiction, tout en déclarant que la Révolution ne touchera pas au principe de la propriété, d’inscrire à son programme immédiat la suppression du grand-livre de la dette publique !

Pourquoi abolir cette forme de propriété ? Pourquoi exproprier les uns, selon le hasard des placements faits par eux, et maintenir les autres en possession ?

Quelle que soit l’importance, signalée aussi par Marx, de la rente dans l’évolution de l’économie capitaliste, elle n’est pas tout le système capitaliste ; elle n’en est même pas la base. Et les autres prélèvements du capital sont, du point de vue socialiste, aussi iniques et aussi funestes.

Publié par Frédéric Maurin à 10:20am - Voir le commentaire ()
Avec les catégories : #jean jaurès , #françois hollande , #Parti Socialiste , #Ps , #p

24 Avril 2014

Travail du dimanche : c'est reparti !

Travail du dimanche : c'est reparti !
Laurent Fabius relance le débat sur le travail du dimanche
"En 2013, le déficit du commerce extérieur français s'est élevé à 61,2 milliards d'euros. Laurent Fabius estime possible de le réduire fortement grâce aux dépenses que pourraient faire les touristes dans l'Hexagone ; il pense en particulièrement aux Chinois. La France en accueille 1,5 million par an et ils représentent, par leurs dépenses, des recettes de 500 millions d'euros par an."
Parenthèse:
Le montant de la facture énergétique française, s'élève à lui seul à 68 milliards d'euros, aussi ...avant de compter sur les dépenses des nouveaux riches (exportateurs) chinois en sac LVMH, baisser le thermostat, covoiturer en semaine et pédaler le dimanche aurait un impact rapide et important sur le déficit commercial.
Mais, puisqu'il s'agit avant tout de faire marner le prolo, en attendant la transition énergétique, on va avoir droit à des grands exercices d'objectivité journalistique autour de la juste cause du travail du dimanche.

Parenthèse fermée, vous pouvez retourner à la lecture du Monde Diplomatique :

Mardi 22 avril 2014. Après les bricoleurs, qui ne supporteraient pas de ne pas pouvoir faire leurs courses le dimanche, ce sont les touristes qui se plaindraient… Ce mardi, le ministre Laurent Fabius a estimé qu’il fallait « modifier un certain nombre de dispositions » de la loi interdisant le travail dominical. Sa justification ? « Le touriste qui vient le dimanche et qui trouve un magasin qui est fermé, il ne revient pas le jeudi. » En novembre dernier, Gilles Balbastre analysait cette campagne contre le repos dominical.
Il y a vingt-deux ans, sur le plateau de l’émission « L’heure de vérité » (Antenne 2, 22 décembre 1991), un expert plus familier des cénacles patronaux que des luttes sociales manifestait son soutien à l’ouverture dominicale du magasin Virgin Megastore des Champs-Elysées, à Paris, malgré une importante sanction financière. « Moi, en sortant, je vais aller m’acheter un disque chez Virgin Megastore pour contribuer au financement de l’amende, s’enthousiasmait M. Alain Minc. Il est évident que la non-ouverture le dimanche est un archaïsme. »
Le 1er octobre 2013, M. Minc squatte cette fois le plateau d’iTélé lorsque le journaliste l’interroge : « Est-ce qu’on travaille le dimanche en Allemagne ? Parce que c’est le grand débat du moment en France… » Les Allemands se reposant ce jour-là, l’expert — loin de se démonter — explique aussitôt : « Il faut toujours avoir en tête que les Allemands ont plus les moyens d’être archaïques que nous. » La chaîne Virgin, elle, a mis la clé sous la porte en 2012. Elle avait pourtant obtenu l’autorisation de faire travailler ses salariés le septième jour de la semaine...
En deux décennies, le débat a pris l’allure d’un serpent de mer crevant à intervalles réguliers l’écran du journal télévisé (JT). Comme l’observe M. Karl Ghazi, secrétaire général de la Confédération générale du travail (CGT) commerce de Paris, cette période a été rythmée par une « valse à trois temps régulièrement et méthodiquement martelés par le patronat ». Et par les médias.
Au premier temps de la valse, de grands noms de la distribution violent délibérément la législation du travail : Printemps, Ikea et Virgin à la fin des années 1980, Vuitton, Usines Center et le centre commercial de Plan-de-Campagne (Bouches-du-Rhône) au milieu des années 2000, Castorama et Leroy-Merlin en septembre 2013.
Deuxième temps : le front judiciaire. Qu’importe si les enseignes perdent systématiquement les batailles qu’elles engagent : il s’agit surtout d’imposer le « débat » — et une certaine façon de le poser — dans l’espace public et dans la presse. Celle-ci n’éprouvant qu’un désir modéré de protéger le code du travail, elle embraye sans effort. Ingénu, le présentateur de la tranche matinale d’Europe 1, Thomas Sotto, observait, au cours de sa revue de presse du 30 septembre 2013 : « Pour les magasins de bricolage qui ont décidé de braver la loi et d’accueillir leurs clients hier, le “coup de com” est réussi. »
En matière de communication, le secteur de la grande distribution en connaît un rayon. En 1991, l’offensive patronale s’accompagnait d’une campagne concoctée par le publicitaire Jacques Séguéla : « Monsieur le ministre du commerce, si vous avez de bonnes raisons pour interdire aux commerçants d’ouvrir librement le dimanche, c’est que vous avez sûrement de bonnes raisons pour interdire aux Français de vivre librement leur dimanche. » Son association Liberté le dimanche, discrètement financée par Ikea et Virgin Megastore, bénéficie alors d’une large couverture médiatique. « Quand est-ce que ce pays va se réveiller ? Quand est-ce qu’on va aller de l’avant ? Il y a trente ans qu’aux Etats-Unis tous les magasins sont ouverts le dimanche ! », s’exaspérait M. Séguéla au JT de 13 heures sur Antenne 2, le 14 mai 1991. En 2013, une autre agence de communication, Les Ateliers Corporate, relaie le propos des entrepreneurs du bricolage. On découvre que les salariés de Castorama et de Leroy-Merlin regroupés au sein du collectif des Bricoleurs du dimanche, si prompts à soutenir leur direction, ont reçu quelques cours de coaching financés par leurs employeurs.
Réapparaît ainsi régulièrement la figure prototypique de l’employé volontaire, « pris en otage » par le code du travail. De préférence une jeune femme pour qui étudier serait impossible sans ce job d’appoint. En 1989 : « Ça m’a permis de continuer mes études, et puis j’ai deux enfants, ça me permet de les élever tranquillement en semaine (1). » En 2007 : « J’ai commencé le travail en tant qu’étudiante. J’étais en cours toute la semaine, et pouvoir travailler le week-end, c’était vraiment une liberté (2). » En 2013 : « Le but est de me payer un appartement près de mon école. Donc je travaille le samedi et le dimanche ici. On est payés double (3). »
Il est plus rare qu’on popularise les conclusions d’études comme celle de Magali Beffy, Denis Fougère et Arnaud Maurel sur l’impact scolaire du travail salarié. Pourtant, on y apprendrait que « l’occupation d’un emploi régulier réduit significativement la probabilité de réussite à l’examen de fin d’année universitaire. S’ils ne travaillaient pas, les étudiants salariés auraient une probabilité plus élevée de 43 points [de pourcentage] de réussir leur année (4) ». Justement, les étudiants des classes préparatoires ou des grandes écoles travaillent rarement le week-end...
Entière disponibilité à être interviewé, élocution calibrée : les salariés modèles prêts à sacrifier leurs fins de semaine plaisent manifestement davantage aux vedettes des médias — éditorialistes, présentateurs, experts cathodiques largement acquis à la dérégulation du code du travail — que d’autres, acculés par leur hiérarchie à rester dans leur supermarché le dimanche. « Beaucoup de caissières qui manient mal le français ont peur des représailles si elles racontent leurs conditions de travail. Elles ne sont pas de bonnes clientes pour les journalistes », remarque M. Ghazi.
Fernando Malverde, reporter à France 3 Ile-de-France, ajoute : « Le journaliste de base du JT, aujourd’hui, travaille dans un cadre de plus en plus coercitif. Le programme n’est pas choisi par lui, mais de plus en plus par des agences de communication. Il est contraint à une rapidité d’exécution et à un format de plus en plus court. Les salariés de Castorama et de Leroy-Merlin répondent parfaitement aux nouvelles exigences du métier. » Lui-même en fait les frais, quelques jours après le coup de force des géants du bricolage et de l’ameublement : « Monoprix a profité de cette occasion pour annoncer, mardi 1er octobre vers 20 heures, qu’il était contraint de fermer ses magasins à 21 heures à cause d’un recours de la CGT. Le lendemain matin, j’ai dû rapporter un sujet pour le journal de la mi-journée. J’ai eu une demi-heure pour le tourner. »
Le tableau d’une France improbable, peuplée de salariés heureux, se découvre alors comme par magie sous le pinceau des médias, en dépit de quelques pâtés antisyndicaux cherchant à gâcher le joli paysage.
30 septembre 2013. Wendy Bouchard, présentatrice d’Europe 1, reçoit M. Ghazi, dont le syndicat a obtenu plus de 52 % des voix à Monoprix. Elle lui oppose une salve de tweets. Mickael : « Depuis quand le but des syndicats est d’empêcher les gens de travailler ? » Frédéric : « Grâce à la CGT, le travail est bientôt aboli en France ! » Le lendemain, la station de M. Arnaud Lagardère affichera sur son site le « sondage du jour » : « Trouvez-vous normal qu’un magasin soit contraint par un syndicat de ne plus ouvrir après 21 heures ? »
L’histoire de M. Habib Hamdoud n’a fait la « une » ni du site d’Europe 1, ni du quotidien Les Echos (propriété de M. Bernard Arnault, au même titre que l’enseigne Sephora, qui a annoncé son intention d’ouvrir sa boutique des Champs-Elysées la nuit). Embauché après plus d’une cinquantaine de contrats à durée déterminée (CDD) dans plusieurs magasins du groupe, M. Hamdoud a travaillé dans un Auchan City de Tourcoing, dans le Nord. Ce supermarché créé il y a trois ans a libéré ses quatre-vingt-trois salariés de leurs interrogations sur le meilleur moyen d’occuper leurs soirées et leurs dimanches. Ici, on travaille régulièrement jusqu’à 21 heures en semaine et de 9 heures à 13 heures le « jour du Seigneur ». Sans aucune majoration : « On a une direction qui manie beaucoup le bâton, très peu la carotte », précise M. Hamdoud, dont certains collègues enchaînent jusqu’à dix jours d’affilée.
Un jour, M. Hamdoud en a eu assez. Avec l’aide de l’union locale CGT de Tourcoing, il a monté une section syndicale, résisté à sa hiérarchie et obtenu les élections que la direction refusait. En juin 2013, 72 % de ses collègues ont voté pour la CGT. Une autre France que celle dépeinte par les tweets d’Europe 1...
Enfin, le troisième temps de la valse, le plus important. Il s’agit d’obtenir un soutien politique suffisant pour détricoter la loi et les textes de protection des salariés. En 1993, la mobilisation parlementaire a débouché sur la loi Giraud-Balladur. En 2009, sur la loi Mallié-Sarkozy (5). Et en 2013 ?
Pour M. Ghazi, l’enjeu est de taille : « Actuellement, le contrat collectif s’impose encore face au contrat individuel. Le volontariat est un concept très dangereux. Il a pour but d’exploser le contrat collectif et de normaliser la concurrence entre les salariés. » Mais les vingt dernières années nous suggèrent que, dans ce domaine, la bataille menée par le patronat de la distribution n’a pas toujours été couronnée de succès. Car il semblerait que les salariés préfèrent parfois être pris en otage par le code du travail que par leur employeur… Une surprise ? De l’avis de l’économiste Frédéric Lordon, pas vraiment : « On a voulu convertir un corps social à une nouvelle sorte de vie collective, à une nouvelle sorte de vie économique et sociale. Et ce corps social-là, fondamentalement, il ne voulait pas, pour de très bonnes raisons. C’est qu’il avait tout à y perdre. Alors, à mesure de la résistance d’abord anticipée, puis constatée, il a fallu déployer un effort de conviction ou de persuasion de même proportion (6). »
Dans ces conditions, le travail de « pédagogie » de M. Minc paraît loin d’être achevé…
Gilles Balbastre
Journaliste et coréalisateur avec Yannick Kergoat du documentaire Les Nouveaux Chiens de garde (JEM Productions, 2012).
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(1) Journal de 20 heures, TF1, 26 février 1989.

(2) « Mots croisés », France 2, 8 janvier 2007.

(3) Journal de 13 heures, France Inter, 29 septembre 2013.

(4) « L’impact du travail salarié des étudiants sur la réussite et la poursuite des études universitaires » (PDF), Economie et statistique, no 422, Paris, novembre 2009.

(5) Michel Giraud était ministre du travail dans le gouvernement de M. Edouard Balladur en 1993 ; M. Richard Mallié, député de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) en 2009, est l’auteur du texte à l’origine de la loi.

(6) Les Nouveaux Chiens de garde, JEM Productions, 2012.

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Publié par Frédéric Maurin à 07:14am - Voir le commentaire ()
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